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  • il y a 10 minutes

Emmanuel Macron a proposé lundi une coopération nucléaire inédite pour la défense de l'Europe, assortie d'une augmentation de l'arsenal français, tout en martelant que la France resterait souveraine dans l'emploi de la force. Un discours de "puissance assumée", selon la ministre des Armées. Entretien à retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-mardi-03-mars-2026-3606743

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Transcription
00:00La grande matinale
00:01Alexandre Abel Saïd, vous recevez la ministre des armées
00:04Bonjour Catherine Vautrin
00:06Bonjour Alexandre Abel Saïd
00:07C'est votre première prise de parole depuis le début des attaques israélo-américaines en Iran
00:11Merci d'avoir choisi France Inter
00:13Merci pour votre invitation
00:14Mais d'abord, Emmanuel Macron hier a annoncé une mise à jour de notre politique militaire nucléaire
00:19La doctrine se concentre désormais en une formule
00:22Ça s'appelle la dissuasion avancée à l'échelle européenne
00:25Est-ce que Paris va ouvrir son parapluie nucléaire au-dessus de ses voisins européens ?
00:30Est-ce que c'est un tournant ?
00:31Alors vous l'avez compris, d'abord hier c'était vraiment un discours de puissance assumée
00:35Un discours au service de la paix
00:36Parce que le concept de la dissuasion nucléaire c'est d'être suffisamment fort
00:40Pour préserver nos intérêts vitaux et pour préserver notre pays
00:45Derrière le président de la République s'est inscrit dans une tradition
00:48Que je qualifierais de gaullienne depuis les années 60
00:51Avec une stratégie finalement qui est une stratégie, quels qu'étaient les exécutifs, qui n'a jamais varié
00:57Mais la différence c'est qu'aujourd'hui
00:59Hier, ce que le président de la République a expliqué
01:01C'est que depuis son discours de 2020, le monde a changé
01:05Et je crois que malheureusement l'actualité nous montre la brutalité de ce monde
01:08Et l'idée c'est en fait de bien garder le principe que la doctrine nucléaire est un invariable
01:15Mais dès 1972, et c'est là qu'il est important de regarder cette histoire
01:20Il était déjà dit dans le livre blanc
01:22La France vit dans un tissu d'intérêt qui dépasse ses frontières
01:26Elle n'est pas isolée
01:27Et c'est cela le concept, c'est de dire
01:29Madame la ministre, j'aimerais qu'on comprenne concrètement
01:31Parce que là je me mets à la place de nos auditeurs
01:33Le sujet c'est, on a une puissance nucléaire
01:35Est-ce que là on ouvre le parapluie au-dessus des huit pays qui ont accepté notre offre ?
01:40L'idée c'est de dire que nous sommes un pays qui a des alliés autour de lui en Europe
01:46Et que quand l'un de nos alliés est frappé, évidemment ça concerne aussi la France
01:52Les intérêts vitaux, ils ne sont pas liés aux frontières
01:54On avait déjà des accords avec par exemple la Grande-Bretagne
01:58Qui est la seule autre puissance dotée en Europe
02:00Là l'idée c'est de travailler avec nos voisins
02:04Ils sont huit, ça a été dit tout à l'heure
02:06Je vais les citer
02:07Donc le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark
02:12Mais concrètement, quels sont les engagements réciproques ?
02:14Est-ce qu'on va les faire participer à nos exercices militaires ?
02:18On va leur faire visiter nos sites stratégiques ?
02:20Et du coup ils vont nous laisser installer peut-être des rafales avec des têtes nucléaires sur leur sol
02:24L'idée c'est effectivement de dire qu'ils vont participer à des exercices à nos côtés
02:29Qu'ils vont pouvoir faire du signalement, du renseignement
02:33Ce qu'on a déjà commencé à faire avec des initiatives européennes, c'est le cas de Géwell, c'est
02:37le cas d'Elsa
02:38Et l'idée c'est qu'effectivement nous puissions avoir finalement une force nucléaire et des avions
02:44Qui puissent se diluer dans le ciel
02:46Comme aujourd'hui d'ailleurs, nos sous-marins se dissous, sont quelque part eux aussi dans les océans
02:53C'est le même principe
02:54Et on va placer des armes nucléaires sur leur sol ?
02:56Alors l'idée aujourd'hui c'est de dire que nos avions peuvent concrètement voler
03:01Pour être tout à fait concrète, c'est ça le sujet aujourd'hui
03:04Et c'est cette approche, et c'est ça cette notion de dissuasion avancée
03:08Dans un partenariat qui est un partenariat bilatéral discuté avec chacun de ces pays
03:14Et vous avez vu qu'hier, dès après le discours du président de la République
03:18Plusieurs pays, je pense au chancelier Merz
03:20Mais je peux parler également des Pays-Bas
03:23Je peux citer différents pays qui immédiatement ont dit
03:25On se met au travail, nous souhaitons travailler avec la France pour cette dissuasion avancée
03:29Le chancelier allemand justement, il parle d'une défense nucléaire européenne
03:34Il parle d'un groupe de pilotage nucléaire avec la France entre Berlin et Paris
03:39Est-ce que les mots du chancelier allemand ne disent pas que là on prépare quand même
03:44Un début de perte de notre souveraineté militaire ?
03:47Alors je crois qu'il faut être très clair sur le sujet
03:49La dissuasion nucléaire, c'est la compétence exclusive du président de la République
03:55Et la France est souveraine de bout en bout
03:57En d'autres termes, c'est la France qui finance depuis toujours
04:01Et vous verrez que dans la loi de programmation
04:03Nous avons ce qu'on appelle une surmarche
04:05C'est-à-dire une augmentation de budget sur le sujet
04:08Puisque le président de la République, vous le savez, a souhaité que nous renouvelions des têtes
04:11Ça va coûter combien ?
04:12Très bonne question parce que finalement tout est dans ce que ça va coûter
04:16Aujourd'hui, ce que l'on peut dire c'est qu'aujourd'hui la dissuasion nucléaire
04:22C'est 13% du budget de la défense pour être tout à fait concrète
04:25Et donc quelque part, vous voyez, c'est très important
04:27Et il va y avoir une surmarche ?
04:28Et c'est dans la logique de la surmarche de la défense
04:31Et donc vous voyez bien que ce qui est très important
04:33Et ce qu'il faut garder en tête
04:35C'est que cette souveraineté de bout en bout ne varie pas
04:38Ça reste une décision totalement française
04:41Financée totalement par la France
04:43Et je crois que ça c'est le fondement même de notre doctrine
04:46On ne va pas demander aux alliés de participer à ce fardeau entre guillemets
04:50Nous n'allons pas demander aux alliés de participer
04:53En revanche, nous allons travailler dans le conventionnel
04:56C'est-à-dire hors dissuasion
04:57Sur ce que l'on appelle de l'épaulement
05:00L'épaulement c'est une meilleure coordination à l'échelle européenne
05:04Sur des sujets comme par exemple ce qu'on appelle la frappe dans la profondeur
05:08Où là on est dans des coopérations internationales
05:11Notamment à privilégier avec les 8 pays que vous venez de citer
05:14Et la différence entre hier et aujourd'hui
05:17C'est qu'hier ces alliés croyaient sans doute au parapluie nucléaire américain
05:21Au parapluie à l'OTAN
05:22Et puis là finalement ils se résolvent
05:26Ils sont convaincus par la proposition française
05:28Mais comment est-ce que ça peut s'articuler
05:29Quand on pense que certains de ces pays qui ont dit oui
05:32Les Pays-Bas, l'Allemagne, la Belgique
05:33Ont aussi des bases militaires américaines sur leur sol
05:36Est-ce que vraiment ça peut se faire sans tension
05:38Ces deux parapluies ?
05:39Mais vous savez je crois qu'il faut être très clair
05:41Vous aviez déjà jusqu'à hier
05:44Une stratégie nucléaire française
05:46Et à côté vous aviez une stratégie de l'OTAN nucléaire
05:50A laquelle la France ne participait pas
05:51Donc là-dessus si vous voulez
05:53Les choses n'ont pas évolué
05:55Et là ils vont participer aux deux
05:55Ce qui est important
05:57C'est la discussion en partenariat avec nos pays
06:00Parce que quelque part
06:01Je crois que le mot-clé le Président de la République l'a dit hier
06:05Pour être fort il faut être aussi uni
06:08On ne peut pas être isolé
06:09Et l'intérêt de cette dissuasion avancée
06:12C'est notre capacité à travailler avec plusieurs pays
06:15Et à ensemble partager une vision de la défense
06:18Catherine Vautrin, hier soir en tant que ministre des armées
06:20Vous participiez bien sûr au troisième conseil de défense
06:23Autour d'Emmanuel Macron
06:24Sur la situation en Iran et au Moyen-Orient
06:27Au sujet des attaques, Donald Trump a prévenu encore ces dernières heures
06:30Que la grande vague était sur le point d'arriver
06:33Elle n'était pas encore advenue
06:34Qu'est-ce qui a été décidé hier soir ?
06:37D'abord sans doute, j'ai envie de vous poser cette question
06:39Pour nos ressortissants
06:39On parle de 400 000 personnes dans la région
06:41Notre première préoccupation
06:43Comme vous pouvez l'imaginer
06:44C'est d'abord la protection de nos ressortissants
06:47C'est la protection de nos emprises
06:49Puisque nous avons des emprises
06:51Bases militaires
06:53Nous avons des ambassades
06:55Il ne faut pas oublier qu'on a des ambassades
06:56On a des personnels, on a des consulats
06:58Et puis c'est aussi l'accompagnement de pays
07:01Avec lesquels nous avons des accords de défense
07:03Je vais prendre un exemple très concret
07:05Les Émirats Arabes Unis
07:07Avec lesquels nous avons aujourd'hui des accords de défense
07:10Et sur lesquels, bien évidemment
07:12Nous avons capacité en cherchant
07:14A être une force de stabilité
07:16Mais est-ce que ça veut dire que
07:18S'ils étaient tapés, ces Émirats Arabes Unis
07:21La France, vous, ministre des Armées
07:23Vous seriez prête à dire
07:24Nous allons intervenir et jusqu'où ?
07:26Je vous rappelle que d'abord
07:27Le chef des Armées, c'est le président de la République
07:29Le rôle de la ministre des Armées
07:31C'est de mettre à disposition
07:32Avec le chef d'état-major des Armées
07:34L'ensemble des équipements dont le pays a besoin
07:36Très concrètement, aujourd'hui
07:39Le travail qui est le nôtre
07:40C'est bien évidemment d'être en lien
07:43Extrêmement étroit avec chacun de ces pays
07:45Puisque à partir du moment
07:46Où un pays avec lequel on a un accord de défense
07:50Fait l'objet de frappes
07:51L'idée, c'est potentiellement
07:53De pouvoir l'accompagner
07:55L'accompagner, ça peut être des moyens
07:57Pour être très concrète
07:58Nous avons par exemple
08:00Par définition
08:01Des bases
08:03On a une base aux Émirats Arabes Unis
08:05On a bien évidemment
08:07Sur ces bases des matériels
08:08Notamment des rafales
08:09Voilà des réponses très concrètes
08:11Qui pourraient être à devenir
08:11On prépare des évacuations
08:13De nos ressortissants ?
08:14Alors, vous imaginez bien
08:15Que c'est le travail qui est mené
08:17Par mon collègue Jean-Noël Barraud
08:18Au ministère des Affaires étrangères
08:20Que nous avons des lignes
08:22Qui ont été mises à disposition
08:23De l'ensemble de nos ressortissants
08:25Par pays
08:26Et l'idée, bien évidemment
08:27C'est d'accompagner
08:28Et de permettre à chacun
08:30De pouvoir obtenir les réponses
08:32Dont il a besoin
08:32Catherine Vautra
08:34La ministre des Armées
08:35Merci d'avoir accepté
08:36L'invitation de France Inter
08:37Merci à vous
08:37Merci à vous
08:37Merci à vous
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