00:00Vous avez su nous bercer, nous guider, Salvatore, depuis les années 60, avec vos chansons qui sont devenues des repères.
00:05Vous nous dépeignez des gestes des mains sur tes hanches, tendres et donc pas baladeuses, je leur précise.
00:10Vous nous invitez à découvrir la nuit pendant que tout le monde dort.
00:13Vous nous avez emmenés au bord de la mer, le tout avec une bienveillance qui force le respect.
00:17C'est ce que raconte d'ailleurs le titre « C'est ma vie » qui avait été plébiscité en
00:211975.
00:23C'est vrai que ce titre, il a beaucoup marqué.
00:26Encore aujourd'hui, quand on l'écoute, on a l'impression qu'il n'a pas pris une ride.
00:29Ça veut dire que vous avez aussi cette écriture-là ?
00:33« C'est ma vie » est une chanson qui a été comprise à deux niveaux.
00:42Pour moi, c'est une chanson dans laquelle je m'adresse à mon public.
00:47En 1975, j'avais l'impression que certains m'avaient laissé dans les tiroirs des années 60,
00:57alors que ce tiroir-là, ces chansons-là des années 60 m'ont offert des choses extraordinaires.
01:08Mais à un moment donné, il fallait que j'assume mon âge et une autre actualité.
01:13Et c'est une chanson qui, au Québec particulièrement, a eu deux carrières.
01:18Elle est sortie aussi en 1975, mais elle a plutôt été comprise comme une chanson de couple.
01:27Pourquoi pas ?
01:27Et vingt ans plus tard, il y a eu une campagne pour le lait.
01:33Et au Québec, on a associé ma chanson « C'est ma vie » à la campagne du lait.
01:39Et les jeunes ont redécouvert cette chanson.
01:43Et je me souviens d'avoir fait une télé, « La fièvre du samedi soir »,
01:47où pendant toute la chanson, les filles criaient.
01:50Bon, ça fait plaisir.
01:52Quand on parle de vous, Salvatore, on pense évidemment à toutes les collaborations
01:55que vous avez pu finalement « diriger », entre guillemets, vivre.
02:00On pense à Olivia Ruiz, pour commencer avec ce genre.
02:04Je voudrais que vous me parliez de cette collaboration.
02:06C'est nouveau français.
02:07Voilà, parce que ce qui est assez fou, c'est que cette chanson,
02:11elle est vraiment ancrée en nous.
02:14Elle fait partie de nos vies.
02:16Eh bien, cette chanson, elle est née dans une loge
02:22où j'avais reçu un couple.
02:25J'aime pas le mot « fan », enfin, « d'amis »,
02:29mais je ne connaissais pas.
02:33Et la dame me raconte, fait des compliments,
02:39et elle me dit que sa maison est tapissée de mes photos et de mes posters.
02:44Et puis, du coin de l'œil, je regarde le monsieur
02:49qui, lui, n'avait pas l'air tout à fait d'accord
02:54et qui levait pratiquement les bras au ciel,
02:57qui n'en pouvait plus.
02:59Et donc, j'ai signé l'autographe.
03:03Et une fois qu'ils sont sortis, j'ai souri en moi-même.
03:07Je disais, ça, ça pourrait faire une chanson,
03:11mais je ne peux pas me l'attribuer,
03:14parce que c'est prétentieux.
03:16Donc, j'ai réfléchi et je me suis souvenu
03:20de ce que mon épouse était une grande fan
03:22de la série « Urgence » et de Georges Clooney.
03:27Donc, je l'ai attribuée à Georges Clooney.
03:31Et c'est vrai que j'ai beaucoup de plaisir à la chanter.
03:33Et Olivia l'a interprétée avec une gouaille magnifique.
03:41Je ne vois pas qui d'autre aurait pu le faire.
03:45Qui d'autre de son âge ?
03:47Vous avez toujours eu le besoin de collaborer,
03:49de travailler avec d'autres,
03:51de chanter avec d'autres personnes.
03:53Je pense aussi à Christophe, par exemple.
03:55C'est arrivé très tard, quand même.
03:58À un moment donné, le directeur,
04:02c'est Pascal Nègre qui m'avait proposé
04:05de faire un album de duo.
04:09Moi, j'ai dit, si vous vous en occupez,
04:14moi, je n'oserais pas appeler mes collègues
04:18pour leur demander de faire un duo avec moi,
04:20parce que je sais combien il est difficile de dire non
04:23et que je ne voulais pas embarrasser mes collègues.
04:27Donc, Pascal Nègre a délégué Alain Arthaud,
04:33qui était directeur de Polidor à l'époque.
04:37Et Alain Arthaud a commencé à appeler ces artistes.
04:42Puis, un jour, il m'appelle.
04:44Il me dit...
04:45Alain Souchon a dit oui.
04:48Laurent Voulosier a dit oui.
04:49Yves Simon a dit oui.
04:53Juliette a dit oui.
04:55Morane a dit oui.
04:57Puis, de fil en aiguille, Yves Simon.
05:00Voilà.
05:02Pour moi, c'était presque un test,
05:05un savoir dans quelle famille de chanteurs
05:09je pouvais prétendre me trouver.
05:11Et quand j'ai eu toutes ces bonnes informations,
05:14ces bonnes nouvelles,
05:16bien sûr que je l'ai fait avec grand plaisir.
05:22Arnaud, je lui avais demandé.
05:25Il m'avait dit oui.
05:26Je te rappelle.
05:28Il m'a rappelé alors que le disque était sorti.
05:31Il était comme ça, Arnaud.
05:33Il y a une chanson qui est très, très forte.
05:35C'est Juste un je t'aime avec Camille.
05:37Là, il y a une fusion, d'ailleurs,
05:39même pendant l'enregistrement.
05:40Si vous avez l'occasion d'aller regarder la vidéo
05:42depuis chez vous, faites-le.
05:45C'est une espèce d'harmonie, de symbiose
05:49qui se passe entre vous.
05:50Total, total.
05:50Avec son époux, Clément Ducol,
05:53qui dirige l'orchestre.
05:54On a chanté en direct avec l'orchestre.
05:57Il y avait une soixantaine de musiciens.
05:59C'est devenu assez rare.
06:00Maintenant, on enregistre instrument par instrument.
06:04Et Camille a sorti une voix céleste,
06:08une voix qu'elle n'utilise pas beaucoup
06:11dans ses tours de chant.
06:12Elle a une voix de soprane magnifique,
06:15d'un velouté, d'une délicatesse.
06:19Elle a vraiment sublimé la chanson.
06:22Merci, Camille.
06:24Et en tout cas, elle est allée chercher la nuance.
06:26Et ça met en exergue que vous avez toujours eu
06:29ces nuances-là, Salvator.
06:31Dans votre façon de chanter,
06:32vous avez toujours joué avec la nuance.
06:37Oui, à mon insu, c'est encore dans mon caractère.
06:42La timidité intérieure qui fait que je n'éclate
06:47que quand il le faut.
06:48Sinon, j'essaie de suggérer les choses
06:52et de susurrer.
Commentaires