- il y a 26 minutes
Natacha Polony, journaliste et éditorialiste, à la tête de la revue L’Audace, et Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos-BVA, exposent les enjeux du second tour des élections municipales qui aura lieu dimanche. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20/le-grand-entretien-du-vendredi-20-mars-2026-3493641
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00:06Et un grand entretien ce matin, un grand entretien spécial municipal avant le second tour et à la veille du
00:14silence électoral qui s'imposera.
00:16Retour sur les enjeux de cette campagne d'entre-deux-tours, les enseignements attirés avec deux observateurs avisés de la
00:23vie politique française.
00:25Natacha Polony, bonjour ! Journaliste, éditorialiste, faut-il vous présenter, voix familière de France Inter et dans le grand face
00:33-à-face avec votre camarade Gilles Finkelstein et Thomas Négaroff.
00:38Brice Tinturier, bonjour ! Politologue, directeur général délégué d'Ipsos France, vous étiez déjà avec nous vendredi dernier et vous
00:47nous aidiez à comprendre les enjeux de ces élections.
00:50Alors les choses ont changé évidemment dans près de 96% des communes. Il n'y aura pas de second
00:56tour, le ou la maire a déjà été élu.
00:59Plus de 33 000 communes ont donc élu leur maire dès le premier tour. 26 millions de Français sont appelés
01:04aux urnes dimanche.
01:07Qu'est-ce que ça raconte et qu'est-ce qu'on peut dire très simplement en un mot, deux
01:12mots pour essayer de mesurer les enjeux de ce scrutin de deuxième tour ?
01:18Brice Tinturier ?
01:19D'abord, il y a quelque chose autour de la participation qui est important et qu'on voit mieux maintenant
01:23qu'on a eu un peu de temps pour regarder de manière plus fine que sur les premiers tours les
01:27choses.
01:27Vendredi dernier, vous nous disiez, il y a une chose que j'observerais avec la plus grande attention, c'est
01:32l'abstention.
01:32Absolument. Et ce qu'on mesure, c'est un phénomène rare sur des municipales, c'est que les grandes villes
01:39ont finalement relativement bien, de manière relative, se sont relativement bien mobilisées et qu'il y a par rapport au
01:45passé plutôt une sous-mobilisation relative là encore des petites villes.
01:49Pour des raisons très très différentes, dans les petites villes, on a eu beaucoup, vous l'avez rappelé, de maire
01:55élu dès le premier tour, mais on a aussi un mode de scrutin qui a changé les choses.
01:59Et ça se traduit très clairement dans la question de l'abstention qui est plus forte que ce qu'on
02:04avait d'habitude.
02:05Dans les grandes villes, il y a de l'enjeu.
02:07Et ce qui est remarquable aussi, c'est que dans les villes où il y a un second tour, quelle
02:12que soit la taille de la commune, vous avez une progression systématique.
02:16Et je dis bien, quelle que soit la taille de la commune, donc une fois qu'on a dit, il
02:19y a un resserrement de l'écart par rapport à 2014, entre le rural et les grandes agglos.
02:24Ensuite, quand vous prenez les résultats du premier tour et les résultats dans les villes qui ont un second tour,
02:31vous voyez que quelle que soit la taille de la commune, il y a progression.
02:33Et là, c'est la question de l'enjeu. Et ça montre très bien que quand il y a de
02:37l'enjeu, et Dieu sait s'il y en a sur beaucoup de villes, on va y revenir, et bien
02:41les électeurs se mobilisent.
02:42Natacha Polony, même question.
02:43Oui, le changement de mode de scrutin, premier point, est un problème. Pourquoi ?
02:49Parce que c'est une destruction supplémentaire du lien des citoyens avec la démocratie.
02:56Il faut bien comprendre. Dans 23 700 communes, on n'a eu qu'une seule liste. Pourquoi ?
03:02Parce que l'idée, pour les meilleures raisons du monde, à savoir la parité, a été d'interdire, de faire
03:08des listes complètes, strictement paritaires,
03:10et donc d'interdire ce qui existait jusqu'à présent dans les petites communes de moins de 1000 habitants, le
03:14panachage.
03:15C'est-à-dire la possibilité pour les citoyens de rayer un nom ou d'en ajouter,
03:20ce qui permettait de compenser le fait que, mécaniquement, il y a moins de choix dans des toutes petites communes,
03:26qu'il y a forcément moins de personnes qui peuvent se présenter.
03:29Et donc, c'est un retrait de ce lien entre les citoyens et leurs élus, de la possibilité pour les
03:37citoyens de choisir.
03:39Et ce que nous raconte cette abstention, cette abstention différenciée, et Brice Tinturier l'a très bien dit,
03:44ça nous raconte que quand il y a un enjeu, quand les citoyens ont l'impression que le vote leur
03:49permet de changer la vie,
03:51la définition de la politique, eh bien ils y vont et ils y croient.
03:55Donc, s'il y a une abstention croissante, aussi bien à l'échelle nationale que maintenant à l'échelle locale,
04:00c'est bien parce que les Français ont l'impression qu'ils ont perdu une part de souveraineté,
04:04c'est-à-dire de capacité à décider de leur destin.
04:06Et vous avez publié un livre il y a un ou deux ans à propos de la question de la
04:11démocratie.
04:12Sommes-nous encore en démocratie ? Vous posiez la question.
04:14Brice Tinturier, on va parler des enjeux, mais est-ce que cette élection est lisible,
04:19très sincèrement pour vous qui regardez scruter la vie politique française depuis si longtemps ?
04:25Il y a des situations, des cas qui sont incompréhensibles.
04:29Des villes, par exemple à Toulouse, où le candidat France Insoumise fusionne avec le candidat PS.
04:35Il y a des exceptions où Emmanuel Grégoire, par exemple, à Paris, exclut toute alliance.
04:40Il y a à Strasbourg la candidate du PS qui fusionne avec le candidat de la liste Horizon.
04:49Bref, à Nice, LR, Bruno Rotaillot a refusé d'apporter son soutien au maire sortant Christian Estrosi.
04:56On ne comprend pas très bien.
04:58Mais vous avez raison de le souligner, les municipales d'abord sont les élections les plus complexes à analyser.
05:02Ah vraiment ?
05:02Ah mais bien sûr, parce que c'est une somme d'élections,
05:06contrairement à une présidentielle ou à des régionales où le nombre est beaucoup plus limité pour des régionales que pour
05:11des municipalités.
05:11Non mais d'accord, mais il y a quand même des lignes politiques qu'on peut décider à l'échelle
05:14nationale.
05:15Quand on est un parti, on a des règles, on a des lignes, on a des objectifs.
05:19Là, on a l'impression que tout éclate.
05:21Alors dans les faits marquants de l'entre-deux-tours, il s'agit précisément de cela.
05:25Et notamment comme faits marquants, par rapport à une ligne nationale qui avait été définie,
05:30et là je pense plutôt au Parti Socialiste,
05:32et qui n'était pas d'alliance avec la France Insoumise,
05:35on a eu une implosion de cette ligne.
05:38Quoi qu'on dise ou quoi que Olivier Faure fasse pour essayer de la justifier.
05:42Dans de très nombreuses villes, et pas pour lutter contre une menace du Rassemblement National, il faut le souligner.
05:48Dans de très nombreuses villes, les listes de gauche ont donc fusionné avec les listes de la France Insoumise.
05:53C'est le cas à Toulouse, à Nantes, à Clermont-Ferrand, à Grenoble, à Besançon, à Lyon, alors là c
05:58'est les écologistes.
05:59Et la France Insoumise, à Limoges, à Brest, à Avignon, à la Courneuve, là c'est le PC, la France
06:03Insoumise.
06:04À Strasbourg, et vous avez des cas qui sont effectivement assez ubuesques.
06:10Par exemple à Nice, la liste PS les écologistes ne se retire pas,
06:15alors qu'il y a, arrive en troisième position,
06:18alors qu'il y a une véritable menace pour Nice et pour les électeurs de gauche.
06:22Puisqu'Éric Ciotti a fait alliance avec le Rassemblement National et l'extrême droite.
06:26Tout à fait. On peut harguer que c'est un scrutin proportionnel et qu'il n'y a pas de
06:30raison de se retirer au second tour.
06:33Mais à ce moment-là, pourquoi, et c'est l'autre paradoxe, pourquoi à Marseille,
06:37c'est Delogues et la France Insoumise qui se retirent et qui peut donner comme ça des leçons de responsabilité
06:43au PS ?
06:44Mais vous avez d'autres cas tout à fait étonnants.
06:47À Strasbourg, c'est Catherine Protman, PS, en voie de l'emporter,
06:50qui est exclue du PS en raison d'une alliance avec Horizon,
06:54alors que la maire sortant, qui était très mal placée,
06:57fait alliance là aussi avec la France Insoumise.
07:01À Marseille, donc, c'est ce que je disais,
07:03c'est finalement la liste de la France Insoumise, paradoxalement,
07:06qui se retire face au danger.
07:07Donc, vous avez comme ça des situations locales.
07:11Vous avez d'abord un premier élément majeur,
07:13c'est cette alliance dans de très nombreuses villes,
07:16en fait, pour contrer la droite, garder des villes socialistes
07:20ou en conquérir certaines.
07:22Je repense à Limoges, par exemple,
07:24mais ce n'est, encore une fois, pas face au RN.
07:27Ça, c'est le fait marquant.
07:28Et ce qu'on verra dimanche, c'est si une partie de l'électorat socialiste
07:33est déstabilisée par ces alliances
07:35et ne va pas voter quand elles ont eu lieu.
07:38Nantes, ce sera un cas d'école extrêmement intéressant,
07:41extrêmement important à analyser.
07:42Surtout que c'est une cadre qui, en l'espèce,
07:44fait alliance avec LF, c'est une cadre du Parti Socialiste.
07:47C'est une des vice-présidentes du Parti Socialiste
07:49et qui a toujours dit son opposition à la France Insoumise
07:53et à la ligne, en tous les cas, de la France Insoumise.
07:55Alors, Natacha Polony, on peut vous citer,
07:57dans Marianne, le patron des Insoumis se régale,
08:00il savait qu'il tiendrait à la jugulaire des socialistes
08:02qui n'ont plus que leur ancrage local pour survivre.
08:05Est-ce qu'effectivement, vous, vous pensez que ça peut faire exploser le parti,
08:10cette ligne nationale qui n'est pas respectée,
08:11ou lui faire perdre son électorat ou sa crédibilité ?
08:14Je dirais que la leçon de ces municipales,
08:17et qu'on peut d'ores et déjà tirer,
08:19même s'il va falloir affiner les choses à partir de dimanche soir,
08:23c'est le fait que la décomposition du paysage politique français
08:27est en train de s'accentuer
08:29et que les municipales ont amplifié ce phénomène,
08:33alors même que les deux partis qui s'en tirent,
08:36à peu près sur le plan local,
08:38parce qu'il y a une prime au sortant,
08:39quand il y a une faible participation,
08:41c'est-à-dire LR et le PS,
08:44ces deux partis s'en tirent
08:45et c'est pourtant eux qui, en fait,
08:47sont totalement pris en étau.
08:49Et on le voit avec le Parti socialiste
08:51qui va payer, là, très certainement,
08:53pendant des mois,
08:54les attaumements qu'on vient de décrire
08:56et qui sont, en effet, absolument affligeants
09:00dans ce qu'il raconte
09:01de l'absence de structuration idéologique du parti.
09:05Mais c'est vrai aussi du côté de LR
09:07qui apparaît totalement pris en étau
09:09entre le Rassemblement national
09:12et, on va dire, un bloc central
09:14qui s'est effondré,
09:15mais qui tient à peu près du côté d'horizon.
09:17Mais surtout,
09:18c'est dans les lignes idéologiques
09:21que ça se lit,
09:22plus que dans la capacité
09:24de certains barons
09:25à tenir malgré tout.
09:27Donc, en fait, juste une chose,
09:29la leçon,
09:29je rejoins Brice Tinturier
09:31sur un point essentiel.
09:33Le scénario qui est construit
09:36par l'ERN et les Insoumis,
09:39à savoir front contre front,
09:41n'existe pas,
09:42mais le récit réussit à s'imposer quand même.
09:45C'est ça qui est très frappant.
09:47On a une espèce de réalité parallèle
09:49dans laquelle il y aurait
09:51des Français condamnés
09:53à choisir entre ces deux éléments,
09:56alors même que ce n'est pas
09:57ce qu'ont dit les Français dans leur vote.
09:59Alors, Brice Tinturier,
10:00c'est vrai que c'est paradoxal
10:01ce qu'on observe parce qu'il y a
10:02une forme de morcellement
10:03qui ressemble à celle
10:03qu'on a vue à l'Assemblée nationale
10:05avec la montée notamment d'LFI.
10:07Et en même temps,
10:09c'est vrai ce que disait Natacha Polanyi,
10:11c'est qu'il y a des beaux restes
10:12de ce bipartisme,
10:14entre guillemets,
10:14en tout cas de PS et de LR
10:16qui continuent à être assez puissants.
10:18Oui, il y a à la fois
10:20la prime ou sortant
10:21qui continue de jouer
10:21et puis on voit bien
10:23que le clivage gauche-droite
10:24se refabrique en tous les cas
10:26davantage à l'échelon local
10:27qu'à l'échelon national.
10:28C'est au nom du clivage gauche-droite
10:30qu'il y a ces alliances
10:31notamment du PS et de la France Insoumise
10:33pour ne pas laisser des villes
10:35soit à la droite,
10:36soit en perdre au profit de la droite,
10:39que ce soit en conquête ou en perte.
10:41J'ajoute juste que dans l'enquête
10:42que nous avons conduite
10:44avec notre partenaire
10:45Saisi École d'ingénieurs
10:46à l'occasion du premier tour,
10:48nous avions posé la question
10:49des souhaits d'alliance.
10:5036% seulement des sympathisants PS
10:53souhaitaient une alliance
10:54avec la France Insoumise.
10:56Donc on est à rebours
10:58de ce qui s'est fait
10:58dans un certain nombre de villes.
10:59Et c'est ça qu'il va être intéressant
11:01de suivre à l'avenir.
11:02Est-ce qu'encore une fois,
11:04finalement, ça va passer
11:05sans trop laisser de traces
11:06pour l'avenir ?
11:07Et du coup,
11:08on entérinera que ce qui est vrai
11:10au national
11:11peut ne pas l'être au local.
11:12Ou est-ce que non ?
11:13Il y aura quand même
11:14des traces laissées
11:15et une partie des électeurs
11:16qui ne digéreront pas,
11:18si je puis dire,
11:19cette distorsion
11:20entre les annonces nationales
11:21et les radicules locales.
11:22Nombreuses questions
11:23d'auditeurs
11:24sur l'application Radio France
11:25avant de vous les poser.
11:28À quel point est-ce que
11:29les consignes de vote
11:30influencent les électeurs ?
11:32C'est une question
11:33qu'on peut se poser.
11:33Alors, question aux sondeurs,
11:35politologues,
11:35est-ce qu'on les prend pas
11:37pour moins libres
11:38qu'ils ne le sont ?
11:40Ça fait sourire
11:40Natacha Polony
11:41mais j'aimerais bien
11:42avoir votre point de vue
11:43à l'un et à l'autre.
11:44Les électeurs sont très autonomes
11:45et de plus en plus
11:46vis-à-vis des consignes de vote
11:48données par les partis.
11:50Mais là,
11:50il ne s'agit pas de cela.
11:51Il s'agit de l'offre
11:52qui a été fabriquée.
11:53Il s'agit dans des villes
11:54donc de listes
11:56qui ont fusionné.
11:57Et on va voir
11:58au-delà donc des consignes
12:00mais si face à une offre
12:01qui sur le papier
12:03est déplaisée
12:03aux sympathisants,
12:04à la majeure partie
12:05des sympathisants PS,
12:06eh bien,
12:07qu'est-ce qui va se passer ?
12:07Natacha Polony ?
12:08J'ajoute une chose,
12:09c'est que ces fusions
12:10sont des fusions
12:11pour certaines
12:11qui sont des fusions techniques.
12:13Et là,
12:14il faut bien comprendre
12:15ce que ça signifie.
12:16C'est-à-dire qu'on a des gens
12:17qui ne sont d'accord sur rien,
12:19qui assument
12:20qu'ils n'ont même pas
12:20de programme commun
12:21et qui s'associent
12:23pour faire battre
12:24le camp d'en face.
12:26Et ça,
12:26ça diffuse
12:29en fait
12:30à l'échelon municipal
12:32ce qui se passe
12:33à l'échelon national
12:34et qu'on voit
12:35à l'Assemblée,
12:36à savoir
12:37cette logique
12:37minoritaire
12:38dans laquelle
12:39le but est
12:40avant tout
12:40de s'appuyer
12:42sur le rejet
12:43de ceux d'en face
12:44et non pas
12:45de construire
12:46une logique majoritaire.
12:47C'est ça,
12:47la destruction
12:48de la démocratie.
12:49Alors,
12:49il y a de nombreux auditeurs,
12:50Olivier,
12:51Philippe,
12:51Dan,
12:52qui abondent
12:53dans votre sens,
12:54Natacha Polony,
12:55à propos
12:56de la constitution
12:57des listes,
12:58à propos
12:58de ce problème
12:59démocratique
13:00posé
13:01dans les petites communes.
13:02prenons la plus grande
13:04d'entre elles
13:04malgré tout,
13:05Paris.
13:05Il y a eu un débat
13:06entre trois candidats,
13:08allez savoir pourquoi
13:09ces trois-là,
13:09mais bon,
13:10c'est une autre histoire.
13:11Est-ce que Paris
13:12s'est joué,
13:13Brice Tinturier ?
13:14Est-ce que
13:15Emmanuel Grégoire
13:16a les plus grandes chances
13:17de l'emporter ?
13:18Ou est-ce qu'il y a encore
13:19une incertitude ?
13:20Il y a encore une incertitude
13:21parce que
13:21la situation actuelle,
13:23c'est quand même
13:24la plus difficile
13:24pour Emmanuel Grégoire.
13:25C'est celle où on a
13:26une saracnafo
13:27qui se retire
13:28et donc les électeurs
13:29vont aller,
13:30on ne sait pas très bien
13:30dans quelle proportion,
13:32mais assez massivement,
13:33probablement,
13:34sur Rachida Dati
13:35et parallèlement,
13:36vous avez le maintien
13:37de la candidate
13:38de la France insoumise
13:39pour le second tour.
13:41Donc là,
13:41Emmanuel Grégoire
13:42est un peu pris en étau.
13:43J'ajoute qu'il y a
13:44évidemment le retrait aussi
13:45de la liste Bournazel
13:47qui constitue
13:47une grande inconnue.
13:48Comment ces électeurs
13:49vont-ils se reporter ?
13:51Vous les connaissez
13:51ces électeurs ?
13:52On les connaît,
13:53on connaît.
13:53Vous savez de quel côté
13:55ils peuvent pencher
13:56puisqu'il y a quand même
13:57malgré tout
13:57des phénomènes nouveaux ?
13:59On peut faire
13:59des hypothèses de report
14:01mais ce sont des hypothèses.
14:03Ce n'est pas tout à fait
14:03la même chose
14:04s'ils se reportent.
14:05Je mets l'abstention de côté
14:07parce qu'un certain nombre
14:07va s'abstenir.
14:08Mais s'ils se reportent
14:09à 50-50
14:11sur les deux candidats,
14:13Rachida Dati
14:13et Emmanuel Grégoire
14:14ou si au contraire
14:15vous avez du 60-40.
14:17Donc cette question
14:18des reports
14:19elle va être décisive.
14:20Emmanuel Grégoire
14:21avait l'avantage
14:22avant le premier tour
14:24enfin au soir
14:25du premier tour
14:26cet avantage
14:27il a été fragilisé
14:28par le maintien
14:30de Chikiru
14:31et également
14:33le retrait
14:33de Bournazel
14:34et de Knafo.
14:36Et Natacha Polony
14:37quand on entend
14:37Emmanuel Grégoire
14:38qui accuse Emmanuel Macron
14:39d'avoir fait
14:40en quelque sorte
14:41une ingérence
14:41dans la campagne parisienne
14:43pour pousser
14:43Sarah Knafo
14:44à se retirer
14:46alors lui dément
14:47qu'est-ce que ça dit
14:48du climat actuel ?
14:49Est-ce qu'il est
14:49particulièrement tendu ?
14:51On voit quand même
14:51voler
14:52même parfois
14:53les insultes
14:53hier soir
14:54dans le débat
14:55marseillais
14:57immédiatement
14:57Benoît Payan
14:58a accusé
14:59Franck Alizio
15:00le RN
15:00de faire partie
15:02d'un parti
15:03inspiré du Troisième Reich.
15:05On voit petit à petit
15:07là aussi
15:07la polarisation
15:09des débats
15:10qui est en train
15:11de transformer
15:12tout affrontement politique
15:14en un affrontement
15:16existentiel
15:17et là aussi
15:18ça fait partie
15:19de la fragmentation
15:20du paysage politique
15:21sachant qu'il est
15:22encore plus difficile
15:24de lire
15:24exactement
15:25ce qui se passe
15:26dans le peuple français
15:28en général
15:28dans la mesure où
15:29là vous avez par exemple
15:31sur des métropoles
15:31comme Paris
15:32une spécificité sociologique
15:34mais on a
15:35un décrochage
15:37entre la sociologie
15:39des métropoles
15:40et celle
15:40de l'ensemble du pays
15:41et c'est pour ça
15:42que le mode de scrutin
15:43d'ailleurs
15:43sur les petites communes
15:45est problématique
15:46c'est-à-dire qu'il prive
15:48de capacité
15:49à comprendre
15:50les logiques politiques
15:51pour une partie immense
15:53de la population française
15:55en revanche
15:56juste une chose
15:56dont on n'a pas parlé
15:57jusqu'à présent
15:58attendez je termine
15:59d'un mot
16:00avant on divisait
16:01la France
16:01entre France périphérique
16:02et Grande Métropole
16:04et là en l'occurrence
16:05on a le sentiment
16:05que la scission
16:06passe entre
16:07Petite Commune
16:09et Grande Métropole
16:10je dirais
16:11entre Grande Métropole
16:12et Petite Commune
16:14Ville Moyenne
16:15France des sous-préfectures
16:17tout ce que vous comptez
16:18de territoires
16:19qui ne sont pas
16:20dans les métropoles
16:21j'ajoute un point
16:22qui me semble important
16:23c'est qu'on n'a pas encore
16:25parlé exactement
16:25du positionnement
16:26du Rassemblement National
16:28ce qui apparaît
16:29de plus en plus
16:30c'est le fait
16:32que le Rassemblement National
16:33est en train d'évoluer
16:34la passe d'armes
16:35entre Jordan Bardella
16:37et Marine Le Pen
16:38cette semaine
16:38est significative
16:40Jordan Bardella
16:41nous dit
16:42les droites
16:43doivent s'unir
16:44et Marine Le Pen
16:45dit
16:46nous sommes
16:46ni droite
16:47ni gauche
16:47c'est à dire
16:48que nous avons
16:49qui transparaît
16:51dans ces municipales
16:52toutes les logiques
16:53qui vont se mettre
16:54en place
16:54d'ici 2027
16:55et ce qui va être intéressant
16:57c'est de regarder
16:58ce qui reste
16:59c'est à dire
17:00dans cette logique
17:01vous avez
17:03un écrasement
17:04de la part de LFI
17:05et de la part du RN
17:06de la droite
17:07et de la gauche
17:08dites de gouvernement
17:09il y a
17:10un abandon total
17:11c'est l'abandon
17:12de l'électorat
17:13traditionnel
17:14classe populaire
17:15du RN
17:15qui en effet
17:16est petit à petit
17:18laissé de côté
17:18par Jordan Bardella
17:19et vous avez
17:20un abandon
17:20de tout cet électorat
17:22qui n'a pas envie
17:24de polarisation
17:25et qui s'est exprimé
17:27dans les votes
17:29en dehors
17:30des métropoles
17:30Bristin Currier
17:31en tous les cas
17:32à date
17:32et Natacha Poligny
17:33a tout à fait raison
17:33de souligner
17:34la dissonance
17:34qu'on commence à observer
17:35au sein même
17:36du RN
17:36mais à date
17:37la main tendue
17:38par Jordan Bardella
17:40auprès de la droite
17:41dite sincère
17:43ne fonctionne pas
17:44sauf peut-être à Nice
17:45à Nice
17:46c'est quand même
17:46un cas très particulier
17:47parce que pour le coup
17:48Eric Ciotti
17:49est un niçois
17:50soutenu par le RN
17:52mais qui vient d'LR
17:55mais qui vient d'LR
17:56et qui a abandonné l'LR
17:57qui a abandonné l'LR
17:58qui aujourd'hui
17:59était stampillé
18:00sa propre formation
18:01mais allié au RN
18:02mais auquel le Bauden
18:02vient de se railler
18:04on ne comprend rien
18:05mais ce qui aurait été intéressant
18:06c'était si
18:07dans de nombreuses villes
18:08comme du côté de la gauche
18:10vous aviez eu des fusions
18:11entre des listes LR
18:12et des listes RN
18:13ce n'est pas le cas
18:14ce que vous avez eu
18:15en revanche
18:16entre des listes
18:17de la France Insoumise
18:18et des listes PS
18:19un des cas
18:20qu'il faudra regarder
18:21très près
18:21moi je trouve très emblématique
18:22c'est par exemple
18:24Toulouse
18:25à Toulouse
18:26c'est une ville
18:26puisque là
18:27c'est la liste
18:28de la France Insoumise
18:29qui deviendrait
18:32dans l'exécutif local
18:33et pas la métropole
18:34titulaire de cette ville
18:35si Toulouse bascule
18:37c'est une grande ville
18:38c'est une très grande ville
18:39François Pigmal
18:40qui à ce moment-là
18:41dirigera
18:42la France Insoumise
18:43dirigera une très grande ville
18:44et surtout
18:44la logique
18:45qui est celle
18:46que veut jouer
18:46Jean-Luc Mélenchon
18:47du vote utile
18:48à gauche
18:49pourra se mettre en place
18:50de façon encore plus efficace
18:52c'est-à-dire que
18:52Jean-Luc Mélenchon
18:53est en train d'essayer
18:54de préempter
18:55une fois de plus
18:55le vote utile à gauche
18:56sachant que
18:57dans la perspective
18:58de 2027
18:59et de la présidentielle
19:00il n'a en tête
19:01que la perspective
19:02de 2027
19:03mais derrière
19:04le discours
19:05du parti socialiste
19:07est absolument inaudible
19:08prenez un François Hollande
19:10qui explique
19:11qu'il ne faut pas
19:12de fusion
19:13avec la France Insoumise
19:15alors qu'il a lui-même
19:16été élu
19:17grâce
19:18au nouveau
19:19Front Populaire
19:20qui était exactement
19:21cette logique-là
19:21à l'échelle nationale
19:22donc vous avez
19:23en permanence
19:24des jeux de dupes
19:26qui forcément
19:27vont perdre
19:27certains électeurs
19:28qui vont trouver
19:29que décidément
19:31la dignité
19:32le sens
19:33du bien commun
19:34se perdent un peu
19:35dans ce pays
19:36il nous reste peu de temps
19:37Brice Tinturier
19:37un mot de commentaire
19:39ce qui est juste
19:39très révélateur
19:40de l'affrontement
19:41France Insoumise PS
19:42ce sont les mots
19:43utilisés par Jean-Luc Mélenchon
19:44et par d'autres
19:45quand il a dit
19:46avant le premier tour
19:47au second tour
19:47nous pourrons acheter
19:48les socialistes
19:49et ça ne coûtera pas cher
19:50d'une certaine façon
19:52l'effet lui donne
19:53un peu raison
19:53parce que
19:54les fusions
19:54se sont faites
19:55assez facilement
19:56et très rapidement
19:57et puis de même
19:58à Nantes
19:58la fusion venait
20:00d'être faite
20:01officiellement
20:01et vous avez
20:02un des responsables
20:03à France Insoumise
20:03qui a dit
20:04regardez
20:05les socialistes
20:06on ne peut vraiment
20:06jamais les croire
20:07donc il y a là
20:08une espèce
20:09de condensée
20:11du rapport de force
20:12impitoyable
20:13entre ces deux formations
20:14et de la stratégie
20:15de la France Insoumise
20:15l'élection de 2027
20:16la campagne de 2027
20:18elle a déjà commencé
20:18quand on regarde
20:19Edouard Philippe
20:20qui est en passe
20:21de l'emporter au Havre
20:22c'était la condition
20:23pour qu'il soit candidat
20:24à l'élection présidentielle
20:25il a largement battu
20:27le Rassemblement National
20:28même si ce parti
20:29a fait un meilleur score
20:31que prévu
20:32ou que précédemment
20:32en tout cas
20:33dans sa ville
20:34ça y est
20:35c'est lancé
20:35oui c'est lancé
20:36il ne faudra surtout pas
20:38extrapoler les résultats
20:39des municipales
20:40sur la présidentielle
20:41non
20:42parce que ça ne fonctionne
20:43pas comme ça
20:44en revanche
20:45sur la stratégie
20:46des uns et des autres
20:47c'est très important
20:49ces élections municipales
20:50sont un petit laboratoire
20:51de vérification
20:52de la pertinence
20:53des stratégies
20:53des uns ou des autres
20:54ça vaut pour le PS
20:55et la France Insoumise
20:56ça vaut aussi pour LR
20:58dont les électeurs
20:59veulent aussi bien
21:00s'allier
21:01avec le bloc central
21:02qu'avec le RN
21:03mais Natacha Polony
21:04la première étape
21:05c'est quand même septembre
21:06cette année
21:06c'est sénatorial
21:07ça ne va pas avoir
21:08des conséquences
21:09assez fortes au Sénat
21:10ce morcellement
21:11ce qui est très important
21:12ce sont les conséquences
21:14sur les sénatoriales
21:15qu'on oublie toujours
21:15c'est-à-dire qu'il y a
21:16un enjeu de positionnement
21:18des uns et des autres
21:18et je rejoins
21:19Brice Tinturier sur un point
21:20c'est que ça nous raconte
21:21les stratégies
21:22en revanche
21:23ce que ça nous raconte aussi
21:25c'est que
21:25quand les français
21:27sont contents
21:28de l'offre politique
21:29quand ils ont l'impression
21:29que leurs élus
21:30jouent à peu près leur rôle
21:32même si l'abstention
21:33nous montre que
21:34les logiques de dessaisissement
21:36par les intercommunalités
21:37les choses comme ça
21:37sont en train
21:38petit à petit
21:39d'abîmer
21:39même la démocratie locale
21:41mais globalement
21:42quand il y a
21:42une offre politique
21:43les français finalement
21:45ne cherchent pas
21:46à exprimer leur colère
21:47et c'est ça
21:48que montre
21:49l'immense majorité
21:50du territoire
21:50qui en effet
21:51est passée en dessous
21:52des radars
21:52hélas
21:53mais qu'il faut aller regarder
21:54j'allais dire
21:55c'est beaucoup plus clair
21:56mais je le dis vraiment
21:56sincèrement
21:57puisque c'est si compliqué
21:58si compliqué
21:59de faire vos métiers
22:01en ce moment
22:01et même de s'y retrouver
22:03en tant qu'électeur
22:04ou comme observateur
22:06Brice Tinturier
22:07ça l'est pour nous aussi
22:08ça l'est aussi
22:09oui
22:09vous vivez un enfer
22:11vraiment encore une fois
22:12ce sont les élections
22:13forcément les plus complexes
22:14bon bah écoutez
22:15bon courage
22:16pour ce qui vous attend
22:18dimanche
22:18et pour les semaines
22:20qui suivent
22:20merci Natacha
22:21merci beaucoup
22:22on vous retrouve samedi
22:23dans le grand face-à-face
22:24sur France Inter
22:25bonne journée à tous les deux
22:26à suivre la revue de presse
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