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  • il y a 1 semaine
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Vous êtes, ma chère Nivine, étudiante franco-libanaise, je disais que vous êtes au sud Liban.
00:05On a envie de savoir comment ça se passe. Dites-nous tout, puisque nous on voit une certaine panique dans
00:11le sud Liban.
00:12Des dizaines de milliers de personnes qui fuient le sud Liban.
00:16Où êtes-vous précisément ? Racontez-nous ce que vous vivez.
00:22Bonjour, alors je me trouve au sud Liban actuellement. Je suis tout droit là dans ma voiture.
00:31Je me rends à Beyrouth parce qu'ils viennent d'envoyer Israël un message d'urgence pour tout le sud
00:38Liban, c'est-à-dire derrière la rivière du Litanie, pour quitter la zone.
00:45Mon village se trouve dans cette zone-là et la ville de Tyre aussi. Nous avons fait nos affaires en
00:50vitesse et nous sommes sur la route.
00:52Alors nous c'est qui ? Votre père, votre mère, vos frères, vos soeurs ?
00:55Alors oui, ma famille, mes parents, mon frère et moi.
00:59D'accord. Où allez-vous concrètement ? Vous allez vers Beyrouth ? Vous avez des amis là-bas ? Où
01:02est-ce que vous allez concrètement, Nivine ?
01:05Donc moi, j'ai une maison à Beyrouth, un appartement parce que je fais mes études sur Beyrouth.
01:11Du coup, je suis en train de me rendre vers mon appartement où nous allons tous vivre pour le moment.
01:17Alors on parle de dizaines de milliers de personnes qui sont comme vous, Nivine, dans leur voiture, en train de
01:22fuir.
01:23Beaucoup d'embouteillages. On parle de personnes âgées qui sont parties comme ça en une fraction de seconde sans leurs
01:28médicaments.
01:30Fatiguées, épuisées, qui dorment un peu n'importe où.
01:32Saola, qu'est-ce que vous pouvez nous témoigner de ce que vous voyez autour de vous, Nivine ?
01:37Tout à fait, tout à fait. Donc on a vu, en fait, notre maison donne vue sur la rue par
01:43laquelle tout le monde passe pour prendre l'autoroute qui nous rend sur Beyrouth.
01:47Du coup, on a pu voir énormément de gens qui prenaient la route. Donc comme vous avez dit, des familles,
01:52des enfants, des vieillards, des gens malades.
01:54De même, il y a des gens qui partaient à pied. Donc ils n'ont peut-être pas les moyens
01:59de se déplacer, qu'ils partaient à pied ou sur des motos.
02:02Et ils étaient plusieurs sur les motos. Donc c'est très, très difficile.
02:06Donc ils fuient comme ils peuvent.
02:07J'ai de la famille qui a passé plus de dix heures sur la route alors qu'en temps normal,
02:12cette route ne prend pas plus d'une heure.
02:14Ah oui, incroyable, incroyable. Et vous, vous êtes en voiture, votre voiture est pleine. Vous êtes combien ? Cinq, six
02:20? Vous êtes combien ?
02:23Alors oui, on est plutôt nombreux et il y a aussi beaucoup de bagages. Donc voilà, c'est ça.
02:29Et les voitures et les routes sont encombrées. Est-ce qu'il y a une certaine panique ou pas autour
02:33de vous ?
02:34Est-ce que c'est une certaine lassitude ? On en a marre ? On a l'habitude de fuir
02:41? On espère que c'est la dernière fois ?
02:42Ou bien est-ce que vous sentez une certaine panique ?
02:45Une panique, oui, c'est normal. Mais il y a aussi un grand sentiment de lassitude, exactement d'habitude, de
02:52déjà vu.
02:53Donc on en a vraiment marre de toujours avoir à revivre le même scénario alors qu'on a à peine
02:59le temps de s'en remettre de la précédente guerre.
03:02Oui. Gabrielle Cluzel, journaliste à Europe 1, vous pose une question ma chère Nivine.
03:07Oui, vu en tout cas de France et pour les témoignages que j'ai pu en avoir, on a l
03:11'impression quand même que c'est un peu le quotidien des Libanais,
03:14qu'en tout cas ceux qui habitent dans le sud, est-ce que vous espérez, de ce qui se passe
03:18actuellement, une vraie pacification du Liban ?
03:23Est-ce que la fin du Hezbollah ou du pouvoir du Hezbollah dans votre pays, est-ce que c'est
03:29quelque chose qui vous lève une espérance en vous ?
03:34Alors bien sûr, nous on aimerait vivre dans la paix comme n'importe quel pays normal.
03:39Le Liban est un magnifique pays et il ne mérite pas tout ce qui lui arrive honnêtement.
03:43Et nous sommes très très fatigués. Le peuple, vraiment, c'est celui qui subit le plus de dégâts.
03:48Donc on perd nos maisons, notre travail, nos économies, nos familles aussi, des proches.
03:55Donc bien sûr, on espère avoir la paix. On espère que le Hezbollah va trouver un accord de paix avec
04:02l'Israël.
04:02Je ne sais pas si pour autant je pourrais dire que j'espère que le Hezbollah n'existe plus parce
04:08qu'au final, ce sont peut-être un peu les seuls qui sont là pour protéger nos frontières.
04:13Mais c'est vrai qu'ils ne sont pas non plus tout blancs.
04:15Donc on espère qu'il y ait peut-être, je ne sais pas, que l'armée libanaise puisse trouver un
04:20moyen de savoir elle-même être apte à défendre son pays.
04:24Merci beaucoup Nivine pour ce témoignage très fort en direct du sud-Liban.
04:30Nivine, 23 ans, étudiante franco-libanaise qui est dans sa voiture en train de fuir le sud du Liban avec
04:36toute sa famille pour aller à Beyrouth
04:38et nous témoigner comment elle voit autour d'elle des personnes qui sont à pied, des personnes qui sont à
04:42moto.
04:42Nous irons d'ailleurs dans un instant, on marque une pause, on revient avec Rayane qui a 22 ans,
04:47qui lui aussi est un étudiant franco-libanais et qui est dans le nord, qui vit à côté de Beyrouth,
04:52au nord de Beyrouth,
04:53pour savoir effectivement comment ça se passe dans le nord de Beyrouth.
04:57On marque une pause, on revient avec ces témoignages au cœur de la guerre.
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