00:00Près de dix ans après la crise post-électorale qui avait secoué le Gabon à la suite de la réélection
00:05contestée d'Ali Bongo-Ondimba,
00:07de nouvelles révélations viennent raviver le débat sur les responsabilités dans la répression qui avait suivi le scrutin.
00:13Dans une enquête publiée le 5 mars, l'hebdomadaire français Marianne affirme que le Quai d'Orsay, du nom du
00:18ministère des Affaires étrangères,
00:20aurait délibérément limité la transmission de documents diplomatiques dans le cadre d'une enquête ouverte en France pour « Crimes
00:26contre l'humanité ».
00:27Selon le média français, l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine
00:32avait sollicité dès juillet 2020
00:35la communication de documents diplomatiques relatifs aux événements survenus au Gabon à la suite de la présidentielle d'août 2016.
00:42Sur les 315 documents identifiés par le ministère français des Affaires étrangères, seuls 35 auraient finalement été transmis aux enquêteurs.
00:50L'hebdomadaire affirme que les autres pièces auraient été triées selon leur sensibilité avant d'être retenues.
00:55Parmi les documents qui n'auraient pas été communiqués figureraient notamment un dossier détaillant les irrégularités électorales,
01:01un témoignage direct relatif à l'attaque du quartier général de campagne de l'opposant Jean Ping à Libreville,
01:07ainsi que plusieurs photographies décrites comme particulièrement violentes.
01:10En interne, certains responsables du ministère auraient exprimé des réserves quant à cette rétention de documents.
01:15Marianne cite notamment un responsable du Quai d'Orsay qui aurait écrit que cette attitude donnait l'impression
01:20de vouloir couvrir les violences post-électorales de 2016.
01:23L'enquête revient longuement sur les événements survenus dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2016,
01:29quelques heures après l'annonce des résultats de l'élection présidentielle.
01:33À Libreville, le quartier général de campagne de l'opposant Jean Ping avait été attaqué par les forces de sécurité
01:38dans un contexte de contestation des résultats du scrutin.
01:42La mission d'observation électorale de l'Union européenne avait alors estimé que le processus électoral
01:46était entaché d'anomalies mettant en question l'intégrité du scrutin,
01:51notamment dans la province du Haut-Togo et fief de la famille Bongo,
01:54où la participation officielle avait atteint 99,93%.
01:59Selon les témoignages cités par Marianne, l'assaut contre le QG de Jean Ping aurait impliqué
02:03des tirs nourris et des violences ayant causé plusieurs morts et blessés.
02:07Un témoin direct évoque dans l'enquête un carnage à l'intérieur du bâtiment.
02:11L'article du magazine évoque également la possible implication de ressortissants français
02:14dans le dispositif sécuritaire entourant la présidence gabonaise à l'époque.
02:19Selon les éléments cités, un ancien officier français reconverti dans le secteur privé
02:22aurait exercé en 2016 comme conseiller militaire auprès du président Ali Bongo sous le pseudonyme 02.
02:30Deux anciens légionnaires français auraient également participé à la sécurité présidentielle
02:34et l'un d'eux aurait été aperçu aux abords du quartier général de Jean Ping avant l'assaut.
02:39L'enquête mentionne par ailleurs le rôle présumé d'un membre de la famille présidentielle de l'époque,
02:43alors responsable du renseignement gabonais et détenteur de la dôme nationalité, franco-gabonaise.
02:49Selon Marianne, un agent du ministère français des Affaires étrangères
02:51aurait finalement signalé l'affaire à la justice en décembre 2024.
02:55La justice française poursuit depuis ses investigations,
02:58tandis que certains responsables impliqués dans la gestion du dossier au sein du Quai d'Orsay
03:01auraient quitté leur fonction ces dernières années.
03:04Ces révélations interviennent dans un contexte profondément transformé sur le plan politique au Gabon,
03:09marqué par la chute du régime d'Ali Bongo à la suite du coup d'État du 30 août 2023.
03:14Alors que les investigations judiciaires se poursuivent en France,
03:16cette enquête relance les interrogations sur la gestion internationale de la crise gabonaise de 2016
03:22et sur les responsabilités éventuelles dans les violences qui avaient suivi l'élection présidentielle.
03:28Sous-titrage Société Radio-Canada
03:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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