- il y a 4 jours
L’Amérique n’est pas un modèle. Elle est un miroir. Des plaines du Midwest aux bocages du Cotentin, la même colère gronde, la même fracture s’élargit, la même attente d’incarnation monte. Le trumpisme n’est pas un phénomène américain. C’est un symptôme qui est désormais le nôtre. Franco-américain, porte-parole de Republicans Overseas France, Nicolas Conquer a connu les réalités politiques des deux rives de l’Atlantique. Il ne prédit pas l’avènement d’un "Trump français". Il prouve qu’il est en train d’arriver dans son ouvrage "Vers un Trump français ?". Saurez-vous le reconnaître quand il surgira ?
Tags : nicolas conquer, donald trump, états-unis-france, parti républicain, maison blanche, interventionnisme, guerre, iran, ukraine, charlie kirk, quentin deranque, amérique catholique, société du spectacle, venezuela, union européenne, marine le pen, eric zemmour, trump français, nationalisme, epstein,
Tags : nicolas conquer, donald trump, états-unis-france, parti républicain, maison blanche, interventionnisme, guerre, iran, ukraine, charlie kirk, quentin deranque, amérique catholique, société du spectacle, venezuela, union européenne, marine le pen, eric zemmour, trump français, nationalisme, epstein,
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00:00– Bonjour à tous, bienvenue dans notre Zoom,
00:07aujourd'hui en compagnie de Nicolas Conquer.
00:10Bonjour. – Bonjour, ancien.
00:11– Nicolas Conquer, vous êtes le fondateur de WesternArc,
00:16l'institut transatlantique du renouveau occidental,
00:19et vous publiez l'ouvrage que voici vers un Trump français,
00:24« Colère française, miroir américain » publié chez Fayard,
00:30à retrouver sur la boutique de TV Liberté.
00:32Alors Nicolas Conquer, vous nous dites justement que ce que nous tend l'Amérique,
00:35aujourd'hui c'est un miroir, que le retour de Trump à la Maison-Blanche
00:40est l'aboutissement d'un mouvement de fond.
00:43Alors est-ce que l'ambiance est réellement la même aux États-Unis qu'en France aujourd'hui ?
00:48– Alors avant tout, dans mon livre, je tiens à dire que les États-Unis ne sont pas un modèle,
00:51mais effectivement qui nous tend un miroir, et peut-être même parfois une boussole.
00:55On voit voir qu'à travers ce reflet qui nous est tendu, c'est en train de se rapprocher,
01:00et ce qu'on a peut-être du mal à voir chez nous, à travers ce qui se passe aux
01:03États-Unis,
01:03on va sans doute voir une résonance.
01:05Et on peut quand même sentir qu'il y a une préoccupation concernant une fracture territoriale,
01:10une polarisation de la société, une paupérisation des classements, des classes moyennes,
01:15et forcément les mêmes mots MAUX avec l'immigration massive,
01:18le wokisme, le marxisme culturel qui viennent gangréner les différentes sphères de la société,
01:24et qui appellent sans doute une réponse de la même inspiration que celle du phénomène de Trumpisme,
01:28qui a trouvé sa voie et sa voie aux États-Unis, et qui se cherche une incarnation en France.
01:33– Alors justement, vous parlez de polarisation, on a assisté ces dernières semaines,
01:40ces derniers mois à des violences extrêmes qui ont mené à des morts,
01:45aussi bien aux États-Unis avec Charlie Kirk et en France avec Quentin Durand.
01:51Qu'est-ce qu'on assiste des deux côtés de l'Atlantique à une forme de guerre civile larvée ?
01:58– Alors peut-être que ce sont les prémices,
02:00évidemment il va falloir les dénoncer de manière à ce que ça ne se produise évidemment pas.
02:04J'avais été moi-même très affecté par l'assassinat en direct de Charlie Kirk,
02:09il y a quelques mois nous avions organisé en ce sens un hommage parisien
02:12qui avait mobilisé beaucoup de monde,
02:14et donc on avait fait venir des lanceurs d'alerte,
02:16des journalistes et des acteurs de la société civile
02:18pour dénoncer ce climat de violence,
02:19et montrer que les menaces étaient les mêmes aux États-Unis qu'en France,
02:22à savoir cette extrême gauche qui vient déshumaniser ses adversaires,
02:26nazifiés, fascisés à tout va,
02:28et poser des cibles dans le dos.
02:30Donc le Charlie Kirk qu'on a eu aux États-Unis,
02:32est-ce qu'on allait en avoir un Charlie Kirk en France ?
02:34Et est-ce que ce qui était Charlie il y a dix ans l'était tout en temps aujourd'hui
02:37?
02:38On a vu que ce n'était pas une sphère de savoir quand ça allait se produire,
02:41parce qu'on y a assisté il y a quelques jours tout juste à Lyon,
02:45encore une fois sous cette violence politique
02:49qui est prônée normalisée par l'extrême gauche
02:51qui cherche à éradiquer ses adversaires idéologiques
02:54plutôt que de débattre avec eux.
02:55Donc effectivement il y a ce climat qui est pré-insurrectionnel
02:59parce que ces fonctions, ce bras armé de l'extrême gauche
03:03que sont les mouvements sans Tifa,
03:05qui sont d'ailleurs catégorisés comme terroristes domestiques aux États-Unis,
03:08cherchent à intimider, censurer, faire pression
03:11ou éliminer leurs adversaires
03:13dans une vocation aussi de torpiller toute forme de débat démocratique.
03:16Donc vous avez à la base cette violence politique
03:18qui s'exerce par le bras armé de certaines formations politiques d'extrême gauche
03:21et par le haut par une censure d'État
03:24qui vise à cadenasser le discours dans l'espace médiatique
03:27et également désormais dans l'espace numérique.
03:29Mais cette volonté de ce qu'on appelle l'ultra-gauche,
03:33de nazifier ses opposants,
03:36le nazisme étant considéré comme le mal absolu,
03:38donc à partir de ce moment-là,
03:40on peut tout faire contre le mal absolu,
03:43y compris tuer les gens.
03:45Non seulement on peut, mais on doit.
03:46C'est-à-dire qu'il légitime,
03:48si vous avez quelqu'un qui a la réincarnation d'Hitler,
03:50moralement, vous devriez vous ériger,
03:53et contre tout péril fasciste,
03:55vous interposez par la force.
03:57Ça, il en va quasiment d'une forme de légitime défense,
04:00d'une certaine manière.
04:01Et ils se sentent animés,
04:02mais ils sont galvanisés par des responsables politiques
04:04et des relais d'influence qui sont irresponsables
04:06parce qu'ils envoient en pâture
04:09et fracassaient le crâne à six contre un,
04:12à des jeunes au sol qui n'ont rien demandé,
04:14juste que d'avoir des convictions
04:15qui sembleraient être comme la base dans le pays de Voltaire
04:17ou dans le pays du débat et de la raison
04:20qui ne sont pas censés vous coûter votre vie
04:22quand vous avez 23 ans.
04:23Alors, vous dites aussi que Donald Trump
04:26a transformé le parti républicain
04:29et qu'il est devenu, ce parti, le remède
04:31à ce que l'américanisme avait produit de pires.
04:34Alors, qu'est-ce que c'était ce pire exactement ?
04:38Et puis, quelle est la nouvelle orientation
04:40mise à jour par Trump ?
04:42Souvent, en France, on connaît des États-Unis
04:44surtout la caricature, c'est-à-savoir la marionnette
04:46au guignol de l'info de George Bush
04:49ou Sylvester Stallone, vous savez,
04:50qui incarne ce côté rapace, financier, cynique,
04:54un monde vraiment purement des affaires
04:56ou business is only business.
04:58Alors, vous allez me dire, je ne vois pas où vous en venir
05:00parce que Donald Trump, à côté de son côté
05:02new-yorkais, promoteur immobilier,
05:04il incarne vraiment cette réussite flamboyante,
05:06outrancière et uniquement liée par le pouvoir de l'argent.
05:10En revanche, on voit qu'il y a des nouvelles orientations
05:13au sein du Parti Républicain
05:15dont Trump n'est pas l'initiateur, mais l'héritier.
05:17Ça s'appuie sur un courant
05:19qui a été porté par Alan Bloom
05:21mais surtout à travers une figure politique
05:23de Pat Buchanan au début des années 90
05:25qui lutte face à George Bush père à l'époque
05:28et qui oriente davantage une candidature
05:31tournée de l'idéologie, la civilisation, l'identité
05:34et de mettre en avant cette Amérique populaire
05:36qui, elle, n'attend pas de miracle,
05:38qui a une autre vision du rêve américain
05:39qui est peut-être plus humble,
05:40mais tout aussi digne et décente.
05:42Et ça montre aujourd'hui que ce courant-là,
05:45il a trouvé une voie à travers Donald Trump
05:46et la ligne politique qui est mise en place
05:48avec le protectionnisme, notamment à travers
05:50ses tarifs et cette guerre commerciale
05:51qui vise à faire du protectionnisme raisonné
05:54et rapatrier des emplois pour remettre au travail
05:56et redonner une fierté aux Américains
05:58plutôt que de se retrouver dans cette Rust Belt,
06:01ces zones industrielles anciennement fleurons
06:04industriels américains qui sont désindustrialisés
06:06et livrés aux pires mots de l'ultralibéralisme.
06:08– Alors on a vu d'ailleurs ces derniers jours la Cour suprême
06:10mettre des bâtons dans les roues de Donald Trump
06:13avec cette décision qui vient interdire
06:17tous ces tarifs douaniers que Donald Trump avait mis en forme.
06:23Est-ce que c'est quelque part un désaveu
06:27vis-à-vis de la politique de Donald Trump ?
06:29– Bien, ça montre qu'il y a des contre-pouvoirs,
06:30mais ça nécessite aussi de se plonger dans cette décision
06:33qui ne néglige pas la pertinence et la nécessité des tarifs,
06:38mais qui conteste l'usage du règlement
06:40qui en est fait, à savoir un règlement lié à l'urgence
06:43et à la sécurité nationale.
06:45Il y a d'autres dispositifs au sein de la Constitution
06:47qui permettront d'adapter soit de manière temporaire,
06:49soit de manière plus sélective,
06:52mais ça montre qu'il y a toujours cette tension,
06:54mais ça montre encore une fois la nécessité
06:56d'avoir un leader de la trempe de Trump
06:58avec une pression de l'intérieur, mais également de l'extérieur
07:01pour arriver à gérer une puissance telle que celle des États-Unis
07:04qui est en crise.
07:05Et encore une fois, là aussi, on a exactement le miroir
07:07qui doit nous être tendu,
07:08à savoir qu'on ne peut pas juste céder aux injonctions
07:11soit d'instances internationales,
07:14soit à la rue qui va essayer de soumettre sa volonté
07:18et que ça nécessite aussi d'être quelqu'un de pas trop chancelant
07:21et de pouvoir imposer son déterminisme
07:25et surtout son courage politique.
07:26– Alors vous revenez dans votre ouvrage, Nicolas Conquer,
07:30sur la deuxième campagne de Donald Trump.
07:33Est-ce que vous pouvez nous expliquer la recette de son succès
07:37et ce qu'il a fait différemment de la première fois ?
07:40– Alors la campagne de 2016,
07:42il se présente un peu comme étant l'outsider de la politique
07:45et il remporte à la Hussarde une primaire républicaine
07:48sur laquelle il y avait 16 candidats
07:49qui étaient tous du ténor du Parti républicain
07:51parce qu'il importe un nouveau style
07:54vraiment pugilatique d'une certaine manière.
07:57C'est-à-dire qu'il n'a pas cherché à contourner les primaires
07:59du fait de sa fortune,
08:00au contraire il y allait vraiment à la Hussarde
08:02et par la suite de ça il a permis d'unifier ce parti
08:05qui était assez fragmentaire, rappelons-le,
08:07après deux mandats de Barack Obama.
08:09La thématique est tout à fait différente
08:11parce que certainement il a accepté de faire campagne face aux médias
08:14plutôt que d'être dans une phase de normalisation,
08:16suivez mon regard par rapport à ce qui peut se produire en France.
08:19Mais ça c'est la première campagne de 2016.
08:21Si je fais une avance rapide en 2024, la question est tout autre.
08:24Sa notoriété, son bilan sont déjà connus, son style, ses outrances ne choquent plus
08:28ou ont faim d'être surpris.
08:30Mais ce qu'il est parvenu à faire, c'est vraiment toucher le cœur des Américains
08:33à travers un nouveau médium qui est le thème, le mot-clé de cette campagne
08:36qui est celle des podcasts.
08:38Les podcasts, ça permet de toucher tous ceux qui vont s'informer ailleurs
08:41que par les médias traditionnels d'information
08:43qui sont en perte de vitesse et en perte de crédibilité totale.
08:46Et avec ces audiences sur lesquelles on parle sur des formats longs,
08:49parfois trop longtemps, mais vraiment de manière sans filtre et assez sincère,
08:52on arrive à remobiliser parfois des gens qui sont complètement désintéressés,
08:57démobilisés politiquement.
08:58Et on arrive à affiner aussi son discours en faisant un marketing électoral,
09:02on est plus pertinent.
09:03Et c'est une prime de risque parce que forcément, c'est le genre de truc
09:06où sur un entretien de 3h30, on peut peut-être déraper,
09:09mais on peut aussi créer un lien plus fusionnel avec les électeurs,
09:13qu'ils soient français ou américains.
09:14– Alors justement, Donald Trump a su séduire plusieurs électorats,
09:18notamment les jeunes, je crois que son fils a joué un rôle particulier
09:22sur les réseaux sociaux.
09:23Et vous insistez sur l'électorat catholique qui a été décisif cette fois
09:29dans la réélection de Donald Trump.
09:31Alors comment il a su conquérir l'électorat latino ?
09:35– Alors c'est une vraie question, et de savoir comment est composé ce bloc catholique
09:38qui représente le plus grand bloc constitué aux États-Unis.
09:41C'est 22% de l'électorat, mais ils sont unifiés contrairement aux protestants
09:45qui sont 25% et il y a autant de paroisse protestante
09:48qu'il y a de croisements de rue aux États-Unis.
09:49Une fois qu'on a dit ça, c'est que ces catholiques,
09:52ils sont, malgré le fait que vous avez dit qu'ils puissent être latinos,
09:55c'est un électorat assez composite dans la mesure
09:57où vous avez des descendants d'Irlandais, des descendants d'Italiens,
10:01des Polonais, des Latinos, vous avez des Asiatiques du Vietnam.
10:05C'est assez fragmenté, il y a une vaste diversité avec des gens
10:09qui se sont aussi hissés à la force du poignet
10:11et donc qui se sont émancipés aussi socialement.
10:14Et il faut rappeler quand même que le catholicisme en tant que tel aux États-Unis
10:18s'était même réprimé au début de l'histoire des États-Unis.
10:20Dans certains États, c'était passif de prison à vie.
10:23Et rappelons-le que Joe Biden, tout catholique qui soit,
10:25c'était uniquement le deuxième président catholique des États-Unis.
10:28– Après Kennedy.
10:28– Après Kennedy, c'est suffisamment rare pour le mentionner.
10:31Mais là, il y a une nouvelle orientation
10:33et Donald Trump fait une bascule de 13 points
10:35de l'électorat catholique en 2020 et 2024.
10:37Donc c'est considérable.
10:39C'est notamment lié à des sujets plus identitaires et de guerre culturelle.
10:43On le voit, les démocrates ont complètement quitté
10:46les questions de leur électorat traditionnel,
10:48des cols bleus, des ouvriers, en gros de l'Américain moyen,
10:51pour se tourner vers des causes migratoires, sociétales,
10:55la grande déraison, les délires walkies,
10:57les transitions de genre à tout va.
10:58Au point même où un des thèmes de campagne,
11:02qui d'ailleurs a été exploité par Trump,
11:04la campagne de Kamala Harris, qui était de dire
11:06« Elle fait campagne pour Yel, nous faisons campagne pour vous ».
11:10Et c'est littéralement à travers un spot
11:12que Donald Trump a quasiment engrangé un nombre considérable de voix,
11:15en montrant que c'était cette grande déraison
11:17qui, au final, contribuait à diviser cette société
11:19et qui n'avait absolument pas de bon sens.
11:21Donc ils sont allés beaucoup trop loin dans leurs délires sociétaux.
11:23Et en soi, ça, ça a pu, et sans parler aussi de l'instrumentalisation
11:28de la crise sanitaire, qui avait été une manière aussi de réprimer
11:30la liberté religieuse.
11:33Donc il y a différents éléments qui ont montré
11:35qu'il y avait un retour et sans doute une parabole pour un monde en crise
11:38qui donnait naissance à sans doute aussi éventuellement
11:43le fait que Donald Trump ait été miraculé d'une tentative
11:46et deux tentatives d'assassinat.
11:49Mais, encore une fois, ça peut choquer en disant comme ça,
11:51quelqu'un qui a assez brûlé de déconfrage,
11:53mais qui quand même laisse transparaître une certaine forme de spiritualité,
11:55surtout après sa deuxième fois d'avoir vécu une tentative d'assassinat.
11:59D'ailleurs, lui-même étant évangélique,
12:02mais son vice-président, lui, est un protestant converti vers le catholicisme,
12:06J.D. Vance, à qui il a distribué d'ailleurs à un auteur français,
12:09René Gérard, sa conversion au catholicisme.
12:11Donc, encore une fois, il faut qu'on soit fiers
12:13de ce que la France a apporté dans le monde
12:14et notre think tank Western Ark va produire une note
12:18sur les apports des auteurs français au mouvement conservateur américain
12:20et d'ailleurs conservateur de manière plus générale.
12:23Donc, ce que ça montre, c'est qu'il y a une nouvelle orientation
12:25qui se matérialise avec un retour à l'Église
12:27et cette Église, elle est catholique et romaine,
12:29voire même traditionnelle dans certaines mesures.
12:31Des grands diocèses comme Washington ou Chicago
12:33voient le nombre de paroisses tradis augmenter considérablement.
12:36Il y en a à peu près 700 aux États-Unis.
12:38Et traditionnes custodesses, au début des années 2010,
12:43visaient notamment les évêques et certains diocèses américains
12:46dans lesquels il y avait une pratique de plus en plus traditionnelle
12:49de la liturgie romaine.
12:51Et accessoirement, c'est une anecdote de le signaler,
12:55mais J.D. Vance, de vice-président,
12:57était le dernier officiel à rencontrer le pape François avant son décès.
13:00Et à la suite de ça, on a quand même un pape première fois de l'Histoire,
13:03premier pape américain désormais,
13:05donc tous les chemins de l'Ohio ou de Chicago, ment à Rome.
13:10Donc, il y a une vraie conversion politique
13:11et une redécouverte de ce fait religieux
13:13qui a d'ailleurs été réaffirmé lors du dernier discours de Munich
13:16où Marco Rubio, le secrétaire d'État,
13:18s'est vraiment positionné en tant que filiation culturelle de l'Europe,
13:22mais aussi réattachement aux valeurs chrétiennes, culturelles, civilisationnelles,
13:27que nous, on a vite fait de se cacher derrière nos petits doigts en Europe.
13:30On a du mal à assumer ça, tant dans nos textes européens
13:32que dans notre manière de faire politique.
13:34– Alors, sur les affaires étrangères,
13:37vous expliquez dans votre ouvrage
13:38que la base du parti républicain réprouvait l'interventionnisme américain,
13:43notamment sous George Bush, fils, avec l'invasion de l'Irak.
13:48Comment cette base républicaine reçoit-elle les pressions
13:53que Donald Trump exerce sur l'Iran
13:55ou ce coup de force qu'il a exécuté au Venezuela ?
14:00– Alors, il y a toute cette période du début des années 2000
14:02où, notamment moi, conservateur, je ne me reconnaissais pas du tout
14:05dans les politiques menées par George Bush, son administration,
14:08et ce courant néo-conservateur
14:09qui était des croisades démocratiques
14:12d'aller importer la démocratie à coup de bombe au Moyen-Orient.
14:14Évidemment, ça s'est soldé par des centaines de milliers de morts
14:17et aussi beaucoup de morts américains
14:19et une gavigie financière sans fin
14:22et avec un retrait absolument chaotique
14:23mené sous l'administration Biden.
14:25Effectivement, il y en a qui réprouvaient cela
14:27considérant que ça ne servait pas forcément leurs intérêts nationaux
14:30que de mener des guerres à des dizaines de milliers de kilomètres de là.
14:34Mais de fait, le recentrage sur cette zone d'influence
14:37qui est l'hémisphère ouest,
14:39donc cette actualisation de cette doctrine Monroe
14:41qui a été façonné ou marqué noir sur blanc
14:44dans un document début décembre
14:45qui vise à sécuriser les intérêts de la puissance américaine
14:48de l'Alaska jusqu'à la Terre de Feu
14:50vient d'une certaine manière justifier l'intervention
14:53contre Nicolas Maduro
14:54qui était un président illégitime
14:55reconnu par nul au monde au sein de la communauté internationale
14:59qui était de mèche avec des narcotrafiquants
15:01et qui était une vraie menace aux intérêts américains.
15:03Et donc, en soi, l'exploit militaire est quand même à souligner
15:07et malgré toujours le fait d'être rattrapé par des vieux démons
15:11cette fameuse tendance du complexe militaire industriel
15:13cette opération a été menée en 90 minutes
15:16et a permis de capturer et de présenter Nicolas Maduro
15:19à la justice américaine où il était sur mandat d'arrêt.
15:21En ce qui concerne l'Iran
15:23ou d'autres enjeux géopolitiques
15:26peut-être le Groenland
15:27mais de manière plus spécifique et actuelle concernant l'Iran
15:29il y a toujours cette appréhension de se dire
15:32mais est-ce qu'on va renouveler ces mêmes erreurs
15:34qu'on a commises au début des années 2000
15:35alors qu'il n'y a pas plus tard qu'un mois
15:37vous nous avez dit qu'on n'allait pas le refaire ?
15:38Oui, les fameux changements de régime.
15:40C'est ça.
15:40Et de fait, je pense que malgré cette stratégie du fou
15:44qui a été théorisée depuis Nixon
15:45et Kissinger se concernant les États-Unis
15:47qui vise à montrer qu'il y a une imprévisibilité
15:50peut-être que les ayatollahs voient d'ailleurs
15:52dans cette récurrence et cette manière d'agir chez Trump
15:55une certaine forme de lisibilité, une prévisibilité
15:57je pense qu'on ne va pas partir dans un conflit de long cours
16:00une guerre de longue intensité
16:02avec des puissances américaines sur le sol
16:04mais que ça vise vraiment à déstabiliser, renverser
16:07et sans doute à avoir un changement de régime
16:10porté de manière endogène par des nationalistes iraniens
16:13qui seront sans doute manifestement moins hostiles
16:16qu'un régime des Mollahs
16:17qui sont des fanatiques depuis plus de 47 ans
16:21et qui massacrent leur peuple actuellement.
16:22Alors à l'égard de l'Europe, Donald Trump ne cache plus,
16:27ne cache pas une forme d'hostilité à l'égard des dirigeants de Bruxelles,
16:33Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron, M. Mertz
16:37et puis M. Starmer qui l'a pu ridiculiser comme ça.
16:42Est-ce que vous pensez que justement Trump offre à la France et à l'Europe
16:47une chance de se convertir maintenant que Trump se recule ?
16:55– Le désengagement peut-être européen.
16:57– Oui, le désengagement exactement.
16:58– Je crois que c'est très intéressant la distinction que vous avez faite
17:00entre les dirigeants européens et les peuples européens.
17:03Il y a clairement ce mépris et cette hostilité
17:07vis-à-vis de ces élites technocratiques
17:09qui veulent toujours plus de fédéralisme bruxellois
17:12qui sont critiquées à juste titre
17:14parce qu'ils ont mis en péril les peuples souverains européens
17:18dans lesquels les Américains se réclament d'une filiation affichée
17:22et une revendication de leurs origines.
17:24Donald Trump se présente comme un petit fils d'Allemand
17:26et une petite fille d'Écossaise.
17:28Donc ils assument clairement cet héritage-là
17:30mais ils regrettent ce qu'a pu devenir l'Europe
17:33eu égard à certaines politiques catastrophiques, délétères,
17:37d'immigration massive et de délires environnementalistes
17:39et aussi de marxisme culturel avec le wokisme.
17:42Pourquoi c'est une opportunité ?
17:44Et sans doute ça permet de mettre en application
17:46cette volonté gaulliste qui était de se dire
17:48à travers le désengagement des États-Unis en Europe
17:51et là qui est de fait avec le retrait
17:54de certaines bases militaires en Europe,
17:56il y a une chance pour l'Europe
17:58mais surtout pour la France
17:59parce qu'en tant que patriote français
18:00c'est ce dont j'ai envie d'assumer et de revendiquer,
18:02pour la France d'avoir une voix singulière
18:05et quasiment une portée mestianique
18:07au sein des nations européennes
18:09pour apporter une autre voie
18:11plutôt que de chercher à se diluer
18:13dans une énième coalition des volontaires
18:15ou de mutualiser notre force de dissuasion nucléaire
18:18qui effectivement nous relèguerait à une puissance de troisième rang.
18:21Donc aujourd'hui, on peut choisir soit d'afficher
18:24les Français d'abord et rendre sa splendeur à la France,
18:27soit de se dire qu'à cause de l'Europe,
18:30on en est dans l'abîme et qu'il faut encore plus d'Europe
18:31pour résoudre, c'est une mauvaise solution, un vrai problème.
18:35Donc effectivement, je pense qu'il y a une vraie opportunité,
18:37d'autant plus que, comme on disait, au sein du Parti républicain,
18:40on a vu le pire de ce que pouvait produire l'ultralibéralisme.
18:43Désormais, à la Maison-Blanche, avec le retour de Donald Trump,
18:46les patriotes et les souverains peuvent dire
18:48qu'il y a une opportunité de ce courant vraiment nationaliste
18:52qui est, à mon avis, un vent d'ouest qui peut être porteur
18:55et qui peut soutenir différentes initiatives,
18:58tant du point de vue potentiellement avec des conséquences électorales,
19:00mais surtout un courant culturel, civilisationnel,
19:03qui peut nous animer sur des thématiques
19:05qu'on a parfois un peu reléguées.
19:07Comme vous l'avez dit, la droite française a oublié
19:09certains de ses marqueurs traditionnels
19:12sur des questions plutôt tant spirituelles que morales
19:15pour se concentrer sur des questions vraiment
19:17terre-à-terre, matérielles ou matérialistes.
19:20Bon, peut-être que ce n'est pas la vocation du politique,
19:22mais la société, elle, doit faire sienne ces thématiques
19:26pour réhabiliter ce fait religieux
19:32et cette aspiration à une forme de verticalité.
19:35– Alors justement, sur ce que vous évoquez à l'instant,
19:38vous l'expliquez aussi dans votre livre,
19:40Éric Zemmour a mené en 2022, pendant la présidentielle,
19:44une campagne que vous qualifiez d'idéologique,
19:47pendant que Marine Le Pen s'est plutôt occupée
19:49des aspects matériels comme le pouvoir d'achat et la sécurité.
19:53Pourquoi vous dites qu'en France, on ne peut pas faire les deux,
19:56on ne peut pas lutter sur ces deux thématiques ?
20:01– Là, c'était un peu pour placer sur le spectre
20:04et montrer des styles respectifs qui ont eu des succès et des limites.
20:08Je pense que sans refaire le film de 2022,
20:12dans une optique à l'avenir, il faut aller chercher
20:14une coalition plus large et sans doute trouver des thèmes
20:17qui puissent élargir le chapelle.
20:19On ne peut pas juste se permettre de faire des campagnes
20:21pour nos bases, nos militants.
20:23Il faut toucher sur des thématiques qui iront au-delà
20:27de notre électorat qui a pu voter par nous,
20:29soit par l'asignation, soit par l'adhésion.
20:31Et le fait est qu'il faut une horizontalité dans le récit,
20:35mais une verticalité dans l'aspiration.
20:37Et parfois, c'est ce qui peut manquer.
20:38Et donc, ça, ça demande d'ailleurs, en premier lieu,
20:41de trouver la bonne incarnation pour pouvoir porter ces thématiques-là.
20:43Alors justement, quel serait le portrait robot de celui ou de celle
20:48qui serait capable de réaliser la même performance que Donald Trump ?
20:54Est-ce qu'il doit, comme il l'a fait, s'appuyer sur cette société du spectacle
20:58qu'on a dénoncée par le passé ?
21:01Alors, la société du spectacle, ça renvoie à des œuvres
21:04et des belles pages de littérature en France.
21:06Mais ça aussi, sans doute, fait réponse à une soif d'incarnation
21:10face au théâtre d'ennui auquel se livre notre scène politique française.
21:15C'est un théâtre d'ennui, sauf si une affaire n'en fait pas un théâtre de boulevard.
21:19Donc, c'est assez malheureux.
21:20Mais je pense qu'il y a cette nécessité de pouvoir réaffirmer une authenticité
21:25et qui pourrait quasiment être un critère présidentiable,
21:28de sortir un petit peu des éléments de langage et d'une forme de tiédeur
21:32pour afficher davantage de sincérité
21:35qui, à mon avis, peuvent sans doute se faire par des gens
21:38qui sont beaucoup plus enracinés et qui assument ces appartenances.
21:42Quelqu'un qui sortirait, qui ne viendrait pas du CERA
21:46et qui ne viendrait pas d'un parti politique ?
21:48Alors, c'est la vraie question.
21:49Est-ce que le mandat est un peu une lettre écarlate ou une flétrissure
21:52et qui pourrait entraver ou obstruer les chances de l'emporter ?
21:57Pas si sûr.
21:58Je pense que c'est une vraie connexion
21:59et à la fois une légitimité intellectuelle peut être nécessaire,
22:02mais d'être enraciné et d'avoir une proximité,
22:04notamment avec cette France périphérique
22:06qui est méprisée, conspuée, oubliée,
22:08pourrait être aussi une vraie force
22:10pour arriver à réconcilier la France des cœurs des centres-villes
22:14et des élites mondialisées et des périphéries
22:16avec cette ruralité traditionnelle et ce pays réel
22:19qui ont besoin d'être entendus
22:22ou qui vont se faire entendre si on refuse de les écouter.
22:25– On attend une deuxième salve de révélations
22:29concernant le dossier Epstein à Washington.
22:33Est-ce que vous pensez que ces révélations
22:35pourraient avoir des conséquences sur la France ?
22:37– Alors là, on voit que ça commence à bouger pas mal en Angleterre.
22:41Il y a eu le prince, le feu, enfin le regretté,
22:43ou pas le regretté, mais en prince Andrew
22:45et d'autres autres personnes qui sont impliquées dans ces affaires-là.
22:48Moi, j'ai entendu Emmanuel Macron dire
22:50que ce n'était pas une affaire française.
22:51À ceci près que Jeffrey Epstein avait un appartement de 800 mètres carrés
22:54sur l'avenue Foch
22:56et c'est très préoccupant le fait qu'on nous dise d'en regarder ailleurs.
22:59Je pense que les langues vont se délier
23:01et qu'il y a des responsables qui vont devoir évidemment être poursuivis
23:04et j'espère écrouer sévèrement de la part de leur complaisance.
23:08Ça nous rappelle d'une certaine manière,
23:09vous savez, le scandale de MeToo, Harvey Weinstein,
23:12où au final tout le monde disait, bien sûr qu'on savait,
23:15mais voilà, on ne pouvait rien dire.
23:16Je trouve que c'est d'une lâcheté de son nom
23:18et que ça nécessite à ce que ces gens-là soient sévèrement punis
23:21si les allégations sont confirmées.
23:24Nicolas Conquer, vous signez cet ouvrage
23:27publié chez Fayard vers un Trump français,
23:30colère française, miroir américain.
23:32Merci à vous, Nicolas Conquer.
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