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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va continuer d'évoquer cette guerre dans un premier temps, maintenant dans le signé Consigny notamment,
00:04avec Alain Fickelkraut qui est avec nous.
00:07On va saluer Alain Fickelkraut et Charles Consigny.
00:09Bonsoir Charles.
00:10Bonsoir.
00:11Bonsoir Alain Fickelkraut.
00:12Bonsoir.
00:12Avant de parler de politique, politique intérieure, les élections municipales,
00:15mais cette guerre telle qu'elle est menée par les Américains et Israël, vous la soutenez ?
00:20Écoutez, je suis cette guerre avec passion et avec angoisse.
00:27Je pense que rien ne pourrait arriver de meilleur au peuple iranien d'abord, à Israël ensuite et au monde
00:34entier,
00:35que le renversement du régime des mollas.
00:39Mais je ne sais pas si on en prend le chemin, parce que les mollas sont encore assez forts,
00:45pour promettre au peuple qui irait dans la rue une répression aussi féroce que celle de début janvier,
00:52qui a fait plus de 30 000 morts en deux jours.
00:55Donc, je suis anxieux.
00:58De même, je me désole que la milice pro-iranienne du Hezbollah, le parti d'Allah, ait entraîné le Liban
01:11dans la guerre.
01:12Voilà.
01:13Donc, il ne s'agit pas pour moi de soutenir ou de ne pas soutenir.
01:17J'ai un espoir ténu.
01:18Emmanuel Macron, dans cette situation, dans cette guerre, est-il à la hauteur du moment ?
01:24Vous comprenez la position française ?
01:26C'est une position de spectateur.
01:31Donc, ses considérations sont assez justes.
01:38Il appelle aussi au désarmement du Hezbollah.
01:44Il s'est porté volontaire avec d'autres pays pour aider à la sécurisation du détroit d'Hormuz.
01:53Donc, dans les trois couloirs qui est le sien, il fait ce qu'il a à faire.
02:00Je suis tout à fait d'accord, bien sûr, avec ce que dit Alain Finkielkraut.
02:05Je pense que la France est assez démunie dans ce conflit.
02:08On n'a pas beaucoup de moyens pour intervenir.
02:10On n'a pas été prévenu.
02:11On n'a pas été prévenu ni associé.
02:12On n'a pas envie de s'y impliquer spécialement parce qu'on préférerait ne pas subir d'attaques terroristes
02:19sur le sol français.
02:21Donc, on est effectivement dans cette position de spectateur, même si on intervient, par exemple, pour défendre nos alliés du
02:27Golfe,
02:28pour lesquels on fait intervenir notamment nos rafales pour shooter des drones qui arriveraient sur l'Arabie saoudite notamment.
02:35Donc, on n'est pas non plus complètement aux abonnés absents.
02:38Moi, ce qui me frappe simplement, tout le monde a envie que cette opération américaine réussisse et qu'on fasse
02:43tomber ce régime iranien.
02:45Ce qui me frappe, c'est que l'administration américaine ne semble pas avoir de plan pour la suite des
02:52opérations.
02:52Ils avaient un plan de départ, mais ensuite, qu'est-ce qu'ils vont faire pour arriver à leur fin
02:57?
02:57Pour l'instant, ça paraît nébuleux.
02:59C'est ça qui, je trouve, est assez sidérant.
03:01Voilà pour l'entrée en matière, si je puis dire, du point de vue international.
03:04Ce qui nous préoccupe ce soir, ce qui nous occupe dans notre discussion, c'est la campagne pour les élections
03:10municipales.
03:11Cette entre-deux-tours, on a vu le Parti Socialiste faire...
03:15Comment on parle ? Le terme, c'est fusion technique, c'est ça ?
03:18Des fusions techniques avec la France insoumise pour empêcher la droite...
03:22Malgré les consignes.
03:23Pour empêcher la droite extrémisée et l'extrême droite de gagner des mairies.
03:27Qu'est-ce que vous pensez de cet accord, M. Finkielkraut ?
03:29Oh, ben, je suis... Je pense comme Raphaël Glucksmann, qui sauve l'honneur de la gauche,
03:36que c'est l'accord de la honte.
03:40C'est l'accord de la honte.
03:43La France insoumise, comme le montre le livre édité par David Rénarc,
03:49LFI, Anatomie d'une perversion,
03:52la France insoumise est devenue un parti à la fois...
03:56Vous en signez l'épilogue, c'est un ouvrage collectif.
03:58Oui, c'est ça.
03:59Vous en signez l'épilogue.
03:59Et c'est devenu un parti qui réussit l'exploit d'être à la fois antisémite et francophobe.
04:08L'antisémitisme de Mélenchon n'est plus à démontrer.
04:13Il a dit notamment, au moment de la grande marche contre l'antisémitisme,
04:18les partisans du soutien inconditionnel au massacre ont leur rendez-vous.
04:24Sous prétexte de défendre la cause palestinienne,
04:28il accuse la très grande majorité des juifs de France
04:32d'être des sionistes génocidaires.
04:35Et les partisans du maire élu au premier tour de Saint-Denis
04:43scandaient au moment de sa victoire
04:46« Nous sommes tous des enfants de Gaza ».
04:48Qu'en sera-t-il des juifs qui continuent à vivre à Saint-Denis ?
04:53Il n'y en aura bientôt plus.
04:55La Seine-Saint-Denis va devenir, et c'est en France,
04:58« Judenrein ».
04:59Et quand je parle de...
05:01Ce qui veut dire « Judenrein » ?
05:02« Judenrein », c'est dire « vide de juifs ».
05:04Vide de juifs.
05:06Débarrasser des juifs.
05:08Voilà ce qui se passe.
05:09Et la France insoumise, on pouvait penser qu'après les dernières saillies
05:13de Jean-Luc Mélenchon sur les noms propres,
05:16Epstein, Glucksmann, Glucksmann, etc.,
05:19eh bien, la France insoumise serait sanctionnée dans les urnes.
05:23Ce n'a pas été le cas.
05:25David Guiraud va sans doute l'emporter à Roubaix.
05:30François Picmal, qui est très, très fortement tenté par ce pro-palestinisme antisémite,
05:38risque de remporter la mairie de Toulouse,
05:41avec le soutien du Parti Socialiste.
05:45Malgré les consignes nationales,
05:47le Parti Socialiste a choisi, effectivement, cette voie-là,
05:53c'est-à-dire de basculer, lui aussi, dans l'antisémitisme.
06:00Si vous voulez, toute une partie de la gauche a renoncé à sa tradition laïque,
06:05sa tradition républicaine, sa tradition anti-dréfusarde.
06:11C'est vraiment absolument effrayant.
06:13Mais alors, est-ce que ça n'est pas le signe que tout ce sur quoi vous et d'autres
06:19alertiez depuis plusieurs années, à savoir le communautarisme, le séparatisme,
06:25la progression d'un islam radical,
06:28ou alors d'un islam très politique et très prosélite,
06:31le repli communautaire ?
06:35Est-ce que ces scores de la France Insoumise,
06:38qui surfent joyeusement sur tout ça,
06:41ne sont pas la preuve qu'au fond,
06:43pour l'instant en tout cas,
06:44le combat que vous meniez,
06:46ce combat républicain, universaliste,
06:50il est quand même complètement perdu, au fond, en France.
06:52C'est-à-dire qu'on est un pays communautarisé.
06:5669% des Français musulmans ont voté pour Jean-Luc Mélenchon en 2022.
07:01Il fait tout pour renouveler cette performance en 2027.
07:08Et quand même, on peut aussi remarquer que,
07:11de l'autre côté, les bourgeois restent entre bourgeois,
07:15les gens de droite sont toujours plus à droite.
07:17Et il y a une espèce comme ça de séparation du peuple.
07:21Est-ce que ce n'est pas paumé ?
07:23Et est-ce que vous pensez, vous, que c'est encore gagnable ?
07:27Ce que je constate, en effet,
07:30c'est que cette gauche,
07:34dirigée par la France Insoumise,
07:36a abandonné l'école.
07:40Or, l'école et la gauche,
07:41c'était la même chose, si je puis dire.
07:44Elle a, à force de réformes démagogiques,
07:48elle a détruit l'école,
07:50avec d'ailleurs une certaine complexité de la droite.
07:52Elle a abandonné la laïcité,
07:54qu'elle ne revendique que pour effacer
07:58ce qui reste de marque chrétienne en France.
08:02Et elle a abandonné les classes populaires
08:05au profit des quartiers populaires.
08:08Ce qui n'est pas du tout la même chose.
08:10Oui, nous vivons un moment très grave.
08:13Et j'ajoute, je l'ai dit tout à l'heure,
08:14aussi, c'est une gauche qui, justement,
08:19a choisi l'antisémitisme par électoralisme,
08:23parce qu'elle mise sur ce qu'elle appelle elle-même
08:26le grand emplacement,
08:28c'est-à-dire un nouveau peuple et une nouvelle France,
08:31d'où sa francophobie.
08:32Le français de souche, c'est fini,
08:35c'est terminé, dit Jean-Luc Mélenchon,
08:37et il ne veut plus qu'on parle de langue française,
08:41puisqu'elle n'est plus parlée
08:43par une majorité de locuteurs étrangers.
08:46Il plaide pour la créolisation de la langue.
08:49Nous en sommes là.
08:51Alors, j'appelle personnellement
08:53à une espèce de redressement.
08:55Je pense que l'école,
08:59la continuité historique de la France
09:01face à l'immigration,
09:04doivent devenir des causes transpartisanes.
09:08Sur le modèle du Danemark, par exemple.
09:11C'est l'espoir que j'ai,
09:13et peut-être, en effet,
09:15la gauche n'est-elle pas tout à fait morte,
09:20aujourd'hui.
09:21Je citais Glucksmann,
09:22mais bon, je dois dire
09:24que je suis plutôt pessimiste.
09:28Il reste qui à part Glucksmann ?
09:29Pardon, je cite Emmanuel Grégoire,
09:32qui a refusé de faire une alliance
09:34avec la France insoumise.
09:35Il y a le maire socialiste de Montpellier,
09:37Marseille.
09:38À Marseille.
09:40Emmanuel Grégoire, sur sa liste,
09:42il a Daniel Simonnet,
09:44qui certes a été exclu.
09:46Elle a été purgée.
09:47Elle a été purgée.
09:48On connaît les méthodes
09:50de la France insoumise,
09:51mais elle a accueilli Naguère,
09:53avec Daniel Obono,
09:56avec tous les honneurs,
09:58Jérémy Corbyn,
09:59le leader du Parti travailliste,
10:02qui, au nom de sa défense
10:03de la cause palestinienne,
10:06faisait preuve d'un antisémitisme véhément.
10:09Donc, je ne suis pas absolument sûr
10:12de la résistance d'Emmanuel Grégoire,
10:18si vous voulez,
10:19au discours de la France insoumise.
10:22Mais c'est vrai,
10:23il y a des candidats qui résistent.
10:28Vous allez même jusqu'à dire
10:29que physiquement,
10:30vous avez peur de la France insoumise.
10:32C'est ce que vous dites dans le livre.
10:34Vous ne poussez pas le bouchon
10:35un peu trop loin, quand même.
10:37Si, écoutez,
10:39heureusement pour moi,
10:40je ne vis pas à Toulouse,
10:42je ne vis pas à Saint-Denis,
10:43mais imaginez
10:45que,
10:48en 2027,
10:50Jean-Luc Mélenchon
10:51arrive au pouvoir,
10:52avec Émeric Caron,
10:55Thomas Porte,
10:56David Guiraud,
10:57dont le père,
10:59l'élu social de Daniel Guiraud,
11:00a dit que,
11:01comme beaucoup de jeunes
11:02des années 1990,
11:04il s'était familiarisé
11:06avec le conflit
11:09israélo-palestinien
11:10en regardant
11:11les vidéos
11:13de Dieu Donné
11:14et d'Alain Soral.
11:15– La France ne tombera pas
11:17dans les pogroms.
11:19Vous craignez des pogroms en France ?
11:20– Je ne dis pas
11:21qu'il y a des pogroms en France.
11:22Mais ce que je peux vous dire,
11:24c'est que si,
11:27par malheur,
11:28la France insoumise
11:30arrive au pouvoir
11:32en 2027,
11:33beaucoup de juifs français
11:36feront leur valise.
11:37– Et vous aussi ?
11:38– Vous aussi, vous partiriez ?
11:40– Écoutez,
11:41étant donné mon âge,
11:42je ne peux rien garantir,
11:44mais j'y penserai.
11:45– Mais en même temps,
11:46est-ce que ça vous paraît
11:48possible que la France insoumise
11:49arrive au pouvoir en France ?
11:50Moi, je pense que c'est
11:51une espèce de faux...
11:54On joue un peu
11:54à se faire peur avec ça.
11:56mais avant que Jean-Luc Mélenchon
11:58fasse 50% plus une voix,
12:00il faudrait quand même
12:01qu'il se retrouve
12:02face à...
12:03je ne sais qui...
12:04– Jordan Bardella ?
12:05– Face à Émeric Caron,
12:06peut-être qu'il pourrait faire ça.
12:07– Jordan Bardella ?
12:07– Ben non,
12:08je ne pense pas que face à Jordan Bardella,
12:11Mélenchon l'enquenterait.
12:12– Je pense en effet
12:15qu'il y aura,
12:17contre Jean-Luc Mélenchon,
12:19un véritable front républicain
12:21en France,
12:21mais quand je vois les résultats
12:24des élections municipales,
12:27je me rends compte qu'aujourd'hui,
12:29dans certains lieux,
12:31dans certains secteurs,
12:32l'antisémitisme est payant.
12:34Et ça, c'est quand même...
12:38On n'avait jamais vu ça
12:40depuis les années 30 et les XIe siècle.
12:41– Mais quand on regarde
12:42dans le détail
12:43les résultats du premier tour,
12:45il faut peut-être un peu
12:47se calmer
12:48sur la percée
12:49de la France insoumise.
12:50– Oui, vous avez raison.
12:51– Elle est fit en tête
12:52dans seulement 5 communes.
12:53Les socialistes ont fait
12:55beaucoup plus de voix
12:55dimanche dernier
12:57que la France insoumise.
12:59Alors,
13:00la stratégie de Mélenchon
13:01est sans doute payante
13:02parce qu'il arrive
13:03à piéger les socialistes
13:05en quelque sorte
13:05avec ces accords de la honte,
13:06comme vous les appelez.
13:07Mais enfin,
13:08électoralement,
13:09aujourd'hui,
13:09la France insoumise,
13:10il n'y a pas de vague
13:11de la France insoumise.
13:12– Oui, mais ce qu'on voit,
13:13et moi,
13:14j'ai aussi envie
13:14d'échanger avec
13:16Alain Finkielkraut là-dessus,
13:17c'est quand même l'occasion
13:19pour la gauche
13:20de s'unir,
13:21y compris avec
13:22la France insoumise,
13:23y compris après
13:25des violences physiques,
13:26notamment contre
13:27le jeune Quentin
13:28qui a quand même été tué
13:29a priori
13:30par des membres
13:31de la jeune garde,
13:31c'est-à-dire
13:32le bras jeune et armé
13:35de la France insoumise.
13:36– Du député,
13:37et d'un député
13:38de la France insoumise,
13:39et après
13:41cette espèce
13:42d'antisémitite
13:43qui ne se cache
13:43même plus vraiment.
13:45Malgré ça,
13:46la gauche s'allie
13:48avec les insoumis,
13:50et moi,
13:51il y a quelque chose
13:51qui est nouveau
13:52quand même
13:52dans leur discours,
13:53et moi,
13:54ça m'intéresse
13:55de savoir
13:55ce que vous en pensez,
13:56c'est la fascisation
13:58de l'adversaire
13:59quel qu'il soit.
14:00C'est-à-dire
14:00que vous soyez
14:01un centriste bontain,
14:03que vous soyez
14:03d'une droite modérée
14:05ou que vous soyez
14:06le Rassemblement National
14:07ou Sarah Knafo,
14:08quelle que soit
14:09votre couleur politique,
14:10si vous n'êtes pas
14:13de gauche,
14:14eh bien,
14:15vous êtes
14:15un fasciste.
14:16Et donc,
14:18dans leur rhétorique...
14:19– Ou un raciste.
14:20– Oui,
14:20mais ça va ensemble.
14:21– Ça va ensemble.
14:22– Mais ça veut dire
14:23que vous êtes à abattre,
14:24au fond,
14:24parce que dans leur combat,
14:26c'est un combat révolutionnaire
14:27dans lesquels
14:28ceux qui ne sont pas
14:29de leur côté
14:30sont des ennemis
14:31et non pas des adversaires.
14:32– Je pense que c'est
14:34le vrai danger,
14:35l'antifascisme.
14:37Et c'est pour ça
14:38qu'on n'est pas
14:38à l'abri,
14:39en 2027,
14:41d'un rassemblement,
14:43d'un front antifasciste.
14:45Il faut s'interroger
14:46sur l'antifascisme.
14:47C'était un mouvement
14:48héroïque
14:49face à la montée
14:52du totalitarisme nazi
14:56et face au régime
14:58fasciste et nazi.
15:01Depuis la chute
15:02de Hitler,
15:04l'antifascisme
15:05est devenu
15:06un combat
15:07commode,
15:09paresseux,
15:10contre un ennemi
15:11imaginaire.
15:12C'était le grand drapeau
15:14des communistes
15:16après-guerre.
15:18Ils connaissaient
15:19un espace
15:19à deux dimensions,
15:21eux et les fascistes.
15:23Le communisme est mort,
15:24mais toute une gauche
15:26progressiste,
15:27islamo-gauchiste,
15:28woke,
15:29a repris le flambeau.
15:31– En même temps,
15:32Jordan Bardella
15:33est le favori
15:33de la prochaine présidentielle.
15:35– Mais division,
15:36oui mais,
15:37je veux dire,
15:38on a beaucoup de reproches
15:40à faire à Jordan Bardella
15:41et je serai le premier
15:42à le dire,
15:43mais il y a une chose
15:44qui est sûre,
15:45c'est que vraiment,
15:46il n'est pas fasciste.
15:47si vous voulez.
15:48Donc de toute façon,
15:48ça aussi c'est une manipulation.
15:50Mais maintenant,
15:51le fasciste,
15:52c'est aussi
15:52le maire de Toulouse.
15:55C'est comme on l'a dit
15:57Charles Consigny.
15:58– Jean-Luc Moudinck.
15:58– Tous les ennemis
15:59de cette gauche
16:00sont aujourd'hui
16:03considérés comme fascistes.
16:04– Donc finalement…
16:05– Nous vivons
16:06sous l'intimidation
16:07de ce grand mensonge
16:10dont il faut absolument sortir.
16:12– Mais donc finalement,
16:13en cas d'élection présidentielle,
16:15deuxième tour,
16:15Jordan Bardella,
16:17Jean-Luc Mélenchon,
16:17vous votez Bardella ?
16:18– Écoutez,
16:19je ne suis pas
16:21dans cette situation.
16:22– Non mais vous y pensez.
16:23– Je pense qu'il faut tout faire
16:24pour éviter d'en arriver là.
16:27Tout faire pour consolider
16:28une gauche républicaine,
16:30laïque et social-démocrate
16:33et une droite digne de ce nom.
16:36Bardella n'est pas fasciste.
16:38Le Rassemblement national
16:40a un programme économique aberrant
16:44et une complaisance
16:45niée aujourd'hui
16:47à l'égard de la Russie.
16:48C'est un parti étrangement souverainiste
16:50qui s'incline devant la force des empires.
16:55– Donc potentiellement,
16:56vous pourriez voter pour Jordan Bardella ?
16:57– Potentiellement,
16:59je ne suis pas dans cette situation.
17:01Je suis dans la situation
17:04d'intervenir,
17:06de m'engager
17:07pour que nous ne soyons pas soumis
17:10à une alternative de ce type.
17:11– Moi, je veux bien,
17:12mais Bardella n'est peut-être pas fasciste,
17:14mais j'ai lu quand même
17:16des articles racontant
17:17que par exemple,
17:18il s'inspirait pour ses affiches
17:20de campagne électorale
17:22des jeunes néo-fascistes italiens
17:24dont il semble apprécier
17:26la direction artistique
17:28et il est quand même soutenu
17:30par toute une tripotée de gens
17:32dans lesquels il y a quand même
17:33un peu à boire et à manger.
17:35Et il y en a qui ont quand même
17:36quelques antécédents.
17:38Tout ça charrie quand même
17:39quelque chose
17:39qui n'est pas forcément idéal.
17:41Moi, je pense que le problème,
17:43je me dis,
17:44en écoutant ce que dit Alain Finkielkraut
17:46et en sachant à quel point
17:47il est patriote,
17:48je me dis,
17:48mais quel destin funeste
17:50pour la France
17:51que d'être divisé
17:52entre la France insoumise
17:54d'une part
17:55et le Rassemblement national,
17:56héritier du Front national
17:57d'autre part.
17:59Est-ce qu'il n'y a pas
17:59quand même aussi
18:00une faillite
18:01de tous ces gens
18:03qui se veulent
18:04l'arc républicain,
18:05etc.,
18:06et qui ne savent plus du tout
18:07faire rêver les Français
18:08et leur proposer
18:10quelque chose
18:11qui soit digne de ce nom
18:13et digne de ce grand pays
18:14et qui fait que
18:15les partis plus radicaux
18:17prennent cette place.
18:18qu'ils ont besoin de rêver.
18:19Ce dont ils ont besoin,
18:22c'est qu'on prenne en compte
18:24leur angoisse existentielle.
18:27C'est-à-dire,
18:31ils revendiquent un droit
18:33à la continuité historique
18:34qui est très menacée aujourd'hui.
18:37La gauche,
18:38toute une partie de la gauche
18:39ne veut pas en entendre parler
18:41au nom d'une conception
18:44irénique
18:45de l'hospitalité.
18:47Et c'est,
18:49malheureusement,
18:50le Rassemblement National
18:51qui a hérité
18:53de cette angoisse.
18:54Il incombe donc
18:55de la lui arracher.
18:57de la lui arracher.
18:58C'est le rôle
18:59de tous les partis politiques
19:02républicains aujourd'hui.
19:03Quand vous dites
19:04cette angoisse,
19:04c'est-à-dire que
19:05c'est l'angoisse
19:06que la France
19:06ne ressemble plus
19:07à la France telle
19:07qu'on a connue ?
19:08Bien sûr.
19:09Mais est-ce que
19:10ce n'est pas non plus
19:11l'évolution des choses
19:12que la France évolue ?
19:13La France est un pays
19:15qui veut persévérer
19:17dans son être,
19:18qui veut demeurer lui-même
19:20et qui ne veut pas
19:22de cette nouvelle France
19:24que lui promet
19:25la France a soumise.
19:27La France,
19:28elle a toujours évolué
19:29dans sa population,
19:31dans sa structure,
19:32dans son histoire.
19:33Elle n'est pas figée.
19:34L'assimilation
19:35voulait dire quelque chose.
19:37La francophobie
19:38ne sévissait pas
19:40dans les quartiers
19:41peuplés
19:42par une majorité
19:43d'immigrés.
19:44Donc la France
19:45a effectivement
19:46connu des évolutions
19:48et des métamorphoses.
19:50Mais cette continuité
19:51historique
19:52qui est un droit fondamental
19:53comme l'a dit
19:54Ortega y Gasset,
19:55n'est pas un vain mot.
19:57C'est vraiment quelque chose
19:58si vous voulez.
19:59Nous sommes
20:00les gardiens
20:01et les passeurs
20:02d'un très bel héritage.
20:04Et cet héritage,
20:05nous devons
20:06effectivement
20:07le maintenir
20:09en vie.
20:10C'est tout à fait
20:12légitime
20:12de le vouloir
20:13et c'est tout à fait
20:14légitime
20:15de s'angoisser
20:16à l'idée
20:17qu'il pourrait être
20:18dilapidé.
20:19D'accord avec ça ?
20:20Oui, je suis d'accord
20:21avec ça
20:21même si je reste optimiste.
20:23Peut-être que ce qui nous...
20:25Peut-être plus qu'à là.
20:26Peut-être que ce qui nous différencie
20:28c'est que je suis plus optimiste
20:29parce que j'observe
20:30que certes
20:31il y a des endroits
20:32où l'école s'effondre,
20:34il y a des pop-up stores
20:35de hijab
20:36au cœur de Paris
20:37qui ne sont pas
20:38exactement très féministes
20:41ni...
20:41Voilà.
20:42Et tout ça existe.
20:43Je vois bien
20:44le séparatisme,
20:45le repli communautaire,
20:47effectivement
20:48ce regain d'antisémitisme
20:49qui est effrayant.
20:50mais je vois aussi
20:52que la France
20:53garde
20:54une armée
20:55très performante
20:56par exemple
20:57que la France
20:58garde une gastronomie
20:59on dit souvent
21:00que tous les pays du monde
21:01ont une cuisine
21:02mais que la France
21:02a une gastronomie
21:03que la France garde
21:05une diplomatie efficace
21:07une industrie
21:09dans beaucoup de domaines
21:10une jeunesse aussi
21:12qui est
21:12à mon sens
21:13encore très patriote
21:14moi je l'observe
21:15beaucoup sur les réseaux sociaux
21:16que ne voit peut-être pas
21:18Alain Finkielkraut
21:20ou qu'on pourrait vous montrer
21:21mais moi j'observe
21:22par exemple
21:23sur les réseaux sociaux
21:24il y a
21:24par exemple
21:25Emmanuel Macron
21:26a publié hier
21:28une vidéo
21:29qui fait l'éloge
21:30de tout ce que la France
21:31sait faire de bien
21:33essentiellement
21:34sur le plan militaire
21:35mais pas seulement
21:35et ça a été partagé
21:37des millions
21:37et des millions de fois
21:38parce que
21:39la patrie
21:41c'est encore un truc
21:42qui est très fort
21:43dans le cœur des Français
21:44et notamment
21:45des jeunes Français
21:46donc moi je crois quand même
21:47à notre capacité de rebond
21:48et enfin je ne pense pas
21:50que tous nos mots
21:51viennent de telle ou telle
21:53partie de notre population
21:54je pense que les Français
21:55ont aussi besoin
21:56de se remettre au travail
21:58et d'avoir de nouveau
22:00envie d'être un grand pays
22:01et pas seulement
22:02un pays en week-end
22:03du jeudi au parti
22:04le problème
22:05le problème c'est que
22:06les Français
22:07ne sont peut-être pas
22:08tout à fait disposés
22:10à se remettre au travail
22:11André G. disait
22:12un peuple qui tient à sa langue
22:14est un peuple qui tient bon
22:17le français comme langue
22:19est aujourd'hui aussi en danger
22:22c'est la quatrième langue
22:23la plus parlée du monde
22:24les Français
22:31ne s'attristent pas
22:33du déclin
22:34si prononcé
22:36si perceptible
22:37de la langue française
22:38qui est lié aussi
22:39à la crise
22:40de la transmission
22:41donc on ne peut pas
22:42s'en prendre seulement
22:43à cet afflux massif
22:46d'immigrés
22:48difficiles à assimiler
22:50étant donné leur nombre
22:51il faut s'interroger aussi
22:53sur une forme de renoncement
22:55à soi
22:56de la France d'aujourd'hui
22:57Merci Alain Finkielkraut
22:58de cette discussion
22:59avec Charles Consigny
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