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  • il y a 3 heures
Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
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Transcription
00:01– Thomas, c'est vous qui avez eu l'idée de ce film complètement taré.
00:10D'où vous est venue l'envie d'aller revisiter les codes des films policiers des années 80,
00:14en particulier ceux avec Alain Delon d'ailleurs ?
00:16– Le départ c'est que j'étais justement sur l'application Canal+,
00:19et je suis tombé sur Parole de flic avec Alain Delon.
00:22J'ai beaucoup ri, parce que c'est vraiment un regardable.
00:25– C'était pas fait pour.
00:26– C'était pas fait pour, et c'est ça que je le trouvais intéressant.
00:28Je me suis dit, tiens quand même, les années 80, les polars, tout ça,
00:31il y avait un truc très drôle.
00:32Et puis j'avais envie aussi de retoucher à cette nostalgie,
00:35à cette ambiance de village de Gaulois, comme je disais, un peu urbain,
00:38dans lequel j'ai grandi.
00:40Et puis j'ai trouvé le prétexte, un peu de trouver une super brigade et tout.
00:43– Est-ce que vous aviez le niveau d'expertise suffisant ?
00:45Parce que vous êtes tous les deux nés à la fin des années 70,
00:48vous étiez toutouminot dans les années 80, non ?
00:51– Ouais, ouais.
00:52J'avais des souvenirs quand même, j'étais petit, mais j'avais des beaux souvenirs.
00:56Et puis il y avait les rendez-vous du dimanche soir où je regardais tous ces films-là.
01:00Donc quand même, j'ai grandi dans ça, j'ai quand même baigné,
01:03j'ai grandi avec beaucoup d'associations communistes qui s'occupaient de nous
01:06quand on était petits, là, les petits mecs, tout ça, tu vois.
01:09Donc je connais cette odeur de tabac froid, cette ambiance de bière et tout,
01:14de merguez, je connais très bien, ouais.
01:15– C'est quoi les références qui vous viennent immédiatement à tous les deux
01:17quand vous pensez à ces années 80 ?
01:20– Ben je dirais le Minitel Rose.
01:22– Rires.
01:24– Non, ouais, c'est vrai, non, le Walkman.
01:27– Des objets, quoi ?
01:28– Je suis assez matérialiste, en fait.
01:31– Non, oui, et puis les musiques aussi, Balavoine,
01:36Gabriel Bachelet, Barzotti, tout ça.
01:37– Moi, je suis resté assez dans les années 80.
01:40– Barzotti, oh là là, je l'avais oublié, lui, avec sa voix,
01:42il était extraordinaire, Barzotti.
01:44Bon, moi, je suis pareil, un peu.
01:45Thierry Pastor, je citerai.
01:47– Ah, Thierry Pastor, oui.
01:48– Oui, oui, oui, avec une folie, c'est quand même un gros classique.
01:50Jackie Quartz, très important de la resituer.
01:53Et puis Yannick Noir, Roland Garros.
01:54– Septembre 83, Roland Garros.
01:56– Oui.
01:57– Bon, François, vous êtes…
01:59– François, vous êtes Yvon Castendutsch,
02:03c'est un flic à l'ancienne, on va dire.
02:05On vous avait vu dans les caméras cachées,
02:07on vous a vu dans Bruges, évidemment,
02:09mais ces figures d'autorité, vous ne les entossez pas très régulièrement ?
02:13– Non, mais j'ai arrêté de les faire en caméras cachées
02:15parce que c'était, entre guillemets, un peu trop facile.
02:17– Oui.
02:17– Parce que les gens, quand ils sont devant un flic,
02:19tout s'arrête, ils se confient.
02:21À partir du moment déjà où ils se confient,
02:22ils ne veulent plus que ça passe à la télévision ou sur le réseau.
02:27Et puis moi, j'aime bien l'abus de petits pouvoirs aussi.
02:30Bon, ici, c'est différent, on est dans la comédie,
02:32et puis il est en civil.
02:33Moi, j'aimais bien l'idée de jouer flic en civil,
02:35et puis une grande gueule qui est, par définition, fracturée,
02:40comme toutes les grandes gueules.
02:41C'est marrant.
02:42En plus, le scénario ne m'a pas aidé
02:44parce que j'ai quand même des petits soucis dans ma vie privée.
02:48– Léger, oui.
02:50– Mais le mec continue à se la péter.
02:52Et quelque part, on n'a pas envie qu'il lui arrive des bricoles.
02:56Alors que, pour moi, un genre de type comme ça,
02:59t'as envie qu'il tombe.
03:00– Physiquement, quand je vous vois dans le film,
03:02vous m'évoquez le Johnny de David Lansky, le flic,
03:06homonyme d'ailleurs d'un flic qui est malheureux au début.
03:09– Oui, son collègue.
03:09– Et vous, c'est plutôt Lionel Richie, période Hello ?
03:12– Il y a un peu Lionel Richie avec un…
03:14Franchement, oui, les émotions qui me viennent.
03:18– Waouh.
03:20Les deux sont…
03:22Est-ce que même David Lansky,
03:23je ne sais pas si des gens se rappellent de cette série
03:25qui passait sur TF1 ?
03:26– Vivant sur ce plateau, non, je ne pense pas.
03:28– Non, c'était extraordinaire.
03:30Moi, petit, c'est ces séries qui m'ont aidé,
03:32je pense, à peaufiner, en tout cas,
03:34à aller vers le comique,
03:35parce que je la regardais en me disant
03:36« Il y a un problème ».
03:38Voilà, je n'avais pas le mot
03:40parce que j'étais trop petit.
03:41– Il y avait beaucoup de premiers degrés, quoi.
03:42– Oui, et malgré tout,
03:44je n'arrivais pas à prendre ça assez au sérieux,
03:46ça ne me faisait pas vraiment rire,
03:48et j'étais un peu…
03:49Voilà, mais c'était génial, c'est iconique.
03:50Puis Lionel Richie, ça fait les dix de mon père,
03:53donc ça touche aux émotions tout de suite.
03:55– La pause est quand même particulière de Lionel Richie,
03:57il faut oser.
03:58– Oui, mais dans les années 80,
03:59il avait souvent froid.
04:00Je ne sais pas si tu me rappelles,
04:01tu vois, George Michael avait fait tout le clip
04:03de Carles Whisper dans cette position,
04:05et ça a marché, vraiment,
04:06il en a vendu des millions.
04:07– Il n'a pas encore eu le réchauffement climatique.
04:09– Oui, c'est ça.
04:09– Il y a des gens qui ont anticipé tout ça.
04:12– Au casting, à vos côtés,
04:13il y a Audrey Lamy,
04:14Xavier Lacaille,
04:14et Brian Boulet.
04:15Alors, quand on a eu une bonne sitcom
04:16des années 80,
04:17ils ne devraient pas être ensemble,
04:18et pourtant, ça marche.
04:19Comment vous avez fait que ça marche,
04:21tous ensemble ?
04:22– Je crois qu'il y avait beaucoup de générosité
04:23sur le plateau,
04:24de la bienveillance.
04:26Donc, tout le monde essayait
04:26de rendre le personnage de l'autre
04:28le plus marrant possible.
04:29– C'est vrai qu'il y avait un côté collégial.
04:31C'était ultra important.
04:32Moi, pour le coup,
04:34j'étais un peu, pas dire à cheval,
04:35mais j'avais envie qu'on vive bien ce tournage.
04:39J'avais envie que tout le monde
04:41soit un peu copain,
04:42déjà en dehors,
04:43comme ça,
04:44avec nos perruques et tout.
04:46il n'y avait pas besoin d'en rajouter.
04:47On allait déjà se auto-stimuler.
04:49Donc, non, c'était super.
04:50Il y a aussi Philippe Robot,
04:51qu'on n'a pas cité,
04:52mais qui a des super partitions
04:54avec tout le monde, d'ailleurs.
04:56Donc, non, non,
04:56tout le monde était très enjoué
04:58sur le plateau.
04:59– Comment on joue, années 80 ?
05:01Parce que vous ne jouez pas exactement pareil
05:02que dans un film aujourd'hui.
05:03– Je crois qu'il y avait un petit truc
05:05où ils appuyaient un peu,
05:06un peu plus.
05:07Je vais te buter !
05:09Tu vois, un peu…
05:11– Pas qu'on s'en est forte, quoi.
05:12– J'ai bien compris que tu vas me buter,
05:13tu vois.
05:14Et comme François,
05:15quand il est arrivé,
05:17il était un peu avec…
05:18Tu sais, comme il avait son…
05:19À l'époque,
05:20ils mettaient leur flingue
05:20sur leur ceinture,
05:21ce qui était dangereux
05:22parce qu'ils pouvaient
05:22s'exploser les couilles.
05:24Mais il avait ce côté un peu,
05:26tu vois,
05:26donc il y avait le petit rajout un peu,
05:28ce côté un peu plus,
05:30un peu too much,
05:31mais qu'on aimait bien.
05:31Et qu'on aime bien, d'ailleurs.
05:33– C'est une esthétique
05:35donc vestimentaire particulière,
05:37mais c'est aussi un choix.
05:38– Particulière.
05:39– C'est un petit chargé.
05:41– C'est un petit chargé.
05:42– C'est aussi un choix de musique.
05:44Thomas, il semblerait
05:45que vous ayez fait office
05:47de DJ spécialiste des années 80.
05:50– Ouais.
05:50– Est-ce que vous êtes
05:51un amateur de musique
05:52de ces années-là ?
05:53– Complètement.
05:54En fait,
05:54je n'ai même pas fait office
05:55de DJ,
05:56c'est dans ma mémoire,
05:57c'est dans ma voiture,
05:58c'est dans mon téléphone.
06:00Je suis arrivé
06:01à un moment de ma vie,
06:02à un âge
06:03où je ne m'excuse plus
06:04d'écouter Thierry Pastore
06:05en baissant la fenêtre
06:06de ma voiture.
06:06– Sous le vernis
06:09de la comédie quand même,
06:10parce que, ok,
06:11c'est un film,
06:11on s'amuse,
06:12c'est un pastiche,
06:13on parle des années 80,
06:14est-ce que vous n'avez pas
06:14l'impression qu'il y a
06:15quand même une forme
06:15de résonance
06:16avec ce qu'on vit aujourd'hui ?
06:18– Bah oui,
06:18c'est quand même
06:19l'intérêt aussi.
06:19Ce n'est pas pour dire
06:20que cette époque,
06:21on l'aime
06:22et qu'on a fait
06:23un film sur les années 80
06:25pour parler des années 80.
06:26C'est pour qu'il y ait
06:26une caisse de résonance
06:27avec 2026
06:29et effectivement,
06:30comme l'a dit François,
06:31tous les comportements
06:32qu'il y avait,
06:33tu vois là,
06:33on voit le personnage
06:34de Audrey,
06:35la misogynie,
06:36le racisme,
06:38le déséquilibre social,
06:39tout un tas de choses,
06:40tu vois.
06:41– Et ça qui était jouissif
06:42à jouer,
06:42c'est que…
06:42– Bah oui.
06:43– On disait des trucs
06:44qu'on ne dit plus aujourd'hui,
06:45quoi.
06:46On ne dit plus
06:47à une fille,
06:47tu es très jolie,
06:48mais dans les années 90,
06:50belle gonzesse.
06:51– Ouais.
06:52– Et c'est vrai
06:52qu'on ne peut pas
06:53réduire quelqu'un
06:54à son physique, quoi.
06:55– Le risque parfois
06:56dans ce genre d'exercice,
06:57c'est la caricature.
06:57Comment est-ce qu'on délimite
07:02que c'est le premier degré ?
07:03– Oui.
07:03– C'est quand on joue
07:04au premier degré,
07:05comme on l'a dit,
07:06en fait,
07:06on était tellement…
07:07Voilà, on avait des looks,
07:08il y avait toute une ambiance,
07:09donc il ne faut plus en rajouter,
07:11en fait,
07:11on joue au premier degré.
07:14Quand Yvon est dur et méchant,
07:16il est dur et méchant,
07:18et moi,
07:19quand je suis filou,
07:19je suis filou pour de vrai,
07:20et je pense qu'il n'y a pas besoin
07:21de singer,
07:22de grimacer,
07:23de forcer le trait.
07:24Je pense que c'est à cet endroit-là,
07:27en fait,
07:27qu'il faut toujours tenir.
07:28– Bien sûr.
07:28– Bien sûr.
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