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  • il y a 17 heures
Avec Sarah El Haïry, Haute commissaire à l’enfance, ancienne ministre

Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.

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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-02-22##

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Transcription
00:00Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui
00:19donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:21Ce matin, non, cet après-midi, je reçois Sarah Ellary, haute commissaire à l'enfance et ancienne ministre.
00:29Avec elle, on va parler de la protection des enfants, mais avant d'ouvrir notre conversation, comme chaque semaine, un
00:35engagement.
00:36Et ce matin, et cet après-midi, je vous propose de nous engager contre le travail forcé des enfants.
00:42Pas en cochant la case compassion dans un agenda international pour se donner bonne conscience,
00:46mais en exposant la contradiction d'une économie moderne qui exploite encore 138 millions d'enfants dans le monde.
00:52Des enfants piégés dans des organisations économiques, criminelles, qui organisent leur exploitation.
00:57Dans ces systèmes, le danger n'est pas une métaphore.
01:0053 millions d'enfants y sont soumis.
01:02Des mines, où l'on respire la poussière avant même d'avoir fini de grandir.
01:06Des réseaux d'exploitation sexuelle, où la violence est organisée.
01:10Des activités criminelles, où l'enfant devient une marchandise.
01:13Alors là où la pauvreté est structurelle, là où l'école est inaccessible,
01:17là où la corruption protège les réseaux, là où la guerre brise les familles,
01:20le travail des enfants prospère.
01:22Et oui, il faut poser des questions qui fâchent.
01:25Dans une entreprise qui externalise à l'autre bout du monde,
01:28qui contrôle réellement ce qui se passe au bout de la chaîne ?
01:31Quand une marque impose des prix impossibles et des délais intenables,
01:35qui fabrique la pression ? Qui fabrique l'exploitation ?
01:38Et quand un État sait et ne fait rien, qui sanctionne sa passivité ?
01:42La modernité n'a pas fait reculer la prédation, elle a industrialisé.
01:46Désormais, les enfants ne sont plus seulement exploités dans des chaînes d'approvisionnement,
01:49ils sont aussi captés dans des chaînes numériques.
01:52Recrutement en ligne, menaces, chantage, monétisation.
01:55Même logique, même moteur, le profit.
01:57Même carburant, l'impunité.
01:59On ne supprimera pas le travail des enfants avec des déclarations.
02:02On le supprimera quand le risque deviendra supérieur au bénéfice.
02:06Quand la sanction économique, juridique, réputationnelle deviendra réellement dissuasive.
02:10Contre le contrôle, ce sera d'être théorique.
02:13Quand la traçabilité deviendra une obligation vérifiable et non un argument marketing.
02:19Et le constat le plus brutal, c'est qu'au rythme actuel, nous n'y arriverons pas.
02:23Pour éliminer le travail des enfants d'ici 2030, il faudrait aller en soi plus vite.
02:27Alors, s'engager contre le travail forcé des enfants,
02:30c'est exiger la responsabilité, celle des États, celle des entreprises et celle des consommateurs,
02:35afin qu'ils cessent d'être les rouages passifs d'un système qui transforme la vulnérabilité en ressources.
02:41Aucun développement économique, aucune transformation numérique ne peut se faire au détriment des droits fondamentaux des enfants.
02:49Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Réus.
02:52Vous écoutez la force de l'engagement sur Sud Radio.
02:54Et cet après-midi, je reçois Sarah Ellary, haute commissaire à l'enfance.
02:58Et nous allons nous engager pour les droits des enfants.
03:01Bonjour Sarah.
03:02Bonjour.
03:03Alors, vous revenez de la sixième conférence mondiale sur l'élimination du travail des enfants à Marrakech.
03:07Et les chiffres, je l'ai dit, ne sont pas un mystère.
03:09138 millions d'enfants sont concernés.
03:1254 millions sont exposés à des travaux dangereux.
03:15Est-ce qu'on est rentré dans une logique de contrainte politique ?
03:21Ou est-ce qu'on est toujours dans une dénonciation morale de ces chiffres ?
03:23En réalité, ces chiffres, si on devait les ramener à la vie de tous les jours,
03:27ça veut dire qu'un enfant sur dix dans le monde est en situation de travail.
03:31C'est-à-dire qu'il n'est pas à l'école, qu'il n'est pas dans un lieu
03:34qui est fait pour lui,
03:35qu'en réalité, on l'exploite.
03:37On exploite son énergie, ses petits muscles,
03:40alors même qu'on devrait lui permettre d'apprendre, de grandir, pour bâtir sa vie.
03:45Un sur dix, c'est partout.
03:47Et pendant longtemps, on a considéré que ce n'était pas chez nous.
03:49C'était chez les autres.
03:51Et que c'était loin.
03:52Trop loin.
03:53Et puis, le seul discours compassionnel suffisait
03:56à dénoncer, à faire des grandes phrases,
03:58en disant que ce n'est pas normal.
04:00La réalité, c'est que, bien sûr, il y en a chez nous aussi.
04:03Il y en a chez nous quand on parle de 15 000 enfants exploités sexuellement
04:06dans les réseaux prostitutionnels.
04:08Il y en a chez nous quand on considère que,
04:10dans l'affaire des enfants du Trocadéro,
04:13c'était des enfants qui étaient exploités par des réseaux
04:15qui les obligeaient à commettre des vols sur l'espace du Trocadéro.
04:21Il y en a chez nous aussi, en réalité.
04:23Et c'est pour ça que la France, pour le coup, je suis heureuse de le dire,
04:27a été un des trois pays, mais très peu de pays européens,
04:31qui sont engagés très fortement dans la lutte contre l'exploitation
04:34des enfants et du travail forcés,
04:36avec l'Allemagne et les Pays-Bas.
04:38Parce que nous, on a le courage de dire,
04:40bien sûr qu'on a des problèmes chez nous,
04:41mais notre responsabilité, c'est de nous regarder,
04:44de nous faire évoluer,
04:45et d'accompagner plus globalement les autres pays.
04:47Comment on fait ?
04:48Simplement, d'abord, en refusant de baisser l'âge obligatoire de la scolarité,
04:52d'accompagner l'évolution des salaires.
04:54Parce que parfois, oui, les enfants travaillent dans certains pays
04:57parce que les parents n'ont pas de quoi les nourrir.
04:59Et donc, ils deviennent aidants.
05:01Quand on refuse, finalement, et vous l'avez dit,
05:04d'accepter que les produits qu'on consomme
05:06viennent d'ailleurs en fermant les yeux,
05:08sur les conditions dans lesquelles c'est fait,
05:10je ne dis pas que le prix ne compte pas dans une décision d'achat.
05:12Mais il n'y a pas que ça.
05:14Il n'y a pas que ça.
05:14Et donc, finalement, comment créer de la transparence ?
05:17J'ai la conviction, en tout cas la plus profonde,
05:19que pour répondre et pour lutter contre cette exploitation
05:22du travail forcé des enfants,
05:24il y a plusieurs clés.
05:25Et ces clés, on en a tous un petit morceau.
05:27D'abord, bien sûr, la condamnation la plus lourde et la plus ferme
05:29de ceux qui en tirent des milliards de profits.
05:33Des milliards, que ce soit dans le monde numérique
05:34ou que ce soit dans le monde physique.
05:36Que nous, consommateurs, on puisse savoir.
05:39On a le droit de savoir ce qui s'y passe.
05:40Et évidemment, d'avoir des petits éléments d'alerte.
05:42Le prix, particulièrement bas, bizarre, en tout cas pas proportionnel.
05:47Mais aussi, dans le fond, l'évolution du dialogue social.
05:51La protection, finalement, oui, des collaborateurs du monde du travail
05:55dans des pays où, parfois, il n'y a pas de modèle de protection sociale.
05:58Et puis, enfin, ce n'est pas anodin,
06:00mais cette conférence mondiale où j'ai eu la chance et l'honneur
06:04de porter la voix de la France,
06:05elle est aussi portée par l'OIT.
06:07Parce que, pour une fois, ce sont aussi des organisations internationales
06:11et là, pour le coup, c'est l'Organisation Internationale du Travail
06:13qui met autour de la table employeurs,
06:16organisations syndicales salariés,
06:17mais aussi les États pour pleinement prendre leurs responsabilités,
06:20mais aussi faire respecter le droit.
06:22Et donc là, on a un rendez-vous historique, je crois.
06:25Soit on recule sur le droit des enfants,
06:26et c'est un risque réel,
06:28en baissant l'âge de la scolarité obligatoire,
06:30en fermant les yeux sur l'exploitation numérique,
06:32en considérant que c'est ailleurs et que c'est virtuel,
06:34ou au contraire, on dit stop.
06:35Et si on dit stop, on sera peut-être, en réalité, au rendez-vous,
06:39de-delà de la prise de conscience,
06:41d'une transformation et du respect du droit des enfants,
06:43dans un monde où nos sociétés vieillissent,
06:46et bien finalement, on ne prend même pas soin
06:47de ceux qui sont déjà là.
06:48Alors quand même, ce que vous dites est extrêmement important,
06:52tout ce que vous dénoncez, bien sûr, je le partage,
06:54mais vous dites aussi que le point d'alerte,
06:57c'est la vitesse à laquelle on va réussir à le faire.
07:00Il faudrait, au rythme actuel,
07:03aller 11 fois plus vite,
07:04c'est vous qui l'avez signalé.
07:06On se voit, ça signifie quoi concrètement ?
07:08De mettre en place plus de contrôle,
07:10des vraies sanctions commerciales ?
07:12Une responsabilité juridique renforcée pour les multinationales ?
07:15On est capable de le faire ?
07:17C'est une histoire de volonté, bien sûr qu'on est capable de le faire.
07:20Et en réalité, on est capable de le faire
07:21parce que ce qui est un objet de prédation pour les enfants
07:24est aussi un accélérateur.
07:26Le numérique, ces nouvelles technologies
07:28qui permettent de contrôler et d'analyser
07:29des millions d'informations et de données
07:32en quelques secondes.
07:34Pourquoi ce numérique ne sert pas finalement
07:36une économie plus protectrice,
07:38à minima des droits ?
07:39Alors même qu'aujourd'hui,
07:42il fallait des semaines et des mois
07:45et des experts et des cabinets
07:46pour regarder quelle est la traçabilité de certains produits.
07:49Est-ce que oui ou non,
07:50il y a des enfants au fond des mines
07:52parce que leurs petits doigts, à eux,
07:54permettent de retirer des matériaux rares ou précieux ?
07:58C'est ça.
07:58Aujourd'hui, on sait le tracé.
08:00Pourquoi on n'investit pas cette technologie
08:02pour nous permettre d'avoir plus d'informations,
08:04plus d'alertes,
08:04et donc en réalité donner plus d'informations
08:06d'abord aux consommateurs,
08:07mais aussi de faire respecter
08:08la Convention internationale du droit des enfants ?
08:10Dans les ODD,
08:11tout le monde se gargarise.
08:13Des évolutions, du suivi,
08:15mais dans les ODD,
08:16la 8.7, elle veut dire quoi ?
08:17Elle veut dire qu'on aurait déjà dû le faire
08:19cette année.
08:20C'est cette année où on devait poser
08:21en réalité la fin.
08:23On en est encore loin.
08:24Mais le bon espoir,
08:25c'est qu'il a baissé.
08:26Ce travail a baissé.
08:27Et donc cette pression,
08:28cette évolution de notre société
08:30amène quand même à une baisse
08:31et c'est cette trajectoire.
08:32Maintenant, il faut l'accélérer.
08:34On la connaît la baisse réellement ?
08:35On l'a chiffrée ?
08:36Oui, elle est chiffrée.
08:38On a baissé de mémoire
08:40sur les dernières années
08:41à presque...
08:42En tout cas, on a retiré
08:45presque une vingtaine
08:46de millions d'enfants
08:47et sur le global,
08:48on avait une centaine
08:49de millions d'enfants
08:50qui aujourd'hui sont dans
08:51des situations politiques
08:52plus préservées.
08:53Mais soyons pas dupes.
08:54Dès le moment qu'il y a la guerre,
08:56dès le moment que la géopolitique
08:57vient percuter,
08:58les premiers vulnérables,
08:59ce sont les enfants,
09:01ce sont les femmes.
09:02Et donc c'est sur eux
09:02et c'est sur elles
09:03qu'en réalité,
09:05l'exploitation pèse ou porte.
09:07Alors, vous avez pris la parole
09:08sur les exploitations numériques
09:10face à la sextorsion,
09:13vous pouvez y arriver,
09:13au deepfake,
09:14au recrutement du mineur
09:16via des messageries
09:16de jeux en ligne
09:17ou la mise en circulation
09:18de l'objet à caractère
09:20pédocriminel
09:20sur des places de marché en ligne.
09:22Quel est le risque concret
09:23pour les plateformes
09:24qui n'ont pas empêché
09:25ces dérives ?
09:25On en parle juste après la pub.
09:27Retrouvez la force
09:28de l'engagement.
09:30Avec AJP, épargne, retraite,
09:32assurance emprunteur,
09:34prévoyance, santé.
09:42Nous sommes de retour
09:43dans la force de l'engagement
09:44sur Sud Radio
09:45et en ce dimanche après-midi,
09:46nous parlons du droit des enfants
09:48avec Sarah Ellary,
09:50haute commissaire à l'enfance
09:51et ancienne ministre.
09:52Alors Sarah,
09:53juste avant la peau,
09:54je vous demandais,
09:55face au deepfake,
09:56au recrutement des mineurs
09:57via des messageries de jeux,
10:00en fait,
10:00qu'est-ce que risque vraiment
10:01une plateforme
10:02quand elle échoue
10:03à protéger un enfant ?
10:05Et est-ce que vous estimez
10:06que la sanction
10:07est à la hauteur du danger ?
10:09Aujourd'hui,
10:09il y a des risques
10:10qui sont réels.
10:11D'abord,
10:11d'être suspendu,
10:12c'est-à-dire de perdre
10:13leur business.
10:14Il ne faut pas le négliger.
10:17Ensuite,
10:17on a des risques financiers
10:19et pour moi,
10:20on ne les a encore jamais activés.
10:21Et moi,
10:22je crois qu'en tape
10:23au portefeuille,
10:24alors ça les a fait réagir.
10:25Et là,
10:26pour le coup,
10:26c'est 6% du chiffre
10:27d'affaires mondial.
10:28Ça,
10:29c'est l'ARCOM qui peut le faire
10:30et ce n'est pas anodin.
10:31Et puis,
10:33d'obligation,
10:34de retrait des produits,
10:37du retrait des images.
10:38Mais il faut aller plus loin.
10:39En tout cas,
10:40à mes yeux,
10:40la plus grande des pertes
10:41sera celle de la confiance
10:43pour le coup des parents.
10:44Je vous donne un exemple
10:44très concret.
10:45Quand Chine met en vente
10:47et en tout cas participe
10:49à la diffusion
10:49des poupées pédocriminelles,
10:50ils perdent 45%
10:51de leur chiffre d'affaires.
10:5445% de leur chiffre d'affaires.
10:55là,
10:55c'est une vraie incidence.
10:56Pendant longtemps,
10:57on a considéré
10:57que protéger les enfants
10:58ou en tout cas,
10:59ne pas avoir d'enfants
11:00qui travaillent dans ses filiales
11:01ou se désengager,
11:03et se mettre le plus loin
11:03possible de ces risques-là
11:05n'étaient qu'un enjeu
11:06et un risque réputationnel.
11:07Aujourd'hui,
11:07ce n'est plus ça l'enjeu.
11:09Aujourd'hui,
11:09il y a des procédures judiciaires
11:11où on engage
11:11la responsabilité.
11:13Aujourd'hui,
11:13il y a des enjeux
11:14de procédures pénales
11:15qui sont engagées
11:16sur des plateformes
11:17comme X,
11:18comme Grock
11:18qui dénudent des enfants
11:19pour en faire
11:20des images pédocriminelles.
11:22Au moment où on se parle,
11:23il y a plus de 750 000
11:25pédocriminels en ligne
11:25par jour.
11:27Et il ne faut pas croire,
11:28ils vont faire de la prédation
11:31là où il y a des enfants.
11:33Ce n'est pas par hasard
11:35que nos enfants les croisent.
11:36En fait,
11:37ils les pourchassent,
11:38ils les poursuivent
11:38et donc ils viennent
11:39leur tendre des pièges.
11:40Et après,
11:40ils passent au réel.
11:42Exactement.
11:42Malheureusement,
11:43c'est ce que nous a montré
11:43les poupées pédocriminelles.
11:45D'abord,
11:46ils s'entraînent
11:46sur des poupées
11:47en latex et en plastique
11:49avant de passer sur les enfants.
11:50C'est ça la réalité.
11:51Et quand je dis
11:52passer sur les enfants,
11:53c'est-à-dire,
11:53désolé pour les mots,
11:55mais c'est des viols,
11:56c'est des agressions sexuelles.
11:58Et c'est de l'abjecte,
12:02mais c'est la réalité.
12:03160 000 enfants,
12:04aujourd'hui,
12:04par an,
12:05subissent des violences
12:06pour les sexuels.
12:07Mais comment on change
12:08ce chiffre
12:08qu'on martèle,
12:09vous, moi,
12:10tous les acteurs engagés
12:11depuis maintenant
12:12pratiquement trois ans ?
12:13Eh bien,
12:14ce qu'on est en train
12:14de faire en ce moment,
12:15c'est-à-dire
12:16une condamnation
12:17d'une fermeté folle.
12:18Pour la première fois,
12:19on a poursuivi les acheteurs
12:20pendant longtemps.
12:22Pour les poupées.
12:22Mais bien sûr,
12:23mais pendant longtemps.
12:23On ne les poursuivait pas.
12:24On ne les poursuivait pas
12:25et avec une double poursuite.
12:27Une poursuite, bien sûr,
12:28sociale et pénale.
12:30Et donc,
12:30ils ont été condamnés,
12:31inscrits sur les fichiers
12:32des fichiers
12:33des auteurs d'infractions sexuelles.
12:35Pour certains,
12:35ils perdent la compatibilité
12:37avec leurs emplois
12:38parce qu'en plus,
12:39ils étaient auprès d'enfants.
12:40Et puis enfin,
12:41et puis enfin,
12:42surtout,
12:42les enquêtes sociales
12:43qui font qu'on voit,
12:44on enquête
12:45sur leur entourage proche.
12:46Est-ce que leurs enfants vont bien ?
12:48Est-ce que les enfants
12:48avec lesquels
12:49ils ont des interactions vont bien ?
12:50Et donc,
12:51il y a un changement
12:52de paradigme assez fort
12:53et ça,
12:54c'est pour le coup
12:55assez nouveau.
12:56Mais il ne faut pas être naïf.
12:58Le monde numérique,
12:59la règle,
13:00c'est ce qui se passe
13:00dans le monde réel,
13:01c'est les mêmes règles
13:02dans le monde numérique.
13:02La vérité,
13:03c'est qu'on n'y est pas.
13:04Aujourd'hui,
13:04nos enfants sont beaucoup plus
13:06en situation de danger
13:07et de prédation
13:07alors même que
13:08j'adore la nouvelle technologie.
13:10Je pense qu'il y a
13:10plein d'opportunités avec.
13:11Mais il faut protéger
13:13les enfants en particulier.
13:14On ne permettrait pas
13:15finalement
13:16un quart de ce qui se passe
13:18dans le monde aujourd'hui
13:19du développement de l'IA,
13:20du développement
13:21d'un certain nombre
13:21de réseaux sociaux.
13:23On ne permettrait pas
13:24un quart dans le monde
13:24de tous les jours,
13:25dans le monde réel
13:26pour parler pour le coup
13:27du monde physique.
13:28Et c'est là où il y a
13:29un changement de paradigme.
13:30Il est absolument nécessaire
13:32que l'impact sur les enfants
13:33soit automatiquement analysé
13:35comme on le fait
13:35pour l'environnement.
13:37C'est fou quand même.
13:38Eh bien,
13:38on ne le pense pas.
13:39Il faut du safe by design.
13:41C'est-à-dire qu'il faut
13:41penser les choses
13:42de manière sécurisée
13:43et sécurisante
13:44pour les plus vulnérables
13:45qui sont les enfants.
13:46Après le reste,
13:47je sais bien
13:48qu'il y a DSA,
13:49DMA,
13:49l'IA Acte,
13:50bien sûr.
13:51Mais le temps
13:52que ces textes évoluent
13:53et se mettent
13:55pour le coup
13:55en action,
13:56en attendant,
13:57il y a des générations
13:58entières
13:58qui sont enfermées
13:59dans l'économie
14:00de l'attention,
14:00qui développent
14:01des addictions
14:01et qui,
14:02à côté de ça,
14:03et ce n'est pas anodin,
14:04aujourd'hui,
14:05sont le produit.
14:06Quand c'est gratuit,
14:06ils sont le produit.
14:08Alors vous avez
14:08d'ailleurs publiquement
14:09alerté sur Roblox,
14:11cette plateforme
14:12qui revendique
14:12150 millions
14:13d'utilisateurs
14:14quotidiens,
14:16dont près de 40%
14:17au moins de 13 ans.
14:18Vous avez parlé
14:19d'un repère
14:20de pédocriminels,
14:21vous dites les mots,
14:21vous les formulez
14:22et ça,
14:23c'est très important
14:23parce que Roblox
14:25a une messagerie intégrée
14:26qui permet
14:27des échanges directs
14:28entre adultes
14:28et enfants.
14:29Alors franchement,
14:31est-ce que
14:32ces plateformes,
14:33on doit appliquer
14:34à cette plateforme
14:35les mêmes règles
14:35que celles imposées
14:36aux réseaux sociaux
14:36ou parce que
14:37quand un enfant
14:37peut-être contacté
14:38par un inconnu
14:39via une messagerie
14:40intégrée à un jeu,
14:41est-ce que
14:41c'est toujours un jeu ?
14:42Pour moi,
14:42c'est un réseau social,
14:43je vais être très claire.
14:45Il faut définir
14:46un réseau social
14:47par les fonctionnalités.
14:49Que ce soit
14:49derrière un environnement
14:51qui ressemble
14:51à un jeu,
14:52très bien,
14:53que ce soit
14:53un flux d'informations,
14:54très bien,
14:55que ce soit
14:55des vidéos
14:56et du contenu,
14:56très bien,
14:57mais en fait,
14:57c'est la fonctionnalité
14:58qui compte.
14:59Un enfant n'a pas
14:59à être en contact
15:00avec un adulte
15:01s'il ne le connaît pas,
15:02s'il n'y a pas
15:03de consentement explicite.
15:04Aujourd'hui,
15:04Roblox,
15:05comme d'autres plateformes
15:06de jeux,
15:06d'ailleurs Minecraft
15:07et d'autres,
15:08aujourd'hui,
15:09comme on sait
15:09qu'il y a beaucoup
15:10d'enfants dessus,
15:11et d'ailleurs,
15:11c'est leur
15:12un peu fond de commerce,
15:14eh bien,
15:15ceux qui veulent du mal
15:16aux enfants,
15:16ils vont là.
15:18Je veux dire,
15:18je suis désolée,
15:18mais à une époque...
15:19Il vous dit toujours
15:19où il y a des enfants,
15:20où il y a des agresseurs,
15:21où il y a des prédateurs.
15:22Et c'est à nous
15:22de protéger les enfants.
15:23On ne peut pas laisser
15:24la seule responsabilité
15:25sur les épaules des parents.
15:26Aujourd'hui,
15:27il y a une double responsabilité,
15:30celle d'engager
15:31la réglementation
15:32et la régulation,
15:33parce qu'on ne peut pas
15:34laisser sur les simples
15:35épaules des parents
15:36le fait de protéger
15:38les enfants
15:38d'un monde
15:40qui est totalement perméable
15:41et qui accélère les dangers.
15:43Et Roblox,
15:43dans ce cas en particulier,
15:45il faut le dire
15:45très simplement,
15:46l'off mine
15:47a eu plus de 400 signalements
15:49de contenu
15:50et de mise en danger
15:51d'enfants.
15:52C'est de la corruption
15:53de mineurs.
15:54Et ensuite,
15:54je vais vous dire
15:55ce qui se passe.
15:55C'est qu'après
15:56un premier échange,
15:57après une sextortion
15:58et une image envoyée,
15:59les prédateurs,
16:00ils font quoi ?
16:00Eh bien,
16:01ils font du chantage
16:02aux enfants
16:02et ils vont aller
16:04avoir malheureusement
16:05parfois des relations
16:06non consenties
16:08parce qu'il y a de la pression.
16:09Parce qu'un enfant de 13 ans,
16:10il craque
16:11quand il le menace.
16:12Donc, il faut un âge minimum
16:14sur ces jeux
16:15comme sur les réseaux.
16:16qu'il faut un âge minimum,
16:17qu'il faut laisser les enfants
16:18entre eux
16:19et qu'un adulte
16:20n'a rien à faire
16:22avec un enfant
16:23en échange direct
16:24sans que ce soit
16:25finalement quelqu'un
16:26de sa famille
16:26ou qu'il connaisse.
16:27Ça veut dire
16:27avec un consentement.
16:28Et puis,
16:29j'invite les parents
16:29simplement à discuter
16:30avec leurs enfants
16:31et de s'intéresser finalement
16:32à ces plateformes de jeux
16:33qu'ils connaissent moins
16:34et je le comprends.
16:35Mais si,
16:36il n'y a pas
16:36cette double responsabilité,
16:38c'est-à-dire la place
16:38de la régulation
16:39pour ne pas laisser
16:41ces espaces
16:42comme des far west
16:43et finalement
16:43des zones de chasse
16:45de prédateurs,
16:46eh bien,
16:46les parents
16:47doivent comprendre
16:48comment ça fonctionne
16:49mais surtout le régulateur
16:50et du coup,
16:51le législateur
16:51fait évoluer les règles.
16:52C'est ce que nous sommes
16:53en train de faire
16:53avec, par exemple,
16:55pour commencer
16:56les réseaux sociaux
16:56et le contrôle d'âge.
16:58Alors,
16:59la protection des enfants,
17:00c'est aussi
17:01l'attestation d'honorabilité.
17:03C'est vérifier
17:03les antécédents
17:04des gens
17:04qui sont au contact
17:05de ces enfants.
17:07700 000 attestations
17:08délivrées
17:08et on en a retiré
17:09entre 3 000
17:10et 3 700
17:11parce qu'on a
17:12effectivement examiné
17:13les antécédents
17:14incompatibles
17:15avec le travail
17:15auprès des mineurs.
17:16Depuis le 1er février
17:182026,
17:19elle est aussi exigée
17:20pour les candidats
17:21à l'adoption.
17:21C'est quand même
17:22assez formidable, ça.
17:23C'est nécessaire, oui.
17:25Et est-ce que
17:27ça devrait s'étendre
17:28à plein d'autres secteurs ?
17:29Le handicap,
17:30le périscolaire,
17:31le sport,
17:31les transports d'enfants ?
17:32Moi, je vais être très
17:32très claire avec vous.
17:34Moi, je pense que
17:34là où il y a un enfant
17:35et là où il y a
17:36un professionnel
17:36ou un bénévole
17:37qui est au contact
17:37des enfants,
17:38alors oui,
17:39il faut un certificat
17:40d'honorabilité.
17:40Comment ça peut se faire, ça ?
17:41C'est en train de se faire
17:42puisque typiquement,
17:43cette année,
17:44à partir du mois de mars,
17:45on va contrôler
17:46les IME,
17:47les instituts médicaux
17:48éducatifs
17:49où il y a des enfants
17:50pour le coup
17:50en situation de handicap.
17:52On sait qu'ils sont
17:52encore plus victimes
17:53que les autres enfants
17:54de violences
17:55et d'agressions sexuelles
17:57parce que plus vulnérables.
17:58Qui est en charge de ça ?
17:59C'est nous qui développons
18:00avec les équipes techniques
18:03de la DGCS.
18:05Pourquoi ?
18:05Parce que pour une raison
18:06toute simple,
18:07encore une fois,
18:07là où il y a des enfants,
18:08il y a des prédateurs,
18:09mais quand on enlève
18:10plus de 700 personnes,
18:11on sort 700 personnes,
18:12d'abord on protège l'employeur
18:13en lui disant
18:14s'il n'est pas capable
18:15de vous donner
18:15son certificat d'honorabilité
18:16parce qu'en réalité
18:17il a été condamné,
18:18moi je ne m'arrête pas là.
18:20On ne fait pas juste le sortir.
18:22C'est pire.
18:24On réenclenche systématiquement
18:25et c'est là où il faut
18:26être d'une fermeté folle
18:27ou réenclenche une procédure
18:28d'article 40
18:29parce que ça veut dire
18:30qu'il a été condamné
18:30et vous savez à quel point
18:31c'est rare et difficile
18:32de faire condamné.
18:33Donc condamné
18:34et en plus il ne respecte pas
18:35ses obligations d'incompatibilité.
18:37Ça veut dire qu'il mérite
18:38une peine alourdie.
18:39Et donc donner le signal
18:40et dire aux prédateurs
18:41et aux pédocriminels
18:42on vous traquera,
18:43je les traquerai
18:44sur le monde numérique
18:45et dans le monde réel.
18:46Et tant pis l'énergie
18:47qu'il faudra y mettre
18:48mais ils ne sont pas impunis.
18:50Et jusqu'au bout
18:51on ira les chercher
18:51parce qu'il n'y a pas...
18:54Aujourd'hui il s'imagine
18:55surpuissant
18:56ou finalement
18:58difficile à faire condamner.
18:59La réalité c'est non.
19:00La preuve,
19:01on les a trouvés,
19:02on les a sortis.
19:03Ceux qui ont acheté
19:03des poupées pécriminelles,
19:04ils ont eu des procès
19:05et on a engagé
19:07et on le fera partout.
19:08On le fera dans le périscolaire.
19:10On le fera également
19:11dans l'accueil à la maison.
19:12On a des nounous à la maison.
19:14On a des gens
19:15qui viennent donner
19:15de l'aide aux devoirs
19:16aux enfants.
19:17Et bien moi je crois
19:18qu'il faut élargir
19:18ce certificat d'honorabilité
19:19à toutes les personnes
19:20qui sont en contact
19:21avec les enfants.
19:22Alors on arrive
19:23au bout de cette conversation.
19:24Juste un mot
19:25sur ce conseil des victimes.
19:27De quoi parle-t-on ?
19:28Vous avez lancé
19:29une concertation.
19:30Est-ce qu'il s'agit
19:31d'une instance consultative ?
19:32Quelle va être
19:33la mission exacte
19:33de ce conseil des victimes ?
19:35On est en train
19:35de constituer,
19:36de créer ce conseil
19:37pour le coup des victimes
19:38dans l'enfance
19:39puisque c'est spécifique.
19:40J'ai accueilli
19:41plus de 25 associations
19:44cette semaine.
19:45Il y a quelques semaines
19:46c'était les collectifs
19:46de victimes
19:47pour le coup
19:48non organisées
19:48en association
19:49mais qui témoignaient
19:50et encore
19:51dans les prochaines semaines
19:52je recevrai plutôt
19:53les experts professionnels
19:55et les institutions.
19:56Pourquoi ?
19:57Parce que
19:58vous voyez bien
19:58que le mieux encore
20:00c'est que nos enfants
20:00ne subissent pas
20:01et qu'on n'est pas
20:02finalement à accompagner
20:03les condamnations
20:04a posteriori
20:04ou le psychotrauma
20:06qui est provoqué
20:06par ces violences.
20:08Et donc ce conseil
20:09des victimes
20:09je suis en train
20:10de le construire
20:11avec eux
20:12qu'il soit un lieu
20:13où on va construire
20:14et co-construire
20:15les politiques de prévention
20:16en s'appuyant
20:17sur le savoir expérientiel.
20:19Ce sont des personnes
20:21qui ont
20:21un vrai parcours
20:24un regard
20:24sur nos politiques
20:25de prévention
20:25sur ce qui a fonctionné
20:26ce qui n'a pas fonctionné
20:27avec cette particularité
20:29que c'est arrivé
20:30dans l'enfance
20:31à un âge
20:31où peut-être
20:32on ne te croit pas
20:33on ne t'entend pas
20:34on a du mal à entendre
20:35parce que dans le fond
20:36oui parfois
20:37ça fait exploser
20:38des familles
20:38et alors
20:39si la priorité
20:41c'est de les protéger
20:41alors il faut construire
20:43ces politiques de prévention
20:44avec en réalité
20:45ces victimes
20:46ces anciennes victimes
20:47et pour certains
20:47ces survivants.
20:48Merci Sarah et Larry
20:50merci d'avoir été avec nous
20:51on a bien compris
20:52le travail des enfants
20:53l'exploitation numérique
20:55les failles de contrôle
20:56ne relèvent pas
20:56d'un angle mort
20:57ils relèvent aussi
20:58de choix
20:58économique, juridique
21:00et surtout politique
21:01La force de l'engagement
21:02c'est chaque dimanche
21:03à 15h
21:04sur Sud Radio
21:05et en podcast
21:06sur sudradio.fr
21:07Rendez-vous dimanche prochain
21:09même heure
21:09même énergie
21:10pour une nouvelle rencontre
21:12avec celles et ceux
21:12qui font bouger la société
21:14je vous souhaite
21:15une excellente fin de week-end
21:16C'était la force de l'engagement
21:18avec AJP
21:20Épargne
21:21Retraite
21:22Assurance emprunteur
21:23Prévoyance
21:24Santé
21:24AJP
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