00:00Bonjour Salvatore Adamo.
00:02Bonjour Elodie de Siguo.
00:03Bonjour à toutes et à tous.
00:05C'est notre dernier jour passé ensemble dans le monde d'Elodie sur France Info.
00:08Avec un double vinyle et un double album intitulé Des Nefles et des Groseilles.
00:12Saison 1 j'ai envie de dire, avec pas moins de 26 titres en CD et 12 en vinyle.
00:16Et cette date à l'Olympia à venir le 22 mars prochain.
00:18Vous avez écrit une chanson que vous ne fêtez pas chanter et enregistrée, c'est Les Anges de l'Ombre.
00:24Oui, pour le personnel hospitalier.
00:26Oui, en fait c'est la chanson que j'ai écrite pour ma sortie d'hôpital quand j'ai eu
00:34mon AVC.
00:36Et je ne l'ai chanté qu'une fois sur scène au théâtre de Mons, où tout avait commencé pour
00:44moi.
00:44C'était juste pour remercier le corps médical, les infirmières, les docteurs, les brancardiers, tout ça, dont on ne parle
00:54pas suffisamment.
00:55Voilà, et pour moi, ils ont joué le rôle de l'ange, gardien.
01:02Dans cet album, il y a votre progéniture.
01:04Je voudrais qu'on en parle.
01:06Il y a justement...
01:09La progéniture de ma progéniture.
01:12Voilà, c'est ça, c'est votre petite fille.
01:15Ça représente quoi ça pour vous, de savoir que la relève est là,
01:18que vous avez justement dans votre progéniture, une sorte de passage de relais ?
01:25Je le vis et je m'en suis rendu compte depuis quelques années déjà,
01:31puisque mon fils cadet Benjamin est membre d'un groupe d'électropop
01:39qui s'appelle Fujiya et Miyagi.
01:43Ma fille a fait un duo avec moi, une chanson qui s'appelle « T'aimer » quelque part.
01:52Et elle a eu peur.
01:57Elle a eu peur de ce métier public.
02:01Mais là, je pense avoir réussi à la convaincre à nouveau de chanter.
02:08On va la revoir, là.
02:10Et mon fils aîné, qui lui est pilote, est aussi bassiste dans un groupe.
02:16Donc, la fibre musicale a été bien transmise.
02:21Vous avez pris le soin, justement, effectivement, de leur proposer aussi
02:24de devenir à leur tour chanteur, chanteuse, auteur, compositeur, interprète.
02:30Certains artistes, justement, évitent, enfin, disent à leurs enfants
02:34de ne pas suivre le même chemin.
02:35Ça n'a pas du tout été votre cas, vous, Salvatore.
02:37Vous avez toujours eu besoin et envie de partager ces émotions-là.
02:41Mais c'est surtout aux enfants de décider.
02:45Je ne vois pas pourquoi et comment un père ou une mère artiste
02:51interdirait à ses enfants de suivre le même chemin.
02:55Non.
02:55Bon, en tout cas, c'est très émouvant de vous entendre.
02:59chanter aux côtés de votre petite fille.
03:01En 2001, vous vous êtes essayé au roman avec le souvenir du bonheur
03:03et encore du bonheur.
03:05C'est quoi le bonheur, Salvatore ?
03:09Est-ce qu'on touche du doigt le bonheur à un certain moment de sa vie ?
03:12Est-ce qu'on devient heureux ou pas ?
03:13Ou est-ce qu'on l'est toute sa vie ?
03:15Le bonheur, je ne pense pas que ça puisse être une béatitude.
03:20Tu sais, c'est une accumulation de petits joies qui étoile une vie.
03:30Mais chacun, c'est tellement subjectif en plus, le bonheur.
03:34Il y a une chanson qui s'appelle « La clé du bonheur ».
03:38Je dis « Où est-ce qu'on la trouve ? »
03:39Et je termine en disant « Simplement ».
03:41Mais où se trouve le pot de fleurs ?
03:42Dans ton cœur.
03:44Vous vous affrontez vous-même, presque, dans votre dernier album,
03:47« Des neffles et des groseilles », Salvatore.
03:49Dans ma belle jeunesse, vous avouez de plus avoir des lents de félins.
03:54On comprend beaucoup de choses.
03:55Vous chantez « Attends-moi aux voitures, ralentis-t-on pas ».
03:57Comment vivez-vous le temps qui passe, justement ?
04:00Et le sablier qui s'écoule.
04:02C'est une des chansons qui m'a été suggérée.
04:06Il y en a trois dont j'ai co-écrit le texte.
04:10Et là, c'est un ami journaliste, poète, Sergio D'Amaro,
04:17qui m'a envoyé un texte dans lequel il invectivait la jeunesse.
04:23Sans doute que je n'aurais pas eu cette idée de m'adresser directement
04:27à elle.
04:28Après, il y a quelques images qui viennent de lui,
04:31d'autres que j'ai rajoutées.
04:34Et c'est vrai qu'aujourd'hui, à mon âge,
04:40on peut encore avoir l'impression,
04:42si on est concerné par la vie, d'être jeune.
04:46Il y a ne fût-ce que 50 ans, à mon âge,
04:48on était des patriarches retirés,
04:52qui n'avaient plus droit à la parole.
04:57Donc, encore une fois, c'est sans doute mon métier,
05:01qui n'en est pas un,
05:04qui me donne l'impression d'avoir encore cette jeunesse en moi.
05:09Et c'est grâce au public aussi, certainement.
05:13La musique vous a kidnappé ?
05:19Oui, il y a un peu de ça.
05:21Moi, je le dis différemment dans ma vie.
05:23Je n'y peux rien, c'est elle qui m'a choisi.
05:26Mais c'est vrai,
05:29kidnappé.
05:30Mais personne n'a réclamé de rançon.
05:32Je suis très bien là où elle m'a mis,
05:35où ce kidnapping m'a mené.
05:37On comprend que la musique, quoi qu'il arrive, fera toujours partie de votre vie,
05:40que c'est l'essence même de ce qui fait battre votre cœur
05:45et ce qui vous donne envie d'avancer.
05:47Je pense que même si j'arrête,
05:50parce qu'il faudra bien un jour arrêter de chanter en public,
05:53je n'arrêterai pas d'écrier des chansons et de composer.
05:57Je pense.
05:58Même si elles ne sortiront jamais,
06:00j'en ai quand même une bonne centaine en réserve.
06:04Mais il m'en vient.
06:05Il m'en vient tous les jours des idées de musique.
06:08Sur mon iPhone, j'ai 15 000 maintenant départs de chansons.
06:12Pour terminer, je voudrais qu'on termine sur la chanson
06:14« Aimer comme on respire ».
06:15C'est une chanson de votre dernier album.
06:17Oui.
06:18Est-ce que tout est dit dans cette chanson ?
06:22J'ai essayé de dire le maximum quant à l'urgence de s'aimer.
06:28Et comme j'évoque aussi les choses difficiles,
06:33j'ai tenu à ce que ma petite-fille,
06:36avec sa voix gracile et innocente et émouvante, participe.
06:43Et que je dise, moi,
06:46« Aimer comme on respire et sourire à la vie »,
06:49OK, mais quand elle le dit, c'est bouleversant.
06:53Et la chanson se termine sur sa voix.
06:56Et elle est certainement plus convaincante que la mienne.
07:00Est-ce qu'il y a une chanson dont vous êtes le plus fier ?
07:02Dans tout ce parcours ?
07:05Je ne sais pas.
07:07Vous les aimez toutes, évidemment.
07:08Je suis parfois fier d'une chanson
07:12qui n'a pas eu le parcours que j'espérais,
07:16mais dans laquelle j'essaye de montrer un chemin.
07:24Mais qui suis-je pour le faire ?
07:26Et là, notamment, il y a une chanson qui s'appelle,
07:28je vous en parlais,
07:31« Le monde a mal ».
07:32Le monde a mal.
07:34Je pense que j'exprime
07:38ce que pense la majorité des humains aujourd'hui.
07:41Est-ce qu'on a des regrets par moment ?
07:45On peut en avoir.
07:48Mais plus pour des choses
07:52qu'on n'a pas faites,
07:53par timidité ou par pudeur,
07:56que pour des choses que j'ai faites.
07:58Pour des choses que j'ai faites,
07:59je n'ai pas vraiment de regrets.
08:02Je pense que j'ai fait.
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