- il y a 2 jours
Patrick Balkany était jugé devant le tribunal correctionnel de Paris du 13 mai au 19 juin pour blanchiment de fraude fiscale et corruption passive. Le 13 juin, le procureur a demandé à son encontre sept ans fermes, une incarcération immédiate, et dix ans d’inéligibilité. Le procès touche à sa fin. Ce mercredi 19 juin la parole était à la défense. Maire LR de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) depuis plus de 30 ans, Patrick Balkany jure qu’il n’a jamais été corrompu, et que sa carrière politique n’a fait que amincir la fortune héritée de son père. Comment s’est-il défendu ? Quelle a été sa réaction lorsque Marc Angst, gestionnaire de patrimoine suisse, a raconté les coulisses de l’achat du riad de Marrakech dont il dément être le propriétaire ? Comment son épouse, Isabelle, convalescente après une tentative de suicide, a-t-elle vécu ces journées d’audiences ? Cet épisode de Code source est raconté par David Livois et Marjorie Lenhardt, reporters au Parisien, qui ont couvert l’ensemble du procès. Enregistrement effectué le lundi 17 juin, avant les plaidoiries de la défense. Le jugement sera mis en délibéré, probablement en septembre. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Conception et préparation : Clara Garnier-Amouroux - Production : Jeanne Boezec - Reporter : Clawdia Prolongeau - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos pour Binge Audio - Identité graphique : Upian - Archives : AFP, CNews, Canal + et BFM TV.
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NewsTranscription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:15Certains habitants de Levallois-Péret ont suivi le procès Balkany au tribunal de Paris comme une pièce de théâtre.
00:22Personnage principal, leur mère depuis plus de 30 ans, qui rêvait d'être acteur quand il était jeune.
00:27Elle est accusée aujourd'hui de corruption passive et blanchiment de fraude fiscale.
00:32La justice le soupçonne, lui et son épouse, d'avoir dissimulé 13 millions d'euros à travers notamment deux villas
00:39aux Antilles et à Marrakech.
00:41Cette affaire avait débuté au début des années 2010. Le procès aura duré plus d'un mois.
00:46Marjorie Lénarte et David Livois l'ont suivi jour après jour pour le Parisien.
01:00Le procès de Patrick et Isabelle Balkany débute le lundi 13 mai. Est-ce que vous pouvez nous décrire l
01:06'atmosphère ce jour-là ?
01:07Elle est forcément électrique. C'est un procès qui était attendu depuis très longtemps. Beaucoup pensaient qu'il n'aurait
01:14pas lieu.
01:14Il y a énormément de monde. Tous les médias sont présents. Il y a beaucoup de public, des habitants de
01:19Levallois. L'entrée de la salle d'audience est filtrée.
01:23A l'extérieur, c'est un peu la cohue entre toutes les caméras qui attendent d'avoir la première image
01:27de Patrick Balkany qui va arriver peut-être avec sa femme. On attend de savoir justement.
01:33Le contexte est particulier. Une semaine auparavant, Isabelle Balkany a fait une tentative de suicide.
01:37C'est donc seul que Patrick Balkany arrive au pas de justice de Paris. Toute l'attention se concentre sur
01:44lui. Il arrive aux côtés de son avocat, maître Eric Dupond-Moretti.
01:48C'est le seul des six prévenus qui est présent au premier jour. L'ambiance est vraiment électrique.
01:53Ce n'est pas encore la personne des Balkany qui est au centre des discussions. A quoi est consacrée la
01:58première journée d'audience ?
02:00A des questions de procédure et essentiellement à la probité et l'impartialité du tribunal.
02:04Il demande le report du procès parce que Isabelle Balkany n'est pas présente. L'avocat de Patrick Balkany estime
02:11que son client ne va pas être en état d'assurer sa propre défense.
02:15Étant donné que sa femme a fait une tentative de suicide 15 jours auparavant et que c'est lui qui
02:20l'a réanimé, qui l'a trouvé dans cet état.
02:22Est-ce que vous pouvez nous décrire l'avocat de Patrick Balkany, Eric Dupond-Moretti, en cette première journée d
02:27'audience ?
02:28Il est arrogant. Je le trouve dédaigneux. Il souffle souvent. Il dit tout le temps « Pardon, pardon, excusez-moi,
02:36mais vous avez tort ».
02:38Il corrige sans cesse.
02:39Qui ?
02:39Le président, le procureur, son confrère de la partie civile qui représente l'état, tous ceux qui sont contre lui.
02:46Il n'hésite pas à attaquer la personne du président. Il demande au président de se déporter, donc de se
02:50désaisir de l'affaire, justement parce qu'il remet en cause son impartialité.
02:55En fait, il va jusqu'au bout. Aller remettre en cause l'impartialité du président, c'est rare. C'est
03:00un peu un acte désespéré au final.
03:02David Livois, à la fin de cette première journée, Patrick Balkany se fait remarquer devant les caméras. Racontez-nous cette
03:08scène.
03:09Il intervient pendant que son avocat, maître Eric Dupond-Moretti, prend la parole devant la caméra.
03:15À ce moment-là, il répète ce qu'il a déjà dit devant le tribunal, à savoir que Balkany, ce
03:20n'est pas un chien.
03:21Ce que dit Dupond-Moretti, c'est qu'il souffre aussi de la situation et qu'il n'est pas
03:28forcément en état de comparer devant le tribunal correctionnel.
03:30Vu la récente tentative de suicide de sa femme.
03:33Dupond-Moretti commence par dire que Patrick Balkany a 71 ans.
03:38Son mari qui est à 71 ans.
03:41Depuis 35 ans de vie commune avec sa femme.
03:42Qui l'a découverte inanimée et qui la pensait morte.
03:45Bientôt, ne me vieillissez pas. 70, ça me suffit.
03:48On sent qu'entre eux, il n'y a pas spécialement d'affinité.
03:51C'est ma femme qui a 71 ans.
03:53Ouais, c'est pas bien grave.
03:54On sent aussi qu'on a affaire à deux personnalités, deux gros égaux.
03:58Et forcément, on sait que ça va faire des épincelles.
04:00Non mais si vous m'interrompez, là, c'est injouable.
04:03Pendant ses premières journées d'audience, David Livoie, à un moment, le portable de Patrick Balkany va se mettre à
04:08sonner.
04:09Oui, tout à fait.
04:10Alors, c'est pas dans la salle d'audience, mais dans l'enceinte du tribunal, effectivement.
04:13Ce qui est drôle, c'est que la musique, c'est celle des tontons flingueurs.
04:16Et que, voilà, ça colle à merveille avec la personnalité haute en couleur de Patrick Balkany.
04:21Le juge refuse donc le report du procès.
04:24Après deux jours consacrés à des questions de procédure, le 15 mai, Patrick Balkany prend la parole pour la première
04:30fois à la barre.
04:31Il répond aux accusations de fraude fiscale.
04:34Marjorie Lennart, il est théâtral à ce moment-là ?
04:36Il est effectivement théâtral, c'est le moins qu'on puisse dire.
04:39Il est à l'aise à la barre autant qu'à l'Assemblée nationale.
04:43Il joue de son micro comme il pouvait jouer du micro à l'Assemblée.
04:47Il se retourne vers le public, il fait des blagues, les gens rigolent d'ailleurs.
04:51Il est repris très souvent par le président parce qu'il doit s'adresser au président et non pas derrière
04:56lui au public.
04:58Il est très en confiance.
04:59Il va jouer à la fois la carte de l'émotion, de la tristesse et de l'humour.
05:03L'émotion, c'est quand il évoque l'histoire de son père qui est un déporté juif qui a été
05:08déporté à Auschwitz, résistant.
05:11Il montre même la carte de déporté résistant au président.
05:14Et là, on est dans le récit.
05:16Vraiment, il nous transporte.
05:17On a de l'émotion avec lui.
05:19Le 16 mai, les réquisitions du premier volet du procès pour fraude fiscale tombent.
05:25Le procureur demande quatre ans d'emprisonnement ferme pour Patrick Balkany, deux ans pour son épouse Isabelle.
05:31Comment est-ce qu'il réagit ?
05:32Il est abattu.
05:34Il va s'exprimer au micro en dernier et il a ses paroles.
05:37La manière dont il nous a présenté, mon épouse et moi, me paraît extrêmement excessif.
05:44Il est vraiment abattu et il sort de la salle d'audience.
05:46Il va se diriger directement vers les ascenseurs.
05:49Il va essayer d'éviter les micros, les caméras.
05:52Quelques minutes plus tard, il revient quand même avec son avocat pour s'insurger des réquisitions.
05:56Alors, je ne sais pas si entre temps, ils ont décidé que c'était peut-être mieux de s'insurger,
06:00de dire que c'était les victimes.
06:02Finalement, il va quand même s'exprimer devant les caméras.
06:15Marjorie Lénard, le 24 mai, Patrick Balkany est interrogé sur l'origine de tout l'argent liquide que le couple
06:21dépensait.
06:22D'abord, pourquoi est-ce que c'est une question importante ?
06:24Parce qu'elle est à l'origine des soupçons de fraude fiscale.
06:27Parce que le couple Balkany dépensait énormément d'argent.
06:30Ils avaient un train de vie très luxueux.
06:32Et pourtant, ils retiraient très peu d'argent à la banque.
06:35Il y a même une année où ils n'ont fait aucun retrait.
06:37D'où vient tout cet argent d'après Patrick Balkany ?
06:40Il explique que cet argent provient d'un héritage de son père qui a fait fortune après la guerre.
06:44Il a monté une société à Paris qui a très bien marché.
06:48Et du coup, il a placé tout cet argent en Suisse.
06:51Il l'a placé en Suisse, comme beaucoup de Juifs l'ont fait, pour se protéger.
06:56On était après-guerre. Les gens étaient méfiants.
06:58Il dit qu'il a l'impression que c'est un procès qui est fait aux Juifs d'après-guerre.
07:03C'est un parallèle des plus bizarres. La question n'est pas là du tout.
07:06Pendant la troisième semaine d'audience, Patrick Balkany va perdre son calme pour la toute première fois
07:11au sujet du riad de Marrakech, ce jour-là, le 29 mai.
07:16D'abord, David Livoy, de quoi est-ce qu'on parle pendant cette audience ?
07:20Ce riad de Marrakech, c'est le seul bien dont les époux Balkany n'ont jamais reconnu être propriétaires.
07:28Sur les villas de Saint-Martin, ils ont reconnu en être les propriétaires.
07:32Sur ce riad de Marrakech, jamais, jamais, jamais, ils n'ont reconnu en être les propriétaires.
07:37Et il y a un témoin important à là-bas ?
07:40Mohamed El-Jaber, c'est un mania saoudien, un promoteur immobilier,
07:44avec qui la ville de Levallois était en affaire.
07:47Il devait y construire deux tours jumelles.
07:50Ce jour-là, Patrick Balkany va vraiment s'énerver. Décrivez-nous cette scène.
07:54On est en fin d'audience, après le témoignage de ce fameux promoteur saoudien.
07:59Pendant tout le temps où Mohamed El-Jaber est à la barre, on sent Patrick Balkany monter en pression.
08:05Il est écarlate.
08:06Toutes les deux minutes, il se retourne vers son avocat.
08:08Il trépigne, il commente.
08:10Et au moment où El-Jaber et son interprète quittent la barre,
08:14rouge de colère, Balkany se lève, n'attend même pas l'autorisation du président,
08:18et s'approche du micro.
08:20Il hurle que Mohamed El-Jaber doit toujours 14 millions d'euros à la ville de Levallois.
08:24Il éructe, vraiment, il éructe.
08:26Il se retourne vers Maître Temim, qui défend le saoudien,
08:29et il lui hurle au visage qu'il défend un escroc.
08:34Comment réagissent les gens, le public, le président du tribunal ?
08:38Une partie de la salle se gondole.
08:39Je crois que, voilà, entendre Balkany accuser un autre d'escroquerie,
08:45ça fait marrer tout le monde.
08:46Et le président du tribunal, qu'est-ce qu'il dit ?
08:48Quand il était attaqué sur sa propre personne, il est resté impassible.
08:51Il est vraiment resté imperturbable tout le long du procès.
08:55Qu'est-ce qui le met dans un état pareil, à ce moment-là, Patrick Balkany ?
08:59Le problème avec Marrakech, c'est que le couple ne peut pas justifier l'origine des fonds
09:03qui a servi à l'achat de cette ville-là.
09:06En creux, admettre qu'ils sont propriétaires de cette ville-là à Marrakech,
09:11c'est reconnaître la corruption dont on accuse Patrick Balkany.
09:14Ça, pour mentir, il manque comme un arracheur de dents.
09:17Elle n'a jamais été à moi, mais on l'a toujours dit.
09:23Reculez, merci !
09:24Toute la question est donc de savoir si ce riad de Marrakech leur appartient,
09:28ce que Patrick Balkany dément.
09:30Et pourtant, il y a beaucoup d'indices qui tendent à prouver le contraire.
09:33Oui, il y a un faisceau d'indices assez troublant.
09:35Il y a des factures de mobilier qui ont été achetées pour cette ville-là,
09:40au nom d'Isabelle Balkany.
09:41Sur place, les enquêteurs retrouveront du linge,
09:45des peignoirs brodés aux initiales de Patrick Balkany.
09:47On a le témoignage du personnel de maison
09:50qui décrive les Balkany comme les propriétaires de la villa.
09:54Oui, il y a un faisceau d'indices assez troublant.
09:57Le personnel de maison, d'ailleurs, qu'est-ce qu'il dit sur les Balkany ?
10:00Notamment au moment de la livraison des meubles,
10:02certains se souviennent d'un Patrick Balkany sympathique
10:06et généreux en pourboire.
10:12Marjorie Lénard, quelques jours après, le 5 juin,
10:14toujours à propos du Riyad de Marrakech,
10:17premier témoignage accablant à la barre pour Patrick Balkany.
10:22Racontez-nous ce témoignage.
10:23Il s'agit de Marc Angst, c'est un Suisse
10:25qui est dirigeant d'une société fiduciaire,
10:28qui gère le patrimoine.
10:30Son témoignage est très attendu,
10:32à tel point que quand il entre dans la salle,
10:34tous les regards se tournent vers lui, vers cet homme filiforme,
10:37très élégant, dans un costume taillé sur mesure.
10:41Et c'est un témoignage clé,
10:43parce qu'en fait, c'est lui qui a monté
10:45toutes les sociétés offshore qui sont derrière la villa Marrakech.
10:50C'est lui qui dénonce et qui va dénoncer aux autorités de Berne.
10:54Il a des suspicions de blanchiment.
10:56Parce qu'en fait, depuis le début,
10:58il est en contact avec Jean-Pierre Aubry,
11:00qui est l'ancien bras droit de Patrick Balkany,
11:03et avec Maître Arnaud Claude,
11:05qui est l'avocat de la ville de Levallois.
11:07Ces deux hommes sont allés le voir en Suisse
11:08pour monter tout un tas de sociétés
11:11pour gérer la villa de Marrakech.
11:14Un jour, il lit un article de Mediapart
11:16et c'est là qu'il découvre que
11:18la villa appartient en fait à Patrick Balkany.
11:21Lui, depuis le départ,
11:22il ne connaissait pas Patrick Balkany,
11:23il ne connaît pas cet homme politique,
11:25c'est un Suisse,
11:26et il était en contact permanent
11:28avec Jean-Pierre Aubry et Maître Arnaud Claude.
11:30Pour lui, son client, c'était Jean-Pierre Aubry.
11:33Le jour où il apprend
11:34que la villa de Marrakech,
11:36d'après l'article de Mediapart,
11:37appartient à un député français,
11:39il a peur.
11:40Et lui, il fait donc cette dénonciation
11:42de soupçon de blanchiment.
11:43Et il raconte tout ça à la barre.
11:44Et il appuie à la fin
11:46en disant que quand il a appris ça,
11:48il a commencé à être très mal à l'aise
11:50et il voulait arrêter son partenariat
11:52avec Jean-Pierre Aubry et Maître Arnaud Claude.
11:54Donc il se rend à Paris
11:56et il va au bureau de Arnaud Claude,
11:58l'avocat de la ville de Levallois.
12:00Il apprend dans son bureau
12:01que c'est Jean-Pierre Aubry
12:03qui porte pour Patrick Balkany.
12:05Ça veut dire que, en fait,
12:06c'est le prêtre nom de Patrick Balkany
12:09dans la villa.
12:10Donc Patrick Balkany,
12:11l'acquéreur de la villa.
12:21À l'audience,
12:22est-ce que Patrick Balkany
12:23a l'air inquiet à ce moment-là ?
12:25Comme à chaque fois qu'il est contrarié,
12:26il souffle.
12:27C'est vraiment un témoignage
12:28très accablant pour lui
12:30parce que c'est la première fois
12:31qu'on le relie directement à la villa.
12:34C'est un tournant
12:35parce que c'est quand même
12:37le dirigeant d'une société suisse
12:39qui est à l'origine de tous les montages
12:40de société offshore derrière la villa.
12:42C'est quelqu'un qui sait
12:43beaucoup de choses sur le dossier.
12:44Il balance le nom de Patrick Balkany.
12:46Le mardi 11 juin,
12:48c'est l'examen de personnalité.
12:49Nous sommes à deux jours
12:50des réquisitions du procureur.
12:52Et là, David Livoy,
12:53face au président,
12:54Patrick Balkany semble plutôt mesuré.
12:56C'est l'examen de personnalité.
12:57Il dispose de quelques minutes
12:59pour se présenter.
13:00Et lui, clairement,
13:02il va se dépeindre
13:02pendant trois bons quarts d'heure
13:06comme un maire désintéressé
13:08et dévoué à ses administrés.
13:11Ça fait 36 ans
13:12que je suis maire.
13:15Je n'ai jamais été corrompu
13:17par personne.
13:19Et c'est pas demain la veille.
13:21J'ai commencé la politique
13:22avec ma femme.
13:24Nous étions riches.
13:25On l'a fini pauvre.
13:27Il dit, voilà,
13:28je n'ai fait qu'aider les autres,
13:29c'est ça ?
13:29C'est ça.
13:30Il dit qu'il a passé 35 ans
13:31à aider les autres,
13:32qu'il a adoré
13:34transformer la ville de Levallois,
13:36qu'il a arraché
13:37de manière presque héroïque
13:38aux communistes
13:39en 78.
13:41Je pense qu'il est sincère.
13:43Son métier de maire,
13:44parce que lui,
13:45il dit que c'est un métier,
13:46je pense qu'il a aimé
13:47de l'exercer là-dessus.
13:48Il est vraiment sincère.
13:49Balkany,
13:50il dépense plus
13:50que ce qu'il gagne.
13:51Mais on avait juste oublié
13:53de dire
13:54quelle était
13:55la fortune
13:56de monsieur
13:57et de madame Balkany
13:58qui étaient
13:59sur leur compte en banque,
14:01qui avaient été régulièrement
14:03sur leur compte en banque.
14:04et ce n'est pas un délit
14:06de dépenser
14:07plus qu'on gagne.
14:10Il sait aussi
14:10qu'il a un capital sympathie.
14:12Et voilà,
14:13il joue de cette image
14:14quand on l'interroge
14:15sur sa réputation
14:16d'homme d'argent.
14:17Lui,
14:17il parle de son goût
14:18immodéré des cigares,
14:19des amitiés dans le showbiz,
14:21qu'il a pu lier
14:22notamment à l'époque
14:23du golf drôle,
14:24la discothèque
14:26où Johnny Hallyday
14:27notamment avait ses habitudes.
14:28Il a un côté cabot
14:31qui plaît
14:32à une partie du public
14:33en plus.
14:33Il le sait,
14:34il en joue.
14:35Après,
14:35je ne pense pas
14:36qu'avec son témoignage,
14:37il espère sincèrement
14:38inverser la tendance.
14:40David Livois,
14:40au moment de l'examen
14:41des personnalités,
14:42une lettre
14:43d'Isabelle Balkany
14:44est lue à la barre.
14:45Elle est sortie
14:46de la clinique
14:46mais toujours trop faible
14:48pour participer
14:49au procès.
14:50Et donc,
14:50elle a rédigé
14:51une longue lettre
14:52qui sera lue
14:53par son avocat
14:55maître Pierre-Olivier Sûr.
14:57Comme son mari,
14:58elle met en avant
14:59son engagement
15:00en tant qu'élu
15:01au sein de la ville
15:02de Levallois
15:02comme adjointe
15:03mais aussi
15:04au conseil général
15:05des Hauts-de-Seine
15:05où à l'époque
15:06elle était en charge
15:07des collèges.
15:08Et elle dit quoi
15:09sur son engagement ?
15:11Qu'elle a beaucoup fait
15:12pour les établissements
15:13scolaires
15:14du département.
15:16Elle a aimé faire ça
15:17comme son mari
15:18disait qu'il avait aimé
15:19transformer la ville
15:20de Levallois
15:20et là encore,
15:22je pense qu'il y a
15:22énormément de sincérité
15:23dans ce qu'écrit
15:24Isabelle Balkany
15:25dans cette lettre.
15:26On souffre
15:27de ce que vous écrivez
15:28tous les jours.
15:29On souffre
15:30des réseaux sociaux,
15:33de tout ce qui est repris,
15:34mal repris.
15:35Mais on sent
15:36qu'il y a une stratégie.
15:38Les deux ont le même angle,
15:40c'est mettre en avant
15:42leur engagement
15:42en tant qu'élu
15:43et surtout
15:44des élus désintéressés.
15:46Oui,
15:46on souffre.
15:47Oui,
15:47je souffre.
15:48Oui,
15:48vraiment.
15:50Isabelle Balkany,
15:50pendant ce temps,
15:51elle est en convalescence.
15:52Que fait-elle
15:52pendant ce procès ?
15:53Elle le suit.
15:54Elle le suit assidûment.
15:56On le sait parce qu'elle retweet
15:59les commentaires des journalistes
16:00qui assistent au procès
16:01et qui tweetent.
16:02Elle suit vraiment le procès
16:04au quotidien via les réseaux sociaux.
16:08Le jeudi 13 juin,
16:10les réquisitions tombent
16:11dans le second volet de l'affaire,
16:13celui pour corruption et blanchiment.
16:15Marjorie Lénard,
16:16avant d'aller plus loin,
16:17quelle est l'ambiance
16:18au palais de justice
16:19à ce moment-là ?
16:20Il y a énormément de monde.
16:21Tout le monde veut entendre
16:22les réquisitions.
16:23Il y a tellement de monde
16:24que tout le monde ne va pas pouvoir
16:25rentrer dans la salle d'audience.
16:27Il y a la queue à l'extérieur.
16:29Bonjour,
16:29je suis journaliste
16:30pour Le Parisien.
16:31Vous venez depuis le début, vous ?
16:33Sincèrement,
16:33je ne pensais pas venir
16:34tous les jours.
16:35Je pensais venir
16:37épisodiquement
16:39et c'est un peu
16:40comme une drogue.
16:40C'est-à-dire que vous en prenez
16:41et après,
16:42vous êtes addict.
16:43Certains jours,
16:44oui,
16:44c'est un spectacle
16:45quand on les voit s'écharper.
16:48Et puis,
16:48M. Balkany
16:49est un acteur né.
16:51Je pense qu'il est quand même
16:52déstabilisé.
16:53Mais il laisse apparaître,
16:55vous l'avez vu hier,
16:56tout sourire,
16:58les dents en avant et tout.
16:59Il donne l'impression
17:00d'être à l'aise
17:01et de pouvoir
17:03surmonter tous les obstacles.
17:04C'est le côté sympathique
17:05du personnage,
17:06si vous voulez.
17:07Et les réquisitions
17:08sont assez longues.
17:09Elles vont durer trois heures.
17:11Avant ça,
17:11on a entendu
17:11l'avocat de la partie civile
17:13qui représente
17:14l'État,
17:14qui a aussi fait une plaidoirie
17:16d'une heure et demie,
17:16voire deux heures.
17:17Donc,
17:18on attend avec impatience
17:19la fin
17:20de ces réquisitions
17:22pour enfin avoir la sentence.
17:24Alors,
17:24quelles sont les réquisitions ?
17:25C'est sept ans
17:26d'emprisonnement
17:28ferme
17:28pour Patrick Balkany
17:29avec mandat de dépôt,
17:30c'est-à-dire
17:31incarcération immédiate
17:32et dix ans
17:33d'inéligibilité.
17:34Et pour Isabelle Balkany,
17:36quatre ans d'emprisonnement
17:37avec sursis
17:38et une amende
17:38de 500 000 euros.
17:40Décrivez-nous
17:40le procureur
17:41et son substitut
17:42quand ils font
17:43leur inquisition.
17:44Ils parlent à tour de rôle
17:45et ils sont très précis,
17:47ils sont implacables.
17:48Ils disent bien
17:48qu'ils n'auront aucune compassion
17:49pour Patrick Balkany
17:51en particulier.
17:52En particulier
17:53parce que c'est
17:53un homme politique
17:54et qui,
17:55notamment,
17:56lors de l'examen
17:57de sa personnalité,
17:58mais assez souvent
17:59lorsqu'il se défend
18:00ou même
18:01dans un livre
18:02qu'il a écrit
18:03qui s'appelle
18:04une autre vérité
18:04la mienne.
18:05C'est un homme
18:06qui se dépeint
18:06comme quelqu'un
18:07au service de la population,
18:09au service de ses concitoyens,
18:11passionné par son métier.
18:12Alors certes,
18:14mais le procureur,
18:15et c'est ce que le procureur
18:16va dire,
18:16il sert les autres
18:17mais pour mieux
18:18se servir lui-même,
18:19pour mieux servir son égo.
18:21Sept ans de prison ferme
18:22avec placement en détention,
18:24c'est donc
18:24ce que demande
18:25le procureur.
18:26Comment sont perçues
18:28ces réquisitions
18:29par les personnes
18:30présentes au tribunal
18:31ce jour-là ?
18:31J'ai l'impression
18:32que ça étonne un peu
18:33qu'ils aient demandé
18:34autant.
18:35Sept ans s'assemblent beaucoup,
18:36ils ne s'attendaient pas à ça.
18:38Mais en même temps,
18:39les gens doutent
18:39du fait qu'un jour
18:41Patrick Balkany
18:41ira en prison.
18:42Là,
18:43est-ce que vous voyez
18:44Patrick Balkany
18:45changer d'attitude ?
18:46Il devient blême,
18:47il perd la face,
18:49il ne bouge pas
18:50et puis il va sortir
18:50de la salle en silence.
18:52Est-ce qu'il s'exprime
18:53à la sortie ?
18:53Il ne s'exprime pas
18:54à la sortie,
18:55il est abattu,
18:55il est derrière son avocat,
18:57Eric Dupond-Moretti,
18:58qui va prendre la parole
18:59à tous les microtendus.
19:00On requiert aujourd'hui
19:01contre lui,
19:02ce que parfois
19:03on ne requiert pas
19:03dans les crimes de sang.
19:04Voilà,
19:05c'est tout ce que je voudrais vous dire.
19:06Là,
19:06il dit que c'est
19:07des réquisitions incroyables
19:09pour une fraude fiscale.
19:10Il est ruiné,
19:11ça,
19:11tout le monde le sait
19:13parce que c'est une réalité.
19:14Or,
19:15les réquisitions,
19:16ce n'est pas là seulement
19:16pour la fraude fiscale,
19:17mais c'est des réquisitions
19:19pour corruption.
19:20Mais il omet de le dire.
19:22Est-ce que Patrick Balkany
19:24tombe de son piédestal
19:25avec ses réquisitions ?
19:26On ne peut pas dire
19:26qu'il était sur un piédestal
19:28depuis le début.
19:29Peut-être,
19:29à chaque fois qu'il prend la parole,
19:31il est très à l'aise,
19:32mais on sent quand même
19:33qu'il doute,
19:34qu'il a peur.
19:35Patrick Balkany,
19:36à la fin,
19:36il est blême,
19:38il a le visage défait,
19:40il a ses épaules qui tombent,
19:42lui qui est tellement grand,
19:43tellement sûr de lui.
19:45Ça fait bizarre
19:46de le voir comme ça,
19:47le visage abattu
19:48et silencieux surtout.
20:01Merci à David Livoy
20:03et Marjorie Lénart.
20:04Cet épisode a été conçu
20:05et préparé par
20:06Clara Garnier-Amourou
20:08et enregistré
20:09le lundi 17 juin.
20:10Production,
20:11Jeanne Boézek,
20:12mixage et réalisation,
20:14Alexandre Ferreira.
20:15Si vous aimez Code Source,
20:16n'oubliez pas de vous abonner
20:17sur votre application
20:18de podcasts préférés
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20:27Sous-titrage Société Radio-Canada
20:30Sous-titrage Société Radio-Canada
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