- il y a 2 heures
Moselle Info, le journal du mardi 17 mars 2026 - partie 2
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00...
00:05On continue ensemble dans Moselle Info, voici ce qu'il faut retenir.
00:0929 sur 32 des enseignants du collège Paul-Langevin à Gondange étaient en grève aujourd'hui.
00:14Ils ont fait part de leur mécontentement ce matin devant l'établissement.
00:18Ils déplorent un manque d'effectifs et plus largement un manque de moyens.
00:21En cause également un climat anxiogène avec des intimidations de parents.
00:25Une réunion avec le directeur académique est prévue lundi prochain.
00:29Attention à cette fraude qui touche les garages en France.
00:32Des centaines d'établissements auraient été victimes d'arnaques aux cartes grises depuis plusieurs années.
00:37Les pirates usurpent leur accès informatique pour créer de faux certificats d'immatriculation revendus sur les réseaux sociaux.
00:43Cela représenterait un préjudice d'un milliard et demi d'euros pour l'Etat.
00:48Trois nouvelles étoiles brillent sur la Moselle.
00:50Deux restaurants à Malin avec Alexis Baudin et à Metz avec Timilia et son chef Olivier Paris ont été récompensés.
00:56Hier, lors de la cérémonie du guide Michelin 2026 à Monaco, un troisième chef Moselland, Benoît Potvin, a reçu sa
01:02première étoile.
01:03Mais lui, pour son établissement, le M dans les Vosges.
01:05Le département compte désormais neuf restaurants avec le célèbre macaron.
01:12Du 16 au 22 mars, l'API Moselle lance l'opération Chaussettes dépareillées, cœur lié.
01:17Une initiative solidaire destinée à sensibiliser à la trisomie 21 et à soutenir des projets pour les personnes en situation
01:23de handicap.
01:25Pour en parler, deux directrices d'établissements et services de l'API Moselle sont présentes.
01:29Aurélie Sertori, directrice des foyers d'accueil polyvalents de Thionville-Terreville.
01:34Et Barbara Demarey, directrice de la maison d'accueil spécialisée Les Marronniers de Guénange.
01:39Bonsoir mesdames.
01:40Bonsoir.
01:40Merci d'être avec nous.
01:42Alors d'abord, est-ce que vous pouvez nous présenter votre association ?
01:44Oui, donc c'est l'API Moselle qui accompagne des personnes en situation de handicap et leur famille.
01:52Donc aujourd'hui, l'API Moselle accompagne 2300 personnes dans différents secteurs qui sont l'enfance, l'habitat et puis
02:02le travail.
02:03Et elle emploie aujourd'hui sur la Moselle 1350 salariés environ sur 50 métiers différents.
02:09Pour venir sur cette opération solidaire, d'où est née l'idée ? D'où c'est parti ?
02:14Donc c'est à l'occasion de la semaine de la Trisomie 21, à l'initiative des directeurs du secteur
02:21habitat et de nos professionnels,
02:24on a décidé de se joindre au mouvement et de créer cette opération Chaussettes des Pareillers Coeur Lié
02:32et de nous rassembler autour de ce projet fédérateur et très humain qui est également soutenu par notre marraine Flora
02:40Pili
02:41qui est boxeuse professionnelle, championne du monde, également conseillère départementale du canton de Saint-Avold.
02:49Donc c'est une sportive accomplie qui est profondément attachée aux valeurs d'humanité et de diversité
02:58et qui illustre bien le dépassement de toi, le fait d'aller toujours plus loin et qui était très inspirante
03:06pour nous
03:06dans le message qu'on essaye de faire passer, le fait que chacun a sa place.
03:09Et on y reviendra sur le message dans quelques instants. Concrètement, ça consiste en quoi l'opération ?
03:15Alors l'opération, elle consiste à ce que dans les établissements du secteur habitat,
03:19donc les personnes qu'on accompagne, les professionnels, on a aussi les familles, les bénévoles
03:24et des administrateurs qui nous accompagnent dans la démarche, c'est de vendre une paire de chaussettes
03:28contre un don de 5 euros. Et les bénéfices des ventes vont servir à nos résidents
03:36pour financer des projets, des séjours, des activités culturelles.
03:41Vous avez des exemples ?
03:42Par exemple, je vais vous donner un exemple concret, on a un partenariat avec des clubs de handball
03:48et puis ça permettra de financer des vêtements sportifs qui seront à l'image du club aussi.
03:57C'est vraiment financer des projets au-delà de ce qu'on peut leur apporter aussi dans nos établissements
04:03et puis des projets qu'ils choisiront, c'est ça aussi qui est important.
04:07Et donc pour trouver ces chaussettes dépareillées qu'on peut acheter, il faut aller où ?
04:11Il faut se rendre où ?
04:13Alors on est sur tout le département, dans des commerces, dans des cabinets médicaux,
04:18des crèches, des lycées, des écoles. On peut aussi directement les trouver dans les établissements de la Puy-Moselle.
04:27Et les personnes en situation de handicap que vous accompagnez participent elles-mêmes à cette opération ?
04:32Oui, elles y participent en fonction des établissements. Elles sont participées de l'emballage des chaussettes,
04:39à la préparation des colis quand on a eu des commandes. Et puis elles sont présentes sur les stands que
04:46Barbara vient de vous citer.
04:48Alors vous en avez parlé un petit peu avant, au-delà de la collecte des dons,
04:51quel message vous souhaitez faire passer auprès du grand public à travers cette initiative ?
04:56Les chaussettes dépareillées, c'est un symbole. Déjà affirmer que la différence, elle nous rassemble,
05:02que la diversité est une richesse, et puis que chaque personne a sa place dans la société.
05:08C'est une opération ludique, joyeuse. On espère que ça aidera aussi à faire évoluer le regard du public sur
05:17la différence.
05:23Sensibiliser à la trisomie 21 et plus largement au handicap, c'est aussi sensibiliser au fait qu'on a besoin
05:29aujourd'hui
05:29d'une société de plus en plus inclusive et pour laquelle, en tout cas, on se bat, nous, à l
05:35'API Moselle,
05:36pour que chacun ait sa place, que ce soit les personnes accompagnées, les familles, les aidants et les proches,
05:42et d'essayer de construire de plus en plus de réponses aux besoins de chacun.
05:46Vous constatez quand même une certaine évolution depuis quelques années sur ce sujet, le regard du public ?
05:52Oui, on en constate une, et aussi parce que nos établissements s'ouvrent aussi vers l'extérieur.
05:58C'est vrai qu'avant, on avait tendance à « enfermer » les personnes que l'on accompagne dans les
06:04établissements.
06:04Et aujourd'hui, on veut qu'ils fassent partie pleinement de la société, de leur environnement,
06:11parce que quand ils sont en établissement, c'est leur lieu de vie aussi pour beaucoup.
06:14Donc ils font partie d'un territoire et ils ont une identité en tant que telle.
06:19Donc c'est important pour nous, on va promouvoir le handicap dans les écoles, dans les entreprises.
06:26Donc oui, je pense qu'aujourd'hui, on peut dire qu'il y a un réel changement sur le regard
06:30du handicap.
06:31Alors cette opération, c'est une première édition.
06:32Est-ce que vous souhaitez que ça devienne un rendez-vous régulier peut-être en Moselle chaque année ?
06:37C'est notre ambition, en tout cas.
06:41Ne serait-ce que déjà sur tous les secteurs de l'APU Moselle, comme l'a dit Aurélie.
06:48Nous, on représente plutôt les établissements d'habitat, d'habitation, l'habitation inclusive et l'accueil de jour.
06:55Mais on a aussi des travailleurs en ESAT.
06:57Donc on espère pouvoir solliciter les travailleurs pour qu'ils puissent nous accompagner sur les années suivantes.
07:03Les enfants, bien évidemment, qui ont d'ailleurs tout leur rôle là-dedans, dans l'éducation aussi des générations futures.
07:13Il faut permettre ce type de partenariat avec les écoles.
07:18Donc si notre ambition, en tout cas, ce n'est pas de s'arrêter à cette première édition et de
07:22l'avoir évolué.
07:23Pour conclure, où est-ce qu'on peut retrouver toutes les informations pratiques peut-être ?
07:26Vous pouvez les retrouver sur le site de l'APUI.
07:29Vous pouvez aussi les retrouver sur le Facebook de l'APUI.
07:34APU Moselle.
07:35Et APU Moselle sur Facebook.
07:37Merci à toutes les deux d'avoir participé à Moselle Info pour nous présenter cette très belle initiative solidaire.
07:43Et on rappelle que l'opération Chaussettes des Paris-Cœurs liée se poursuit toute la semaine dans plusieurs lieux aussi
07:48du département.
07:50Allez, on parle écho maintenant dans notre chronique du jour.
07:58Bonsoir Emma Faketti.
07:59Bonsoir.
08:00On va par l'économie sociale et solidaire.
08:02En France, elle représente près de 12% des emplois.
08:04Oui, alors l'économie sociale et solidaire, c'est une autre façon de concevoir l'entrepreneuriat,
08:09puisque ça répond à des besoins qu'on crée sur un territoire.
08:13Il existe plusieurs modèles d'économie sociale et solidaire.
08:17Ça peut être des associations ou encore des coopératifs,
08:20comme c'est le cas en Moselle avec le supermarché coopératif GrauCop.
08:25C'est un vrai supermarché avec des produits frais grâce à de nombreux partenaires locaux,
08:30mais surtout une marge fixe, 28% sur tous les produits, un modèle économique basé sur la coopérative.
08:36Chaque client est également coopérateur, donc copropriétaire du supermarché.
08:43On fait 28% de marge sur tous les produits qui rentrent dans le magasin,
08:47alors que dans des supermarchés classiques, vous allez avoir quasiment pas de marge sur des produits d'appel
08:52pour que les clients viennent acheter, et beaucoup, beaucoup, beaucoup de marge sur des produits type produits bio, etc.
08:58Comme en fait ce sont des services de bénévolat, c'est là où nous on va pouvoir un petit peu
09:04économiser forcément.
09:05On a trois heures de service à faire par mois pour aider au fonctionnement du supermarché,
09:10donc c'est des tâches basiques d'un supermarché.
09:13L'avantage de la coopérative, c'est que vous avez une transparence totale sur les marges qui sont faites sur
09:19les produits,
09:19et vous pouvez donner votre avis sur le référencement des produits.
09:22Pour ces deux ans d'activité, GrauCop a ouvert ses portes,
09:25mais en temps normal, les clients sont des co-ops, c'est-à-dire des copropriétaires
09:30qui ont acheté au moins une part à 10 euros l'unité.
09:33Vous avez autre chose madame ? C'est bon ?
09:35C'est promis.
09:36Je vous sors l'étiquette et je vous la...
09:39Ça fait longtemps que je voulais le faire, et un jour je me suis dit
09:44« Arrête de regarder l'affiche sur ton petit tableau dans la cuisine, tu y vas ».
09:48Moi avant de faire mon service, j'ai fait mes courses,
09:51et par exemple, si j'ai vu un fruit abîmé quelque part,
09:57je l'enlève, parce qu'en fait sinon il va abîmer d'autres fruits.
10:02Je le mets de côté, et quand j'aurai le temps, je regarderai s'il n'y en a pas
10:07d'autres,
10:08et je le mettrai dans un sachet pour qu'il soit consommé plus rapidement,
10:12avec un prix moins cher, une remise.
10:14On ramène par exemple tous nos sachets papier, on les use jusqu'à la corde,
10:19on ramène nos boîtes à oeufs, on ramène nos contenants verts aussi, vous voyez ?
10:24Au-delà du modèle qui favorise l'économie solidaire et le local,
10:28c'est aussi la déconnexion avec le monde professionnel que cherchent certains des 1 200 bénévoles.
10:33Et là, c'est comme si c'était la vraie vie ici.
10:36On rencontre les gens, on peut discuter avec eux,
10:40puis on sait qu'on a des bons produits, enfin en fait, moi c'est quand même,
10:43on vient tous là aussi pour l'éthique qu'il y a derrière la démarche.
10:45Une personne qui venait faire ses courses et découvrir le magasin à l'occasion des portes ouvertes,
10:50elle me dit, ah mais je vous observe,
10:54et en fait, ça me rappelle quand je jouais à la marchande avec ma petite soeur.
10:58On ne va pas la laisser repartir avec le pain en vrac !
11:01C'est tellement à l'opposé de ce qu'on fait quand on va dans la grande distribution,
11:05quand on fait dans notre quotidien, on est pensé juste à soi-même,
11:09c'est à l'opposé de l'individualisme.
11:11Ici, on n'est pas client, on est chez nous,
11:15et la première fois qu'on passe du stade de client à un coopérateur, c'est juste extra.
11:20En 2025, la coopérative a enregistré plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires et 25 000 clients.
11:27Donc ça, c'est pour le magasin coopératif GrauCop à Metz.
11:32Autre variante de l'économie sociale et solidaire, les coopératifs d'activité et d'emploi,
11:37les fameuses CAE.
11:38Alors, qu'est-ce que ça change ?
11:40Eva Ponty, directrice de l'association Le Filon,
11:43une association qui crée et accompagne des projets d'entrepreneuriat social et environnemental en Moselle,
11:48nous explique la nuance.
11:51Et là, le principe, c'est vraiment d'être sur une logique d'entrepreneuriat salarié.
11:55C'est-à-dire qu'en gros, la personne va intégrer la CAE,
11:59il n'y aura pas de création d'entreprise en son nom propre,
12:02l'entreprise sera créée sous le nom de la CAE,
12:05mais elle va pouvoir quand même développer comme un entrepreneur son activité
12:09et bénéficier de tout un tas d'outils mutualisés portés par la CAE.
12:14Ça permet aussi de tester son activité et au bout de trois ans,
12:17d'intégrer la gouvernance de la CAE
12:20et donc d'être vraiment partie prenante de la structure qui va héberger son entreprise.
12:27Quand on entreprend, on est souvent isolé, on est souvent un peu seul
12:31et c'est aussi ce que nous, on porte au niveau de l'incubateur du filon.
12:34On travaille beaucoup sur des promos, en fait.
12:37On appelle ça les promos, on met du coup les porteurs de projets entre eux.
12:40On se rend compte qu'on a besoin de se nourrir, en fait.
12:43On a besoin d'échanger, de discuter, d'essayer de réfléchir à des solutions, etc.
12:48pour son activité, mais aussi sur l'activité des autres
12:51qui, du coup, peuvent faire rebond par rapport à des questions
12:53qu'on se pose, nous, en tant qu'entrepreneurs.
12:55Et les CAE permettent de prolonger ça, en fait.
12:59Exemple de coopérative d'activité et d'emploi en Lorraine,
13:03l'une d'elles s'appelle SinerCop, le filion.
13:05Il y a notamment en compagnie deux projets mozélans avec celle-ci,
13:10Raoudis Samba et Empreinte Pas à Pas.
13:13Et donc ça, c'est pour les coopératives.
13:14Et Maïc, qu'en est-il des associations ?
13:17Eh bien, les associations font partie intégrante, bien sûr,
13:19de l'économie sociale et solidaire.
13:21Et contrairement aux idées reçues, elles ne reposent pas uniquement
13:24sur des subventions.
13:26Certaines développent aussi une activité économique
13:29et génèrent un chiffre d'affaires.
13:32Ne serait-ce que dans les associations, on va avoir plusieurs modèles.
13:35Et notamment, il y a des associations qui vont générer un chiffre d'affaires
13:39et qui vont du coup payer de l'impôt, donc de la TVA,
13:44qui vont être fiscalisés au même titre qu'une entreprise.
13:47Par contre, l'intérêt de rester en associative, ça permet vraiment
13:51de reposer des valeurs fortes par rapport à un objet social.
13:55Et c'est notamment le cas de la conserverie locale,
13:58qui travaille sur un outil de transformation de matières premières
14:03issues des producteurs pour en faire des conserves longue durée,
14:06ce qui évite aussi le gâchis et qui permet du coup d'accéder
14:11à une alimentation locale avec les producteurs locaux.
14:15Et typiquement, eux, ils vont avoir vraiment un modèle économique
14:19où ils vont générer de la prestation, vendre des conserves
14:24et payer de la TVA et être fiscalisés.
14:28Et donc, depuis 2022, l'association Le Filon a accompagné
14:32plus de 80 projets en Moselle.
14:34Parmi eux, Graoultrie, la Recyclerie du Sport, la Gamelle à Metz
14:37ou encore le Café associatif Café Kibou à Saint-Jean-de-Bassel.
14:42Des initiatives qui ont permis de créer une soixantaine d'emplois
14:45dans le département.
14:47Oui, l'association coopérative CAE, les modèles économiques,
14:50sociaux et solidaires ne manquent pas en Moselle et ça fonctionne.
14:53Merci beaucoup, Emma.
14:56Moselle Info, ça continue.
14:57Restez avec nous.
14:58On revient dans un court instant.
15:00Merci.
15:01Merci.
15:01Merci.
15:07Merci.
Commentaires