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Conférence de presse de l'AJP : Mme Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer
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00:11:53Quand on dénonce, ou surtout quand on ne dénonce pas certaines formes de violence, on ne peut pas assumer une
00:12:00stratégie du conflit et s'étonner ensuite d'avoir nourri un terrain d'où surgit la violence.
00:12:08C'est ça la responsabilité politique dont je parle et que je dénonce depuis longtemps. Je l'ai vu moi
00:12:13-même. J'ai été députée très longtemps. Je suis parlementaire depuis 2017 avant d'être ministre.
00:12:20J'ai été vice-présidente de l'Assemblée nationale. Je l'ai vécu. J'ai été aux premières loges. J
00:12:26'ai vu la banalisation de l'agressivité dans l'hémicycle, la tension permanente, la volonté d'aller presque au contact.
00:12:34Et j'ai dit que tout ça a été particulièrement dangereux parce que ça dépasse les frontières de cette enceinte.
00:12:42Et ça va jusqu'à nourrir, évidemment, l'esprit de certains jeunes.
00:12:46C'est un poison. Et donc on ne peut pas feindre aujourd'hui. La France insoumise ne peut pas, comme
00:12:52elle l'a fait, feindre l'étonnement, nourrir un discours de non-violence qui n'existe pas en réalité dans
00:12:59ses rangs.
00:12:59C'est faux. LFI flirte avec des organisations violentes. C'est la jeune garde. Ça n'est pas anodin. LFI
00:13:09appelle parfois à des manifestations très rudes à l'extérieur.
00:13:12Ça n'est pas anodin. Tout ça n'est pas neutre. Tout ça n'est pas neutre.
00:13:16La justice commence à peine son travail, mais en l'état actuel de ce que l'on sait, est-ce
00:13:22que vous faites partie de... Est-ce que vous vous associez aux appels à l'exclusion de Raphaël Arnaud du
00:13:27groupe LFI ?
00:13:28Raphaël Arnaud, dont deux collaborateurs ont été interpellés, voire à sa démission. Est-ce que vous vous associez à ces
00:13:36appels ?
00:13:37Il y a deux options aujourd'hui. Raphaël Arnaud, député élu de la nation, pourrait démissionner. Il y a une
00:13:49question de dignité, je crois, qui se joue aussi.
00:13:52Compte tenu du climat de tension, du quasi-trouble à l'ordre public que ça provoque, la question se pose.
00:13:58La deuxième option, c'est la responsabilité de la France insoumise qui a investi un candidat dont elle connaissait bien
00:14:06les parcours.
00:14:07C'est-à-dire que quand vous êtes un parti politique et que vous devez investir des personnalités, vous regardez
00:14:12l'engagement, le parcours militant, les méthodes.
00:14:17A posteriori, la France insoumise pourrait être elle-même, évincer, exfiltrer le député Raphaël Arnaud.
00:14:25Il y a des solutions. Il faut que chacun prenne ses responsabilités.
00:14:30Votre collègue, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a fait savoir qu'il souhaitait qu'une loi soit votée,
00:14:37peut-être d'ailleurs dans le cadre d'un projet de loi
00:14:39qui sera présenté par ailleurs sur la lutte contre l'antisémitisme, pour faire en sorte que des peines d'inéligibilité
00:14:47soient prononcées en cas de condamnation
00:14:50pour des violences physiques et en particulier des violences à réunion. Est-ce que c'est faisable ? Est-ce
00:14:55que vous seriez favorable à une telle mesure ?
00:15:00Vous savez, nous sommes regardés de très près, à juste raison, par nos concitoyens, de très près.
00:15:06Il y a une forme de défiance qui se développe, qui progresse de plus en plus à l'égard des
00:15:13hommes et des femmes politiques.
00:15:14Quand vous regardez les sondages, tout ça est quand même très inquiétant. Il y a de moins en moins de
00:15:20confiance à l'égard des responsables publics.
00:15:24Il y a un sujet d'exemplarité. Ça, c'est évident. Moi, j'avais porté comme députée il y a
00:15:29quelques années, en 2017-2018, au moment de la loi
00:15:33« Moralisation dans la vie publique », un amendement pour que les candidats qui avaient été déclarés coupables d'actes
00:15:41racistes, antisémites, homophobes,
00:15:44ne puissent pas être investis dans des élections. Amendement adopté qui avait été censuré par le Conseil constitutionnel pour des
00:15:53raisons d'équilibre.
00:15:54Mais le sujet, il est bien là. Et donc ce que propose Gérald Darmanin doit être examiné, je crois. Effectivement.
00:16:01Je pense qu'on ne peut pas, encore une fois, investir des candidats qui porteraient une logique d'affrontement.
00:16:12Votre responsabilité, elle est inverse. C'est celle de l'apaisement. Nous ne sommes pas là comme responsables politiques pour
00:16:17créer des problèmes.
00:16:19Nous sommes là pour trouver des solutions. Alors ce qui est dommageable, c'est de devoir passer par la loi,
00:16:24de devoir inscrire dans le marbre qu'il ne faille pas avoir été condamné à des violences, quelles qu'elles
00:16:30soient,
00:16:30pour pouvoir devenir demain élu de la nation. Mais enfin, s'il faut aller jusque-là, alors il faut le
00:16:35faire.
00:16:37Jacques, et puis Jannick.
00:16:38La semaine dernière, à votre place, il y avait la patronne du groupe écologiste qui était notre invitée.
00:16:43Elle nous a dit clairement, le regroupement pour le second tour, qui aura notamment en législative,
00:16:51on refait le pont populaire avec la France insoumise. Et puis ce matin, j'ai entendu, juste avant de venir,
00:16:58mais je ne connais pas le nom de cette députée, une députée répétait la même chose en disant
00:17:01« Non, non, la France insoumise et ce qui s'est passé, ce n'est pas la même chose ».
00:17:05Alors j'aimerais avoir votre ressentiment sur la réaction de la gauche. Je dirais des trois gauches.
00:17:11Les écolos qui ne disent rien, les socialistes qui disent « mais pas tous », et les communistes qui ne
00:17:17parlent pas.
00:17:18Oui, vous avez raison, c'est la tripartition de la vie politique en général, mais c'est la tripartition dans
00:17:22la gauche aussi.
00:17:23Et vous avez de plus en plus des courants à gauche qui s'éloignent de la culture de gouvernement,
00:17:28de ce qu'a été la gauche. Les écologistes et les insoumis, très clairement, dans leurs propos même.
00:17:36On ne peut pas cautionner ce qui s'est passé. On ne peut pas ne pas reconnaître la responsabilité politique
00:17:42de certains.
00:17:43Je ne mets pas tout le monde dans le même sac, mais je suis bien obligée de constater, parce que
00:17:47je l'ai vu, je l'ai entendu, je l'ai subi,
00:17:49qu'il y a une stratégie assumée de conflits, de désordres, de la part notamment des insoumis et par complicité
00:17:57des écologistes,
00:17:57parce qu'ils ne le dénoncent pas. Ça, je le dis clairement.
00:18:01Et donc, j'en reviens effectivement à ce que j'ai dit au départ. La responsabilité politique, elle est là,
00:18:08elle existe.
00:18:08Et elle n'est pas anodine.
00:18:10Annick ?
00:18:11Oui, deux questions très rapides. Est-ce que l'actualité, ce qu'elle est, mais est-ce que les hommes
00:18:17et les femmes politiques,
00:18:18qui ne sont pas LFI ou écologistes, n'ont pas tendance du coup à sous-estimer, voire à occulter la
00:18:24violence réelle
00:18:25et prouvée par les statistiques, de l'extrême droite, premièrement ? Et deuxièmement, on entend très peu Édouard Philippe
00:18:32sur l'actualité au sens large du terme, et notamment celle qui nous occupe en ce moment.
00:18:40Alors, l'un n'exclut pas l'autre. Je vois bien, pour partie, l'instrumentalisation qui est faite par certains
00:18:45de ne dire que la violence ne viendrait que d'un camp ou que d'un autre. La violence, elle
00:18:49peut être partout.
00:18:50Moi, je la dénonce à chaque fois qu'elle surgit dans le débat public.
00:18:53Donc je n'ai pas peur de dire que c'est une violence, ici, d'ultra-gauche ou d'extrême
00:18:58-gauche,
00:18:59et que ça peut l'être de la droite, de l'extrême-droite, de l'ultra-droite.
00:19:03Ça n'est pas mon sujet. Je veux dire, moi, je ne me mets pas des œillères sur ce qui
00:19:09se passe.
00:19:10Et je trouve dangereux le discours qui consiste à dire « Oui, c'est vrai, il s'est passé ce
00:19:14qui s'est passé,
00:19:15mais regardez l'extrême-droite ou l'ultra-droite », qui serait une forme de quoi ?
00:19:21On viendrait peut-être modérer ce qui s'est passé ? Non. Il faut le dénoncer comme il existe,
00:19:28comme il faut le dénoncer, effectivement. Et il y a un passif, bien évidemment, à l'extrême-droite aussi.
00:19:34Donc je ne suis pas dans une forme de concurrence malsaine pour essayer de dédouaner les uns
00:19:39ou dédouaner les autres. Quant à Édouard Philippe, il est pris dans une campagne municipale.
00:19:45Il fait campagne sur le terrain et il aura l'occasion de revenir à l'issue de cette campagne
00:19:51sur les grands sujets et les grands débats nationaux. Et ça arrivera vite.
00:19:57Madame, vous avez évoqué une mesure qui a été... Enfin, un amendement voté qui a été retoqué
00:20:02par le Conseil constitutionnel. Ce n'est pas le seul. Ce qui amène un certain nombre de politiques
00:20:07à contester les arrêtés, les décisions du Conseil constitutionnel. Et à l'inverse,
00:20:14vous avez un certain nombre de personnes qui, aujourd'hui, reprochent au président de la République
00:20:20et à ceux qui l'entourent, de vouloir verrouiller les institutions. Alors, ce n'est pas très sain comme climat.
00:20:28Non, non, effectivement. Et je ne le cautionne pas, ce climat. L'état de droit, ça n'est pas rien.
00:20:35C'est ce qui structure une société. Ce sont les grands principes qui permettent qu'on puisse,
00:20:41dans une société démocratique, à l'inverse de sociétés autoritaires, qu'on puisse évoluer, progresser,
00:20:47donner un cadre des droits et des obligations pour tenir une communauté nationale ensemble.
00:20:55Modifier l'état du droit, si nous ne sommes pas satisfaits d'une législation, bien sûr, ça s'inscrit dans
00:20:59le débat démocratique.
00:21:00Mais remettre en cause l'état de droit, et par l'intermédiaire de cet état de droit, nos institutions, est
00:21:06très dangereux.
00:21:08On peut ne pas être d'accord avec des lois en particulier, des règlements en particulier.
00:21:14Et il y a la place, dans le cadre de nos institutions, y compris, bien sûr, au Parlement, pour le
00:21:20dire.
00:21:21En revanche, mettre en cause des décisions du Conseil constitutionnel ou des décisions de justice,
00:21:26comme on l'a vu et encore récemment, ça, ça, c'est un danger majeur.
00:21:32C'est un danger majeur. C'est une barrière.
00:21:38Et d'ailleurs, oui, et puis la justice, le droit est bien fait, puisque des recours sont possibles.
00:21:44On peut faire appel, on peut faire cassation, il y a même une cour européenne qu'on peut saisir à
00:21:49l'issue.
00:21:50Évidemment, il y a des recours.
00:21:52Est-ce qu'il y a d'autres questions sur ce thème-là ?
00:21:55Oui, François ?
00:21:56Attends, le micro arrive.
00:21:58Par exemple, est-ce que vous souhaitez un cordon sanitaire contre le LFI ?
00:22:04Ce qu'a demandé, par exemple, Jandane Bardella.
00:22:08Alors, moi, j'ai fait campagne, et notamment aux dernières élections législatives,
00:22:13ni RN, ni LFI.
00:22:16Pas d'extrême.
00:22:18Pas d'extrême.
00:22:20C'est très clair pour moi.
00:22:22Je vois bien le danger de ce que représente le Rassemblement national.
00:22:27Le projet de division de la société.
00:22:30Je vois bien aussi le danger que représente la France insoumise,
00:22:35qui est le même, je le dis, tel que je le pense, le même poison.
00:22:41Je vois les dégâts dans mon département.
00:22:43De ce que fait la France insoumise.
00:22:45Je vois bien la stratégie.
00:22:46Et elle est très simple de Jean-Luc Mélenchon.
00:22:48Il lui a manqué 300 ou 400 000 voix pour accéder au second tour de la présidentielle
00:22:53aux dernières élections.
00:22:55Et il a besoin d'un réservoir électoral.
00:22:59Il a regardé la carte.
00:23:00Il s'est dit, où est-ce que je peux aller chercher de l'abstention ?
00:23:03Dans les quartiers populaires ?
00:23:04Auprès d'une jeunesse peut-être désœuvrée ?
00:23:07Et alors la stratégie cynique qui consiste à aller communautariser les débats.
00:23:12Aller se servir d'une forme de ressentiment auprès de certaines communautés pour gagner des voix.
00:23:19C'est dangereux.
00:23:20C'est une division de la nation.
00:23:23Voilà pourquoi je le dénonce.
00:23:25Et que mon discours ne sera toujours aucun extrême.
00:23:30On va aborder le chapitre des Outre-mer, qui était la raison initiale de notre invitation aujourd'hui,
00:23:36avec une première question peut-être de Patrick.
00:23:38Roger.
00:23:42Bonjour.
00:23:42Deux questions, si vous le permettez.
00:23:44A supposer que la loi constitutionnelle, qui sera examinée au Sénat le 24 février, recueille un vote favorable,
00:23:52l'étape suivante à l'Assemblée nationale sera beaucoup plus périlleuse.
00:23:56D'autant plus que la position exprimée par le groupe socialiste dans une tribune complique un peu la donne.
00:24:06En outre, vous risquez d'être confronté une nouvelle fois à un barrage d'amendements du groupe LFI,
00:24:13comme il a déjà montré lors de l'examen du projet de loi organique sur le report des élections provincières
00:24:19de Nouvelle-Calédonie.
00:24:20Cette fois-ci, vous pourriez avoir un déluge d'amendements pour empêcher toute adoption du texte dans des délais compatibles.
00:24:28Comment comptez-vous ou pouvez-vous y faire face ?
00:24:32Et deuxième question, la Commission nationale consultative des droits de l'homme a publié le 29 janvier un avis sur
00:24:42les droits fondamentaux en Nouvelle-Calédonie
00:24:45et dans lequel elle dénonce, je cite, un affaiblissement préoccupant des droits fondamentaux affectant en particulier la population canaque
00:24:52et la répression des émeutes en mai 2024.
00:24:55Alors toutefois, la liste de la vingtaine de personnes auditionnées, tout comme le mode opératoire de ce rapport, très peu
00:25:06documenté en réalité,
00:25:08jette un doute sur l'impartialité et la crédibilité de ce travail que vous inspire ce rapport de la CNCDH.
00:25:21Merci pour ces questions.
00:25:23Sur le premier point, alors la situation n'est pas simple.
00:25:26Le processus parlementaire qui s'engage n'est pas simple.
00:25:29Mais il ne l'a jamais été.
00:25:31Pour aucun accord qui a construit l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie,
00:25:37ce sont des accords fragiles qui ont permis au territoire d'avancer.
00:25:42Matignon ou Dino, Nouméa ont été des accords très contestés qui n'emportaient pas l'unanimité des partenaires.
00:25:49Et il y a eu dans le temps des séquences d'aller-retour, des phases de doute, des phases de
00:25:54tension.
00:25:55Nous y sommes de la même manière que ça a pu exister avant.
00:25:59Nous y sommes.
00:26:01Mais notre responsabilité commune, collective, c'est d'avancer.
00:26:05Le pire scénario pour la Nouvelle-Calédonie, c'est de ne rien faire.
00:26:08Parce que la situation, nous le savons bien, elle est particulièrement dégradée.
00:26:12Sur le plan économique, le territoire a perdu 13 points de PIB.
00:26:1613 points.
00:26:18Il est entré dans une phase de récession.
00:26:20Les entreprises ferment encore aujourd'hui.
00:26:22Il y a des familles qui sont parties du territoire, nous le savons bien.
00:26:26Il y a une jeunesse qui est mal en point, notamment chez les Canaques.
00:26:30Pas seulement, mais notamment chez les Canaques.
00:26:33On ne peut pas ne rien proposer au territoire.
00:26:36C'est le sens de l'accord de Bougival, complété par l'accord Élysée-Oudino,
00:26:40qui donne de la perspective politique et institutionnelle.
00:26:42C'est le sens du protocole financier qui est adjoint,
00:26:45qui est un protocole qui permet, qui donne un effort de l'État d'un milliard d'euros,
00:26:50plus d'un milliard d'euros, un milliard cent millions, rien que pour l'année 2026.
00:26:54C'est colossal.
00:26:55Colossal, dans la période de contraintes budgétaires qu'on connaît,
00:26:581,1 milliard d'euros pour soutenir la filière nickel,
00:27:01pour relancer l'attractivité économique,
00:27:04pour permettre un filet social, bien sûr.
00:27:06J'ai parlé de la jeunesse.
00:27:08Il faut investir dans la cantine scolaire, dans le transport scolaire,
00:27:10dans des choses très concrètes, dans l'école, etc.
00:27:16C'est le sens de ces accords.
00:27:17C'est pour ça que j'en appelle à la responsabilité des parlementaires aujourd'hui.
00:27:21Et les socialistes, dans leur tribune, ont dit une chose très juste.
00:27:24Ils ont dit, Bougival, c'est utile.
00:27:27Bougival, ça ouvre un chemin.
00:27:29Mais Bougival, il faut le sécuriser.
00:27:30Je suis d'accord.
00:27:32Et il y a encore matière à sécuriser,
00:27:34puisque nous sommes dans un processus qui s'égrène dans le temps,
00:27:37qui va jusqu'à la fin de l'année.
00:27:39Il y a la place pour faire des choses.
00:27:42Il y aura l'étape au Sénat.
00:27:43Je l'ai dit, moi, je serai attentive aux amendements de précision
00:27:46qui viendront sécuriser des dispositifs,
00:27:49qui viendront répondre à des doutes s'il y en a,
00:27:51dans l'esprit des accords.
00:27:54Et j'ai dit une deuxième chose, c'est que ma porte, elle reste ouverte,
00:27:57parce que personne n'est exclu du processus.
00:27:59Moi, je n'exclus personne.
00:28:01Certains se sont auto-exclus de la séquence.
00:28:04Moi, je n'exclus personne.
00:28:05J'ai dit qu'il n'y avait pas de sujet tabou.
00:28:07J'ai dit qu'on pouvait parler.
00:28:09Autodétermination, identité canaque,
00:28:12pacte de refondation économique et sociale,
00:28:15tout est là.
00:28:16Qu'est-ce qui bloque ?
00:28:17Je le demande, je pose la question.
00:28:19L'État est prêt à avancer.
00:28:21Moi, je suis garant d'une méthode et d'un cadre.
00:28:23J'ai cinq forces politiques sur six
00:28:25qui veulent construire.
00:28:27Il en manque une.
00:28:28Je l'appelle à la responsabilité.
00:28:31Pour les Calédoniens.
00:28:33Sur votre deuxième question,
00:28:34j'ai pris connaissance du rapport, évidemment, de la CNCDH.
00:28:38J'observe qu'il est très contesté.
00:28:42Évidemment, les émeutes,
00:28:44elles ont été une séquence dramatique pour le territoire.
00:28:47Très dure, très violente.
00:28:49Il y a encore des cicatrices.
00:28:50Ça, personne ne doit le nier.
00:28:52Mais il est très contesté
00:28:54parce qu'il est assez peu documenté
00:28:56que tout le monde n'a pas été auditionné.
00:28:58La Ligue des droits de l'homme en Nouvelle-Calédonie
00:29:00a été le premier à le dire,
00:29:03à porter un certain nombre de griefs.
00:29:06Et donc, ce n'est pas ce qui s'est passé
00:29:08à l'occasion des émeutes
00:29:09qui doit être nuancé.
00:29:11Il faut regarder les choses en face.
00:29:13En revanche,
00:29:14il faut tirer les bonnes conclusions
00:29:15de ce qui s'est passé.
00:29:16Et les bonnes conclusions de ce qui s'est passé,
00:29:18c'est de se tourner vers l'avenir maintenant.
00:29:19C'est ce que nous demandent les Calédoniens.
00:29:22Quand je me suis déplacée sur place,
00:29:24pas un Calédonien qui m'a dit
00:29:25« dis donc, regardez... »
00:29:26Non.
00:29:28Ce qu'ils m'ont dit, c'est
00:29:29comment on s'en sort ?
00:29:30Qu'est-ce que vous pouvez nous offrir
00:29:31pour qu'on puisse trouver des emplois,
00:29:34pour qu'on puisse avoir des écoles
00:29:36qui fonctionnent,
00:29:37pour qu'on retrouve un sens économique
00:29:39parce que les investisseurs
00:29:40ne veulent plus venir investir
00:29:41dans notre territoire ?
00:29:42Bref, qu'est-ce que vous pouvez nous offrir
00:29:44en termes de perspective ?
00:29:45Tout le monde se projette.
00:29:46Et donc, si tout le monde se projette,
00:29:48nous devons nous projeter
00:29:49avec les Calédoniens
00:29:50et ne pas prendre prétexte
00:29:51de nous retourner derrière
00:29:53pour polémiquer.
00:29:55Si nous devons nous retourner
00:29:56derrière sur ce qui s'est passé,
00:29:58ça doit nous servir pour avancer.
00:30:01À quel moment ?
00:30:02Et où est-ce que ça peut,
00:30:04ça doit se débloquer ?
00:30:05D'abord, vous avez évoqué,
00:30:08sans le citer, le FLNKS.
00:30:10Il y a quelques jours, au Sénat,
00:30:12vous avez appelé finalement
00:30:12à donner une chance
00:30:14à un processus
00:30:14que vous avez qualifié d'imparfait,
00:30:16mais de nécessaire,
00:30:17si on vous entend.
00:30:18Est-ce que ça doit être d'abord
00:30:19un retour à la table du FLNKS ?
00:30:21Est-ce qu'il faut que les parlementaires
00:30:23acceptent de voter ce projet de loi
00:30:27pour permettre une poursuite
00:30:29du processus en Nouvelle-Calédonie ?
00:30:33Et deuxième question,
00:30:34est-ce que c'est tout ou rien ?
00:30:35C'est-à-dire, est-ce que ce projet de loi
00:30:37et puis le Congrès
00:30:39qui devrait ensuite valider tout ça,
00:30:41est-ce que c'est la seule voie
00:30:43d'avancer ?
00:30:45Et donc tout ou rien
00:30:46avec à la fois
00:30:47les avancées institutionnelles,
00:30:49le report des élections provinciales,
00:30:51le dégel du corps électoral.
00:30:52Est-ce qu'il y a un plan B
00:30:53en quelque sorte ?
00:30:54Ou est-ce qu'on doit
00:30:56recommencer à discuter
00:30:57au niveau local, au niveau national ?
00:30:58Et est-ce que vous avez un plan B ?
00:30:59Ou est-ce que sinon,
00:31:00c'est une forme d'impasse ?
00:31:05Alors, moi, je suis totalement lucide
00:31:07sur la situation.
00:31:08Est-ce que Bougival est parfait ?
00:31:10Bougival, Élysée ou Dino,
00:31:11la réponse est non.
00:31:13Mais, je le redis,
00:31:15il n'y a jamais eu d'accord parfait.
00:31:17Les accords historiques
00:31:19que nous citons souvent,
00:31:22Matignon, Oudino,
00:31:23puis Nouméa,
00:31:24n'ont jamais été des accords parfaits.
00:31:26Pourquoi ?
00:31:26Parce que,
00:31:28qu'est-ce que c'est qu'un accord
00:31:29sur l'avenir institutionnel
00:31:30de la Nouvelle-Calédonie ?
00:31:31C'est un compromis.
00:31:33C'est la nécessité
00:31:34d'essayer de faire converger
00:31:35des aspirations contradictoires
00:31:37entre ceux qui veulent l'indépendance
00:31:38et ceux qui veulent le maintien
00:31:39dans la République.
00:31:40Il ne peut pas y avoir
00:31:41de perfection des deux
00:31:44à partir du moment
00:31:45où ce sont deux voies différentes.
00:31:46En revanche,
00:31:47elles peuvent converger
00:31:48sur un certain nombre d'avancées.
00:31:50C'est ce qu'ont permis
00:31:51les accords historiques
00:31:53pour les uns
00:31:54en organisant la paix,
00:31:55pour les autres
00:31:56en essayant d'assurer
00:31:56le rééquilibrage du territoire.
00:31:58Eh bien, Bougival,
00:31:59Élysée ou Dino,
00:32:00c'est autre chose.
00:32:00C'est l'organisation
00:32:01des institutions
00:32:02et c'est le pari
00:32:03de la confiance.
00:32:04Voilà ce que permet
00:32:04ce que permettent ces accords.
00:32:06Certes imparfaits,
00:32:07mais qui s'inscrivent
00:32:09dans l'histoire
00:32:10de ce qu'est
00:32:10la construction
00:32:12de ce territoire.
00:32:13Moi, j'appelle
00:32:14les parlementaires
00:32:15à être à la hauteur
00:32:16de ces défis-là.
00:32:18D'autant plus
00:32:19que,
00:32:20je le dis,
00:32:21je le redis,
00:32:23il n'y a pas d'alternative.
00:32:24Il n'y a pas,
00:32:25aujourd'hui,
00:32:26d'alternative solide,
00:32:28partagée entre les partenaires
00:32:29qui existent.
00:32:31Moi, je ne suis pas là
00:32:33pour dire ce qu'il faut
00:32:35absolument faire.
00:32:36Donc, j'ai consulté,
00:32:37évidemment,
00:32:38les partenaires,
00:32:38les forces politiques
00:32:40sur les contre-propositions
00:32:43à Bougival.
00:32:43Il n'y en a pas.
00:32:45Le FLNKS me dit
00:32:46c'est l'indépendance,
00:32:47l'indépendance,
00:32:47l'indépendance.
00:32:48ça n'est pas un compromis.
00:32:49L'accord de débat
00:32:51dont j'ai parfois
00:32:51entendu parler,
00:32:52qui n'existe pas d'ailleurs,
00:32:53il n'a jamais été écrit,
00:32:54absolument pas consensuel.
00:32:57Alors que Bougival,
00:32:58il faut se servir de ça.
00:33:01Bougival,
00:33:02ça a été un accord
00:33:03qui a réuni
00:33:03à un moment donné
00:33:04six forces politiques
00:33:06sur six,
00:33:07six signataires,
00:33:08dont le FLNKS.
00:33:09Ne l'oublions pas.
00:33:11Avec une photo
00:33:11de famille,
00:33:13historique,
00:33:14il y a eu beaucoup
00:33:15d'émotions de la part
00:33:15des partenaires
00:33:16qui ont signé.
00:33:17Puis le FLNKS
00:33:19s'est dédié
00:33:19de sa signature,
00:33:20ce qui est toujours curieux,
00:33:21mais effectivement,
00:33:22on en est là.
00:33:23Et depuis,
00:33:24il y a tout un travail
00:33:25de discussion
00:33:25qui s'est mis en place.
00:33:27Moi, je suis allée chercher
00:33:28les membres du FLNKS.
00:33:30On leur demande
00:33:30ce qu'ils souhaitaient,
00:33:31la direction,
00:33:32ce qui n'allait plus
00:33:33dans Bougival.
00:33:34Je n'ai pas de réponse.
00:33:36Le FLNKS,
00:33:37il est traversé
00:33:38par une crise interne.
00:33:40Il y a une ligne
00:33:41historique
00:33:42qui veut participer
00:33:43aux discussions
00:33:44pour partie.
00:33:46Moi, j'ai eu
00:33:47affaire à des membres
00:33:48du FLNKS
00:33:48qui ont souhaité
00:33:49venir à Paris
00:33:50discuter à l'invitation
00:33:51du président de la République.
00:33:52Mais il y a une voix
00:33:53plus radicale
00:33:53parce qu'il y a
00:33:54des micro-partis aussi
00:33:54qui l'ont emporté,
00:33:56qui a parlé plus durement.
00:33:58Et puis,
00:33:59comme tout ça
00:33:59n'était pas très clair,
00:34:00finalement,
00:34:00le FLNKS est revenu
00:34:02vers nous en disant
00:34:03« Bon, on ne viendra pas,
00:34:04mais est-ce qu'on peut
00:34:04quand même avoir une visio ? »
00:34:05Vous voyez ?
00:34:06Les lignes,
00:34:07elles sont mouvantes.
00:34:08Et la ligne idéologique
00:34:10aussi.
00:34:12Mais à la place
00:34:13qui est la mienne,
00:34:14je ne peux pas attendre.
00:34:15Je ne peux pas attendre
00:34:16que le FLNKS
00:34:17se structure
00:34:18pour discuter
00:34:19parce que c'est
00:34:20du temps perdu
00:34:20pour les Calédoniens.
00:34:21Voilà pourquoi j'avance.
00:34:22Et je dis en même temps
00:34:23le processus,
00:34:24il est long
00:34:25et le FLNKS peut revenir
00:34:27s'il le souhaite
00:34:27à un moment ce processus.
00:34:30Jannick ?
00:34:31Pardon, moi,
00:34:31je ne suis pas une experte,
00:34:32mais je crois que c'est le cas
00:34:33de beaucoup de Français
00:34:34et de Françaises.
00:34:35Vous avez dit quelque chose,
00:34:36tout ça n'est pas très clair.
00:34:37Je crois que vous visiez
00:34:38le FLNKS,
00:34:39mais est-ce que quand même
00:34:40le vert n'est pas dans la pomme
00:34:41dès le texte gouvernemental,
00:34:44même s'il est passé
00:34:45par un accord de Bougival depuis,
00:34:48à vouloir un en même temps
00:34:49qui est extrêmement compliqué
00:34:51à décrocher
00:34:52entre « on reste dans la République »
00:34:53tout en reconnaissant
00:34:54de double nationalité.
00:34:55Enfin, vous connaissez le texte
00:34:57mieux que pas,
00:34:57mieux que moi,
00:34:58est-ce qu'il n'y a pas
00:34:58une schizophrénie,
00:35:00si je puis dire,
00:35:01qui fait que tout le monde
00:35:04est dans l'impasse
00:35:05et qu'il y a peu d'espoir
00:35:07ou de risque,
00:35:07enfin, je ne sais pas,
00:35:08de voir le texte,
00:35:10quel qu'il soit,
00:35:10voté d'ici la fin
00:35:12de la législature ?
00:35:15Pour moi, la réponse est non
00:35:16parce que...
00:35:19Pour moi, la raison,
00:35:20elle est très simple.
00:35:21Elle n'est pas partagée
00:35:22par tout le monde,
00:35:22mais pour moi,
00:35:23elle est très simple.
00:35:23Le but final,
00:35:26pour moi,
00:35:27ça n'est pas l'indépendance
00:35:29ou le maintien dans la République.
00:35:30Pour moi, le but,
00:35:31c'est le chemin.
00:35:32Le but en Calédonie,
00:35:33c'est toujours le chemin.
00:35:35Tout se construit par un chemin.
00:35:38C'est pour ça qu'on parle beaucoup
00:35:38de ce fameux chemin,
00:35:39mais c'est vrai.
00:35:40La vérité,
00:35:41c'est pas de décrire là,
00:35:42aujourd'hui,
00:35:43qu'on va aller à l'indépendance
00:35:44ou qu'on va rester dans la République.
00:35:47Le but,
00:35:47c'est de structurer des étapes.
00:35:49Et puis,
00:35:49les Calédoniens,
00:35:51qui seront consultés,
00:35:53choisiront.
00:35:54Mais la construction,
00:35:55elle se fait par des étapes successives.
00:35:58C'est ça qui est important
00:35:59de comprendre
00:36:00dans la manière
00:36:01dont cette évolution institutionnelle
00:36:03est si particulière
00:36:04en Nouvelle-Calédonie.
00:36:05Voilà pourquoi
00:36:06il n'y a pas de schizophrénie.
00:36:08C'est pour ça que vous,
00:36:09j'y vais à l'aîné.
00:36:10Vous avez,
00:36:10autour de la table,
00:36:12des loyalistes,
00:36:13des non-indépendantistes,
00:36:15des indépendantistes.
00:36:16Attention,
00:36:17il y a des indépendantistes.
00:36:18C'est l'Unipalika,
00:36:19membre fondateur du FLNKS.
00:36:21Pendant 40 ans,
00:36:23pendant 40 ans,
00:36:24ils ont appartenu au FLNKS.
00:36:25Ils en sont sortis
00:36:26il y a quelques mois,
00:36:26précisément,
00:36:27parce qu'ils ne partageaient pas
00:36:28cette radicalité
00:36:29qui était en train
00:36:30de prendre le dessus
00:36:31dans le FLNKS.
00:36:33Indépendantistes,
00:36:33non-indépendantistes,
00:36:34centristes et progressistes.
00:36:36Et tous ces gens
00:36:37ont réussi
00:36:38à construire
00:36:38un accord de compromis.
00:36:41Et il faut
00:36:42que les parlementaires
00:36:44l'entendent.
00:36:46Et il ne faut pas
00:36:47qu'ils viennent déstructurer
00:36:48ce compromis
00:36:49si difficile
00:36:50et si fragile.
00:36:51Je comprends
00:36:52les interrogations
00:36:53qui sont celles
00:36:53des députés
00:36:54et des sénateurs.
00:36:54Je suis prête
00:36:55à y répondre.
00:36:56Mais on ne peut pas
00:36:57faire comme si
00:36:58il n'y avait pas
00:36:59ce compromis
00:36:59qui existait.
00:37:01Quant à l'absence
00:37:02du FLNKS,
00:37:04c'est la politique
00:37:05de la chaise vide.
00:37:07Alors,
00:37:08moi,
00:37:08je ne peux pas faire
00:37:08à leur place.
00:37:10Je peux les appeler
00:37:10à la responsabilité.
00:37:12Je peux leur dire
00:37:12encore une fois
00:37:13que ma porte
00:37:14reste ouverte.
00:37:15la chaise
00:37:16est toujours là,
00:37:17vide,
00:37:18mais ils peuvent
00:37:19venir l'occuper
00:37:20s'ils le souhaitent.
00:37:21Mais en attendant,
00:37:23mon rôle,
00:37:24c'est d'offrir
00:37:25des solutions concrètes
00:37:27aux Calédoniens
00:37:28qui sont en souffrance.
00:37:30En souffrance.
00:37:32Marie-Claude.
00:37:33Marie-Claude.
00:37:34Donc,
00:37:34bonjour,
00:37:35Madame la Ministre.
00:37:35Effectivement,
00:37:36ils sont en souffrance.
00:37:37Je connais bien
00:37:37ce territoire.
00:37:39La semaine prochaine
00:37:40arrive donc le texte
00:37:41au Sénat.
00:37:42Il semble que ce soit
00:37:44plus modéré
00:37:45qu'ici à l'Assemblée nationale.
00:37:47Hier,
00:37:47il y avait la conférence
00:37:48de presse du FNQS
00:37:49qui reste sur des positions
00:37:50très, très compliquées
00:37:52et le compromis,
00:37:53ils ne le voient pas arriver.
00:37:54Ils n'ont pas vraiment
00:37:55de date.
00:37:55Ils n'ont pas vraiment
00:37:57de date
00:37:57sur les prochaines
00:37:59élections provinciales.
00:38:00Il y a en amont,
00:38:02on en parlait tout à l'heure,
00:38:03les élections municipales.
00:38:05Ils sont très, très
00:38:06à la manœuvre
00:38:07en ce moment.
00:38:08Donc,
00:38:08est-ce que si
00:38:10les municipales
00:38:11se passent bien
00:38:12pour le FNQS,
00:38:13ça va changer aussi
00:38:15sur notre territoire
00:38:16métropolitain
00:38:18pour la suite
00:38:20des événements
00:38:21et est-ce qu'il y aura
00:38:22effectivement
00:38:23au congrès de Versailles
00:38:25date du 14 avril
00:38:26qui paraît vraiment
00:38:27très court
00:38:29d'opportunité ?
00:38:32Alors,
00:38:33je ne peux évidemment
00:38:33pas parler
00:38:34au nom du FNQS.
00:38:35Est-ce que
00:38:36les élections municipales
00:38:38changeraient
00:38:39quoi que ce soit ?
00:38:40C'est à eux
00:38:41qu'il faudra poser
00:38:42la question.
00:38:44Ce qui est certain,
00:38:45c'est que
00:38:45s'il y a une chance
00:38:47pour que le processus
00:38:49aboutisse,
00:38:49alors il faut saisir
00:38:50cette chance.
00:38:51C'est pour ça
00:38:52que je prends les choses
00:38:53les unes après les autres.
00:38:54La séquence Sénat
00:38:56dès la semaine prochaine,
00:38:57moi je continue
00:38:58la discussion
00:38:58avec l'ensemble
00:38:59des groupes
00:39:00au Sénat.
00:39:01Je le fais également
00:39:02avec les responsables
00:39:03des partis
00:39:04des représentations politiques
00:39:05à l'Assemblée nationale
00:39:07pour faire la pédagogie,
00:39:09pour expliciter
00:39:09la trajectoire.
00:39:11Et c'est le Parlement
00:39:12à la fin
00:39:12qui sera souverain.
00:39:13Le Sénat
00:39:14se prononcera
00:39:14la semaine prochaine,
00:39:15l'Assemblée nationale
00:39:16à partir du mois d'avril
00:39:19et j'espère
00:39:19qu'ils seront
00:39:20à la hauteur
00:39:21des questions
00:39:22que nous sommes
00:39:22en train de débattre.
00:39:24Nous avons vu
00:39:25qu'il y a un certain nombre
00:39:26de...
00:39:27Il y a une délégation
00:39:28du FLN-Gaes
00:39:29qui est à Paris
00:39:30qu'on a vue
00:39:31hier ou avant-hier.
00:39:33Et eux disent
00:39:35nous on veut être invités
00:39:37d'après ce que j'ai compris.
00:39:39Et donc vous vous dites
00:39:40ma porte est ouverte.
00:39:41Donc à un moment
00:39:41est-ce que vous continuez
00:39:43à avoir des contacts
00:39:43avec eux ?
00:39:44Est-ce que vous discutez
00:39:44avec eux ?
00:39:45Et est-ce qu'il n'y a pas
00:39:46moyen de trouver
00:39:46une façon d'avancer ?
00:39:50Alors,
00:39:51je discute avec eux
00:39:52depuis le départ.
00:39:55Assez vite,
00:39:55il y a quatre mois
00:39:56quand je suis arrivée
00:39:56au ministère,
00:39:58je me suis déplacée
00:39:59en Calédonie
00:39:59très vite.
00:40:01J'ai demandé
00:40:01à les rencontrer
00:40:03eux ne souhaitent
00:40:04que des discussions
00:40:05bilatérales,
00:40:05je l'ai acceptée
00:40:07et j'ai été
00:40:08dans la sincérité
00:40:09et dans la transparence
00:40:10avec toutes les délégations
00:40:12que j'ai reçues
00:40:12parce que je n'ai pas toujours
00:40:13vu les mêmes personnes
00:40:14par ailleurs.
00:40:15Je leur ai dit
00:40:16très bien,
00:40:17je comprends
00:40:17que vous ne vouliez pas
00:40:18participer à des plénières
00:40:19c'est-à-dire discuter
00:40:19avec les autres forces politiques,
00:40:21moi je vais vous rendre compte
00:40:22de ce qui se dit
00:40:22dans l'autre cénacle
00:40:23pour que vous soyez
00:40:24au même niveau d'information
00:40:25pour qu'on puisse avancer ensemble.
00:40:27J'ai mené l'exercice
00:40:28jusqu'au bout,
00:40:29jusqu'au bout.
00:40:30Et c'est là
00:40:31où ça se complique,
00:40:32c'est que d'abord
00:40:32je n'avais pas toujours
00:40:33les mêmes interlocuteurs
00:40:34en face de moi,
00:40:35ensuite quand j'ai demandé
00:40:36très concrètement
00:40:38qu'est-ce que vous voulez,
00:40:39où vous souhaitez aller,
00:40:41tantôt c'était
00:40:42l'accord Kaniaki,
00:40:43tantôt l'Eva,
00:40:43tantôt l'indépendance,
00:40:44tantôt un bougival amélioré.
00:40:47Je l'ai entendu,
00:40:48un bougival amélioré.
00:40:50Donc les choses
00:40:51n'étaient pas stabilisées.
00:40:52Je ne sais pas
00:40:53si elles le sont davantage
00:40:53aujourd'hui
00:40:54avec la nomination
00:40:55d'Emmanuel Djibaou,
00:40:56je l'espère.
00:40:58je voudrais que ce soit
00:40:59un signal positif.
00:41:00J'ai demandé
00:41:01à rencontrer la délégation
00:41:03qui est à Paris,
00:41:04je n'ai pas de nouvelles.
00:41:05Je ne peux pas
00:41:06le dire autrement
00:41:06que ma porte est ouverte
00:41:09et que le ministère
00:41:11leur est ouvert.
00:41:12Je rencontre tout le monde,
00:41:14je le fais depuis le début.
00:41:17Évidemment que je souhaite
00:41:19poursuivre la discussion
00:41:20avec ceux qui ne sont pas là
00:41:21pour essayer
00:41:22de débloquer la situation.
00:41:24Mais je ne peux pas
00:41:25aller les chercher
00:41:26de gré et de force.
00:41:29Madame la ministre,
00:41:30à vous entendre
00:41:31de me dire
00:41:31si je traduis bien
00:41:32votre pensée.
00:41:33Finalement,
00:41:34s'il y a un échec,
00:41:35je dis bien,
00:41:35s'il y a un échec
00:41:36du processus,
00:41:37il incomberait
00:41:37à qui ?
00:41:39Au Parlement
00:41:39et au FLNKS
00:41:41ou pas ?
00:41:43Et donc,
00:41:44le gouvernement
00:41:44n'a aucune part
00:41:46de responsabilité
00:41:47dans cette...
00:41:49Alors,
00:41:50moi,
00:41:50mon objectif,
00:41:51c'est pas de faire
00:41:51porter le chapeau
00:41:52à qui que ce soit.
00:41:54J'en appelle à la responsabilité
00:41:55des parlementaires
00:41:55parce que c'est un moment important.
00:41:57Je pense que ce sera
00:41:58un moment de vérité,
00:41:59ces débats à l'Assemblée nationale.
00:42:00Oui,
00:42:01chacun devra se positionner
00:42:02si oui ou non
00:42:03il souhaite offrir une chance
00:42:04à un processus
00:42:05qui donne de la perspective
00:42:06aux Calédoniens.
00:42:07Et s'il ne le souhaite pas,
00:42:08alors dans ce cas-là,
00:42:09quelle est l'alternative ?
00:42:10Le néant ?
00:42:10Le vide ?
00:42:11Il faudra l'assumer.
00:42:12Mais chacun,
00:42:13l'État,
00:42:13devra assumer
00:42:14ce qu'il aura fait.
00:42:15je devrais assumer
00:42:17le processus,
00:42:18le cadre,
00:42:18la méthode,
00:42:20mais les parlementaires aussi
00:42:21puisque c'est à eux
00:42:22que revient le mot final.
00:42:24Soit par le vote,
00:42:26soit,
00:42:26si j'entends bien,
00:42:27par une potentielle obstruction
00:42:30qui ne permettrait pas
00:42:31d'aller au vote.
00:42:31Et alors ça,
00:42:32ce serait un scandale.
00:42:33Un scandale
00:42:34sur un projet de loi constitutionnel
00:42:36qui concerne la Calédonie
00:42:37de ne pas permettre
00:42:38l'expression démocratique
00:42:40alors que nous sommes attendus
00:42:41par près de 300 000 personnes
00:42:43pour qui, pardon,
00:42:44mais c'est du concret,
00:42:45c'est de la vie quotidienne.
00:42:46Ce serait scandaleux.
00:42:48La Calédonie
00:42:49n'a jamais été
00:42:50un dossier
00:42:53parisianisé,
00:42:54nationalisé.
00:42:55Jamais.
00:42:56Ça, ça a été,
00:42:57j'ai envie de dire,
00:42:58la hauteur de vue
00:42:59des responsables politiques
00:43:00qui nous ont précédés.
00:43:03Ah ben très clairement,
00:43:05oui.
00:43:05Par la France insoumise.
00:43:07On parlait en tout début
00:43:08d'interview
00:43:09de la stratégie de conflit,
00:43:10de chaos,
00:43:10de désordre, etc.
00:43:11Elle est là.
00:43:12Elle est là.
00:43:12Qui jette des allumettes
00:43:13aujourd'hui sur le dossier
00:43:15calédonien,
00:43:16parlant de passage en force
00:43:17de l'État,
00:43:18en ravivant les tensions,
00:43:19c'est la France insoumise.
00:43:20C'est une honte.
00:43:22C'est une honte.
00:43:23Encore une fois,
00:43:24parce que c'est un territoire
00:43:25qui est en grande difficulté,
00:43:26parce que oui,
00:43:28oui, il y a des tensions
00:43:29aujourd'hui.
00:43:31et que de mettre une animette
00:43:32pourrait déclencher des choses
00:43:33dont on ne voudrait pas
00:43:34qu'elles reviennent,
00:43:35parce qu'on est passé par là.
00:43:38Et donc,
00:43:39cette stratégie
00:43:40qui consiste à dire
00:43:40de jouer le va-tout
00:43:42pour faire que le texte
00:43:44n'aille pas jusqu'au bout,
00:43:45je le dis,
00:43:46moi,
00:43:46je le dénoncerai
00:43:48vivement.
00:43:49Patrick,
00:43:50à nouveau ?
00:43:50Oui,
00:43:50juste un petit point
00:43:51pour clarifier
00:43:52une question
00:43:53qui a été évoquée
00:43:54par le groupe social,
00:43:56enfin,
00:43:56par les parlementaires socialistes
00:43:57dans leur tribune.
00:44:00Est-ce que
00:44:00le volet économique
00:44:02concernant la Nouvelle-Calédonie,
00:44:04qui a fait l'objet
00:44:05d'un relevé de conclusions,
00:44:06il disait oublié nous,
00:44:08est subordonné
00:44:09à l'adoption
00:44:12du projet de loi constitutionnel
00:44:14sur l'avenir institutionnel ?
00:44:16Merci de me donner
00:44:17l'occasion
00:44:17de reclarifier ce point,
00:44:19puisque c'est une fake news
00:44:20qui persiste.
00:44:21Enfin,
00:44:22j'ai l'habitude,
00:44:22j'ai été rapporteur
00:44:23de la loi sur la lutte
00:44:24contre la manipulation
00:44:25de l'information.
00:44:26Une fausse information
00:44:27circule six fois plus vite
00:44:29qu'une vraie.
00:44:30Donc il faut probablement
00:44:31que je le dise six fois plus.
00:44:32C'est faux.
00:44:33Mais c'est faux,
00:44:34d'abord.
00:44:35Moi,
00:44:36j'ai porté des amendements.
00:44:37Au moment de la mission
00:44:38outre-mer au Sénat,
00:44:40c'était au mois de décembre.
00:44:41Près d'un demi-milliard
00:44:43d'euros d'investissement
00:44:44de l'État
00:44:44sur l'économie,
00:44:46sur le nickel,
00:44:46sur les jeunes
00:44:47qui ont été adoptés
00:44:49et dont nous avons dit
00:44:50qu'ils étaient repris
00:44:51dans le projet de loi de finances.
00:44:52C'était en décembre.
00:44:53En décembre,
00:44:54le président n'avait invité
00:44:55encore personne,
00:44:55ne savait même pas
00:44:56qu'il inviterait
00:44:57les partenaires calédoniens.
00:44:58Il n'y avait aucun accord politique.
00:45:00Mais il y avait
00:45:01un engagement pris
00:45:02par voie d'amendement
00:45:03repris au projet de loi de finances,
00:45:04donc totalement indépendant du reste.
00:45:07Le protocole financier,
00:45:08ensuite,
00:45:08que nous avons négocié
00:45:09au mois de janvier,
00:45:10avec cinq forces politiques
00:45:12sur six,
00:45:13le protocole financier
00:45:14est un protocole financier.
00:45:16Nous ne l'avons pas intégré,
00:45:17on aurait pu,
00:45:18à l'accord Élysée-Odino,
00:45:21précisément pour montrer
00:45:21que tout ça a été indépendant.
00:45:23L'État prend ses responsabilités.
00:45:25J'ai dit que nous n'abandonnerions
00:45:27pas la Nouvelle-Calédonie.
00:45:29Compte tenu de la situation
00:45:30économique désastreuse,
00:45:32il y a besoin
00:45:33d'un soutien économique,
00:45:34il sera au rendez-vous.
00:45:36Un milliard d'euros
00:45:37du protocole financier
00:45:38que j'ai signé
00:45:39pour 2026,
00:45:41l'engagement sera tenu.
00:45:42Le Premier ministre
00:45:43aura l'occasion de le dire
00:45:44et de le préciser
00:45:45en discussion générale au Sénat,
00:45:47puisqu'il sera présent mardi
00:45:49dans cette discussion générale
00:45:50avant l'examen
00:45:51du projet de loi constitutionnel.
00:45:53Ce protocole financier,
00:45:55il a vocation
00:45:56à se concrétiser
00:45:58indépendamment
00:45:59du reste
00:46:00du processus politique.
00:46:04Il y a d'autres processus
00:46:05institutionnels
00:46:06qui concernent
00:46:06les Outre-mer.
00:46:07Il y a une discussion
00:46:08qui a été engagée
00:46:09avec la Martinique,
00:46:11la Guadeloupe,
00:46:12la Guyane,
00:46:12qui sont des territoires
00:46:13qui, par ailleurs,
00:46:14ont chacun des enjeux,
00:46:16des défis,
00:46:16des difficultés particulières.
00:46:18On y reviendra peut-être.
00:46:19Pour ces territoires-là
00:46:21et les évolutions
00:46:22institutionnelles envisagées,
00:46:23est-ce qu'à ce stade,
00:46:24en tout cas,
00:46:24vous êtes,
00:46:25comment dire,
00:46:26plus optimiste peut-être,
00:46:28plus confiante
00:46:28qu'en ce qui concerne
00:46:30la Nouvelle-Calédonie
00:46:31où on le voit bien,
00:46:31les difficultés
00:46:32sont nombreuses
00:46:33pour aboutir ?
00:46:36Nous sommes au travail
00:46:37sur ces groupes
00:46:38d'évolution institutionnelle
00:46:40mission qu'a confié
00:46:41le président de la République
00:46:41pour trois territoires,
00:46:42la Martinique,
00:46:43la Guadeloupe
00:46:44et la Guyane.
00:46:45nous avons fait
00:46:46le constat commun
00:46:48qu'il y avait
00:46:48des projets politiques
00:46:49très avancés,
00:46:51très structurés,
00:46:52d'aller vers
00:46:53un pouvoir normatif
00:46:56étendu
00:46:57pour chacun d'entre eux.
00:46:58Le président de la République
00:46:59a souhaité
00:47:00qu'on accompagne
00:47:01ces initiatives
00:47:03territoriales
00:47:03très fortes.
00:47:05Pour la Martinique
00:47:06et pour la Guadeloupe,
00:47:07j'ai entamé
00:47:08les discussions.
00:47:08Nous avons tenu
00:47:09des réunions
00:47:10avec le président
00:47:11Les Chimis,
00:47:11nous travaillons
00:47:12à un projet
00:47:13d'accord cadre
00:47:14pour faire avancer
00:47:15la discussion.
00:47:17De la même manière
00:47:18qu'avec les présidents
00:47:18Chalus et L'Osbar,
00:47:21nous avons tenu
00:47:22deux réunions
00:47:23et nous entamons
00:47:24les discussions
00:47:25de fond
00:47:25sur des thématiques.
00:47:26Nous l'avons fait,
00:47:27par exemple,
00:47:27sur le statut européen
00:47:29du territoire,
00:47:30là aussi,
00:47:31pour nous projeter.
00:47:33Donc, effectivement,
00:47:34vous voyez,
00:47:34les choses
00:47:35commencent à avancer.
00:47:36La Guyane
00:47:37est un cas particulier
00:47:38dans la mesure
00:47:39où le président Serville
00:47:41bloque aujourd'hui.
00:47:43Alors,
00:47:44je lui ai redis,
00:47:45un peu comme pour la Calédonique,
00:47:46ma porte restait ouverte.
00:47:48Vous voyez,
00:47:48c'est une porte large.
00:47:49La porte reste ouverte.
00:47:50Je suis prête
00:47:51à engager ce travail.
00:47:53Je l'ai fait pour la Martinique
00:47:54et là, au Guadeloupe.
00:47:55Pas de raison
00:47:55que je ne le fasse pas
00:47:55pour la Guyane.
00:47:57Le président Serville
00:47:58souhaite en préalable
00:48:00voir le président
00:48:01de la République
00:48:02qui n'a pas souhaité voir
00:48:03quand il avait été invité
00:48:05en juillet
00:48:06dernier.
00:48:08En tout cas,
00:48:09il n'y a pas de blocage
00:48:10de notre côté.
00:48:12Pour la Guyane,
00:48:13en particulier,
00:48:13il y a des questions
00:48:14et des enjeux
00:48:15autour des hydrocarbures,
00:48:16de leur paillage,
00:48:17etc.
00:48:17Ça fait partie
00:48:17des discussions.
00:48:18Vous pensez que ça peut
00:48:19contribuer à débloquer
00:48:20si vous avancez
00:48:20sur ces sujets-là ?
00:48:23Je le souhaite,
00:48:23en tout cas,
00:48:24parce que la volonté
00:48:25qui est la mienne,
00:48:25la volonté du gouvernement,
00:48:26c'est d'avancer.
00:48:27Vous avez évoqué
00:48:28la question des hydrocarbures.
00:48:30Il y a un arbitrage
00:48:31qui a été donné.
00:48:32En revanche,
00:48:33les Guyanais
00:48:33attendent de nous
00:48:34qu'on puisse
00:48:34les accompagner
00:48:35dans le développement
00:48:36des autres ressources
00:48:37du territoire.
00:48:38Il y a son nombreuse.
00:48:39L'or,
00:48:40la pêche,
00:48:41le bois,
00:48:42notamment.
00:48:43Et donc,
00:48:43avec Monique Barbu,
00:48:44nous y travaillons.
00:48:45Travaillons un plan
00:48:46de développement
00:48:46qui permet d'aller
00:48:47plus loin
00:48:48en matière
00:48:48d'orpaillage légal,
00:48:50qui permet d'aller
00:48:50plus loin
00:48:51pour permettre
00:48:51de débloquer
00:48:52un certain nombre
00:48:53de réglementations strictes
00:48:54dans l'exploitation
00:48:55du bois.
00:48:56C'est un travail
00:48:57qui est en cours,
00:48:57qui est très concret.
00:48:58Nous souhaitons pouvoir
00:48:59avancer d'ici l'été
00:49:00pour offrir
00:49:01ces perspectives aux Guyanais.
00:49:02On a pu entendre
00:49:03ces derniers jours
00:49:04des reportages
00:49:05assez édifiants
00:49:06sur France Info,
00:49:07en l'occurrence
00:49:07concernant la Guadeloupe
00:49:09avec le taux d'homicide,
00:49:10le narcotrafic,
00:49:10etc.
00:49:12Narcotrafic est un enjeu
00:49:13pour ces territoires-là
00:49:14aussi,
00:49:15sur lesquels
00:49:15le président de la République
00:49:16a insisté,
00:49:17justement.
00:49:19Est-ce que l'État,
00:49:19en la matière,
00:49:20est à la hauteur
00:49:21de la situation ?
00:49:22On sait qu'il y a
00:49:23beaucoup de choses
00:49:24qui sont engagées,
00:49:27voies d'engagement
00:49:28pour Marseille.
00:49:28Est-ce que,
00:49:29pour ces territoires-là aussi,
00:49:32vous avez l'assurance
00:49:33aujourd'hui
00:49:33d'avoir les moyens
00:49:34pour lutter
00:49:35contre le narcotrafic
00:49:37en particulier
00:49:37et toutes ces conséquences
00:49:39en termes d'homicide
00:49:40avec souvent
00:49:40des très jeunes
00:49:41d'ailleurs
00:49:41qui sont impliqués ?
00:49:44Alors,
00:49:44quand j'ai été
00:49:45nommée ministre,
00:49:46il y avait cette feuille
00:49:47de route présidentielle
00:49:47de lutte contre le narcotrafic,
00:49:49mais elle était très hexagonale.
00:49:50Et on ne parlait
00:49:51quasiment que de Marseille.
00:49:54Moi, j'ai dit,
00:49:55attention,
00:49:56les Outre-mer
00:49:56sont aux avant-postes
00:49:58de la lutte
00:49:58contre le narcotrafic.
00:49:59Je veux dire,
00:49:59les voies de passage
00:50:02de la cocaïne
00:50:03en particulier,
00:50:04ce sont les Outre-mer.
00:50:06Les saisies,
00:50:06aujourd'hui,
00:50:07de drogues massives,
00:50:08on parle de tonnes,
00:50:09elles se font
00:50:10dans les routes
00:50:11maritimes
00:50:12qui jouxtent
00:50:13nos territoires ultramarins.
00:50:14Et donc,
00:50:15il ne peut pas y avoir
00:50:16de feuille de route
00:50:17de lutte contre le narcotrafic
00:50:18sans les Outre-mer.
00:50:20Et donc,
00:50:20quand je suis arrivée,
00:50:21j'ai demandé
00:50:21d'être intégrée
00:50:22à cette feuille de route.
00:50:23Les Outre-mer
00:50:24sont intégrées.
00:50:25J'ai pu participer
00:50:26à deux réunions
00:50:26avec les ministres régaliens,
00:50:28avec les ministres
00:50:29de justice intérieure,
00:50:30avec les ministres
00:50:31de la santé aussi.
00:50:32Moi, j'ai fait état
00:50:33de la situation grave.
00:50:34Vous avez raison.
00:50:35On parle des homicides,
00:50:37des narcomicides marseillais.
00:50:39On peut parler
00:50:39de ce qui se passe
00:50:40en Martinique
00:50:41et en Guadeloupe,
00:50:41qui est du même niveau
00:50:43aussi.
00:50:45Et le président
00:50:46de la République,
00:50:46à l'issue,
00:50:47a été très clair.
00:50:48Il y aura
00:50:48un plan Marshall
00:50:49de lutte contre
00:50:50le narcotrafic
00:50:51pour les Antilles
00:50:51et la Guyane.
00:50:53Il faut absolument
00:50:54qu'on change d'échelle.
00:50:55Le président de la République
00:50:56l'a dit lui-même.
00:50:57Donc, il m'a confié
00:50:58l'élaboration
00:50:59de ce plan
00:51:00avec le ministre
00:51:02de l'Intérieur,
00:51:03Laurent Nunez.
00:51:04Nous y travaillons.
00:51:05Nous souhaitons,
00:51:06lui et moi d'ailleurs,
00:51:07nous rendre aux Antilles
00:51:08après les municipales,
00:51:10d'ici avril,
00:51:10d'ici mai,
00:51:11pour commencer
00:51:12à décliner
00:51:14cette feuille de route.
00:51:15Et puis,
00:51:15le président de la République
00:51:16lui-même
00:51:16se saisit du sujet,
00:51:18puisqu'il a annoncé
00:51:20qu'il se rendrait
00:51:21aux Antilles
00:51:21au mois de juillet
00:51:22pour notamment
00:51:23présider la conférence
00:51:25sécurité
00:51:25qui s'y tiendra.
00:51:27Stan ?
00:51:28Je ne crois pas
00:51:29avoir vu
00:51:30dans le programme
00:51:31du gouvernement
00:51:32le projet de loi
00:51:33sur la vie chère
00:51:35qui était
00:51:36un des autres éléments
00:51:37que vous aviez annoncé.
00:51:39Donc,
00:51:39je voulais savoir
00:51:40où on en était
00:51:40sur ce sujet.
00:51:42Le projet de loi
00:51:43de lutte contre
00:51:44la vie chère
00:51:45a passé
00:51:46une première étape.
00:51:47Il a été adopté
00:51:48au Sénat.
00:51:49C'était au mois
00:51:50d'octobre dernier.
00:51:52J'ai dit
00:51:53au Premier ministre
00:51:54qui a fait
00:51:55de ce sujet
00:51:56la priorité
00:51:57des priorités
00:51:58pour les territoires
00:51:59ultramarins.
00:51:59Nous savons bien
00:52:00que c'est un enjeu majeur.
00:52:01J'étais encore
00:52:02sur le marché
00:52:03à Cayenne
00:52:04il y a quelques jours.
00:52:06J'ai vu les prix.
00:52:07J'ai vu les prix.
00:52:08Des tomates,
00:52:09des œufs.
00:52:10Évidemment,
00:52:10tout ça n'est pas acceptable.
00:52:12Donc,
00:52:12il y a un véritable enjeu
00:52:13à avancer.
00:52:14Mais il faut le faire bien.
00:52:16Une fois que le texte
00:52:16a été adopté au Sénat,
00:52:18j'ai dit au Premier ministre
00:52:19que je souhaitais
00:52:21un temps de pause
00:52:22pour retravailler le texte,
00:52:23le muscler encore davantage.
00:52:25Je pense que nous pouvons
00:52:26aller plus loin.
00:52:26J'ai donc demandé
00:52:27à la délégation outre-mer
00:52:29à l'Assemblée nationale
00:52:31de co-construire ce texte,
00:52:33de travailler
00:52:34à des améliorations,
00:52:35à des propositions,
00:52:36à des amendements.
00:52:37D'ailleurs,
00:52:38ils sont à la fin de ce travail.
00:52:39À partir de la semaine prochaine,
00:52:41ils pourront venir
00:52:41m'exposer
00:52:43ce à quoi ils auront travaillé.
00:52:45Nous l'expertiserons
00:52:47pour tenter de faire,
00:52:48je veux dire,
00:52:49accrocher un maximum
00:52:50d'amendements possibles
00:52:51à ce texte.
00:52:52Moi-même,
00:52:53je travaille
00:52:53à d'autres propositions
00:52:55pour en faire un texte
00:52:56qui puisse effectivement
00:52:57concrètement
00:52:58sur le terrain
00:52:58changer les choses.
00:53:00Voilà pourquoi
00:53:01il n'est pas inscrit
00:53:01immédiatement
00:53:02dans le calendrier,
00:53:03mais il est prévu
00:53:04pour l'automne.
00:53:04Donc il sera dans
00:53:05l'autre feuille de route
00:53:07parlementaire
00:53:08de l'autre rentrée
00:53:10à partir du mois de septembre.
00:53:12Mais oui,
00:53:12c'est un enjeu pour nous,
00:53:13c'est un engagement
00:53:14que nous avons pris.
00:53:15Juste,
00:53:15on a quelques questions.
00:53:16Est-ce qu'elle porte encore
00:53:17sur les Outre-mer ou pas ?
00:53:18Oui.
00:53:19Oui,
00:53:19peut-être.
00:53:20Oui,
00:53:20alors allez-y,
00:53:20allez-y.
00:53:21Juste pour revenir
00:53:22sur la séquence budgétaire
00:53:24et se projeter
00:53:25sur l'année prochaine,
00:53:27au moment du vote
00:53:28des motions de censure,
00:53:30la plupart des députés
00:53:31d'Outre-mer
00:53:32ont voté
00:53:33pour la censure
00:53:34du gouvernement.
00:53:35Qu'est-ce qui a été raté
00:53:36dans cette copie budgétaire
00:53:38pour les Outre-mer
00:53:39et qu'est-ce qui peut être changé
00:53:41l'année prochaine
00:53:41pour mieux les prendre en compte
00:53:43et éviter
00:53:43ce que certains ont parlé
00:53:44de casse des Outre-mer ?
00:53:47Je me pose la question
00:53:48de ce qui a été raté
00:53:49et j'ai bien l'impression
00:53:51que le vote
00:53:52de la motion de censure
00:53:53est davantage
00:53:54une posture politique
00:53:55qu'un véritable signal.
00:53:57Pourquoi ?
00:53:59Le budget des Outre-mer
00:54:00est sorti gagnant
00:54:01de la séquence.
00:54:02On a beaucoup parlé
00:54:03de contraintes,
00:54:03de la nécessité
00:54:04de faire des économies,
00:54:05pas sur le dos
00:54:06des Outre-mer
00:54:07puisque entre la copie initiale
00:54:09et la copie finale,
00:54:10c'est un milliard d'euros
00:54:11supplémentaires
00:54:11pour les Outre-mer.
00:54:13C'est massif.
00:54:13Il reste évidemment
00:54:14encore à faire
00:54:15dans beaucoup de domaines.
00:54:17Enfin, les chiffres sont là.
00:54:18Un milliard d'euros supplémentaires.
00:54:20On a parlé du soutien
00:54:21à la Calédonie,
00:54:22on parle évidemment
00:54:23de la reconstruction
00:54:24pour Mayotte,
00:54:25mais il y a aussi
00:54:26des financements injectés
00:54:28pour la protection sociale,
00:54:29pour la santé
00:54:30dans les territoires,
00:54:32la reconstruction
00:54:33des écoles en Guyane,
00:54:34ce sont des sujets majeurs.
00:54:36Donc, évidemment,
00:54:38les ultramarins
00:54:39qui sont dans une opposition
00:54:41féroce et acharnée
00:54:43au gouvernement ont voté
00:54:44en grande partie,
00:54:46pas tous,
00:54:46mais en très grande partie
00:54:47la censure,
00:54:48mais ça ne m'empêche pas
00:54:50de continuer
00:54:50à travailler avec eux,
00:54:52de leur faire des propositions
00:54:53puis d'essayer
00:54:54de les convaincre
00:54:55qu'on peut être
00:54:55largement utile
00:54:57pour la suite
00:54:57si on dépasse
00:54:59les postures politiques.
00:55:01Jean-Michel.
00:55:02Bonjour.
00:55:03À propos de dépasser
00:55:05les postures,
00:55:06bon, votre territoire,
00:55:08c'est immense,
00:55:09vous êtes dans tous les océans,
00:55:13alors j'emploie ce mot-là
00:55:14exprès,
00:55:15parce qu'est-ce qui peut
00:55:16structurer l'action
00:55:17d'un gouvernement,
00:55:19d'un exécutif,
00:55:20au-delà de votre présence
00:55:21momentanée en ministère ?
00:55:24Est-ce que ce n'est pas
00:55:25une diplomatie de l'eau ?
00:55:27Est-ce que le Sénat,
00:55:28par exemple,
00:55:28ce matin, je crois,
00:55:30parle des filières
00:55:30d'avenir d'outre-mer,
00:55:31mais sous la casquette
00:55:33l'économie bleue ?
00:55:35Donc,
00:55:35est-ce que ce n'est pas
00:55:36un élément
00:55:37qui existe
00:55:38dans votre réflexion ?
00:55:39Est-ce qu'il y a
00:55:39quelqu'un au cabinet
00:55:40chez vous
00:55:41qui réfléchit
00:55:42à synthétiser
00:55:44la présence
00:55:45de la France
00:55:46sous cette forme-là ?
00:55:48Mais oui, absolument,
00:55:49nous y réfléchissons.
00:55:50L'économie bleue
00:55:52fait partie
00:55:52des sujets
00:55:54majeurs,
00:55:55majeurs
00:55:56pour l'avenir
00:55:57de ces territoires
00:55:57et donc pour l'avenir
00:55:58de la France
00:55:58en général,
00:55:59mais plus largement
00:56:00que ça,
00:56:00plus globalement,
00:56:01vous avez raison de dire
00:56:02que c'est la question
00:56:03de la place des Outre-mer
00:56:03en réalité,
00:56:04dans la nation,
00:56:05de qu'est-ce qu'on veut
00:56:06en faire ?
00:56:08Qui est le fil conducteur
00:56:09de ce que doit être
00:56:10ensuite la stratégie ?
00:56:13Les Outre-mer,
00:56:14le ministère des Outre-mer,
00:56:15moi je le dis
00:56:16depuis le début,
00:56:17parce que le discours
00:56:17il est important
00:56:18dans le message qu'on porte,
00:56:19n'est pas un ministère
00:56:20social ou un ministère
00:56:21de compensation,
00:56:22c'est un ministère
00:56:22de souveraineté,
00:56:24de souveraineté.
00:56:25Et ce qui se passe
00:56:25dans le monde
00:56:26nous le démontre.
00:56:28Le retour des puissances,
00:56:29de la domination,
00:56:31on voit bien ce que font
00:56:31les États-Unis,
00:56:32les Américains.
00:56:34la France a la position
00:56:35qu'elle a dans le monde
00:56:36par ses Outre-mer.
00:56:37C'est pas la France hexagonale,
00:56:39petit pays hexagonal,
00:56:40pardon,
00:56:41continentale,
00:56:42qui fait le poids.
00:56:43C'est la présence
00:56:44dans les trois océans.
00:56:46Deuxième puissance maritime
00:56:47au monde.
00:56:49Mais qu'est-ce qu'on en fait ?
00:56:51Il faut en faire
00:56:52un élément de souveraineté.
00:56:53Mais ça veut dire
00:56:54des investissements.
00:56:55Et Catherine Chabot,
00:56:56la ministre de la Mer,
00:56:57nous nous sommes vus
00:56:58pour structurer
00:56:59cette feuille de route
00:57:00sur l'eau
00:57:01et lui donner
00:57:02toute la considération
00:57:03qu'elle mérite.
00:57:04Donc il faut parler
00:57:05de souveraineté.
00:57:06Je pense que pour engager
00:57:07les autres ministères
00:57:08avec nous,
00:57:09c'est comme ça
00:57:09que nous devons le présenter.
00:57:12Pas que par le biais
00:57:13de la gestion de crise
00:57:14ou des urgences.
00:57:15Enfin, je veux dire
00:57:15des crises et des urgences,
00:57:16il y en a sur tous
00:57:17les territoires aujourd'hui.
00:57:18Regardez les crues
00:57:18et les inondations
00:57:19en ce moment.
00:57:21Regardez ce qui se passe
00:57:21en Bretagne.
00:57:22Bon.
00:57:23Donc, en revanche,
00:57:24on a un élément de puissance
00:57:25là dont il faut se saisir.
00:57:26Ça veut dire qu'il faut investir
00:57:28dans nos territoires ultramarins.
00:57:29Cette année, Jalik,
00:57:30il y a un remaniement
00:57:32qui est prévu
00:57:32en fin de semaine.
00:57:33Est-ce que vous pensez
00:57:34être reconduite ?
00:57:35Qu'est-ce que je pense ?
00:57:36Être reconduite
00:57:37comme ministre des Outre-mer.
00:57:39Alors, vous savez,
00:57:41vous savez,
00:57:41j'ai beaucoup...
00:57:42Tous les ultramarins
00:57:43que j'ai rencontrés
00:57:44étaient très inquiets
00:57:45par la situation
00:57:47d'instabilité politique,
00:57:49par le fait
00:57:50de voir se succéder
00:57:51des ministres
00:57:53aux Outre-mer
00:57:54comme ailleurs.
00:57:55Et je les comprends.
00:57:56Je leur ai dit
00:57:56mais gardez-moi dans ce cas.
00:57:58Un peu de stabilité.
00:58:01J'ai rencontré
00:58:01beaucoup de maires
00:58:02à qui j'ai dit
00:58:02mais vous êtes vous-même
00:58:03sur un siège éjectable,
00:58:04vous êtes en pleine campagne.
00:58:05Mais vous travaillez quand même.
00:58:06C'est exactement
00:58:07mon état d'esprit.
00:58:08Moi, je me projette.
00:58:09Je suis là pour proposer des choses.
00:58:11On a parlé
00:58:12de la puissance maritime
00:58:14que représentent ces Outre-mer.
00:58:15Je travaille
00:58:15une feuille de route économique
00:58:16aussi.
00:58:17Je sais que je ne pourrais pas
00:58:18tout faire
00:58:18mais j'ai quelques idées.
00:58:19Je travaille sur un
00:58:19choose Outre-mer.
00:58:21La question économique
00:58:21a été très désertée
00:58:24sur ces territoires.
00:58:25C'est pour ça qu'on en est aussi
00:58:26beaucoup à essayer de voir
00:58:27comment on compense,
00:58:29comment on rattrape
00:58:30le déficit structurel
00:58:31de ces territoires.
00:58:32Il faut une feuille de route économique.
00:58:33Choose Outre-mer.
00:58:34Je prépare un grand forum économique
00:58:36dans lequel on peut renouer
00:58:37la confiance
00:58:38avec le monde des entreprises,
00:58:40avec tous les acteurs,
00:58:41Business France,
00:58:42la BPI,
00:58:42la FD.
00:58:43On a besoin de tout ça.
00:58:43Les fonds européens.
00:58:44Ça aussi,
00:58:45c'est un sujet
00:58:46qui n'était pas structuré.
00:58:47Alors que beaucoup,
00:58:49beaucoup se jouent
00:58:49au niveau européen
00:58:50pour les Outre-mer.
00:58:51Je prépare un agenda.
00:58:53J'irai à Bruxelles
00:58:55dans toutes les réunions
00:58:56qui seront utiles,
00:58:56réunions politiques,
00:58:57bien sûr,
00:58:57mais aussi réunions techniques
00:58:58pour convaincre.
00:59:00Donc il y a des choses
00:59:01à faire.
00:59:02Moi, je suis au travail.
00:59:04Je me veux utile.
00:59:06Tout ça ne dépend pas de moi.
00:59:08Oui, ça faisait encore
00:59:09l'actualité
00:59:10il y a un an environ.
00:59:11Comment ça va à Mayotte ?
00:59:15Oui, j'étais à Mayotte
00:59:16pour les un an
00:59:19du cyclone Chido.
00:59:21J'ai vu un territoire
00:59:22qui était encore
00:59:23en souffrance
00:59:24avec des plaies
00:59:25qui n'étaient pas refermées,
00:59:26mais j'ai vu aussi
00:59:28des choses se faire.
00:59:30J'ai vu l'usine
00:59:32de dessalement,
00:59:32par exemple,
00:59:33pour être très concrète,
00:59:34sortir de terre.
00:59:35La problématique de l'eau
00:59:35étant majeure
00:59:38dans plusieurs territoires
00:59:39ultramarins,
00:59:39mais notamment à Mayotte.
00:59:41J'ai vu la question
00:59:44des déchets
00:59:44qui est là aussi
00:59:45très problématique
00:59:46après le passage
00:59:46du cyclone
00:59:47a avancé.
00:59:48Nous avons pris l'engagement
00:59:49que dans les mois
00:59:49qui arrivent,
00:59:50nous puissions structurer
00:59:51et sortir ces déchets
00:59:54du territoire.
00:59:55Donc, il y a des choses
00:59:57qui avancent
00:59:58et il y a des choses
00:59:59qui sont plus difficiles
01:00:01encore à mettre en oeuvre
01:00:02parce qu'elles relèvent
01:00:03davantage de l'expertise
01:00:05que d'autres choses.
01:00:06Je vous dis ça
01:00:06parce qu'il n'y a pas
01:00:08de sujet de financement
01:00:09aujourd'hui.
01:00:09Ce n'est pas un problème
01:00:10d'argent.
01:00:114 milliards d'euros
01:00:12d'investissement.
01:00:13On a sanctuarisé
01:00:14pour cette année
01:00:14plus de 700 millions
01:00:16d'euros.
01:00:17Sanctuarisé
01:00:17pour Mayotte
01:00:18à la main du préfet.
01:00:20Donc, c'est très concret.
01:00:21Je veux dire,
01:00:22on ne peut pas faire
01:00:22plus concret.
01:00:23J'ai obtenu
01:00:23qu'on puisse avoir
01:00:24un programme dédié
01:00:25cette année,
01:00:25le fameux PIT.
01:00:26Il y a un PIT Mayotte
01:00:28avec de l'argent dédié
01:00:29pour Mayotte
01:00:29que je suis allée chercher
01:00:30dans tous les ministères.
01:00:31Je suis allée,
01:00:32ministère, panique, ministère,
01:00:33récupérer les fonds
01:00:34pour les sanctuariser
01:00:35pour Mayotte
01:00:35et c'est à la main du préfet.
01:00:37Donc, c'est directement
01:00:37fléché vers les projets.
01:00:39L'argent est là.
01:00:40Il y a des projets.
01:00:41Maintenant, il faut
01:00:41accompagner le territoire
01:00:42en termes d'ingénierie,
01:00:45notamment.
01:00:46Je prends le cas des écoles.
01:00:47Il y a des maires
01:00:48qui veulent construire des écoles
01:00:49mais qui n'ont pas toujours
01:00:49la capacité de faire.
01:00:51Il y a un établissement public
01:00:52qu'on a mis en place
01:00:53sur place.
01:00:55Quand j'y suis allée,
01:00:56j'ai signé des conventions
01:00:56avec ces maires.
01:00:57On va les accompagner
01:00:58pour construire ces écoles.
01:01:00Voilà.
01:01:00Donc, il faut être très pragmatique.
01:01:01Il y a le comité de suivi
01:01:03qu'a voulu la loi,
01:01:04le comité de suivi parlementaire
01:01:06qui sera présidé
01:01:07par le ministre sénateur
01:01:09Mohamed Soaïli,
01:01:12Tani Mohamed Soaïli.
01:01:14Comité de suivi
01:01:15dont on va se servir
01:01:16justement pour suivre
01:01:17au plus près
01:01:18l'évolution de cette reconstruction.
01:01:20Elle ne sera pas facile.
01:01:22Prendre un peu de temps.
01:01:23Mais nous sommes engagés.
01:01:25C'est la promesse
01:01:26qu'on a faite aux Mahorais.
01:01:27Donc, moi, j'ai toujours
01:01:28un oeil très vigilant
01:01:29sur ce qui s'y passe.
01:01:31Il nous reste
01:01:32dix petites minutes,
01:01:33un peu moins même,
01:01:33parce qu'il faut qu'on vous libère
01:01:34à 12h30
01:01:35pour évoquer peut-être
01:01:36les échéances électorales,
01:01:38notamment à venir,
01:01:39à commencer par les municipales
01:01:41qui arrivent.
01:01:42Est-ce que vous considérez
01:01:43que ces élections
01:01:44sont avant tout
01:01:44des élections locales
01:01:45ou est-ce qu'à moins
01:01:46d'un an et demi
01:01:46de la présidentielle,
01:01:47il y aura aussi forcément
01:01:48une lecture nationale
01:01:49avec peut-être
01:01:50un impact de l'actualité
01:01:52de ces derniers jours.
01:01:54On sait que pour Horizon,
01:01:55il y a des enjeux.
01:01:56Édouard Philippe au Havre
01:01:57qui a besoin
01:01:58en quelque sorte
01:01:58d'être réélu
01:01:59pour se lancer ensuite
01:02:01dans une campagne
01:02:02plus nationale.
01:02:04Il y a un affrontement
01:02:05à Paris
01:02:05au sein du socle
01:02:06gouvernemental
01:02:07entre Rachida Dati
01:02:08et Pierre-Yves Bournazel.
01:02:10Quelle lecture
01:02:10vous faites
01:02:11de ces élections
01:02:12et qu'est-ce que
01:02:13vous en attendez ?
01:02:15C'est une échéance
01:02:17importante pour nos communes,
01:02:18évidemment,
01:02:18pour la population.
01:02:20Un parti politique,
01:02:21c'est fait pour ça.
01:02:22C'est fait pour investir
01:02:23des candidats
01:02:23et puis aller gagner
01:02:25des élections.
01:02:26Et ces élections
01:02:27de proximité,
01:02:28elles sont importantes,
01:02:29évidemment,
01:02:29parce que les maires
01:02:30sont aussi des porte-voix
01:02:32après des projets politiques
01:02:34que les partis souhaitent
01:02:36porter à la connaissance
01:02:37des Français.
01:02:38Mais je ne mélange
01:02:39pas les choses.
01:02:39Je vais vous dire,
01:02:40on ne se sert pas
01:02:42des élections municipales
01:02:43pour des élections présidentielles.
01:02:45D'abord,
01:02:45ça ne fonctionne
01:02:46plus très bien.
01:02:49Le temps où
01:02:50des maires
01:02:51pouvaient donner
01:02:52des instructions,
01:02:52des directives
01:02:53à la population,
01:02:55c'est un temps révolu.
01:02:57Franchement,
01:02:57l'électorat,
01:02:58il est devenu très liquide.
01:02:59On peut passer
01:02:59d'un bord à l'autre
01:03:00assez rapidement.
01:03:02Il faut bien
01:03:02intégrer le fait
01:03:03qu'on a changé
01:03:04de configuration
01:03:05et de contexte politique
01:03:06aujourd'hui.
01:03:07Ça, c'est la première chose.
01:03:09Deuxième chose,
01:03:11au sein d'Horizon,
01:03:12nous avons fait
01:03:13du maillage territorial
01:03:14et des mers,
01:03:15un élément important.
01:03:16Pas au sens
01:03:17électoraliste du terme,
01:03:18mais parce que
01:03:19nous savons que
01:03:20pour que les choses bougent,
01:03:22pour qu'il y ait
01:03:22des résultats concrets,
01:03:23il faut passer par les mers.
01:03:24Ils sont importants
01:03:26dans le changement quotidien
01:03:29des habitudes,
01:03:30dans les transformations,
01:03:31vous voyez,
01:03:32qu'on souhaite voir porter
01:03:34par la suite.
01:03:35C'est dans ce sens-là
01:03:36pour nous
01:03:36qu'il est important
01:03:37d'investir sur les mers.
01:03:38Et donc,
01:03:38on mènera campagne.
01:03:40On mène campagne.
01:03:41Moi, je le fais
01:03:41dans mon département
01:03:42du Val-d'Oise
01:03:43avec des candidats investis
01:03:44ou avec des candidats
01:03:45dans des listes.
01:03:46Et donc,
01:03:47on porte évidemment
01:03:48ce combat.
01:03:50À Paris,
01:03:51notamment,
01:03:51on sait qu'il y a
01:03:52beaucoup de...
01:03:52Voilà,
01:03:53il y a une configuration
01:03:54politique particulière
01:03:56avec certains considèrent
01:03:57à gauche
01:03:58Sophia Chikirou
01:03:59qui jouerait peut-être
01:04:00la défaite
01:04:01d'Emmanuel Grégoire.
01:04:02Certains qui disent
01:04:05dans le socle
01:04:06gouvernemental
01:04:06que Pierre-Yves Bournazel
01:04:08ne souhaiterait pas
01:04:09forcément la victoire
01:04:10de Rachida Dati
01:04:11lui-même
01:04:11espérant être élu-mère.
01:04:13Est-ce qu'à un moment donné,
01:04:14il faudra que chaque camp
01:04:16et le vôtre en particulier
01:04:18joue la victoire
01:04:19ou est-ce que finalement,
01:04:22on voit bien,
01:04:23le contexte compliqué
01:04:24peut amener peut-être
01:04:25à la victoire
01:04:27de l'autre camp
01:04:27si on n'est pas capable
01:04:29de s'entendre ?
01:04:30J'espère bien
01:04:31qu'on joue la victoire
01:04:32plutôt que la défaite, oui.
01:04:33Mais vraiment,
01:04:35je ne peux pas le dire
01:04:35plus simplement que ça.
01:04:37Donc il est évident,
01:04:38il est évident
01:04:39que si le camp de la droite
01:04:40et du centre
01:04:40n'est pas rassemblé,
01:04:41nous perdons.
01:04:43Voilà.
01:04:45Donc j'espère
01:04:46ne pas voir le mur arriver.
01:04:48Donc j'appelle au rassemblement
01:04:49en ce qui me concerne.
01:04:50Et je demande à chacun
01:04:51de se parler,
01:04:53de se respecter.
01:04:54Je demande à chacun
01:04:55de voir
01:04:56les points de convergence
01:04:57parce qu'ils sont nombreux
01:04:57plutôt que ceux qui opposent.
01:05:00Paris,
01:05:00les Parisiens
01:05:01attendent de l'alternative.
01:05:02Elle existe,
01:05:03elle est là.
01:05:04Soyons suffisamment intelligents
01:05:05pour l'organiser.
01:05:06Donc je continuerai
01:05:07dans les prochains jours
01:05:08et dans la prochaine semaine
01:05:08à tenter,
01:05:10à m'efforcer
01:05:11d'atteindre cet objectif
01:05:12qui n'est pas simple
01:05:13comme la Calédonie.
01:05:14Ça n'est jamais simple,
01:05:14mais il y a toujours une chance.
01:05:16C'est-à-dire au premier tour,
01:05:17chacun joue sa carte,
01:05:18c'est le jeu de la démocratie.
01:05:19C'est parti pour.
01:05:19Et au second tour,
01:05:20on se...
01:05:21Évidemment,
01:05:21il y a des temps de discussion
01:05:23comme avec la Calédonie.
01:05:24Il y a des étapes.
01:05:25La première,
01:05:25effectivement,
01:05:26c'est celle de la campagne.
01:05:27Il y a des candidats,
01:05:28ils ont chacun un projet politique
01:05:30et c'est honorable
01:05:30de le défendre.
01:05:31Pierre-Yves Bournazel
01:05:32a travaillé,
01:05:33c'est quelqu'un d'investi
01:05:33dans Paris,
01:05:34tout comme les Rachida Dati.
01:05:36Ils sont légitimes
01:05:37à aller porter la voix
01:05:38qui est la leur.
01:05:39Et puis,
01:05:40un second tour,
01:05:40effectivement,
01:05:41qu'est-ce qu'on fait ?
01:05:41Là,
01:05:41on s'assoit autour d'une table
01:05:42et on discute.
01:05:43Qu'est-ce qu'on veut pour Paris
01:05:45et qu'est-ce qu'on veut
01:05:45pour la suite ?
01:05:46La réponse à moi
01:05:47me paraît évidente.
01:05:48Et donc,
01:05:49je voudrais que cette évidence,
01:05:50elle gagne tout le monde.
01:05:51Est-ce que ce que vous dites
01:05:52vaut aussi pour l'élection présidentielle ?
01:05:54On voit aujourd'hui,
01:05:55alors tout le monde
01:05:55ne sera pas candidat,
01:05:56mais il y a pléthore
01:05:57d'ambitions,
01:05:58voire de déclarations
01:05:59de candidatures.
01:06:01On sait que le Rassemblement national,
01:06:04en tout cas,
01:06:04en l'état actuel des choses,
01:06:05les sondages ne font pas l'élection,
01:06:06mais il y a de fortes chances
01:06:07d'être présent,
01:06:08quel que soit son candidat,
01:06:09au second tour.
01:06:10Ce qui pose la question
01:06:11de quelle autre force politique
01:06:13sera représentée ?
01:06:14Est-ce qu'il faut que...
01:06:15Alors d'ailleurs,
01:06:16la configuration est difficile
01:06:17à délimiter.
01:06:18pour le bloc central
01:06:19ou le bloc gouvernemental,
01:06:22selon les uns,
01:06:23selon les autres.
01:06:24Est-ce qu'il faut
01:06:24un processus de sélection ?
01:06:25Est-ce que c'est les sondages
01:06:28qui diront celui ou celle
01:06:30qui a le plus de chances
01:06:30d'être présent au second tour
01:06:31et peut-être de l'emporter ?
01:06:33Comment est-ce que vous faites
01:06:35quand, à l'évidence,
01:06:36il y a aujourd'hui
01:06:37trop de candidatures,
01:06:38en tout cas trop de velléité
01:06:39de candidatures
01:06:40pour être sûr
01:06:41d'être présent au second tour ?
01:06:44Écoutez, moi,
01:06:44je voudrais qu'on se fasse peur.
01:06:46Quand je vois la dynamique
01:06:47du Rassemblement national,
01:06:48rapportée par les sondages,
01:06:49quand je vois celle
01:06:50de la France insoumise
01:06:52moins rapportée
01:06:53par les sondages,
01:06:53mais elle existe,
01:06:55il faut qu'on se fasse peur.
01:06:57Clairement,
01:06:58nous n'avons pas le luxe
01:06:59de porter plusieurs candidats
01:07:01à l'élection présidentielle
01:07:02demain,
01:07:03sauf à perdre.
01:07:05Ça, c'est évident.
01:07:07Moi, je porte la candidature
01:07:09d'un candidat naturel,
01:07:12Édouard Philippe.
01:07:14C'est celui qui est
01:07:14le plus en capacité
01:07:16de rassembler,
01:07:16parce que c'est bien ça
01:07:17qui se joue.
01:07:18C'est pas d'aller chercher
01:07:19son camp,
01:07:19ça ne rime à rien,
01:07:21mais c'est d'aller rassembler
01:07:21au-delà.
01:07:22Il est le plus en capacité
01:07:23de rassembler.
01:07:24C'est lui qui aura
01:07:25le projet le plus solide.
01:07:26Ce que beaucoup de Français
01:07:28eux-mêmes confirment,
01:07:30si je regarde un peu
01:07:31les sondages.
01:07:33Est-ce qu'il faudra
01:07:34ou non une primaire ?
01:07:35Je ne sais pas.
01:07:37Je ne sais pas.
01:07:37Je ne l'espère pas.
01:07:38Quand je vois
01:07:38ce que peut produire
01:07:39la primaire,
01:07:41c'est quand même
01:07:41un spectacle
01:07:45jamais très terrible.
01:07:47Voilà,
01:07:48le spectacle donné,
01:07:49bon,
01:07:49c'est aussi,
01:07:50on le sait,
01:07:51des désaccords
01:07:52sur la place publique.
01:07:53Parfois,
01:07:53ça nourrit de la rancœur.
01:07:54Bon,
01:07:55c'est pas l'idéal,
01:07:56cette primaire.
01:07:57Si on peut l'éviter,
01:07:59après,
01:08:00on verra bien.
01:08:01Il faudra que chacun
01:08:02prenne ses responsabilités.
01:08:03Si on arrive effectivement
01:08:03sur la ligne des départs
01:08:05à être 3 à 4,
01:08:07il y aura un sujet.
01:08:08Alors,
01:08:08je préfère que là aussi,
01:08:10on s'assoie autour de la table
01:08:11pour se départager
01:08:13plutôt que de scénariser
01:08:16quelque chose
01:08:16aux yeux des Français
01:08:17qui,
01:08:18encore une fois,
01:08:19on sait ce qu'ont donné
01:08:20les primaires,
01:08:22pas toujours une réussite.
01:08:24Mais je voudrais d'abord
01:08:25qu'on se fasse peur.
01:08:26D'abord.
01:08:28On verra,
01:08:29on aura l'occasion
01:08:29de reparler sans doute
01:08:30et puis en attendant,
01:08:30on verra
01:08:31comment se passent les choses,
01:08:32notamment sur le projet de loi
01:08:34concernant la Nouvelle-Calédonie.
01:08:35Merci beaucoup,
01:08:36Naïma Mouchou,
01:08:37d'avoir accepté
01:08:37notre invitation aujourd'hui.
01:08:38Bon après-midi.
01:08:39Merci.
01:09:10Sous-titrage Société Radio-Canada
01:09:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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