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MEDI1TV Afrique : MEDI1 SOIR - 28/02/2026
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05:29And the President
05:52The American American
05:59and deployed at the frontiers.
06:04The tension s'étend beyond the Iranian border.
06:07In Bahrein, an American base has been vised.
06:10The Gulf monarchies redoutent an embracement
06:12and a blockage of the Detroit d'Hormuz,
06:15the strategic part of the world.
06:17In Europe, in Berlin, a crisis crisis is installed.
06:21In Moscow, the former president of Dimitri Medvedev
06:24announced the strikes which, according to him,
06:26reveal the real face of Washington.
06:28En coulisses, pourtant, des négociations nucléaires
06:30étaient en cours à Genève sous médiation d'Omane.
06:33Le ministre romanais des Affaires étrangères,
06:35Saïd Badr al-Boussaidi, évoquait encore vendredi
06:38une avancée majeure.
06:39Aujourd'hui, la diplomatie semble reléguée au second plan.
06:43Entre menaces de représailles,
06:44risques de crises pétrolières et craintes
06:46d'un afflux massif de réfugiés,
06:48la région retient déjà son souffle.
06:55Et face à ces frappes, comment Israël justifie cette opération conjointe
06:59avec les États-Unis ?
07:01Élément de réponse avec notre correspondante Valérie Ferrand.
07:04Alors, d'abord, évidemment, on s'y attendait.
07:07On note une chose quand même,
07:09c'est qu'on est un peu dans le même scénario
07:10que l'on connaît depuis tellement d'années,
07:12mais pour ne prendre qu'une date,
07:14l'an dernier, quand il y a eu les attaques contre l'Iran,
07:18c'était aussi au moment de négociations.
07:20Et donc, à chaque fois, on peut constater en fait
07:24que les négociations servent bel et bien de couverture
07:27à Israël et aux États-Unis pour attaquer ce pays.
07:31Et on sait que les préparatifs, bien sûr,
07:33d'une telle opération militaire prennent des mois
07:36et que les dates étaient fixées apparemment
07:38selon des responsables américains depuis des semaines.
07:42Et même si le discours de Donald Trump, lui,
07:46était de dire, je préfère une négociation.
07:51Côté israélien, Benjamin Netanyahou a tenu le discours
07:54qu'il tient depuis 30 ans.
07:56Ça veut dire, l'Iran est sur le point d'avoir
07:59la bombe nucléaire, l'Iran est la première menace
08:02terroriste mondiale, etc.
08:04Ce qui change réellement aujourd'hui,
08:06c'est que les objectifs sont clairs.
08:07Sur le terrain, Israël attaque, on l'a vu,
08:11les centres vitaux politiques
08:13et tentent d'assassiner donc le leadership politique iranien.
08:19Les Américains, de leur côté, disent attaquer des sites militaires,
08:23mais on voit bien qu'il y a aussi des sites civils,
08:26puisqu'il y a eu ce matin des dizaines d'étudiantes
08:29qui ont été tuées dans un bombardement sur une école.
08:32Bref, l'autre discours qui est tenu aussi par les Israéliens,
08:36c'est dire directement aux Iraniens,
08:39« Soulevez-vous, nous allons vous aider à vous libérer du joug de ce régime ».
08:44Le discours ne tiendra pas, tout simplement parce que,
08:49que ce soit les Iraniens ou les peuples arabes de la région,
08:53on a très bien vu que tous ces discours, d'abord sans preuve
08:56sur les potentiels dangers de l'Iran,
09:00ne sont en plus que des promesses qui mènent toujours à la destruction des pays de la région,
09:07et on peut prendre l'exemple de l'Irak.
09:11Et cette escalade militaire au Moyen-Orient franchit un seuil inédit et inquiétant.
09:16Plusieurs pays du Golfe redoutent d'ailleurs un embrasement régional.
09:19Des avions militaires et des missiles ont traversé l'espace aérien de l'Irak et de la Jordanie.
09:24Le Bahreïn confirme que le quartier général de la cinquième flotte de la marine américaine
09:28a été la cible d'une attaque à la roquette.
09:31Des explosions ont été entendues au Koweït, à Riad, Doha, à Abu Dhabi et Dubaï.
09:37L'espace aérien des Émirats arabes unis est partiellement et temporairement fermé.
09:43Le Maroc condamne avec la plus grande fermeté l'attaque abjecte de missiles iraniens
09:48ayant violé l'intégrité et la sécurité des États arabes frères.
09:51Un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine
09:55et des Marocains résidant à l'étranger souligne que le Royaume du Maroc
09:58considère cette agression comme une violation flagrante de la souveraineté nationale des Émirats arabes unis,
10:03du Royaume d'Arabie saoudite, du Royaume de Bahreïn, de l'État du Qatar,
10:07l'État du Koweït et du Royaume Hashemite de la Jordanie.
10:10Le Royaume du Maroc affirme sa pleine solidarité avec les États arabes frères
10:14dans toutes les mesures légitimes qu'ils prennent pour répondre à cette attaque et protéger leur sécurité.
10:23Et dès l'annonce du déclenchement des hostilités entre l'Iran et les États-Unis,
10:27les réactions internationales se sont multipliées,
10:29traduisant une vive inquiétude face au risque d'embrasement régional et à ses répercussions mondiales.
10:34Les détails avec Rachid Farhan.
10:36Plusieurs États du Golfe ont condamné les frappes et tirs de missiles ayant visé ou survolé leur territoire.
10:43Le Royaume d'Arabie saoudite a exprimé son rejet et sa ferme aux condamnations des attaques iraniennes,
10:49qualifiées d'abjectes et lâches qui ont visé la région de Riad et la région orientale et qui ont été
10:55repoussées.
10:56Les Émirats arabes unis ont condamné avec la plus grande fermeté les attaques de missiles iraniennes,
11:02flagrantes ayant visé leur territoire.
11:05Le Bahreïn, le Kuwait et le Qatar ont fermement condamné l'attaque iranienne qui a visé leur territoire,
11:12considérée comme violation flagrante de leur souveraineté, de leur espace aérien, du droit international et de la Charte des Nations
11:20Unies.
11:21Le ministère jordanien des Affaires étrangères et des expatriés a fermement condamné l'attaque iranienne
11:27au moyen de missiles balistiques ayant visé le territoire du Royaume de Jordanie.
11:32Le Sultanah Douman, qui jouait un rôle de médiateur entre Washington et Téhéran,
11:37a exprimé son regret face à l'effondrement des discussions.
11:40Le ministre des Affaires étrangères Badal Al-Boussaidi a exhorté les États-Unis à limiter leur implication.
11:48Au Nord-Europe, la priorité affichée est celle de la retenue.
11:51La France et l'Allemagne ont déclaré ne pas participer aux opérations militaires
11:56et ont appelé toutes les parties à éviter une escalade supplémentaire.
12:00Le chef d'État français Emmanuel Macron a demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU
12:06et a affirmé que la parole devait être rendue au peuple iranien.
12:10Le premier ministre britannique Erstarmer a appelé à empêcher toute nouvelle escalade au Moyen-Orient
12:17et à revenir à un processus diplomatique alors que les tensions s'intensifient
12:22après les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran.
12:27En Russie, le vice-président du Conseil de sécurité, Dmitry Medvedev, a dénoncé l'attaque américaine,
12:34estimant que les négociations n'étaient qu'une couverture.
12:37Il a mis en garde contre les conséquences d'un conflit prolongé,
12:41laissant entendre que la crise pourrait s'inscrire dans la durée.
12:45La Chine, de son côté, appelle à un cessez-le-feu, exhorte à éviter toute nouvelle escalade des tensions
12:50et encourage la reprise du dialogue et des négociations.
12:55Le secrétaire général de l'ONU condamne l'escalade au Moyen-Orient
12:59et juge que les frappes américaines ou israéliennes sur l'Iran
13:02et les représailles iraniennes sapent la paix internationale.
13:08Face à la montée des tensions, la majorité des capitales appelle désormais à la retenue
13:13et un retour rapide à la diplomatie.
13:15Si les positions demeurent tranchées, une constante se dégage,
13:19la crainte d'un conflit élargi ou conséquences imprévisibles
13:23pour l'ensemble de la région et au-delà.
13:27Il est l'heure à présent de notre entretien avec l'invité de la rédaction.
13:39Je vous le disais, dans ce journal Israël et les États-Unis ont lancé des attaques contre l'Iran ce
13:43samedi
13:44avec des frappes aériennes et des explosions signalées à Téhéran et dans d'autres villes iraniennes.
13:49La situation reste encore en constante évolution.
13:52Mais quels sont les enjeux régionaux de ces frappes ?
13:55Pour y répondre, nous sommes en direct depuis Paris avec Christophe Boutin, analyste politique.
14:00Christophe Boutin, bonsoir et merci d'être avec nous.
14:05Le président américain Donald Trump a annoncé que les États-Unis avaient lancé des opérations de combat majeur
14:11contre l'Iran visant à éliminer les menaces imminentes posées par le régime iranien.
14:16Quels sont, d'après vous, les enjeux régionaux sur la stabilité du Moyen-Orient ?
14:21Écoutez, les enjeux sur la stabilité, on le voit très clairement, puisque maintenant nous ne sommes plus dans une affaire
14:27à deux ou à trois,
14:28je veux dire entre l'Iran, les États-Unis et Israël, puisque grâce aux tirs iraniens, ce sont les autres
14:36États du Golfe et les États du Proche-Orient qui sont aussi concernés.
14:40Les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, le Bahreïn, la Jordanie, le Koweït ont été visés ou survolés par des
14:48missiles uraniens.
14:49Donc on a bien une extension, ici, possible du conflit.
14:53Par ailleurs, il y a la possibilité d'action de ce qu'on pourrait appeler les proxys iraniens,
14:58notamment les milices en Irak ou les Houthis dans d'autres secteurs,
15:04pour mener des attaques qui pourraient être des attaques multiples.
15:07On pense bien évidemment à la mer Rouge et on pense au détroit d'Hormuz.
15:11Cette crainte de l'embrasement va aussi, dans l'hypothèse où le conflit continue et se développe,
15:18on pourrait envisager les craintes des États voisins de l'Iran.
15:22S'il y a une guerre civile, par exemple, en Iran, s'il y a des personnes déplacées,
15:27s'il y a des gens qui fuient le pays et qui vont se réfugier à l'étranger,
15:32ça va provoquer effectivement une crise humanitaire importante.
15:37Il y a la crise économique potentielle, puisqu'on parle du détroit d'Hormuz.
15:41N'oublions pas qu'une large part du pétrole mondial passe par le détroit d'Hormuz
15:45et que bloquer le détroit conduirait à un renchérissement des prix.
15:51Et le tout avec, vous le disiez dans les reportages qu'on a eus jusqu'à maintenant,
15:55avec pour l'instant des perspectives de stabilisation qui sont pour le moins limitées.
16:02Le Conseil de sécurité des Nations Unies, où les États-Unis disposent d'un pouvoir de veto,
16:07se réunira ce samedi à 21h GMT afin d'évoquer la situation au Moyen-Orient
16:12après l'opération militaire lancée par Washington contre l'Iran.
16:15À quoi est-ce qu'on peut s'attendre ?
16:18Eh bien, malheureusement, peut-être pas à grand-chose.
16:21Car, si vous voulez, bien sûr, les États-Unis vont participer à la réunion,
16:26ils ont un droit de veto.
16:28Mais parmi les monts permanents du Conseil de sécurité,
16:30il y a bien sûr la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis,
16:33mais il y a aussi la Russie et la Chine.
16:35Or, la Russie et la Chine étaient engagés ces derniers temps
16:39dans une perspective de coopération avec l'Iran,
16:43avec notamment des manœuvres communes Russie, Chine et Iran,
16:49qui avaient eu lieu à proximité du détroit d'Hormuz, justement.
16:53Donc, comme ces deux membres permanents, Russie et Chine,
16:56disposent eux aussi d'un droit de veto au Conseil de sécurité,
17:00on peut penser que le Conseil de sécurité va permettre d'évoquer les problèmes,
17:04mais vraisemblablement pas de trouver une véritable solution.
17:08L'ONU, ici, retrouve sa puissance de dialogue une nouvelle fois.
17:13C'est ce que souhaite d'ailleurs son secrétaire général, M. Guterres.
17:16Mais le dialogue ne veut pas dire la décision
17:19et ne permettra sans doute pas de permettre une solution rapide onusienne
17:25proposée à ce conflit.
17:27Les États-Unis, on l'a vu, ont soutenu l'attaque Israël
17:30et déployé des forces militaires dans la région
17:33afin de soutenir Israël.
17:34Quels sont les objectifs réels de ces attaques israéliennes et américaines
17:38contre l'Iran ?
17:39Écoutez, vous l'avez dit dans vos repartages très justement,
17:43nous ne sommes plus ici dans des attaques qui soient limitées
17:47au seul problème du développement du nucléaire iranien,
17:50des frappes destinées en travaillant sur les usines
17:55dans lesquelles on essaye d'enrichir l'uranium
17:58et dans lesquelles il y a peut-être une possibilité de création d'une arme atomique.
18:02Nous sommes ici véritablement dans des frappes qui visent à déstabiliser le régime lui-même,
18:08des frappes qui visent à décapiter la direction iranienne.
18:11D'ailleurs, manifestement ici, on a utilisé une réunion du Conseil de sécurité nationale iranien
18:19qui était prévue pour pouvoir frapper des cibles qui soient des cibles sécuritaires,
18:26aussi bien gardiens de la révolution.
18:27Le guide suprême a été visé, on ne sait pas le bruit court.
18:32Monsieur Netanyahou disait qu'il était peut-être mort à l'heure actuelle.
18:36En tout cas, on a un doute effectivement sur le sujet
18:39et c'est toute une partie de l'appareil de direction de l'Iran que l'on cherche à frapper.
18:47L'idée n'est plus, encore une fois, uniquement ici de permettre d'affaiblir le nucléaire iranien,
18:54mais bel et bien éventuellement d'envisager un changement de régime.
18:57Ce matin, Donald Trump disait aux guerriers de la révolution
19:01qu'il était temps pour eux de poser les armes s'il voulait bénéficier d'une amnistie
19:06et on voit bien qu'il y a à nouveau des appels.
19:09Je rappelle que la rue iranienne a manifesté qu'il y a une répression très violente
19:14de ces manifestations dans la rue iranienne.
19:17On cherche à nouveau ici à provoquer un soulèvement pour mettre à bas le régime.
19:24Alors, les États-Unis et Israël ont donc déclenché cette guerre
19:27accusant l'Iran d'avoir violé un accord de 2015 visant à l'empêcher de développer l'arme atomique.
19:33Est-ce que vous pensez que l'Iran développe réellement l'arme atomique ?
19:38Développer l'arme atomique, c'est une chose particulière
19:40parce qu'il faut arriver à un taux d'enrichissement de l'uranium de 90%.
19:45Actuellement, on sait que l'Iran a des stocks d'uranium enrichis à 60%.
19:50Et maintenant, pour passer d'un niveau de 60% à un niveau de 90%,
19:55ce n'est pas quelque chose d'impossible en la matière.
19:59On évalue à plusieurs mois le temps nécessaire à y arriver.
20:05Maintenant, à côté de cela, n'oublions pas quand même qu'il y a eu, en 2003,
20:10une fatwa du guide suprême de Khameini qui interdisait les armes nucléaires
20:16et qu'après tout, il y avait des négociations en cours à Genève,
20:19votre correspondante l'évoquait tout à l'heure,
20:22avec une incompréhension en la matière.
20:24C'est-à-dire que Téhéran veut bien qu'il y ait des inspections,
20:28mais souhaitait qu'il y ait d'abord une levée des sanctions,
20:31alors qu'en face, les États-Unis ne voulaient aucun enrichissement de la part des Iraniens.
20:40C'est vrai qu'il y avait aussi des négociations faites par les Iraniens
20:44vers la Corée du Nord, vers le Pakistan,
20:47pour pouvoir disposer de missiles de longue portée, plus de 3000 km,
20:52avec des missiles qui seraient potentiellement nucléaires.
20:57Mais on est bien d'accord sur le potentiellement.
20:59C'est vrai aussi qu'il y avait des députés qui avaient évoqué l'idée
21:03de sortir par exemple du traité pour pouvoir développer les armes nucléaires.
21:09Mais à ce jour, on n'a aucune certitude sur le développement réel d'une arme nucléaire en Iran.
21:15L'Iran a promis justement de riposter fermement aux frappes
21:19et a lancé des missiles et des drones vers Israël, ainsi que sur plusieurs pays arabes.
21:24Comment expliquez-vous, Christophe Boutin, ces attaques iraniennes contre les pays arabes voisins ?
21:30C'est une bonne question.
21:32Vraisemblablement parce que les Iraniens ont senti une évolution d'une part des pays arabes.
21:38Il y a quelque temps encore, lorsque Israël avait engagé des frappes,
21:43Mohamed Ben Salman, en Arabie Saoudite, avait considéré que l'espace aérien de l'Arabie Saoudite
21:48ne pouvait pas être utilisé pour ces frappes.
21:50Ici, on a manifestement une potentialité qui a été laissée pour ces frappes.
21:57Par ailleurs, n'oublions pas qu'au Bahreïn,
22:00n'oublions pas qu'au Qatar, il y a des bases américaines.
22:02Donc, ce sont les pays qui abritent ces bases américaines
22:06qui sont aussi visées par cette riposte iranienne.
22:10C'est un élément d'explication, je crois, assez important en la matière.
22:15L'Iran n'a pas réussi à frapper les bases américaines.
22:19Il les a visées au Bahreïn, c'est assez clair.
22:22Mais il frappe effectivement des États dont il a conscience qu'ils ont soutenu,
22:27qu'ils pourraient soutenir les frappes en cours.
22:31La riposte de Téhéran, d'après vous, serait-elle cette fois-ci de quitter définitivement
22:36le traité de non-prolifération des armes nucléaires, Christophe Boutin ?
22:41Ça, c'est très difficile.
22:42Quitter le TNP, c'est bien évident quelque chose qui est tout à fait possible.
22:46Il y a l'article 10 qui autorise effectivement,
22:50il y a les règles classiques, ce n'est pas quelque chose de très difficile.
22:53Il suffit d'un petit préavis de trois mois pour quitter le traité.
22:55Donc là, il n'y a pas de problème.
22:57Par contre, effectivement, il y avait aussi, j'évoquais tout à l'heure,
23:01les parlementaires iraniens qui, ces derniers temps,
23:04avaient déposé un projet de loi pour justement entamer un retrait
23:09de ce traité de non-prolifération.
23:11Les conséquences du retrait ne seraient effectivement
23:14de permettre cette fois un enrichissement supplémentaire.
23:17On pourrait passer de 70 à 90 %,
23:19on pourrait envisager de créer une arme nucléaire.
23:22Pour autant, ça serait aussi une visibilité très…
23:26ça aurait été une visibilité problématique pour l'Iran.
23:30Et d'ailleurs, à Téhéran, il y a très clairement une division
23:33entre des conservateurs qui souhaitaient cette sortie du TNP
23:37et puis en face des modérés qui, eux, au contraire,
23:42souhaitaient y rester pour permettre aux négociations qui,
23:44vous le disiez dans vos reportages, étaient en cours à Genève,
23:48sous l'égide du sultanat d'Omane, pour permettre à ces négociations de progresser.
23:54Le retrait aurait été perçu comme un élément stratégique majeur.
24:00Avant de conclure, les États-Unis et l'Iran, on le sait,
24:03ont engagé des négociations indirectes afin de tenter de résoudre la crise.
24:07Mais après ces frappes, peut-on parler d'un échec pour le processus diplomatique
24:11et quelles sont, d'après vous, les perspectives de résolution du conflit ?
24:15Écoutez, d'échec diplomatique, oui, effectivement.
24:19Votre correspondante posait tout à l'heure la question de savoir
24:21si ces éléments diplomatiques n'avaient pas été, finalement,
24:24un rideau de fumée pour déguiser des frappes.
24:28Ça, c'est une question qu'il est permis de poser.
24:30Mais en tout cas, échec de la diplomatie, c'est certain.
24:32D'autant plus qu'actuellement, comme je le disais,
24:35on n'est plus du tout dans des frappes qui sont uniquement dirigées
24:38contre l'appareil de production nucléaire iranien,
24:41mais bel et bien contre le régime lui-même visant à décapiter le régime.
24:47Dans ce cadre-là, vous comprenez qu'engager une négociation,
24:50on est plus dans un changement de régime,
24:52dans la perspective d'un changement de régime,
24:53que dans la perspective d'une négociation.
24:56La diplomatie peut-elle encore agir ?
24:59Oui, elle peut toujours agir.
25:00Il peut y avoir, effectivement, une pression d'autres États,
25:03la Chine, la Russie pour ramener autour d'une table de négociation
25:07et éviter l'escalade au prochain et au Moyen-Orient.
25:11Mais actuellement, ça n'en prend pas la direction.
25:15Merci beaucoup, Christophe Boutin, pour votre analyse
25:17et d'avoir répondu à toutes nos questions.
25:19Je rappelle que vous êtes analyste politique
25:21et que vous étiez en direct avec nous depuis Paris.
25:25Merci à vous.
25:27Retour à l'actualité.
25:28Après les premières attaques lancées par les États-Unis et Israël,
25:32l'Iran a lancé ses frappes en représailles.
25:34Plusieurs pays alliés des États-Unis au Moyen-Orient
25:37ont d'ailleurs été visés.
25:38Les détails avec Nasser Dilounaï.
25:41Les missiles fusent des deux côtés.
25:44Face aux frappes américaines et israéliennes, l'Iran a riposté.
25:47Téhéran a visé plusieurs pays au Moyen-Orient.
25:50Cela dit, beaucoup de missiles ont été interceptés.
25:53Au Qatar, plusieurs explosions ont été entendues au centre de Doha,
25:56mais aussi près de la base américaine d'Al-Udaïd,
25:59la plus grande base de la région.
26:01Le gouvernement qatari annonce avoir repoussé la troisième vague d'attaques.
26:05Selon les autorités, la situation sécuritaire est stable.
26:08Mais l'État déclare se réserver le plein droit de riposter à cette attaque.
26:11En attendant, les équipes d'intervention travaillent 24 heures sur 24
26:15pour assurer le suivi des opérations de défense.
26:19Au Koweït, les sirènes ont retenti.
26:22Le pays a également essuyé plusieurs attaques de missiles balistiques iraniens.
26:26Selon l'état-major général de l'armée,
26:28les systèmes de défense aérienne ont intercepté de nombreux missiles
26:32détectés dans son espace grâce aux procédures opérationnelles.
26:35Les tirs de missiles iraniens ont aussi ciblé les Émirats arabes unis.
26:39Les systèmes de défense aérienne national déclarent avoir intercepté
26:43une nouvelle vague de missiles lancés vers le pays.
26:46La menace reste présente.
26:48Le territoire est en état d'alerte maximale.
26:50Les systèmes tournent en continu.
26:52Des débris de missiles interceptés sont tombés dans plusieurs zones d'Abu Dhabi,
26:56notamment Khalifa Siti, Mohamed bin Zayed Siti et El Falah.
27:00Si plusieurs missiles ont été interceptés, d'autres ont touché leur cible.
27:04Les attaques se poursuivent.
27:05Durant les pourparlers d'avant-guerre,
27:07l'Iran avait prévenu que toute forme d'attaque à son encontre
27:10entraînerait une guerre régionale.
27:12Et actuellement, c'est bel et bien cette tournure que prend la guerre.
27:16Et cette guerre lancée entre les États-Unis et l'Iran
27:19pourrait avoir des conséquences néfastes sur l'économie mondiale.
27:22Parmi les dossiers particulièrement sensibles, celui du détroit d'Hormuz.
27:26Un passage d'importance capitale pour le commerce mondial de gaz et de pétrole.
27:31Les détails avec Nasser Dinounay.
27:35Situé entre l'Iran et le Sultanat d'Omane,
27:38reliant le Golfe à l'Océan Indien,
27:40le détroit d'Hormuz est un point de passage clé pour le commerce mondial de gaz et de pétrole.
27:45Ce passage est de loin la principale voie de navigation
27:48qui connecte les pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde.
27:53Pourquoi ce passage est-il si important ?
27:58Il est vrai que le passage ne fait qu'environ 33 kilomètres.
28:01C'est ce passage qu'utilisent ces pays producteurs de pétrole et de gaz
28:05pour envoyer les barils vers les marchés asiatiques.
28:07Un cinquième de la consommation mondiale de pétrole passe par ici.
28:14En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement.
28:19Et pour le gaz, près de 20% du commerce mondial de gaz naturel liquéfié y transitaient également.
28:25Avec la guerre, le détroit est sous tension.
28:28Ce sont les autorités iraniennes qui contrôlent les opérations navales dans la région.
28:32Durant les pourparlers, Téhéran avait menacé de bloquer le passage en cas d'attaque américaine.
28:37Des perturbations dans le détroit pourraient avoir des conséquences majeures sur l'économie mondiale.
28:49L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, mais aussi l'Iran, tous dépendent de ce passage pour exporter leur pétrole.
28:55Toute interruption, même temporaire, pourrait accroître les tensions géopolitiques,
28:59provoquer des secousses dans le secteur du transport maritime mondial et chambouler les prix.
29:08Insuffisance énergétique, explosion des prix du carburant et du gaz.
29:12Tous les secteurs pourraient être touchés, directement ou indirectement.
29:16Une des perturbations majeures du transport pétrolier remonte à 1984,
29:20en plein conflit entre l'Iran et l'Irak durant la guerre des pétroliers.
29:24Plus de 500 navires avaient été détruits ou endommagés.
29:28Téhéran avait dès lors miné des zones de passage dans le détroit d'Hormuz.
29:33Le Moyen-Orient est-il entré dans une nouvelle ère d'instabilité majeure ?
29:37Après les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran annoncées ce samedi, la région vacille.
29:42Fermeture d'espaces aériens, menace d'escalade militaire et crainte humanitaire.
29:46Les avertissements prennent aujourd'hui une résonance particulière.
29:49Les détails avec Ababa Kartoukara.
29:53En quelques heures, la région du Moyen-Orient s'est embrasée, se figeant dans les airs.
29:58Le signal est clair, la crainte d'une extension du conflit.
30:01Car au-delà des frappes, c'est l'équilibre stratégique de toute la région qui est menacée.
30:05Et notamment en point névralgique, le détroit d'Hormuz, par où transite une part essentielle du pétrole mondial.
30:11Toute perturbation dans cette zone pourrait provoquer un choc énergétique mondial et une flambée des prix.
30:16Les mises en garde n'étaient pas nouvelles dès les négociations tendues entre Washington et Téhéran à Genève, des pays
30:22comme l'Egypte alertés.
30:26Le risque est de sombrer dans une confrontation catastrophique.
30:30Une guerre de ce type peut avoir des graves conséquences pour les alliés des États-Unis dans la région.
30:36L'Egypte, à l'instar de l'Arabie saoudite et de la Turquie, cherche à renforcer la coordination.
30:41Un soutien aveugle et inconditionnel à un gouvernement d'extrême droite en Israël n'apportera ni stabilité ni sécurité à
30:48la région.
30:50Même inquiétude du côté des Nations Unies.
30:54Je suis extrêmement préoccupé par les conséquences pour les civils. J'espère que la raison l'emportera.
31:03Pendant ce temps, la présidente du Comité international de la Croix-Rouge, Mirjana Spoljaric, parle d'une réaction en chaîne
31:10dangereuse avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour les civils.
31:14Escalade militaire, risques humanitaires, paralysie du trafic aérien, menaces énergétiques autour d'Hormuz.
31:21Le Moyen-Orient se trouve désormais à un carrefour critique entre accords limités aux confrontations élargies.
31:27Et dans cette région où chaque étincelle peut embraser plusieurs fronts à la fois, l'équation reste plus fragile que
31:33jamais.
31:34Si les prochaines heures s'annoncent décisives, une chose est sûre, le Moyen-Orient est dans une zone de turbulence
31:40majeure.
31:43Les frappes menées par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran secouent la géopolitique internationale.
31:48Entre les partis en conflit, les pourparlers n'ont pas réussi à aboutir sur des compromis.
31:53Nucléaire iranien, sanctions, armement, les points de discorde étaient nombreux.
31:58On voit ça en détail avec Nasser Dinounain.
32:02C'est un échec pour le processus diplomatique qui s'est heurté à un mur.
32:06Entre les Etats-Unis et l'Iran, trois sessions de pourparlers s'étaient enchaînées ces dernières semaines.
32:11Problème, chaque pays campait sur ses positions.
32:14Entre menaces, refus de concessions et discours militaires, les négociations étaient laborieuses.
32:19Pas de compromis sur le dossier du nucléaire iranien.
32:22Les Etats-Unis exigeaient une dénucléarisation de l'Iran, craignant que le pays ne se dote de l'arme atomique.
32:28Le président est clair, nous préférons la diplomatie, mais l'Iran représente une menace pour les Etats-Unis.
32:36Nous leur avions demandé de ne plus essayer de relancer leur programme nucléaire.
32:40Et pourtant, ils essaient constamment de le développer.
32:43Ils n'enrichissent pas de nucléaire pour le moment, mais ils cherchent à pouvoir le faire.
32:48Des demandes jugées excessives et intolérables pour Téhéran.
32:51Le gouvernement iranien affirmait que son programme était à but civil.
32:55Face aux menaces américaines, Téhéran avait aussi durci le ton.
33:00Nous sommes prêts pour la diplomatie, mais ils doivent savoir que la diplomatie n'est pas compatible
33:04avec les menaces, l'intimidation et la pression.
33:10Si les Américains veulent déclencher une guerre, je les préviens que cette fois-ci, ce sera une guerre régionale.
33:18Deux visions irréconciliables. Dès lors, la divergence semblait inévitable.
33:23Alors que les pourparlers étaient déjà bien entamés, le porte-avions Abraham Lincoln était arrivé fin janvier au Moyen-Orient.
33:30Par la suite, mi-février, c'est le plus grand porte-avions au monde, le Gerald Ford,
33:34qui s'était à son tour déployé dans la région sur ordre de Donald Trump.
33:38Sur place, nous avons déployé les navires de guerre les plus puissants au monde.
33:43Nous espérons conclure un accord, mais si nous n'y parvenons pas, ils verront bien qui a raison.
33:49Il est rare que deux porte-avions américains soient dépêchés en même temps au Moyen-Orient.
33:53Mais cela avait déjà été le cas en juin dernier, quand Donald Trump avait décidé de frappes aériennes
33:58contre trois sites nucléaires iraniens, pendant la guerre de 12 jours déclenchée par Israël.
34:04Il est l'heure à présent de faire le tour de l'actualité économique nationale et internationale avec Younes Benzineb.
34:17À la une de l'actualité économique de ce vendredi, une échéance à ne pas manquer pour les contribuables concernés.
34:23La direction générale des impôts fixe au 2 mars la date limite de dépôt des déclarations via le portail Simple
34:30IR
34:31dans la continuité de la digitalisation des procédures.
34:34Sans notamment concerner les titulaires de pensions étrangères, les salariés à revenus multiples,
34:40les exploitants agricoles exonérés sous conditions, les employeurs et les contribuables disposant de revenus fonciers.
34:47Les établissements de crédit versant des gains issus de jeux en ligne étrangers sont également concernés.
34:53La direction générale des impôts rappelle les avantages fiscaux accordés aux retraités étrangers,
34:58les modalités déclaratives selon le régime d'imposition choisi et l'application de la retenue à la source sur certains
35:05revenus.
35:07On poursuit notre journal au Maroc avec les premiers chiffres de l'année qui confirment une pression sur les équilibres
35:13budgétaires.
35:14Le déficit se creuse porté essentiellement par un recul des recettes.
35:18A fin janvier, il atteint 9,6 milliards de dirhams contre 6,9 milliards non plus tôt.
35:25Les recettes reculent de 2,7 milliards de dirhams avec un taux de réalisation de seulement 7% des prévisions
35:32de la loi de finances.
35:32Les recettes fiscales suivent la même tendance en baisse de 9,4% sur un an,
35:38tandis que les remboursements fiscaux progressent fortement pour atteindre 2,9 milliards de dirhams.
35:43Du côté des dépenses, les charges ordinaires ressortent en baisse grâce au recul des dépenses de biens et services et
35:50de la compensation.
35:51En revanche, les intérêts de la dette augmentent nettement en hausse de plus de 42%,
35:56ce qui alourdit la pression sur le budget de l'État.
36:00Dans l'actualité économique nationale également, l'innovation et la création d'entreprises poursuivent leur progression.
36:07L'Office marocain de la propriété industrielle et commercial fait état d'une hausse des dépôts de marques,
36:12de brevets et de dessins et modèles majoritairement portés par des acteurs nationaux.
36:17Au total, plus de 109 000 entreprises ont été créées en 2025 en hausse de 14,6%.
36:24Le commerce domine toujours et la région Casablanca-Stats confirme son rôle de moteur économique.
36:30À l'international, le Maroc gagne 9 places dans l'indice mondial de l'innovation de l'Organisation mondiale de
36:36la propriété intellectuelle pour atteindre le 57e rang.
36:41Cap à présent sur l'industrie avec un nouveau projet qui renforce le Made in Morocco dans un secteur stratégique,
36:47celui de la fibre optique.
36:48FBAR Cable a lancé une nouvelle unité à Barshid pour un investissement de 200 millions de dirhams et la création
36:56de 165 emplois directs.
36:59Le site regroupe l'ensemble des activités de l'entreprise et porte la capacité de production à 70 000 km
37:05de câbles à fibre optique par an.
37:07Cette usine permettra de couvrir près de 60% des besoins du marché national et de positionner le Maroc comme
37:14hub d'exportation vers l'Afrique de l'Ouest.
37:17L'entreprise est déjà présente sur plusieurs marchés, notamment en Guinée, au Burkina Faso, au Mali et au Gabon.
37:24Direction le marché automobile européen qui marque une pause après plusieurs mois de reprise.
37:29Les immatriculations reculent en ce début d'année.
37:32Les ventes de voitures neuves baissent de 3,9% en janvier.
37:36Les voitures hybrides dominent toujours le marché avec 39% des immatriculations devant l'essence et l'électrique.
37:43Alors que les voitures 100% électriques poursuivent leur progression sur un nom.
37:49Les motorisations thermiques continuent de reculer fortement et ne représentent plus que 30% des ventes.
37:55Le marché reste dominé par le constructeur allemand Volkswagen,
37:58tandis que les constructeurs chinois gagnent du terrain et dépassent désormais Tesla en part de marché.
38:04A l'international toujours, le groupe espagnol AENA signe une année historique soutenue par la forte reprise du trafic aérien
38:12et la performance du tourisme.
38:14Le bénéfice net atteint 2,14 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires de 6,38 milliards d'euros.
38:21En Espagne, plus de 321 millions de passagers ont transité par les aéroports du groupe.
38:27Cette dynamique renforce les revenus commerciaux et les redevances aéroportuaires.
38:31Le groupe prévoit désormais près de 13 milliards d'euros d'investissement pour moderniser ses infrastructures et poursuivre son expansion
38:39internationale.
38:43Votre Soir Info se poursuit avec l'invité culture.
38:46Meryem Ramlishi reçoit Suleyman Brada, écrivain et comédien.
38:59Mesdames et messieurs, bonsoir et bienvenue dans l'invité culture.
39:03Mon invité ce soir est écrivain et comédien.
39:06Son aventure artistique prend racine sur les planches de sa ville natale.
39:11C'est avec la troupe de la comédie de Tangier en tant que comédien-acteur.
39:17Passionné par l'image et l'esthétique, il occupe depuis 2022 le poste de secrétaire de la Fondation pour la
39:24photographie Tangier.
39:26C'est donc à la croisée du théâtre, de l'image et de la littérature que Suleyman Brada s'est
39:32forgée.
39:33Suleyman Brada, bonsoir à vous, c'était un plaisir de vous avoir comme invitée ce soir.
39:37Bonsoir, merci pour l'invitation.
39:39Merci de l'avoir acceptée.
39:40Alors, vous êtes écrivain, vous êtes également comédien, vous travaillez dans une fondation de photographie, donc un artiste dans l
39:48'âme déjà.
39:50On va d'abord se concentrer sur votre passion pour le théâtre. Comment a-t-elle commencé ?
39:56Très tôt, ça a commencé à l'âge de 15-16 ans avec la comédie de Tangier que je n
40:03'ai pas quittée depuis.
40:03Et c'était une expérience très, très, très émouvante au début parce que ma première pièce, c'était une pièce
40:12qui s'intitule Migrant.
40:14Et je jouais à un migrant qui vient d'Éthiopie et qui voudrait aller en Angleterre.
40:20Et à partir de cette première expérience, il m'a vraiment donné le goût pour jouer, pour être en scène,
40:29pour vraiment quitter mon personnage et aller vers d'autres personnages.
40:37Donc, on peut dire que quand on fait du théâtre, on vit plusieurs vies ?
40:41Ah oui, plusieurs vies. Et c'est ça qui est très, très jouissif à la fois. C'est d'arriver
40:45à transmigrer d'une âme à l'autre, d'un endroit à l'autre, d'un texte à l'autre.
40:52Et ça, c'est très, très, très émouvant.
40:56En tout cas, est-ce que c'est votre première pièce de théâtre qui a fait que vous vous êtes
41:01dit, je vais en faire ma carrière, c'est ça que je ferai ?
41:06Oui, en quelque sorte. En tout cas, pour continuer. Ça m'a donné vraiment un goût pour continuer. C'était
41:11une mise en scène par Philippe Lorrain.
41:14Et c'était un ancien élève de Jean-Laurent Cochet. Et il y avait les mots nécessaires pour arriver à
41:25être dans le personnage et à donner tout ce qu'on peut donner au personnage.
41:32Et comment on arrive justement à se détacher de soi pour devenir l'autre ?
41:39Ah, c'est beaucoup d'exercice.
41:40C'est un processus, j'imagine, une démarche artistique qui doit être particulière.
41:44Ah oui, oui, beaucoup d'exercice. Il faut un peu, le talent, bon, un peu, mais beaucoup d'exercice et
41:50beaucoup de travail pour arriver à glisser dans l'autre.
41:54Et surtout, ne pas éprouver à aucun moment la honte de dire, ah, si j'étais moi, ce que je
42:00ferais, c'est vraiment se détacher de soi-même pour incarner un autre.
42:08Avec tout ce qu'il peut être. Ses vêtements, sa peau, ses sentiments, ses émotions. Vraiment être presque nu, si
42:21vous voulez.
42:21Vous mettez en avant le fait de s'exercer avant le talent.
42:26Ah oui, ah oui, oui, oui, essentiellement.
42:27Et quand vous dites s'exercer, c'est quel genre d'exercice ?
42:30Alors, on fait, avec la troupe, on en fait plusieurs.
42:34C'est surtout, d'abord, le travail de la voix, phonétique.
42:38Et puis, les exercices du genre improvisation, répétition plusieurs fois, la réaccentuation quand on est sur scène et surtout être
42:55entendu de la part des spectateurs.
42:58Ça, c'est essentiel. Quelquefois, on assiste à des pièces et on n'entend pas grand-chose.
43:02Donc, il faut être entendu et compris, si vous voulez.
43:07Et quand vous jouez sur scène, est-ce que vous avez une certaine liberté qui vous est propre ?
43:12Est-ce qu'il est possible d'improviser ?
43:16Ça arrive ?
43:17Ça arrive, mais ça dépend. Il faut respecter, je trouve, le texte, l'auteur, d'abord, pour être vraiment fidèle
43:25à ce qu'il a écrit.
43:26Et ensuite, à la vision du maître en scène qui, finalement, nous dirige, comme il voit sa vision de la
43:37pièce ou du film.
43:39Donc, il faut respecter cela. Je trouve que les acteurs doivent suivre une ligne, si vous voulez, écrite.
43:47– L'idée, c'est tout de même de lire le texte avant et ensuite de décider qu'on veut
43:54bien jouer cette pièce.
43:56Et à partir du moment où cette décision est prise, on suit plus ou moins l'écrit de manière, on
44:05va dire, juste.
44:07– Oui, oui. Moi, je trouve que pour moi, c'est des préliminaires indispensables dans l'acte d'entrer dans
44:16la pièce ou dans la vérité de ce qu'on fait.
44:20– Donc, cette liberté que vous avez, c'est dans le choix de jouer ou non cette pièce, finalement.
44:25– Oui, oui. Et le texte, naturellement.
44:27Le théâtre, c'est comme, je trouve, c'est comme monter une montagne.
44:32Alors, c'est vrai, la vue est très belle après, mais ça demande beaucoup d'exercice.
44:38– Mais vous disiez tout à l'heure, effectivement, que, je le disais aussi quand je vous ai interpellé,
44:43qu'on a plusieurs vies, qu'on joue plusieurs rôles, qu'on doit sortir de la personne qu'on est
44:50pour pouvoir interpréter un autre personnage.
44:52Mais est-ce que pour pouvoir faire ça, la condition, c'est de bien se connaître, avant tout ?
44:59– Oui, oui, oui. Mais je crois, dans la mesure où on se détache de soi,
45:05je crois que c'est essentiel à cette personne de connaître le personnage, comment il pense, comment il réfléchit,
45:13s'il était vivant, s'il était lui, qu'est-ce qu'il aurait fait dans ces situations.
45:18– Voyez-vous, c'est vraiment se détacher de soi pour être l'autre.
45:27– Mais pour pouvoir se détacher de soi, on doit bien se connaître, j'imagine.
45:32– Oui, oui, oui.
45:32– Pour ne pas se perdre dans les différentes identités qu'on incarne, c'est ça ?
45:37– Oui, oui, absolument, il le faut.
45:40– Une performance théâtrale et par essence éphémère,
45:42elle vit au moment présent, l'instant précis qu'on est en train de jouer.
45:48Donc est-ce qu'on peut dire d'une certaine manière que chaque pièce,
45:50même s'il s'agit de la même pièce qui est jouée, est unique ?
45:54– Oui, oui, oui, oui, oui, oui, tout à fait.
45:56Chaque représentation est unique dans la mesure où chaque,
46:01même si on fait plusieurs répétitions,
46:04même si on représente la pièce plusieurs fois dans plusieurs villes,
46:07à chaque fois, il y a le trac, chaque fois, l'émotion est toujours renouvelée,
46:14si vous voulez, et c'est ça qui est extraordinaire.
46:17– Et est-ce qu'il vous arrive, vous qui jouez depuis un certain temps déjà,
46:21d'avoir le trac encore ?
46:22– Ah oui, tout le temps.
46:24– Comment on fait pour gérer ?
46:25– Tout le temps, il faut faire des mouvements avec les pieds,
46:29ça aide beaucoup, et il faut, je crois qu'il faut le vivre, si vous voulez.
46:36Il ne faut pas essayer de le mépriser, il faut essayer de le vivre,
46:42et une fois qu'on est sur scène, le rideau se lève,
46:46on entendrait voler un oiseau, tellement le silence est intense.
46:52Alors, on entend sa voix se répéter, on se dit, allez, encore une fois.
46:57– Mais c'est ça qui stresse, c'est ce silence peut-être ?
47:00– Oui, au début…
47:01– Qui pèse ?
47:02– Oui, oui, absolument.
47:03– Sinon, c'est stressant, parce qu'on ne sait pas si le public réagit ou pas,
47:08mais une fois qu'un rire gicle de la salle, ça aide.
47:14– En tout cas, vous êtes également, je le disais,
47:17secrétaire de la Fondation pour la photographie Tanger,
47:22un poste que vous occupez depuis 2022,
47:25donc vous êtes intéressée également par l'image, j'imagine.
47:28– Vous êtes actuellement en train de préparer une exposition
47:32qui devrait se tenir le 16 juin, qui s'appelle Tanger, pourquoi Tanger ?
47:37– Oui.
47:38– Déjà, pourquoi le choix de cette thématique ?
47:40– Absolument.
47:41Alors, c'est une exposition qui sera dans le cadre du Festival international de l'image,
47:47fondé par Tahar Benjloun et Ibrahim Alawi,
47:51et qui se tiendra donc à Tanger, et la Fondation a choisi,
47:56donc les fondateurs Daniel et François Zaron ont choisi ce thème,
48:01parce que cette ville a été depuis 150 ans représentée par plusieurs photographes,
48:09beaucoup de gens se sont passés par là, etc.
48:11Et c'est intéressant pour nous, dans cette exposition,
48:15de montrer un autre regard différent du fait qu'on choisissait plusieurs photographes,
48:24mais de différents pays.
48:27On a un Espagnol, Nicolas Muller, qui a vécu à Tanger pendant la guerre.
48:33On a Hicham Gardaf, deux Français, Roland Beaufort,
48:38et Daniel Aron aussi, qui photographe.
48:42On a un belge, l'un des pionniers de la photographie belge, Harry Gruyère.
48:47Et donc tous ces gens, et il y en a d'autres qui font partie de ce projet,
48:51et tous ces gens viennent pour nous montrer,
48:56voilà comment je vois Tanger de ma façon, de mon point de vue.
49:03Et c'est ça qui est extraordinaire, c'est d'arriver à glisser d'un point de vue à l
49:11'autre,
49:12pour avoir un sentiment global de la ville.
49:17Et c'est une manière aussi de faire rayonner cette belle et magnifique ville,
49:20Tanger, du Nord.
49:22Oui, oui, oui, ce sera un mois très, très mouvementé,
49:26j'espère qu'il fera bouger beaucoup de choses en ville.
49:31C'est une exposition en tout cas qui se tient dans le cadre du Festival international de l'image.
49:36Oui, oui, tout à fait.
49:36Ce sera la première édition.
49:38Oui, oui, c'est la première édition de ce festival,
49:40qui se tiendra à Tanger, fondateur en choisi Tanger pour commencer,
49:45et j'espère que ça restera.
49:47Et comment justement la fondation dans laquelle vous travaillez a été fondée ?
49:53Alors la fondation a été fondée en 2018,
49:55par Daniel et François Zaron,
49:59pour promouvoir la photographie au Maroc,
50:01pour aussi aider les jeunes photographes marocains
50:04pour qu'ils puissent exposer leurs travaux,
50:06mais aussi et surtout pour montrer des photos
50:09qu'on n'a pas l'habitude de voir à Tanger,
50:11qui montrent un côté plus universel de la photographie.
50:14Ce qui nous intéresse fondamentalement,
50:17c'est la qualité de l'image plus que la nationalité du photographe.
50:21C'est le travail et sa démarche, sa vision.
50:28Jusqu'à présent, on a fait quatre expositions.
50:33La dernière était avec Cindy Sherman,
50:38qui est une photographe américaine,
50:39Francesca Woodman, la comtesse de Castiglione.
50:43Et c'était un bonheur, mais également un honneur,
50:46pour les fondateurs et moi d'accueillir ces grands artistes à Tanger
50:52pour la première fois au Maroc aussi.
50:56On essaie de faire une expo par an, si vous voulez,
51:00très pointueuse.
51:02Et en parallèle, on expose notre collection permanente
51:06qui s'enrichit au fur et à mesure.
51:08On a des photos de Saul Leiter,
51:10d'Harry Gruyère, d'Horst, de Cécile Bitten,
51:18plusieurs grands noms.
51:19Donc les gens qui sont de passage sont les bienvenus.
51:22Et qui est permanente.
51:23Et qui est permanente.
51:25On peut observer ces œuvres à tout moment.
51:27Oui, nous sommes ouverts tous les jours, sauf le lundi.
51:31D'accord, merci pour l'invitation.
51:33Merci à vous, merci à vous, Suleymane Barada.
51:36C'était un plaisir de vous avoir comme invité ce soir.
51:39Merci à vous pour l'invitation.
51:42C'est la fin d'Invité Culture pour ce soir.
51:44Je vous souhaite une très bonne soirée.
51:48C'est aussi la fin de ce journal.
51:49Merci à vous de nous suivre.
51:51L'information revient dans un instant sur Médien TV.
52:09L'information revient dans un instant sur Médien TV.
52:11Merci à vous, Suleymane.
52:12Merci à vous, Suleymane.
52:12Merci à vous, Suleymane.
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