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  • il y a 5 semaines
Céline Alonzo et André Bercoff reçoivent Sébastien Piteau, ancien surveillant de prison, Frédéric Ploquin, journaliste d'investigation spécialiste du grand banditisme, auteurs de "Journal d'un maton : la vérité sur la corruption au coeur des prisons" chez Fayard.


Retrouvez La culture dans tous ses états tous les vendredis avec Céline Alonzo et André Bercoff à partir de 13h.

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##LA_CULTURE_DANS_TOUS_SES_ETATS-2026-03-13##

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Transcription
00:00TerreDeFrance.fr, le premier site d'articles français et patriotes présente
00:06La culture dans tous ses états, André Bercoff, Céline Alonso.
00:11Les portes du pénitentiaire, bientôt vont se fermer.
00:22Eh oui, mais que se passe-t-il, André Bercoff, derrière ses portes ?
00:25Eh bien, c'est ce dont on va parler aujourd'hui sur Sud Radio avec Sébastien Pitot,
00:29qui a été surveillant de prison pendant près de 20 ans
00:31et qui publie avec Frédéric Ploquin, journaliste d'investigation.
00:35Il publie ensemble « Journal d'Amaton, la vérité sur la corruption au cœur des prisons »,
00:40un livre qui vient de paraître chez Fayard, André.
00:43Tout à fait passionnant parce qu'il dit les choses, on sent vraiment,
00:47il met les mots M-O-T-S sur les mots M-A-U-X de ce qui peut se
00:51passer en prison.
00:52Effectivement, 20 ans, 20 ans de surveillance de prison.
00:55Et puis avec Frédéric Ploquin.
00:57Frédéric Ploquin est un journaliste d'investigation en général,
01:00et policier en particulier.
01:02Ce qui est Philippe de Comines à l'histoire, ou Joinville, ou Froissart, il faut le dire.
01:06Parce que quand j'entends le mot policier, je sors mon Ploquin, quoi.
01:09C'est clair.
01:11Et en fait, Sébastien Pitot, dans ce livre, c'est intéressant,
01:13parce qu'il brise effectivement l'omerta.
01:16Il dit des choses qu'on entend assez peu souvent,
01:19ou même pratiquement jamais,
01:21entre ces figures du grand banditisme,
01:23en l'extrémisme religieux,
01:25entre les voyous, entre le narcotrafic, etc., etc.,
01:28les pervers.
01:29Il y a quelque chose qui est là, c'est le monde,
01:31le monde de la prison, le monde, on en parlera,
01:34et on discutera de ce qui se passe effectivement,
01:36de la réalité française face à ça.
01:38Et encore une fois, Sébastien Pitot, 20 ans,
01:41il témoigne, c'est un miroir qui réfléchit sur ce que passe,
01:45et ce qu'on peut transformer, on en parlera avec lui,
01:48et avec Frédéric Ploquin, bien sûr.
01:50Et oui, un témoignage choc, André Bercoff,
01:52qu'il faut absolument écouter, chers auditeurs,
01:54un témoignage choc sur la réalité carcérale.
01:57Et il donne vraiment les clés d'un univers hors de contrôle,
02:01où les détenus, vous allez le voir André,
02:02ont vraiment pris le pouvoir.
02:04Pas complètement, mais quand même.
02:06Écoutez, en grande partie,
02:07il va tout nous dire en direct sur Sud Radio,
02:09juste après, effectivement, cette petite pause.
02:12A tout de suite.
02:13Sud Radio.
02:14Sud Radio.
02:14Parlons vrai.
02:15Parlons vrai.
02:16Sud Radio.
02:16Parlons vrai.
02:17Français et Patriotes présente
02:20La culture dans tous ses états.
02:22André Bercoff, Céline Alonso.
02:25Et oui, aujourd'hui sur Sud Radio avec André Bercoff,
02:27nous avons le plaisir de recevoir Sébastien Pitot et Frédéric Ploquin.
02:32Bonjour à vous.
02:33Alors, vous publiez chez Fayard un livre passionnant
02:35intitulé « Journal d'un mâton,
02:37la vérité sur la corruption au cœur des prisons ».
02:40Alors Sébastien Pitot,
02:42demain, ça fera sept ans exactement.
02:44Jour pour jour.
02:45Exactement, que vous avez démissionné de l'administration pénitentiaire
02:49après 20 ans de bons et loyaux services en tant que surveillant.
02:53Donc, qu'est-ce qui vous a poussé à claquer la porte ?
02:56Racontez-nous.
02:58Écoutez, effectivement, ça va faire sept ans que j'ai claqué la porte.
03:02Alors, pas complètement démissionné, puisqu'il a fallu un peu de temps pour pouvoir partir.
03:06L'élément déclencheur, en mars 2019, en fait, je dirigeais le quartier d'isolement de la maison centrale.
03:17On avait une nouvelle direction, j'étais sans cesse remis en cause.
03:20Pardon, quelle maison centrale ?
03:21Juste pour rappeler.
03:23La maison centrale de Saint-Mort, dans le centre de la France.
03:27D'accord.
03:27Donc, j'y dirigeais le quartier d'isolement et le quartier disciplinaire.
03:31Et depuis quelques temps, pour des raisons que j'ignore, mes décisions, mes prises de position,
03:36alors que j'avais cette mission depuis six ans, était sans cesse remise en cause, critiquée.
03:40J'étais mis en accusation pour des soi-disant violences.
03:43Vous imaginez bien que le quartier d'isolement d'une maison centrale, ça n'a rien à voir avec un
03:47centre aéré.
03:49Donc, forcément, ce n'est pas tendre tous les jours.
03:51Mais de l'accuser, le personnel de violence, ce n'était pas acceptable pour moi.
03:56Et puis, en fait, un soir, il y a eu un incident.
04:00C'est moi qui avais le pouvoir de décision pour mettre ce détenu au quartier disciplinaire.
04:04Et comme j'étais sans cesse remis en cause, j'ai décidé de ne pas le mettre.
04:09Ce n'était pas non plus un incident très grave.
04:11Et puis, le lendemain matin, lors du contrôle, il y a un de mes agents, quand il a ouvert la
04:15porte pour contrôler la prison,
04:17la présence, pardon, il a reçu une casserole d'eau bouillante en plein visage.
04:21Il a été brûlé au troisième degré au visage.
04:23Donc, si vous voulez, même si je n'y pouvais rien, je me suis senti un peu responsable parce que
04:27j'aurais pu éviter ça la veille.
04:30Et c'est surtout derrière ce qui s'est passé.
04:32Moi, j'ai proposé qu'on retire les plaques chauffantes, les bouilloires des cellules du quartier d'isolement sur les
04:38détenus dangereux.
04:39Et on m'a rétorqué que si on mettait des casques et des boucliers, on n'aurait pas le visage
04:43brûlé.
04:44De là, moi, j'ai un peu attaqué l'administration dans la presse, a lancé une procédure disciplinaire.
04:49Et puis là, on m'a accusé de tout un tas de choses, y compris d'avoir des activités débuleuses
04:55à l'extérieur,
04:56sur fond de trafic de drogue.
04:58Alors, quand on arrive à me porter des mots comme cela, je me dis quand on veut tuer son chien,
05:04on dit qu'il a la rage.
05:05Moi, je l'ai servi toujours avec honnêteté et loyauté.
05:08Je ne pouvais pas continuer à travailler pour des gens comme ça.
05:10Donc, j'ai décidé de claquer la porte, mais vraiment du jour au lendemain.
05:13Et oui, et vous aviez aussi enquêté sur une affaire de corruption.
05:18Racontez-nous laquelle et qui était impliqué dans ces affaires.
05:22Alors, c'était des années plus tôt.
05:24Ça remonte à 2011-2012, cette affaire-là.
05:28Il y avait un membre, notamment de la Brise de Mer, qui était impliqué dedans.
05:36Le bandidisme au Corse, la Brise de Mer, je dis pour nos auditeurs.
05:40Voilà, tout à fait.
05:41Après, au départ, nous, ce qui nous mène à cette enquête, ce n'est pas forcément les corrupteurs.
05:47C'est plutôt les corrompus qui nous intéressent.
05:49Et puis, il commence à y avoir des noms qui circulent, des mises en accusation.
05:54Alors, ça crée effectivement de l'attention à l'intérieur de l'établissement.
05:58Ces noms, tout le monde les entend, tout le monde se regarde, tout le monde s'observe.
06:01Et donc, on a été quelques-uns impliqués dans cette enquête, si je puis dire.
06:08Parce qu'enquête, c'est en gros moyens.
06:10En fait, c'est des échanges avec les détenus, c'est des observations, c'est de la surveillance, etc.
06:17Mais au final, on se retrouve au bout d'un an où là, on pensait avoir un nom ou deux
06:23peut-être de personnes
06:26avec pratiquement une quinzaine de noms.
06:28Alors, bien sûr, tout le monde n'était pas impliqué parce qu'après, vous savez, les voyous jouent aussi avec
06:32ça
06:33en jetant d'un côté pour détourner les regards.
06:37Mais cependant, on n'a aucun élément de preuve de quoi que ce soit.
06:40Vous imaginez bien qu'on ne peut pas mettre en accusation sans preuve.
06:43Et puis, on est un petit peu dans une impasse.
06:46Et puis là, effectivement, moi, j'ai proposé au directeur, on en avait tous un petit peu marre,
06:51j'ai proposé au directeur un peu de tenter un coup de poker.
06:55Il y avait un des agents dont le nom circulait, que je connaissais bien.
07:00Enfin, je les connaissais tous d'ailleurs.
07:02Mais celui-ci, je le connaissais relativement bien.
07:05Et puis, je savais aussi que c'était quelqu'un qui était un peu faible, un peu fragile.
07:10Il s'était mis en arrêt de travail.
07:11Donc, j'ai proposé au directeur de le rencontrer en dehors, bien sûr, de la maison centrale.
07:18Et puis, on a échangé un petit peu, on a pris un verre ensemble.
07:22Et puis, je lui ai fait part des mises en accusation qui circulaient à son égard.
07:27Alors, il était au courant.
07:29Il me dit, c'est pour ça que je ne suis pas bien, etc.
07:31Et puis, on a commencé à parler, à parler, à parler.
07:33Et puis, au bout d'un moment, il a commencé à balancer d'autres de ses collègues
07:38en disant, lui, il a rentré ça pour telle personne.
07:40Il a rentré ça pour telle personne.
07:43Il a procédé de telle manière, etc.
07:45Donc, devant cette situation, si vous voulez, moi, j'ai informé le directeur en disant
07:52au gars, il ne faut pas garder ça pour toi.
07:54Il faut le dire au directeur, etc.
07:56Et ce qu'il faut savoir, c'est que cette confession ne se déroule pas dans un lieu neutre
08:03ni dans la prison.
08:04Elle se déroule dans ma salle à manger, à mon domicile.
08:07Ah d'accord.
08:08J'appelle le directeur.
08:10Pardon ?
08:11Chez vous.
08:12Ça s'est déroulé chez vous.
08:13Vous êtes dans votre salle à manger à votre domicile.
08:16Dans ma salle à manger, avec mes enfants qui étaient dans leur chambre et ma femme
08:20qui était dans la sienne.
08:21Voilà.
08:22On s'était isolés dans la salle à manger.
08:24Et oui, et ce surveillant à laquelle vous faites référence, c'était un certain René.
08:31Effectivement, on peut dire que ça a été un surveillant, entre guillemets, un certain
08:35voyou quand même.
08:36Il allait récupérer des colis déposés à la réception d'un hôtel chic de Châteauroux
08:40dans lequel il y avait de l'alcool, des téléphones, mais aussi des espèces pour
08:44rémunérer le service.
08:45Écrivez-vous.
08:46Jusqu'à un mois de salaire pour deux téléphones.
08:49Les voyous avaient détecté, effectivement, en lui, un maillon faible.
08:52Il avait commis l'erreur de raconter qu'il avait fait construire une maison dont il
08:56peinait à payer les traites, dites-vous.
08:59Donc, c'est arrivé aux oreilles d'un des petites numus qui lui avait mis, comme
09:02ça, 700 euros dans la main.
09:06Ces situations, ça arrive souvent ?
09:10Alors, heureusement, j'ai envie de dire, c'est pas non plus le quotidien, mais je
09:15pense que ça arrive peut-être de plus en plus souvent parce que les… alors, deux
09:20paramètres vont rentrer en ligne de compte.
09:22Je pense que les personnalités, les surveillants ont évolué.
09:26On le voit de toute façon dans un monde un peu général.
09:29Les gens sont plus fragiles maintenant qu'ils ne l'étaient il y a 30 ou 40 ans à l
09:32'arrière.
09:33Il y a aussi le fait qu'il y a une trentaine d'années à l'arrière, un surveillant avait
09:39quand même un salaire qui était nettement supérieur au SMIC.
09:44Aujourd'hui, il reste supérieur, bien évidemment, mais il l'est un peu moins.
09:47Et de l'autre côté, les voyous, pour certains, sont de plus en plus riches.
09:52Il y a des gens qui sont millionnaires en prison, quoi.
09:55Donc, ça facilite la chose.
09:57C'est pas la seule chose, mais ça facilite, bien évidemment.
09:59Alors, Sébastien Pitot, juste, c'est très…
10:02Vous dites donc, mais si je comprends bien, en fonction du pouvoir d'achat, le salaire
10:06des matons, enfin des surveillants, a baissé.
10:09Est-ce qu'on peut dire qu'il a baissé par rapport à ce qu'il était il y a
10:12justement
10:1320 ou 30 ou 40 ans ?
10:15Alors, le pouvoir d'achat, oui, je pense à baisser.
10:18Le salaire en lui-même n'a pas baissé.
10:20Non, bien sûr.
10:22Mais il a moins augmenté qu'à l'époque.
10:24Par rapport au pouvoir d'achat, oui.
10:25Quand je suis rentré dans la pénitentiaire, j'ai connu des gens, vous savez, des gens
10:30qui étaient électriciens, qui travaillaient dans la maçonnerie, etc., et ils ont quitté
10:33des métiers manuels pour venir faire surveillant pénitentiaire, parce que c'était beaucoup
10:37mieux payé.
10:38Aujourd'hui, un type qui travaille dans le bâtiment, il n'est pas beaucoup moins
10:42bien payé, voire la même chose qu'un surveillant pénitentiaire.
10:46Oui, mais vous le racontez bien dans votre livre, effectivement, avec Frédéric Ploquin,
10:49que dans les prisons, c'est clair, il n'y a pas que les surveillants qui sont corrompus
10:53à ce propos.
10:54Vous parlez notamment d'un détenu dangereux, à savoir Michel Guélam, et vous racontez
11:00que lors d'un parloir, son avocate a réussi à faire entrer une arme.
11:06Comment c'est possible ? Comment un avocat, aujourd'hui, peut faire entrer une arme en
11:11prison ? Il n'y a pas des fouilles à l'entrée ? Comment ça se passe ?
11:15Il n'y a pas de fouilles sur les visiteurs, d'ailleurs, que ce soit les avocats ou les
11:20familles.
11:20Je précise que cet événement, ce n'est pas produit à la maison centrale de Saint-Maur,
11:25mais à la maison centrale de Moulin-Iseur.
11:28J'ai été auditionné dans le cadre de cette affaire parce que j'avais constaté, à
11:33l'époque, lors d'un parloir avocat, que les relations étaient bien différentes de
11:37celles d'un avocat avec son client, si vous voyez ce que je veux dire.
11:42Disons qu'il y avait une certaine intimité, un sentiment d'intimité.
11:47Oui, de l'intimité consommée.
11:52Et si vous voulez, en termes de contrôle, bien évidemment, les avocats, comme toute
11:57personne qui rentre à l'intérieur d'une prison, sont soumises au portique de détection.
12:03Il y a un bagage X, un peu comme à l'aéroport.
12:06Mais voilà, il y a moins de pression, il y a moins d'obligations.
12:11Et il est assez facile pour un avocat qui a un peu de charisme, qui est un peu malin,
12:15de passer sous le portique avec la sacoche.
12:18Et puis bon, bien évidemment, il sonne.
12:20Et puis, il va repasser.
12:22Mais en fait, au lieu de passer la sacoche dans le bagage X, il va la laisser de l'autre
12:25côté du portique.
12:26Donc, il va repasser sans sonner.
12:27C'est des choses qui peuvent arriver.
12:29Alors, je n'étais pas à Moulin-Iseur quand ça s'est passé.
12:31Mais je présume que c'est sans doute comme ça que ça s'est déroulé.
12:35Ça s'est déroulé, oui.
12:36Et vous racontez effectivement que vous-même, un jour, lors d'un paloir, vous avez en
12:39quelque sorte baissé la garde.
12:41Un détenu vous a remis une enveloppe et s'est servi de vous, écrivez-vous, comme
12:45une mule pour sortir de l'argent du parloir.
12:49Comment ça s'est passé précisément ? Racontez-nous.
12:52Écoutez, on faisait comme dans notre travail au quotidien, de l'îlotage en cette journée
12:57de parloir avec des temps d'échange.
13:00On discutait un petit peu avec les détenus, avec leur famille.
13:04Voilà, ça fait partie de notre travail.
13:07Et puis, ce détenu est venu me voir.
13:10J'étais avec un collègue.
13:11On était en train de parler avec quelqu'un d'autre.
13:13Je m'en rappelle très, très bien.
13:15Et il me dit, oui, il faut que je fasse un courrier au directeur.
13:19Mais bon, je ne veux pas le remettre à n'importe qui.
13:21Je ne veux pas le mettre dans une boîte aux lettres.
13:23Tu es là, j'ai confiance en toi et tout.
13:24Est-ce que je peux te le donner ?
13:25Moi, je t'ai pris dans la discussion.
13:27Je dis, oui, mais il n'y a pas de souci.
13:28Donc, il demande même une feuille de papier et une enveloppe
13:30au surveillant qui était affecté au parloir.
13:33Et puis, il revient me voir peut-être un quart d'heure après.
13:36Il me donne cette enveloppe.
13:38Et puis, moi, je la mets dans ma poche.
13:42Voilà, il n'y a rien d'extraordinaire.
13:43Et puis, je m'en vais.
13:45La journée se passe.
13:46Et puis, en fait, je n'ai même pas déposé cette enveloppe
13:50dans la boîte du directeur ou à son bureau.
13:53C'était le week-end, bien sûr.
13:55Il n'était pas là.
13:56Et en fait, le soir, je rentre chez moi.
13:59À un moment donné, je prépare ma tenue.
14:02Je me rappelle.
14:02Je suis tranquillement dans mon canapé.
14:04Je regarde le match de foot à la télé.
14:06Je vais préparer ma tenue pour demain.
14:08Et je fais mes poches avant de mettre mon pantalon aux salles
14:11et je tombe sur l'enveloppe.
14:13À un moment donné, d'ailleurs, je me dis, mais c'est quoi cette enveloppe ?
14:16Je n'y pense même plus parce que ça datait du matin.
14:18Et puis, je me dis, mais oui, c'est le gars qui a écrit un courrier,
14:22etc., pour le directeur.
14:23Et j'avais tout à fait le droit d'ouvrir ce type de courrier.
14:27Et donc, j'ouvre l'enveloppe en me disant, qu'est-ce qu'il veut ?
14:29Et quand j'ouvre l'enveloppe, je vois, je n'ai un courrier
14:32où ça parle de tapis de course, etc.
14:35Enfin bon, je ne comprends pas trop.
14:37Mais enfin bon, voilà, il n'y a rien d'important,
14:39il n'y a rien d'essentiel dans ce courrier.
14:41Et là, je reglisse le mot dans l'enveloppe.
14:45Et au moment où je le reglisse dans l'enveloppe, il bute.
14:47Donc, je regarde et au fond de l'enveloppe,
14:49mais en miniature, il y avait plusieurs billets.
14:54Il y avait donc 1 000 euros en espèces à l'intérieur de l'enveloppe.
14:57Dans l'enveloppe, oui, d'accord.
15:00Et alors, qu'est-ce que vous avez fait ?
15:02L'objet de ces 1 000 euros, c'était pour financer l'achat
15:06d'un tapis de course pour mettre à l'intérieur de la prison.
15:11Alors, moi, d'abord, je n'étais pas au courant de cette affaire-là.
15:15Je trouvais que, bon, faire financer un lieu public,
15:20parce qu'une prison reste en fait un lieu public en quelque sorte,
15:24même si on n'y rentre pas comme on veut.
15:26On finance de l'achat de matériel avec l'argent du narcotrafic.
15:32Pour le coup, c'était du narcotrafic.
15:35Et en fait, ce qui était prévu, parce que derrière,
15:37moi, je me suis retrouvé en difficulté.
15:40Je me suis dit, mais qu'est-ce que c'est que ça ?
15:42On m'a tendu un piège.
15:43Au départ, je me suis dit, on m'a tendu un piège.
15:45Et puis, le lendemain, il y a eu…
15:47Bon, moi, j'ai signalé, par contre, le soir même au directeur cette situation.
15:52Et puis, le lendemain, il y a eu un échange à trois
15:55avec un directeur adjoint et le détenu concerné.
15:58Et puis, en fait, d'une part, il m'a dédouané tout de suite
16:03en disant, oh non, il n'y a pas de malentendu.
16:05Et là, il nous explique un truc complètement fou.
16:07En fait, quand il me remet le courrier, c'est le dimanche.
16:10Et sa famille devait venir le samedi,
16:12voulait acheter le tapis de course au Décathlon du coin,
16:16remettre la facture pour que l'administration pénitentiaire
16:19aille le chercher pour le ramener à la prison.
16:21Et finalement, sa famille étant venue le dimanche,
16:23le bagasin était fermé.
16:24Il s'est dit, moi, je n'ai pas envie d'attendre le tapis.
16:26Donc, on va donner 1 000 euros au liquide au directeur.
16:28Puis, il ira l'acheter.
16:29Pour qu'il ira l'acheter, c'est sympathique.
16:31À la fin, il a perdu ses 1 000 euros,
16:33puisqu'ils ont été saisis, il n'y a pas eu de tapis de course.
16:36Et voilà.
16:36Sébastien Pitot.
16:37Voilà le genre de choses qui peuvent se produire en prison.
16:40Et qui peuvent aller loin.
16:41Parce que finalement, alors que je pense que j'étais un professionnel
16:45plutôt aiguisé dans mon métier,
16:47ben voilà, pris dans une conversation,
16:49on en prend une autre en même temps,
16:50on ne fait pas attention, on se fait berner.
16:52Alors, une question que je voudrais poser, Sébastien Pitot,
16:55justement, à la lecture de votre livre,
16:56et une question que je reprenais aussi à Frédéric Ploquin,
16:58c'est qu'au fond, quand on lit de l'extérieur,
17:03on ne connaît évidemment pas l'univers de la prison,
17:05en tout cas jusqu'ici,
17:06mais ce qu'on lit, c'est que beaucoup de syndicalistes,
17:10ou pas seulement, parmi les syndicalistes de prison,
17:12se plaignent, en tout cas ces dernières années,
17:14il y a un sentiment, encore une fois,
17:16il ne faut pas généraliser,
17:17mais de peur, etc.
17:19Est-ce que, dans les années où vous étiez,
17:22est-ce que la violence, évidemment,
17:23et qu'il y a une cohabitation pas facile,
17:25vous n'êtes pas avec des angelots,
17:26vous n'êtes pas avec des figures,
17:29des B.A., évidemment,
17:31c'est des gens qui ont commis un certain nombre de méfaits,
17:35de délits, voire de crimes, ou de trafics,
17:37est-ce que la situation,
17:39comment est vécu ce rapport de force ?
17:41Évidemment, chaque cas est différent,
17:43mais je veux dire,
17:43est-ce que là, ce sentiment de violence ou d'insécurité,
17:46je parle de l'intérieur de la prison,
17:48bien sûr, par la société française,
17:50comment il est vécu ?
17:51Et cette question aussi,
17:52je voudrais que Frédéric Ploquin réponde,
17:54mais vous, Sébastien Piteau,
17:56ce climat général, je veux dire.
17:59Écoutez, moi, je pense d'abord
18:01que les choses ont largement évolué,
18:04et pas en bien,
18:05depuis que j'en suis parti,
18:08parce que j'ai eu la chance, moi,
18:09au début de ma carrière,
18:11de connaître ce que j'appellerais, moi,
18:13des vrais voyous,
18:14des gens qui avaient encore un peu d'honneur,
18:17et puis il y avait une espèce de hiérarchie
18:19à l'intérieur des voyous,
18:20et ces gens-là avaient épousé une carrière criminelle,
18:24pour certains, pour bon nombre d'ailleurs,
18:26c'était un choix.
18:27C'était un choix,
18:28et en fait, ces gens-là,
18:30la prison fait partie du parcours
18:33qu'ils ont choisi,
18:34et puis, ils l'acceptent,
18:36la prison fait partie,
18:38donc ils l'acceptent.
18:39Moi, j'ai entendu des voyous,
18:40parfois, me dire,
18:42finalement, bon,
18:42on n'a pas envie que ça dure trop longtemps,
18:44mais quand on est en prison,
18:45c'est quand même les nuits
18:47où on dort le mieux,
18:48parce qu'on est sûr
18:49qu'on ne va pas avoir les flics
18:51qui vont débouler à n'importe quel moment,
18:53ou quelqu'un qui est en désaccord avec nous
18:55et qui va vouloir venir régler ses comptes,
18:57le soir,
18:57quand la porte de la cellule se ferme,
18:59on sait qu'on va venir dormir,
19:00le lendemain matin.
19:02Mais vous,
19:03en tant que surveillant,
19:04les violences,
19:05c'était vraiment votre quotidien,
19:07et c'est quand même le quotidien
19:08de la majorité des surveillants
19:10dans les prisons.
19:10Vous le dites,
19:11vous avez été souvent menacés de mort,
19:13vous et vos proches.
19:13Un jour,
19:14il y a un voyou
19:14qui vous a dit
19:15quand je vais sortir,
19:16je vais violer ta fille,
19:17je lui couperai la tête
19:18et je te l'enverrai par la force.
19:20Comment vous,
19:21vous faisiez face au quotidien
19:23à ces violences ?
19:24Parce que vous dites effectivement
19:25que face à ces violences,
19:27l'administration ne soutient pas
19:29les matons.
19:30Alors,
19:31elle ne soutient pas
19:32parce que,
19:32vous savez,
19:33au bout d'un moment,
19:34ça devient un quotidien.
19:36Moi,
19:36la menace de mort,
19:37en quelque sorte,
19:39elle me glisse dessus.
19:40Mais par contre,
19:41je ne vais pas rester silencieux,
19:42je vais répondre.
19:43Moi,
19:44il m'est arrivé aussi
19:44de menacer des voyous.
19:46Très clairement,
19:47à un moment,
19:47ce ne sont que des paroles.
19:49Il faut s'y relativiser.
19:50Ce ne sont que des paroles.
19:52Mais si vous voulez,
19:54moi,
19:55quand j'avais des réactions épidermiques
19:56comme ça
19:57et que j'allais menacer un voyou,
19:59c'est peut-être pour ça,
19:59à un moment,
20:00qu'on m'a accusé de violence
20:01parce qu'on ne doit pas le faire.
20:03Mais à un moment,
20:04moi,
20:04je ne suis pas un paillasson
20:06comme on l'a écrit dans le livre.
20:07Vous n'êtes pas de bois.
20:09Pardon ?
20:10Vous n'êtes pas de bois.
20:11Je veux dire,
20:12vous réagissez,
20:13bien sûr.
20:13Absolument pas.
20:14Et je pense qu'il faut
20:15répondre.
20:16Et en fait,
20:16vous savez,
20:17souvent,
20:17quand on répondait,
20:18c'était super efficace
20:19parce que le type se disait
20:21parce que cette menace,
20:24heureusement d'ailleurs,
20:27dans plus de 99% des cas,
20:30ne sont pas mises à exécution
20:31parce que sinon,
20:32ça serait dramatique.
20:34Mais par contre,
20:35ils ont l'impression
20:35qu'ils ont un pouvoir
20:37et qu'ils font peur.
20:38C'est ça.
20:38Quand vous leur répondez comme ça,
20:40ils se disent,
20:40mais il n'a pas peur.
20:41Et en fait,
20:41l'attitude,
20:42souvent,
20:43passe dans un autre domaine.
20:47Frédéric Bloquin,
20:50vous avez coécri ce livre
20:53avec Sébastien Pitot.
20:56Est-ce que vous,
20:57qui fréquentez,
20:58enfin,
20:58je veux dire,
20:58de par le métier,
20:59beaucoup ce monde,
21:00à la fois des policiers
21:02et des,
21:03je dirais,
21:04les policiers
21:04et les voyous,
21:05en guillemets,
21:07c'est quelque chose
21:08quand vous avez commencé
21:09à travailler avec Sébastien Pitot,
21:10ça vous a surpris
21:11ou vous connaissiez déjà
21:12ce monde-là ?
21:14Non,
21:14mais écoutez,
21:14justement,
21:14le monde de la présence,
21:15c'est quelque chose
21:16pour les journalistes
21:17qui est totalement inatteignable.
21:18C'est fermé.
21:20Il y a une espèce d'omerta
21:21qui pèse là-dessus.
21:24Les syndicats disent
21:25ce qu'ils veulent bien dire.
21:26D'ailleurs,
21:26dans l'enquête
21:28sur la corruption
21:28qu'on raconte
21:29dans ce livre,
21:30les syndicats
21:30n'ont pas forcément
21:31le beau rôle
21:32parce qu'ils ont plutôt
21:32eu tendance,
21:33à un moment donné,
21:34à couvrir,
21:35on va dire,
21:35les présumés ripoux
21:37pour payer pas de vagues,
21:39en gros.
21:39Et ce pas de vagues
21:41a fait,
21:41c'est ça qu'on comprend
21:43en lisant le journal
21:44d'Amaton,
21:45c'est que ce pas de vagues
21:46a fait beaucoup de dégâts
21:48et que peu à peu,
21:49en fait,
21:49ce que raconte...
21:50Ils les couvraient,
21:51carrément.
21:52Certains syndicats
21:53couvraient les délaiants.
21:56Disons que je sais pas si...
21:56Ils les couvraient pas,
21:57ils les couvraient pas forcément
21:59de manière consciente,
22:01si vous voulez.
22:02Mais il y a des gens,
22:03il y a des gens
22:03qui étaient,
22:04à mes yeux,
22:05des ripoux
22:06parce que leur nom
22:06était sur la liste,
22:07ils n'ont jamais été confondus,
22:08il n'y a jamais eu de preuve,
22:09mais ils ont su
22:10s'intégrer à l'intérieur
22:12d'un syndicat
22:12et arriver à le faire manœuvrer.
22:15Et les gens,
22:16c'est pas le syndicat en soi
22:17qui les a couverts,
22:18mais ils sont rentrés
22:19à l'intérieur du syndicat
22:20pour en fait se protéger
22:22eux-mêmes.
22:23D'accord.
22:23Et oui,
22:24et ce qui est terrible,
22:24c'est que vous le dites textuellement,
22:26la parole du détenu
22:28vaut plus que celle
22:28du surveillant
22:29qui est lâché en permanence
22:31par des cadres
22:32qui craignent plus que tout,
22:33la mutinerie
22:35et le désordre.
22:36C'est terrible
22:37d'en arriver là.
22:40Oui,
22:40écoutez,
22:41c'est vrai que ça arrive
22:42assez régulièrement.
22:43Vous voyez,
22:43quand il y avait
22:44un incident
22:46sur un étage
22:47entre un détenu
22:47et un surveillant,
22:49alors ce n'était pas
22:49tous les jours
22:50non plus,
22:51mais ça arrivait
22:52quand même
22:52assez régulièrement,
22:54en fonction de qui
22:55était le détenu
22:56avec qui
22:56il allait y avoir
22:56un problème,
22:57on n'allait pas forcément
22:58prendre les patins
22:59du surveillant.
23:00Alors que bon,
23:01j'estime qu'on doit avoir
23:02un esprit de corps.
23:05Moi,
23:05comme je l'explique
23:06aussi dans le livre,
23:09il m'est arrivé,
23:10parce qu'après,
23:10je suis devenu chef
23:11et il m'est arrivé
23:12de me retrouver
23:12dans cette position
23:13et il y a un conflit
23:14entre un détenu
23:15et un surveillant.
23:16J'ai toujours eu
23:17pour habitude,
23:18alors peut-être
23:18mon passé militaire
23:19me donnait
23:19un autre esprit de corps
23:21que celui qui existait
23:22dans l'administration
23:23pénitentiaire,
23:24mais j'ai toujours pris
23:25les patins
23:26de mes hommes,
23:28parfois même
23:29quand ils avaient tort.
23:30Alors après,
23:30j'avais ma méthode.
23:31Vous avez défendu
23:32vos hommes, oui.
23:34J'allais défendre
23:35mon gars
23:36par contre,
23:36parfois,
23:38peut-être que c'était
23:39par méconnaissance,
23:39le surveillant
23:40n'avait pas forcément
23:40fait volontairement.
23:42Donc moi,
23:42ce que je faisais
23:43pour d'abord
23:44dénouer la crise,
23:46j'allais prendre
23:47les patins du surveillant
23:48et puis après,
23:49j'allais m'entretenir
23:50avec le surveillant
23:51en lui disant
23:51bon écoute,
23:52j'ai pris tes patins,
23:53par contre,
23:54sur ce coup-là,
23:56c'était pas...
23:56tu allais un peu fort.
23:58Le détail
23:59avait plutôt raison.
23:59On va faire
24:00une petite pause,
24:01on va reprendre
24:02avec Frédéric Ploquin
24:03et Sébastien Piteau,
24:04le journal d'Amaton,
24:06la vérité sur la corruption
24:08au cœur des prisons.
24:10Un bouquin tout à fait passionnant
24:12pour qui veut connaître,
24:13ça fait partie
24:14de la réalité.
24:16Il ne faut jamais
24:17faire un rideau de fumée
24:18sur le réel.
24:19A tout de suite.
24:21TerreDeFrance.fr
24:22Le premier site
24:23d'articles français
24:24et patriotes
24:25présente
24:27La culture
24:28dans tous ses états
24:29André Bercoff
24:30Céline Alonso
24:31De retour sur Sud Radio
24:33pour parler de la corruption
24:34dans les prisons
24:35avec Frédéric Ploquin,
24:37journaliste d'investigation
24:38et Sébastien Piteau,
24:40ex-surveillant de prison
24:41qui a été effectivement
24:42maton
24:42pendant plus de 20 ans
24:44dans une centrale.
24:45Alors dans votre livre,
24:46vous dites ceci,
24:47quand je vais travailler,
24:48c'est un peu comme si
24:48j'arrivais sur
24:49une zone de guerre,
24:50comme si j'allais au combat,
24:52écrivez-vous.
24:53Quel profil de criminel
24:55avez-vous eu à gérer
24:56pendant 20 ans,
24:57Sébastien Piteau ?
24:59Alors écoutez,
25:00j'ai passé 10 devant
25:01la maison centrale
25:02de Saint-Maur.
25:04Là-bas,
25:05il n'y avait que
25:05des longues peines,
25:06il y avait beaucoup
25:07de condamnés à perpétuité.
25:09J'ai gardé
25:10des terroristes islamiques,
25:12des mafieux,
25:14des braqueurs
25:14de fourgons blindés.
25:16Oui, c'était
25:16les plus durs,
25:17enfin c'était
25:17les plus durs là,
25:18quand même,
25:18c'était les « durs de durs »
25:20comme on dit au sens...
25:22Alors,
25:23vous savez,
25:23« durs de durs »,
25:24après c'est des gens
25:25qui sont dangereux,
25:26ils l'ont démontré
25:26par leur parcours.
25:27Bien sûr.
25:27c'est pas forcément
25:29c'est pas forcément,
25:30c'est sûrement
25:30les plus vicieux.
25:32Après,
25:33dans la vie quotidienne,
25:34bien sûr,
25:35on présente un danger,
25:36mais c'est pas forcément
25:37les journées
25:38les plus compliquées.
25:39J'ai travaillé un petit peu
25:40en maison d'arrêt,
25:41il y a beaucoup plus de monde,
25:43il y a des gamins
25:44de quartiers désœuvrés,
25:45il y a des gens
25:46qui sont sous drogue dure,
25:48et parfois,
25:49c'est encore plus compliqué.
25:50C'est plus compliqué,
25:51ouais, je comprends.
25:52C'est intéressant.
25:53Dans votre livre,
25:53effectivement,
25:54vous évoquez avoir été
25:55en quelque sorte
25:56lanceur d'alerte
25:57en tant que surveillant,
25:58et il y a déjà
25:59une dizaine d'années,
26:00vous avez alerté
26:01votre administration
26:03sur notamment
26:04la radicalisation
26:06en prison.
26:07Vous n'avez jamais
26:09été entendu.
26:11Pourquoi ?
26:11Alors,
26:12je ne suis pas le seul,
26:13vous savez,
26:14on se confie sur ces choses-là.
26:17Pourquoi ?
26:18Mais sincèrement,
26:19je n'ai pas la réponse.
26:20Je n'ai pas la réponse.
26:21Et je pense qu'en fait,
26:22vous voyez,
26:22c'est encore des choses
26:23qui, à un moment,
26:24vous donnent envie de partir.
26:25Vous alertez sur quelque chose.
26:26On vous dit,
26:27non, mais on va laisser comme ça,
26:28mais on vous explique pourquoi.
26:29Mais quand on ne vous explique pas pourquoi,
26:31vous voyez,
26:31je vais vous parler
26:32d'un cas concret.
26:34Je découvre un jour
26:35que Boilen Ben Saïd,
26:37qui est le cerveau
26:40des attentats de 95,
26:41Maison Blanche et Saint-Michel,
26:43a un compte Facebook actif.
26:46Ça veut dire qu'il a un accès Internet
26:48depuis sa cellule
26:49en détention classique.
26:50Moi, je pars du principe
26:51où un type comme ça,
26:53on découvre ça,
26:54il doit être placé
26:55en isolement strict très rapidement.
26:56Eh bien non,
26:57il est resté en détention classique.
26:59Pourquoi ?
26:59Je ne sais pas,
27:00je n'ai pas la réponse.
27:01Et en plus,
27:01on a découvert,
27:02il y a sa photo de profil,
27:04on le trouve encore aujourd'hui.
27:05Le compte existe toujours.
27:08Alors,
27:09il n'est plus actif,
27:09il y a eu de postés dessus
27:10depuis de très nombreuses années.
27:12Mais il existe toujours.
27:14Mais à l'époque,
27:15il était actif
27:16et il y avait des choses
27:16qui avaient été postées
27:17très récemment.
27:18Oui, mais alors Sébastien Pitot,
27:20justement,
27:20il y a eu,
27:21depuis des années,
27:22il y a eu une grande polémique,
27:23etc.
27:24Une grande fausse aussi
27:25quand tu veux, Frédéric,
27:27évidemment,
27:27tu interroges.
27:28Mais vous savez
27:28qu'il y a eu cette grande polémique
27:30en disant,
27:30mais regardez,
27:31les tablettes en prison,
27:33tout ceci.
27:34Alors,
27:35sans aller pour dire
27:36certains,
27:37c'est un hôtel 5 étoiles,
27:38ça c'est évidemment
27:39d'un peu n'importe quoi.
27:40Mais quand même,
27:41est-ce qu'il n'y a pas,
27:41alors à votre avis,
27:42vous,
27:42avec le recul maintenant,
27:44est-ce que les conditions
27:45de prison pour,
27:47alors effectivement,
27:48il y a des choses
27:49peut-être à améliorer,
27:50mais ce côté,
27:51en disant,
27:51oui,
27:51téléphone,
27:52allez,
27:53les tablettes,
27:54vous avez parlé
27:55du compte Facebook,
27:56et puis peut-être
27:57les tables de ping-pong
27:58et ceci et cela.
28:00Est-ce qu'à votre avis,
28:02dans le tableau général,
28:04il y a un laxisme
28:05quand même excessif
28:07ou pas à l'égard
28:08des prisonniers,
28:11des embastillés ?
28:12Je ne suis pas forcément
28:14d'accord avec un laxisme.
28:16Vous savez,
28:16les gens sont enfermés,
28:17il faut leur proposer
28:18des choses.
28:19On ne va pas mettre
28:20le type dans une cellule
28:21et jeter la clé.
28:22Alors qu'aujourd'hui,
28:23les gens,
28:23ils aient une télé,
28:24on n'est plus à l'âge de pierre,
28:25la télé,
28:26tout le monde doit avoir
28:27la télé,
28:28et puis il faut rester lié
28:29parce que s'il y a un moment,
28:30ces gens,
28:31on veut les réinsérer
28:32ou parfois même
28:33les insérer
28:34parce qu'on parle toujours
28:35de réinsertion,
28:36il y a des gens
28:36qui n'ont jamais été insérés.
28:38C'est encore plus compliqué.
28:39Mais après,
28:40bon voilà,
28:42il y a un lien avec la société.
28:44Aujourd'hui,
28:44bon pour eux faire,
28:45alors moi je ne l'ai pas connu,
28:46c'est arrivé après,
28:48mais je crois effectivement
28:49qu'ils ont un système
28:50de tablette
28:51pour pouvoir continuer,
28:52etc.
28:53Ça,
28:53c'est garder le lien
28:54avec la réalité.
28:56Le type,
28:56il ressort,
28:57vous savez,
28:57j'ai croisé il n'y a pas très longtemps
28:59un détenu
28:59qui est sorti récemment,
29:02on a pris un café ensemble,
29:04il a passé 39 ans
29:05et 8 mois en prison.
29:07Il est ressorti,
29:08il n'a pas de téléphone portable,
29:09il ne sait pas
29:10comment ça fonctionne
29:11et il n'en veut même pas.
29:12de créer la tablette,
29:13etc.
29:14Mais après,
29:14qu'on permette
29:16à un type,
29:18on ne lui permet pas,
29:19c'est interdit,
29:20mais qu'on ferme un peu les yeux
29:21quand on a la preuve
29:23qu'un type communique
29:24avec l'extérieur
29:24est actif sur les réseaux sociaux.
29:26On le voit,
29:27moi je ne suis pas sur TikTok,
29:29mais j'ai mes enfants
29:29qui me disent
29:30tous les soirs,
29:31ils ont TikTok,
29:33on voit des trucs en prison,
29:34les mecs,
29:35ils ont l'air de bien se marrer.
29:36et ils continuent
29:38effectivement.
29:38On les voit tout le temps,
29:39attends,
29:39juste un mot.
29:40Et ils continuent leur trafic
29:41effectivement.
29:42Il y a quelque chose
29:43quand même,
29:44non non mais,
29:44il y a quelque chose,
29:45on est allé jusqu'au point,
29:46vous le savez,
29:47je ne sais pas si c'est
29:48de votre temps ou pas,
29:49où des gens de telle ou telle mafia,
29:51vous savez,
29:52avec les lettres,
29:54etc.,
29:54commandaient le narcotrafic
29:56de leur prison,
29:57de l'intérieur de leur cellule.
29:58Vous le racontez dans le livre,
30:00maintenant,
30:00il y a même des drones,
30:01André Bercoff,
30:02qui dans les cours,
30:03Frédéric Ploquin,
30:04c'est une anecdote du livre,
30:05dans les cours,
30:06effectivement,
30:07on livre du chi,
30:08de la cocaïne,
30:09des pizzas aussi.
30:10il ne faut pas généraliser,
30:11mais ça existe.
30:12En tout cas,
30:13vous le racontez.
30:13Au bout de ce processus
30:14où on leur a donné des droits,
30:16c'est ce qu'on raconte quand même
30:17dans ce livre,
30:18on a beaucoup cédé,
30:20et puis on a envoyé
30:21ses surveillants en première ligne
30:22en disant,
30:23bon,
30:23ils vont s'en prendre
30:23un peu plein la gueule,
30:24mais ce n'est pas grave,
30:25c'est pour ça qu'ils parlent
30:26de paillassons de la République,
30:27on a tellement cédé
30:29qu'effectivement,
30:29aujourd'hui,
30:30on se rend compte
30:30qu'il y a des trafiquants
30:31de stupéfiants.
30:32Vous savez,
30:32quand vous mettez
30:33un braqueur en prison,
30:34un braqueur de fourgons blindés,
30:35il ne peut plus braquer
30:36de fourgons blindés
30:36depuis sa prison.
30:37Ce n'est pas possible
30:37parce qu'il faut être dehors,
30:38il faut être sur le terrain,
30:40il faut faire du repérage,
30:41etc.
30:42Le problème,
30:42c'est qu'on s'est laissé déborder
30:43par les trafiquants de stupéfiants,
30:45on les a mal contrôlés,
30:47grâce à la corruption,
30:48ils ont pu avoir accès
30:49à un certain nombre
30:49de téléphones portables
30:50dans leurs cellules,
30:51c'est pour ça qu'on s'en prend,
30:53on raconte l'arrivée
30:54de la corruption
30:54dans les prisons,
30:56dans ce livre.
30:58Et donc,
30:58le trafic de stupéfiants,
30:59en revanche,
30:59c'est un commerce,
31:00et donc il suffit
31:01d'avoir deux ou trois téléphones
31:02et vous arrivez
31:03à manipuler les individus,
31:04à faire de l'import-export,
31:05etc.
31:06C'est beaucoup plus facile
31:06que de continuer
31:07à braquer des fourgons.
31:08Donc, on n'a pas vu venir ça
31:10et aujourd'hui,
31:10on se réveille avec
31:11ce truc assez terrible
31:12où on a des jeunes
31:14qui sont rentrés en prison
31:15avec un petit palmarès,
31:17ils étaient voleurs
31:18d'ordinateurs,
31:20de téléphones,
31:20de choses comme ça,
31:21et qui,
31:224-5 ans plus tard,
31:23se retrouvent
31:23à commanditer
31:24des assassinats
31:24depuis leurs cellules,
31:27à recruter des tueurs à gage
31:29depuis leurs cellules.
31:29On se retrouve là,
31:30on s'en retrouve là aujourd'hui.
31:31Donc, ce qu'on essaie
31:32de raconter,
31:33c'est comment,
31:34avec Sébastien Pitot,
31:35c'est comment
31:35on en est arrivé là.
31:36Et oui,
31:37et vous le dites précisément,
31:38en plus,
31:39vous dites que si un surveillant
31:40se permet une seule remarque
31:42à ce propos,
31:43auprès de la hiérarchie,
31:45la réponse tombe invariable,
31:47c'est pour votre sécurité.
31:48Alors,
31:49comment,
31:49c'est quoi cette histoire
31:51de sécurité ?
31:52Pourquoi est-ce qu'on y met ça,
31:53Sébastien ?
31:54Et comment en est-on arrivé là,
31:56justement,
31:56au nom de la sécurité ?
31:59Sébastien Pitot.
32:00Mais,
32:01vous savez,
32:01on met un peu comme
32:04dans la vie à l'extérieur,
32:06la vidéosurveillance.
32:07Moi,
32:07quand je suis arrivé en prison,
32:08il y avait quelques caméras,
32:09déjà,
32:09mais il n'y en avait pas partout.
32:11Maintenant,
32:11il y en a partout
32:12et on met des caméras
32:13pour votre sécurité
32:14et maintenant,
32:15il y a même,
32:15je sais que dans certains secteurs,
32:17les gens ont même
32:18des caméras piétons.
32:19Tout est filmé,
32:21tout est...
32:21Mais en fait,
32:23non,
32:23à un moment,
32:23ce n'est pas pour notre sécurité,
32:24c'est pour la sécurité du système
32:26et combien de fois
32:28j'ai vu
32:28la vidéo être utilisée.
32:30Voyez,
32:31je vais vous citer un exemple
32:32concret.
32:34Logiquement,
32:34les portes des cellules
32:35doivent être fermées.
32:36On ouvre la porte de cellules
32:38quand le type va en promenade,
32:40va sur une activité
32:42à l'infirmerie,
32:42peu importe.
32:43Et puis,
32:44c'est arrivé plusieurs fois,
32:46il y a des altercations,
32:47des bagarres entre détenus
32:48sur un étage.
32:49Alors,
32:50on va aller voir la vidéo.
32:52Le problème,
32:53on ne va pas se demander
32:54pourquoi les deux surveillants
32:56se sont...
32:57les deux détenus,
32:58pardon,
32:58se sont battus
32:59sur l'étage.
33:01On va demander
33:02aux surveillants
33:02pourquoi il y avait
33:03deux portes d'ouvertes
33:04en même temps.
33:05Mais en fait,
33:06il y avait deux portes d'ouvertes
33:07parce que peut-être
33:08il y en a un
33:08qui allait à la douche
33:09et que l'autre
33:10venait d'être appelé
33:11à l'infirmerie.
33:12Voilà pourquoi
33:12les deux portes étaient ouvertes.
33:13Mais en fait,
33:14on n'allait plus
33:14s'utiliser la vidéo
33:15en disant
33:15« Oh, le surveillant,
33:16il y avait deux portes ouvertes.
33:17Comment se fait-il
33:18qu'il y avait deux portes ouvertes ? »
33:19Moi,
33:20ce qui m'intéresse,
33:20c'est de savoir
33:21pourquoi les deux mecs
33:21se sont battus.
33:23Il y a quoi ?
33:23Parce qu'il y en a un
33:24qui peut peut-être
33:25faire du bruit
33:25toute la nuit
33:26ou il s'est endormi
33:27avec la télé allumée,
33:29ça a dérangé l'autre.
33:30Ou là,
33:30on va dire
33:31c'est une intercation
33:32entre voisins
33:32ou alors
33:34c'est peut-être
33:35quelque chose
33:35de plus grave,
33:36une affaire de trafic,
33:37etc.
33:38Non,
33:38en premier lieu,
33:39on va dire
33:40« Mais si les deux portes
33:40n'avaient pas été ouvertes ? »
33:42Mais on s'en fout un petit peu
33:43en fait
33:43que les deux portes
33:44étaient ouvertes ou pas.
33:45À un moment,
33:45ouvrir une porte
33:46en prison,
33:47c'est faire un geste social
33:48régulièrement.
33:49Oui.
33:50Et en fait,
33:51on met l'accent
33:52sur les matons
33:54plutôt que sur
33:55ce qui s'est passé
33:56vraiment en bagarre.
33:57C'est ça ?
33:58Oui.
33:58Vous le dites clairement,
33:59l'administration
34:00se montre
34:01souvent plus attentive
34:02et plus humaine
34:03effectivement
34:04avec les détenus
34:05qu'avec
34:06ses propres employés.
34:08Quelle aberration !
34:09Ça dépend
34:10de quels détenus
34:10si vous voulez.
34:11Avec des détenus
34:13qui ne pèsent pas lourd,
34:15on va être fort
34:17avec les faibles
34:18et on va être faible
34:18avec les forts.
34:19Comme dans le monde
34:21extérieur aux prisons.
34:22Et oui,
34:22avec les forts.
34:23À ce propos,
34:24je voulais quand même
34:24citer quelques exemples
34:25de votre livre
34:26parce que vous parlez
34:27de quelques petits aménagements
34:29qui contribuent
34:29à la paix sociale.
34:31Et à ce propos,
34:31vous parlez de Carlos
34:32condamné à perpétuité
34:34en 1997
34:34pour terrorisme
34:36qui a pris ses aides
34:37effectivement sous les verrues
34:38la direction
34:39à ordre de lui remettre
34:41les colis de cigares
34:43qui lui parviennent
34:43de la Havane.
34:44ce qui est pourtant
34:45interdit effectivement
34:46et lui-même
34:48fait tout
34:49pour que ses propres
34:50chaussures de luxe
34:51soient automatiquement
34:53renouvelées
34:53parce que par la cantine
34:55il ne peut pas y arriver.
34:56C'est quand même
34:56incroyable d'en arriver là.
34:58Sébastien Pitot.
34:59Frédéric.
35:01Effectivement,
35:01c'est de concession
35:02en concession
35:02pour obtenir...
35:03En fait,
35:04il se passe dans les prisons
35:04en microcosme
35:05ce qui se passe à l'extérieur.
35:06À l'extérieur,
35:07on a aussi géré
35:08la sécurité publique
35:09dans certains...
35:10la sécurité...
35:10la paix civile
35:11on va dire
35:12dans certains quartiers
35:13en faisant des concessions
35:14mais oui,
35:14le point de deal,
35:15etc.
35:15Tu peux continuer.
35:16Et en fait,
35:17en prison,
35:17il se passe la même chose
35:18en accéléré
35:19et c'est pour ça
35:20qu'on peut considérer
35:22la prison
35:22c'est ce qu'on raconte
35:23dans ce livre
35:25comme un lieu
35:26où on peut
35:27analyser
35:27et pressentir
35:28tous les maux
35:29qui vont gagner
35:29la société.
35:30L'ultra-violence,
35:31la hausse de la violence,
35:33la montée de la corruption.
35:34En fait,
35:35les surveillants
35:35sont en première ligne
35:37face à tout ce qui nous attend
35:39à l'extérieur.
35:40C'est le miroir
35:40en tout cas,
35:41c'est un miroir
35:41de ce qui nous attend.
35:42Le miroir en plus
35:43qui nous permettrait
35:44à peine déformé.
35:46Si on les écoutait,
35:47ces surveillants
35:48qu'on n'écoute pas,
35:49je veux dire
35:49qu'on n'a pas l'habitude
35:50d'écouter,
35:50qu'ils n'ont pas le droit
35:51à la parole.
35:52C'est pour ça
35:52que quand on s'est rencontré
35:55avec Sébastien
35:55et qu'il a proposé
35:57l'idée de faire un livre,
35:58j'ai dit
35:58mais enfin,
35:59quelqu'un qui va dire
36:00la vérité,
36:01enfin quelqu'un...
36:01Et c'est pour ça
36:02que je me suis précipité
36:03effectivement sur ce projet
36:05parce que c'était
36:06pour la première fois
36:06moi qui suis journaliste
36:07depuis 40 ans
36:08que quelqu'un m'ouvrait
36:09vraiment la porte
36:10de la prison.
36:11Donc le lecteur
36:11va vraiment découvrir
36:12ce qui se passe
36:13à l'intérieur
36:14et ça peut aller
36:15de la rencontre
36:17avec des tueurs en série,
36:20à la rencontre
36:20avec des islamistes de barbu
36:22qui ont semé
36:23la terreur en France.
36:24Vous voyez,
36:25en fait,
36:25on rencontre de tout
36:26en prison
36:27et eux,
36:28ces surveillants,
36:28ils doivent gérer
36:29tous ces bons hommes
36:30dont la société se débarrasse.
36:31On se dit,
36:32allez,
36:32on les oublie,
36:33on les enferme,
36:34c'est terminé.
36:34Mais non,
36:34c'est pas terminé.
36:35Il y a une vie après.
36:37Et puis il y a eu
36:38une réinsertion
36:38et puis un moment
36:39ils sortent de prison,
36:40etc.
36:41Une réinsertion.
36:42Je me souviens
36:43d'une phrase
36:43assez amusante
36:45de Sébastien Piteau
36:45quand il a vu revenir
36:47comme ça
36:47un gars chez lui
36:49qu'il avait déjà eu
36:50dans la prison
36:50et lui dire
36:51mais si tu reviens
36:52c'est peut-être
36:52que finalement
36:53ça t'a plu
36:53la première fois.
36:54J'ai trouvé ça
36:55assez drôle.
36:56Oui,
36:56on a le sentiment
36:57que la prison
36:57est un camp de vacances
36:58dit Sébastien Piteau
37:00dans son livre.
37:01Je disais souvent
37:02avec humour
37:03un client satisfait
37:04est un client
37:05qui revient
37:06et de faire la même chose
37:07qu'aujourd'hui
37:08dans la nouvelle activité.
37:09C'est intéressant.
37:11que faudrait-il faire
37:12selon vous
37:12pour réformer
37:13la pénitentiaire ?
37:14On va en parler
37:14dans un instant
37:15sur Sud Radio
37:16et vous chers auditeurs
37:17si vous voulez réagir
37:18et bien appelez-nous
37:19tout de suite
37:19au 0826 300 300
37:21et prenez la parole
37:22en direct
37:23sur Sud Radio
37:23juste avant 14h.
37:26terredefrance.fr
37:27le premier site
37:28d'articles français
37:29et patriotes
37:30présente
37:31La culture
37:32dans tous ses états
37:34André Bercoff
37:35Céline Alonso
37:36Et oui
37:37de retour sur Sud Radio
37:38pour parler de la corruption
37:39au cœur des prisons
37:40nous sommes avec
37:41Sébastien Piteau
37:42et Frédéric Ploquin
37:43alors selon vous
37:44effectivement
37:45vous le dites
37:45dans votre livre
37:46depuis des années
37:47les réseaux criminels
37:48disposent de moyens financiers
37:50inépuisables
37:51dites-vous
37:51pour imposer leurs lois
37:52jusqu'au cœur de la prison
37:54qu'est-ce qu'il faut faire
37:55pour mettre fin
37:56à ce système ?
37:57Sébastien Piteau
37:58si vous étiez en fait
38:00on va la poser en cliché
38:02mais ça ne fait rien
38:02si vous étiez ministre
38:03de l'intérieur
38:05par rapport à ce qui se passe
38:06de la justice
38:07pourquoi je le dis de l'intérieur ?
38:09mais ça devrait être
38:09à l'aide de la justice
38:10excusez-moi
38:12qu'est-ce qu'il fait ?
38:13en fait
38:14disons que
38:15on ne va pas sortir
38:16le lapin du chapeau
38:17mais qu'est-ce qui vous paraît
38:18le plus prioritaire
38:19disons à faire
38:20s'il y a des choses à faire ?
38:22alors je pense que
38:23pour faire avancer la prison
38:24il faudrait qu'il y ait
38:26davantage de communication
38:28avec les gens du terrain
38:29parce qu'il y a tellement
38:30d'intermédiaires
38:31entre justement
38:33le garde des Sceaux
38:34et les gens du terrain
38:36que tout est déformé
38:38tout n'est pas remonté
38:39je suis persuadé
38:40qu'on prenne
38:41n'importe quel garde des Sceaux
38:43mais il ne sait pas
38:45le tiers
38:45de ce qui se passe
38:46réellement sur le terrain
38:47parce qu'il y a tellement
38:49d'intermédiaires
38:50on n'écoute pas les gens
38:51aujourd'hui vous savez
38:52les surveillants sont des numéros
38:53les détenus sont des numéros
38:54qu'on veut mettre dans des cases
38:55on a oublié qu'en prison
38:57des hommes gardent des hommes
38:58et quoi qu'il fait
38:59les détenus
39:00ça reste des êtres humains
39:01et les surveillants
39:02sont des êtres humains
39:03on est toujours en train
39:04de faire des réunions
39:05pour faire des statistiques
39:06on remonte des statistiques
39:07en haut
39:08on a des statistiques
39:09on a des chiffres
39:10on a des pourcentages
39:10alors parfois
39:12il y a des gens en haut
39:13qui sont passionnés
39:14par le terrain
39:14alors il va y avoir
39:15un soubresaut
39:16mais ils sont tellement isolés
39:17ces gens-là
39:17qu'ils ne peuvent pas
39:18faire bouger le truc tout seuls
39:19il faut que ça soit tout en haut
39:21qu'on dise
39:21non on va aller écouter
39:22les gens du terrain
39:23mais réellement
39:24alors je n'ai pas
39:25mais la création par exemple
39:27la création de prison
39:28ultra sécuritaire
39:30voulue par Gérald Darmanin
39:31est-ce une bonne solution
39:33selon vous ?
39:35alors en termes de sécurité
39:36à l'instant T
39:37je vous dirais oui
39:38c'est une bonne solution
39:40maintenant
39:40moi la question que je me pose
39:42les gens qui y sont
39:43aujourd'hui
39:44ils vont ressortir
39:45à un moment donné
39:47est-ce que ces gens-là
39:48vont avoir vécu
39:49une détention
39:50tellement difficile
39:51qu'ils vont être vaccinés
39:53à vie
39:54contre la prison
39:56ben j'en doute
39:57mais par contre
39:58ils deviennent encore
39:58plus violents
39:59qu'ils n'étaient avant
40:00je le redoute
40:01c'est difficile
40:04il faut savoir que
40:05alors moi
40:05je n'ai pas connu
40:06ça a été créé
40:07très récemment
40:08mais de ce que
40:09j'ai cru comprendre
40:11même les parloirs
40:12c'est des parloirs
40:13hygiaphone
40:14ça veut dire que
40:14même avec leur famille
40:16ils n'ont plus
40:17de contact physique
40:18direct
40:18alors pour des raisons
40:20de sécurité
40:21vous savez
40:22je pense qu'il y a
40:22d'autres moyens
40:23il ne faut pas priver
40:24les types qui sont
40:25en prison
40:25il y a aujourd'hui
40:26des portiques
40:27à ondes millimétriques
40:28alors oui
40:28ça coûte de l'argent
40:29oui ça prend du temps
40:30mais je pense
40:30qu'il faut quand même
40:31leur laisser des choses
40:32parce que là
40:32je redoute
40:33qu'on fabrique des animaux
40:36et puis il faut
40:38parler de la voudite
40:39ils ressortent
40:39ils ressortent
40:40mais certains
40:41il n'y a pas de perpétuité
40:42plus en France
40:43on le sait
40:44il n'y a pas de perpétuité
40:45au sens véritable
40:46du terme
40:46je ne dis pas que c'est bien
40:47ou pas bien
40:48Frédéric Bloquin
40:48comment pour conclure
40:51d'abord
40:51d'abord premièrement
40:52il faudrait qu'effectivement
40:53comme le disait Sébastien
40:54notre garde des Sceaux
40:55Gérald Darmanin
40:56lit ce livre
40:57parce que là
40:58il va enfin découvrir
40:59ce qui se passe vraiment
40:59dans ses prisons
41:00ce qu'il ne sait pas
41:01la deuxième chose
41:02c'est que
41:02je pense qu'il est temps
41:03que l'administration
41:04enfin
41:05les patrons
41:06de l'administration pénitentiaire
41:07se penchent aussi
41:08sur ce qui est raconté
41:09dans ce livre
41:10en termes
41:10sur la corruption
41:12parce qu'en fait
41:12comme le dit très bien
41:14comme le dit très bien
41:15Sébastien en fait
41:18un surveillant
41:18il commence comme ça
41:19par faiblesse
41:20par entrer
41:20une mousse à raser
41:22puis après un parfum
41:23etc
41:23mais ce qu'il a très mal vécu
41:25lui c'est qu'à un moment donné
41:27il sait
41:27qu'il peut
41:28ce surveillant
41:29qui a flanché
41:30qui est tenu
41:31qui est pris en otage
41:32par les voyous
41:32il peut rentrer
41:33un pain de plastique
41:34ou un revolver
41:34et à partir de là
41:36c'est ça qu'il raconte
41:37c'est que ces individus
41:38ces surveillants
41:39qui passent de l'autre côté
41:41jouent contre leur camp
41:42et c'est extrêmement difficile
41:43c'est une des raisons
41:44pour lesquelles il a claqué la porte
41:45c'est extrêmement difficile
41:46de savoir que dans l'établissement
41:47il y a des gens
41:48qui jouent contre vous
41:49qui portent l'uniforme comme vous
41:50et qui jouent contre vous
41:51donc il est temps qu'effectivement
41:53pour moi
41:54l'état et l'administration
41:55traitent vraiment ce problème
41:56ça veut dire
41:57soit incorruptible
41:59incorruptible
42:00ça n'existe pas
42:00mais qu'on soit
42:01beaucoup plus attentif
42:02et que dans la formation
42:03on apprenne
42:04effectivement
42:04on mette en garde
42:06les futurs surveillants
42:07et qu'on soit aussi attentif
42:08à qui on recrute
42:10voilà un témoignage
42:11celui de Sébastien Pitot
42:12qui va servir en tout cas
42:13c'est clair
42:13Sébastien Pitot
42:14et Frédéric Ploquin
42:16qui ont co-écrit ensemble
42:17Journal d'un mâton
42:18La vérité sur la corruption
42:19au coeur des prisons
42:20un livre qui vient de paraître
42:22aux éditions Fayard
42:23lisez-le
42:24chers auditeurs
42:25tout de suite
42:26vous retrouvez
42:27Brigitte La Haye
42:28sur Sud Radio
42:29La culture dans tous ses états
42:32André Bercoff
42:33Céline Alonso
42:34avec terredefrance.fr
42:36le premier site d'articles
42:38français et patriotes
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