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  • il y a 2 heures
Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, est notre invitée à 8h20, pour évoquer les crues qui frappent le pays mais aussi l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse qui empoisonne la vie des éleveurs français depuis plusieurs mois.

Retrouvez tous les entretiens de 8h20 sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-du-week-end

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Transcription
00:01France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9
00:06Dans le grand entretien ce matin à la veille de l'ouverture du salon de l'agriculture à Paris
00:12avec Marion Lourdes nous recevons la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire
00:19Bonjour Annie Gennevard
00:20Bonjour
00:21Et bienvenue, questions, réactions chers auditeurs au 01 45 24 7000 ou sur l'application Radio France
00:28et vous êtes déjà très nombreux à nous avoir écrits pour poser des questions à la ministre
00:34Vos réponses sont très attendues Annie Gennevard
00:39On va parler de ce salon de l'agriculture qui s'ouvre dans un contexte particulièrement tendu
00:45mais un mot quand même sur les suites de la mort de Quentin Deranque
00:50de cet échange houleux hier entre Georgia Meloni et Emmanuel Macron hier soir
00:55qui le président de la république demandait à la présidente du conseil italien de se mêler de ses affaires
01:03il a eu raison de répondre comme ça de manière aussi sèche ?
01:08La réaction de Georgia Meloni montre à quel point la mort de Quentin a eu un retentissement
01:13non seulement national mais international et marque vraiment une rupture dans ce qu'il est tolérable
01:21de la vie, du fonctionnement de la vie politique
01:24et donc elle a réagi
01:26le président de la république a eu un mouvement d'humeur
01:30parce que voilà il a eu à coeur de réagir en français
01:38mais bon l'important n'est pas là
01:41l'important il est au fond de bien mesurer ce qui s'est joué avec la mort de ce malheureux
01:48jeune
01:48et l'émotion que cela suscite internationalement en est l'expression
01:54Alors la justice et la police font leur travail
01:56sept mises en examen dans l'enquête ouverte après la mort de Quentin Deranque
02:01dont 6 pour homicide volontaire
02:03parmi les succès, les suspects Jacques-Élie Favreau
02:06qui est l'assistant parlementaire du député Raphaël Arnaud
02:10Jacques-Élie Favreau est mis en examen pour complicité par instigation d'homicide volontaire
02:16est-ce que le député Raphaël Arnaud doit démissionner ?
02:21En tout cas il est indigne de la fonction qu'il occupe, ça c'est clair
02:24un élu doit être exemplaire
02:26Donc il doit démissionner ?
02:28Écoutez, il serait le premier à réclamer la démission s'il y avait eu un incident aussi grave
02:37qui met en cause un député d'une autre formation politique
02:40Donc on comprend que la réponse est oui ?
02:41Moi je pense qu'il n'a rien à faire dans une assemblée nationale
02:47où le devoir d'exemplarité doit primer
02:50Mais vous, vous avez présidé le parti Les Républicains, Annie Gennevar
02:55Personnellement, en tant que citoyenne dans une élection à venir municipale ou présidentielle
02:59s'il y avait un deuxième tour entre la France Insoumise et l'ERN
03:02Quel serait votre choix ?
03:04Alors je vais vous dire, Marion Lourdes, je ferai tout, mais absolument tout
03:08pour éviter à être devant ce choix
03:13Ça ne dépend pas de vous en l'occurrence ?
03:15Non mais ça dépend aussi de nous
03:18parce que les hommes et les femmes de droite doivent déployer une énergie absolument déterminée
03:26pour éviter précisément cela
03:28Et pour cela, on en connaît la recette, si je puis dire
03:33Il faut qu'il n'y ait qu'un seul candidat
03:37pour éviter d'avoir ce choix à faire précisément
03:40Et si jamais ?
03:41Non mais je refuse de me...
03:43Je ne veux pas entrer dans une fiction politique
03:46que je ferai tout pour déjouer
03:48Une fiction politique que vous ferai tout pour déjouer
03:51On va maintenant parler de vos attributions et du salon de l'agriculture
03:55je le disais, qui s'ouvrait dans un contexte particulièrement tendu
03:58Et il y a aussi ces tensions autour des négociations commerciales
04:02qui ont des répercussions directes sur la vie des agriculteurs
04:07Tensions avec les grands industriels de la distribution
04:12Vous faites état de situations de blocage
04:14d'un chantage mortifère de la part des grands de la distribution
04:19pour faire baisser les prix
04:20Ce sont vos mots, des propos qui ont fait réagir les premiers concernés
04:25Michel-Edouard Leclerc, Alexandre Bompard pour le Carrefour
04:28Alexandre Bompard qui dénonce, je cite vos propos
04:31comme étant irrespectueux et irresponsable
04:34Est-ce que vous les maintenez ?
04:36Ce n'est pas une posture de ma part, je ne suis pas une femme de posture
04:40J'ai poussé un coup de gueule, c'est vrai
04:41parce que je constate que les relations commerciales sont de plus en plus violentes
04:48Moi je veux trois choses
04:50Je veux d'abord protéger les agriculteurs
04:52et ceux qui transforment leurs produits dans l'agroalimentaire
04:56Je veux aussi que les français puissent accéder à de bons produits à des prix raisonnables
05:00Et je veux surtout que la chaîne de valeur
05:04depuis le producteur agricole jusqu'au consommateur
05:07soit équitablement répartie
05:10C'est ça que j'ai voulu dire
05:11Mais en l'occurrence ce ne sont pas Carrefour, Leclerc et les autres enseignes
05:15qui négocient directement avec les agriculteurs
05:17Il y a des lois qui font que ce sont les industriels
05:20chaînons indispensables de cette chaîne de valeur
05:23qui négocient
05:25C'est ça, mais si vous voulez
05:27les industriels y transforment la matière première agricole
05:30quand on arrête les commandes
05:32ou qu'on déréférence les produits
05:35évidemment cela a des répercussions sur les agriculteurs
05:39Mais quand Michel-Edouard Leclerc dit
05:41le consommateur nous dit
05:42s'il vous plaît n'augmentez pas trop les prix
05:44qu'est-ce que vous répondez ?
05:46Est-ce qu'il faut laisser les industriels augmenter les prix
05:49quitte à ce que ça se répercute sur le pouvoir d'achat ?
05:52Il faut que nous soyons payés à payer plus cher notre alimentation ?
05:55Mais je comprends parfaitement l'impératif
05:59de ne pas payer son alimentation trop cher
06:02évidemment
06:02Moi je dis simplement qu'on crée de la valeur
06:05il faut qu'elle soit équitablement répartie entre tous
06:08Sur les négociations
06:10les grands groupes comme Leclerc, U ou Carrefour
06:13ont des centrales d'achat ailleurs en Europe
06:16ce qui leur permet d'échapper en partie aux règles de la loi EGalim
06:19qui justement encadre ces négociations
06:22et empêche qu'il y ait des distorsions
06:25et des choses trop violentes
06:26C'est ce qu'a montré un reportage du 20h de France 2 cette semaine
06:29Est-ce que l'Etat a les moyens de faire respecter EGalim au niveau national ?
06:34Moi je pense que ce qui est produit en France
06:37acheté en France
06:38consommé en France
06:40devrait être négocié en France
06:42Voilà
06:42Ça c'est la règle et c'est la raison pour laquelle nous nous battons pour un EGalim européen
06:46Alors il faut nous expliquer d'abord
06:47parce que la plupart des distributeurs contournent la loi EGalim
06:51puisqu'ils utilisent des centrales d'achat qui sont par exemple logées en Belgique
06:55et contre ça vous ne pouvez rien
06:58Est-ce que vous avez finalement le pouvoir de faire céder les enseignes de la grande distribution
07:04ou sont-elles aujourd'hui plus fortes que l'Etat tout simplement ?
07:06Il y a des règles qui visent à des pratiques commerciales
07:11qui ne soient pas délictueuses
07:13donc il faut respecter le droit
07:18il faut aussi respecter l'esprit
07:21On attend un aveu de faiblesse
07:22respecter l'esprit quand on est dans un rapport de force
07:25et que tous les coups sont permis
07:26en l'occurrence on se dit que vous ne pouvez pas faire céder Carrefour, Leclerc et les autres
07:31Tous les coups ne sont pas permis et du reste il y a un certain nombre d'actions
07:35qui sont pendantes en justice
07:36on verra bien ce que dit le droit
07:38Il y a un sujet qui est très délicat aussi à la veille de ce salon de l'agriculture
07:42ce sont les crues, cinq départements de l'ouest
07:45trois départements de l'ouest qui sont toujours en vigilance rouge aux crues
07:48et aujourd'hui ça ne semble pas encore s'arranger
07:50Vous venez de déclencher le dispositif des calamités agricoles
07:54pour indemniser les agriculteurs particulièrement touchés par les intempéries
07:59est-ce que ça veut dire zéro perte financière pour ces agriculteurs ?
08:03Alors c'est laissé à la main des préfets
08:05on a un certain nombre de dispositifs
08:07et je veux d'abord exprimer à l'égard de tous ceux qui sont touchés
08:11les agriculteurs le sont, les éleveurs aussi
08:14exprimer ma solidarité, mon soutien
08:16donc il y a un dispositif visant à prendre en charge
08:21les conséquences des calamités agricoles pour les pertes de fonds
08:24l'indemnité de solidarité nationale, l'étalement des charges sociales
08:27enfin je ne veux pas entrer dans le détail des dispositifs qui existent
08:30mais il est clair que cet épisode, ce énième épisode de désordre climatique
08:36parce que les agriculteurs sont les premiers à être touchés par le changement climatique
08:40mais aussi par le dérèglement climatique
08:43les gels, les intempéries comme les inondations
08:46Mais précisez le calendrier et les montants de ces indemnisations rapides
08:50pour les sinistrer des crues
08:51Alors les montants, on va voir au moment de la décrue
08:54l'ampleur des dégâts si vous voulez
08:56donc je ne peux pas préjuger
08:58mais je sais que sans doute il y aura-t-il
09:01Un ordre d'idée puisque quand demain vous irez au salon de l'agriculture
09:05c'est une question qu'on vous posera
09:06Non, à ce stade il faut vraiment partir
09:08Vous refusez de vous engager ?
09:10Mais non, pas du tout, ce n'est pas un refus de s'engager
09:12c'est simplement qu'il faut voir l'ampleur des choses
09:14et pouvoir évaluer
09:16donc ça, on est dans la capacité de le faire
09:19il faut attendre la décrue et évaluer les dégâts à ce moment-là
09:21mais en tout cas
09:22la solidarité nationale sera au rendez-vous des agriculteurs
09:26qui une fois de plus sont touchés
09:29lourdement
09:30Ça veut dire qu'il y a des produits qui vont disparaître
09:32peut-être des rayons, je pense aux fraises
09:34parce que c'est un lieu de production assez important
09:37le Lot-et-Garonne qui a été très inondé
09:39il y a des choses qu'on ne verra pas dans les rayons ?
09:40Je ne veux pas être alarmiste à ce stade
09:43nous verrons bien
09:44Avant de passer aux questions des auditeurs
09:46il y a évidemment cette étrangeté
09:50le premier salon de l'agriculture
09:52où l'on ne pourra pas flatter le cul des vaches
09:54comme le faisait si bien Jacques Chirac
09:57je le dis en souriant
09:59mais le problème est dramatique
10:00la crise de la dermatose bovine
10:02elle semble toucher à sa fin
10:04est-ce que vous le confirmez ?
10:05Je le confirme absolument
10:06le temps et le protocole choisi nous a donné raison
10:10puisque depuis le 2 janvier
10:12nous n'avons plus aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse
10:15et qu'aujourd'hui même
10:17et je suis heureuse de l'annoncer sur votre antenne
10:20nous levons toutes les zones réglementées
10:22à l'exception d'un tout petit morceau des Pyrénées-Orientales
10:25qui dépend d'un cas en Espagne
10:27mais il n'y a plus aucun cas de dermatose en France
10:32et j'ai bon espoir que nous soyons
10:34Très concrètement pour les éleveurs
10:35qu'est-ce que ça veut dire ?
10:36Ça veut dire qu'on reprend une vie normale
10:38qu'on peut à nouveau commercer
10:40qu'on peut à nouveau bouger ses animaux
10:42Aller au salon de l'agriculture
10:43On aurait pu aller au salon de l'agriculture
10:46l'agriculture ils ont choisi la prudence
10:48je les comprends, je les respecte
10:50mais ils seront là
10:51Ce n'est pas une décision politique
10:53le choix de la prudence ?
10:55C'est une décision que les éleveurs eux-mêmes ont prise
10:58et que je respecte
10:59mais néanmoins ce sera un beau et grand salon
11:01avec plus de 3000 animaux
11:03Oui, ils étaient nombreux à être en colère
11:04et à vouloir boycotter d'ailleurs le salon de l'agriculture
11:06Non, il n'y aura pas de boycott du salon de l'agriculture
11:09le fait qu'il n'y ait pas de bovins
11:12résulte plutôt d'une prudence sanitaire
11:14que d'une décision politique
11:15pour répondre à votre question
11:17mais ce sera un très beau salon
11:18la plus grande ferme de France
11:20où les français seront nombreux à se presser
11:23pour rencontrer nos agriculteurs
11:25ils aiment les agriculteurs
11:27et ils auront l'occasion de le leur dire
11:28Alors, Annie Gennevard, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'était engagé à présenter une loi d'urgence agricole
11:35nous sommes en plein hiver
11:37mais c'était en automne qu'il avait fait cette promesse pour répondre à la crise des agriculteurs
11:43son contenu devrait être présenté dès demain au salon de l'agriculture
11:48vous vous y engagez
11:50quelles seront les grandes lignes de cette loi d'urgence ?
11:52Alors, cette loi d'urgence, j'en annoncerai les contours
11:56parce que je suis encore en phase de consultation des parlementaires
11:59des professionnels, des agriculteurs
12:01donc ça touchera trois sujets particuliers
12:05l'eau
12:06parce que c'est un sujet extrêmement sensible pour les agriculteurs
12:09et sans eau, il n'y a pas de production
12:11et notamment la question du stockage
12:13la question de la prédation
12:15parce que le loup fait de plus en plus de ravages dans nos élevages
12:18et ça plonge les éleveurs
12:20dans un état de stress
12:22et de douleur
12:24même
12:24terrible
12:25et puis les moyens de production
12:27Vous allez autoriser davantage la chasse
12:29ouvrir davantage la possibilité de chasser les loups ?
12:32Alors, on ne chasse pas le loup
12:33comme on chasse d'autres espèces
12:35c'est une espèce qui demeure protégée
12:38pour autant, il faut diminuer absolument la pression de la prédation
12:41vous voyez, j'étais cette semaine en Haute-Marne
12:44En 2023, ils avaient un loup
12:46En 2025, ils ont eu 850 animaux tués par le loup
12:51850 brebis
12:52La nuit, la veille du jour où je suis arrivée
12:55il y a eu un troupeau entier qui a été égorgé par le loup
12:58C'est devenu insupportable
13:00et ça compromet aussi l'installation des jeunes éleveurs
13:03dans des productions
13:04par exemple la production ovine
13:06il nous faut évidemment être aux côtés des éleveurs
13:08Un ordre d'idée
13:09Combien de loups pourront être tués cette année ?
13:14C'est une question que posent les défenseurs de la nature
13:16et qui est très importante également
13:18Il y a un peu plus de 1000 loups évalués
13:22c'est une évaluation
13:23elle est souvent contestée d'ailleurs par les agriculteurs
13:25nous pourrons en tuer 21%
13:29donc vous voyez à peu près
13:32un peu plus de 200
13:33et c'est un quota que nous avons augmenté
13:36qui peut aller jusqu'à 23%
13:37mais surtout on simplifie le tir de défense
13:42on pourra aller chercher plus facilement
13:46des loups qui ravagent encore une fois nos élevages
13:49et moi je veux apporter tout mon soutien
13:52L'expression de tir de défense
13:53c'est vrai qu'elle fait polémique
13:54mais on ne va pas s'y arrêter
13:55tir de défense et tir de prélèvement
13:56ma tir de défense
13:57quand votre troupeau est attaqué
13:59si vous avez le droit
14:01Oui c'est la possibilité de tuer le loup
14:03Voilà, vous pouvez tuer le loup
14:05Mais Annie Gennevard
14:06on a l'impression que les lois agricoles
14:08se succèdent
14:09y compris cette loi d'urgence
14:10alors qu'il sera sans doute appliqué
14:11presque un an après son annonce
14:14mais vous avez sans doute vu
14:16cette tribune dans le monde
14:18qui est parue il y a quelques semaines
14:19650 experts
14:20dont par exemple Valérie Masson-Delmotte
14:23du GIEC
14:24et d'autres
14:25qui disent qu'on privilégie le court terme
14:27au détriment de la remise en cause
14:29du modèle agricole
14:30alors sachant
14:31c'est ce que dit la tribune
14:33qu'un agriculteur sur 5
14:34vit sous le seuil de pauvreté
14:35qu'il souffre plus
14:36de certains cancers
14:38de maladies neurologiques
14:39est-ce qu'effectivement
14:40on se contente
14:41de répondre à l'urgence
14:42sans repenser totalement le modèle ?
14:45D'abord je voudrais dire
14:46que les agriculteurs
14:47se sont toujours énormément adaptés
14:49aux attentes du corps social
14:54et qu'en matière par exemple
14:56de recours aux produits phytosanitaires
14:58ils ont diminué de presque
15:00des pesticides
15:01ce qu'on appelle communément
15:02les pesticides de moitié
15:03donc ils sont extrêmement sensibles
15:06aux questions environnementales
15:07ils sont d'ailleurs
15:08les premiers défenseurs
15:10de leur outil de travail
15:11qui est la nature
15:12mais vous avez raison
15:14de poser cette question
15:14de l'avenir
15:15et comment cultivera-t-on demain
15:19c'est précisément
15:20l'objet des conférences
15:22de la souveraineté alimentaire
15:23que j'ai lancé à Rungis
15:24au mois de décembre
15:25le grand réveil alimentaire
15:27dont vous annoncerez
15:28les conclusions mardi ?
15:29dont je vais annoncer
15:30les premières conclusions
15:31mardi
15:32avant d'enclencher
15:33la déclinaison régionale
15:35de ces conférences
15:36il faut qu'on produise en France
15:37vous avez parlé
15:38d'un patriotisme alimentaire
15:39mais est-ce qu'on en a les moyens
15:41madame la ministre ?
15:41en l'occurrence
15:42la balance commerciale française
15:43elle est déficitaire
15:44pour l'année 2025
15:45la France elle importe
15:47la moitié des fruits
15:48légumes, poulets
15:49qu'elle consomme
15:5060% de la viande au vine
15:5225% du bœuf
15:53la guerre agricole
15:55qui se prépare
15:55ce sont vos mots
15:56quand vous aviez lancé
15:57la conférence
15:58c'est une guerre contre qui ?
15:59est-ce qu'elle n'est pas
16:00d'ores et déjà perdue ?
16:01non elle n'est absolument
16:02pas perdue
16:02parce qu'on a d'abord
16:04une agriculture
16:05de grande qualité
16:06et qui est très
16:07la plus vertueuse au monde
16:08simplement
16:09il faut donner
16:11aux agriculteurs
16:13les moyens
16:13de produire
16:14et c'est tout le travail
16:16que j'ai engagé
16:16dès mon arrivée
16:17au ministère
16:18les mesures
16:19de simplification
16:20c'est une des premières
16:21mesures que j'ai faites
16:22avec le contrôle unique
16:23et puis c'est donner
16:24des perspectives
16:25moi les conférences
16:27de la souveraineté alimentaire
16:28c'est une feuille de route
16:29à 10 ans
16:30pour reconquérir
16:31méthodiquement
16:32toutes les parts
16:33de production
16:34que nous avons perdu
16:35vous citez
16:36les fruits et légumes
16:37je pourrais vous citer
16:38les oeufs
16:39c'est peut-être l'exemple
16:40dont on parle le plus
16:41aujourd'hui
16:41on manque d'oeufs
16:43c'est une protéine
16:44pas chère
16:44que les français
16:45affectionnent
16:46et bien nous avons
16:47un plan de reconquête
16:49de production d'oeufs
16:50et bien il faut installer
16:51des poulaillers
16:52il faut produire
16:54et là
16:55c'est une stratégie
16:57qui va se déployer
16:59dans les 10 ans
17:00qui viennent
17:00avec les producteurs
17:02avec l'ensemble
17:03des forces
17:03du corps social
17:04et puis j'invite aussi
17:05les consommateurs
17:06à privilégier
17:07les produits français
17:08alors il y a de nombreuses
17:10questions d'auditeurs
17:11sur l'application
17:11Radio France
17:12Madame la Ministre
17:13et un grand nombre
17:14d'entre elles
17:15ces questions
17:16concernent
17:16les pesticides
17:18Sylvie
17:18qui vous dit
17:19qu'elle habite
17:20tout près de
17:21chez vous d'ailleurs
17:22et qu'elle accompagne
17:23ce matin son mari
17:24en chimiothérapie
17:25à Besançon
17:25quels sont les arguments
17:26qui permettent
17:27de réautoriser
17:28certains pesticides
17:29que l'on sait
17:30cancérigènes
17:31alors je voudrais dire
17:33à votre auditrice
17:35que d'abord
17:36j'espère que
17:37la santé
17:38de son mari
17:38se rétablira
17:39et qu'on ne peut pas
17:42associer
17:42systématiquement
17:43comme cela est fait
17:44dans le débat public
17:47le monde agricole
17:48au cancer
17:50et que
17:51les substances
17:53les plus dangereuses
17:54ont été éliminées
17:55elles ne sont
17:57quasiment plus présentes
17:58et il faut prendre
17:59la mesure
18:00des efforts
18:00que le monde
18:01agricole a fait
18:01en la matière
18:02alors tout le monde
18:03n'est pas rassuré
18:04bonjour Charles
18:04et bienvenue
18:05sur France Inter
18:05dans le grand entretien
18:06vous aviez une question
18:07pour la ministre
18:08de l'agriculture
18:09vous nous appelez
18:10Charles des Côtes d'Armor
18:11c'est ça
18:12bonjour
18:12merci de prendre ma question
18:13bonjour madame la ministre
18:14bonjour
18:15moi je vous appelle
18:16parce que j'étais un peu
18:17atterré
18:17j'ai lu un article
18:19comme quoi
18:19depuis 5 ans
18:20Santé publique France
18:21est au courant
18:23des taux de 4 hommes
18:24dans les enzèves
18:25que l'on utilise
18:27l'ordre des médecins
18:28avait repris
18:29avait repris
18:30un peu ces termes là
18:31pour prédire
18:32une bombe sanitaire
18:33vous étiez engagé
18:37à sortir
18:38des arrêtés ministériels
18:39prévenant de réduire
18:39la teneur en cadmium
18:40dans les engrais
18:42il se passe rien
18:43il s'est repoussé
18:45alors sous couvert
18:46d'études économiques
18:47pour mesurer les impacts
18:48sauf qu'aujourd'hui
18:49il existe des solutions
18:50c'est pas comme
18:51les pesticides
18:52et ça fait 5 ans
18:54moi je trouve ça
18:54absolument honteux
18:55surtout que
18:56l'ordre des médecins
18:57a sorti une campagne
18:59qu'elle vous a présentée
19:00votre ministère
19:00a répondu
19:01qu'elle était intéressante
19:02mais qu'elle ne sera pas
19:03relayée
19:04donc voilà
19:05je voulais vous entendre
19:06là-dessus
19:07parce que je trouve ça
19:08absolument honteux
19:08merci Charles
19:09en tout cas
19:10pour votre question
19:11parce que c'est vrai
19:11qu'elle revient
19:12régulièrement
19:12et elle porte
19:13régulièrement aussi
19:14cette problématique
19:16sur les engrais fluorés
19:17le cadmium
19:18c'est une bombe
19:19à retardement
19:20alors la France
19:22est très claire
19:22sur la question
19:24du cadmium
19:25il y a une trajectoire
19:26de diminution
19:27progressive
19:28du taux de cadmium
19:29en tout cas
19:30on est conforme
19:31aux normes européennes
19:33et l'objectif
19:35il est bien
19:36de diminuer
19:37le taux de cadmium
19:38donc on n'est pas
19:39indifférents
19:39à cette question
19:40il faut en évaluer
19:42évidemment
19:42toutes les conséquences
19:44mais en matière
19:45d'engrais
19:46je veux dire
19:47qu'il y a
19:49énormément de recherches
19:50qui sont faites
19:51pour qu'on puisse
19:53ne plus être obligé
19:55de recourir
19:56à des engrais
19:57qui sont préjudiciables
19:59à l'environnement
20:00pourquoi ne pas
20:01aller plus vite ?
20:02mais
20:03alors d'abord
20:04il faut bien considérer
20:05qu'en matière
20:06de cadmium
20:07comme en matière
20:07de produits
20:10phytosanitaires
20:11phytopharmaceutiques
20:12on a une des réglementations
20:14européennes
20:15la France n'est pas unie
20:16elle n'est pas isolée
20:17dans cette question
20:18de l'usage
20:20des intrants
20:21et que
20:25l'Europe
20:26est la partie du monde
20:27la plus exigeante
20:29en matière
20:29d'intrants
20:30et de santé publique
20:32donc voilà
20:32la France
20:33est tout à fait
20:35dans la conformité
20:37elle est même mieux disante
20:38vous le savez
20:39par exemple
20:39la question de l'acétamipride
20:40sur cette question
20:41de l'acétamipride
20:42parce qu'on a beaucoup
20:42de questions là-dessus
20:43et sur la loi Duplon
20:44qui prévoyait
20:45de pouvoir réintroduire
20:46l'acétamipride
20:47ça avait été retoqué
20:49par le conseil constitutionnel
20:50le sénateur Duplon
20:51a représenté
20:52une nouvelle version
20:53de sa loi
20:53qui avait été dénoncée
20:55par une pétition
20:55de plus de 2 millions
20:56de français
20:57quelle est la position
20:58du gouvernement
20:59sur ce texte
21:00est-ce que vous allez
21:01soutenir cette nouvelle loi
21:03Duplon ?
21:03Alors on a déjà eu l'occasion
21:04de traiter ce sujet
21:06l'été dernier
21:06je vous rappelle
21:07que le texte
21:08il a été adopté
21:09par les parlementaires
21:10c'est une loi
21:11La nouvelle loi ?
21:12Non la première
21:13Vous parlez de la nouvelle loi ?
21:14Oui
21:14elle a été
21:15donc le conseil d'état
21:17est saisi
21:18sur cette proposition
21:20de loi
21:21dite loi Duplon
21:22Duplon 2
21:24donc c'est la bonne démarche
21:26je pense que Gérard Larcher
21:27a eu raison
21:28de saisir le conseil d'état
21:29pour évaluer
21:31cette loi
21:31et le gouvernement
21:32se prononcera
21:33en son temps
21:34il y a la liberté
21:35du parlementaire
21:36de présenter
21:37une proposition de loi
21:38et nous verrons bien
21:39mais mon obsession
21:40c'est de savoir
21:41quelle solution
21:41j'apporte aux agriculteurs
21:42qui sont aujourd'hui
21:43en impasse de traitement
21:45Et on l'a entendu
21:46il y a une question politique
21:47malgré tout
21:48en tant que figure majeure
21:51de la droite française
21:52hier
21:52vous avez sans doute
21:53regardé ce débat télévisé
21:54entre les candidats
21:55aux élections municipales
21:57à Marseille
21:57avec la candidate
21:58de la droite
21:59et du centre
21:59Martine Vassal
22:00qui a dit
22:01je la cite
22:02mes valeurs
22:03sont le mérite
22:03le travail
22:04la famille
22:05la patrie
22:06c'est un slogan
22:07qui rappelle évidemment
22:08le maréchal Pétain
22:09est-ce qu'elle peut rester
22:10la candidate
22:11de la droite
22:11et du centre
22:12est-ce qu'elle doit
22:12s'excuser ?
22:14Je pense que
22:14si la formulation
22:15était en effet
22:17maladroite
22:18pour le débat
22:18qu'elle va susciter
22:19pour autant
22:20si vous prenez
22:20chacun de ces mots
22:22qu'il s'agisse
22:23de la famille
22:23de la reconnaissance
22:24du travail
22:25de l'amour
22:25du pays
22:26aucune de ces notions
22:27donc travail
22:27famille
22:28patrie
22:28ça ne vous choque pas
22:29non
22:29je pense que
22:30la formule
22:31évidemment
22:31ne peut pas
22:32ne pas évoquer
22:33l'histoire
22:34et une histoire
22:34donc elle doit
22:35s'en excuser ?
22:37je pense que
22:39elle doit
22:40en tout cas
22:40clarifier son propos
22:42mais de là
22:43à la
22:44considérer
22:45pétainiste
22:46je pense qu'il y a
22:46un pas
22:47que je ne franchirai pas
22:48merci infiniment
22:49en tout cas
22:49madame la ministre
22:50d'avoir été l'invité
22:51de France Inter
22:52et bon salon de l'agriculture
22:54on sait que c'est un marathon
22:55vous y êtes prête ?
22:57j'y serai tous les jours
22:58écoutez
22:59c'est maintenant
23:00au nombre d'heures
23:01qu'on calcule ça
23:02mais merci d'avoir été
23:03l'invité de France Inter
23:04à suivre
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