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  • il y a 3 mois
"L'Inspecteur", une pièce de théâtre, met en scène une école hors du temps où prêtres en soutane, enseignants atypiques, militants politiques, croyants fervents et marginaux inclassables se côtoient... jusqu'à ce qu'une inspection académique vienne bouleverser leur communauté.
Sébastien Lafitte, professeur de lettres classiques, a puisé dans son vécu pour décrire la froideur de la bureaucratie, teintée d'idéologie, s'abattant sur un véritable lieu de vie.

Catégorie

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Éducation
Transcription
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00:06Chers télévisateurs, bonjour.
00:07Pour notre Zoom du jour, nous allons au théâtre
00:10où, en un sens, nous allons à l'école avec Sébastien Laffitte.
00:14Bonjour, monsieur.
00:15Bonjour, monsieur.
00:16Alors, Sébastien Laffitte, vous êtes professeur de lettres classiques.
00:20Vous avez déjà écrit une pièce de théâtre, Sainte-Julienne de Cornillon.
00:24Et aujourd'hui, vous nous présentez une autre pièce de théâtre
00:26intitulée L'Inspecteur.
00:28C'est une comédie en cinq actes et en vert.
00:32C'est publié aux éditions du Verbe Haut.
00:34Alors, vous nous y présentez une école,
00:37une école que vous décrivez comme étant en dehors du temps
00:41et sur laquelle une inspection va s'abattre.
00:45Alors, évidemment, vu que vous êtes enseignant,
00:47la première question qui se pose, c'est
00:49y a-t-il du vécu dans cette pièce de théâtre ?
00:54Oui, tout à fait.
00:54La matière de la pièce correspond à un vécu,
00:58à une expérience de professeur dans deux établissements
01:02où j'ai pu travailler dans le passé
01:03et qui m'ont laissé d'impérissables souvenirs.
01:07Je fus notamment ému par la figure du cancre,
01:11puisque j'ai eu le privilège de côtoyer des cancres fameux,
01:16que j'ai voulu immortaliser dans cette pièce.
01:20Alors, il y a aussi, évidemment, il y a une figure très forte dans ce ouvrage,
01:25c'est l'inspecteur qui a droit à des surnoms peu flatteurs.
01:29Il est appelé l'hydre de l'air, il est appelé le corps maigre
01:33couvert par un costume sombre.
01:36Et là, ça va très loin, parce qu'on va même jusqu'à faire des petites références
01:39à l'URSS pour le décrire.
01:44Je vous cite d'ailleurs ce passage.
01:48Mais qu'est-ce que c'est donc que cette république,
01:51qui gouverne si mal et toujours par la trique,
01:53parlant de tolérance et ne désirant rien,
01:55que remplir de banniards le désert sibérien ?
01:59Pensez-vous que l'éducation nationale fonctionne un peu comme une sorte d'URSS
02:04avec ces commissaires du peuple qui viennent dans nos écoles ?
02:08Alors, je n'ai pas voulu attaquer, évidemment, l'ensemble des inspecteurs,
02:11car il y en a sans doute deux très bons.
02:14Je crois que chacun aura noté que l'éducation nationale
02:18est motivée par des tendances idéologiques
02:22qui peuvent faire penser à des tendances, je dirais, oui, soviétiques.
02:29Et ça remonte, je pense, à la Révolution française.
02:33Il s'agit d'une institution qui mène traditionnellement la guerre contre l'Église.
02:39L'École de la République a été fondée sous la Troisième République,
02:44en 1881, par Jules Ferry, dans une ambiance d'anticléricalisme.
02:49Il faut penser à Gambetta, le cléricalisme voilà l'ennemi.
02:53L'École de la République a été en partie fondée pour arracher,
02:58je dirais, les Français, les enfants à l'influence de l'Église.
03:01Et quelque chose de cette idéologie est restée dans l'école actuellement.
03:05On le voit à travers la persécution que subissent
03:08les établissements catholiques sous contrat au moment où nous parlons.
03:13Oui, récemment, il y a quelques jours,
03:15c'est le secrétaire de l'enseignement privé catholique
03:18qui a déclaré que les contrôles étaient abusifs.
03:23La législation s'y prête, il y a la loi Gatel de 2018,
03:26la loi dite séparatisme de 2021.
03:28On sent qu'il y a vraiment un étau qui se resserre.
03:30L'État a vraiment resserré ses griffes sur la liberté d'enseigner,
03:34sur le privé sous contrat comme sur le privé hors contrat,
03:36les fameuses écoles libres.
03:37En ce moment, on parle surtout du privé sous contrat,
03:40ce qui est un peu étonnant, car beaucoup d'écoles sous contrat
03:44ne sont plus catholiques que nominalement.
03:46Il semble que le seul nom agace certaines personnes.
03:52En effet, que dire ?
03:56C'est un constat que nous faisons.
03:58En effet, les écoles catholiques sont violemment attaquées.
04:02Alors, j'ai écouté ce que disait Guillaume Prévost à ce sujet.
04:06Dans certains cas, évidemment, les inspections se passent bien,
04:10elles sont respectueuses, mais dans d'autres cas,
04:12qui sont très nombreux.
04:14Les inspections se passent mal, c'est-à-dire que les inspecteurs
04:18commettent des abus de pouvoir, interrogent les élèves isolément,
04:23alors qu'ils n'en ont pas le droit.
04:25Nous avons relevé le cas d'un inspecteur qui avait fouillé
04:28dans les affaires personnelles d'un professeur, par exemple.
04:32Il faut écouter M. Guillaume Prévost à ce sujet.
04:34Oui, c'est un très fort abus de pouvoir, en effet.
04:37C'est même un acte irrépréhensible.
04:40Sans doute, oui.
04:44Donc, justement, sur le côté catholique, sur le côté religieux,
04:48on voit que votre école est une école catholique,
04:50avec un abbé qui est très présent.
04:53Mais en même temps, on voit que l'école où tout le monde,
04:57finalement, tout le monde a sa place.
04:59Cette école catholique est un peu ouverte à tous,
05:02comme si, au fond, c'est elle qui a appliqué les principes
05:07que la République prétend appliquer.
05:08Oui, tout à fait. C'est une école où les...
05:11Je décris un monde, si vous voulez,
05:13au sens où on parle du petit monde de Don Camillo.
05:17Un monde où chacun peut exister selon sa subjectivité propre.
05:22Un monde où les personnalités se développent harmonieusement,
05:27dans le respect de la singularité de chacun.
05:31Un monde où les individus se font grandir les uns les autres,
05:35en raison de l'amitié qui les lie, mais une amitié qui est ordonnée à l'idée de bien.
05:41Et si c'est l'idée de Dieu, évidemment, c'est une école catholique.
05:45Alors, votre inspecteur, il représente un peu la République, la laïcité.
05:50Il représente aussi des principes idéologiques et notamment des méthodes scolaires très discutables,
06:00très tentées d'idéologie.
06:01Alors, au début de son inspection, il est confronté au professeur de lettres,
06:10M. Léandre.
06:11Je ne me trompe pas d'un personnage, c'est M. Léandre.
06:13Qui est professeur de lettres, et votre scoton lui reproche de faire étudier Corneille
06:19et de ne pas mettre sur un même plan Corneille et quelques auteurs.
06:27Auteurs contemporains.
06:28Auteurs contemporains.
06:30En fait, vous cherchez à pointer ces méthodes idéologiques, en fait,
06:37où finalement on est dans le nivellement vers le bas.
06:39Oui, c'est un constat.
06:41Alors, il faudrait peut-être remonter de nouveau aux origines de l'école de la République.
06:45Barès, à son époque, a écrit un roman qui s'appelle Les Déracinés, pardon,
06:51qui commence dans une école, en Lorraine, à Nancy.
06:55Nous suivons le destin de sept jeunes Lorrains
06:58qui suivent l'enseignement d'un professeur de philosophie qui s'appelle Bouteillet
07:02et qui représente la République sous sa mouture kantienne, on va dire, à l'époque.
07:08Et Barès reproche à Bouteillet de déraciner déjà ses élèves
07:14en leur enseignant une morale abstraite, en quelque sorte.
07:19Et je crois que l'école, telle que nous la concevons,
07:23ou telle qu'elle a été conçue, continue cette œuvre de déracinement.
07:27Peggy, au début du XXe siècle, se plaignait
07:30qu'on eût abandonné l'épreuve de versification latine au baccalauréat.
07:34Et il voyait là le commencement, si vous voulez, d'un abandon des études classiques,
07:40de l'abandon de l'étude du grec et du latin.
07:42Et le temps lui a donné raison, puisque les lettres classiques ne sont plus rien aujourd'hui,
07:48que les études de grec et de latin ont pratiquement disparu.
07:51Il s'agit là d'un déracinement, puisque la Grèce et Rome sont en partie nos racines.
07:59C'est une œuvre de nivellement.
08:02Alors, moi je me souviens d'un mot fameux de M. Finkielkraut, au sujet de l'école.
08:07Il disait ceci,
08:09« On m'accuse d'être un prophète de malheur.
08:11Or, je ne suis pas un prophète.
08:13Je n'annonce pas une catastrophe à venir.
08:15Je vous dis que la catastrophe a déjà eu lieu. »
08:18C'est-à-dire que la transmission s'est arrêtée.
08:21Pour Hannah Arendt, la crise du monde moderne, c'est la crise de la transmission.
08:25La transmission ne s'opère plus dans le monde moderne.
08:29Les hommes modernes sont dédéracinés.
08:31Et les problèmes de l'école sont en réalité symptomatiques d'une crise de civilisation.
08:37Je crois qu'on peut en convenir facilement.
08:39Et les écoles libres, justement, sont un peu des îlots qui cherchent à revenir, justement,
08:45vers cette transmission que l'École de la République a abandonnée.
08:49– Les écoles libres, les écoles hors contrat catholique,
08:52sont des écoles, en réalité, humanistes.
08:54On pourrait parler d'humanisme chrétien,
08:56pour le différencier de notre genre d'humanisme, celui des Lumières, par exemple,
09:01où l'on enseigne, en effet, les auteurs classiques,
09:04les auteurs grecs, si c'est possible.
09:07Il n'y a pas du grec encore dans toutes les écoles.
09:09Le latin, c'est certain.
09:11Et les auteurs du patrimoine littéraire français.
09:13Il s'agit, en quelque sorte, de renouer le fil rompu de nos traditions littéraires.
09:17Non pas afin de vivre dans le passé, mais afin de s'ouvrir un avenir, tout simplement.
09:23Et pourquoi pas un avenir créateur ?
09:25Le fait que j'écris L'Inspecteur est une preuve qu'on peut s'inspirer de Molière,
09:31de Corneille et de Racine, pour dire le monde d'aujourd'hui.
09:33C'est possible.
09:36Pourquoi ce choix des vers en particulier, surtout sur une thématique aussi contemporaine ?
09:43Alors, je crois qu'il faut nommer le dramaturge un poète dramatique.
09:49Je crois que Corneille, Molière et Racine sont des poètes.
09:52Donc, j'ai voulu œuvrer en poète.
09:55Il faut différencier, on le sait, la poésie et la versification.
09:58Ce n'est pas toujours la même chose, mais les deux se marient très bien,
10:03comme la tradition littéraire le prouve.
10:07La poésie, c'est une œuvre littéraire, mais qui naît d'une élévation de l'âme vers le beau, si
10:12vous voulez.
10:14Et c'est de cette élévation de l'âme que procède la poésie et l'œuvre littéraire en elle-même.
10:21Nous vivons dans un monde où la poésie a pratiquement disparu.
10:25Écrire des alexandrins, écrire une œuvre littéraire, simplement, en se mettant à l'école des anciens,
10:30c'est aller à contre-courant.
10:35Pourtant, il est dans la nature de l'homme de s'ordonner aux idées de vraies, de beaux et de
10:41biens.
10:42Donc, j'essaie, en dépit d'une atmosphère contraire à cette élévation,
10:49d'aller dans ce sens, à la fois pour moi,
10:53et d'inciter les autres aussi à s'ordonner à ces idées transcendantes, si vous voulez.
11:00Et alors, pourquoi le choix d'une pièce de théâtre ?
11:04C'est vrai que c'est facile de représenter comme ça une école, une salle de classe sur une scène
11:10de théâtre.
11:10Est-ce qu'il y avait une raison particulière de choisir plutôt le théâtre,
11:13plutôt que l'écriture d'un roman, par exemple ?
11:15J'ai procédé par imitation.
11:17Il se trouve que je suis un amateur de théâtre classique,
11:21de Corneille, de Molière et de Racine, que j'ai déjà cité.
11:25Et à force de les lire, de m'en imprégner,
11:27j'ai eu l'idée, moi-même, de produire quelque chose
11:33qui ressemble à ce qu'ils ont eux-mêmes produit.
11:38Ensuite, il y a le vécu.
11:40En tant que professeur, j'ai vécu des scènes comiques en classe avec les élèves
11:46que je pouvais facilement reproduire dans le cadre d'une pièce de théâtre.
11:51Il m'a semblé que le genre théâtral était mieux à même de traduire l'atmosphère comique
11:59dans laquelle j'ai exercé, dans les écoles desquelles j'ai parlé tout à l'heure,
12:05que par exemple le roman ou une autre forme.
12:12C'est vrai que ça se prête assez bien à quelques rebondissements comiques,
12:14comme par exemple les bouteilles qui disparaissent.
12:17Est-ce qu'il y a du vécu là aussi ?
12:18– Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
12:20Le personnage de M. Tonnerre m'a été inspiré par un ami, amateur de piconbière en effet,
12:27un ami très pittoresque, c'est-à-dire digne d'être peint,
12:31un ami qui possède une poésie intérieure extraordinaire
12:35et qui m'a inspiré le personnage dont j'ai nommé M. Tonnerre,
12:39ce qui correspond bien à son tempérament, Tony Truant.
12:43– Oui, c'est vrai qu'en fait, vous avez réussi à faire une pièce
12:46avec assez peu de personnages, mais avec suffisamment de caractère
12:50pour bien poser un décor, vraiment, pour que le lecteur,
12:56ou peut-être plus tard le spectateur, puisse vraiment visualiser une ambiance,
13:00imaginer cette école dans son décor.
13:02– Alors, des personnages, il y en a beaucoup tout de même,
13:05il y en a 14, je crois, dans une pièce de Molière,
13:08ou de Corneille, ou de Racine, on en rencontre moins.
13:11Certains qu'on rencontre davantage dans le théâtre de Shakespeare,
13:15on peut trouver 30 personnages sur scène, donc ils sont 14.
13:19Pourquoi ce nombre ? Parce qu'il y a d'abord un directeur, des professeurs,
13:23au moins deux professeurs, le surveillant général,
13:29puis il faut des élèves.
13:30Alors, on ne peut pas faire une classe avec deux élèves seulement.
13:33J'ai choisi cinq élèves, oui, pour que l'ensemble ait l'air d'une classe tout de même.
13:39– Donc, justement, cinq élèves, ça permet de rendre bien votre atmosphère vivante.
13:44Et en fait, on voit bien d'un côté, avec les élèves,
13:48qui représentent cette chaleur, cette vivacité,
13:52cette joie de vivre, cette manière de s'amuser.
13:55On sent qu'il s'amuse tout au long de la pièce.
13:59Et ça, vous opposez à l'inspecteur, qui représente plutôt la froideur,
14:03une administration froide, un peu déconnectée, finalement, du réel.
14:07C'est un peu… Il y a une opposition entre deux mondes, en fait.
14:10Entre, d'un côté, l'école et de l'autre, l'inspecteur.
14:11Deux mondes qui semblent ne pas se comprendre.
14:13– Oui, tout à fait, oui.
14:14Nous avons d'un côté, donc, une école vivante et joyeuse,
14:18et de l'autre, une administration, pardon, triste et froide.
14:24Et cela est lié, je pense, à la façon dont chacun ordonne sa vie,
14:28selon l'idée du bien, selon, je dirais, une absence d'idée,
14:35une façon d'être désordonné par rapport à des idées transcendantes et supérieures.
14:40Nous avons, d'une part, donc, un monde ordonné,
14:43qui est un monde hiérarchique,
14:45qui est le monde de la petite école que je décris, dans la pièce,
14:48où chacun vit librement.
14:51Donc, ici, l'autorité est garante de la liberté.
14:55Et en face, nous avons un individu, l'inspecteur,
14:57qui représente l'idée d'égalité.
15:00Et cette idée d'égalité est délétère, en ce sens,
15:03qu'elle peut engendrer la volonté du nivellement
15:07et de la destruction, en fait, de ce que doit être une société,
15:11c'est-à-dire une hiérarchie.
15:14Donc, nous avons un inspecteur qui mène plutôt une œuvre de destruction.
15:19– Si vous voulez.
15:22– Oui, en fait, il prétend apporter une égalité,
15:28mais qui va l'encontre, finalement, de l'épanouissement, finalement.
15:30– Tout à fait, oui, c'est l'égalité pour les autres et l'autorité pour lui.
15:34Il garde pour lui l'autorité, mais pour les autres, c'est le nivellement.
15:37Et donc, le nivellement, c'est la disparition, en fait,
15:41de toute subjectivité véritable, en réalité,
15:43de toute liberté, de tout l'hyrisme personnel.
15:47– Vous faites l'apologie, vraiment, de l'école où il y a un cadre,
15:51il y a une autorité, mais cette autorité, en fait,
15:55apporte des repères qui permettent l'épanouissement de chacun,
15:58de chaque élève ?
15:58– Tout le monde sait que le mot autorité vient du latin aogéo,
16:02faire grandir.
16:03Donc, l'autorité légitime, c'est celle qui fait grandir, par amour,
16:08ce qui est soumis, justement, à l'autorité.
16:11Donc, nous avons, je peins le spectacle d'une école
16:15où les élèves grandissent librement,
16:18y compris en accomplissant certaines farces, vous voyez,
16:21que les professeurs regardent et considèrent avec beaucoup de bienveillance.
16:26Et puis, il y a les autorités illégitimes.
16:29Ce ne sont pas les autorités qui font grandir,
16:30ce sont les autorités qui écrasent, tout simplement.
16:33On appelle cela la tyrannie, je crois.
16:35Donc, mon inspecteur se comporte, en effet, de façon tyrannique.
16:40– Et votre inspecteur, il représente aussi ce pouvoir politique,
16:47administratif, qui s'est octroyé sa propre définition du bien et du mal.
16:51– Oui, tout à fait, oui. Oui, c'est ça.
16:54Ils appellent, l'inspecteur appelle bien ce que nous appelons mal,
17:00et il appelle mal ce que nous appelons bien.
17:03Nous sommes dans, on pourrait appeler une inversion des valeurs, en effet,
17:06une sorte de subversion.
17:09Mon inspecteur est un agent de subversion.
17:12– Mais dans l'école, l'école publique, l'école de la République,
17:19on cherche à dépasser ce rôle qui est tout simplement de transmettre un savoir,
17:25si tant est qu'il le fasse toujours,
17:26parce que vous avez évoqué tout à l'heure cette question de la crise de la transmission,
17:29mais ça a apporté un rôle, a donné un rôle à l'école
17:33qui n'est pas son rôle naturel.
17:35Par exemple, l'éducation civique,
17:38est-ce que ça a sa place à l'école ?
17:53Ce sont des questions qu'on peut se poser aussi.
17:55– Vous savez bien que je vais vous répondre non pour le deuxième élément.
18:00Le premier, c'est discutable, en effet.
18:02Ce sera un cours de morale, en quelque sorte, de morale civique
18:05qui remplacerait le catéchisme.
18:08Bon, laissons cela, mais en effet, les programmes EVAR sont très inquiétants.
18:13Si on les considère, pour ce qui relève des petites classes,
18:19on va nous expliquer qu'il s'agit d'apprendre aux enfants ce qu'est le consentement.
18:26On va apprendre à l'enfant à dire non à des personnes qui seraient malveillantes.
18:32Mais si l'on considère ces mêmes programmes se rapportant aux classes de collège,
18:38on voit apparaître des expressions comme « lutter contre les stéréotypes de genre ».
18:43Et je crois que ce sont de telles expressions
18:46qui viennent nous renseigner sur la nature réelle de ces programmes,
18:49qui ont donc pour but, je crois, un but délétère,
18:53un but destructeur à l'égard des enfants.
18:56Il s'agit, je crois que ce sont plutôt les garçons qui sont visés,
19:00que les filles.
19:01Il s'agit de détruire, je crois, l'identité virile des garçons.
19:07J'y vois une intention, en tout cas maligne, derrière.
19:10Je ne suis pas le seul.
19:10Ces programmes sont très dénoncés, très combattus,
19:14mais enfin, ils sont en vigueur.
19:16Et c'est parce que ces programmes sont combattus,
19:19notamment au sein de l'Église catholique,
19:23que le ministère a choisi de persécuter ces écoles qui résistent.
19:29Ils ont en tout cas moins un motif.
19:32– D'ailleurs, savez-vous,
19:34alors vous n'enseignez plus dans le privé sous contrat,
19:38maintenant vous êtes dans l'école libre, c'est ça ?
19:40– Savez-vous comment, dans le privé sous contrat,
19:45les enseignants arrivent à composer avec ce programme EVARS,
19:52ce programme d'éducation affective ?
19:54– Dans les établissements sous contrat, dites-vous ?
19:55– Alors, dans les petites classes,
19:58je crois que ce sont les instituteurs eux-mêmes
20:00qui sont chargés de donner cet enseignement.
20:04Donc, ils peuvent peut-être s'en débrouiller, si vous voulez,
20:08plus facilement que dans les classes de collège,
20:10où l'on peut faire appel à des intervenants extérieurs.
20:15Intervenants extérieurs qui peuvent être, justement,
20:18mûs par des intentions idéologiques délétères.
20:23Et je ne suis pas certain que les directeurs d'établissements
20:29aient le pouvoir de refuser l'entrée de leur établissement
20:34à ces personnes.
20:35En tout cas, c'est un débat qui a cours aujourd'hui,
20:38un combat, une lutte qui est en cours en ce moment.
20:41Il faut souhaiter que l'État reconnaisse,
20:45enfin, je dirais, le statut propre des écoles catholiques,
20:50et notamment la légitimité que les écoles catholiques ont
20:56à donner, en ce qui concerne l'éducation à la vie affective,
21:01un enseignement qui leur soit propre.
21:05Parce que depuis très longtemps,
21:07les écoles catholiques délivrent ces formations aux élèves
21:11à travers les formations qu'on appelle Teen Star ou XY.
21:17Il y a beaucoup de dénominations.
21:19L'École catholique est peut-être pionnière, d'ailleurs,
21:22sur ces questions.
21:25C'est-à-dire qu'elle a suivi, peut-être,
21:27je crois, les enseignements de Jean-Paul II,
21:29vous voyez, sur la théologie du corps.
21:32– Et pour revenir, justement, dans notre école,
21:40dans l'école de votre pièce de théâtre,
21:46on le voit d'ailleurs dès le début,
21:48alors c'est vrai que j'aurais dû peut-être commencer par le début,
21:56avant, comment dire, lever du rideau, si je puis dire,
21:59avant les trois coups, vous commencez en guise de préface
22:02par des échanges de lettres envers vos personnages.
22:05Alors comme ça, on peut déjà découvrir un petit peu vos personnages
22:08avant d'entrer en scène.
22:11Avant leur entrée en scène, on y voit surtout leur nostalgie,
22:14leur regret quant à l'école,
22:16qui semblait être comme un paradis perdu, en quelque sorte.
22:20– Oui, tout à fait.
22:20Donc c'est un avant-propos que j'ai écrit bien longtemps,
22:23après avoir composé la pièce,
22:27puisque une des écoles dans lesquelles j'ai travaillé
22:30a fermé depuis.
22:31Ce fut un motif de tristesse pour mes amis,
22:35mes anciens collègues et moi-même.
22:37Et j'ai eu besoin d'exprimer à la fois cette tristesse
22:41dans un avant-propos,
22:43mais aussi de porter un message,
22:45un message aussi d'espoir,
22:46puisque nous partons chacun avec tant de bons souvenirs
22:51que nous serons capables peut-être de fonder
22:54de nouvelles écoles ou d'inspirer d'autres personnes
22:57dans ce sens.
23:01– En tout cas, on sent que c'est toujours une…
23:05se lancer dans l'aventure de l'école,
23:07c'est toujours un grand projet.
23:10et puis il doit y voir après la suite des événements,
23:16après une fois que les élèves ont quitté l'école,
23:19voir ce qu'ils deviennent.
23:20Écoutez, merci beaucoup Sébastien Laffilde
23:22pour ce témoignage à travers cette pièce de théâtre,
23:27qui attend d'être lue.
23:29Vous la trouverez bien sûr sur la boutique de TVL,
23:31ou qui attend aussi d'être bien sûr sur la scène d'un théâtre.
23:35Ciao à tous les éditeurs, à bientôt.
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