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  • il y a 13 heures
Le processus de transition en Iran après la mort du guide suprême Ali Khamenei va démarrer dimanche. Le président américain Donald Trump menace l'Iran d'une riposte militaire "sans précédent" en cas de représailles. Trois spécialistes analysent les conséquences de la mort de l'ayatollah.

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Transcription
00:00Et un grand entretien consacré à l'Iran, je vous le disais, c'était en pleine nuit à 2h30,
00:06l'annonce de la mort du guide suprême Ali Khamenei à la télévision d'Etat iranienne par un présentateur en
00:12larmes.
00:14Son éminence, l'ayatollah Seyyed Ali Hosseini Khamenei,
00:19sur la voie de la défense de l'exaltation du sanctuaire sacré de la République islamique d'Iran,
00:25a bu la douce et pure coupe du martyr et a rejoint le royaume céleste suprême.
00:32Voilà, c'était ce qu'on pouvait entendre à la télévision iranienne dans la nuit
00:36et plusieurs invités au micro de France Inter ce matin pour essayer de mesurer les enjeux
00:41et de penser à la suite des opérations.
00:45Michel Goya, bonjour.
00:46Bonjour.
00:47Historien ancien colonel des troupes de marine, nous avons besoin de votre expertise sur toute cette dimension militaire
00:53qui est loin d'être terminée.
00:56Farid Vahid, bonjour.
00:57Bonjour.
00:57Chercheur en relations internationales, co-directeur de l'Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient
01:03à la fondation Jean Jaurès.
01:05C'est vrai qu'on a besoin d'entendre aussi ce que vous analysez sur les réactions en Iran
01:12et notamment ces cris de joie qui ont suivi l'annonce de la mort d'Ali Khamenei.
01:17Rimomtaz, bonjour.
01:19Bonjour.
01:19Vous êtes rédactrice en chef de la plateforme Stratégique Europe chez Carnegie.
01:24Merci infiniment d'être avec nous ce matin.
01:26Je rappelle aux auditeurs qu'ils peuvent réagir, poser toutes les questions qu'ils le souhaitent
01:31au 0145 24 7000 ou sur l'application Radio France.
01:36D'abord, un tour de table rapide pour essayer de savoir quelle a été votre réaction hier
01:42en apprenant la mort d'Ali Khamenei.
01:45Michel Goyard.
01:47Un peu de surprise, beaucoup de joie.
01:49Un peu de surprise ?
01:51Oui, parce que, comment dire, techniquement ce n'était pas forcément quelque chose d'évident
01:57mais c'est très probablement les Américains et surtout les Israéliens ont saisi une opportunité.
02:02Ils ont dit voilà, là c'est le moyen, on a la possibilité de frapper, on a la possibilité de
02:06le tuer.
02:06Donc faisons-le tout de suite et commençons cette guerre tout de suite.
02:10Comment avez-vous réagi Farid Vaid ?
02:12C'est très difficile de mettre des mots.
02:14Vous savez, c'est difficile d'expliquer ce que c'est de vivre sous une dictature.
02:18Moi, depuis que je suis né, j'ai vu l'Ali Khamenei partout.
02:22Ses portraits dans nos cours à l'école, à la fac, dans les ministères, dans n'importe quel bureau.
02:26Oui, ce n'est pas une manière de parler.
02:28Il y avait un culte de la personnalité qui faisait que son visage était partout.
02:32C'est un vrai dictateur religieux.
02:33C'est un dictateur.
02:34Alors en France, on sait qu'Emmanuel Macron partira en 2027, un dictateur, il est là pour toujours.
02:38C'est un CDI.
02:39Donc nous, Iraniens, on a, encore une fois, on a des émotions vraiment très compliquées à expliquer.
02:46Parce qu'on voit notre dictateur, notre bourron, en fait, qui a été éliminé.
02:51Surpris ?
02:52Non, parce que je pense que c'était, oui, c'était techniquement sans doute difficile.
02:55Mais je pense que c'était l'objectif, en tout cas l'un des objectifs principaux des Américains et des
03:00Israéliens.
03:01Mais encore une fois, pour revenir sur les cris de Jean en Iran, il faut comprendre à quel point cet
03:05homme a détruit plusieurs générations de vies.
03:08Des centaines de milliers, voire des millions de vies.
03:10Des gens qui ont été tués, torturés, emprisonnés, exilés.
03:13Et voilà, en Iran, très peu de gens vont pleurer l'élimination de l'Agatol Haqam.
03:19Vous dites que c'est l'élément le plus révélateur, d'ailleurs, d'une société qui a été tellement éprouvée
03:24par ce régime
03:25qu'elle était prête à le voir mourir à tout prix.
03:28Rim Omtaz, même question.
03:29Quelle a été votre réaction ?
03:31La surprise, la stupeur ?
03:34Ou finalement, la chronique d'un assassinat annoncé,
03:38puisque lors des précédentes frappes américano-israéliennes,
03:41il était déjà question de toucher, de frapper l'Ayatollah Khamenei ?
03:50Rim Omtaz ?
03:53On va arrêter bien la communication, vous m'entendez ?
03:57Oui, oui, je vous entends, vous m'entendez ?
03:58Parfaitement.
04:00Oui, donc absolument, on s'attendait à ce qu'ils essayent d'assassiner l'Ayatollah Khamenei.
04:07Ce qui était un peu surprenant, c'est qu'ils y arrivent et qu'ils commencent par l'assassiner,
04:11donc dès le début.
04:14Petit problème de liaison avec vous Rim Omtaz,
04:17on va régler ça dans un instant, mais poursuivons Michel Goya.
04:20Que sait-on ce matin de cette opération militaire qui a conduit à la mort de Khamenei
04:25et des dirigeants iraniens, puisque c'est une attaque d'une ampleur qu'on peut dire sans précédent ?
04:31Oui, d'une certaine façon, ça relève de ce qu'on appelait avant les opérations de choc et stupeur.
04:38Choc and ho, comme on dit en anglais.
04:40Exactement, c'est-à-dire qu'il s'agit de frapper fort d'emblée
04:44pour essayer d'obtenir autant de résultats stratégiques que possible.
04:49Comme je disais tout à l'heure, je pense que ça a commencé par un renseignement,
04:53c'est-à-dire qu'il y a un renseignement d'opportunités.
04:57Il y a une réunion du guide suprême avec ses principaux conseillers.
05:02Donc c'est le bon moment.
05:04Donc ça a été le début de la campagne,
05:05qui a commencé par cette frappe massive,
05:08cette frappe de décapitation,
05:09et qui s'est accompagnée aussi, il ne faut pas l'oublier,
05:13d'une attaque générale sur...
05:15Les Israéliens ont frappé plus de 5 sensibles dans l'ensemble du pays,
05:19accompagnés par les Américains.
05:22Donc voilà, c'est la première étape,
05:24c'est le premier choc d'une campagne de coups
05:28qui va durer on ne sait pas très bien combien de temps.
05:31Oui, vous entendiez Pierre Aski dire qu'on n'a jamais gagné une guerre par le ciel
05:37et uniquement par le ciel.
05:38Il y a un moment où il faut envoyer des troupes au sol.
05:40Vous partagez l'analyse ?
05:42Ah oui, complètement.
05:42C'est-à-dire que là, on peut donner des coups.
05:44Les Israéliens et les Américains donnent des coups.
05:46Ils font des frappes, ils peuvent faire des raids au sol,
05:49des raids commandos éventuellement, ils donnent des coups.
05:52Techniquement, encore une fois, c'est parfait.
05:53Ce qu'ils font pour l'instant...
05:55Maintenant, avec des coups,
05:57vous ne pouvez pas forcément avoir des résultats très importants en réalité.
06:02Ce n'est pas ça qui va changer complètement la donne.
06:04Il faut l'accompagner forcément de choses au sol.
06:07Les choses importantes, elles se passent au sol en réalité.
06:10Et donc là, avec des coups, on frappe, on frappe
06:13et on attend de voir émerger un résultat stratégique.
06:16Donc au minimum, pour les Israéliens et les Américains,
06:19ce sera d'éliminer la menace matérielle que représente l'Iran.
06:23Et au maximum, c'est...
06:25Quand vous parlez de menaces matérielles,
06:27vous parlez de la destruction totale,
06:29des instructions nucléaires et même balistiques ?
06:31Alors, je dirais même prioritairement balistiques.
06:33C'est ça la menace immédiate pour les pays de la région.
06:37Le nucléaire, c'est un peu plus tard, mais ça en fait partie.
06:40Donc, à la limite, au bout de quelques semaines,
06:42il ne se passe rien d'autre.
06:43Israéliens et Américains pour dire
06:45« Ben voilà, on a détruit la menace matérielle. »
06:47Bon, ok.
06:48Maintenant, en ce qui concerne le changement de régime,
06:50puisque c'était annoncé par les deux,
06:52par Netanyahou et Donald Trump,
06:55là, c'est beaucoup plus aléatoire.
06:57Là, ils peuvent espérer simplement affaiblir le régime,
07:00ses services de sécurité,
07:02essayer de le paralyser, peut-être le déboulonner
07:05et de le rendre vulnérable à autre chose,
07:07à un coup qui, lui, viendra d'Iran.
07:10Et ça, peut-être, très bien, il faut l'espérer,
07:14mais ça reste quand même, pour l'instant, très aléatoire.
07:17Avant de retrouver Rimoumtaz,
07:18avec laquelle nous avons rétabli la liaison,
07:20Farid Vaid, un commentaire, justement,
07:22puisque ce changement de régime,
07:24ce bouleversement ne pourrait venir, au fond,
07:26que de la société iranienne ?
07:29De la société iranienne, plus l'intervention étrangère.
07:33On entend beaucoup que les Américains
07:36réagissent un peu de manière spontanée
07:39sans réel objectif.
07:41Au contraire, moi, je trouve quand même
07:43que les choses sont assez claires.
07:44Est-ce qu'il y a les buts de guerre assez clairs ?
07:46Oui, vous savez, depuis déjà 4 semaines en Iran,
07:49c'était évident pour tout le monde,
07:50pour les pro-régimes, pour les anti-régimes,
07:52qu'il allait y avoir une intervention militaire.
07:54Parce que le régime n'allait jamais céder
07:55sur les conditions de Trump pour un accord,
07:57à savoir la fin du programme balistique
08:00et du programme nucléaire,
08:01car ça fait partie de la doctrine militaire iranienne
08:05d'avoir des missiles capables de frapper Israël avec
08:08et de soutenir les proxys et aussi le chantage nucléaire.
08:11Donc la guerre était inévitable.
08:13Maintenant, on dit que cette guerre n'a pas d'objectif
08:15et que les Américains n'ont pas d'objectif.
08:18Je ne suis pas du tout d'accord.
08:20Alors, l'objectif principal,
08:21qui est aussi très évident,
08:23c'est d'affaiblir considérablement le régime
08:25pour que ceux qui vont prendre la place de Khomeini,
08:28et on en est déjà là,
08:29après un jour de guerre,
08:30le chef d'État en Iran a disparu,
08:32le chef d'État-major a été tué,
08:34le chef des gardiens de la révolution a été tué,
08:35donc d'autres personnes vont devoir prendre leur place.
08:37Et le pari américain,
08:39ce n'est pas qu'il y ait demain une démocratie norvégienne en Iran,
08:42personne n'est assez naïf pour croire ça,
08:44mais que ceux qui vont prendre la place
08:47de Khomeini et de ses proches
08:49capitulent déjà sur les conditions américaines
08:51sur le balistique et le nucléaire,
08:53et que quand dans deux semaines, trois semaines, deux mois,
08:55il y aura une nouvelle vague de manifestations en Iran
08:57pour les mêmes raisons qu'il y en a eu d'autres précédemment,
08:59les gens, cette fois-ci,
09:01il soit en mesure de faire tomber un régime
09:04qui aurait été considérablement affaibli.
09:06Mais ça, ça dépend de l'ampleur
09:08de l'intervention militaire
09:10qui est actuellement en cours en Iran.
09:11Rime Mamtaz,
09:12votre analyse justement au lendemain
09:15de la mort du guide suprême iranien,
09:19vous y descriviez avant même
09:21qu'il ne soit tué,
09:23que les conséquences imprévues potentielles sont immenses,
09:26beaucoup d'inconnus inconnus
09:28et d'inconnus connus.
09:30Expliquez-nous ce que vous voulez dire par là.
09:33Oui, parce qu'on a vu ce qui s'est passé
09:35quand on a fait du changement de régime en Irak,
09:39dans un pays qui n'est pas aussi grand,
09:41aussi important géopolitiquement,
09:43avec autant aussi de diversité qu'en Iran.
09:50Effectivement, il va falloir observer de très près
09:53comment tout se décante au cours des prochaines semaines,
09:57des prochains mois, des prochaines années.
10:00Et on sait très bien que les États-Unis d'Amérique
10:03ne savent pas faire du changement de régime
10:05sans qu'il y ait des désastres et du chaos tout autour.
10:11À nouveau, la région, jusqu'à aujourd'hui,
10:13paye le prix de ce qu'ils ont fait en 2003 en Irak.
10:17Il n'y a pas de raison pour croire que ce qui va se passer en Iran
10:21devrait beaucoup, beaucoup mieux se passer.
10:24Même si, je pense que c'est très important de le dire,
10:27évidemment, hier et ce matin,
10:29on a tous une pensée pour le peuple iranien
10:32qui souffre sous cette dictature,
10:35une théocratie depuis 1979.
10:37On a aussi une pensée pour les Libanais,
10:40les Syriens, les Irakiens
10:41qui ont énormément souffert
10:43des actions régionales de ce régime.
10:48Et évidemment qu'on a une pensée
10:50pour les Marines américains
10:51et les parachutistes français
10:54qui ont été tués en 1983 au Liban
10:56par ce régime.
10:58Donc, personne ne va regretter ce régime iranien.
11:01Après, est-ce que les gens
11:03qui sont aux manettes aujourd'hui aux États-Unis
11:05s'affaire du changement de régime
11:07sans qu'il y ait de grosses conséquences
11:12difficilement contrôlables dans la région ?
11:13Ce n'est pas le cas.
11:14Et on l'a déjà vu hier
11:15avec les frappes sur les pays du Golfe.
11:17Farid Baïd.
11:20Je suis globalement d'accord avec Grimm,
11:23comme d'habitude d'ailleurs.
11:25Mais je pense aussi qu'il faut...
11:27Je ne vais pas comparer la situation en Iran
11:29avec la situation en Irak.
11:31Déjà, ce n'est pas du tout la même nature...
11:32C'est incomparable.
11:33Ce n'est pas la même opération militaire.
11:35Personne ne parle aujourd'hui
11:36d'envoyer des dizaines,
11:37voire des centaines de milliers de soldats
11:38sur le territoire iranien.
11:39C'est hors sujet.
11:40Un pays qui fait trois fois la taille de la France
11:42avec 92 millions d'habitants,
11:43ça viendra à l'esprit de personne.
11:45L'objectif, encore une fois,
11:46aujourd'hui,
11:47c'est de rendre le régime
11:50incapable de menacer
11:51les autres pays de la région
11:52avec leur programme de missiles balistiques,
11:55avec le chantage à l'arme nucléaire,
11:57avec le soutien au proxy,
11:58ce qui a été fait,
11:59et j'ai envie de dire,
12:00depuis le 7 octobre.
12:00Il faut remettre tout ça aussi
12:01dans le contexte
12:02de tout ce qui s'est passé
12:03depuis le 7 octobre,
12:04où Israël a décidé
12:05de méthodiquement détruire
12:06ce que les Iraniens
12:07appelaient l'axe de la résistance.
12:08Et si vous voulez,
12:09les Iraniens ne sont pas naïfs,
12:11mais je pense qu'on peut voir
12:13quand même une convergence des luttes.
12:15Donc, effectivement,
12:16ça arrange les Israéliens
12:17d'affaiblir la République islamique,
12:19même si, dans l'absolu,
12:21même s'il n'y a pas une démocratie
12:22et l'Iran tombe dans une guerre civile,
12:24ça pourrait aussi les arranger.
12:25Ça, on est tout à fait conscients.
12:27Les Américains, évidemment,
12:28qui pensent d'abord à leurs intérêts
12:30et pas à la démocratie
12:32et aux intérêts des peuples.
12:33Mais je pense sincèrement,
12:34aujourd'hui,
12:34si tout est bien joué
12:36et si c'est joué habilement,
12:38on peut avoir une convergence
12:39qui puisse permettre,
12:40plus tard,
12:40aux Iraniens
12:41de s'abarrasser du régime.
12:42Question à l'expert militaire
12:44Michel Goya.
12:45On a entendu
12:46de nouvelles explosions
12:47dans les monarchies du Golfe.
12:49Des journalistes de l'AFP
12:50ont fait état
12:51de plusieurs villes
12:52qui ont été frappées
12:54par l'Iran,
12:55qui voulaient frapper
12:56des bases militaires américaines
12:57dans la région,
12:58mais pas seulement.
12:59Des explosions
13:00à Dubaï,
13:01aux Émirats,
13:02à Buny,
13:03à Abu Dhabi,
13:04à Doha,
13:05au Qatar,
13:05avec cette riposte iranienne
13:08qui a ciblé
13:09une base aérienne
13:11d'Al-Oudeïd au Qatar.
13:13C'est une base aérienne
13:14d'Ali Al-Salem
13:15au Koweït.
13:16Est-ce qu'ils ont
13:18véritablement
13:19les moyens militaires
13:21de réagir
13:22et de riposter
13:22de manière telle
13:23qu'ils rendent aveugle
13:25l'aviation américaine ?
13:26Qu'ils la rendent aveugle ?
13:28Non, non, non,
13:28ce n'est pas possible.
13:29Tout ce qu'ils peuvent
13:29espérer faire,
13:30c'est donner des coups.
13:33Enfin,
13:33c'est deux choses en réalité.
13:34En gros,
13:35tant qu'ils lancent des missiles,
13:38pour faire simple,
13:38ils sont toujours là.
13:39Ils montrent
13:40qu'ils sont toujours là,
13:40qu'ils résistent.
13:41Le but de ce régime,
13:43c'est de résister en réalité.
13:44C'est simplement ça.
13:45C'est à la fois résister
13:46face à la population,
13:47survivre.
13:48C'est surveiller,
13:49là,
13:49donc on va surveiller
13:50de très près
13:51la population.
13:52Ça,
13:52c'est le premier front,
13:53c'est le front intérieur.
13:53Et puis,
13:54le front extérieur,
13:55on va symboliquement
13:57donner des coups
13:57pour montrer
13:58qu'on est toujours là
13:59et on va essayer
13:59de faire ça dans la durée
14:00de manière à transformer
14:02cette campagne militaire
14:04en une forme d'enlisement
14:05et qu'au bout
14:06de quelques semaines,
14:07on se dise,
14:07on est toujours là,
14:08le régime est toujours là,
14:10on donne des coups
14:10de part et d'autre,
14:11les munitions s'épuisent
14:12de part et d'autre
14:13et puis ça s'arrête là.
14:14Donc ça,
14:15c'est un peu le scénario
14:16de la part du régime
14:17avec cette particularité
14:18que dans leur riposte,
14:21ils ont riposté
14:22un peu tout azimut.
14:22C'est-à-dire qu'ils ne sont pas...
14:24Ça, c'est nouveau.
14:26Ils ont lancé
14:27autant de projectiles,
14:29de missiles,
14:29de drones sur Dubaï,
14:30par exemple,
14:31que contre Israël.
14:32Oui, ce qui est assez frappant.
14:33Oui, c'est...
14:34Et comment l'expliquer ?
14:35Il y a deux choses.
14:36D'abord, ils attaquent
14:37tout le système militaire américain
14:39dans la région.
14:39Donc, vous avez des bases,
14:40une base aérienne,
14:41la base du CENTCOM,
14:42du commandement régional
14:43qui se trouve au Qatar.
14:45À Dubaï, ce sont les...
14:47À Bahreïn, c'est aussi...
14:48C'est la cinquième flotte.
14:50À Okoweït, c'est l'US Army.
14:51Enfin, bref,
14:52il y a des bases
14:52dans toute la région.
14:53Donc, ils attaquent les bases.
14:54Ça, c'est le premier élément.
14:55Deuxième élément,
14:56ils font pression aussi
14:57sur les pays de la région
14:58pour qu'eux-mêmes
14:59fassent pression peut-être
15:00sur les Etats-Unis
15:01pour leur dire
15:01Ok, voilà, ça va trop loin.
15:03Les conséquences pour nous
15:04sont catastrophiques
15:05sur l'économie,
15:06sur le pétrole.
15:08On pourrait parler aussi
15:09effectivement du blocage
15:10du détroit d'Hormuz.
15:11On va y venir, évidemment.
15:12Et donc, oui,
15:13il faut arrêter.
15:13En gros, c'est ça.
15:14Je pense que c'est un peu
15:15leur stratégique.
15:17Ça a été très bien dit.
15:18En fait, ils savent très bien
15:19que militairement,
15:20ils ne font absolument pas le poids
15:21face aux Américains
15:22et aux Israéliens.
15:23Mais en revanche,
15:24ils jouent sur leur capacité
15:25de nuisance.
15:26Ça veut dire essayer
15:27de perturber le golfe persique.
15:28Alors, ils ne peuvent pas
15:29fermer le détroit d'Hormuz
15:30indéfiniment
15:31et seraient eux-mêmes
15:32victimes de cette fermeture
15:33et leurs alliés chinois aussi.
15:34Mais en fait, ils jouent
15:35sur notre capacité de résilience
15:37qu'eux pensent
15:38qui est beaucoup moins importante
15:39que leur capacité de résilience.
15:41Ça veut dire
15:4110 soldats américains morts
15:42et un choc pétrolier
15:43et l'essence à 4 litres en France.
15:46Ça va quand même perturber,
15:47on va dire,
15:48nos opinions publiques
15:49là où eux sont prêts
15:50à subir.
15:51De toute façon,
15:51ils n'ont pas le choix.
15:51Ils peuvent subir
15:52des milliers de morts
15:53et ils sont dans une logique
15:54de survie et de résistance
15:55et ils vivent dans le présent.
15:56On va tout de suite
15:57filer au standard
15:58retrouver Jean-Louis.
16:00Bonjour Jean-Louis.
16:01Bonjour Ali,
16:02bonjour à tous.
16:03Et bienvenue dans cette édition spéciale
16:05sur France Inter.
16:06Vous avez une question justement
16:07sur l'armée iranienne.
16:10Oui, mon colonel,
16:11on dit souvent
16:11qu'une armée sans tête
16:13est une armée imprévisible.
16:14Selon vous,
16:15n'y a-t-il pas un risque
16:16que les groupes isolés
16:18lancent des représailles
16:19de façon autonome ?
16:21Pour l'enger un guide
16:22devenu un martyr intouchable,
16:24ce guide,
16:25n'oublions pas,
16:26maintenait jusqu'à présent
16:28un cadre religieux
16:29limitant l'arme atomique.
16:31Merci Jean-Louis
16:32pour votre question.
16:33Réponse M. Goya.
16:34Oui, c'est-à-dire qu'il ne faut pas oublier
16:35que c'était effectivement
16:35un chef spirituel,
16:37religieux
16:37qui, dans le...
16:39comment dire,
16:39l'influence dépassait l'Iran.
16:41C'est-à-dire qu'il peut y avoir
16:44dans le monde chiite,
16:45pour faire très simple,
16:47un certain nombre de réactions.
16:48Vous avez toute une armée
16:49en Irak,
16:51une armée,
16:52enfin toute une série
16:52de milices chiites
16:54qui sont pro-iraniennes
16:56et qui peuvent se lancer,
16:58et qui sont d'ailleurs
16:58aussi présents en Iran
16:59pour aider à la répression,
17:02mais qui peuvent se lancer
17:03dans un certain nombre
17:03d'actions.
17:04Donc c'est possible,
17:05ils peuvent,
17:05on peut avoir des actes
17:07terroristes également,
17:08de représailles.
17:10C'est possible.
17:11Effectivement,
17:12maintenant,
17:12ce qui concerne l'armée
17:13elle-même,
17:13alors d'abord,
17:14il y a deux armées
17:16en Iran,
17:16il y a le gardien
17:18de la révolution,
17:19qui est la vraie puissance
17:20militaire,
17:20et puis il y a l'armée,
17:21l'armée régulière.
17:22Et c'est peut-être d'ailleurs
17:23cette armée régulière
17:24qui est un peu la clé
17:25du système,
17:27parce que c'est quand même
17:28un instrument de force,
17:28que cet instrument de force,
17:30en fonction de son allégeance,
17:33on va le dire comme ça,
17:35peut changer beaucoup de choses.
17:36Pour l'instant,
17:37il est resté fidèle,
17:38il ne bouge pas,
17:39mais s'il bouge,
17:40c'est tout l'Iran qui bouge.
17:41On vient de l'apprendre,
17:42la source,
17:43c'est le New York Times,
17:45et ça a corébord
17:46ce que vous disiez,
17:46Michel Goyap,
17:47avant que les Etats-Unis
17:49et Israël ne se préparent
17:50à lancer une attaque
17:51contre l'Iran,
17:52la CIA a localisé
17:53ce qui était peut-être
17:54la cible la plus importante,
17:56donc l'Ayatollah Khamenei,
17:57le guide suprême du pays,
17:59et la CIA a ensuite appris
18:01qu'une réunion des hauts
18:01responsables iraniens
18:03auraient lieu samedi matin
18:04dans un complexe
18:05situé au cœur de Téhéran,
18:07et la CIA a appris
18:08que le guide suprême
18:09serait présent sur place,
18:10ça explique aussi évidemment
18:12la guerre d'opportunités
18:14et ses frappes.
18:14Il y a hier le fils du char,
18:17Reza Kalabalavi,
18:18qui est en exil aux Etats-Unis,
18:19qui a partagé une vidéo
18:21dans laquelle il se disait,
18:22je cite,
18:23« proche de la victoire finale »
18:25et il ajoutait
18:26« restez vigilant »,
18:27il s'adressait aux Iraniens
18:29et prêt afin qu'au moment opportun
18:32que je vous annoncerai précisément,
18:34vous puissiez retourner dans les rues
18:35pour l'action finale.
18:37Est-ce que ce message a un sens ?
18:39Est-ce qu'il a une chance
18:40d'être entendu ?
18:41Et lui-même est-il un successeur possible ?
18:45Ou est-ce que c'est une erreur
18:47de penser que les Iraniens
18:48ont la mémoire courte
18:49et ont oublié
18:50ce qu'était le régime du char ?
18:52Alors, il y a quand même
18:53une dynamique très forte aujourd'hui
18:55autour de Reza Kalabalavi,
18:57du prince éritier,
18:58mais en fait,
18:58ce qui est très intéressant
18:59dans ce qu'il dit,
19:00c'est qu'effectivement,
19:01la suite des événements en Iran,
19:03ce qui va pouvoir tout changer ou pas,
19:05c'est la réaction
19:06de la population iranienne.
19:08Alors, encore une fois,
19:09sans soldats sur le sol
19:11et il n'y aura pas de soldats étrangers
19:12en Iran,
19:13vous ne pouvez effectivement
19:14pas espérer
19:14un changement de régime
19:16et des fissures
19:16au sein de l'armée régulière
19:18ou de l'élite politique
19:19de la République islamique.
19:20Mais la vraie question,
19:21c'est de savoir
19:22si après les opérations militaires,
19:24ça veut dire dans deux jours,
19:24deux semaines ou deux mois,
19:26est-ce que les Iraniens
19:27vont répondre aux appels
19:28des opposants
19:29et ils vont ressortir dans la rue ?
19:31Et là, si vous avez
19:31deux, trois millions de personnes,
19:33comme en 2009,
19:34qui prennent les rues à Téhéran,
19:36avec quand même
19:36toute l'appareil,
19:37on va dire politique
19:38et sécurité
19:38à un militaire de l'Iran
19:39qui sera décapité d'ici là,
19:41on peut effectivement espérer
19:43un changement de régime
19:44dans le pays.
19:45Rime Mamtaz,
19:46il y a la question
19:46du changement de régime
19:47et il y a celle
19:48de celui ou ceux
19:49qui pourraient l'incarner,
19:50la figure de Reza Palavi,
19:52aujourd'hui soutenue
19:53encore une fois
19:54par Donald Trump.
19:55Est-ce qu'elle vous semble crédible ?
19:57Mais en fait,
19:59c'est toute la question
19:59des inconnus
20:00qu'on ne peut pas contrôler.
20:01Je pense que parler aujourd'hui
20:03de la fin du régime,
20:04aujourd'hui,
20:05on n'y est pas encore.
20:06C'est trop tôt.
20:08Évidemment que la mort
20:09de Khamenei
20:10est un gros problème
20:13pour eux,
20:14mais en fait,
20:14on va devoir voir
20:16aujourd'hui,
20:17demain,
20:17dans quelques jours,
20:19si ce régime continue,
20:20par exemple,
20:21de pouvoir lancer
20:22des missiles,
20:23d'attaquer Israël,
20:24d'attaquer les pays arabes,
20:25d'attaquer les bases
20:26américaines dans la région.
20:28Est-ce qu'ils ont
20:30un problème
20:31de commandement
20:31ou pas ?
20:32Et est-ce qu'il va y avoir,
20:34par exemple,
20:35des défections
20:36à l'intérieur du système
20:37et des gens
20:38qui vont essayer
20:39de sauver leur peau,
20:41mais aussi peut-être
20:42de sauver
20:42leur régime,
20:43un peu comme
20:44Delcey Rodriguez
20:45au Venezuela,
20:47qui est une des options
20:48qui n'est pas exclue
20:49par l'administration américaine.
20:50Oui, autre parallèle,
20:52il est intéressant
20:53parce que vous le faites,
20:54Rimm Momtaz,
20:55il y a l'intervention
20:56américaine au Venezuela
20:57pour décapiter,
20:58là aussi,
20:59un chef d'État
21:00qui déplaît aux Américains.
21:03Même chose,
21:04comparaison et raison
21:05dans ce cas-là
21:06avec l'Iran ?
21:07Non, non,
21:08parce que les deux,
21:08évidemment,
21:09ne sont pas comparables,
21:10mais je le dis
21:11parce que quand on écoute
21:12le président américain
21:13depuis une semaine,
21:14et ça,
21:14c'est un vrai problème aussi,
21:16il donne plusieurs objectifs
21:17et plusieurs raisons
21:18pour cette intervention.
21:20Des fois,
21:21il dit que c'est juste
21:22pour en finir
21:23avec seulement
21:24le programme nucléaire.
21:25D'autres fois,
21:26il parle évidemment
21:27du programme balistique
21:30et à nouveau,
21:31hier soir,
21:31il a parlé
21:32de la démocratie
21:33pour le peuple iranien.
21:34En fait,
21:35ce sont trois objectifs
21:38très différents
21:38qui requièrent
21:39des approches
21:40très différentes.
21:41Et là est tout
21:42le problème
21:42avec la posture
21:43et l'approche américaine.
21:46Et donc,
21:46il va falloir observer
21:48au cours des prochains jours
21:49comment tout ça
21:50va s'agencer.
21:51Avant de retourner
21:53au standard,
21:53une question rapidement,
21:55Rimmamtaïz,
21:56est-ce qu'il faut craindre
21:57un embrasement régional ?
21:59Toutes les composantes
22:02d'un embrasement régional
22:03sont là,
22:04évidemment.
22:05Après,
22:06ça va dépendre
22:07de,
22:07est-ce que ce régime iranien
22:09a encore la capacité
22:12de faire des dommages ?
22:14Est-ce que son réseau
22:16de proxys,
22:16c'est-à-dire
22:17les milices irakiennes,
22:19les Houssies au Yémen,
22:21le Hezbollah au Liban,
22:22etc.
22:23Est-ce qu'ils ont,
22:25eux,
22:25encore les capacités
22:26de frapper
22:27et de faire des dommages ?
22:28Est-ce qu'ils en ont
22:29le désir,
22:30après avoir vu
22:31non seulement
22:31la décapitation
22:33de Khamény,
22:33mais aussi la décapitation
22:35du chef du Hezbollah,
22:36Nasrallah,
22:37qui était bien plus important
22:38que juste le chef du Hezbollah ?
22:39Et ça,
22:40c'était l'année dernière.
22:41Donc,
22:42il y a à nouveau
22:43encore cette inconnue.
22:44Il faut voir.
22:46Et ça,
22:46on va commencer
22:47à voir les éléments
22:48de réponse
22:48assez rapidement
22:49parce que s'ils ne répondent
22:50pas maintenant,
22:51alors que c'est clair
22:52que le régime
22:53est dans une lutte
22:54existentielle
22:55pour sa survie,
22:56ça va dire
22:57qu'ils ne sont plus
22:58en mesure de le faire.
22:59Farid Vaid.
23:00Alors,
23:01je pense qu'il ne faut
23:02jamais sous-estimer
23:03son adversaire
23:04et l'ennemi,
23:05mais en même temps,
23:06il ne faut pas
23:06aller surestimer
23:08leur capacité aujourd'hui.
23:09et le chef
23:10de la République islamique
23:11d'Iran a été éliminé.
23:12Le chef d'état-major,
23:13le chef des gardiens
23:14de la Révolution,
23:15les radars en Iran,
23:17les systèmes de défense
23:17antiaérien,
23:18je veux dire,
23:18ils subissent
23:19des coups très durs.
23:20Et qu'est-ce qu'ils font
23:22de leur côté ?
23:23Ils lancent des drones
23:24sur des hôtels
23:25à Dubaï
23:25sans atteindre
23:26quand même
23:27la moindre,
23:27on va dire,
23:28cible stratégique
23:30et importante
23:30en Israël
23:31ou aux Etats-Unis.
23:31Pas un seul soldat américain
23:33n'a été tué.
23:34militairement,
23:35il y a encore une fois
23:36une domination
23:37israélo-américaine
23:38qui est totale
23:39même si le régime
23:40garde effectivement
23:41une capacité de nuisance
23:42mais ils ne sont pas suicidaires.
23:44Mais juste un petit mot,
23:45je pense quand même
23:46qu'il faut garder en tête
23:47que l'essentiel
23:48le plus important
23:49dans cette équation
23:50c'est quand même
23:50la population iranienne.
23:52On oublie trop souvent
23:53ce qui s'est passé
23:55début janvier.
23:56Moi, je voudrais aussi
23:57rendre hommage
23:58à ces dizaines
23:58de milliers de jeunes
24:00qui ont été assassinés
24:01froidement
24:02par le régime
24:03parce qu'ils voulaient
24:03juste vivre librement.
24:05Et voilà,
24:06je pense à tous
24:07ces Iraniens
24:08qui ont perdu leur vie
24:08et aujourd'hui
24:09qui célèbrent
24:10et leur joie
24:11est tout à fait
24:11compréhensible
24:12et partagée.
24:13Leur joie,
24:14elle est extraordinaire
24:15mais est-ce qu'ils ont
24:16encore la capacité
24:17de se soulever
24:18après une répression
24:19aussi sanglante ?
24:20Évidemment,
24:20vous avez vu
24:21les manifestations
24:22dans les universités
24:23la semaine dernière.
24:24Je veux dire,
24:24il y a eu 30 000 morts
24:26en 48 heures
24:26et ça n'a pas empêché
24:28les étudiants
24:28dès que les universités
24:29ont été rouverts
24:30de reprendre
24:31des manifestations
24:32avec des slogans
24:34absolument extraordinaires.
24:35ils montrent un courage
24:36inouï.
24:37Les Iraniens
24:37même aujourd'hui,
24:38ils sont dans la rue
24:39malgré les bombardements,
24:40malgré le régime
24:41qui est toujours en place
24:42et qui sont quand même
24:42très sauvages
24:43dans leur répression,
24:44les gens sont dans la rue
24:45pour fêter
24:46l'élimination
24:47de leurs dictateurs.
24:48Donc en fait,
24:49je pense qu'il faut garder
24:50l'essentiel de ce qui se passe
24:51en Iran.
24:52Ce n'est pas le nucléaire
24:54ou le balessique,
24:54ce sont les Iraniens
24:56et il faut les aider
24:57à s'ébarrasser
24:57de la République islamique.
24:58Question d'ailleurs
24:59que soulève Aurélien Rimontaz
25:01après les manifestations
25:02que l'on a vues.
25:03La jeunesse peut-elle encore
25:05se révolter
25:06et prendre le pouvoir
25:08éventuellement ?
25:09C'est ce qu'on espère
25:11pour l'Iran
25:12et effectivement,
25:13j'espère
25:15qu'ils vont pouvoir
25:16s'organiser,
25:18ils vont pouvoir
25:19faire aboutir
25:20un changement politique
25:22et prendre le pouvoir.
25:25Ce n'est pas facile.
25:26On peut faire une révolution,
25:27on peut descendre
25:28dans la rue,
25:29ne pas être assez organisé,
25:30assez mobilisé
25:31pour prendre le pouvoir.
25:33C'est très différent
25:34d'essayer de faire
25:35la révolution
25:36et de descendre
25:37dans la rue
25:37que de prendre le pouvoir
25:39même quand le pouvoir
25:41en place
25:42est très affaibli.
25:43Oui, bien sûr.
25:44Question qui fâche,
25:45est-ce que cette agression
25:46ou cette opération militaire
25:48selon les points de vue
25:49étant dehors
25:50de la légalité internationale,
25:52est-ce que ça compte
25:53de poser cette question ?
25:55Ça vous fait sourire
25:56Farid Vaid,
25:57Michel Goya également ?
25:58Oui,
25:59effectivement,
26:00ce n'est plus la question.
26:01On est passé dans une autre époque
26:02où malheureusement...
26:04Vous acquiescez Farid Vaid.
26:06Les mandats du Conseil de sécurité,
26:08c'est devenu du passé.
26:11On fait un peu ce qu'on veut.
26:13Alors, si vous voulez,
26:13d'un point de vue
26:14de droit international,
26:15autant le point de vue israélien
26:16de dire, voilà,
26:17on est de toute façon,
26:18nous, déjà agressés par l'Iran,
26:19par ses proxys, etc.
26:20Donc, on est déjà en guerre
26:22et donc, on a parfaitement
26:22le droit de frapper.
26:24Ça se tient.
26:25Côté américain,
26:26c'est déjà plus flou.
26:29L'expression de frappe préventive,
26:30elle n'existe pas
26:31dans le droit international.
26:32Mais je vais vous répondre
26:33en tant qu'Iranien.
26:34L'Iran n'a jamais été
26:35dans le droit international.
26:36Les Iraniens n'ont jamais bénéficié
26:38des avantages
26:39du droit international.
26:40Donc, de parler aujourd'hui
26:41du droit international
26:42à une population
26:43qui se fait martyriser
26:45par son régime,
26:46ça n'a aucun sens.
26:47Et un dernier mot,
26:48Rimmomtaz,
26:49le fait que la France,
26:50la Grande-Bretagne
26:51n'ait pas été consultée,
26:52est-ce que c'est le signe
26:53d'un affaiblissement de l'Europe,
26:55même si c'est une question secondaire
26:57par rapport à ce qui attend
26:58la population iranienne ?
27:00Non, c'est le signe
27:02d'une divergence d'approche
27:04parce que ce n'est pas
27:05une divergence d'objectif
27:07parce que j'aimerais bien rappeler
27:09que c'est le président Macron
27:10en 2019 qui a tenté,
27:12quand le président Trump
27:14était président
27:14pendant son premier mandat,
27:17d'ouvrir une négociation
27:19avec l'Iran
27:21sur les questions balistiques
27:22et sur les questions
27:23des ministres régionales
27:24en plus du programme nucléaire.
27:28Et ça n'avait pas abouti.
27:29Donc en fait,
27:30ça a toujours fait partie
27:31des objectifs de la France,
27:32du Royaume-Uni aussi
27:33et de l'Allemagne
27:34parce qu'ils font partie
27:35du E3.
27:36Il y a les mêmes objectifs
27:38mais il n'y a pas
27:38aujourd'hui en commun
27:41une approche
27:41et une stratégie.
27:43Et en fait,
27:43c'est un nouveau signe
27:44de l'éloignement
27:46entre les Européens
27:47et les Américains.
27:48Merci infiniment
27:49en tout cas
27:50à tous les trois,
27:50Michel Goya,
27:51Farid Vaid
27:52et Rim Momtaz
27:52de nous avoir aidé
27:53à y voir plus clair
27:54et j'indique
27:55que le Washington Post
27:56vient d'indiquer
27:58que MBS,
27:59le prince héritier saoudien,
28:01aurait poussé
28:02Donald Trump
28:03en coulisses
28:04à l'intervention
28:04et en finir
28:05contrairement
28:06à ce lieu commun
28:07qu'on partage souvent
28:10en public.
28:11La Grande-Bretagne
28:11a été consultée
28:12mais pas la France.
28:14Sous-titrage Société Radio-Canada
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