- il y a 10 heures
Dans « Dessiner encore » (Les Arènes BD) publié en mars, Corinne Rey, dit Coco, se confie sur la trace indélébile qu’a laissée l’attaque mortelle du 7 janvier 2015 dans sa vie. Témoignage recueilli par Clawdia Prolongeau.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Raphaël Pueyo, Raphaël Thomas et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian - Archives : RTS, TF1
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00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12La dessinatrice de presse Coco est dans l'actualité culturelle.
00:16Elle a publié le 11 mars aux éditions des Arènes Dessiner Encore,
00:20un album dans lequel elle raconte comment elle a survécu à l'attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo
00:26et comment, depuis, elle s'est reconstruite.
00:29Chez Codesource, nous avons eu envie d'en savoir plus sur elle et de l'écouter nous raconter son parcours.
00:34Coco a accepté de recevoir Claudia Prolongeau.
00:44La première chose que je demande à Coco, c'est si la promotion de son livre se passe bien.
00:49Elle me répond qu'elle trouve ce mot tellement étrange,
00:51pour une BD qui raconte son traumatisme après l'attentat qui a fait 12 morts,
00:55dont 11 au siège du journal satirique.
00:59Coco a 38 ans, des cheveux noirs, de grands yeux verts très bien maquillés
01:03et des tatouages sur les avant-bras.
01:08Je travaille dans un bureau qui est le mien.
01:11Il n'y a rien d'autre que mes affaires dedans, mes livres,
01:14deux bibliothèques, un ordi, une table et puis une fenêtre.
01:19Coco a grandi à Annemasse, à côté de la frontière suisse et de Genève.
01:23Des toutes petites, elle dessine.
01:25J'ai un souvenir assez précis de quand on est petit, qu'on est en CP,
01:31que la maîtresse vous demande qu'est-ce que vous voulez faire plus tard.
01:34Moi, j'avais répondu dessinatrice.
01:37Quand j'étais petite, j'ai dessiné beaucoup d'animaux.
01:39Des chiens, des chats, tortues, rats, souris, lapins.
01:45On avait plein d'animaux autour de nous, donc j'aimais bien.
01:50Logiquement, Coco s'oriente vers une école de beaux-arts à Lyon.
01:53Mais ça ne lui plaît pas.
01:54Elle s'ennuie même beaucoup.
01:56Les cours sont trop conceptuels et elle est virée avant la fin de l'année,
01:59sans vraiment savoir quoi faire d'autre.
02:01Je suis restée un an à me gratter la tête
02:03et puis j'ai tenté ce concours à l'École européenne supérieure de l'image de Poitiers.
02:07Et j'ai été prise et j'ai passé cinq années géniales
02:11à faire de la gravure, de la peinture, du dessin, de la photo,
02:15à explorer tout plein de trucs
02:16et puis en gardant le dessin en support principal de tout.
02:20Et puis, voyant un peu la tournure que prenaient mes dessins,
02:23humour un peu, trash, un peu regard porté sur la société,
02:28un prof m'avait dit « bah tiens, tu devrais aller faire ton stage de fin d'études à Charlie
02:32».
02:32C'est comme ça qu'en novembre 2007,
02:34Coco met pour la première fois les pieds à Charlie Hebdo
02:36qui accepte de la prendre en stage.
02:38Le journal satirique, alors dirigé par Philippe Vall,
02:41le sera deux ans plus tard Paris et Charbes.
02:44Quand on est en année étudiante, on travaille seul sur un diplôme,
02:47on a le nez dans les bouquins
02:49et là, en fait, quand je suis arrivée dans cette rédaction,
02:51je me suis confrontée à plein de gens,
02:53plein de personnalités, une espèce d'émulation géniale
02:56et puis le fait aussi que les dessins avaient une portée tout autre.
03:01Ils étaient publiés, il y avait un lectorat derrière,
03:03là où moi je dessinais toute seule dans mon coin en fait.
03:06et ça a été vraiment une révélation pour moi de voir ça.
03:12Coco passe quatre semaines formidables.
03:14Elle apprend, comprend, découvre.
03:16Elle dort chez un copain des Beaux-Arts déjà installé dans la capitale
03:19et devenu son mari et le père de sa fille depuis.
03:22À la fin de son stage, Coco rentre à Poitiers pour finir ses études
03:25avec la ferme intention de revenir.
03:28En août 2008, son diplôme en poche, elle s'installe donc à Paris.
03:32Il fallait que je me trouve un petit boulot.
03:34J'ai été surveillante dans une école qui était un peu mon petit gagne-pain,
03:38puis à côté je pouvais dessiner.
03:40J'ai fait un blog pour pouvoir m'exercer et à côté je dessinais à Charlie
03:44et mon premier dessin a été publié en novembre 2008.
03:48Ça a été long au départ, ce n'était pas des publications régulières
03:50parce que c'était nouveau pour moi le dessin de presse.
03:54Donc j'ai bien mis à peu près trois ans à comprendre et à me faire un style de dessin
04:01de presse.
04:02Au 44 rue de Turbigo, où Charlie Hebdo est installé à l'époque, Coco se donne du mal.
04:07Impressionnée par tous ces grands caricaturistes qui l'entourent,
04:09elle s'acharne pendant des heures pour sortir un dessin de qualité.
04:13Un jour de 2010 ou 2011, elle se lance dans une caricature de Christine Lagarde.
04:17Je dessine comme ça, avec le Parisien, un peu à la méthode Cabu.
04:21Il prend le Parisien parce que c'est la presse généraliste
04:24et puis il y a pas mal de gueules à cette époque-là.
04:28Je faisais exactement comme eux.
04:31Je découpais des petits visages sur les journaux plutôt que d'aller sur Google Actu.
04:36Et puis je me faisais une petite banque d'images comme ça.
04:38Je vais tapisser tout un mur chez moi comme ça, de gueules de politique pour m'exercer.
04:43Et là, autour de la table, je suis en train de dessiner Christine Lagarde.
04:48Et puis comme je suis avec Cabu et que Cabu, il refuse jamais un conseil,
04:53j'ose aller le voir avec mon petit dessin sous le bras.
04:56Il dit que le regard, c'est le plus important et c'est par ça qu'il faut commencer.
05:00C'est un peu presque le point de départ.
05:02Et moi, j'ai gardé ce conseil-là.
05:04Je commence par les yeux, le regard, le sourcil, l'œil.
05:08J'essaye de saisir ça.
05:09Puis ensuite, c'est comme si le reste suivait.
05:12Mais la consécration vient plus tard.
05:14Le jour où, Coco se dit pour de bon qu'elle aussi, elle fait partie de l'équipe Charlie.
05:19J'ai senti que je faisais plus partie de l'équipe quand en 2012,
05:23Charb est venu me voir pour me dire,
05:24bah tiens, à l'Humanité, il cherche des pigistes pour une rubrique
05:28qui s'appelle Cactus, ça te dit de postuler.
05:31Et à partir de ce moment-là, j'ai pu piger à l'Humanité.
05:33Puis quand 28 minutes s'est monté en 2012, c'est lui qui m'a dit,
05:38bah tiens, je suis allée dans cette émission, tiens, tu dois y aller.
05:41Et en fait, il me mettait le pied à l'étrier, quoi.
05:43Il me donnait la possibilité de m'améliorer, de m'exercer,
05:46puis de travailler davantage.
05:48Il croyait en moi, quoi, tout simplement.
05:51De la même manière, quand Luz, un autre dessinateur du journal,
05:55arrête de collaborer avec le magazine Les Inrocs,
05:57il dit à Coco d'aller y postuler.
05:59Et elle se retrouve à travailler aussi pour eux, pendant 6 ans,
06:03sans lâcher évidemment Charlie Hebdo.
06:05Le 7 janvier 2015, Coco est donc parfaitement à sa place,
06:08quand elle se rend, comme d'habitude,
06:10à la conférence de rédaction hebdomadaire du journal.
06:12Pour elle, c'est une année qui commence bien.
06:17Depuis août 2014,
06:19Riyad Satouf est partie du journal,
06:21et Cherberis sont venus me voir
06:23pour me proposer de faire une petite colonne de reportages.
06:27Alors ça va du conseil municipal des Balkanyes,
06:30au Jouet de Noël,
06:31à l'allocution de François Hollande pour les voeux de Nouvelle Année.
06:35C'était d'ailleurs la colonne qui est parue le 7 janvier.
06:38Bref, des mini-reportages comme ça,
06:41que je fais depuis quelques semaines.
06:43Je suis très contente de cette progression dans le journal.
06:47Je me sens bien.
06:49Alors le journal a quelques difficultés,
06:51mais sort le nez des dettes.
06:53On vient de déménager rue Nicolas à Perth.
06:55C'est plus petit, mais il y a une espèce d'ambiance
06:57depuis quelques semaines soudée de l'équipe qui est bien.
07:00La conférence de rédaction se passe exactement comme prévu.
07:03On rigole, on s'engueule, on est content de se retrouver.
07:06Vers 11h30, Coco, qui doit aller chercher sa fille à la halte garderie,
07:10décide de partir, sans vraiment dire au revoir.
07:13Pour ne pas déranger.
07:14Elle descend fumer une cigarette avec Angélique Lecors,
07:17qui est responsable du service abonnement.
07:19Et quand elles arrivent en bas,
07:20elle tombe sur les terroristes qui reconnaissent Coco et l'interpelle.
07:24Dans sa BD, elle se dessine alors toute petite,
07:27bleue, et avec d'immenses yeux écarquillés.
07:31Moi, je voulais donner à voir dans quel état j'étais immédiatement,
07:39c'est-à-dire face à deux masses de morts noires, anonymes,
07:44en cagoule, surarmées.
07:46Et je reconnais immédiatement leurs armes parce que Charb dessinait terriblement bien les Kalachnikov.
07:55Rapidement, voilà, il me presse, il me pousse et je suis dans ce qu'on appelle la sidération.
08:02L'effroi est tel qu'il vous paralyse complètement.
08:05Les terroristes prennent Coco en otage et lui ordonnent de les amener jusqu'à Charlie Hebdo.
08:09Ils lui font taper le code d'entrée qui permet de pénétrer dans les locaux de la rédaction.
08:14Entrés dans la salle principale, ils tuent 11 personnes,
08:17parmi lesquels Cabu, Charb, Tignous, Honoré.
08:21En prenant la fuite dans la rue, ils assassinent également un policier,
08:25Ahmed Merabé, portant le nombre total de morts à 12.
08:28Dans sa BD dessinée Rencore, Coco revient sur les origines de cette haine revendiquée contre Charlie Hebdo
08:33et que la plupart d'entre nous a probablement oublié.
08:36L'affaire de cette caricature qui enflamme le monde musulman...
08:39Tout est parti de l'affaire dite des caricatures danoises,
08:42publiée par le journal Yelands Poston et qui représente Mahomet.
08:46En 2006, Charlie Hebdo les reprend, en soutien au journal qui subit des menaces.
08:50Et ils y ajoutent la célèbre une de Cabu où Mahomet se lamente,
08:54c'est dur d'être aimé par des cons.
08:56Charlie Hebdo est alors poursuivi par l'Union des organisations islamiques de France
09:00et la Grande Mosquée de Paris pour injure publique
09:02à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur religion.
09:05Le 22 mars 2007, le tribunal de Paris relaxe Charlie Hebdo,
09:09mais la guerre idéologique contre le journal satirique est lancée.
09:12Il est désormais la cible de menaces et d'attaques.
09:15En France, un cocktail Molotov a mis le feu au le coup de Charlie Hebdo.
09:18L'hebdomadaire avait déjà reçu des menaces de mort.
09:20Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2011,
09:23le siège du journal est incendié par des cocktails Molotov
09:25après la publication d'une autre une mettant en scène Mahomet.
09:29Depuis ce jour-là, les locaux sont sous surveillance de la police en permanence
09:32et Charles vit sous protection policière.
09:34Mais ça n'empêche malheureusement pas l'attentat du 7 janvier.
09:39Je crois en en parlant autour de moi que les gens n'avaient plus ça en tête.
09:43Nous, on a le nez dedans parce que c'est l'histoire du journal.
09:46Mais ça me semblait important de le rappeler pour recontextualiser
09:49et puis pour montrer dans la suite l'attentat.
09:54Ça fait un espèce d'effet vertigineux quand on y pense.
09:57Ce journal n'a jamais fait que son boulot de journal satirique.
10:02Moi, je veux aujourd'hui défendre ça encore.
10:07Dans sa bande dessinée, à chaque fois que Coco en arrive à ce jour,
10:11qu'elle appelle le 7, une immense vague bleue déferle sur elle et l'emporte.
10:15Un peu comme cette célèbre estampe du peintre japonais Okuzaï.
10:18Je me suis mise devant une feuille blanche
10:20et j'ai pensé à la vague de Okuzaï parce que ça me parlait.
10:25Ça me semblait traduire quelque chose qui chez moi était littéralement un état.
10:31La vague de Okuzaï, c'est quelque chose d'une grande puissance,
10:37comme une griffe qui va s'abattre sur un petit bateau.
10:41On ne sait pas si le bateau s'en sortira.
10:43Je me sentais un peu dans le bateau à ce moment-là,
10:46dans la houle, dans des tas de nuances comme ça.
10:49Donc j'ai commencé à dessiner cette vague
10:53et à développer la séquence introductive du livre
10:58avec cette lutte, quoi.
11:00Une lutte intérieure d'une grande violence.
11:02Parfois je rends des coups, parfois j'en prends, parfois je me noie.
11:06C'était ça. C'était des tumultes.
11:09C'était ça que je voulais traduire et ça me semblait pouvoir toucher le lecteur.
11:14Même s'il y a des choses que je ne peux pas partager,
11:16je sentais que ça faisait un pont entre le lecteur et moi.
11:18Mais le livre de Coco n'est pas seulement tragique.
11:21Il est même parfois assez drôle.
11:23Ce qui est plus tragicomique, on va dire,
11:25c'est quand les couachis me disent
11:27« On est Al-Qaïda-Yémen »
11:29et j'entends « On est Al-Qaïda-Ren ».
11:31Et ça, c'est vrai que, à ce moment,
11:34j'ai eu un peu honte de le dire au début,
11:35mais dans leur cagoule à marmonner,
11:37puis j'étais dans une telle sidération.
11:41C'est pour ça que j'ai eu un peu honte de dire ce moment,
11:44parce que je me suis dit
11:45« On va penser que je suis complètement con, c'est pas possible ».
11:52Contrairement à d'autres rescapés de cet attentat,
11:54Coco n'a pas éprouvé le besoin de raconter ce qui s'était passé.
11:57Pas tout de suite, du moins.
11:59C'est quand le moment du procès,
12:00qui a eu lieu fin 2020, s'est rapproché,
12:03qu'elle a souhaité le faire.
12:05Et quand elle a vu qu'autour d'elle,
12:06on commençait déjà à oublier.
12:11Je me suis rendue compte, à un Noël,
12:13en en parlant,
12:15qu'il y a eu un « c'est quoi le 7 janvier ».
12:19Parce que ce n'est pas revenu immédiatement en tête.
12:22Parfois, je me suis rendue compte aussi,
12:24en discutant, qu'il y avait une mémoire un peu imprécise.
12:27que ça devenait un peu plus partiel.
12:29Et voir que les gens oubliaient,
12:33ça m'a fait de la peine.
12:35Les semaines, les mois,
12:36puis les années qui ont suivi l'attentat,
12:38Coco a continué à dessiner.
12:40Non seulement pour faire survivre Charlie Hebdo,
12:42mais également pour survivre elle-même.
12:45C'est ça aussi la réalité du traumatisme,
12:48c'est qu'il vous emporte bien au-delà de l'attentat lui-même.
12:53Il dure après, et il dure longtemps.
12:55C'est vraiment une bataille pour essayer de lever la tête.
12:59Heureusement, j'ai vu le psy.
13:01Heureusement, j'ai continué le journal.
13:04Et heureusement, j'ai le dessin.
13:07Et c'était ça aussi la passion du truc, du dessin.
13:11Ça a été le truc qui m'a beaucoup aidée.
13:15Fin 2015, quand des terroristes ont encore tué,
13:18cette fois-ci au Bataclan et sur des terrasses de bars parisiens,
13:22Coco a trouvé la force de faire une une pour Charlie,
13:24qui reste particulière dans son esprit.
13:26On y voit un homme danser, bouteille de champagne dans une main,
13:30coupe pleine portée à la bouche dans l'autre.
13:32Le liquide jaune pâle ressort aussitôt avalé par des trous dans son buste.
13:36On peut lire, ils ont les armes, on les emmerde, on a le champagne.
13:43J'ai fait ce bonhomme troué en pensant que ça pourrait être moi,
13:49c'était eux, ça pourrait être moi.
13:51J'y ai trouvé un écho.
13:54Là encore, ils avaient attiaqué des libertés de boire, de rire,
14:00de s'amuser, d'écouter de la musique.
14:03Donc j'ai fait ce bonhomme qui boit du champagne
14:06et le champagne sort par les trous parce qu'il écrit blé de balle.
14:11Mais il vit quand même, il fait la fête.
14:13Il y avait un appel de résistance.
14:19Depuis le 1er avril, Coco, qui n'a pas arrêté et n'arrêtera pas de travailler à Charlie Hebdo,
14:24a remplacé Willem, le célèbre caricaturiste de Libération, parti à la retraite.
14:29Je suis contente que Libé n'arrête pas le dessin de presse après Willem.
14:34C'est quelque chose qu'ils auraient pu dire et ils ne l'ont pas fait.
14:37Ils ont assumé un choix et ça, je suis contente.
14:41J'aurais été dingue de ne pas dire oui.
14:44Donc après Willem, évidemment, c'est une grosse pression.
14:47On m'a dit, tu vas remplacer Dieu si vous avez lu Télérama.
14:51En plus, il est sympa, Willem.
14:53Il m'a envoyé un message là-bas.
14:56Je vais vous le lire parce que ça, je viens de le recevoir.
14:59Willem, il m'a envoyé.
15:03Félicitations, Coco.
15:04Merci pour ton portrait.
15:06Libé sera donc à toi pour les 40 prochaines années.
15:10Signé Willem.
15:14Ça serait pas mal.
15:16Ouais.
15:21Claudia, tu l'as redit dans le sujet.
15:24Les terroristes l'ont forcé à faire le code pour entrer dans la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier
15:282015.
15:29Est-ce qu'elle se sent encore coupable de ça aujourd'hui ?
15:32Alors, elle dit qu'il lui a fallu beaucoup de temps, beaucoup de séances de psychothérapie et le soutien de
15:38ses proches pour s'en dégager.
15:40Dans le livre, il y a toute une séquence où elle égrène les « et si, et si j'avais
15:44fait autrement, et si j'avais refusé, et si j'avais essayé de les frapper, et si, etc. »
15:50Elle a évidemment pas la réponse, mais ce que dit Coco, c'est qu'elle sait aujourd'hui que ce
15:55n'est pas elle qui a tiré sur l'équipe.
15:57C'est pas elle qui tenait les armes, et même si sur le moment elle était incapable de l'entendre,
16:01elle sait que ce n'est pas sa faute.
16:04Il n'y a évidemment jamais eu de choix, son corps était complètement paralysé, elle ne comprenait absolument pas ce
16:09qui se passait, elle dit même qu'elle ne bougeait plus.
16:11Et ça, elle a compris aujourd'hui que ça aurait pu arriver à n'importe qui, et que ce jour
16:16-là, elle était au mauvais endroit, au mauvais moment.
16:18Elle dit « je ne vais pas vous dire que je m'en voudrais toujours, mais c'est là, c
16:22'est en moi, et donc je dois vivre avec. »
16:24Plus de six ans après, aujourd'hui, elle vit encore sous protection policière ?
16:28Oui, elle vit encore sous protection policière, elle ne dit pas où elle vit exactement, ça a donc évidemment changé
16:34tous ses comportements en société, tout son quotidien.
16:38Elle dit qu'on ne s'habitue pas à cette situation, mais qu'on s'adapte, et donc elle s
16:43'est adaptée.
16:44Merci Claudia Prolongeau.
16:46Cet épisode a été produit par Raphaël Pueyo, Thibault Lambert et Raphaël Thomas.
16:50Réalisation, Julien Moncouquiol.
16:52Codesource est le podcast d'actualité du Parisien, disponible chaque soir du lundi ou vendredi.
16:57Pour ne rater aucun épisode, abonnez-vous sur Apple Podcast ou Google Podcast par exemple.
17:03N'hésitez pas à nous écrire, codesource at leparisien.fr.
17:06Et puis si vous aimez Codesource, dites-le nous en laissant des petites étoiles ou un commentaire sur votre application
17:12préférée.
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