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00:00On passe à notre focus de ce dimanche soir, consacré à un pays dont on vous parle souvent, un pays géant au cœur des tensions africaines.
00:10Le regard ce soir est celui d'un témoin de premier plan, Trifon Kinkei Moulumba, est ancien ministre député, mais surtout écrivain et intellectuel engagé.
00:19Dans une histoire du Congo de Mobutu Hachisekedi, il signe un document politique et intime où se mêlent guerre, vérité historique,
00:27critique des élites et rêve d'un Congo souverain. Pourquoi ce livre pourrait-il déranger et que dit-il justement de l'avenir de la RDC ?
00:36Merci Trifon Kinkei Moulumba d'être avec nous et bienvenue dans le JTA.
00:40Merci Madame Fatimata.
00:43Alors votre livre est à la fois un récit personnel, une charge modérée contre le système pour lequel vous avez longtemps travaillé.
00:50Pourquoi déjà nous dire pourquoi vous avez eu besoin de l'écrire aujourd'hui ?
00:54Madame, d'abord merci de m'avoir invité. Mais il faut connaître son histoire. Si vous ne connaissez pas votre histoire, vous n'êtes rien.
01:05Regardez ce qui se passe dans le monde, que ce soit en Europe ou aux États-Unis. On va même nous rappeler des événements qui se sont passés il y a 2000 ans.
01:13On les célèbre aujourd'hui. Donc ça permet, en connaissant son histoire, de se diriger.
01:19Alors vous affirmez au cœur du livre, moi il y a quelque chose qui m'a surprise, mais en même temps pourquoi pas ?
01:27Vous dites que le mensonge structure le pouvoir congolais depuis l'indépendance.
01:33Vous racontez même une histoire où vous sentiez une chanson sur l'Oumumba, petit, qui était une chanson qui, j'allais dire, n'était pas la vérité, la réalité de ce qui s'est passé. Racontez-nous.
01:46Écoutez, c'était à Yassa, dans le territoire de Massimanimba. J'étais à l'école primaire, secondaire. À 19h, avant d'aller nous coucher, les frères Joséphites nous demandaient de nous ingénuer.
02:05Et on faisait une prière pour que l'Oumumba meure. Alors, tout petit, on se disait que ça devait être le pire des Congolais et qu'il ne méritait pas d'être à la tête de ce pays.
02:18Et quand il est mort, c'était la grande fête dans ces milieux-là.
02:24Donc, pour vous, c'est constitutif, justement, et structurant du pouvoir congolais, le mensonge. Il n'est jamais... Enfin, le pouvoir congolais ne s'est jamais départi de ça.
02:34Mais ce n'est pas le pouvoir congolais. Je pense que quand les colons sont venus dans nos pays, ils ont procédé par le mensonge.
02:44Ils ont poussé, c'est comme ça que nous comprenons, ils ont poussé des églises pour nous endormir. Et là, c'est l'église catholique, ce sont les frères Joséphites à Yassa.
02:58Vous avez traversé l'histoire du Congo, de Mobutu. Vous racontez d'ailleurs que c'est vous-même qui avez annoncé le départ de Mobutu.
03:08C'est moi-même. Le conseil des ministres n'avait pas eu lieu. Les généraux, ils étaient trop râts. Ils étaient à l'aéroport pour aller dire leurs adieux à Mobutu.
03:21Et quand nous, ministres, on les attendait, finalement, ils ne sont pas venus dans la salle.
03:26Le premier ministre, Lucoulia, qui doit m'entendre là, il m'a fait venir avec le chef de renseignement qui est aujourd'hui parti et le ministre de la Défense qui est également parti.
03:40Eh bien, devant eux, il me dit, monsieur le ministre, allez faire un compte-rendu.
03:46J'ai dit, mais général, il n'y a pas eu de réunion du conseil des ministres. Je vais faire un compte-rendu de quoi ?
03:54Il me dit, vous êtes intelligent, vous êtes un homme intelligent, allez-y.
03:57Vous allez le trouver.
03:58Alors voilà, je me suis improvisé et je me suis dit, qu'est-ce qu'il faut annoncer ? Et voilà, j'ai annoncé ce qui s'est passé.
04:07Alors, dans ce livre, vous accusez aussi les élites congolaises de capter l'État sans jamais le transformer.
04:12Mais que répondez-vous à ceux qui vous disent que vous en faites partie, monsieur Mouloumba, de ces élites ?
04:19Je ne m'exclus pas.
04:21Je partage.
04:22Vous prenez votre part de responsabilité.
04:23Exactement, je partage cette responsabilité.
04:27Vous savez, la zahirianisation qui a conduit à la situation actuelle.
04:35C'était la politique de Mobutu, pour transformer le Congo.
04:38Authenticité, zahirianisation, ce sont les élites.
04:42Et au lendemain même de la proclamation de l'indépendance, qu'est-ce qu'il y a eu, madame ?
04:49Il y a eu le grand discours d'un homme que nous célébrons aujourd'hui, Lumumba.
04:55Mais ces discours, il a prononcé devant le roi des Belges qui était venu, que le Congo avait invité.
05:04Et finalement, il a eu droit à des discours complètement terribles qu'il n'aurait jamais eu lieu.
05:10Et le lendemain, les Belges et les Européens sont partis.
05:14Voilà d'où est partie la situation que nous connaissons aujourd'hui.
05:17Alors, la situation au Congo, elle est complexe.
05:21Évidemment, on ne peut pas ne pas parler de la guerre à l'Est.
05:24Vous évoquez à la fois la responsabilité du Rwanda, mais aussi celle de Kinshasa.
05:31Et vous dites que néanmoins, les solutions, elles doivent être internes au Congo.
05:35Expliquez-nous.
05:35Je ne sais pas si j'ai dit ça.
05:39Je pense que le Rwanda porte la responsabilité majeure dans ce qui se passe dans notre pays.
05:46Mais je veux dire aux Congolais, à l'élite aussi, qui auraient dû se prendre en charge en disant qu'il nous faut de la puissance.
05:54La puissance, c'est quoi ? C'est doter des moyens pour faire face à cela.
05:59Mais quand vous voyez l'énorme Congo avec toutes les richesses que ce pays a aujourd'hui,
06:07et qu'on a eu, comment dirais-je, des budgets de 400 millions, 500 millions, 4 milliards,
06:14aujourd'hui 22 milliards, formidable.
06:16C'est des gros efforts qui ont été faits.
06:19Mais qu'est-ce qu'on a fait de cet argent ?
06:22Que ce soit 500 millions, que ce soit 4 milliards.
06:25Et aujourd'hui, heureusement que le pouvoir qui est là, d'abord nous fait passer des 4 milliards sous Kabila à 22 milliards aujourd'hui.
06:36C'est formidable.
06:37Mais le pays est en mesure de faire 100 milliards, même 200 milliards de dollars au niveau du budget.
06:44D'accord, on vous entend.
06:46Alors un mot, je précise aussi, que vous dressez un portrait plutôt exigeant de Félici Sekedi,
06:52mais assez favorable. En un mot, pour vous, est-ce qu'il incarne finalement une opportunité politique ?
06:58Qu'est-ce qu'il incarne ?
07:00Écoutez, je parle de Félici Sekedi, dont j'ai été l'un de ceux qui l'ont porté au pouvoir parce qu'on était à 3.
07:10Lui-même, Caméré et moi.
07:13Alors, quand je vois ce qu'il fait, face à 30 ans de guerre, que face à l'embargo au niveau des armes,
07:24finalement qu'on se retrouve aujourd'hui, comme ça s'est passé il y a peu de temps, il y a quelques jours,
07:30à Washington, où le puissant de puissants l'appelle lors d'une manifestation, c'est beaucoup de choses.
07:38Donc, il a pu hisser finalement le Congo à un niveau où nous pourrions gagner cette guerre sans armes.
07:47Merci, merci Trifon Kinké Moulumba.
07:49C'est la fin de cet entretien.
07:51Je vous invite vivement à lire ça si vous voulez en savoir plus sur la politique congolaise.
07:55Merci beaucoup d'être venus.
07:56C'est la fin de ce journal.
07:57Merci à tous ceux qui nous ont suivis.
07:59Restez avec nous, car l'actualité continue sur France 24.
08:01Merci.
08:01Merci.
08:02Merci.
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