Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 minutes
Retour chronologique sur les grands personnages de l'histoire

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour à tous, bienvenue dans les belles figures de l'histoire.
00:02Notre belle figure aujourd'hui c'est Saint Jean de Dieu, le fondateur de l'hôpital moderne.
00:07Dès le XVIe siècle, il avait déjà révolutionné l'accompagnement des malades par sa douceur et sa compassion.
00:13Mais il parle aussi à notre époque car il a cherché longtemps sa vocation avant de la trouver au contact
00:18des plus pauvres.
00:19Comment en est-il arrivé là ? A-t-il été guidé par sa soif de Dieu ?
00:23On part à la découverte de Saint Jean de Dieu avec le Père Jean-François Thomas.
00:27Bonjour mon Père.
00:27Bonjour Mme-Vie.
00:28Vous êtes jésuite, je le rappelle, et auteure de « Méditation du carême » publié chez Via Romana.
00:33Et puis Véronique Jacquet est avec nous. Bonjour Véronique.
00:35Bonjour Aymeric, bonjour à tous.
00:36Pour cette émission qui est en partenariat avec l'hebdomadaire France catholique.
00:42Alors Véronique, avant justement d'être appelée à la sainteté et de l'avoir exercée dans le cadre de l
00:48'hôpital auprès des malades,
00:49Saint Jean de Dieu a erré pendant de longues années. Il a cherché sa voie en fait.
00:54Oui, 40 ans d'errance. 40 ans d'errance, c'est pas rien quand même.
00:57Jean de Dieu, d'abord, c'est un portugais. Il s'appelle Jao Ciudad. Il est né un 8 mars,
01:02le 8 mars 1495.
01:04Et il est mort un 8 mars, 55 ans plus tard. Une courte vie, mais incroyablement riche.
01:10Alors au départ, à l'âge de 8 ans, il quitte brusquement sa famille pour des raisons que l'on
01:14ignore.
01:14Sans doute a-t-il été volé, puis abandonné par un mendiant. Enfin, les raisons en tout cas sont obscures.
01:19Commence alors une vie d'errance très très jeune. On retrouve sa trace à Tolède, en Espagne, où il est
01:25recueilli dans une famille aisée qui fait de l'élevage.
01:27Et il devient donc un petit berger. Et puis à 27 ans, il devient soldat. Il s'enrôle dans les
01:32troupes de Charles Quint qui vont combattre François Ier.
01:35Il frôle deux fois la mort. Il fait une mauvaise fuite de cheval. Alors, retour à la case départ.
01:40Il redevient berger. Puis de nouveau, il retourne faire la guerre. On le trouve aux portes de Vienne, en Autriche,
01:47pour guerroyer contre les Turcs.
01:49Alors, il est très troublé par cette expérience. Où se mêle en lui recherche de gloire militaire et découverte de
01:55la souffrance humaine.
01:56Donc, ça va complètement le transformer. Et il quitte l'armée définitivement. Il décide de retourner voir ses parents, donc
02:0220 ans après avoir quitté la maison, au Portugal.
02:05Et là, il découvre que sa maman est décédée, peu de temps après son départ. Sans doute est-elle morte
02:10de chagrin, cette pauvre femme.
02:11Et son père est décédé également. Alors, nouveau départ sur les routes de l'errance. Direction le sud de l
02:17'Espagne.
02:18On le retrouve berger près de Séville. Et puis là, il arrive quand même à quasiment 40 ans. Il est
02:23très très insatisfait de sa vie.
02:25Alors, il songe à donner sa vie en martyr pour libérer les chrétiens asservis en Afrique du Nord.
02:30Alors, il franchit le détroit de Gilles Braltard. Où, en fait, il oublie d'être martyr.
02:35Mais il fait plein de petits métiers. Tailleur de pierres, vendu arambulant de livres et de timbres.
02:40Et puis, il retourne en Espagne. Et là, il s'installe à Grenade.
02:43Où il va ouvrir une petite librairie. Et il va y avoir une première révélation pour la vie spirituelle.
02:48Parce qu'il va lire des livres religieux. Et ça va le passionner.
02:52Alors, père Thomas, quel est d'abord le contexte de l'époque ?
02:54C'est l'époque de la découverte du Nouveau Monde.
02:57Donc, l'or arrive à foison en Espagne.
03:01Et, bon, Charles XV sera évidemment le grand symbole de cette puissance espagnole sur toute l'Europe, d'ailleurs.
03:09Donc, c'est une période de grand enthousiasme.
03:12En plus, avec des peuples espagnols.
03:15Je dis des peuples parce que l'Espagne est composée, évidemment, de plusieurs royaumes qui sont en train de s
03:20'unifier.
03:22Mais des peuples qui sont très fiers, qui ont un tempérament de résistant et une soif d'absolu.
03:29Donc, ça va être aussi une époque d'or pour la spiritualité et pour l'Église.
03:34Avec tous les grands saints de ce siècle, de ce XVIe siècle.
03:39A commencer, bien sûr, par Sainte Thérèse d'Avila, Saint Jean de la Croix, Saint Ignace de Loyola, Saint François
03:45-Xavier et tant d'autres.
03:47Et Saint Jean de Dieu, oui.
03:49Donc, ce foisonnement de saints va porter Saint Jean de Dieu.
03:57Il a beaucoup de modèles, en fait, sous les yeux, qui ne sont pas simplement des modèles dans les livres,
04:02dans le passé,
04:03mais des modèles qui sont vivants et qu'il pourra croiser.
04:06Ça veut dire aussi que ces 40 ans d'errance ne sont pas une errance anarchique,
04:12mais qu'il est quand même guidé par sa soif de Dieu.
04:15Ça, c'est important de le souligner.
04:17Oui, ceci a l'exemple d'autres saints dans l'histoire de l'Église.
04:21On peut penser, par exemple, à Saint Benoît-l'Abre, même si Saint Benoît-l'Abre a choisi ensuite d
04:25'être un mendiant.
04:26Mais il a été aussi un peu gyrova, galant d'un endroit à l'autre, d'un monastère à l
04:31'autre.
04:31Pensons aussi à un homme comme Saint Charles de Foucault.
04:36Ce n'était pas simplement l'instabilité personnelle.
04:40Non, c'était en où, comment puis-je servir Dieu de la meilleure façon possible ?
04:47Où est vraiment ma place ?
04:48Quelle est ma place ?
04:49Alors, est-ce qu'on sait quelle était sa personnalité, justement ?
04:53Est-ce que sa recherche était quelque chose d'égoïste, finalement ?
04:56Ou, au contraire, il y avait une vraie générosité chez lui ?
05:00La générosité de Saint Jean de Dieu, elle est très marquée, très présente, en fait, dès le début de sa
05:07vie.
05:08Et s'il est, par exemple, entré dans les armées de Charles XV, c'est aussi par générosité.
05:13C'est cet esprit de chevalerie qui continue à vivre au XVIe siècle.
05:17Et la chevalerie, qu'est-ce que c'est ?
05:19C'est l'honneur et la générosité.
05:22Donc, on trouve cela dans le sang de Saint Jean de Dieu, comme dans le sang de beaucoup d'Espagnols
05:28de son époque.
05:29Et c'est une rencontre, Véronique, qui va marquer sa vie et lui donner un tournant radical, d'une certaine
05:36manière.
05:37Et en réalité, c'est un serment, un serment, justement, de Jean Davila.
05:40– Oui, nous sommes le 20 janvier 1537.
05:43Il a 42 ans, il écoute un serment de Saint Jean Davila à Grenade.
05:47Et là, il est bouleversé.
05:49Il se convertit sur le champ.
05:50Il parcourt les rues de la ville en criant « Miséricorde, miséricorde ! »
05:54Il arrache ses vêtements, il s'habille comme un misérable, il brûle tous ses livres, il passe des heures en
05:59prière.
05:59Il est tellement exalté qu'on le prend pour un fou et il est enfermé à l'hôpital royal de
06:04Grenade.
06:04Et là, il va connaître le sort que l'on faisait connaître à l'époque à ceux que l'on
06:08mettait dans ce qu'on appelle aujourd'hui les asiles.
06:11Les jets d'eau glacés, les coups de fou et pour les calmer, on ne savait pas soigner ces gens
06:15-là.
06:16Les pièces sombres où sont entassées, les malades mentaux qui empestent l'urine.
06:19Bref, l'endroit respire l'inhumanité.
06:22Et alors, le cœur de Jean se sert à chaque cri de faim, de douleur, de folie.
06:27Il demande aux soignants des vêtements pour couvrir les malades.
06:30Il demande aussi ce qu'il faut pour penser leurs plaies.
06:33Et en fait, c'est là que naît sa vocation, c'est-à-dire passer le reste de sa vie
06:36à soigner ceux qu'il a côtoyés à l'hôpital royal.
06:40Les fous, mais aussi les paralytiques, les prostituées, les vagabonds.
06:44Et ce qui est intéressant, c'est qu'il va être encouragé dans cette vocation justement par Saint-Jean d
06:48'Avila.
06:49Alors, c'est très intéressant, Père Thomas. On va essayer de décortiquer notamment sur deux points.
06:53D'abord, ce mot de miséricorde qu'il proclame, que Jean de Dieu proclame à tout va dans les rues,
06:59après avoir entendu le sermon de Saint-Jean d'Avila.
07:02Qu'est-ce que ça veut dire ?
07:03Est-ce que ça veut dire qu'il demande miséricorde pour lui-même et donc, quelque part,
07:08il fait pénitence pour sa vie d'avant, pour sa condition de pécheur, comme nous tous ?
07:13Comment vous l'interprétez ?
07:16Il y a toujours les deux dimensions, en fait, dans cette démarche.
07:20Certes, c'est miséricorde pour ses propres péchés, mais pas uniquement.
07:24C'est la miséricorde pour tous les pauvres de ce monde.
07:28Et ils sont nombreux, puisqu'il en fait l'expérience,
07:30notamment lorsqu'il est enfermé dans cet asile un peu prison.
07:34Ce qui le retourne, c'est exactement la phrase, dans le sermon de Saint-Jean d'Avila,
07:41c'est la phrase de l'Évangile, lorsque le jeune homme riche vient voir Jésus
07:46et qu'il désire être son disciple.
07:48Et Jésus lui dit, si tu veux être mon disciple,
07:53vends tout ce que tu as distribué aux pauvres et suis-moi.
07:57C'est ce qui avait, en fait, retourné aussi,
08:00souvenez-vous, Saint Antoine le Grand, le père des moines,
08:03durant les premiers siècles.
08:05Donc c'est une phrase, en fait, qui vise très juste.
08:11Et ce qui est proposé, ce n'est pas simplement le renoncement au bien matériel,
08:16c'est le renoncement de tout ce que l'on a
08:19et de tout ce que l'on est pour suivre le Christ.
08:22et c'est cela, en fait, qui fait découvrir l'immense miséricorde
08:27qui est un équivalent de l'amour de Dieu pour tous les hommes.
08:33Et c'est ainsi que Saint Jean de Dieu va être habité
08:37par cette révélation de la miséricorde de Dieu.
08:41Et c'est une particularité aussi du christianisme, justement,
08:44cette charité universelle qui s'adresse à tous
08:47et ce souci de répondre aux besoins de son temps
08:50pour accomplir sa foi, en quelque sorte.
08:52Oui, et d'ailleurs, ce n'est pas par hasard
08:53si l'Église a été celle qui a inventé les hôpitaux.
08:59Ici, on parle tout particulièrement des hôpitaux.
09:02Ceux-ci dès les premiers siècles, dès le Ve siècle,
09:06notamment avec l'édit de Justinien.
09:08Alors, c'était à l'époque de Saint Jean de Dieu
09:11des hôpitaux où on mettait tout le monde,
09:13où on mettait toutes les misères du monde.
09:15Et c'est cela qui rendait, en fait, le lieu parfois très inhumain.
09:19Et c'est Saint Jean de Dieu qui va, en fait, changer,
09:23réformer cette manière de voir les choses.
09:26Alors, justement, Véronique, expliquez-nous comment est-ce que
09:28Saint Jean de Dieu est devenu le père de l'hôpital moderne ?
09:31Eh bien, quand il quitte l'hôpital royal de Grenade,
09:34son amour pour les malades le pousse à mendier de la nourriture.
09:38Ça a commencé comme ça, en fait, parce qu'il mourait de faim.
09:41On ne leur apportait pas à manger.
09:43Donc, lui, il s'est mis à mendier.
09:45Et donc, il parcourt la ville en criant
09:47« Mes frères, pour l'amour de Dieu, faites-vous du bien à vous-mêmes »,
09:50sous-entendu en donnant aux miséreux.
09:52S'il croise des mendiants dans la rue, il les couvre de ses vêtements.
09:55Et donc, l'année de sa conversion, 1537, alors qu'il a 42 ans,
09:59il fonde son propre asile, qu'il appelle « Maison de Dieu ».
10:03En fait, c'est comme ça qu'il est devenu le précurseur de l'hôpital malade,
10:06dans le respect et la qualité du soin qu'il apporte aux malades.
10:09Et puis, ça aussi, c'était révolutionnaire.
10:11Les passions étaient réparties en fonction des maladies et des besoins.
10:15Et donc, il devient respecté par tous les habitants de Grenade,
10:18ainsi que par l'évêque, qui l'appelle...
10:20C'est l'évêque, en fait, qui va l'appeler « Jean de Dieu ».
10:22Il lui fournit un habit gris qu'il ne quittera plus.
10:25Cinq compagnons gagnés par son exemple vont le rejoindre.
10:28Une deuxième maison va ouvrir.
10:30Et puis, une troisième, dans un ancien couvent, pardon,
10:36beaucoup de malades, mais en fait, ça veut dire beaucoup de frais.
10:38Et là, ça va être quand même une très, très lourde charge pour Jean de Dieu,
10:42parce que les dettes vont s'accumuler.
10:44Et il va quêter de plus en plus loin.
10:47Il va aller trouver les seigneurs d'Andalousie et de Castille.
10:50Il va même aller jusqu'à la cour du roi d'Espagne,
10:52où il va rester quelques mois.
10:54Et il va s'occuper des pauvres qu'il va rencontrer alentour.
10:57Mais l'angoisse de l'endettement va le poursuivre jusqu'à la fin de sa vie.
10:59Et quand il va se sentir entouré par la mort, si j'ose dire,
11:03il va écrire sur son testament la liste des noms de personnes
11:06à qui il doit de l'argent avec le montant dû.
11:09Et en fait, c'est l'évêque de Grenade qui, après son décès,
11:12va hériter du testament et donc des sommes à rembourser,
11:15puisque je vous le rappelle, Jean de Dieu va mourir d'épuisement
11:18à 8 mars 1550, à seulement 55 ans,
11:22avec une grande réputation de sainteté qui va tout de suite dépasser les frontières.
11:26Il meurt en étant à genoux et en tenant le crucifix dans ses bras.
11:30Jésus, Jésus, je me confie à toi.
11:32Voilà, ce seront ses dernières paroles.
11:34Il faut savoir que 22 ans plus tard,
11:36le pape Pidis approuve la congrégation de l'ordre des hospitaliers
11:39telle qu'elle s'est constituée juste après la mort du saint.
11:41Et puis, il va y avoir une fécondité extraordinaire,
11:43très très vite dans de nombreux pays.
11:45On va avoir des hôpitaux, évidemment, dédiés à saint Jean de Dieu.
11:48Il s'agit de Saint-Pi-5, bien sûr.
11:51Oui, pardon.
11:51Père Thomas, c'est quand même étonnant.
11:53Je ne sais pas si on peut apporter un commentaire.
11:55Il est né à 8 mars et il est mort à 8 mars, saint Jean de Dieu.
11:59Bon, voilà, c'est quand même étonnant.
12:01Dans la vie d'un homme, je pense que ça arriverait assez peu.
12:05Oui, bien, chaque naissance, évidemment, provient de Dieu
12:08et chaque mort est aussi décidée par Dieu.
12:12Donc, c'est tout à fait providentiel, c'est symbolique.
12:15Mais il ne faut pas y voir d'autres explications.
12:19Alors, il y a quand même un point sur lequel je voudrais revenir avec vous,
12:22c'est la question de la quête.
12:24Il a passé son temps à demander de l'argent, comme de nombreux saints d'ailleurs.
12:27Mais là, ça faisait partie de la règle des constitutions de cette congrégation religieuse,
12:33les frères hospitaliers,
12:34et qui a été repris d'ailleurs au XIXe siècle,
12:36notamment par les petites sœurs des pauvres.
12:37Donc, c'est vraiment quelque chose de fondateur et fondamental.
12:40Quel est le sens spirituel, finalement,
12:42parce qu'ils auraient pu trouver des riches donateurs et s'en tenir là ?
12:46Oui, alors pour nous, évidemment, la quête se résume généralement à la quête dominicale dans les églises.
12:51C'est le nerf de la guerre pour l'église, pour la survie de l'église.
12:55J'espère que ce n'est pas le seul nerf de la guerre.
12:59Mais en ce qui concerne la mendicité,
13:02c'est une tradition qui est, pour le coup, très ancienne,
13:05dès les premiers siècles,
13:06puisque les pères du désert, par exemple,
13:09mendiaient déjà leur nourriture.
13:13Le fait de mendier, pour soi,
13:16l'exigence, c'est qu'on mendie pour ce jour.
13:20On ne mendie pas pour le lendemain,
13:22parce qu'on applique ce qui est dans notre père.
13:26On demande le pain de ce jour, le pain quotidien.
13:29Il y a une confiance dans la Providence pour chaque jour.
13:31Une confiance dans la Providence.
13:32En revanche, bien évidemment,
13:34quand on a charge d'autres personnes,
13:36et c'est le cas de Saint Jean de Dieu,
13:38on ne peut pas se contenter du jour présent.
13:41On est obligé de prévoir des provisions.
13:44Il y avait de gros besoins.
13:45Oui, même si, bien évidemment,
13:47on fait confiance en la Providence.
13:49Mais c'est tout de même admirable
13:51que de voir que, tant dans les ordres mendiants
13:54que dans les grandes institutions de l'église
13:57qui se sont érigées peu à peu au cours des siècles,
14:01toujours, ce qui était au centre,
14:03c'était de faire confiance en la Providence divine.
14:05Et on a des exemples,
14:07on en a déjà parlé ici,
14:09de saints qui ont tellement fait confiance
14:11que l'argent arrivait,
14:15on ne sait pas d'où,
14:16mais il arrivait.
14:17Prenons par exemple Saint Jean Bosco.
14:19Prenons aussi le cas du Saint Curé d'Ars.
14:22Quand il avait besoin de blé,
14:24plusieurs fois, il est arrivé que le coffre
14:26où le blé se trouvait...
14:28Blé au sens propre.
14:29Oui, au sens propre.
14:32Eh bien, le coffre était plein
14:34alors que la veille, il était vide.
14:36Donc ça, c'est vraiment le signe
14:37de la confiance dans la divine Providence.
14:41Et les petites sœurs des pauvres,
14:43jusqu'à aujourd'hui,
14:45elles vivent également en grande partie
14:47de cette quête.
14:49et elles font confiance en la divine Providence.
14:53Et lorsque Saint Joseph ne répond pas à leurs vœux,
14:56eh bien, elles se permettent,
14:57avec grand respect,
14:58de tourner la statue de Saint Joseph vers le mur
15:01jusqu'à ce qu'il leur accorde
15:03ce qu'elles demandent pour les pauvres.
15:05Alors, revenons aux frères de Saint Jean de Dieu,
15:08les frères hospitaliers,
15:09puisqu'il va y avoir une fécondité incroyable.
15:1334 établissements au XVIIe et XVIIIe siècles en France.
15:17Aujourd'hui, il y en a une quarantaine.
15:20Près de 1000 frères sont actuellement
15:22encore auprès des malades dans 51 pays
15:25et notamment à Paris.
15:27Regardez ce reportage signé Éloi Rochebrine.
15:29Dans la chapelle du centre Le Courbe,
15:32le frère Christian célèbre la messe
15:34devant sa communauté.
15:35Les soignants et les personnes handicapées
15:37qui le souhaitent peuvent assister à l'Eucharistie.
15:39Depuis la mort de son fondateur en 1550,
15:43l'ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu,
15:45épaulé par une large équipe de soignants,
15:47poursuit son engagement auprès des personnes malades.
15:50Nous vivons avec elle, nous veillons sur elle.
15:53Dans la spiritualité d'un frère de Saint Jean de Dieu,
15:56c'est de reconnaître Jésus présent dans les malades.
15:59Saint Jean de Dieu disait souvent
16:00« Je suis endetté et captif pour Jésus Christ seul ».
16:03Une autre chose qu'il disait, c'est
16:06« Dieu avant tout et par deux, c'est tout ce qui est au monde ».
16:10Le centre Le Courbe a vu le jour en 1858.
16:13Il accueillait à l'époque des garçons infirmes et pauvres,
16:16exclus des écoles et des hôpitaux.
16:18Il dispose aujourd'hui de quatre établissements médicaux sociaux,
16:21une école et un collège pour les enfants en situation de handicap.
16:25La vie de prière des frères hospitaliers
16:27est elle aussi adaptée au rythme des résidents.
16:29Nous avons la messe souvent à midi.
16:31Nous l'avons souvent à midi, l'heure n'est pas très pratique pour nous,
16:34mais elle est surtout à cause des résidents,
16:36qu'on favorise pour qu'ils puissent venir.
16:39Et comme le dimanche, la messe est à 11h,
16:41il ne faut pas le faire trop tôt parce qu'ils ne seront pas prêts pour venir.
16:45On essaye de favoriser le plus possible.
16:47L'ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu
16:49compte aujourd'hui mille frères sur les cinq continents.
16:52Dans 423 établissements,
16:54ils font rayonner l'hospitalité de Saint Jean de Dieu
16:56pour ceux qui en ont le plus besoin.
16:59Alors Père Thomas, un commentaire peut-être sur,
17:02quand on le dit, le père de l'hôpital moderne
17:04à propos de Saint Jean de Dieu,
17:06est-ce aussi par sa méthode d'accompagnement ?
17:08On l'a dit aussi un peu le père des soins palliatifs,
17:11même si évidemment l'appellation est anachronique.
17:13Néanmoins, il y avait chez lui,
17:15Véronique nous l'a dit,
17:16une douceur, une compassion,
17:18un accompagnement des malades
17:19qui le respectait
17:22et notamment sa dignité.
17:24Est-ce que c'est en cela qu'on peut dire aussi
17:25qu'il a été le fondateur de l'hôpital moderne ?
17:28Oui, il essayait de considérer la misère de chacun,
17:32les souffrances de chacun,
17:34les maladies de chacun.
17:36Il ne faisait pas de généralité.
17:38Il regardait chaque personne
17:41dans ce qu'elle était
17:42et dans ses limites
17:45et dans ses douleurs.
17:48Il dit
17:49qu'il faut suivre le Christ
17:52comme il l'a fait lui-même,
17:54y compris au milieu des épines
17:56et des ronces.
17:58D'ailleurs, dans le reportage qu'on a vu,
18:00on a vu une fresque
18:00où il est un peu en apothéose
18:02avec la couronne d'épines sur la tête.
18:05Mais c'est ça, pour lui,
18:06la suite du Christ.
18:08C'est le Christ souffrant.
18:10Ce n'est pas le Christ glorieux.
18:13C'est le Christ souffrant
18:14dans les pauvres
18:15et dans les malades,
18:16mais en tenant compte,
18:17bien évidemment,
18:18de la dignité
18:20et de la valeur de chacun.
18:21Et c'est évidemment
18:22une valeur à reprendre
18:23à chaque siècle
18:24et notre époque.
18:25Et tout particulièrement
18:26à notre époque.
18:27On a bien besoin.
18:28Véronique,
18:28quelques livres
18:29pour découvrir Saint-Jean de Dieu ?
18:30Alors, la biographie la plus récente,
18:32c'est Saint-Jean de Dieu,
18:33le champion de la charité
18:34par Guillaume Hunermann,
18:36publié chez Salvatore.
18:38Il y a La vie de Saint-Jean de Dieu,
18:40biographie de Odilo Monté
18:41aux éditions du Cygne.
18:43Et puis Saint-Jean de Dieu,
18:44patron des hôpitaux
18:45et du personnel hospitalier.
18:47Ça peut inspirer évidemment
18:48tous les soignants
18:49par Jean Barbier.
18:50Et ça, c'est chez Caryscript.
18:53Bien sûr, on n'oublie pas
18:55France catholique
18:55qui fait sa une
18:57sur Saint-Joseph
18:58fêtée le 19 mars.
19:00et à l'honneur
19:01tout le mois de mars, évidemment.
19:02Coup de projecteur aussi
19:03sur un entretien
19:05avec l'abbé Jean-Baptiste Hédard
19:07sur ce qu'est
19:08l'emprise démoniaque.
19:10Voilà, ça peut inspirer
19:11autant de carême.
19:12Et puis un petit mot aussi
19:13quand même sur Saint-Jean de Dieu.
19:14Si on se rend à Grenade
19:16en Espagne,
19:17visitez absolument
19:18bien entendu la basilique
19:19qui porte son nom,
19:21qui a été achevée
19:22200 ans après sa mort.
19:23Elle abrite ses restes
19:25et elle est recouverte
19:26à l'intérieur d'or.
19:27Cet or fameux
19:29qui vient du Nouveau Monde
19:30dans les années 1730.
19:32Vous voyez,
19:32un paradoxe évidemment
19:33entre la pauvreté
19:35de Saint-Jean de Dieu
19:35et la richesse
19:36de son tombeau.
19:38Mais c'est sa sainteté
19:38qui est honorée
19:39en l'occurrence.
19:40Merci beaucoup Véronique.
19:41Saint-Jean de Dieu,
19:42on l'a dit,
19:43est mort et donc fêté
19:44le 8 mars.
19:45Et puis une citation
19:46qui n'est pas de lui
19:47mais qui est la prière
19:48des infirmiers
19:49qui s'adresse
19:49à Saint-Jean de Dieu.
19:50Saint-Jean de Dieu,
19:51s'il est triste
19:52de souffrir,
19:53il est plus triste
19:54encore de souffrir seul.
19:56Ainsi aussi
19:56voulons-nous être
19:57jour et nuit
19:58une présence attentive
19:59près des souffrants
20:00confiés à nos soins.
20:01Voilà,
20:01une très belle prière
20:02qui peut inspirer
20:03effectivement
20:04les soignants
20:05quels qu'ils soient
20:06encore aujourd'hui.
20:07Merci beaucoup
20:07Père Jean-François Thomas.
20:08Méditation du carême
20:10chez Via Romana.
20:11Le carême bien sûr
20:12se poursuit.
20:13Merci aussi
20:13à Maxime Lavandier
20:15et aux équipes techniques
20:16de CNews.
20:17Et puis demain
20:17dans Enquête d'Esprit
20:18à 13h,
20:19nous reviendrons
20:20sur le pontificat
20:21de Léon XIV
20:22qui va achever
20:23sa première année.
20:24C'est l'occasion
20:25d'en faire un premier bilan
20:26et notamment
20:27ce sera avec
20:27un cardinal
20:28qui travaille
20:29avec Léon XIV
20:30au jour le jour.
20:32Il s'agit du cardinal Cor.
20:33Voilà,
20:34et ce sera passionnant
20:35bien sûr.
20:36Rendez-vous à 13h.
20:36En attendant,
20:37l'info continue
20:38sur CNews.
20:38Léon XIV
Commentaires

Recommandations