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  • il y a 5 mois
Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée chargée de l’Énergie, était invitée sur le plateau de BFMTV. Elle s’est exprimée sur l’augmentation du prix des carburants et les solutions mises en place par le gouvernement français.

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Transcription
00:00Merci Raphaël. Sur un plein, je reprends le chiffre de Raphaël, 2 euros de plus en ce moment pour l
00:04'État, ça veut dire que l'État profite de cette hausse ?
00:07Non, ça c'est faux et c'est une affirmation qu'on entend beaucoup depuis quelques jours.
00:11Ce sont les chiffres qu'on vient de voir.
00:13Certes, mais il faut le mettre en parallèle de l'impact que ça a sur la croissance et de l
00:17'impact que ça a sur la baisse des volumes vendus.
00:19Et donc, moins de volume de carburant vendu, c'est aussi moins de revenus issus des taxes qui rentrent dans
00:25les caisses de l'État.
00:25Mais on est d'accord, pour reprendre les chiffres donnés à l'instant, que sur un plein, il y a
00:29bien davantage d'argent qui rentre aujourd'hui dans les caisses de l'État pour financer l'État.
00:33Mais pour autant, l'État ne s'enrichit pas et l'État ne s'enrichit jamais lorsqu'on est confronté
00:38à des chocs pétroliers ou à des crises de façon générale.
00:41Parce que là encore, ça a un impact négatif sur la croissance, ça a un impact négatif pour la consommation
00:47et donc ça a un impact négatif à la fin pour les finances publiques.
00:50Je voudrais vous montrer une séquence, Maude Bréjean, qui a été tournée hier matin par les équipes de BFM.
00:56Ça se passe dans une station service à Paris.
00:59Regardez bien les images.
01:01On est retourné à une heure et demie d'écart dans cette même station.
01:04Regardez.
01:05Il suffit de regarder sur ces images de Vincent Serron les prix qui sont affichés ici à la porte de
01:11Clichy dans une station service.
01:121,997 euros pour le gasoil.
01:16Et on vient de passer, vous le voyez sur ces images de Vincent Serron, à 2,179 euros, soit plus
01:21182 centimes, près de 18 centimes, une augmentation de 8%.
01:25Voilà, 18 centimes de hausse à la même station service en l'espace d'une heure et demie.
01:31Est-ce que c'est de l'abus ou pas ?
01:32En tout cas, moi, je n'ai aucune explication pour justifier 18 centimes de hausse en une heure et demie.
01:38Je n'ai pas regardé l'exemple de cette station service.
01:40Ce que je vous garantis, moi, c'est que nous, on veille, avec Roland Lescure, avec Serge Papin, à s
01:46'assurer qu'il n'y ait pas d'abus.
01:48On a demandé une chose extrêmement claire aux distributeurs.
01:51C'est que les hausses qu'on a vues, qui ont été impactées très vite lors du début de la
01:56crise, soient égales, si je puis dire, en baisses dans les jours à venir.
02:01Je vais le dire plus clairement, les baisses doivent être impactées aussi vite que les hausses l'ont été.
02:07Mais comment vous allez le vérifier ? Et surtout, comment vous allez obliger à ceux qui n'auraient pas envie
02:13de baisser si le pétrole baisse, alors que les prix sont libres en France ?
02:17On n'est pas dans une économie administrée, c'est une certitude.
02:21Donc les stations font ce qu'on a.
02:22On a réuni les distributeurs la semaine dernière. On réunira les distributeurs demain, à Bercy.
02:27On a procédé à un certain nombre de contrôles.
02:29On suit l'évolution des prix dans chacune des stations.
02:32On a des outils qui nous permettent de le faire.
02:35Notre volonté, c'est de travailler de façon intelligente avec les distributeurs et plus globalement avec l'ensemble de la
02:41chaîne.
02:42Donc je le redis, les baisses doivent être répercutées aussi vite que les hausses l'ont été.
02:46Et je remarque, et c'est tant mieux, qu'un certain nombre de distributeurs ont déjà annoncé que ce serait
02:51le cas.
02:52Notamment ce matin, je pense à un grand distributeur qui a annoncé...
02:55On va le citer, c'est Leclerc, qui a dit à la fin de la semaine, baisse de 30 centimes.
02:58Une baisse d'environ 30 centimes.
03:00C'est évidemment substantiel pour le pouvoir d'achat des Français.
03:03Et donc je crois qu'on a une responsabilité collective.
03:05Là encore, ce n'est pas l'État contre les acteurs privés.
03:08C'est tous ensemble, dans un moment de crise internationale qui nous dépasse à certains aspects,
03:14trouver des solutions qui permettent de protéger les Français.
03:16C'est ce que vous allez demander demain aux distributeurs dans cette réunion à Bercy,
03:19c'est de baisser sur la base de la bonne volonté les tarifs.
03:24C'est ça, il n'y a pas de levier pour ça.
03:26On demande à tous les distributeurs, autant que possible, de pratiquer, encore une fois, les baisses,
03:31aussi rapidement qu'ils ont pratiqué les hausses.
03:34Tout simplement.
03:35Et puis ensuite, il faut quand même prendre un petit peu de recul.
03:38Cette augmentation de prix, elle est d'abord et avant tout due à ce qui se passe au Moyen-Orient.
03:43Vous l'avez beaucoup dit sur votre plateau.
03:44Le Détroit d'Hormuz voit transiter en temps normal 20% du pétrole et 20% du gaz à l
03:50'échelle mondiale.
03:51Donc, les deux leviers majeurs qu'on a aujourd'hui, c'est d'une part l'initiative qui est portée
03:56par le Président
03:57pour débloquer le Détroit d'Hormuz et d'autre part la libération de volumes importants,
04:02de par la libération de stocks stratégiques dans plus d'environ 30 États à travers le monde
04:07qui doit permettre, là aussi, de tirer les prix vers le bas.
04:10On va parler de ces deux points dans un instant.
04:12Est-ce que vous pourriez, comme le fait par exemple la Grèce, qu'il a annoncé aujourd'hui,
04:17plafonner les marges des distributeurs de carburant ?
04:19Toutes les solutions sont à l'étude.
04:21Ça, c'est une piste ?
04:22Les solutions sont à l'étude.
04:24Le Premier ministre a demandé à ses ministres, à Roland Lescure et à moi-même,
04:29d'instruire ces questions-là, d'instruire d'autres mécanismes,
04:33comme par exemple celui du lissage des hausses et des baisses dans le temps.
04:36Je ne vais pas rentrer dans le détail.
04:38Ce n'est pas notre volonté première.
04:40Notre volonté première, c'est de travailler en bonne intelligence avec les distributeurs,
04:44en bonne intelligence avec toute la chaîne de valeurs.
04:47Nous ne sommes, je le redis, pas dans une économie administrée,
04:50mais nous avons un intérêt commun.
04:52C'est le pouvoir d'achat des Français.
04:53Il y aura-t-il à un moment ou à un autre, si la situation continue,
04:56des mesures pour les plus modestes ?
04:58Ou est-ce qu'au vu de l'état des finances publiques, vous dites
05:00« On ne le fera pas, ça n'est plus possible aujourd'hui ? »
05:04Je dis qu'il est trop tôt pour apporter une réponse.
05:06Trop tôt, ça ne veut pas dire non.
05:08Je dis qu'il est trop tôt pour apporter une réponse.
05:10Vous savez, et on l'a vu dans le passé,
05:12nous avons toujours été au rendez-vous pour protéger le pouvoir d'achat des Français.
05:15Lorsqu'on a connu la crise énergétique suite à l'évasion de l'Ukraine par la Russie,
05:19nous avons mis sur la table un bouclier tarifaire
05:21qui a représenté plus de 70 milliards d'euros pour les finances publiques.
05:25C'était absolument colossal.
05:27Nous ne sommes pas dans la même situation.
05:29La première réponse qu'on doit réussir à apporter,
05:32elle est à l'échelle internationale, encore une fois,
05:35et c'est le rôle de la France,
05:36contenir autant que possible ce conflit
05:37pour éviter, là encore, l'embrasement
05:40et libérer les marchandises
05:42et la navigation des navires dans le détroit d'Hormuz.
05:45Et puis, nous verrons ce qu'il en sera dans quelques jours ou quelques semaines.
05:48Pour être parfaitement clair,
05:49la baisse de la TVA réclamée par le RN, c'est donc non.
05:52Le blocage des prix réclamés par la France insoumise, c'est non aussi.
05:55Alors, c'est deux très mauvaises solutions à nos yeux.
05:58Le blocage des prix, ça ne veut rien dire.
06:01Si vous bloquez le prix en dessous du coût réel pour les distributeurs,
06:06et là encore, l'ensemble de la chaîne de valeur,
06:08c'est un marché mondial.
06:10Donc, si vous apposez un prix qui est inférieur au coût de revient,
06:13vous allez vers un risque de pénurie évident pour les consommateurs.
06:16Nous ne souhaitons pas la pénurie aux stations-services.
06:19En tout cas, c'est notre cas.
06:21Quant à la question de la TVA, là encore, ça n'a pas de sens.
06:24D'abord, parce que ce n'est pas ciblé, que ça concerne tout le monde.
06:27Et dans la demande du RN, ça concerne l'ensemble des produits énergétiques.
06:31Eh bien, la TVA à 5% pour le gaz, pour le fuel, pour l'électricité,
06:35ça représente peu ou prou 12 milliards d'euros par an à l'État.
06:39Là encore, je crois que ce n'est pas sérieux.
06:41On a un objectif qui est de tenir les 5% de déficit en 2026.
06:46Ça a de la valeur parce que c'est ce qui nous permettra ensuite d'investir,
06:49d'investir pour le réarmement militaire, d'investir dans la transition énergétique.
06:53Et donc, c'est un cap que l'on doit tenir.
06:55Vous avez cité il y a quelques instants, Maude Bréjean,
06:57ces 30 pays et quelques dont la France qui se sont engagés aujourd'hui
07:00à piocher dans leur réserve stratégique de pétrole 400 millions de barils.
07:05Ça ne veut pas dire grand-chose.
07:06On comprend que c'est énormément, mais c'est difficile de cerner exactement ce que ça veut dire.
07:09« Ça va changer quoi ? Ça va faire baisser les prix ? »
07:13Oui, d'abord, 400 millions de barils, c'est l'équivalent du transit dans le détroit d'Hormuz
07:19pendant environ une vingtaine de jours.
07:21Ça donne un ordre de grandeur au-delà du nombre de millions de barils.
07:25L'objectif, c'est évidemment de remettre du volume sur le marché.
07:28Donc, en remettant du volume sur le marché, vous pouvez tirer ce prix à la baisse.
07:33Donc, la France va extraire le pétrole qu'elle garde au chaud dans ses réserves stratégiques.
07:39Et le revendre sur le marché pour rassurer les marchés, c'est ça l'idée ?
07:43On a 100 millions de barils aujourd'hui de stockage stratégique en France.
07:47On devrait en libérer dans la durée, de façon coordonnée avec nos partenaires,
07:5114,5 millions environ.
07:54C'est le chiffre que nous avons annoncé aujourd'hui.
07:56Avec un objectif qui est un objectif de prix.
07:58Là encore, j'insiste, il n'y a pas de risque de rupture, d'approvisionnement.
08:02J'essaie de comprendre, c'est un message adressé au marché pour leur dire
08:05« Il n'y aura pas de pénurie, calmez-vous, arrêtez de spéculer à la hausse ».
08:08C'est un message envoyé au marché et une action extrêmement concrète
08:13qui permet de remettre du volume sur le marché.
08:16Donc, quand vous augmentez l'offre, vous pouvez tirer le prix à la baisse.
08:20De combien ça va faire baisser les prix ?
08:21C'est trop tôt pour le dire parce que le cours du marché ne dépend pas uniquement
08:25du déblocage des stocks.
08:26Ça dépend de l'évolution de la situation au Moyen-Orient.
08:30Et donc, là encore, j'en reviens à ce que nous faisons sur place
08:33et aux initiatives du Président de la République.
08:35Mais au vu de la situation, on a rappelé les frappes du jour,
08:38les bateaux attaqués aujourd'hui au détroit d'Ormuz,
08:41vous ne pouvez pas dire aux Français « Attendez quelques jours, ça va baisser ».
08:45Je peux dire aux Français qu'un certain nombre de distributeurs
08:47se sont engagés à répercuter immédiatement les baisses
08:50qu'on constate depuis quelques jours
08:53avec une baisse d'environ 30 centimes sur le gasoil.
08:55Et donc là, c'est une bonne nouvelle pour leur pouvoir d'achat.
08:58Quant à l'impact exact de la libération de ces stocks,
09:02je ne suis pas en mesure de le dire
09:03parce qu'encore une fois, c'est multifactoriel.
09:06Emmanuel Macron, vous l'avez dit, souhaite une coalition internationale
09:08pour sécuriser le 2-3 d'Ormuz.
09:10La plupart des spécialistes qu'on interroge sur ce plateau disent
09:12« Aujourd'hui, c'est impossible ».
09:14Ça prend un peu de temps et c'est normal.
09:16Ça dépend de…
09:17Vous voyez qu'encore aujourd'hui, des bateaux sont attaqués.
09:19Il faudrait envoyer une armada absolument considérable là-bas.
09:22Il faut regarder le rôle de la France et le rôle de nos partenaires européens
09:26sur l'ensemble de ce conflit, si je puis dire.
09:30Nous, on travaille à quoi ?
09:32On travaille à contenir ce conflit dans une posture défensive
09:36en étant aux côtés de nos alliés régionaux,
09:39là encore, pour éviter l'embrasement
09:41ou en tout cas pour le circonscrire autant que possible.
09:43Et c'est en arrivant à contenir cet embrasement
09:46qu'ensuite on pourra engager une action dans le détroit d'Ormuz.
09:49Je rappelle qu'on…
09:50Ce qui voudrait dire renforcer notre présence militaire sur place,
09:52très clairement, emmener une partie de l'arsenal
09:54qui est en Méditerranée du côté de ce détroit ?
09:56Alors, c'est trop tôt pour le dire et ce n'est pas à moi de le dire.
09:59Ce que je peux en revanche expliquer à vos téléspectateurs,
10:02c'est qu'on mène déjà ce type d'opération.
10:04En mer rouge, dans le cadre d'une mission qui s'appelle la mission Aspides,
10:08qui réunit 21 pays membres de l'Union européenne,
10:10on sécurise le passage des navires depuis maintenant deux ans
10:14grâce à des moyens militaires déployés sur place.
10:17À titre d'exemple, on a escorté, sécurisé le passage, la France,
10:22d'environ 150 navires depuis le début de l'opération.
10:26Donc, mon message, c'est on sait faire.
10:28Il y a d'autres pays qu'on dit oui ou on est tout seul ?
10:30Ça, c'est des discussions qu'a le président de la République.
10:32En tout état de cause, tout le monde a intérêt à ce que le détroit d'Ormuz
10:37soit libéré le plus rapidement possible.
10:40Ce n'est pas un problème franco-français.
10:42C'est un problème qui touche les Asiatiques qui sont très dépendants des importations
10:47depuis le Moyen-Orient.
10:48Mais c'est aussi un sujet qui touche les Américains
10:51qui voient aussi, quand bien même ils produisent eux-mêmes du pétrole,
10:56les prix augmenter.
10:57Donc, c'est dans l'intérêt de tout le monde.
10:59Merci beaucoup, Maude Bréjon.
11:00Je rappelle donc cette réunion demain à Bercy.
11:02Vous y participez, notamment avec le ministre de l'Économie, Roland Lescure.
11:06Avec les distributeurs, vous allez donc leur demander de baisser les prix
11:10pour revenir pas loin des prix coûtants sur le pétrole.
11:13C'est ça l'objectif ?
11:14Tout à fait.
11:14Et avant de voir les distributeurs, nous recevrons à 8 heures
11:17les représentants des agriculteurs avec la ministre de l'Agriculture,
11:20Annie Gennevard, parce que vous savez qu'eux aussi sont touchés par ces hausses,
11:24notamment sur le prix du gasoil long routier.
11:25Et les pêcheurs qu'on a entendu aussi aujourd'hui qui disent
11:28on part aujourd'hui pêcher en sachant qu'on va perdre de l'argent.
11:31Tout à fait.
11:31Et nous les recevrons vendredi avec la ministre en charge de la pêche, Catherine Chabot.
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