00:00C'est après une réunion du G7 par visioconférence qu'il a pris la parole.
00:04Emmanuel Macron a confirmé tout à l'heure que l'AIE, l'Agence Internationale de l'Énergie,
00:09allait libérer 400 millions de barils de pétrole de ses stocks stratégiques donc.
00:14Décision pour faire baisser le cours de l'or noir qui flambe depuis plusieurs jours.
00:18400 millions de barils qui correspondent à 20 jours de passage dans le détroit d'Hormuz,
00:24signe que les acteurs du secteur s'attendent à ce que le conflit dure.
00:27On va écouter Emmanuel Macron.
00:29Nous avons finalisé ces dernières heures, et ça a été annoncé à l'instant,
00:33la décision formelle de libérer 400 millions de barils de nos réserves stratégiques.
00:40Quand je dis nous, c'est la trentaine de pays qui sont dans l'Agence Internationale de l'Énergie.
00:45Ces 400 millions de barils, pour vous donner un ordre d'idée,
00:48ça représente environ 20 jours de sortie de barils par le détroit d'Hormuz.
00:55Donc c'est significatif, c'est la plus grande libération de barils qui a été faite
00:58depuis qu'on pratique ces libérations de réserves stratégiques.
01:04Et je le disais tout à l'heure, Gauthier, c'est l'un des points qu'on a retenus
01:06de la conférence de presse d'Emmanuel Macron de cette prise de parole.
01:09Il appelle Donald Trump à clarifier ses buts de guerre,
01:13signe que ce n'était pas le cas jusqu'à présent.
01:15Alors d'abord, il y a une prudence qui est de mise,
01:18puisque vous vous souvenez qu'il n'y a pas si longtemps,
01:22Emmanuel Macron avait voulu citer en quelque sorte Donald Trump
01:26et que celui-ci lui avait renvoyé de manière très verte,
01:29« Mêlez-vous de vos affaires », en gros, c'était ça.
01:32Bon, alors là, il y a la prudence qui est mère de toutes les sagesses.
01:35Mais là où il y a quelque chose qui est à la fois à remarquer
01:42et un peu décontenançant, si vous me permettez de passer cette expression,
01:47c'est le fait que le président français,
01:49dans un cas de figure comme celui-ci,
01:52et dans un caractère historique au sens malheureux,
01:56au sens péjoratif du terme,
01:59parle évidemment, alors ça c'est parfaitement normal,
02:02de la sécurité des ressortissants, très bien,
02:04des ressortissants français,
02:06parle des accords qui dit la France avec des pays du Golfe,
02:09ce sont des accords qui sont issus,
02:12accords de défense pour la plupart,
02:13mais issus évidemment du marché juteux
02:16que représentent pour l'armement français ces pays,
02:19et que pour le reste,
02:21là où récemment la France avait parlé à propos de Nicolas Maduro,
02:24qui avait été donc enlevé par les Américains,
02:27la France avait dit, on ne peut pas non plus
02:29ne pas se réjouir de la fin d'un dictateur,
02:32ce qui était une formule à la fois choc,
02:37mais surtout qui correspond à ce que la France prétend être
02:40dans le concert international,
02:42c'est-à-dire on défend, bec et ongle,
02:45ce qui est de l'ordre de la dignité humaine et de la liberté.
02:48Et là, on sent le président français gêné aux entournures,
02:52parce que, eh bien, d'abord il y a la prudence qui est de mise,
02:56et surtout le fait que la France se sent,
02:59et malheureusement elle a raison,
03:01se sent décalée en décalage dans cette affaire,
03:03même s'il y a le porte-avions Charles de Gaulle qui est sur place.
03:08C'est une façon symbolique même de rattraper le déficit politique
03:11actuel de la France dans cette affaire.
03:14Et donc, quand on voit les prises de position du président américain
03:17et de son administration,
03:19on se dit, sans remettre à l'avis de l'administration américaine,
03:22c'est bien la preuve qu'il y a pour l'instant,
03:24on va voir, mais qu'il n'y a pas grand-chose à dire,
03:26et qu'on se remet, on se pend aux lèvres d'une administration
03:30qui est forcément lacunaire,
03:32et en même temps erratique,
03:36et sans pour autant vouloir véritablement aller jusqu'au bout.
03:39Donc, cette conjonction de trois qualités,
03:42de trois caractéristiques plutôt,
03:44et le fait de les accepter quand on est président français,
03:46c'est un peu bizarre.
03:47Donald Trump, qui on le rappelle,
03:48avait parlé hier d'excursions de courte durée en Iran.
03:52Oui, avec ce type de termes, de terminologies
03:58qui est quand même assez infamante pour ceux qui sont en dessous
04:02des bombes, quelles qu'ils soient,
04:04et notamment les civils iraniens.
04:06Merci beaucoup Gauthier pour votre décryptage.
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