00:01RTL Matin
00:01Elle est la chef des députés RN à l'Assemblée.
00:04Elle a déjà été trois fois candidate à la présidentielle en 2012, 2017 et 2022.
00:07Pour l'an prochain, sa candidature est suspendue à la décision que la justice rendra le 7 juillet.
00:11Marine Le Pen est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL Marine Le Pen.
00:14Bonjour.
00:15Emmanuel Macron a donc parlé aux Français hier soir.
00:17Le chef des Etats vous a-t-il rassuré ? Est-ce que vous avez entendu les mots que vous
00:21attendiez ?
00:23Je n'ai rien trouvé de choquant dans la déclaration du président de la République hier soir.
00:27C'était en même temps court et factuel.
00:31Il a exprimé, et c'est tout à fait légitime, la nécessité de la défense des intérêts français
00:39qui passe par évidemment la protection de nos compatriotes
00:44et notamment ceux qui sont très nombreux.
00:49Je pense aux 100 000 Français qui sont en Israël,
00:52je pense aux 40 000 Français qui sont aux Émirats.
00:55Il y en a 400 000 à peu près.
00:56Voilà, et à tous les autres.
01:00Évidemment, la défense de nos bases militaires.
01:04Envoyer le porte-avions, c'est une bonne idée en Méditerranée ?
01:06C'est une bonne décision ?
01:07Oui, ce n'est pas une décision choquante.
01:09Le concept de la dissuasion nucléaire, c'est précisément de montrer notre force.
01:16Donc, ce n'est pas, encore une fois, une décision qui me choque.
01:22J'ai trouvé qu'il manquait tout de même dans cette déclaration peut-être la préoccupation,
01:28enfin la conscience par le Président de la République de la préoccupation qui est celle de nos compatriotes
01:34sur potentiellement l'explosion du coût de l'énergie qui fait partie aussi, bien entendu, des intérêts français.
01:42Il a dit qu'il n'y a pas de raison de paniquer, c'est ce que expliquent aussi tous
01:45les observateurs sur la hausse des prix des carburants.
01:47Pour vous, il faudrait déjà une intervention de l'État, d'une manière ou d'une autre,
01:51pour essayer de contenir les prix sur le gaz, l'électricité, l'essence ?
01:55Oui, je pense que Mme von der Leyen, plutôt que de multiplier les rendez-vous diplomatiques avec les dirigeants du
02:06Moyen-Orient,
02:07ce qui n'est pas du tout de sa compétence, clairement, qu'elle s'est attribuée, une compétence qu'elle
02:12s'est attribuée,
02:12ferait mieux de réfléchir avec l'ensemble des dirigeants européens à modifier le mécanisme de fixation des prix de l
02:23'électricité en Europe
02:24que nous avons très lourdement critiqué depuis de très nombreuses années,
02:29car le prix de l'électricité dépendant du prix du gaz.
02:32On risque, évidemment, à côté de l'augmentation du prix du pétrole,
02:36de se retrouver avec une augmentation massive du prix du gaz et une augmentation du prix de l'électricité.
02:42Alors bien sûr, tout cela n'est pas obligatoire, tout cela dépend évidemment de la manière dont va tourner le
02:50conflit,
02:51mais gouverner, c'est prévoir, et lorsque l'on sait que le prix du gaz entre samedi dernier et mardi
02:57a déjà doublé,
02:59et que le blocage du détroit d'Hormuz pendant un mois pourrait entraîner encore une augmentation de 130%,
03:05ce sont des choses dont il faut parler.
03:07Il y a ce qui est possible au niveau européen, il y a ce qui est possible au niveau national.
03:10Sur le carburant, Jordan Bardella propose une baisse de la TICPE, la taxe sur les carburants,
03:14et de la TVA sur l'énergie. Vous les demandez d'ores et déjà ?
03:17Mais bien entendu, évidemment.
03:19Dès maintenant ?
03:20Évidemment. On ne peut pas imaginer, si vous voulez, que dans la situation que nous connaissons,
03:24une augmentation du prix de l'énergie permette à l'État de s'enrichir.
03:29Ce qui serait le cas s'il n'y avait pas une baisse de la TVA et une baisse de
03:32la TICPE.
03:32Là, elle est à 20% sur l'essence.
03:34Nous, vous le savez, pour qu'elle baisse à 5%.
03:39Nous avons toujours considéré que l'énergie était un bien de première nécessité,
03:44et que par conséquent, c'est un effort qu'il fallait absolument faire,
03:48parce que cet effort est positif pour l'économie.
03:51Alors ça fait un trou, mais le trou, on le comble avec les économies sur le train de vie de
03:54l'État,
03:54que le gouvernement a refusé de faire.
03:57Cette guerre qui se déroule en Iran et qui touche désormais une partie du Moyen-Orient,
04:00est-elle aussi notre guerre ?
04:02Est-ce qu'on doit s'y impliquer davantage, Marine Le Pen ?
04:04Non, il faut que...
04:05Je crois que, encore une fois, le cadrage donné par le Président,
04:10qui consiste à être dans une position défensive,
04:12à partir du moment où nous avons été directement victimes d'atteinte à nos intérêts,
04:18évidemment, puisque deux de nos bases militaires ont été touchées,
04:22me paraît être le bon cadre.
04:24Donc on doit rester à distance.
04:24Vous m'avez pas... J'ai pas eu l'occasion, quand même, de vous dire,
04:27parce que je voudrais le dire, j'aurais dû commencer par ça,
04:30en réalité, c'est quand même de dire que la fragilisation et espérons-nous,
04:34d'ailleurs, la chute du régime des Molas,
04:35est quand même une bénédiction pour le peuple iranien,
04:37dont je rappelle que la répression...
04:40Il n'est pas tombé, le régime des Molas.
04:41Oui, c'est bien ce que je dis.
04:43Ce serait une bénédiction pour le peuple iranien,
04:46étant entendu qu'ils ont payé un tribut absolument épouvantable,
04:52puisque la répression menée par le régime des Molas
04:54a fait, selon les études, entre 30 000 et 90 000 morts,
04:59sans compter, évidemment, le fait qu'ils vivent sous la botte.
05:02Donc pour vous, cette guerre, elle doit aller jusqu'au renversement du régime,
05:04c'est clair et net ?
05:05Parce qu'on ne voit pas très bien, on ne comprend pas encore,
05:08et c'est normal, le but de guerre,
05:09ni de Benyamin Netanyahou, ni de Donald Trump.
05:12Est-ce que pour vous, l'idée, c'est d'aller jusqu'au renversement du régime ?
05:15Je pense que, on reste au niveau des hypothèses,
05:18puisque vous avez raison, il n'y a pas eu de but de guerre exprimé,
05:21en réalité, ni par les Américains.
05:25On a tout appris à la télé.
05:26Peut-être plus par les Israéliens,
05:29puisque les Israéliens, là, défendent leur survie, si vous voulez.
05:33Pour eux, c'est une guerre de survie,
05:37puisque l'Iran, vous le savez, a toujours déclaré vouloir
05:42la disparition de l'État d'Israël.
05:45Donc je pense que c'est le but de guerre des Israéliens,
05:49le but de guerre des Américains.
05:51Nous l'apprendrons assez vite,
05:52car en général, Donald Trump a tendance à dire ce qu'il pense,
05:56et a certainement un lien...
05:59Et Donald Trump et Benyamin Netanyahou ?
06:01Il y a certainement un lien avec la guerre commerciale,
06:09la guerre monétaire que les États-Unis mènent à la Chine.
06:14Oui, en touchant l'Iran, ils affaiblissent évidemment économiquement la Chine.
06:16Oui, mais comme ça vient juste après le Venezuela,
06:18si vous voulez, on peut quand même s'imaginer
06:20qu'il y a quelque chose de ce type-là.
06:22Mais est-ce que c'est un soutien inconditionnel pour vous ?
06:24Non, mais moi, je n'ai aucun soutien inconditionnel
06:26à l'égard de personne, si vous voulez.
06:28Parce que je considère que la France est un pays souverain,
06:31et que par conséquent, elle peut potentiellement soutenir une action
06:36ou ne pas s'y opposer,
06:39mais elle ne peut jamais s'engager dans un soutien inconditionnel.
06:43Ça voudrait dire que nous faisons primer la souveraineté des autres sur la nôtre,
06:47et ça, pour moi, c'est inenvisageable.
06:50Emmanuel Macron, qui, pour défendre les intérêts de la France,
06:52a redéfini notre doctrine nucléaire.
06:54Il était très clair, la décision d'appuyer sur le bouton
06:56restera un pouvoir exclusif du chef de l'État.
06:58Mais il veut qu'on fasse participer nos alliés européens à des exercices de dissuasion.
07:02Ces choix-là, si vous arrivez au pouvoir dans un an,
07:05est-ce que vous les maintiendrez ?
07:06D'abord, permettez-moi de me réjouir
07:10qu'Emmanuel Macron ait renoncé à tout partage
07:14de quelque nature et de quelque degré que ce soit
07:17de notre puissance nucléaire.
07:20Il a été absolument sans ambiguïté.
07:21J'ai un peu la faiblesse de penser que la pression du Rassemblement National,
07:24quand même, l'a ramené à une forme de raison,
07:26un petit peu comme sur le Mercosur, vous voyez.
07:29Mais nous resterons, d'ailleurs...
07:30Il a jamais dit qu'il voulait partager le bouton.
07:31Oui, enfin, il a été très ambigu.
07:33En tout cas, là, c'est clair.
07:34Alors, bon, là, c'est clair.
07:35Alors, qu'est-ce qu'il propose ?
07:37Il propose que les alliés participent, en fait,
07:41comme spectateurs à des exercices.
07:43Bon, ok, ils seront réduits à un rôle, là, pour le coup, vraiment de spectateur
07:47parce que, vous comprenez bien que la confidentialité des procédures,
07:52on ne leur permettra pas de faire autre chose que cela.
07:54Et il propose une dissémination géographique de nos armes nucléaires.
08:01Bon, je ne vois pas bien l'intérêt de cette...
08:03C'est-à-dire que si vous arrivez au port de main, vous maintenez ça ?
08:05Non, mais je ne vois pas l'intérêt.
08:06Donc, de deux choses.
08:07Une, si vous voulez, soit je dirais à nos alliés,
08:09bon, écoutez, ok, il y a une dissémination géographique,
08:12mais dans ces cas-là, il faut qu'il y ait une contrepartie.
08:14Et la contrepartie, elle passe par l'achat de matériel français.
08:16Parce qu'aller mettre notre arme nucléaire dans des pays
08:19qui achètent des F-35 américains,
08:21parce qu'il y a un moment, il y a une contradiction qui est majeure.
08:24Alors, que les choses soient très claires,
08:26pour nous, aucun partage, ça veut dire aucun partage
08:28ni sur la décision, ni sur la procédure,
08:30ni sur la détermination, bien sûr, de nos intérêts,
08:33ni sur le financement.
08:34Donc, je ne sollicite pas une contrepartie financière.
08:37Je sollicite que les pays en question,
08:40les alliés, nos alliés,
08:43achètent du matériel français plutôt que du matériel américain.
08:46Marine Le Pen, on l'aurait presque oublié,
08:47mais on est à 11 jours du premier tour des municipales.
08:49Jordan Bardella veut mettre en place un cordon sanitaire anti-LFI.
08:52Mais il y a quoi derrière ces mots ?
08:53Quelle réalité ? Ça va se traduire comment ?
08:55Il y a une réalité morale et éthique.
08:56En réalité, c'est un message qui est lancé
08:58à l'ensemble de la classe politique française
09:00pour une raison simple.
09:01C'est qu'à la dernière élection législative,
09:03ils se sont tous mis ensemble.
09:04Ils se sont fait élire les uns les autres.
09:06Mais est-ce que vous, RN,
09:07vous retirerez vos candidats pour faire barrage à LFI ?
09:09Mais non, mais pourquoi on retirerait nos candidats
09:11pour faire barrage à LFI ?
09:12Ce sont des élections municipales, cher ami.
09:15Donc, figurez-vous, il y a un truc extraordinaire.
09:17Quand les gens votent pour le Rassemblement National,
09:19c'est pour avoir des élus au Rassemblement National.
09:21Donc, les RN se maintiendront partout ?
09:22Mais bien entendu, car le Rassemblement National...
09:28Bon, un, ils respectent les électeurs.
09:29Je sais que c'est un truc qui est assez étonnant
09:32pour le reste de la classe politique.
09:33Mais enfin, quand même, nous, on y tient.
09:35Ça veut dire que quand les gens votent pour nous,
09:36c'est pour avoir des élus qui défendent leurs idées.
09:41Donc, des conseillers municipaux.
09:42Donc, deux choses l'une.
09:44J'ai l'occasion de dire,
09:45les municipales, c'est gagnant ou gagnant.
09:47C'est-à-dire, c'est gagnant parce qu'on gagne la mairie,
09:49et on a un maire et une équipe municipale,
09:51ou c'est gagnant parce qu'on a, de toute façon,
09:53des conseillers municipaux d'opposition
09:54qui ont un rôle fondamental à jouer.
09:56Mais en revanche, la classe politique doit s'interroger
10:00puisque une partie non négligeable des députés LFI
10:04l'ont été grâce précisément aux dernières élections législatives,
10:07au retrait de candidats macronistes, LR, socialistes et autres.
10:15À propos de Jean-Luc Mélenchon et de LFI,
10:17quand vous entendez Raphaël Glucksmann comparer
10:18Jean-Luc Mélenchon à Jean-Marie Le Pen,
10:20vous vous dites quoi ?
10:21Je me dis que les propos et le comportement de Jean-Luc Mélenchon,
10:27actuellement, sont bien pires que ce qui a pu être reproché
10:30sur 60 années.
10:32Il est dans les mêmes dérives que celles qui vous ont conduite
10:33à exclure Jean-Marie Le Pen du Rassemblement national ?
10:35Il est dans une provocation électoraliste
10:39qui vise à manier l'antisémitisme
10:44pour essayer de mobiliser l'électorat antisémite.
10:51Donc c'est que Jean-Marie Le Pen empire, en fait.
10:53Non, ça me paraît extrêmement clair.
10:57Mais je note qu'un certain nombre lui trouvent des excuses.
11:03Et pour le coup, disons clairement les choses.
11:06Parce que je vais vous dire, les Français pensent ça.
11:10Si quelqu'un du Rassemblement national avait dit ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon,
11:15ça aurait fait la une des journaux télévisés,
11:17la une des journaux papiers.
11:19Ça aurait engendré des manifestations dans la rue.
11:23Là, ce n'est pas le cas, parce que c'est quand même un mec de gauche.
11:26Et quand même, c'est, voilà, la famille de gauche
11:30est toujours beaucoup plus complaisante.
11:32Jean-Luc Mélenchon occupe la une des journaux radio-télé
11:35et presse-écrime depuis un moment.
11:36Non, non, non, non, c'est faux.
11:37Et à parfois l'indignation sélective.
11:41J'ai une dernière question qui concerne la présidentielle.
11:44Vous avez été très clair, si vous êtes condamné,
11:45que vous avez un brassé électronique, vous ne ferez pas campagne.
11:47C'est-à-dire que le 7 juillet, c'est Jordan Bardella qui sera candidat.
11:50S'il devient président de la République, vous avez dit
11:52j'aurai le rôle qu'il souhaitera que j'ai.
11:54En tout cas, c'est sûr, pas un rôle de tutelle.
11:56Il y a une question à laquelle vous avez répondu non dans un premier temps.
11:58Et depuis, vous n'êtes pas clair.
11:59Pardonnez-moi, vous tournez un peu autour du pot.
12:02S'il est élu et qu'il vous propose d'être sa première ministre,
12:05est-ce que vous accepterez ou pas ?
12:07Quand n'ai-je pas été clair ?
12:08Moi, je n'ai pas trouvé de réponse claire à cette question.
12:10S'il vous dit, pour vous, c'est Matignon, vous dites oui ?
12:13Il faut lire les journaux, figurez-vous, de temps en temps,
12:15parce que j'ai été extrêmement claire.
12:17Je ne suis pas assez informée.
12:17J'ai été extrêmement claire à chaque fois qu'on m'a posé cette question.
12:22Donc c'est oui ou c'est non ?
12:22Donc vous aurez votre petite dépêche AFP.
12:25Parce que c'est le but.
12:27Pour la énième fois, je répète que je ne souhaite pas être premier ministre.
12:32Mais pour l'instant, mon sujet, c'est les municipales.
12:36Et mon sujet, c'est de dire aux Français que le changement,
12:39il commence maintenant aux municipales.
12:41Il n'interviendra pas seulement dans un an aux présidentielles.
12:45Et qu'il faut donc qu'ils aillent voter.
12:47C'est essentiel pour pouvoir, au niveau de leur commune,
12:51obtenir le changement qu'ils souhaitent.
12:52Là, tout le monde sera d'accord.
12:53Il faut voter aux élections 15 et 22 mars, premier et second tour.
12:56Merci Marine Le Pen d'être venue sur Instagram.
12:57Merci à vous.
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