00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro. Bonjour Vincent Trémolet-De Villers.
00:05Bonjour Jacques, bonjour Marion, bonjour à tous.
00:07Ce matin Vincent, je voudrais vous proposer un exercice qui change un peu.
00:12Hier soir, c'était la cérémonie des Césars.
00:14Si la politique c'était du cinéma et que vous étiez chargé de remettre les récompenses,
00:19quels seraient vos nominés ?
00:21C'est un exercice impossible que vous me demandez Jacques.
00:24Si on faisait ça, on prendrait le risque d'une audience catastrophique.
00:27Alors ce n'est pas que les comédiens politiques soient tous antipathiques,
00:31mais la vérité c'est que personne ne les connaît.
00:34Un exemple, le petit remaniement qui a eu lieu hier.
00:36Si le nom de Catherine Pégard, la nouvelle ministre de la Culture,
00:39évoque peut-être à certains le point au château de Versailles,
00:41pour le reste, si je vous dis Camille Gallard-Migné, Michel Fournier, Sabrina Roubache, Jean-Didier Berger,
00:48et bien vous êtes bien embêtés.
00:50Et pourtant ce sont des ministres, Jacques et vous, qui êtes un éminent journaliste,
00:54vous avez du mal à reconnaître leur nom, à donner leur fonction,
00:58à fixer un visage.
00:59Je vais vous dire, quand on a reçu hier soir le Communauté de l'Elysée,
01:02avec la liste du gouvernement,
01:04ça m'a fait penser à la chanson de Vincent Delerme,
01:06dans laquelle il fait défiler les noms d'une de ses photos de classe,
01:09lorsqu'il était en cinquième.
01:11Estelle Gallois, Katia Boccage, Sandrine Leprince, Fabien Lesage,
01:14et bien si je vous disais que ces gens viennent d'intégrer le gouvernement,
01:18vous n'y verriez que du feu.
01:20Au César, en général, ce dont on ne connaît pas le nom,
01:22sont les preneurs de son, les costumiers, les éclairagistes.
01:25Alors très souvent aussi, on ne sait pas le nom des seconds rôles,
01:27mais quand ils arrivent sur la scène, là, on les reconnaît tout de suite.
01:30En politique, ce n'est pas compliqué.
01:32Les seconds rôles sont tous devenus des figurants,
01:35et quand on voit ceux qui s'essayent au premier rôle,
01:37on se dit qu'ils auraient mieux fait de rester muets.
01:39C'est-à-dire, Vincent ?
01:40Prenons l'exemple de Pierre-Yves Bournazel,
01:43qui il y a quelques jours était sur une radio concurrente,
01:45et qui a créé un nouveau concept politique,
01:48le vote inutile.
01:49Alors on connaissait l'appel au vote utile,
01:51on connaissait le mythe du vote caché,
01:53le suffrage de témoignages,
01:54on a donc découvert le vote,
01:57qui ne sert absolument à rien.
01:59Votez pour moi, a-t-il dit, je ne gagnerai pas,
02:01et je ne soutiendrai ni Rachida Dati,
02:03ni Emmanuel Grégoire.
02:04Cette volonté farouche de ne pas poser sur la suite des événements,
02:07ce doit être cela,
02:08ce que l'on appelle le clown blanc.
02:09Mais Vincent, si on veut vraiment jouer les Césars,
02:12il reste quand même quelques stars,
02:14le président de la République en tête.
02:16Écoutez, on va être clair,
02:17Emmanuel Macron a porté tous les costumes,
02:20il a prononcé tous les discours,
02:21dans toutes les langues,
02:22dont on connaît maintenant tous ces trucs,
02:24l'œil qui s'allume,
02:25la bouche qui tremble lors des hommages,
02:28le regard jeté au loin quand on évoque la guerre,
02:30l'accolade viril avec les puissants de la planète,
02:32les lunettes de Top Gun,
02:34le sourire ébloui par sa propre intelligence.
02:36Mais à force de trop tourner,
02:37il a lassé même ses plus grands fans,
02:39et ses films ne font plus beaucoup d'entrée.
02:42Alors l'autre star, c'est qui ?
02:43C'est Jean-Luc Mélenchon,
02:45qui en fait des tonnes,
02:46mais il est de plus en plus grandiloquent,
02:47et de moins en moins éloquent,
02:50ses films sont devenus irregardables,
02:52et ses monologues irrespirables.
02:54Je serais tenté de vous dire,
02:55si vous voulez voir Le Dictateur,
02:57il vaut mieux regarder Le Chef-d'œuvre avec Charlie Chaplin.
03:00Alors celui qui a bien quelque chose d'un second rôle,
03:02c'est Sébastien Lecornu.
03:04On pourrait le voir dans un film de Verneuil,
03:06ou de Lautner,
03:07entre Jean-François Balmer et Paul Prébois,
03:09verre de vin blanc,
03:10n'a pas carreau,
03:11ils sont assis derrière la fenêtre,
03:13il y a une camionnette grise dans la rue,
03:14et on les voit en train de monter une petite combine,
03:17un petit peu oblique.
03:18Alors, côté réplique, côté dialogue,
03:20reconnaissez Jacques,
03:21qu'on est quand même très loin
03:22des saillies de Chirac ou de l'esprit de Mitterrand.
03:25Quand Xavier Bertrand dit Bruno Retailleau,
03:27il a mis la charrue avant les bœufs.
03:29Avouez que c'est quand même un peu court.
03:31Alors oui, c'est vrai,
03:32il arrive parfois qu'on retrouve
03:33quelques accents d'audiard ou de Tarantino.
03:35Quand Rachida Dati dit à Gabriel Attal,
03:36son Premier ministre,
03:37je vais faire de ton chien un kebab,
03:39on se dit que ça y est,
03:40là il y a un bon début de film.
03:42Malheureusement, derrière arrive Monique Barbu.
03:44Monique Barbu, c'est notre ministre de l'écologie.
03:47Et là, on quitte la salle.
03:48Vous avez compris,
03:49les Césars de la politique,
03:50ce n'est pas pour cette année.
03:51L'édito politique sur Europe 1,
03:53signé Vincent Trémolet de Villers-Dufigaro
03:55à la ligne du Figaro ce matin.
03:58Automobile, stellantise,
03:58grand perdant du tout électrique.
04:00Et Édouard Philippe,
04:01qui au Havre joue son avenir politique
04:04et qui n'a pas eu de César.
04:05Je le note ce matin.
04:06Au revoir.
04:06Merci.
04:06Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires