00:00Il faut la paix entre les Ukrainiens et les Russes et nous, il faut se préparer à la guerre
00:05parce qu'effectivement, nous sommes dans un nouveau monde
00:08et peut-être c'est la troisième rupture stratégique depuis 1945.
00:11On a eu la chute du mur de Berlin, fin du monde bipolaire 89,
00:15l'apparition du terrorisme de masse 2001 et aujourd'hui, on a un retour du monde bipolaire
00:21avec d'un côté une alliance baroque de gens qui n'ont rien en commun
00:24sauf une seule chose qui suffit à les unir, la haine de l'Occident et du grand Satan américain
00:29et de l'autre, l'Occident avec les Américains qui nous abandonnent
00:32alors que nous sommes alignés sur eux et protégés pour leurs parapluies
00:36et l'Europe orpheline, désarmée.
00:39Voilà la situation et c'est pour ça qu'il faut réarmer
00:42parce qu'encore une fois, je le dis et je le dis à temps et à contre-temps,
00:46la force est attirée par la faiblesse, la faiblesse attire la force.
00:50Nous étions dans la force du droit et nous sommes dans le droit de la force.
00:55On peut le regretter mais on ne peut pas le contester.
00:57C'est le monde d'aujourd'hui et de demain et donc on ne peut pas faire comme si on
01:01ne le voyait pas
01:02et il faut accélérer ce réarmement.
01:04Ce que je ne comprends pas, c'est qu'il y a beaucoup de paroles et pas assez d'actes.
01:09Sur Notre-Dame de Paris, on a été capable d'adapter nos lois, d'adapter notre organisation
01:16et en cinq ans de reconstruire quelque chose qui autrement,
01:20avec le rythme de temps de paix habituel, si je puis dire, aurait mis 20 ou 25 ans.
01:24Alors pourquoi cette économie de guerre, on n'est pas capable d'accélérer ?
01:27Pourquoi pour obtenir un équipement, on met toujours 10 ans avec les procédures infernales
01:32et ce trilogue qui ne fonctionne pas bien, qui fonctionne comme en temps de paix ?
01:36On n'est pas en économie de guerre.
01:38C'est pour ça que moi j'ai écrit ce livre parce que je ne comprends pas
01:42entre la situation internationale extrêmement volatile, incertaine
01:47et où on peut parler du retour de la guerre, ne serait-ce qu'en Europe avec l'Ukraine,
01:52mais on pourrait parler de l'Iran, on pourrait parler du Proche et Moyen-Orient,
01:56on voit la situation en Afrique, regardez au Mexique,
01:59enfin tout est en train de se déglinguer dans le monde
02:02et nous on est dans l'élection municipale et on prépare les présidentielles
02:08et il y a déjà à droite 10 candidats déclarés et à gauche 7 ou 8.
02:13Mais qu'est-ce que c'est que ce pays ?
02:14Ce n'est pas possible, on ne peut pas continuer comme ça.
02:17La guerre est à nos portes, donc nous sommes endettés, gravement endettés.
02:22Comment va-t-on faire pour réarmer ?
02:24Je pense que ce serait préférable d'avoir ce débat-là
02:27que de parler du projet de loi pour l'euthanasie.
02:33Franchement, l'urgence, elle est plutôt là
02:36et je m'aperçois qu'en fait, on fait des grands discours sans arrêt
02:39et derrière, rien n'est fait sur le plan structurel
02:43dans notre organisation pour notre pays et notre Europe.
02:46On est toujours sur cette Europe fédérale qui ne dit pas son nom
02:50parce que c'est ça qu'on nous prépare
02:52et on refuse de prendre le tournant de la coopération européenne
02:59en matière de défense avec des projets inter-étatiques à géométrie variable
03:04où on met les choses à plat pour avancer.
03:07On n'est pas capable de construire un avion, un bateau ou un char européen
03:11et les pays européens continuent à acheter américains.
03:15Ça, vraiment, je ne comprends pas.
03:16– Alors, une question d'Eric Nolot au général Pierre-Dolot.
03:18– Le réarmement, ce n'est pas seulement militaire, c'est le réarmement moral.
03:21Est-ce que vous ne trouvez pas que c'est une erreur d'avoir abandonné cette idée
03:24que l'armée était une puissance d'intégration, qu'elle avait un rôle social
03:28puisque vous êtes réclamé du maréchal Lioté ?
03:31On n'en entend plus beaucoup parler de cela.
03:33– Oui, on voit les dégâts de la fin de la conscription.
03:38Alors, ce n'est pas ça qui a créé les fractures, mais ça les a amplifiés.
03:43Avant, ce creuset qui ne concernait que 200 000 soldats sur une classe d'âge de 800 000,
03:50c'était quand même un quart de la population de notre jeunesse.
03:53Aujourd'hui, il n'y a même plus ça.
03:54Et comme l'éducation nationale ne veut pas assumer ce rôle de creuset national
04:00et que dans les familles de plus en plus exposées, explosées,
04:04il n'y a plus cet amour de la patrie, nous avons cette situation
04:08où finalement il y a des zones de notre pays, non seulement où on n'aime pas la France,
04:13mais même on apprend à haïr la France.
04:16Donc, c'est absolument terrifiant.
04:19Alors, ce n'est pas le rôle de l'armée de faire la mission de l'éducation nationale
04:24ou des services sociaux, ou des familles, ou de la société, ou des hommes politiques,
04:28mais en l'occurrence, le service militaire qui existait contribuait largement à se creuser.
04:34Et se creuser, c'est fondamental parce que lorsqu'il y a une situation dramatique,
04:38on l'a vu avec l'Ukraine, l'Union nationale, l'amour de son pays, c'est décisif.
04:44Alors, l'annonce du président du service militaire volontaire
04:48est une bonne annonce de mon point de vue.
04:50D'abord, ça met fin à cette imposture qu'était le service national universel,
04:54qui était une fausse bonne idée, avec une sorte de colonie de vacances
04:58pendant quelques semaines pour des mineurs.
05:00Donc, franchement, ça a duré 8 ans, ça a coûté beaucoup d'argent,
05:03il était temps d'arrêter, mais ensuite, c'est une bonne mesure,
05:06mais beaucoup trop lente, 3 000 jeunes aujourd'hui, cette année.
05:11Il faudrait faire plus ?
05:1210 000 en 2030, c'est rien du tout.
05:14Sur 800 000, il faudrait aller beaucoup plus vite
05:17pour créer ce mouvement d'appartenance.
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