Passer au playerPasser au contenu principal
L’extravagant Premier ministre albanais Edi Rama a reçu Le Point à Tirana pour un entretien exclusif avec Anne Nivat, grand reporter.

Ancien basketteur et artiste peintre, Edi Rama préside aux destinées de l'Albanie avec un pragmatisme assumé. Allié de Donald Trump et fervent défenseur de l'adhésion à l'Union européenne, ce dirigeant atypique se confie sans langue de bois sur la géopolitique mondiale. De l'accueil des opposants iraniens (MEK) aux relations avec la famille Kushner, découvrez les positions de ce dirigeant qui a fait de sa petite nation un pivot stratégique de l'Otan.

#EdiRama #Albanie #AnneNivat #Tirana #Geopolitique #UE #Otan #Diplomatie #International

Suivez-nous sur :
Youtube : https://www.youtube.com/c/lepoint/
Facebook : https://www.facebook.com/lepoint.fr/
Twitter : https://twitter.com/LePoint
Instagram : https://www.instagram.com/lepointfr
Tik Tok : https://www.tiktok.com/@lepointfr
LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/le-point/posts/
Bluesky : https://bsky.app/profile/lepoint.fr
Threads : https://www.threads.net/@lepointfr
WhatsApp : https://www.whatsapp.com/channel/0029VaDv82FL2ATwZXFPAK3c
www.lepoint.fr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Dans la guerre entre la coalition américano-israélienne et l'Iran,
00:04alors que la plupart des capitales européennes plaident pour une désescalade immédiate
00:09en tant que Premier ministre de l'Albanie,
00:13vous, Edirama, vous avez choisi une voie radicalement différente
00:17en devenant le premier soutien européen de l'offensive contre l'Iran.
00:22Pourquoi ?
00:23Pourquoi est-ce que vous soutenez la ligne dure de Washington ?
00:26Ce n'est pas que j'ai choisi de prendre une position radicalement différente,
00:33mais c'est que nous, l'Albanie, a une histoire récente très particulière
00:39avec ce régime d'assassins d'Iran.
00:47Aujourd'hui, on est un des très peu pays, peut-être quatre ou cinq,
00:56au monde, de n'avoir pas de relation diplomatique avec l'Iran.
01:02Depuis 2022 ?
01:03Nous étions une cible d'une agression inouïe kibermatique.
01:09Une cyberagression ?
01:10qui a pratiquement mis le pays dans un stress énorme
01:20parce qu'on a risqué de perdre tout ce qu'on avait investi
01:26et tout ce qu'on avait réussi à construire dans notre système
01:30de services publics digitales, qui est un des plus avancés en Europe.
01:35Est-ce que vous pouvez rappeler en une minute ce qui s'est passé exactement
01:39dans cette cyberattaque de 2022 ?
01:42Non, c'est passé qu'on s'est trouvés dans une situation d'agression totale.
01:53Et après, on a…
01:56Par le gouvernement des Molas, c'est ça ?
01:57Exactement. Après, on a identifié même les agresseurs qui sont un groupe
02:06qui est classifié dans le top ten des groupes terroristes dans le cyber.
02:17Et là, on a pris la décision de couper toute relation
02:22parce que c'était un acte d'agression ouverte.
02:26Et l'acte d'agression est venu parce que nous, on a, avant, hébergé un groupe d'oppositeurs…
02:40D'opposants iraniens, les Moudjahidines du peuple, on va y venir.
02:43Mais comme vous pouvez aussi voir dans l'accord de cet hébergement,
02:53on les a hébergés comme sous la…
02:58La bannière humanitaire, c'est ça ?
03:00La bannière humanitaire, pas comme des opposants d'un régime.
03:05D'accord. On va y venir parce que c'est une situation un peu particulière
03:09qui nécessite une question en soi.
03:11Mais revenons quand même à la situation de l'Albanie par rapport à l'Europe
03:16parce que l'Albanie souhaite entrer dans l'Union européenne
03:18et avec cette guerre qui a débuté depuis un certain nombre de jours,
03:23votre position, la position de l'Albanie, n'est pas la position du reste de l'Europe.
03:27Donc on se demande, je vous pose cette question,
03:30est-ce que vous n'avez pas l'impression, en soutenant cette ligne dure de Washington,
03:34que vous piégez finalement l'Albanie dans un engrenage qui pourrait être incontrôlable,
03:39un enlisement militaire potentiel,
03:41dont l'Europe ne veut pas assumer le prix ?
03:44Moi, je ne pense pas que c'est le cas.
03:47Premièrement, parce qu'il n'y a pas, comme il y en a dans des cas différents,
03:57une position qu'on appelle alignée entre tous les pays de l'Europe.
04:03Premièrement. Deuxièmement, la nôtre, c'est une position de principe
04:09vis-à-vis un pays dont l'inimitié a été déclaré par eux et pas par nous.
04:18Et troisièmement…
04:19Là, vous parlez de l'Iran, bien sûr.
04:21Troisièmement, oui. Troisièmement, nous, on a une histoire récente de dictature.
04:28On n'a pas eu une théocratie. On a eu une athéocratie.
04:36Une athéocratie ?
04:37Une athéocratie ?
04:38Oui.
04:38Vous inventez ce mot ?
04:39Non, je ne sais pas si c'est bon et inventé ou pas,
04:43mais c'était une athéocratie parce que l'Albanie a été le seul pays,
04:48en Europe, bien sûr, mais peut-être au monde,
04:51d'avoir écrit dans la Constitution la nature athéiste de la République,
04:59pas laïque, athéiste, ce qui voulait dire que chaque expression de la religion,
05:09même une Bible, c'était une raison pour aller en prison.
05:13parce qu'une Bible, c'était considéré comme une arme sans permis.
05:22Et alors, les extrêmes, dans ce cas, se rassemblent complètement.
05:27Et moi, j'ai trouvé absolument choquant
05:33que pendant que des milliers, des dizaines de milliers de citoyens iraniens
05:40ont été tués comme des chiens dans les rues de Teheran,
05:51personne, presque personne, n'a pas rien dit.
05:55Donc, vous êtes choqué, quoi, du silence de l'Europe par rapport à ce massacre ?
06:00C'est ce que vous entendez ?
06:01Non, mais ça m'a fait une certaine impression,
06:04parce que, dans le même temps, j'étais témoin,
06:08comme vous avez, bien sûr, témoigné par métier,
06:12mais comme tout le monde a témoigné de cette hystérie anti-Israël.
06:18En vous alignant sur la position américaine comme vous le faites,
06:21vous n'êtes véritablement pas sur la même ligne que l'Union européenne.
06:25Non, ce n'est pas vrai.
06:28Encore, parce qu'il n'y a pas une ligne de l'Union européenne
06:32qui est, comme il s'agit plusieurs fois,
06:38une ligne avec laquelle tous les pays doivent s'aligner.
06:41Donc, vous dites que l'Union européenne est divisée là-dessus ?
06:43Non, mais il n'y a pas une ligne dans le sens
06:45qu'il n'y a pas une décision politique de l'Union.
06:49C'est la méthodologie que je parle.
06:53Deuxièmement, le président de la République française
07:00est le président d'une très grande république.
07:04Moi, je suis le premier ministre d'une très petite république.
07:06Et moi, je ne discute pas le fait
07:10qu'il a un horizon beaucoup plus large du mien
07:18pour prendre cette position.
07:20et moi, je ne parle pas de changement de régime ou pas.
07:28Ce n'est pas quelque chose que je peux le dire
07:30parce que je n'ai pas tout ce qu'il faut dans moi pour le dire.
07:36Je parle de la nécessité absolue
07:40de rendre ce régime incapable d'agresser les voisins.
07:46Et vous avez l'impression que c'est ce qui est en train d'être fait de façon efficace ?
07:49Absolument, absolument.
07:51J'en suis sûr de ça.
07:53Le Parlement européen à Strasbourg est en train de débattre
07:57de la sécurité du continent européen face à la guerre en Iran.
08:01Vous avez choisi votre camp.
08:03Et ne craignez-vous pas que si justement Strasbourg vote
08:05une résolution qui condamne l'offensive,
08:08l'Albanie va apparaître comme le mouton noir des candidats à l'Union européenne ?
08:15Vous êtes candidat à l'Union européenne ?
08:17On n'est pas membre du Parlement européen.
08:21Le Parlement européen a une très forte légitimité au niveau de l'Union.
08:28On est un pays candidat qui est en train de négocier avec l'Union européenne.
08:35Et je répète pour la troisième fois que l'Union européenne n'a pas une ligne
08:42qui a été formalisée vis-à-vis au conflit.
08:51Troisièmement, je ne trouve pas de contradiction de ça
08:54parce que ce que le président de la République française a justement fait
08:59en montrant la force de la France à travers l'exposition, disons…
09:09La projection de force du Charles de Gaulle.
09:11La projection de force du Charles de Gaulle.
09:14c'est exactement, je pense, un acte, pas de déclaration de guerre,
09:21mais un acte de mise en place devant tout le monde
09:32et justement devant le régime iranien, que l'Europe se défend.
09:37Oui, la position d'Emmanuel Macron est défensive.
09:41Exactement, et que l'Europe a les capacités de défendre elle-même.
09:48Et il ne parle pas que pour la France dans ce cas-là.
09:53Dans le cas que, qui que ce soit,
09:58et c'était très, très important que lui, il est allé en Chypre,
10:05parce que là, c'est l'Europe et l'État est allé en Chypre
10:09comme celui qui incarne dans ce moment la projection de force.
10:15Et illustre la force des accords qui ont été signés.
10:18Alors, dans tout ça, la réponse est très claire.
10:23L'Albanie est au milieu de l'Europe
10:25et on fait partie de cette communauté
10:28qui a les capacités de se défendre.
10:32Regarde ce qui a été fait en défendant la Turquie,
10:39qui a ses propres capacités,
10:42mais c'était l'OTAN qui a abattu les missiles deux fois.
10:51Deux missiles iraniens.
10:52Ici, ici même, à une trentaine de kilomètres de la capitale,
10:56Tirana, où nous sommes,
10:58vous hébergez une base d'entraînement et de logistique
11:02des Moudjahidines du peuple iranien, le Mek, M-E-K.
11:06Depuis 2016, cette base abrite 3000 individus environ,
11:12dont personne ne voulait.
11:13C'est le seul sanctuaire au monde de ce groupe d'opposition.
11:18C'est un groupe d'opposition iranien
11:19qui avait d'ailleurs révélé l'existence
11:22du programme nucléaire secret de l'Iran dès 2002.
11:26Or, Téhéran vient de qualifier cette base
11:29de cible légitime pour ses missiles balistiques.
11:32Est-ce que vous redoutez la possibilité
11:36d'arriver de drones iraniens sur votre sol ?
11:39Il ne faut jamais demander à un Albanais
11:42s'il redoute quelque chose.
11:44On ne redoute rien, non.
11:46Personne ne voulait pas les Juifs aussi
11:50pendant la Seconde Guerre mondiale.
11:53Et ce pays, même s'il était un pays très pauvre,
11:58même s'il était un pays de majorité musulmane,
12:02est devenu le sanctuaire des Juifs
12:04et est entré dans l'histoire de l'Europe
12:09comme le seul pays européen
12:11à sortir de la Seconde Guerre mondiale
12:15avec plus de Juifs
12:18qu'à l'entrée de la Seconde Guerre mondiale.
12:20Les Juifs échappaient à tous les pays,
12:25mais ils n'échappaient pas de l'Albanie.
12:26Ils venaient en Albanie.
12:28Et la population juive en Albanie
12:31a monté 20 fois pendant la guerre
12:36parce que les Albanais n'en redoutent pas.
12:39D'accord, Edirama.
12:41Les Albanais n'en redoutent pas rien.
12:44Mais j'entends votre comparaison avec les Juifs,
12:47mais là, on parle de cette organisation spécifique.
12:49Non, mais ce n'est pas spécifique, pas spécifique.
12:52Vous n'allez pas me dire que vous les avez accueillis en 2013
12:55uniquement, purement pour des raisons humanitaires.
12:58Vous les avez accueillis parce que les États-Unis
13:00vous ont demandé ce service et que personne n'en voulait.
13:02On les a accueillis purement pour des raisons humanitaires
13:06parce qu'ils étaient dans le camp Liberti en Irak.
13:13Il était cible des services iraniens qui allaient faire des massacres dans le camp
13:27en tuant des femmes, en tuant des petits-enfants.
13:33Mais les États-Unis vous ont demandé de les accueillir ?
13:35Et nous, bien sûr, les États-Unis, il y a toujours quelqu'un qui demande.
13:39Et vous avez accepté.
13:40Les États-Unis ont demandé.
13:42Nous, on a dit oui parce que c'est ce que nous sommes.
13:46Mais personne ne voulait les Afghans.
13:48après la catastrophe de l'abandonnement de l'Afghanistan
13:57par toutes les forces, en incluant nous.
14:03C'est une très petite force.
14:04Vous l'avez dit en 2021 ?
14:06Oui, oui.
14:07Personne ne voulait les Afghans.
14:09On a hébergé ici plus de 4 000 Afghans
14:14en ouvrant notre porte parce que tout le monde avait tourné le dos.
14:19Et il s'agissait des gens qui ont servi là,
14:25qui étaient des gens qui ont servi nos missions.
14:29D'accord.
14:30Il s'agissait des femmes, il s'agissait des académiques,
14:34il s'agissait des Youtubers,
14:36il s'agissait des gens qui ont cru dans le miracle
14:43de la démocratie, de la liberté, de l'égalité, de la fraternité
14:47que nous avons amené.
14:51Ont-ils eu raison d'y croire ?
14:53Un jour, les Américains ont dit on y va.
14:56Tout le monde et nous, nous sommes allés là pour les Américains
15:00comme plein d'autres.
15:02Ils sont partis parce que les Américains sont partis.
15:07Nous, on a dit non, on ne va pas tourner le dos.
15:10Ils sont venus ici.
15:11Et heureusement, les Américains, pour une fois,
15:13ont été solidaires.
15:15Et on a amené une partie, le Canada à une autre partie,
15:20une autre partie ici.
15:21Et c'est l'Albanie, ça.
15:26L'Albanie vit avec, engravée dans l'esprit,
15:33une loi qui s'appelle le Code des Albanais du Moyen Âge,
15:41la première loi écrite des Albanais.
15:44On n'est pas très bien, peut-être avec le rule of law
15:47de l'Union Européenne,
15:49mais on est très bien avec la loi des hommes et des femmes
15:54et de l'humanité,
15:58où il y a un article très important,
16:01le plus important, qui dit
16:03« La maison de l'Albanais,
16:08c'est au Dieu
16:12et à l'autre. »
16:15Ça veut dire, par exemple,
16:16vous êtes ici aujourd'hui
16:18et vous êtes un hôte
16:22de l'Albanie.
16:24Si quelqu'un vous touche,
16:28on vous protège.
16:28Non, on peut tuer.
16:29Oui, mais pour revenir à cette base…
16:32Si vous le tuez ici,
16:33on tue le tueur.
16:35C'est le code.
16:36On ne le fait plus parce que c'est le rule of law.
16:38Oui, c'est-à-dire maintenant,
16:39c'est la loi qui remplace le Code d'honneur.
16:42J'ai compris.
16:43Mais pour revenir à cette base…
16:45Mais le Code d'honneur,
16:46c'est important dans le sens de l'hospitalité,
16:49dans le sens de…
16:50J'ai compris.
16:51Et en plus, il y a aussi
16:52quelque chose d'autre qui est très important,
16:57qui est que nous, on a dû,
17:00pendant ces années,
17:02après la chute du communisme,
17:04frapper de la porte des autres.
17:06Et là, on a été accueillis.
17:07Alors, il y a un moment dans la vie
17:11où tu es accueillis,
17:14il y a un moment dans la vie
17:15où tu dois accueillir.
17:16Mais pour revenir à cette base
17:18dont peu de monde connaît l'existence,
17:21en juin 2023,
17:22vous-même, vous avez envoyé vos policiers
17:26perquisitionner cette base,
17:28saisir, il faut que j'explique un instant ce que c'est,
17:30saisir leur serveur,
17:31suite justement à une attaque cyber de l'Iran
17:36contre votre gouvernement
17:37et une contre-attaque cyber
17:40qui venait justement de cette base.
17:42C'est-à-dire les opposants iraniens
17:44qui sont sur votre sol
17:45procèdent à des contre-attaques.
17:47Il y a même eu des affrontements.
17:49Donc aujourd'hui, vous les défendez encore.
17:50Comment est-ce que vous pouvez garantir
17:52à vos citoyens que l'Albanie
17:54ne protège pas une organisation
17:57qui est en fait hors la loi,
17:58qui agit comme un État dans l'État
18:00depuis votre territoire ?
18:01Une organisation qui est hors la loi de Moula.
18:04Et la loi de Moula,
18:06ce n'est pas une loi.
18:09C'est la règle de la mort.
18:11Si toi, tu es avec moi,
18:13tu peux vivre.
18:14Si tu es contre moi,
18:15tu dois mourir.
18:15Donc, elle n'est pas un peu gênante
18:16quand même, cette organisation ?
18:18Et cette loi, on s'en fout, nous.
18:21Mais quand il s'agit de l'épisode
18:24que vous avez justement mentionné,
18:25c'est vrai.
18:26Et c'est pour ça que nous,
18:27on a annulé la possibilité
18:32pour le refaire.
18:34Mais on le défend, bien sûr.
18:35Donc, c'est sous contrôle.
18:37Et vous ne craignez absolument rien
18:39de ce qui vient du régime actuel en Iran
18:42et qui continue à proférer des menaces
18:44contre cette base.
18:45Écoutez, nous,
18:47on a pris nos mesures.
18:50Nous, on est membre de l'OTAN.
18:53Attaquer un pays de l'OTAN,
18:54ce n'est pas quelque chose de simple.
18:56Ce n'est pas rien.
18:57Ce n'est pas simple.
18:59Et on est aussi défendus,
19:02comme tous les pays de l'OTAN,
19:03par l'OTAN,
19:04par les capacités de l'OTAN.
19:06J'ai mentionné la Turquie.
19:07La Turquie a ses propres capacités
19:09anti-missiles.
19:11Anti-aériennes.
19:12Anti-aériennes que nous,
19:13on n'a pas.
19:14Mais quand même,
19:15elle a été défendue
19:17par les capacités anti-aériennes
19:19de l'OTAN.
19:20Alors justement,
19:21parlons défense.
19:22Pour 2026,
19:23vous avez annoncé
19:23un budget de la défense
19:25qui dépasse un tout petit peu
19:27officiellement les 2% de PIB.
19:29Ça va venir à 2,1%.
19:32Et lors du salon de l'aéronautique
19:34du Bourget,
19:35en France,
19:36en juin 1925,
19:37vous avez acheté
19:37un système radar
19:39GM400 Alpha.
19:40Donc c'est un système français
19:42de chez Thales,
19:43fabriqué par Thales
19:44qui n'est pas encore opérationnel,
19:46qui ne vous a pas encore été livré.
19:48Donc on voit bien
19:50que pour votre sécurité,
19:51la sécurité stratégique
19:52de l'Albanie,
19:53vous refusez tout de même
19:55l'exclusivité américaine
19:56parce qu'avant,
19:57c'était Lockheed Martin
19:58et là,
19:59vous avez choisi français
20:00alors que vous êtes
20:01très pro-américain.
20:02On a maintenant
20:03l'obligation
20:06de suivre
20:07les grands pays.
20:10Vous savez,
20:12la beauté,
20:13si je peux utiliser ce mot,
20:15même si ce n'est pas
20:15le mot juste,
20:17de faire le premier ministre
20:18d'un pays comme l'Albanie,
20:20c'est que
20:22tu as le privilège
20:25d'être avec tous les grands
20:26de ce monde
20:28et en tant que tu es avec eux,
20:30tu n'as pas le poids
20:33de décider
20:34sur le destin du monde
20:37et c'est eux
20:38qu'ils décident
20:39et toi,
20:39tu dois suivre.
20:41Si eux,
20:41ils ont raison
20:43et il y a un succès,
20:44tu peux dire
20:45j'étais parti
20:47de ce succès.
20:47s'ils n'ont pas raison
20:50et ils font
20:51quelque chose
20:53de...
20:55Disons,
20:56une erreur ?
20:57Une erreur
20:57ou plus d'une erreur
20:59s'ils font de...
21:02Je ne sais pas
21:03comment c'est
21:03l'expression française
21:04de « fuck up »,
21:05alors tu peux dire
21:08c'est eux.
21:08S'ils vont faire une erreur,
21:10c'est la traduction,
21:10disons,
21:11en termes corrects.
21:12Ce n'est pas exactement ça,
21:14mais pour être interviewé
21:17par le point,
21:17on doit être dans le point
21:19et pas dans la langue...
21:23Les lectrices,
21:24les lecteurs
21:25et les téléspectatrices
21:25et les téléspectateurs
21:26du point comprendront.
21:27Alors justement,
21:28pour continuer
21:29en termes de défense,
21:30en termes de...
21:31de surveillance radar,
21:33l'île de Sazan.
21:34L'île de Sazan
21:35a toujours été
21:35le site privilégié
21:37pour la défense,
21:38la surveillance
21:38de votre côte,
21:39la côte albanaise.
21:41Or, vous êtes en train
21:42de la privatiser
21:44au profit
21:45des projets immobiliers
21:46de Jared Kushner,
21:47qui est le gendre
21:48de Donald Trump.
21:49Bon, ça fait couler
21:50beaucoup d'encre,
21:51ce projet.
21:52Plusieurs questions là-dessus.
21:53D'abord,
21:54est-ce que c'est signé ?
21:55Non.
21:56D'abord,
21:58je le répète chaque fois
21:59que j'ai l'occasion,
22:00mais...
22:02dans le monde
22:02d'aujourd'hui,
22:04tu peux dire
22:04la vérité
22:06tous les temps
22:07que tu veux
22:08et c'est toujours
22:10le mensonge
22:12qui est plus
22:13attractif.
22:14On n'a jamais
22:15parlé de privatisation
22:17de l'île.
22:18On ne va pas
22:20la privatiser,
22:21on va être partenaire
22:23comme
22:24l'État albanais
22:26dans cette
22:28magnifique initiative.
22:29C'est un projet
22:32très beau.
22:34Mais en quoi
22:34il est très beau ?
22:35Est-ce que la zone
22:35d'exclusion militaire
22:36sur l'île,
22:37sur l'île de Sazan,
22:38est-ce qu'elle va être
22:38maintenue, cette zone ?
22:39Mais il n'y a plus
22:40une exclusion militaire
22:42de l'île
22:43depuis très longtemps.
22:45Ce qui l'a rendu
22:48exclusive
22:49militairement
22:50en l'île
22:50était le régime
22:53athéocratique.
22:54Aujourd'hui,
22:55on est une démocratie,
22:57on n'a pas besoin
22:58de cette île
22:59comme un poste
23:03stratégique militaire.
23:05Il y aura
23:06une activité
23:07de radar
23:09très, très
23:11minime,
23:13presque visible.
23:15Et le reste
23:16va être
23:17quelque chose
23:18qui sera très bon.
23:20C'est un projet
23:22avec deux facettes.
23:24C'est l'île
23:24et c'est la péninsule
23:25devant l'île
23:29dans la terre.
23:31Et ça,
23:32c'est un cadeau
23:33que l'Albanie
23:33va faire à l'Europe.
23:35Et pourquoi ?
23:35En quoi c'est un cadeau
23:36de l'Albanie à l'Europe ?
23:37Parce que ça pose
23:38quand même question
23:38sur vos liens,
23:39les liens d'Albanie
23:40avec Jared Kushner.
23:41C'est là-dessus
23:42que j'aimerais
23:43que vous nous répondiez.
23:44Les marxistes,
23:45ils faisaient ça
23:45tout le temps.
23:46Il y a
23:50quelque chose
23:51de marxiste
23:51dans la poursuite
23:57de journalisme
23:58aujourd'hui
23:59parce que…
24:00Je ne me sens pas concernée.
24:01Parce qu'on ne parle pas
24:03de sujet,
24:05mais on parle
24:06de celui
24:06qui est derrière.
24:07Vous êtes là
24:08pour me répondre.
24:08Jared Kushner
24:09est venu…
24:09Voilà.
24:10Quels sont les liens
24:11de l'Albanie
24:11avec Jared Kushner ?
24:12Jared Kushner
24:13est venu en Albanie
24:18avec sa femme
24:19quand son beau-père
24:21était 50%
24:24et 50%
24:25entre la prison
24:27et la Maison-Blanche.
24:31Et les gens
24:33qui pouvaient parier
24:36sur son retour
24:38à la Maison-Blanche…
24:39Il n'y en avait pas beaucoup.
24:41Il n'y en avait pas beaucoup.
24:42Et moi,
24:43j'ai accueilli
24:44cette couple
24:46parce que d'abord,
24:49ils sont américains.
24:51Et si vous êtes américain
24:53et que vous arrivez
24:53en Albanie,
24:54vous êtes toujours
24:56bien accueilli.
24:57Et aussi,
24:57si vous êtes français.
24:59Et deuxièmement,
25:01parce que je l'ai trouvé
25:02formidable.
25:03En quoi ?
25:04Humainement.
25:05Formidable.
25:06Ça veut dire,
25:07moi,
25:08je dis toujours
25:11quand il s'agit
25:12de ce sujet,
25:14si les gens
25:16si les Américains
25:19connaîtraient
25:19Jared et Ivanka
25:21en personne,
25:23ils seraient
25:24amoureux
25:25dans le sens
25:26de l'humilité,
25:30de l'éducation,
25:32de la simplicité
25:35et tout ça.
25:36Et troisièmement…
25:37C'est quand même
25:37le gendre de Donald Trump
25:38qui est le président
25:39des États-Unis,
25:39le 47e président.
25:41Mais moi…
25:42Donc, on peut questionner
25:43ce rapport.
25:44J'ai grandi
25:45dans le communisme,
25:46le gendre de celui-là,
25:48le père de celui-là,
25:49le fils de celui-là.
25:51Pour moi,
25:52c'est la personne.
25:56Il peut être
25:57le gendre de Maduro.
25:59Si c'est quelqu'un
26:00qui est humainement bien
26:01et qui n'a pas
26:05rien à voir
26:06avec son beau-père,
26:09alors c'est quelqu'un
26:10de bien,
26:11full stop.
26:12Mais eux,
26:13ils sont formidables.
26:14Et troisièmement,
26:15ce qui est le plus important,
26:17parce que, bon,
26:18accueilli, bien sûr.
26:21On a accueilli
26:22même des Américains
26:23pas du tout
26:23formidables.
26:28Humainement,
26:29magnifique,
26:30c'est personnel.
26:31Mais ce qui est important
26:33pour ce qu'on parle,
26:34c'est le projet.
26:35C'est l'idée.
26:35C'est magnifique.
26:36En quoi il est magnifique ?
26:37Il y a quand même
26:37des oppositions à ce projet.
26:39C'est un projet
26:39de la nouvelle génération
26:42du tourisme,
26:44dans le sens
26:45de la nature,
26:48dans le sens
26:49de l'architecture.
26:50Il y a une grande
26:50localisation environnementale
26:52qui est contre ce projet.
26:53Dans le sens,
26:53mais les organisations
26:55environnementales
26:56sont nées
26:56pour être contre
26:57tout projet
26:58et sont une partie
27:00très importante
27:01de notre vie
27:02parce qu'il nous aide
27:04beaucoup
27:04à être attentifs,
27:09à faire deux fois
27:10l'analyse.
27:12C'est très important.
27:13Mais chacun
27:16en donne sa place.
27:17Parlons de vos relations
27:19avec Donald Trump,
27:20avec les États-Unis.
27:21Le 19 février dernier,
27:23on vous a vu
27:23à Washington
27:24le jour
27:25de l'inauguration
27:26du Conseil de la paix
27:27de Donald Trump.
27:28Vous étiez même
27:29invité d'honneur.
27:30Donc, l'Albanie
27:32ne paiera pas
27:33le milliard
27:33de dollars
27:35pour adhérer
27:36à ce fonds.
27:37Donc, pourquoi
27:38est-ce que vous avez
27:39décidé
27:40en tant qu'État européen
27:42de devenir
27:44l'un des piliers
27:45de cette nouvelle institution ?
27:47Pourquoi ?
27:48Alors, je parle
27:49de notre point.
27:51Ce pays n'a pas
27:53aucune relation
27:54avec la Russie.
27:56Minimum.
27:58C'est le seul
27:59pays européen
28:00qui n'a jamais eu
28:03une visite
28:04de haut niveau
28:05de Moscou
28:07à Tirana
28:09depuis 1960.
28:12Et c'est le seul
28:13pays européen
28:14d'où
28:15n'est parti
28:17personne
28:18de haut niveau
28:19pour visiter
28:20Moscou.
28:22Mais
28:23tout cela dit,
28:31il y a une chose
28:50que moi,
28:51j'ai trouvé
28:53vraiment perturbante
28:56pendant toute la guerre
28:58avant
28:59et après
29:00l'agression russe
29:02en Ukraine.
29:03Que l'Europe
29:04ne parlait pas
29:05avec la Russie.
29:06Que l'Europe
29:07n'a réussi pas
29:08à
29:12accompagner
29:14dans
29:14dans
29:16une
29:18corsie
29:19parallèle
29:23les armes
29:24qui,
29:25justement,
29:25a envoyé
29:26à l'Ukraine
29:27avec
29:28la parole
29:29de la diplomatie
29:30avec la Russie.
29:31Mais je vous parle
29:32des États-Unis
29:33et vous me parlez
29:33de la Russie.
29:34Je parle de la Russie
29:35parce que je dis
29:35vous ne voulez pas
29:36me parler
29:36des États-Unis.
29:37Non, non.
29:38Je parle de ça.
29:39Alors,
29:40imaginez-vous maintenant
29:41que moi,
29:42je suis invité
29:43par le président
29:44des États-Unis
29:45pour une initiative
29:47qui met
29:47autour de la table
29:49des gens
29:50qui représentent
29:51le pays.
29:52Et moi,
29:52je dis non,
29:53mais ça,
29:54c'est de la folie.
29:56Vous voulez dire
29:56que ce n'était pas possible
29:57de dire non ?
29:58Non, mais c'est
30:01stupide
30:01de dire non.
30:02Ce n'est pas
30:03que ce n'est pas possible.
30:04Alors,
30:07moi,
30:07je...
30:09encore,
30:10l'Albanie
30:10et moi-même,
30:11on n'a aucune liaison
30:14avec la Russie.
30:16Mais il fallait
30:17parler avec la Russie.
30:18La Russie.
30:19Alors,
30:20il faut parler
30:21avec les États-Unis.
30:22Il faut être là.
30:23Il faut participer.
30:25Qu'est-ce que ça veut dire ?
30:27On ne va pas là
30:28parce qu'ils cherchent
30:29d'annuler
30:31les Nations Unies.
30:33C'est de la...
30:35Mais...
30:35Mais...
30:35Alors,
30:36vous avez qualifié
30:37l'ONU
30:37dans votre discours
30:38de 4 minutes,
30:40je cite,
30:40de géant à l'agonie.
30:41Ça a beaucoup plu
30:42à Donald Trump.
30:43C'est vrai.
30:44Mais c'est vrai.
30:45Je ne l'ai pas fait
30:46pour plaire à Donald Trump.
30:48Et j'espère
30:49que ce que Donald Trump
30:50a fait,
30:50ça va aider l'ONU
30:52à se réveiller.
30:55Je ne connais pas
30:55un leader international
30:57qui ne dit pas
30:59que...
31:01quand ils sont là
31:02pour l'Assemblée générale.
31:08C'est ça.
31:09À ce point-là ?
31:10Bien sûr.
31:12Mais à ce point-là
31:13parce que c'est comme ça.
31:15Bon, mais est-ce que...
31:16Ça,
31:17en disant ça,
31:18je ne veux pas dire...
31:20Je ne dis pas
31:21que l'ONU,
31:21il faut le démanteler,
31:23que l'ONU...
31:24C'est pourtant
31:24ce que vous avez l'air de dire.
31:25Il faut l'air...
31:26Non !
31:27Je n'ai l'air de dire
31:30pas ce que vous voulez
31:34que moi,
31:35j'ai l'air de dire.
31:36Moi,
31:37je dis
31:37que l'ONU
31:38doit être réformée
31:40et doit être réinventée
31:42parce que c'est très important.
31:44Donc, pour vous,
31:45Donald Trump
31:45est en train
31:46de la réinventer
31:47en faisant ce conseil.
31:49Ça y participe.
31:50Mais Poutine a...
31:51Mais pourquoi vous parlez de Poutine
31:52dès que je vous parle
31:53de Donald Trump ?
31:55Quand je parle de Poutine,
31:57imaginez-vous
31:57après Donald Trump.
31:59Mais pourquoi vous les comparez ?
32:01Poutine a réinventé
32:03l'Europe,
32:05a réinventé
32:06les relations
32:07entre l'Europe
32:08et l'idée
32:10de l'élargissement,
32:12a réinventé
32:13l'OTAN
32:14comme une force
32:15nécessaire
32:16en attaquant
32:17l'Ukraine.
32:19Ça veut dire
32:19que c'est l'effet
32:22de quelque chose
32:23de différent.
32:24Donald Trump peut-être
32:25n'a pas créé
32:26le board de la paix
32:27pour réinventer...
32:30Ah, maintenant,
32:31tu as compris.
32:32Pour l'ONU.
32:33Mais l'effet,
32:35c'est ça.
32:37Mais est-ce que
32:38vous ne risquez pas
32:38quand même
32:39de donner l'impression
32:41en allant à Washington,
32:43en participant
32:43à ce board,
32:44que justement,
32:45l'Albanie devient
32:46le cheval de Troie
32:47en Europe
32:48alors que vous voulez
32:48intégrer
32:49l'Union Européenne ?
32:51Ça pose quand même...
32:52Ça ne plaît pas
32:53beaucoup en Europe,
32:54cette position d'Albanie ?
32:55Oui, mais ça ne plaît
32:56pas beaucoup en Europe.
32:57Je ne sais pas
32:58si ça ne plaît pas
32:59ou ça plaît.
33:01Je n'ai pas
33:01de l'information
33:02sur ça.
33:03Non, vous savez très bien
33:03que ça déplaît.
33:04Non, mais je ne pense pas
33:06parce que je pense
33:07qu'on vit encore
33:08dans un monde libre
33:09en Europe
33:09et on est libre
33:10de faire nos choix
33:11quand on a une invitation.
33:14Je ne pense pas
33:14qu'on doit
33:17refuser
33:18des invitations.
33:19Écoutez, moi,
33:20par exemple,
33:21par exemple,
33:23la Chine,
33:24c'est une autre réalité
33:25qui est loin
33:26de la nôtre.
33:27On est
33:29le seul pays
33:30en Europe,
33:31encore,
33:32le seul pays
33:32en Europe
33:33où il n'y a pas
33:36d'investissement
33:37chinois.
33:38Le seul pays
33:39en Europe
33:39où on n'a pas
33:41de relation
33:41avec la Chine
33:42de la nature
33:43que la Chine a
33:45avec tous
33:45les autres pays
33:46de l'Europe.
33:47Mais moi,
33:48je trouvais
33:48un peu perturbant
33:50qu'il n'y avait
33:51personne
33:52de l'Europe
33:53dans le
33:5780e anniversaire
33:59de la liberté
34:01en Chine.
34:03Pourquoi pas ?
34:06Ça vous a choqué
34:07qu'il n'y ait pas
34:08de représentant ?
34:09Mais pourquoi pas ?
34:10C'était
34:11une célébration
34:12antifasciste.
34:14C'était
34:16une célébration
34:17où les Chinois
34:18ont mis
34:20dans le grand
34:22écran
34:22l'arrivée
34:24des forces
34:24américaines
34:25en Italie.
34:27Les Chinois
34:28ont mis
34:28dans le grand
34:29écran
34:29la
34:29Bella Ciao
34:32et les Chinois
34:33ont honoré
34:34avec des médailles
34:36des pilotes
34:40américains
34:41et anglais.
34:42Alors,
34:43pourquoi pas ?
34:44Et c'est quoi ça ?
34:46L'Europe
34:47a toujours su
34:49parler avec tout le monde
34:50et doit regagner
34:52cette capacité
34:52de parler
34:53avec tout le monde.
34:54Donc,
34:54vous avez l'impression
34:55que l'Europe
34:55a moins cette capacité
34:57que précédemment
34:58de parler
34:59avec tout le monde ?
35:01Je suis en train
35:02de vous donner
35:03mais pourquoi
35:04l'Europe
35:05devait
35:05attendre
35:06Donald Trump ?
35:08Donald Trump
35:09dit le mot
35:11« c'est le fort »
35:12et tous
35:12les Européens
35:13le découvrent
35:14et le répètent
35:15comme si
35:16c'était
35:17ma
35:19athéocratie
35:22inventée.
35:23Pourquoi ?
35:24Pourquoi
35:24on devait
35:25attendre
35:26Donald Trump
35:27pour penser
35:30au cessez-le-feu,
35:32pour penser
35:32à la paix ?
35:33Pourquoi
35:33l'Europe
35:34n'est pas
35:35dans la table
35:36de la discussion
35:39sur
35:40comment
35:40cette guerre
35:41doit finir ?
35:43Et moi,
35:45je suis
35:46100%
35:47avec l'Ukraine.
35:48Moi,
35:49je suis
35:49et je me sens
35:51honoré
35:52d'avoir
35:54connu
35:55et
35:56d'être
35:58un ami
35:59de
36:00Volodymy
36:00Zelensky.
36:01C'est un personnage
36:03que moi,
36:03je respecte
36:05beaucoup
36:05et
36:06humainement,
36:07je l'aime
36:08beaucoup.
36:09Mais,
36:11et je ne suis pas
36:12en train de dire
36:13qu'il fallait
36:14arrêter,
36:15comme il disait
36:17des pacifistes
36:18en Italie
36:19et en France,
36:20il faut arrêter
36:21d'envoyer
36:23les munitions
36:24et envoyer
36:26le matériel
36:27du guerre.
36:27Non,
36:28il fallait
36:28donner plus,
36:30il fallait
36:31envoyer plus vite,
36:33mais pas arrêter.
36:34Mais en même temps,
36:35il fallait
36:35parler avec
36:36la Russie.
36:37Je vous rappelle
36:38qu'Emmanuel Macron
36:39était en faveur
36:40d'un dialogue
36:40avec la Russie
36:41et il a changé
36:42d'avis ensuite.
36:43Il avait raison.
36:44Justement,
36:44sur Emmanuel Macron,
36:45est-ce que vous
36:46vous sentez plus
36:47proche d'Emmanuel
36:48Macron,
36:48avec qui vous avez
36:49affiché une complicité
36:51totale depuis
36:52votre visite
36:52en France
36:53en 2024,
36:54ou justement
36:55de Viktor Orban,
36:57le Premier ministre
36:58hongrois,
36:58qui est ami
36:59de Donald Trump
36:59comme vous ?
37:00Pourquoi on doit
37:01faire ces
37:04catégorisations
37:04et ces
37:06séparations
37:06communistes ?
37:07Pour aider à comprendre
37:08votre position.
37:09Les communistes
37:09faisaient ça.
37:10les communistes
37:11disaient
37:11est-ce que vous êtes
37:12ami avec
37:15lui,
37:16qui est membre
37:17du Parti communiste,
37:18ou vous êtes ami
37:19avec elle ?
37:19D'accord.
37:19Edi Rama,
37:20je ne suis pas
37:20communiste.
37:21J'aimerais simplement
37:22que vous clarifiez
37:23votre position.
37:24Mais non,
37:24c'est pas...
37:25Pourquoi je dois...
37:28Si...
37:28Moi,
37:29je suis honoré,
37:31privilégié,
37:32tout ce que vous voulez,
37:33et je le dis
37:34sincèrement,
37:35d'avoir la chance
37:39d'aller
37:40à Paris,
37:40où j'étais
37:41un émigré
37:43pour une période
37:44Dans les années 90 ?
37:46Et d'être...
37:50D'être commandeur
37:52de la Légion
37:53d'honneur
37:53et d'avoir
37:55le président
37:56de la République
37:57qui m'attend
37:58comme un ami
37:59et d'avoir
38:00son amitié
38:01avec lui,
38:02avec sa femme,
38:03ma femme,
38:03et tout ça,
38:04c'est très personnel,
38:05c'est magnifique,
38:06c'est extraordinaire.
38:08Mais je peux vous dire
38:10aussi que je suis
38:12aussi honoré
38:14d'être ami
38:14de Victor Orban,
38:16humainement.
38:16En quoi ?
38:18En quoi ?
38:19Par exemple,
38:21c'est un des hommes
38:23les plus intéressants
38:24que j'ai connus,
38:26et je n'ai pas connu
38:27peu,
38:28dans le monde
38:29politique,
38:30de l'art,
38:31de l'université
38:33de l'Université.
38:35C'est un des hommes
38:36les plus intéressants
38:37pour sa culture.
38:39C'est rare
38:40de trouver quelqu'un
38:41qui connaît
38:42l'histoire
38:43et qui connaît
38:44l'Europe
38:45et qui connaît
38:46le monde
38:48du point de vue
38:50historique
38:50comme Victor Orban.
38:51D'accord,
38:51mais vous n'êtes pas
38:52d'accord avec Victor Orban,
38:53par exemple,
38:53sur la question
38:54de la guerre en Ukraine ?
38:55Non,
38:55je ne suis pas d'accord
38:56avec Victor Orban.
38:58Mais vous êtes d'accord
38:59avec Victor Orban,
38:59je ne suis pas entièrement
39:01d'accord avec Victor Orban,
39:02je suis entièrement
39:03d'accord
39:04avec tous ceux
39:05qui ont soutenu
39:07et qui soutiennent
39:08jusqu'au bout
39:09l'Ukraine.
39:09Mais je pense
39:10que Victor Orban
39:14a eu,
39:15dès le début,
39:17un argument
39:18très fort.
39:18Et alors,
39:20son argument
39:21a gagné.
39:23Ça veut dire
39:24pas dans toute
39:25l'envergure.
39:26Je ne suis pas
39:28d'accord avec lui
39:28qu'il fallait
39:29arrêter
39:30d'envoyer
39:31des armes
39:31à l'Ukraine.
39:32C'est le suicide.
39:34Mais qu'il fallait
39:36le cesse-elf,
39:37oui,
39:38qu'il fallait
39:38ouvrir
39:42le chantier
39:43de la paix,
39:45oui.
39:47Écoute,
39:48pendant la guerre
39:49entre
39:50l'Ukraine
39:51et la Russie,
39:53il y a eu
39:53la guerre
39:54entre
39:54l'Israël
39:56et Hamas.
39:58Mais Israël
39:59et Hamas,
40:00ils parlaient
40:01tout le temps.
40:03Ils parlaient
40:04tout le temps.
40:06Ils allaient
40:06se voir
40:07tout le temps.
40:09Et ils voulaient
40:11annihiler
40:11l'un l'autre.
40:14Qui parlait
40:15entre
40:16la Russie
40:17et l'Ukraine ?
40:18Personne.
40:20Donc,
40:21votre idée,
40:21c'est qu'il faut
40:22parler à tout le monde.
40:23À tout le monde.
40:25Sauf
40:28avec les terroristes.
40:30Donc,
40:31comme le régime
40:31des Mullahs en Iran.
40:32Comme les Mullahs,
40:32oui.
40:35Dernier sujet
40:36sur l'immigration
40:37en Europe.
40:38Fin 2024,
40:39pourquoi vous avez
40:40accepté
40:41ce centre
40:42de traitement
40:42des demandes
40:43d'asile
40:43de droit
40:44italien
40:45sur le sol
40:46albanais ?
40:46C'est un accord
40:48pendant cinq ans.
40:50Expliquez-nous
40:50pourquoi
40:51et est-ce que
40:51vous pensez
40:52que c'est
40:52une façon
40:52de traiter
40:53l'immigration
40:53que justement
40:54les États
40:55européens
40:56devraient adopter ?
40:57Moi,
40:58je ne suis personne
40:58pour dire
40:59ce que les États
41:00européens
41:01doivent faire.
41:03Je rappelle
41:03que vous souhaitez
41:04rentrer,
41:05adhérer
41:05à l'Union européenne.
41:06Non.
41:08Je n'ai pas
41:08de leçons
41:09à donner
41:09à personne
41:10dans ça,
41:11mais j'ai
41:12une réponse
41:13très simple
41:13pour le pourquoi.
41:15Parce que
41:15l'Italie
41:16nous a demandé
41:17et quand
41:18l'Italie
41:18nous demande
41:19le oui,
41:20c'est automatique.
41:23Pourquoi ?
41:24Parce qu'on a
41:25une relation
41:26très spéciale
41:26avec l'Italie
41:27qu'on n'a pas
41:28avec...
41:29Avec aucun autre
41:30État européen.
41:31C'est le plus proche
41:32de vous.
41:33C'est le plus proche
41:34pour plein de raisons,
41:36pas pour aujourd'hui,
41:39mais pour plein de raisons,
41:40c'est le plus proche.
41:41Et n'oubliez pas
41:43que l'Italie
41:46a fait pour nous
41:47ce que notre État
41:48a fait,
41:50nous accueillant
41:51d'une façon
41:52formidable.
41:55Et quand nous
41:56étions des barbares
41:58sur le temps
41:59de l'enfer
42:01avec des bateaux.
42:06Deuxièmement,
42:06parce que
42:08pendant toute
42:09la période
42:10de transformation
42:14démocratique
42:14après la chute
42:15de régime,
42:15l'Italie
42:16a été la plus proche
42:17dans tous les moments
42:18difficiles
42:19quand nous,
42:19on a risqué
42:20le précipice.
42:21L'Italien
42:21était toujours là.
42:24Toujours,
42:25toujours,
42:25toujours là.
42:26Donc,
42:26quelle que soit
42:29la couleur politique
42:30en Italie.
42:31On s'en fout
42:32de la couleur politique
42:33en Italie,
42:35les couleurs
42:36politiques
42:37en Italie
42:38sont comme
42:39des vêtements
42:41en Italie.
42:43Derrière
42:44les vêtements,
42:45il y a seulement
42:47l'Italien
42:48et l'Italienne.
42:49Ils sont les mêmes.
42:51Ils jouent
42:51la gauche
42:52et la droite,
42:53mais ils sont
42:53l'Italien
42:54et l'Italien,
42:55comme en Albanie.
42:56La gauche
42:57et la droite
42:58sont très personnelles.
42:59Est-ce que
42:59le même accord
43:00avec la France
43:01pourrait être envisageable ?
43:02Non,
43:03avec personne d'autre,
43:04avec aucun pays.
43:06Est-ce que vous seriez prêt
43:08à accueillir
43:08les Albanais
43:09vivant en France
43:10qui sont sous OQTF,
43:12c'est-à-dire
43:12sous obligation
43:13de quitter
43:13le territoire français ?
43:14Toujours.
43:15C'est leur maison.
43:17Qu'est-ce que ça veut dire
43:18accueillir ?
43:20Ce n'est pas à moi
43:21de dire
43:21si je suis prêt
43:23ou pas,
43:23c'est leur maison.
43:25Et moi,
43:26je pense
43:26qu'ils doivent rentrer
43:27parce que
43:28c'est mieux ici
43:29qu'en France,
43:29aujourd'hui.
43:30Pour eux.
43:31C'est plus difficile
43:32en France.
43:33pour eux.
43:36Vous avez été réélu
43:39quatre fois ?
43:40Comme Victor Orban.
43:41Comme Victor Orban.
43:43Voilà.
43:43C'est vous qui l'ajoutez.
43:44Merci de le souligner.
43:45Et comme Angela Merkel.
43:46peut-être.
43:48Mais,
43:49et donc,
43:50il y a quand même,
43:51je pense,
43:52enfin dites-moi
43:52si je me trompe,
43:53un domaine
43:54qui vous est cher
43:55qui est celui
43:56de l'adhésion
43:57de votre pays
43:58à l'Union européenne.
44:00Donc,
44:01vous seriez très heureux
44:02si vous pouviez
44:03terminer votre mandat
44:04avec cette adhésion.
44:05Ce n'est pas que moi
44:06je serais très heureux.
44:07Mais quel est l'intérêt
44:08pour l'Europe
44:09d'accueillir l'Albanie ?
44:10L'Europe
44:12doit
44:16mener jusqu'au bout
44:17le grand projet
44:19des pères fondateurs.
44:21Et il y a toujours
44:24un point
44:25
44:27le débat
44:28en Europe
44:32se bloque.
44:35Parce que c'est vrai
44:36que l'Europe
44:36a plein de problèmes.
44:38C'est vrai que l'Europe
44:39ne marche pas
44:40bien
44:41dans plusieurs fronts.
44:43C'est vrai,
44:44c'est vrai,
44:44c'est vrai.
44:45Mais la question,
44:47c'est
44:48il faut plus d'Europe
44:49ou il faut moins d'Europe ?
44:51Est-ce que c'est vrai
44:52que moins d'Europe
44:55amènerait
44:56des solutions
44:59aux problèmes
45:00qui semblent
45:01chroniques ?
45:02Moi, je ne crois pas
45:03en ça.
45:04Je crois que moins d'Europe
45:06serait moins de solutions
45:08et ça aurait plus
45:10de problèmes.
45:16Il faut plus d'Europe.
45:18Mais bien sûr,
45:20il faut aussi plus
45:21de flexibilité
45:22dans cette Europe.
45:23Ça veut dire
45:26ceux qui disent
45:27que la soveraineté nationale
45:31ne peut être
45:32complètement déléguée,
45:34ils ont un point
45:35qui est important.
45:37Mais de l'autre côté,
45:38ceux qui disent
45:39qu'il faut retourner
45:41dans le passé,
45:43ils ont tort.
45:45Parce que dans le monde
45:46d'aujourd'hui,
45:48il faut plus d'Europe
45:49pour résister
45:53au danger
45:54toujours plus grand
45:55de l'irrévéance.
45:57On peut devenir
45:58irrévéance.
45:59Alors,
45:59si on dit
46:01l'Europe
46:02et l'Albanie
46:03comme ça,
46:04on peut dire
46:05l'Europe
46:09peut vivre
46:09sans l'Albanie.
46:10Mais si on dit
46:11l'Europe
46:12comme une
46:14l'Union européenne
46:15comme une
46:17réalité
46:19géopolitique
46:20unique
46:21dans l'histoire
46:21des cartes
46:23avec deux frontières,
46:25c'est la seule
46:27réalité
46:27avec deux frontières
46:28d'une frontière
46:29extérieure
46:31de l'Union européenne
46:32et une frontière
46:33intérieure
46:35dans laquelle
46:36c'est l'Albanie
46:37ici.
46:38On est ici.
46:38On est ici
46:39avec la Serbie,
46:40avec la...
46:41Au cœur,
46:42vous voulez dire.
46:42Non,
46:43on est pire.
46:44On est dans l'estomac.
46:46Pour le cœur,
46:47ils peuvent se battre
46:48entre l'Italien
46:48et le Français.
46:49Nous,
46:50on est ici.
46:51Et allemand,
46:51bien sûr.
46:53Nous,
46:53on est ici.
46:54Pourquoi ?
46:55Pourquoi dans l'estomac ?
46:56Parce que nous,
46:57on est au milieu,
46:59ici,
47:01et on est entouré
47:02par des frontières
47:04de l'Union européenne.
47:05Pour sortir
47:08des Balkans occidentaux,
47:10tu dois entrer en Europe.
47:13et alors...
47:16Alors,
47:16dites-moi,
47:18est-ce que...
47:21Pourquoi
47:23un homme de 2 mètres
47:25comme moi
47:25a besoin
47:26de ce petit point
47:29ici
47:29dans l'estomac ?
47:31Ce petit point ici
47:33n'est jamais important
47:34jusqu'à quand
47:35il devient important
47:36parce que...
47:37parce qu'il peut devenir
47:39une source
47:39de douleur.
47:42et l'Europe
47:43a besoin
47:44d'être unie.
47:45L'Europe a besoin
47:47d'être une.
47:49Et les pères fondateurs
47:51voulaient
47:52une Europe unie.
47:54Et si l'Europe
47:56aujourd'hui
47:56a des problèmes,
47:57les problèmes
47:58viennent aussi
47:59du projet,
48:00du grand projet
48:01qui n'est pas abouti.
48:02Sous-titrage Société Radio-Canada
48:04Sous-titrage Société Radio-Canada
48:05Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations