En déplacement à Erbil (Kurdistan irakien), le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot à répondu à notre envoyé spécial Boris Mabillard. Alors que la Syrie bascule dans une transition incertaine, le chef de la diplomatie française prévient : « Daech cherchera par tous les moyens à saboter cet accord pour entraver la réunification ». Face à la menace de résurgence de l'État islamique, Paris maintient son dispositif militaire en Irak et renforce sa présence consulaire à Erbil. Sécurisation des prisons du Nord-Est syrien, amitié indéfectible avec les Kurdes et protection des minorités : le ministre martèle l'impératif de sécurité pour la France.
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00:00Alors vous avez vu que nous avions titré « La trahison de l'Occident »
00:04et les Kurdes auxquels je parle en Rojava, on parle beaucoup de trahison, ils ont très peur.
00:09Que leur dites-vous pour les rassurer ? Que faites-vous pour les rassurer ?
00:13D'abord je récuse le terme d'Occident si toutefois une référence était faite à la politique étrangère de la
00:19France.
00:20La politique étrangère de la France est indépendante de celle d'autres pays rangés dans la catégorie de l'Occident
00:29et s'agissant de sa relation avec les Kurdes en Irak, en Syrie comme ailleurs,
00:36elle est fondée sur une amitié indéfectible.
00:38Amitié dont j'ai pu mesurer ici à Erbil, au contact des responsables du Kurdistan irakien,
00:47mais au contact également du général Masloum, de la générale Afrin, à quel point elle est appréciée à sa juste
00:54mesure.
00:55Le Rojava c'était un petit peu, dans ce Moyen-Orient qui est particulièrement agité de chaos,
01:04c'était un petit peu une utopie, une expérimentation, notamment si l'on pense aux femmes, aux droits des femmes.
01:11Et là aujourd'hui, les YPG, le PYD, les autorités du Rojava craignent que de revenir dans le giron de
01:21Damas,
01:22remettent en question les droits des femmes par exemple.
01:26Les Kurdes de Syrie ont été pour nous des alliés fidèles dans le combat contre Daesh.
01:38Daesh qui les visait, le premier chef, et visait l'identité kurde.
01:44Daesh qui visait la France et l'Europe.
01:49Et je rappelle, dix ans après les attentats du Bataclan, que c'est depuis le théâtre irako-syrien
01:55que l'État islamique a fomenté cet attentat qui a endeuillé notre pays.
02:04La résistance que nous avons soutenue tout au long de la répression sanglante
02:11menée par le régime criminel de Bachar al-Assad contre son propre peuple, a eu raison de lui.
02:19Et lorsque, après sa chute le 7 décembre 2024,
02:25je me suis rendu en Syrie pour rencontrer les autorités de transition,
02:32je les ai assurés que nous continuerions de nous tenir aux côtés du peuple syrien
02:38au moment où une opportunité s'ouvrait de reconstruire une Syrie unifiée,
02:44respectant toutes les composantes du peuple syrien dans leurs droits,
02:51mais que nous serions extrêmement vigilants à ce que cette transition
02:55ne laisse aucune place à une résurgence quelconque de Daesh.
03:00Et c'est dans ce même esprit que j'y suis revenu hier,
03:06en mission anti-Daesh pour réaffirmer que dans le moment où doit se mettre en œuvre
03:15le plan qui a été négocié par les Kurdes syriens et l'autorité de Damas,
03:20que cette mise en œuvre puisse se faire sans entrave,
03:32mais que le risque d'une résurgence de Daesh soit écarté.
03:39La place des Kurdes de Syrie, ou en tout cas les Kurdes syriens,
03:46doivent prendre toute leur part dans cette Syrie réunifiée,
03:50non seulement dans les territoires emblématiques du nord-est,
03:55à Saké et à Kobané, mais dans l'ensemble du pays.
04:00Et l'identité kurde doit être respectée,
04:03et les Kurdes doivent prendre part à la vie économique, sociale et politique
04:11de cette Syrie réunifiée que nous appelons de nos voeux.
04:14Fantastique. Je vais juste revenir sur votre rendez-vous hier soir
04:17avec Mazoub Komadé, un héros de la résistance.
04:21J'ai remarqué, puisque j'étais à l'entrée, j'attendais.
04:24Ça a duré longtemps, vous avez beaucoup parlé,
04:27pris un peu de retard sur l'horaire.
04:29Que vous a-t-il demandé ?
04:31Il nous a demandé, d'abord il nous a remerciés
04:37pour les efforts de médiation que nous avons conduits
04:39à tous les niveaux, jusqu'à celui du président de la République,
04:43pour éviter un bain de sang, pour qu'advienne un cessez-le-feu,
04:46et pour faciliter la conclusion d'un accord.
04:49Accord qui concerne le redéploiement de l'armée syrienne régulière,
04:57les nominations aux postes clés, la question des infrastructures,
05:03le retour des déplacés et l'intégration des forces démocratiques syriennes,
05:11mais aussi des institutions kurdes au sein de l'administration civile réunifiée.
05:20Et donc il nous a remerciés d'abord, puis demandé de continuer à veiller
05:25à ce que cette mise en œuvre puisse se faire dans les meilleures conditions.
05:29Je l'ai, quant à moi, invité à ne pas relâcher la garde
05:33dans le combat qui a été le nôtre contre Daesh.
05:39Puisque dans cette phase de transition qui concerne la Syrie tout entière,
05:43mais plus particulièrement ces jours-ci, le nord-est syrien,
05:47Daesh ne ménagera aucun effort pour tenter de faire échec à cet accord,
05:51de faire échec à la réunification de la Syrie,
05:53pour pouvoir ensuite se projeter dans des attentats dont nous serions la cible.
05:58Cela suppose d'abord que les prisons et les camps du nord-est syrien
06:03puissent continuer d'être sécurisés et gardés.
06:07Je m'en suis assuré auprès du ministre des Affaires étrangères de la Syrie,
06:11comme auprès du général Masloum.
06:15Et cela suppose aussi que soit redéfinie notre architecture régionale
06:19de lutte contre Daesh,
06:22avec au centre les autorités syriennes,
06:26au sein de la coalition internationale anti-Daesh,
06:31qui doit être formellement invitée à pouvoir poursuivre ses interventions en Syrie.
06:36Intervention militaire, je le rappelle,
06:38nous avons frappé,
06:40nous avons mobilisé toute la puissance de nos moyens militaires
06:44pour frapper Daesh encore récemment, le 3 janvier dernier.
06:47Nous le faisons dans un cadre légal,
06:49celui de la coalition internationale,
06:51mais qui, que je le disais, doit être formellement invitée à intervenir dans le pays.
06:57Nous devons établir les mécanismes de coordination
07:01et, en Syrie plus particulièrement,
07:05l'expertise des combattants, des résistants,
07:11l'expertise des unités des forces démocratiques syriennes,
07:15les unités des YPJ du général Afrin,
07:19qui disposent, après dix années de combats acharnés,
07:24après une formation,
07:27ou les formations dont ils ont pu bénéficier,
07:29y compris de la part de la France,
07:32d'une expertise dont nous aurions tort de nous passer
07:36à l'avenir pour continuer à contenir
07:40toute résurgence de l'État islamique.
07:42Est-ce à dire que,
07:43Zoumabdeau restera un interlocuteur de la France ?
07:46Évidemment, il restera,
07:49les échanges que j'ai eus hier à Damas m'en ont convaincu,
07:52un interlocuteur privilégié des autorités syriennes.
07:55Est-ce à dire aussi que la France continuera à déployer des hommes
07:58sur le sol irakien,
08:00et peut-être en Syrie,
08:02c'est le cas aujourd'hui ?
08:03La présence des forces militaires françaises
08:06est très appréciée par le gouvernement fédéral de l'Irak
08:09comme par le gouvernement de la région autonome du Kurdistan.
08:14Présence au sein de la coalition internationale contre Daesh,
08:19présence au sein de l'opération de l'OTAN,
08:21qui est commandée cette année par un général français,
08:26présence aussi au titre d'opération de formation
08:29des militaires irakiens qui rencontrent
08:34ou qui sont extrêmement appréciés par nos partenaires.
08:38Ces relations multiples que nous avons
08:41avec les forces de sécurité irakiennes
08:45ont vocation à se poursuivre à l'avenir.
08:48Petite question difficile,
08:50il y a des transferts vers les prisons irakiennes,
08:54transferts de prisonniers, d'anciens djihadistes,
08:57notamment des Français.
08:58Ces transferts étaient précisés
09:02dans l'accord entre Kamishli et Damas ?
09:06Est-ce que tout se passe très bien ?
09:09L'accord entre Kamishli et Damas
09:12ne couvre pas le sujet de la lutte anti-Daesh
09:18et de la question des prisons.
09:20C'est le sens de votre vie.
09:21D'où l'importance de cette mission anti-Daesh
09:26qui évidemment ne m'a pas empêché
09:28de faire un point très précis avec Damas
09:32comme avec le général Masloum
09:35sur la mise en œuvre de chacun des points de l'accord,
09:37mais qui m'a permis aussi d'adresser des messages
09:40à l'ensemble de mes interlocuteurs
09:41sur le fait que nous ne pourrons accepter
09:44aucune forme de résurgence,
09:49aucun espace qui puisse être laissé à Daesh pour se reconstituer.
09:55Les transferts de prisonniers de la Syrie vers l'Irak se poursuivent.
10:02Nous remercions les autorités irakiennes de les avoir acceptées.
10:07Elles permettent de limiter le risque d'une dispersion
10:11de combattants terroristes dans cette période de transition.
10:16Elles doivent se poursuivre jusqu'à leur terme.
10:19Il y a des mineurs français,
10:21enfin des ex-mineurs français, car ils ont grandi.
10:24Ce sont des adultes.
10:25Sont-ils aussi français que vous ?
10:27Ont-ils les mêmes droits que vous ?
10:29Ou est-ce qu'il y a là, je vous sais, attaché aux droits internationaux,
10:33est-ce qu'il y a là un cas de raison d'État
10:37contre le droit international ?
10:39La position des autorités françaises est inchangée.
10:45Les adultes doivent être jugés là où leurs crimes...
10:49J'entends des mineurs qui sont devenus adultes,
10:51qui sont donc innocents.
10:52Quant aux enfants, ils ne sont pas responsables
10:55des crimes de leurs parents.
10:56Et chaque fois que cela a été possible,
10:59sur le plan juridique comme sur le plan opérationnel,
11:02ils ont été rapatriés.
11:04Donc les trois derniers seront invités à revenir.
11:07Je vous ai répondu.
11:09Nous sommes au Kurdistan irakien.
11:11C'est un endroit de prospérité.
11:13Tout s'y passe bien.
11:13C'est aussi un endroit d'immense diversité.
11:16Et diversité culturelle, diversité religieuse.
11:19Un berceau des religions, pour ainsi dire.
11:21La plaine de Ninive, le Nord,
11:23la partie du Kurdistan que vous connaissez.
11:27Les chrétiens sont beaucoup partis,
11:29notamment vers la France.
11:31Allez-vous les encourager à revenir
11:33dans la mesure où la sécurité est garantie ici ?
11:36Oui, j'ai eu l'occasion lors de ma précédente visite
11:39de m'entretenir à ce sujet avec le cardinal Sakho.
11:44J'ai également eu l'occasion de m'entretenir de ce sujet hier
11:49et aujourd'hui avec les autorités du Kurdistan irakien.
11:54Certaines familles chrétiennes n'ont pas pu rentrer dans leur village
12:02du fait des conditions de sécurité.
12:03Conditions de sécurité qui sont améliorées.
12:05Nous allons travailler avec notre équipe sur place
12:07pour faciliter ces retours.
12:09Il y a un vrai, si j'ose utiliser une expression anglaise,
12:12soft power français,
12:13ici au Kurdistan,
12:16les Kurdes apprécient l'influence française.
12:19Est-ce que ça va avec des investissements ?
12:21Est-ce que ça va avec une politique d'investissement français
12:25ou privée, publique ou privée dans la région ?
12:28Ça va d'abord avec des gestes
12:30et je remercie les autorités de la région autonome du Kurdistan
12:38d'avoir décidé la veille de ma visite
12:42de faciliter le développement de notre présence consulaire
12:49à Erbil
12:50par un geste d'une grande générosité
12:54dont je mesure toute la portée.
12:58Et les investisseurs privés français,
13:00comment faire pour les attirer davantage dans cette région ?
13:03Ils sont frileux.
13:04Nous, avec le Kurdistan irakien
13:07comme avec l'Irak,
13:11nous entendons approfondir les coopérations économiques.
13:1820 entreprises françaises ont participé
13:20à la foi internationale de Bagdad
13:22et nos fleurons dans le domaine de la défense,
13:27dans le domaine des infrastructures
13:30et dans le domaine des transports
13:33sont mobilisés pour accompagner
13:36les autorités irakiennes dans leurs projets.
13:40Plus spécifiquement, au Kurdistan irakien,
13:44nous travaillons avec des entreprises françaises,
13:49travaillent sur des projets de sécurisation
13:53des infrastructures énergétiques,
13:55mais aussi d'innovation dans le domaine du traitement des eaux.
14:01La visite à venir du président de la République,
14:04qui sera aussi l'occasion de tenir la conférence de Bagdad,
14:08qui reflète notre vision d'une intégration régionale pour le Levant,
14:12sera l'occasion d'entraîner,
14:14de donner une impulsion nouvelle
14:16à la coopération économique entre la France et l'Irak.
14:20J'ai une toute dernière question.
14:21Nous sommes aujourd'hui à la veille, peut-être,
14:23d'un basculement considérable,
14:25d'un bouleversement considérable
14:27avec une possible hypothétique attaque
14:30des États-Unis ou d'Israël sur l'Iran.
14:33Si je connais la position française,
14:37mais si d'aventure les Américains vous demandaient
14:41votre soutien de quelque forme que ce soit soutien militaire,
14:44l'accorderiez-vous ?
14:46Les États-Unis se sont mis en situation, c'est vrai,
14:50de lancer une opération militaire sur l'Iran,
14:54mais ils ont proposé en parallèle à l'Iran de négocier,
14:57proposition dont l'Iran doit impérativement se saisir,
15:01et dont je souhaite que le premier point
15:03soit la fin de la répression sanglante
15:07de ces dernières semaines contre le peuple iranien.
15:11La libération des prisonniers,
15:14la fin des exécutions,
15:16le rétablissement total d'Internet et des communications
15:19et la restitution au peuple iranien
15:23de ses droits et de ses libertés.
15:24Sous-titrage Société Radio-Canada
15:26Sous-titrage FR ?
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