00:00Revue de presse africaine, bonjour Frédéric Couteau.
00:02Bonjour Andréanne, bonjour à tous.
00:04A la une, Mali, Burkina, Niger, 5 ans après.
00:06Oui, 5 ans après le Poucho-Mali, suivi ensuite de ceux du Burkina Faso et du Niger,
00:11Jeune Afrique s'interroge, les Jeintes ont-elles tenu leurs promesses ?
00:15Dans les 3 pays, les militaires arrivent au pouvoir au nom de l'impératif sécuritaire.
00:19Le discours est rodé, note le site panafricain,
00:21seuls les militaires peuvent gagner la guerre que les civils ont perdu.
00:24Fini les attermoiements diplomatiques, les contraintes des accords de défense avec Paris,
00:28les états d'âme sur les droits humains ou la nécessité d'ouvrir un dialogue,
00:32place à une guerre totale, menée par des soldats qui connaissent le terrain,
00:36épaulés par de nouveaux partenaires, Russie en tête,
00:39débarrassés des scrupules, voire des arrières-pensées occidentales.
00:42Résultat, eh bien, pas de quoi pavoiser, s'exclame Jeune Afrique,
00:46aussi bien au Mali qu'au Burkina et au Niger.
00:48La situation sécuritaire s'est détériorée.
00:51Partout, la même logique à l'œuvre, une militarisation à outrance de la réponse,
00:55une répression sans discrimination des populations,
00:57accusée de complicité avec les djihadistes,
00:59un recours massif à des supplétifs étrangers,
01:02Africa Corps, au Mali et au Burkina,
01:04des milices locales partout,
01:06et le même résultat, une insécurité aggravée,
01:09une violence débridée,
01:10des populations prises entre le marteau djihadiste
01:12et l'enclume militaire.
01:14Jeune Afrique dresse un bilan tout aussi catastrophique
01:17sur le plan économique.
01:18Les jeunes avaient promis souveraineté,
01:20rupture avec la dépendance néocoloniale,
01:22reprise en main des ressources nationales,
01:24excite le franc CFA, symbole de la servitude monétaire,
01:27excite aussi les prédateurs, entre guillemets,
01:29occidentaux, qui pillent les richesses africaines,
01:32place à une économie enfin au service des peuples,
01:34débarrassée des tutelles étrangers.
01:36Résultat, la Russie, la Chine ou encore la Turquie
01:39se sont engouffrées dans le vide laissé par l'Occident,
01:42négociant des contrats qui ne sont pas nécessairement plus avantageux
01:44pour les populations.
01:45La souveraineté économique proclamée se révèle finalement
01:48n'être qu'un changement de tuteur.
01:50Enfin, c'est peut-être sur le plan politique
01:52que le bilan est le plus édifiant,
01:54soupire encore jeune africain.
01:56Oui, car au-delà des promesses sécuritaires et économiques,
01:59ces putschistes avaient tous juré la main sur le cœur
02:01de rendre le pouvoir aux civils après une brève transition.
02:05Il n'en a rien été et on est arrivé à une prise en otage
02:08du débat politique, une interdiction de penser autrement,
02:11une impossibilité de sanctionner démocratiquement
02:13des dirigeants qui précisément ne doivent rien aux urnes.
02:16Car c'est bien là le nœud du problème,
02:18s'exclame encore le site panafricain.
02:20Ces jeintes ne sont comptables devant personne.
02:23Elles ne craignent ni l'alternance,
02:25ni la sanction populaire.
02:26Leur seule légitimité repose sur la force des armes
02:29et sur la propagande.
02:30Et Jeune Afrique de conclure,
02:32ces lignes nous attireront certainement
02:34la vindicte des turiféraires
02:36de ces apprentis sorciers en treillis.
02:38Dire la vérité en des temps de mensonges universels
02:40est un acte révolutionnaire,
02:42écrivait Orwell dans 1984.
02:44L'histoire jugera sévèrement ces régimes
02:46qui auront trahi les espoirs qu'ils avaient suscités.
02:49A lire également dans le monde Afrique
02:51cette enquête glaçante sur ce trafiquant d'êtres humains
02:54qui vient d'être condamné à 20 ans de prison
02:56aux Pays-Bas pour trafic de migrants.
02:58Oui, il se faisait appeler Walid,
03:00mais personne ne connaît sa véritable identité.
03:02Depuis Bani Walid, dans le nord-ouest de la Libye,
03:05cet érythréen organisait la détention de migrants
03:07dans des conditions épouvantables,
03:09relate le journal,
03:09jusqu'à recevoir d'importantes sommes d'argent
03:11de leurs proches.
03:13196 témoins, majoritairement érythréens,
03:15ont été entendus pendant l'enquête.
03:17L'un d'entre eux raconte
03:18« Nous n'avions droit qu'à un repas par jour.
03:21Des gardes armés nous menaçaient.
03:22Nous pouvions sortir une fois dans la journée
03:24en demandant à aller aux toilettes, détaille-t-il.
03:27Sa cruauté, la cruauté de Walid était inconcevable.
03:29Dans le camp, il y avait des migrants somaliens
03:31qui ne pouvaient pas payer.
03:32Walid les forçait à travailler pour lui.
03:34Le monde Afrique poursuit.
03:36Selon d'autres témoignages,
03:37les migrants étaient constamment fouettés
03:38avec un tuyau d'arrosage,
03:40menacés par le maître des lieux armés.
03:42Une femme raconte avoir été battue et violée
03:44par des hommes sous les ordres de ce même Walid.
03:46Le seul moyen de partir était de payer
03:48la traversée vers l'Europe, 2200 dollars.
03:51Une traversée qui, bien souvent,
03:53tournait au naufrage et à la noyade.
03:55Walid a certes été condamné,
03:57mais c'est un trafiquant d'êtres humains
03:59parmi d'autres.
04:00Et, et, soupire le journal,
04:01il a été remplacé.
04:02Sous-titrage Société Radio-Canada
Comments