00:00Premier constat qu'on peut tirer évidemment de ces élections municipales, c'est que la droite, elle reste profondément enracinée
00:04dans les villes moyennes, dans le pays réel, dans les territoires.
00:07Vous savez, dans cette France périphérique que les cartes électorales ont dessinées depuis plusieurs années, elle reste largement majoritaire.
00:13Et au fond, eh bien, cette élection municipale ne fait que traduire une vérité plus profonde et une évolution plus
00:18profonde, celle d'un pays qui penche de plus en plus à droite.
00:21Vous avez les Républicains qui disposent d'un ancrage territorial patiemment construit depuis des décennies.
00:26On voit bien que le Rassemblement national, eh bien, lui, poursuit sa progression et s'impose désormais dans de nombreux
00:31territoires comme un acteur incontournable.
00:33Quant au macronisme, lorsqu'il parvient à s'imposer localement, il le fait souvent en s'appuyant sur des figures
00:38issues de la droite.
00:40Paris en offre l'illustration la plus spectaculaire.
00:43Vous avez vu, Emmanuel Grégoire arrive en tête, certes, mais la droite s'y présente en ordre dispersé.
00:47Rachida Dati autour de 25%, Pierre-Yves Bournazel à 12% et Sarah Knoffon, on l'a appris ce matin,
00:52à 10%.
00:54Additionner ses forces, elle pèserait nettement davantage, mais séparer, Romain, elle laisse la gauche devant.
00:59Tout le problème est là.
01:00Oui, parce que la force électorale de la droite se heurte à une problématique stratégique, un problème stratégique.
01:07Bien sûr, parce qu'on voit bien avec les scores d'hier soir qu'il y a un paradoxe de
01:11la droite française
01:11que beaucoup de gens ont vu dans beaucoup de villes, y compris dans certaines grandes métropoles, par exemple comme Marseille.
01:16Elle est sociologiquement majoritaire, mais politiquement minoritaire.
01:19Pourquoi ? Parce qu'elle se présente en ordre dispersé entre les républicains, les macronistes de droite, le RN, l
01:25'UDR,
01:26reconquête parfois, avec parfois aussi des listes locales indépendantes.
01:29Eh bien, les forces se multiplient, sauf que les voix, eh bien, elles se fragmentent.
01:33Et en politique, on sait que la fragmentation, elle produit toujours le même résultat.
01:36Les voix s'additionnent, évidemment, dans les urnes, mais elles se neutralisent ensuite dans les institutions.
01:42Résultat, la droite peut être majoritaire dans le pays, mais minoritaire dans le pouvoir.
01:46La gauche, elle, elle a depuis longtemps compris et a fait la mécanique inverse.
01:50Elle peut être minoritaire dans l'opinion, complètement fracturée, complètement divisée,
01:54avec des querelles permanentes pour ne pas dire des insultes.
01:57Mais au moment décisif, elle se rassemble pour gagner.
01:59La droite française, elle, elle vit avec une contradiction permanente.
02:03Elle peut gagner le pays, mais elle perd les villes parce qu'elle préfère préserver ses propres frontières politiques.
02:07En réalité, ces municipales, elles posent beaucoup de questions nationales.
02:11Oui, bien sûr, c'est une répétition générale pour 2027, parce qu'on voit bien que ces municipales,
02:16elles annoncent déjà la question qui dominera la prochaine élection présidentielle,
02:19celle des alliances, la droite française.
02:21Veut-elle continuer à additionner les candidatures ou commencer peut-être enfin
02:25à construire une majorité pour relever la France ?
02:27Car les électeurs, eux, on le voit bien, ils ont déjà fait le rapprochement.
02:30Et c'est vrai qu'en politique, il arrive quand même souvent que le pays avance plus vite que les
02:34partis,
02:35trop souvent prisonniers de leurs appareils et de leurs calculs politiciens.
02:39Évidemment, la vraie question, elle est donc extrêmement simple.
02:42Les partis finiront-ils par suivre leurs électeurs ?
02:44Car une chose est sûre, tant que la droite partira divisée,
02:47elle restera condamnée à regarder la gauche gouverner.
02:50C'est peut-être au fond le véritable message national qu'il faut tirer de ces élections municipales.
02:55La droite, elle ne demande pas d'électeurs.
02:56Il y en a beaucoup dans quasiment toutes les villes françaises.
02:59Mais elle doit simplement commencer à décider si elle préfère rester divisée ou enfin gagner.
03:04Merci beaucoup.
03:04Merci Paul Sujit.
03:05Aurore Berger sera l'invité de Laurence Ferrari pour la grande interview.
03:09Merci beaucoup Paul Sujit.
03:11On nous confond souvent.
03:12C'est les lunettes.
03:13C'est les lunettes.
03:14C'est la jeunesse et les lunettes.
03:15Merci beaucoup Jules Torres.
03:17Évidemment, Jules.
03:19Je sentais qu'il y avait une petite...
03:21J'aime beaucoup Paul Sujit.
03:22Voilà, c'est plutôt flatteur d'être confondu.
03:25Non, je n'ai pas pris ça comme une insulte.
03:26Oui, voilà, non, ça n'était pas une.
03:29Paul Sujit, ça sera un peu avant 8h.
03:32Bon, merci beaucoup Jules.
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