00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:04Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:06Vous revenez ce matin, Vincent, sur une phrase prononcée hier par Jean-Noël Barraud,
00:10ministre des Affaires étrangères à l'Assemblée.
00:12Il a dit que l'adoption du budget était, je le cite,
00:14« la condition pour que la voix de la France pèse en Europe ».
00:17Qu'est-ce qui vous choque dans cette phrase ?
00:19Ben tout. Ce n'est pas M. Barraud qui est en jeu,
00:21il fait simplement son métier de porte-parole du parti de la stabilité.
00:26Mais tout esprit sérieux, honnête et soucieux de l'avenir de notre pays
00:29ne peut être queurté par ce propos qui n'a plus rien à voir avec la réalité.
00:34Si l'on comprend bien le ministre des Affaires étrangères,
00:36le crédit de la France dépendrait de sa capacité à avoir un budget.
00:40Mais c'est parce que la France vit à crédit qu'elle n'a plus de crédit.
00:45Le budget n'a rien à voir.
00:46On peut même rappeler les très belles performances économiques de l'Espagne
00:49qui depuis trois ans n'a pas de budget national.
00:51La voix de la France serait-elle crédible en Europe
00:53parce que nous avons suspendu la réforme des retraites,
00:55augmenté les impôts pour les entreprises et les particuliers,
00:58maintenu le remboursement des cures thermales offerts aux étudiants.
01:01Le restaurant universitaire a un euro.
01:04Ce n'est pas l'absence temporaire de budget qui fait la faiblesse d'un pays,
01:09mais c'est l'absence d'économie, d'initiative, de créativité,
01:12de vitalité démographique, de puissance de travail.
01:15À la place de quoi nous sommes le pays de la précaution,
01:18de la surveillance, de l'inspection, de la vérification,
01:20de la subvention et de la taxation.
01:22Ce triste budget persiste et signe cette stratégie de renoncement.
01:27Il n'est pas une force, mais un signe supplémentaire de notre affaiblissement.
01:30Emmanuel Macron a aussi appelé l'Europe à simplifier ses normes.
01:34Mais il a absolument raison.
01:35Le problème, c'est qu'il a été l'un des promoteurs du Green Deal,
01:37élaboré notamment par le macroniste Pascal Canfin,
01:39qui sous prétexte d'écologie a ficelé les entreprises,
01:42les agriculteurs et même les simples citoyens,
01:45de normes contradictoires et de règlements intenables.
01:47Cette entreprise d'autodestruction a eu raison de notre industrie automobile,
01:51a mis en péril notre souveraineté alimentaire
01:53et appauvrit un peu plus les populations.
01:56Le grand vainqueur du Green Deal, ce n'est pas l'environnement,
01:58mais c'est la Chine qui continue de faire tourner ses centrales à Charmeron.
02:01Mais plus largement, Dimitri, il se passe depuis quelques semaines
02:03quelque chose de fascinant.
02:06Ceux-là même, qui par leur politique ont affaibli la France.
02:08Ceux qui ont accepté depuis des années de dépendre de la protection américaine
02:13se proclament aujourd'hui les meilleurs défenseurs de notre souveraineté,
02:18de notre indépendance et de notre puissance.
02:21Le discours a changé, mais la réalité est la même.
02:24Le déclassement économique entraîne le déclassement diplomatique.
02:27La vérité qu'il faut maintenant regarder en face,
02:29et même avec des lunettes à effet miroir,
02:31c'est que depuis trop longtemps, la France a renoncé à la puissance.
02:35Elle a fermé ses casernes pour en faire des murs d'escalade,
02:37elle a fermé ses usines pour en faire des parcs d'attraction,
02:40elle a fermé Fessenheim pour plaire à Nicolas Hulot,
02:42elle a choisi le loisir plutôt que l'effort,
02:44la réduction du temps de travail plutôt que le travail,
02:47la consommation plutôt que la production,
02:49l'état nounou plutôt que la liberté chérie.
02:51Eh bien, dis donc, le tableau est quand même bien sombre, Vincent.
02:53Oui, il n'y a pas de fatalité, Dimitri.
02:55Vous remarquerez que Trump n'effleure ni l'Inde, ni la Chine.
02:58Le président américain, par sa folie des grandeurs,
03:00est un formidable révélateur.
03:02Il s'attaque d'abord aux faibles.
03:04Il nous oblige à préparer un avenir français-européen
03:06dégagé de la tutelle américaine.
03:08Mais pour cela, il faut commencer par le commencement,
03:10c'est-à-dire le redressement économique.
03:13À l'heure où je vous parle,
03:13les entreprises sont découragées par les taxes qui les attendent.
03:17Les jeunes sont indignés par cette loi de finances
03:18qui privilégie les retraités.
03:20Les inventeurs cherchent à l'étranger des universités
03:22qui pourraient les soutenir.
03:23Le socialisme, c'est une charge financière fiscale,
03:27mentale, insupportable pour notre économie.
03:30Et pourtant, on lui fait la haie d'honneur.
03:32Olivier Faure, c'est l'autre nom de notre faiblesse.
03:34L'édito politique sur Europe 1, merci Vincent Trémolet de Villers.
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