- il y a 11 mois
Pierrick Horel, président des Jeunes agriculteurs, s'est exprimé ce vendredi 21 février à la veille de l'ouverture du Salon de l'agriculture, ce samedi 22 février. Il appelle notamment à "tourner la page" sur les événements de 2024 et demande un "plan de défense de l'agriculture" au chef de l'Etat.
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00:00Pendant ce salon de l'agriculture, la venue du Président de la République est pour moi symbolique, plus que politique.
00:09Pourquoi ? Parce qu'il a perdu quand même la majorité au sein de l'Assemblée nationale française.
00:17Donc sur le point de vue politique français, il s'est mis en retrait lui-même.
00:21Il s'occupe maintenant plutôt de la question internationale et européenne, sujet qui nous intéresse particulièrement,
00:27puisqu'on va ouvrir la réforme de la PAC. Et sur le plan international, ça aura échappé à personne.
00:34La géopolitique mondiale est en train de bouger. Et en ce qui concerne l'agriculture, il y a des choses qui sont inquiétantes.
00:41Et donc dans ce cadre-là, moi, je demande à ce que le Président de la République vienne au salon de l'agriculture
00:49avec un plan de défense de l'agriculture. Dans ce plan de défense de l'agriculture...
00:55Enfin, tout d'abord, pourquoi un plan de défense de l'agriculture ? Parce qu'on voit qu'il y a des discussions,
01:01une forme d'entente entre deux blocs qui sont ultra-puissants, que sont la Russie et les États-Unis,
01:06avec la question très actuelle de l'Ukraine. Mais on peut imaginer, parce qu'il l'a démontré plusieurs fois,
01:14Donald Trump peut avoir une pression douanière sur les produits français et les produits européens très fortes.
01:20Et donc si on ne se met pas en capacité, si le Président de la République ne donne pas à la France cette capacité à se protéger
01:28et finalement à répondre à ces attaques-là, je pense qu'on sera très vite dépassés et on aura du mal à remonter la pente sur ce point de vue-là.
01:39Donc trois choses pour répondre, en tout cas qui doivent apparaître pour moi dans ce plan.
01:44La première, c'est la capacité à produire et à exporter de façon durable notre production française,
01:51et qu'elle soit une forme d'attractivité pour les jeunes, que les jeunes se reconnaissent dans cette vision-là.
01:59On sait qu'on a un certain nombre de jeunes qui sont positionnés sur des produits de valeur ajoutée,
02:04mais tournés aussi vers l'export des produits de consommation courante.
02:09Je pense notamment à l'élevage bovin, au lait, qui font partie des choses qu'on doit défendre et qui sont porteuses d'avenir,
02:17en tout cas, je pense, sur le point de vue international.
02:22Ensuite, on voit qu'il y a une vraie stratégie autour du développement de la technologie et notamment de l'intelligence artificielle.
02:28On doit l'intégrer pleinement à ce plan-là pour qu'elle puisse répondre demain à cette perte de compétitivité.
02:36On doit, je pense, prendre part à ce plan massif d'investissement privé qui a été annoncé.
02:43L'agriculture, en tout cas, doit s'y retrouver.
02:45Et puis enfin, les fameuses attaques douanières.
02:48On sait qu'elles peuvent être très violentes pour l'agriculture.
02:52On l'a vu avec le conflit Boeing-Airbus à l'époque et notamment sur la viticulture.
02:59C'est quelque chose qui est très impactant pour nous.
03:03Et donc, on doit avoir une vision, une capacité à se protéger face à ces attaques-là.
03:08Voilà ce que j'aimerais que le Président ait en tête lors de sa venue.
03:13Ce plan de défense de l'agriculture parce qu'au-delà de la déambulation,
03:20pour moi, il représente cette force, en tout cas, qu'on doit avoir sur le plan européen et international.
03:28On s'occupe avec les parlementaires et le ministère de toutes les questions de gestion et de législation françaises
03:36pour faire évoluer nos pratiques et nous accompagner dans cette crise et nous sortir la tête de l'eau.
03:42Mais le Président de la République doit avoir cette posture-là.
03:44En tout cas, c'est comme ça qu'on souhaite qu'il se présente au Salon de l'agriculture.
03:48De manière aussi, je le dis là, à tourner la page et prendre de la hauteur sur ce qui s'est passé de l'année dernière
03:55parce que je crois que ça n'a ni grandi l'agriculture française, ni grandit le Salon international de l'agriculture
04:01et encore moins le Président de la République.
04:03Donc, on a besoin d'avancer dans le bon sens et les sujets européens de ce Salon de l'agriculture sont prégnants.
04:11Maintenant, je voudrais aussi vous dire que lors de ce Salon de l'agriculture, pour nous, chez Jeunes agriculteurs,
04:16on va déployer et pousser ce qu'on a déjà commencé à faire l'année dernière et qu'on martèle partout.
04:22C'est nos plans et contrats d'avenir qui sont pour nous la déclinaison de notre vision de ce que doit être l'agriculture
04:29et l'accompagnement face au changement climatique.
04:33C'est quelque chose aussi qui est anxiogène pour les Jeunes installés, pour nos agriculteurs.
04:38Je le disais dans mon introduction, cette année 2024 a été marquée particulièrement par des précipitations fortes,
04:46plutôt excédentaires partout.
04:48On n'est pas à l'abri que ça se transforme sous une forme de sécheresse sur d'autres territoires.
04:53Depuis leur installation, certains Jeunes agriculteurs n'ont connu que des années de crise climatique
04:59et aujourd'hui, on n'est pas doté de vision, d'outils pour faire face à ça.
05:04Donc, nos plans et contrats d'avenir sont la déclinaison technique de cet accompagnement-là.
05:09Donc, on a besoin de le pousser.
05:12On va aussi avoir un sujet qui est pour nous très important, qu'on souhaite voir cette année travailler.
05:20C'est le sujet du foncier.
05:22Pendant longtemps, on l'a discuté.
05:26On a été rattrapé par l'actualité, je le disais.
05:29Maintenant, on ne doit pas s'écarter de ce sujet-là.
05:33On est attendu sur cette question.
05:35C'est pourquoi on va faire signer une charte d'engagement sur le sujet foncier à des partenaires qui travaillent sur le sujet.
05:44Je pense notamment à la SAFER.
05:46Je pense à tous les acteurs qui nous accompagnent autour de ça.
05:50Les collectivités territoriales, évidemment.
05:54Je pense à Région de France.
05:56L'idée, c'est d'avoir quelque chose qui pourrait s'apparenter à des états généraux du foncier cette année.
06:04Si on ne parle pas du foncier en agriculture, et notamment sur les questions d'installation et de transmission, on n'y arrivera pas.
06:13On a besoin de retravailler le sujet.
06:16On sort de cette campagne élection chambre d'agriculture où, moi, sur l'ensemble des territoires que j'ai pu traverser et visiter, on a parlé du foncier à peu près à chaque fois.
06:28On doit redonner de l'attractivité à certains dispositifs et pouvoir mettre les jeunes agriculteurs dans des capacités d'accession au foncier et de valorisation du foncier,
06:42plus que ce que c'est aujourd'hui parce qu'on sait qu'on a un certain nombre de difficultés.
06:46Voilà le fil rouge un peu de notre salon d'agriculture.
06:51Donc, plans et contrats d'avenir, foncier.
06:54Et évidemment, le sujet de la PAC, parce que je le disais, on va entrer dans un moment de réforme.
07:00On a la première question, qui est la question budgétaire du maintien du budget de la PAC.
07:05Et puis, pour nous, notre vision de la PAC, qui est une vision travaillée en réseau chez les jeunes agriculteurs,
07:14qui est une vision très construite depuis un certain nombre de temps et qui s'appuie sur des agriculteurs actifs sur tous les territoires
07:25et un accompagnement majoré pour les jeunes agriculteurs pour faire face à ces défis de transmission des exploitations.
07:34Donc, le sujet de la PAC est évidemment sur le devant de la scène.
07:40On a besoin d'avoir un budget réhaussé pour les jeunes agriculteurs.
07:45On demande autour de 10 % d'accompagnement de la PAC en faveur des jeunes agriculteurs.
07:52Donc, voilà un petit peu le contexte pour nous de ce salon de l'agriculture.
07:58Je disais, ça va être néanmoins un salon où il y a encore de la tension.
08:06On a une loi d'orientation qui a été votée, qui va dans le bon sens.
08:10On ne va pas la critiquer.
08:11Elle avait été annoncée aux terres de Jim par le président de l'agriculture il y a maintenant quelques années chez nous.
08:19On y a beaucoup contribué, en région, au national.
08:23C'est une loi qui va dans le bon sens.
08:28Mais je le redis, tout ce qu'on voulait n'est pas dedans.
08:31Donc, ça ne sera pas le grand soir quand les politiques de quelques bords qui soient viendront nous dire on a la loi, c'est bien.
08:39Néanmoins, ce n'est pas suffisant.
08:42On ne va pas s'arrêter en chemin.
08:43Je le redis, on a besoin de la PPL simplification.
08:47On a besoin d'un projet de loi sur le revenu.
08:50Et cette question foncière avec un projet de loi aussi qu'on souhaite voir aboutir cette année.
08:58Donc, voilà un peu notre état d'esprit à l'ouverture de ce salon.
09:03Et je voudrais dire aussi qu'on en profitera pour, en tout cas chez les jeunes agriculteurs, avoir une capacité ou en tout cas la volonté de dépasser le marasme ambiant.
09:15Parce qu'on est certes en crise.
09:18C'est certes très compliqué.
09:19Néanmoins, il y a des beaux projets qui naissent, qui sont sur le territoire, qui s'expriment.
09:26Et on ne doit pas occulter par ceux qui sont dans la difficulté ou des filières qui sont dans la difficulté ceux qui réussissent.
09:34L'enjeu d'attirer dans le métier est prépondérant.
09:38Il est, je pense, capital plus que jamais.
09:41Et donc, c'est important pour nous aussi de valoriser les bonnes actions, les beaux projets et de parler aussi en bien de l'agriculture.
09:50Parce que le salon international de l'agriculture, ce n'est pas que des selfies des hommes politiques et femmes politiques auprès des vaches et auprès des agriculteurs.
09:58C'est d'abord l'exposition d'une année de travail des agriculteurs qui sont fiers de leur métier et qui veulent le montrer et aux Parisiens et au monde entier à travers ce merveilleux salon.
10:10Donc, je le redis, pour nous, il y a quand même plusieurs axes aussi de communication et d'enjeux autour du salon et des questions liées aux jeunes générations.
10:22Donc, on aura le salon, notre programme sera ponctué de plusieurs temps.
10:29Donc, voilà des temps d'échange avec notamment des questions sur l'adaptation au changement climatique.
10:37Des rencontres qui vont plutôt dans ce sens-là en lien avec nos plans et contrats d'avenir.
10:41Évidemment, des rencontres politiques avec tout le cadre législatif qu'on appelle de nos voeux.
10:48Des rencontres axées sur cette question foncière puisqu'on en fait une part importante du salon de l'agriculture.
10:57Et puis, on aura une conférence de presse le mardi 25 février au soir pour présenter notre nouvelle mouture de notre fonds de dotation Terres Innovantes.
11:13Nous avons réformé Terres Innovantes et nous voulons par ce biais-là reconnecter les jeunes citadins et les jeunes agriculteurs sur le territoire à se parler et échanger, discuter entre eux pour une meilleure compréhension.
11:28Tout ça dans un cadre plutôt ludique et décontracté.
11:31C'est des solutions assez innovantes.
11:34Je vous invite toutes et tous, nombreuses et nombreux, à cette conférence de presse qui aura lieu mardi soir sur le salon au stand du concours général agricoles dans le même hall où nous nous trouvons.
11:50Voilà ce que je pouvais dire pour cette conférence de presse et notre état d'esprit à la veille de l'ouverture de ce salon de l'agriculture.
12:01Voilà, on peut prendre maintenant quelques questions.
12:05On va fermer les fenêtres parce que je pense que...
12:08J'avais une question sur les états généraux du foncier. Est-ce que vous êtes toujours dans cette demande d'une grande loi foncière ?
12:21Oui, une grande loi foncière, mais prenons le temps de la construire avec tous les acteurs et remettons-nous au travail parce qu'on a beaucoup parlé d'agriculture depuis un an.
12:33Mais on a besoin de reconfronter nos idées avec l'ensemble des acteurs du foncier.
12:40Voilà, on a des lignes qui ont bougé depuis ces dernières années, je dirais, sur le foncier.
12:46Donc on a besoin d'une grande loi foncière, si tant est qu'elle ne fasse pas comme la LOA, qu'elle mette trois ans à venir.
12:52Et ce serait quoi pour vous, entre guillemets, est-ce que vous avez déjà un petit peu réfléchi aux grandes lignes, que vous avez esquissées déjà un petit peu ?
12:59Nous, on veut reparler du statut du fermage. Le statut du fermage est quelque chose de très bien pour les jeunes agriculteurs.
13:08Il permet d'accéder à l'outil de production au foncier.
13:15Il sécurise les jeunes agriculteurs parce qu'il y a plusieurs modes de baille, mais on ne va pas décliner la technique ici.
13:24Mais c'est en tout cas un mode de faire-valoir qui est très sécurisant et qui permet d'accéder petit à petit à la propriété.
13:31Mais dans le même temps, on a les propriétaires qui, eux, disent que ce n'est pas suffisamment attractif.
13:37Donc on a besoin de remettre ça à plat.
13:40Évidemment, les questions d'accès à la propriété et de niveau de prix vont être également un sujet.
13:51On sait qu'on a des secteurs qui sont pressurisés par la pression foncière, notamment autour des grandes agglomérations.
13:58Je pense aussi à la question du ZAN qui va revenir parce qu'on voit qu'il est challengé.
14:03Donc voilà, c'est tout ça qu'on veut remettre sur la table.
14:06Et nous, nous sommes prêts à rediscuter tout de suite de ces questions foncières.
14:12Et sur le foncier, un document de position vous sera transmis.
14:18La démarche de travail se fera sur la base de ces propositions.
14:22Alors il y a une question sur Envisio de Frédéric Hénin de WikiAgri.
14:29Les élections en champs d'agriculture sont passées, mais une question s'impose.
14:32Pensez-vous que les jeunes agriculteurs sont plus sensibles au discours de la CR que leurs aînés ?
14:38Alors je ne sais pas répondre à cette question parce que nous n'avons pas d'outil de mesure.
14:43Et je ne me lancerai pas à une appréciation aux doigts mouillés.
14:47En revanche, les techniques de communication de la coordination rurale qui s'appuient sur des méthodes populistes et de dégagisme
14:57ont eu une oreille attentive par l'ensemble des agriculteurs,
15:04parce qu'on a vu que c'était en partie un vote de colère qui s'est exprimé.
15:09Néanmoins, nous gardons quand même les trois quarts des chambres d'agriculture
15:14gouvernées par, présidées par en tout cas, les listes FNSEA et IGA.
15:21En revanche, on prend acte de ce qu'on a vu.
15:25C'est un glissement de dix points vers la coordination rurale en défaveur de nos listes.
15:31Je pense que ça nous engage à réfléchir à notre méthode de syndicalisme,
15:36à ce qu'on veut faire demain et comment on communique.
15:40Et dire que c'est de la responsabilité que des politiques, ce n'est pas forcément le cas.
15:48Ça ne nous a pas aidé, tout comme la météo, mais je crois qu'on n'y peut rien du tout, et c'est tant mieux.
15:54Néanmoins, sur cette question de la communication, la coordination rurale a tout misé dessus.
16:01Ça a eu des effets. Il y a certainement de la porosité chez IGA.
16:06Il y en a aussi chez les aînés.
16:09Et donc, voilà, c'est demain comment on répond à cette colère.
16:15Moi, je considère qu'on avait un projet, on a toujours un projet,
16:19qui est celui de redonner le goût d'entreprendre sur les territoires.
16:23La coordination rurale n'a absolument aucun projet.
16:26Vous n'en trouverez aucune trace nulle part.
16:29Et donc, c'est des projets qui sont faits au fil de l'actualité.
16:34Ce n'est pas notre méthode.
16:36Et même si on recule de dix points, on doit se remettre en question.
16:40Néanmoins, on n'abandonnera pas notre projet, notre vision de l'agriculture,
16:43qui est tournée vers l'acte de production et d'entreprendre sur les territoires,
16:47et je le dis aussi, avec des agriculteurs et des agricultrices nombreuses et nombreux,
16:54et qui soient capables de garder de la valeur ajoutée et de vivre bien de leur métier.
17:03Oui, alors c'est dans le document que vous avez,
17:07mais l'idée quand même des plans et contrats d'avenir,
17:11c'est d'avoir finalement un diagnostic de l'exploitation au moment de la session de l'exploitation,
17:20de la reprise, pour pouvoir mieux conduire les réformes,
17:25ou en tout cas les choses qui peuvent être mises en place sur l'exploitation,
17:29en tout cas une meilleure compréhension du jeune dans le système dans lequel il s'installe.
17:35Parce que quand on s'installe, on a beaucoup de croyances, de certitudes,
17:39mais c'est bien d'avoir un diagnostic qui accompagne ça,
17:42parce que ce qui se faisait ou ce qui s'est toujours fait n'est pas forcément quelque chose de pérenne,
17:49quelque chose qui pourra durer sur l'exploitation.
17:52Donc l'idée c'est d'avoir un diagnostic au moment de l'installation,
17:56un diagnostic qui est partagé par l'exploitant en place et par le jeune,
18:01fait par des experts de la question.
18:07Parce qu'on va discuter du revenu, on va discuter de la filière,
18:10on va discuter de l'environnement, de tout ce qui gravite autour de l'exploitation.
18:14Et fort de ce plan, fort de ce diagnostic,
18:17on souhaite établir un contrat d'engagement entre les agriculteurs et les pouvoirs publics,
18:23les acteurs locaux, territoriaux, pour accompagner les agriculteurs dans ce changement.
18:30Parce que leur dire qu'ils ne pourront plus faire, je dis n'importe quoi,
18:34de maïs dans les Landes demain ou des abricots dans les Baronies, c'est bien,
18:39mais ça ne leur donne pas beaucoup de perspectives d'avenir.
18:42Donc l'idée c'est de leur dire qu'on peut remplacer les cultures par ci ou par ça,
18:46je ne sais pas si ce sera des pistaches, des kiwis, peu importe,
18:49mais que derrière il y a un débouché et qu'ils soient accompagnés dans cette prise de risque,
18:54dans ce virage, parce que si on ne les accompagne pas,
18:59les transitions ne se feront pas et si elles se font en marche forcée,
19:03elles seront subies et non programmées et je pense qu'on n'attirera personne et on n'y arrivera pas.
19:10Donc c'est pour ça qu'on pousse ça de manière très forte.
19:13C'est beaucoup plus détaillé dans le document et on a une expérimentation en cours aussi en ce moment
19:21qu'on pousse avec l'ADEME qui reprend un peu la mécanique de nos plans et contrats d'avenir
19:29pour commencer à expérimenter ça sur le territoire.
19:43Nous on demandait dans cette LOA, en tout cas pour jeunes agriculteurs,
19:46un guichet unique qui s'appellera désormais France Service Agriculture.
19:51Le nom c'est très bien, ce qu'il y a dedans c'est qu'en fait on centralise
19:56et on uniformise l'accueil des porteurs de projets au sein des chambres d'agriculture,
20:03portées par les chambres d'agriculture.
20:05Donc c'est quelque chose qui est beaucoup plus clair pour les agriculteurs qui sont porteurs de projets.
20:09Donc ça c'était un article pour nous qui était très important dans la LOA, c'est bien.
20:15On a quelques petits mécontentements mais parce qu'on est des bons syndicalistes
20:19on n'est jamais satisfait pleinement.
20:21Mais c'est plutôt un très bon signal en tout cas pour les jeunes agriculteurs
20:25d'avoir beaucoup plus de clarté là-dessus.
20:28Et un diagnostic modulaire qu'on a voulu dans cette LOA
20:33qui est ce que je disais un petit peu là, qu'on souhaite décliner dans les plans et contrats d'avenir
20:38mais qui est un diagnostic de l'exploitation à reprendre,
20:42de comment elle fonctionnait, de quelles sont les perspectives.
20:45Et voilà donc ça c'était très important pour nous pour l'avoir
20:48parce que ça conditionne une partie de la réussite du porteur de projet
20:52en tout cas on considère qu'il sait mieux là où il met les pieds après ce diagnostic.
20:56Donc c'est pour ça que c'est plutôt un bon signal de l'avoir
21:00qui est plus l'avant-veille de l'ouverture du salon
21:04mais ça ne doit pas s'arrêter à de la simple communication pour nous.
21:11Je vous ai déjà dit poétiquement deux choses quand vous parlez d'un plan
21:15où vous aimeriez que le président vous déclare et que vous construisez un plan de défense.
21:20Est-ce que un, vous comptez nous en parler juste avant l'énumération du salon
21:24et deux, est-ce que vous faites allusion aux probables annonces sur la défense
21:31de manière à la défense de son solitaire qui a réservé le contexte en Ukraine.
21:35Quand vous parlez notamment d'exportation, vous jugez qu'actuellement le système est insuffisant.
21:41Oui, tout à fait. Déjà on compte évidemment lui en parler
21:46parce que ça sera évidemment sur la table de ce qu'on va se dire.
21:51Maintenant je pense que l'idée c'est d'avoir une position très forte sur cette question.
21:59Donc oui, ça doit faire partie d'une stratégie de défense nationale globale.
22:04Je l'ai dit ce matin sur RTL dans la matinale, je souhaite qu'il en parle
22:09à Donald Trump aussi directement parce que je pense que ça fait partie
22:14et je considère que ça fait partie des enjeux géopolitiques cruciaux.
22:17C'est une nouveauté pour personne, l'arme alimentaire,
22:21parce que maintenant c'est une arme sur la question de l'alimentation,
22:25est clairement au cœur des sujets de géopolitique et de guerre.
22:30Donc quelle est sa vision, quelle est notre position française sur cette question
22:36et jusqu'où on va tout simplement.
22:39Donc on a besoin qu'il nous donne sa vision et on a besoin qu'il le fasse là
22:45parce que les choses peuvent aller très vite et s'accélérer.
22:48Et on a besoin de retrouver une forme de solidité à l'exportation.
22:53On a des sujets d'importation dont on crie sur tous les toits
23:00et que personne ne découvre les distorsions de concurrence.
23:04Mais on ne peut pas subir tout le temps des mesures douanières coercitives
23:10sur nos produits d'export parce qu'on est toujours la variable d'ajustement.
23:16Ça, ce n'est pas possible.
23:17On doit avoir une vraie stratégie de défense là-dessus
23:20et je considère que pour l'instant, elle n'y est pas.
23:23En tout cas, on n'en a pas discuté donc on a besoin d'explorer ça rapidement.
23:27En complément sur la Quesco,
23:29est-ce que vous entendez concrètement renforcer nos capacités d'exportation ?
23:35Parce que si le problème, c'est que globalement, la Chine, les Etats-Unis ou la Russie
23:38ne veulent plus de notre exportation,
23:40quelle solution vous avancez-vous pour ça ?
23:43Et juste en complément sur un autre sujet, sur la PAC,
23:46est-ce que vous pouvez nous dire ce que vous avez pensé
23:48de la nouvelle stratégie présentée par la Commission européenne ?
23:51Alors sur le premier point,
23:53sur les exportations, il n'y a pas que les Chinois et les Russes
23:56et les Etats-Unis dans le monde.
23:57Je pense qu'il y a d'autres pays avec lesquels on peut commercer
24:00et regarder ce qui peut se faire.
24:02Mais voilà, ils occupent l'actualité.
24:05Néanmoins, il y a d'autres pays.
24:07On l'a vu avec notamment la visite indienne il n'y a pas si longtemps aussi.
24:12Donc il y a des choses à faire.
24:14En tout cas, il y a des horizons à explorer.
24:16Sur la deuxième question,
24:20sur la deuxième question de la PAC,
24:24pour nous, le sujet, c'est dans un premier temps le budget.
24:30Le budget et comment il est réparti et comment on le donne.
24:35Vous savez qu'il y a des discussions autour d'un nouveau programme
24:39de distribution de cet argent-là.
24:42Nous, ça nous inquiète parce qu'on y voit une forme
24:45de nationalisation des budgets.
24:48Et de la gestion européenne.
24:52Et dans le contexte géopolitique autour de l'Europe,
24:56nationaliser un budget qui vient soutenir une forme de souveraineté
25:02et la souveraineté alimentaire, je trouve ça inquiétant.
25:06Donc on a besoin d'avoir des réponses là-dessus.
25:11Il y aura la visite du commissaire Christophe Hansen au salon de l'agriculture.
25:17Ça fera évidemment partie des questions qu'on lui posera.
25:21Néanmoins, on a aussi besoin du président de la République
25:24sur cette question-là puisque c'est des décisions qui sont à son niveau.
25:28Pour nous, les premières discussions sont autour du budget.
25:32Et nous, notre position, c'est toujours de défendre une PAC
25:36tournée vers l'actif avec la volonté de revaloriser
25:41de manière significative les aides fléchées pour l'installation
25:45que ce soit au niveau français évidemment, mais que ce soit au niveau européen
25:49puisque c'est un défi qui est partagé avec un certain nombre de nos collègues et voisins.
25:59Sur la PAC, il y a une autre question en visio.
26:03Le budget baisse en euros constants depuis 20 ans et on a connu 3 années d'inflation.
26:07Est-ce qu'il ne faut pas être plus ambitieux en exigeant une augmentation sensible du budget
26:11d'au moins 20 ou même 30% ?
26:13C'est une position syndicale qu'on peut avoir.
26:16Néanmoins, je ne sais pas si elle est tenable au regard des enjeux européens.
26:20On sait qu'on a ce sujet-là d'euros constants versus euros courants
26:26et donc ce qui fait perdre finalement petit à petit,
26:31en tout cas qui crée une érosion des euros perçus par les agriculteurs.
26:36Et donc oui, nous évidemment, plus le budget fléché vers l'agriculture sera élevé,
26:41plus ça nous rassurera.
26:43Mais je le dis et je le répète et je le ferai toute la semaine,
26:47il faut que cet argent soit fléché vers les actifs et vers les défis démographiques
26:53parce que c'est ça qu'on doit réellement accompagner dans cette PAC
26:58pour pouvoir répondre à ces fameuses transitions et climatiques et générationnelles.
27:04Il y a peut-être une dernière question.
27:07Allez-y.
27:08C'est par rapport au foncier.
27:10On a pu lire récemment dans une partie de la presse
27:13que les Belges et les Néerlandais mettaient la pression pour acquérir des terres,
27:18pour produire des pommes de terre en France et les exporter un peu partout dans le monde.
27:23Est-ce que cette pression qui fait monter le prix du foncier vous préoccupe
27:29et est-ce qu'il faut légiférer aussi dans ce domaine ?
27:33Alors, vous avez raison, mais elle est très liée à un secteur particulier
27:37parce que les Belges et les Néerlandais ne sont pas intéressés par les terres occitanes pour faire des patates.
27:43C'est très lié notamment à la région des Hauts-de-France qui est sous contrainte foncière.
27:49Et pour le coup, oui, ça doit faire partie des discussions quand on va parler du foncier
27:55parce qu'il y a vraiment une question autour de ça.
27:59Ils ont en tout cas une posture très offensive sur le foncier, sur ce secteur-là
28:05et ça devient difficilement tenable.
28:08Mais pour l'instant, on va se concentrer sur les défis nationaux
28:12et on regardera quand chaque région prendra part aux discussions
28:18et je pense qu'il y aura des amendements ou des propositions pour avoir des réponses très territoriales à ce qui se passe.
28:25Parce que d'un côté, vous le disiez,
28:28on a les voisins qui viennent sur le foncier pour de la production agricole,
28:35mais tout le littoral français est aussi sous pression et on a des questions foncières partout.
28:42En montagne, avec l'expansion des stations de ski, on a des questions liées à cette pression foncière partout.
28:48Donc je pense qu'il y aura une question évidemment territoriale dans cet article foncier.
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