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  • il y a 13 minutes
Chaque matin dans son édito, Vincent Trémolet de Villers revient sur l'actualité politique du jour. Ce mercredi, il s'intéresse au Budget de la France qui ne lui permettra pas d'avoir davantage de crédit sur la scène politique internationale.

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Transcription
00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:04Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:06Vous revenez ce matin, Vincent, sur une phrase prononcée hier par Jean-Noël Barraud,
00:10ministre des Affaires étrangères à l'Assemblée.
00:12Il a dit que l'adoption du budget était, je le cite,
00:14« la condition pour que la voix de la France pèse en Europe ».
00:17Qu'est-ce qui vous choque dans cette phrase ?
00:19Ben tout. Ce n'est pas M. Barraud qui est en jeu,
00:21il fait simplement son métier de porte-parole du parti de la stabilité.
00:26Mais tout esprit sérieux, honnête et soucieux de l'avenir de notre pays
00:29ne peut être queurté par ce propos qui n'a plus rien à voir avec la réalité.
00:34Si l'on comprend bien le ministre des Affaires étrangères,
00:36le crédit de la France dépendrait de sa capacité à avoir un budget.
00:40Mais c'est parce que la France vit à crédit qu'elle n'a plus de crédit.
00:45Le budget n'a rien à voir.
00:46On peut même rappeler les très belles performances économiques de l'Espagne
00:49qui depuis trois ans n'a pas de budget national.
00:51La voix de la France serait-elle crédible en Europe
00:53parce que nous avons suspendu la réforme des retraites,
00:55augmenté les impôts pour les entreprises et les particuliers,
00:58maintenu le remboursement des cures thermales offerts aux étudiants.
01:01Le restaurant universitaire a un euro.
01:04Ce n'est pas l'absence temporaire de budget qui fait la faiblesse d'un pays,
01:09mais c'est l'absence d'économie, d'initiative, de créativité,
01:12de vitalité démographique, de puissance de travail.
01:15À la place de quoi nous sommes le pays de la précaution,
01:18de la surveillance, de l'inspection, de la vérification,
01:20de la subvention et de la taxation.
01:22Ce triste budget persiste et signe cette stratégie de renoncement.
01:27Il n'est pas une force, mais un signe supplémentaire de notre affaiblissement.
01:30Emmanuel Macron a aussi appelé l'Europe à simplifier ses normes.
01:34Mais il a absolument raison.
01:35Le problème, c'est qu'il a été l'un des promoteurs du Green Deal,
01:37élaboré notamment par le macroniste Pascal Canfin,
01:39qui sous prétexte d'écologie a ficelé les entreprises,
01:42les agriculteurs et même les simples citoyens,
01:45de normes contradictoires et de règlements intenables.
01:47Cette entreprise d'autodestruction a eu raison de notre industrie automobile,
01:51a mis en péril notre souveraineté alimentaire
01:53et appauvrit un peu plus les populations.
01:56Le grand vainqueur du Green Deal, ce n'est pas l'environnement,
01:58mais c'est la Chine qui continue de faire tourner ses centrales à Charmeron.
02:01Mais plus largement, Dimitri, il se passe depuis quelques semaines
02:03quelque chose de fascinant.
02:06Ceux-là même, qui par leur politique ont affaibli la France.
02:08Ceux qui ont accepté depuis des années de dépendre de la protection américaine
02:13se proclament aujourd'hui les meilleurs défenseurs de notre souveraineté,
02:18de notre indépendance et de notre puissance.
02:21Le discours a changé, mais la réalité est la même.
02:24Le déclassement économique entraîne le déclassement diplomatique.
02:27La vérité qu'il faut maintenant regarder en face,
02:29et même avec des lunettes à effet miroir,
02:31c'est que depuis trop longtemps, la France a renoncé à la puissance.
02:35Elle a fermé ses casernes pour en faire des murs d'escalade,
02:37elle a fermé ses usines pour en faire des parcs d'attraction,
02:40elle a fermé Fessenheim pour plaire à Nicolas Hulot,
02:42elle a choisi le loisir plutôt que l'effort,
02:44la réduction du temps de travail plutôt que le travail,
02:47la consommation plutôt que la production,
02:49l'état nounou plutôt que la liberté chérie.
02:51Eh bien, dis donc, le tableau est quand même bien sombre, Vincent.
02:53Oui, il n'y a pas de fatalité, Dimitri.
02:55Vous remarquerez que Trump n'effleure ni l'Inde, ni la Chine.
02:58Le président américain, par sa folie des grandeurs,
03:00est un formidable révélateur.
03:02Il s'attaque d'abord aux faibles.
03:04Il nous oblige à préparer un avenir français-européen
03:06dégagé de la tutelle américaine.
03:08Mais pour cela, il faut commencer par le commencement,
03:10c'est-à-dire le redressement économique.
03:13À l'heure où je vous parle,
03:13les entreprises sont découragées par les taxes qui les attendent.
03:17Les jeunes sont indignés par cette loi de finances
03:18qui privilégie les retraités.
03:20Les inventeurs cherchent à l'étranger des universités
03:22qui pourraient les soutenir.
03:23Le socialisme, c'est une charge financière fiscale,
03:27mentale, insupportable pour notre économie.
03:30Et pourtant, on lui fait la haie d'honneur.
03:32Olivier Faure, c'est l'autre nom de notre faiblesse.
03:34L'édito politique sur Europe 1, merci Vincent Trémolet de Villers.
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