00:00L'édito politique sur Europe 1 avec le Figaro. Bonjour Jean-Christophe Buisson.
00:03Bonjour Dimitri.
00:04Bienvenue à vous. Ce matin, vous voulez revenir sur l'affaire Quentin, mais en prenant un peu de hauteur historique
00:08pour voir
00:09dans quelle mesure le meurtre du jeune militant nationaliste à Lyon la semaine dernière s'inscrit dans une vieille tradition
00:15de la violence à gauche.
00:16Oui Dimitri, depuis une semaine, on voit et on entend les dirigeants de la France insoumise se contorsionner dans tous
00:21les sens
00:21pour essayer de se dédouaner du crime commis à Lyon par leurs alliés de la jeune garde, mais sans renier
00:26leur identité antifasciste.
00:28Ce label vertueux leur a permis jusqu'à maintenant de légitimer tous leurs combats électoraux, intellectuels, mais aussi parfois physiques
00:33contre leurs adversaires d'extrême droite, parce que contre l'extrême droite, on le sait, tous les coups sont permis.
00:39Pas de liberté pour les ennemis, la liberté, on connaît la chanson.
00:42Bon, je ne m'étendrai pas sur leur définition de l'extrême droite qui sert souvent à qualifier toute personne
00:46qui ne partage pas leurs idées,
00:48comme c'était déjà le cas dans les années 30 où la social-démocratie était vue comme l'aile modérée
00:52du fascisme.
00:53Je cite là un auteur que connaît bien Jean-Luc Mélenchon, Léon Trotsky.
00:56En revanche, il faut rappeler combien la violence assumée fait partie du logiciel de l'ultra-gauche,
01:01et ce depuis bien avant la naissance du fascisme en 1919.
01:05Les antifas n'utilisent pas les mêmes méthodes que leurs ennemis fascistes,
01:08car ces méthodes de voyous, de bruts et d'assassins sont celles de la gauche radicale depuis bien plus d
01:13'un siècle.
01:13Et à quand faites-vous remonter cette tradition de l'usage du coup de poing à gauche ?
01:17Dans les faits, elle est née au moment même de la naissance de la gauche,
01:20durant la Révolution française, avec cette idée portée par Marat, Saint-Ju ou Robespierre,
01:25figure bien entendu vénérée par les cadres cultivés de la France insoumise, il y en a quelques-uns,
01:29qu'éliminer les représentants de l'ancien régime ou les révolutionnaires modérés est tout à fait acceptable et même nécessaire.
01:36Karl Marx, à partir de l'exemple de la terreur, va d'ailleurs théoriser l'usage de cette violence dans
01:40son manifeste du Parti communiste,
01:41écrit en 1848 avec Engels.
01:43Pour eux, le seul moyen de combattre ce qu'ils nomment la violence d'État,
01:46entendez l'État bourgeois et capitaliste, c'est la violence révolutionnaire.
01:50Il faut du passé faire table rase, effacer, éliminer, éradiquer tout ce qui incarne l'ancien monde.
01:55Les communards, en 1871, vont suivre ce conseil en massacrant un tour de bras,
01:59mais ils vont échouer au contraire des bolcheviques en Russie en 1917.
02:03D'autres révolutions suivront, avec leur cortège de morts par millions en Chine, au Cambodge ou à Cuba par exemple.
02:08Autant de modèles dont se réclamera la gauche marxiste française tout au long du XXe siècle.
02:13Que l'on soit communiste orthodoxe, stalinien, trotskiste ou maoïste,
02:16on se retrouve toujours sur la formule du grand timonier chinois.
02:19La révolution n'est pas un dîner de gala, c'est une insurrection,
02:22l'acte de violence par lequel une classe renverse le pouvoir d'une autre classe.
02:25Nous sommes d'accord Jean-Christophe, mais la France insoumise,
02:28et même la jeune garde, ne se réfèrent pas du tout ni à Staline ni à Mao Zedong.
02:33A eux non, mais à Marx, Lénine, Trotsky, Fidel Castro, Che Guevara, oui.
02:37C'est-à-dire aux ingénieurs du chaos politique du XXe siècle.
02:41Dans les années 60, les gauchistes brandissaient fièrement leur portrait dans les manifestations.
02:45Les fondateurs du mouvement terroriste Action Direct en 1979,
02:48issus de la mouvance gauchiste, ne cachaient pas leur fascination pour eux,
02:51parce que leur usage de la violence avait été couronné de succès.
02:55Quand Raphaël Arnaud crée son mouvement à Lyon en 2018,
02:58il ne choisit pas le nom de jeune garde par hasard.
03:00Il se réfère, y compris par son logo, à une ministre violente
03:04qui faisait le coup de poing contre les ligues nationalistes dans les années 30.
03:06Elle s'appelait jeune garde socialiste, et elle était affiliée, elle,
03:09non pas à l'extrême gauche de l'époque, mais à la SFIO.
03:12Oui, dans celle du Parti Socialiste.
03:14Exactement. Tant il est vrai que ce désir de violence déborde parfois dangereusement
03:18en deçà de la frange extrême de la gauche.
03:20N'est-ce pas le socialiste Paul Quilles,
03:22lors d'un congrès du PS à Valence en 1980,
03:25après la victoire de François Mitterrand,
03:27qui s'exclamait « Il ne faut pas se contenter de dire que des têtes vont tomber,
03:31il faut dire lesquelles et rapidement ».
03:33Une formule empruntée à un certain Robespierre.
03:36Signature, votre édito politique, Jean-Christophe Buisson du Figaro.
03:40Merci beaucoup Jean-Christophe.
03:41La une du Figaro justement, Quentin.
03:42Les suspects gravitent autour de Raphaël Arnaud.
03:45A très vite Jean-Christophe.
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