00:00Nadia Guillaume, bienvenue dans Tête à Tête, je suis ravie de vous recevoir.
00:03On est au dîner dénommé, vous êtes nommé pour le César du meilleur espoir.
00:07Ça représente quoi déjà pour vous ce mot, espoir ?
00:09Je pense que pour ma part, en tout cas, c'est ce que j'ai eu pendant longtemps
00:14pour continuer à faire du cinéma, de l'espoir,
00:17m'accrocher à mes rêves, m'accrocher à ce que j'ai toujours voulu faire,
00:21même quand ça ne marchait pas.
00:23Et donc, pour aujourd'hui, le mot espoir, ça résonne comme un encouragement
00:28parce que c'est un espoir qui est validé par la profession
00:32puisqu'on a été parmi les révélations et maintenant nommé.
00:37Et donc, franchement, ça donne tellement envie de continuer à faire ce métier.
00:41Vous, des castings, vous en avez fait pas mal.
00:43Et Nadia, c'est un casting sauvage pour le film d'ACRC.
00:46Tout à fait. Le mot espoir, c'est un peu comme Guillaume, c'est pareil.
00:49C'est l'envie de poursuivre dans cette aventure.
00:52Et c'est surtout un état de reconnaissance vis-à-vis du cinéma
00:55qui m'a accueillie à grands bras.
00:58Déjà au Festival de Cannes.
00:59C'est ça, tout à fait. Avec beaucoup de générosité.
01:02Donc, je suis très reconnaissante, en tout cas, de faire partie de cette aventure
01:07et de pouvoir partager ça avec des personnes comme Guillaume
01:10et d'autres acteurs et actrices aussi.
01:12Tous les deux, quand vous avez tourné vos films,
01:14je rappelle, Nadia, vous vous tournez dans La Petite Dernière,
01:16qui est le film d'ACRC, où vous jouez une jeune femme musulmane
01:19qui découvre son homosexualité.
01:20Guillaume, dans Nouvelle Vague, de Richard Linkletter,
01:22où vous incarnez Jean-Luc Godard, tout simplement.
01:25Est-ce que vous aviez conscience que c'était des rôles
01:28qui pouvaient vraiment changer votre vie à tous les deux ?
01:32Déjà, moi, c'était le premier rôle que je jouais au cinéma.
01:35Donc, d'office, ça allait forcément un peu changer ma vie, je pense.
01:40Mais il y a eu beaucoup de moments où, en fait, le film n'était pas sûr d'être fait
01:43parce qu'il y avait les Jeux Olympiques et on n'était pas sûr qu'on aurait l'argent,
01:47qu'on pourrait tourner.
01:48Il y a eu tout ce moment-là aussi où, en fait, on n'était même pas sûr de le
01:51faire.
01:51Et donc, en fait, quand on l'a fait, on pensait juste à une seule chose,
01:55c'est de s'amuser, de le faire le mieux possible.
01:58Et donc, après, bien sûr, ça donne envie de rêver à une suite encore plus grande.
02:04Ça a complètement changé ma perception de ce qu'était le cinéma.
02:07Je ne pensais pas que ça pouvait avoir un impact si fort
02:11chez les spectateurs et spectatrices.
02:13J'ai été confrontée à diverses personnes et témoignages aussi
02:19concernant ce qu'ils traversaient, ce qu'elles traversaient dans leur vie respective,
02:23surtout vis-à-vis de cette problématique.
02:26Et c'est vrai que là, je me suis dit, waouh, c'est magique, le cinéma,
02:29ce que ça peut créer chez les autres.
02:30Vous n'y pensiez pas du tout avant ce casting sauvage ?
02:33À faire du cinéma ?
02:34Non, non, non, pas du tout.
02:36Ce n'était pas dans mes projets, mais ça m'est tombé dessus.
02:39Et je suis très reconnaissante aussi d'avoir pu, entre autres,
02:44accepter d'interpréter ce personnage et de faire partie de cette grande aventure.
02:48Vous étiez où quand vous avez appris votre nomination ?
02:51Moi, j'étais dans mon lit à Londres.
02:54C'est le matin, là, ouais.
02:55Mais en plus, j'avais une heure de décalage en retard.
02:58Donc, je l'ai appris vraiment au saut du lit.
03:00Avec plein de messages ?
03:01Ouais, plein de messages.
03:03Là, le téléphone, il s'est mis à vibrer.
03:05À un moment donné, il y avait marqué « surchauffe ».
03:09Il faut mettre le téléphone au froid.
03:11Je l'ai mis dans le frigo.
03:13Moi, j'étais à la maison en train de rattraper mon retard à la faculté.
03:17Parce que j'ai eu beaucoup de retard avec la promotion de ce film.
03:19Et donc, j'étais en train de réécouter les audieux des cours.
03:22Et c'est vrai que je suis en mode ne pas déranger.
03:24Donc, c'est difficile de me rendre.
03:25Estudieuse ?
03:26Oui, c'est bien.
03:26Je ne sais pas si vous avez vu, mais on a un César ici.
03:30Est-ce que vous voulez le tenir dans vos mains ?
03:32Bien sûr.
03:34Ça sera peut-être la seule fois.
03:35Ah non, attendez.
03:37C'est bien.
03:38Vous êtes au tout début, donc vous aurez beaucoup d'occasions de tenir un César.
03:42Je ne sais pas si c'est bien faire ça.
03:43Est-ce que vous êtes superstitieux ?
03:44Non.
03:45Bon, alors regarde.
03:46On peut se préparer, Nadia, au poids.
03:49Parce que sur scène, avec l'émotion, peut-être que ça...
03:51Moi, je veux me dire que ça porte chance de le toucher.
03:56Je pense à un...
03:57Touche à deux, ça va, c'est moins...
03:58400 kilos ?
03:59Oui, oui.
04:00Qu'est-ce qu'il dirait Jean-Luc Godard sur ce César ?
04:03Parce que vous avez très bien gardé, votre voix de Godard.
04:06Il dirait, pourquoi vous me donnez ça ?
04:09Il n'y a pas encore eu la cérémonie.
04:11Je ne comprends pas ce que je fais avec cette ferraille.
04:16En tout cas, je te le souhaite.
04:18Je te le souhaite aussi.
04:19Merci beaucoup.
04:20C'est beaucoup d'émotion de vous recevoir, d'être là au début.
04:22Vous vous rappellerez qu'on a fait cette interview.
Commentaires