00:01RTL, Le Monde en Marche
00:03Le Monde en Marche avec vous, William Galibert. Bonjour William.
00:05Bonjour.
00:06Donald Trump dit que l'opération en Iran pourrait durer 4 à 5 semaines, on l'a entendu.
00:10Mais ce matin, des questions se posent sur le niveau réel des stocks de missiles américains.
00:15Oui, et on lit le toujours très bien informé Wall Street Journal ce matin.
00:19Et on comprend que la diplomatie façon Donald Trump, ça coûte quand même très très cher en munitions.
00:25et que les américains brûlent en quelques heures, ce que leurs usines mettent des semaines à sortir des lignes de
00:31production.
00:32La profondeur de magasin, c'est comme ça qu'on dit, c'est l'expression utilisée par le Pentagone pour
00:37parler des stocks de missiles.
00:38Cette profondeur de magasin, on ne la connaît pas précisément, secret défense, mais on voit bien qu'elle s'évapore
00:44à toute vitesse.
00:45D'abord, il y a le missile SM-3, c'est l'un des joyaux de la couronne.
00:50Plus de 20 millions d'euros l'unité, c'est l'engin privilégié pour intercepter les missiles balistiques iraniens
00:57avant qu'ils ne retombent sur Israël ou sur les bases de la région.
01:02Ces SM-3 sont conçus à Tucson, en Arizona, et assemblés à Redstone, Alabama.
01:08Ils peuvent même intercepter les tirs ennemis au-dessus de l'atmosphère terrestre.
01:13Mais les SM-3, vous savez combien les américains en produisent ?
01:16Deux ou trois par mois.
01:19Et depuis samedi, ils en ont déjà tiré des dizaines.
01:23Pas besoin d'être très haut gradé pour comprendre le problème.
01:26Juste en dessous, pour les menaces plus proches, les drones, les missiles de croisière,
01:31on utilise les missiles Patriot et les SM-6.
01:34Là, on parle de 3 à 4 millions d'euros pour chaque tir.
01:38Ils sortent des lignes de Camden dans l'Arkansas et d'Orlando en Floride.
01:42Là aussi, question de stocks qui ne sont pas inépuisables.
01:45Et question de dollars, en résumé, on utilise des intercepteurs de haute technologie
01:51contre des drones iraniens qui coûtent le prix d'une bagnole d'occasion.
01:54Bon, et puis il y a les missiles de croisière, les Tomahawks, lancés principalement depuis la mer, ceux-là.
01:59Oui, mais les experts expliquent, l'administration Trump en a tiré à un rythme extraordinaire
02:05lors d'opérations à travers le monde, au Moyen-Orient, contre l'Iran, contre les Houthis au Yémen
02:10et même au Nigeria à Noël dernier.
02:12Les Tomahawks détruisent les infrastructures iraniennes,
02:16mais chaque tir creuse un trou dans les réserves que le Pentagone réservait pour la zone pacifique
02:22et la menace chinoise.
02:23On déshabille Taïwan pour essayer d'écraser Téhéran.
02:26Je pourrais aussi vous parler des systèmes SAAD, d'interceptions en haute altitude,
02:30des bombardiers furtifs B2.
02:32Là encore, la facture est salée, mais on aura le temps d'y revenir un autre jour.
02:35Je vous lis le Wall Street Journal sur les alliés israéliens de la Maison-Blanche
02:40et sur ces mêmes problèmes logistiques.
02:42Israël s'inquiète également de ses stocks de munitions.
02:45Selon un responsable américain, Israël manque d'intercepteurs de type Aro-3.
02:51Israël manque aussi de missiles balistiques,
02:53une arme qu'il a utilisée pour détruire les lanceurs iraniens.
02:56Et pour attaquer des chefs du Hamas au Qatar l'an passé.
02:59Ce qui se joue, ce que je vous raconte,
03:01c'est la capacité à tenir plusieurs fronts en même temps.
03:05Si on vide les arsenaux de l'Alabama et de l'Arkansas en Iran,
03:09que restera-t-il demain pour dissuader la Chine ou pour contenir la Russie ?
03:14Alors Donald Trump parie sur cette victoire éclair contre le régime des Mollahs,
03:19mais on comprend qu'il n'a pas d'autre choix.
03:21Le niveau des stocks, c'est donc une donnée aussi à prendre en compte.
03:24Merci beaucoup William Galibert pour cet éclairage.
03:26Le Monde en marche que vous réécoutez quand vous le souhaitez.
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