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  • il y a 1 jour
Entrepreneuriat : Instagram vs Réalité

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Technologie
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00:03Entrepreneuriat Instagram versus réalité, je suis certain que certains d'entre vous souhaitent entreprendre, c'est l'objet de notre
00:09prochaine séquence.
00:11L'année dernière, ce sont, tenez-vous bien, plus d'un million d'entreprises qui ont été créées en France
00:16selon l'INSEE, c'est un record.
00:19Et l'intérêt ne faiblit pas pour l'entrepreneuriat en France. Chez les moins de 30 ans, un tiers des
00:25actifs sont chefs d'entreprise selon BPI France Création.
00:29Et Ipsos le confirme, 35% des Françaises et des Français envisagent l'entrepreneuriat dans les 5 prochaines années.
00:38Et pourtant, on ne l'aurait peut-être pas assez répété, parmi toutes ces entreprises, statistiquement, un quart échoueront au
00:46cours de leurs 2 premières années de vie.
00:49Et 50% d'entre elles n'atteindront pas les 5 ans à venir. Il faut bien sûr être plus
00:55précis et voir les réalités que recouvrent ces créations, ces échecs,
00:59ces questionnements et les doutes qui les accompagnent. Pour parler de notre sujet, je suis ravi de retrouver, je vous
01:05invite à les applaudir chaleureusement,
01:07Sixtine Moulet-Berthaud, cofondatrice du Crayon, Mathieu Haguez, CEO de Schoolab, et Jules Simion-Brocherie, CEO du groupe Extra Studients.
01:37La France, pays de l'entrepreneuriat, on va y venir et on va parler un petit peu de tous ces
01:42sujets,
01:42parce que la volonté est forte au travers des chiffres présentés. On démarre avec vous, Mathieu.
01:47Vous êtes designer, ingénieur, pédagogue. Vous êtes parti aux Etats-Unis pendant plusieurs années.
01:53Vous avez enseigné dans des célèbres universités comme le MIT ou l'UC Berkeley.
01:57Et aujourd'hui, vous cherchez avec votre entreprise à aligner le profit et le sens.
02:03Selon votre profil LinkedIn et votre mission que vous vous êtes donnée avec votre entreprise,
02:06vous souhaitez, je cite, permettre un million de transitions vers un futur désirable.
02:12Alors où en est-vous dans cet objectif ? Autrement dit, pitchez-nous un petit peu la mission de votre
02:17société.
02:17Tout à fait. Merci, Pierre. On avance sur le million.
02:22Peut-être pour répondre en trois petits temps, vous dire déjà c'est quoi cette histoire de transition
02:26et c'est quoi les transitions vers un monde plus durable.
02:29Donc l'entreprise que je dirige s'appelle Schoolab. Elle existe depuis une quinzaine d'années.
02:32Et on est un gros acteur de l'innovation à Paris, en France et à l'international.
02:36Et notre travail consiste à accompagner des étudiants, des start-up et des grands groupes
02:40dans leur projet d'innovation, particulièrement à impact.
02:44Et donc, comme vous le disiez très bien, je suis arrivé aux Etats-Unis il y a à peu près
02:468 ans
02:47avec la volonté de développer l'activité là-bas.
02:49Quand vous faites du cinéma, vous allez à Hollywood.
02:51Quand vous faites de l'innovation, vous allez à San Francisco.
02:53C'est ce qui m'est arrivé. Et en arrivant, j'ai pris quelques claques, on va dire.
02:57Et en tout cas, quelques apprentissages.
02:58Le premier apprentissage, c'est qu'aux Etats-Unis, il y a un adage qui dit
03:02« You can only fix what you can measure ».
03:04Donc vous ne pouvez réparer et améliorer que ce que vous pouvez mesurer.
03:08Et donc, pour n'importe quelle entreprise, il faut être capable de mesurer
03:10mais quel est votre travail ? Qu'est-ce que vous essayez ?
03:13Quel est l'outcome ? Qu'est-ce que vous essayez de fabriquer ?
03:14Et donc pour nous, qui sommes un acteur du changement, de l'innovation,
03:18on a compris que notre métier, c'était d'activer des transitions
03:20et de permettre à des individus et des organisations
03:23de changer des produits, des services, des process, des parcours de carrière
03:27pour contribuer à un monde meilleur.
03:29Donc d'abord, on crée ce métrix, les transitions.
03:32Et la deuxième claque, qui est un petit peu un conseil à tous les entrepreneurs
03:35qu'il y a dans cette pièce, c'est l'ambition.
03:37Aux Etats-Unis, ils n'ont aucun problème à conceptualiser, définir
03:42et marteler une ambition souvent assez gigantesque.
03:46Et l'ambition, ce n'est pas forcément devenir une licorne ou aller sur Mars.
03:49Ça peut être aussi des ambitions liées à l'impact, à la durabilité, etc.
03:52Et donc quand on dit qu'on active des transitions, c'est bien.
03:55Quand on dit qu'on fait un million de transitions, ça change tout.
03:58Parce que l'ambition, elle permet de convaincre des investisseurs de vous soutenir.
04:02Elle permet d'embarquer et d'engager des collaborateurs et des partenaires.
04:05Personne n'a envie de travailler pour une boîte qui vise la médiocrité.
04:08Et enfin, ça permet aussi de transcender des clients.
04:12Et donc c'était ça l'objectif du million de transitions.
04:14Et on avance chaque année un petit peu plus vers cet objectif-là.
04:16C'est une cofondatrice du média à succès Le Crayon.
04:20Ce média, vous l'avez créé à l'âge de 17 ans avec votre frère et deux autres associés.
04:26C'est aujourd'hui un groupe qui compte une quarantaine d'employés, 5 millions d'abonnés.
04:32Vous en dirigez également le surligneur, la branche accompagnement et relations publiques
04:35à destination des entrepreneurs et des chefs d'entreprise.
04:40Abordant, si vous le voulez bien, le vif du sujet.
04:42L'entrepreneuriat pour vous, c'est plus Instagram ou la réalité ?
04:47Non, c'est complètement la réalité.
04:48C'est sûr que sur Instagram, tu ne montres que les belles choses qui se passent, que les réussites.
04:53De plus en plus de personnes partagent les échecs pour pousser les gens à entreprendre.
04:56Parce que c'est vrai que pendant des années, tu regardais à la télévision ou sur les réseaux sociaux
04:59des succès d'entrepreneurs et tu étais en mode, je ne vais jamais réussir à faire un truc aussi bien
05:04qu'eux.
05:04Quand tu commences, tu n'as pas forcément de moyens, tu n'as pas forcément d'idées, tu ne sais
05:07pas du tout avec qui il faudrait s'associer ou non.
05:11Est-ce que tu as un réseau ou pas ? Et quand tu vois les entrepreneurs à succès, tu te
05:14dis, ok, je ne vais jamais réussir à entreprendre et à finir comme eux.
05:17Et aujourd'hui, ce que j'aime de plus en plus justement avec les réseaux sociaux, c'est que ça
05:21arrive vers une tangente qui est de plus en plus vers la réalité.
05:24L'authenticité est mise de plus en plus au cœur des sujets sur les réseaux sociaux et donc les entrepreneurs
05:29arrivent beaucoup plus facilement à parler de leurs échecs,
05:31à parler de leurs difficultés pour en fait essayer de, c'est un mot en anglais mais qui est beaucoup
05:35utilisé dans l'écosystème, de give back en fait,
05:37de montrer aux gens que, bah oui, tu travailles beaucoup, tu échoues énormément, tu n'as pas beaucoup de chances
05:42de réussir,
05:42mais que si tu continues à travailler, travailler et être bien entouré, tu peux finalement réussir beaucoup plus facilement à
05:48réussir que ce que tu ne le penses à la base
05:49quand tu te compares à des grands de l'entrepreneuriat. Donc, ouais.
05:53Jules, vous êtes CEO du groupe Extra Studiante, la première plateforme d'orientation étudiante en France.
06:00Vous avez récemment racheté My Orientation, donc vous avez ajouté une expérience en rachat et développement à votre expérience de
06:07l'entrepreneuriat.
06:08Est-ce qu'il y a des défis, des différences majeures ? Comment on intègre justement une autre entreprise et
06:12un groupe déjà constitué ?
06:13Déjà, c'est très compliqué et ça, je l'ignorais. Quand on intègre une entreprise, on n'intègre pas juste
06:18un actif, dans mon cas, des abonnés puisque c'est un média
06:22et des savoir-faire, on intègre une culture. Et c'est un sujet qu'on n'aborde pas souvent.
06:28Mais la culture dans l'entreprise, c'est la base de tout. C'est-à-dire que souvent, un, les
06:33startups échouent parce que les associés entre eux
06:35ne s'accordent pas sur la vision. Deux, évidemment, il y a des résultats qui sont décevants et donc la
06:39boîte ne peut pas suivre.
06:41Trois, les salariés ne sont pas en alignement avec la culture. Et moi, j'ai découvert ça, en fait, quand
06:45on a une équipe
06:47qui, globalement, se compte sur les doigts d'une main et qui est réunie sous un même blason, sous un
06:52même logo.
06:53Il n'y a aucun problème à réunir, à embarquer sur une ambition commune. Quand on intègre une autre marque,
06:58en fait, c'est bête,
06:58mais tout ce que vous avez construit en mettant en compétition vos salariés contre d'autres entreprises,
07:04et bien, ils l'ont inculqué. Et donc, quand vous avez une autre entreprise qui arrive, même si, capitalistiquement,
07:08elle appartient à l'entreprise mère, il faut les embarquer dans cette idée de solidarité. En fait, on se bat
07:14pour un combat commun.
07:15On est tous ensemble dans le même bateau. Et donc, ça a été un gros sujet. Après, le rachat... Enfin,
07:20je trouve que si vous montez
07:22une entreprise, regardez les modèles de build-up. On parle beaucoup de création de nouveaux modèles, de nouvelles idées.
07:27En fait, non. Les belles entreprises ne sont pas forcément des idées toutes neuves. Il y en a plein, d
07:32'ailleurs, qui sont à reprendre.
07:33Voilà. Le tribunal de commerce, chaque année, a beaucoup d'entreprises qui sont sur de mauvais rails. Il faut les
07:41reprendre.
07:41Et donc, le build-up, c'est un super modèle. Et moi, je pense que c'est celui qu'on
07:45va emprunter pour les années à venir.
07:46Je vous propose, tous les trois, de revenir sur ce chiffre. 35% des actifs françaises et français envisagent une
07:53création d'entreprise prochainement.
07:54Et pourtant, ils ont une chose sur deux de mettre la clé sous la porte. Rappelons-le.
07:59La France est-elle un pays de l'entrepreneuriat, oui ou non ? Et pourquoi, finalement, y a-t-il
08:05cet engouement ?
08:06Pourquoi les Françaises et les Français ont-ils autant envie d'entreprendre ? Sixtine.
08:12C'est une très bonne question. Pendant très longtemps, je vous aurais répondu à un grand oui.
08:16C'est toujours un grand oui, mais un peu moins grand qu'avant. Effectivement, on pose beaucoup à entreprendre dans
08:22les faits, dans les discours.
08:23C'est ce que nos politiques nous disent. C'est ce que nos grands entrepreneurs français montent comme exemple.
08:28Dans la réalité, c'est qu'à l'école, on ne nous forme pas du tout à entreprendre. On nous
08:32forme à devenir salarié.
08:34Et on ne nous forme pas du tout à faire autre chose. Moi, je n'aurais jamais cru que j
08:36'allais entreprendre.
08:37C'était impensable que j'allais devenir entrepreneuse. Pour moi, j'allais devoir faire une carrière dans le salariat comme
08:42tout le monde.
08:42Enfin, comme la majorité des gens. Parce que dans ma réalité, c'était comme ça. Et quand j'ai découvert
08:46le monde de l'entrepreneuriat,
08:47j'ai découvert carrément une autre bulle, mais énorme, que je n'aurais jamais pensé.
08:50Et que même encore, mes amis très proches ne réalisent même pas. Parce qu'on t'apprend toute ta vie
08:54que tu dois devenir salarié.
08:55Et là, je me suis dit, on te pousse non-stop des discours pour te dire que la France est
09:00un pays merveilleux pour entreprendre.
09:01Et c'est le cas. D'un autre côté, on ne t'apprend jamais vraiment à quel point c'est
09:06difficile d'entreprendre.
09:08On ne t'apprend pas la comptabilité, donc les finances, qui est quelque chose d'hyper important.
09:11On ne t'apprend pas à recruter, qui est juste la chose la plus importante.
09:15Et nous, le nombre d'erreurs de recrutement qu'on a fait, mais vous imaginez, même pas avant de comprendre
09:19comment ça marche
09:20et avant de savoir comment mettre des bons process en place, on ne t'apprend pas à manager à l
09:24'école.
09:25Et les écoles de management, aujourd'hui, sont enseignées par des gens qui n'ont eux-mêmes jamais managé.
09:30Les écoles de commerce, on t'apprend le business par des gens qui n'ont jamais fait de business.
09:35Alors, j'allais y unir, justement, parce qu'effectivement, on a des formations dans le supérieur
09:37qui dispensent effectivement des formations de management avec, dans des établissements,
09:42des professionnels qui sont en activité et qui ont déjà managé, en revanche.
09:45Ou, alors, peut-être, mais moi, j'ai vraiment d'amis, beaucoup d'amis qui sont dans des écoles de
09:48commerce,
09:49même des masters d'entrepreneuriat enseignés par des gens qui n'ont jamais entrepris.
09:54Vous voyez à quel point c'est débile. Vous voyez ce que je veux dire ?
09:56C'est juste de... En fait, moi, je suis hyper frustrée de me dire qu'on est dans un pays
09:58vraiment magnifique.
09:59J'adore mon pays. Il y a beaucoup de défauts, mais c'est un pays incroyable pour entreprendre.
10:03On peut avoir une liberté de dame. On peut tester plein de choses. On peut échouer.
10:06Les gens s'entraident, et j'ai vraiment remarqué ça.
10:08D'un autre côté, si tu n'as pas... Je vais être très vulgaire, mais les couilles de tester et
10:13de risquer tout ce que tu as pour entreprendre,
10:15mais il n'y a jamais aucun professeur, personne, qui va t'apprendre comment le faire
10:18si tu n'as pas un entourage ou des parents qui ont entrepris.
10:20Et c'est, en fait, hyper compliqué et hyper injuste, d'un côté, de se dire...
10:23Il faut juste, en fait, changer l'éducation. Au lieu de t'apprendre la philo,
10:26tu peux écouter ça sur France Culture ou sur YouTube aujourd'hui.
10:30À la place, on t'enseigne des matières qui pourraient être utiles pour l'entrepreneuriat.
10:34Jules, la France, le pays de l'entrepreneuriat, oui ou non, plus de 4,2 millions d'auto-entreprises.
10:40Là aussi, c'est un chiffre record. Et là aussi, c'est une manière d'entreprendre l'entrepreneuriat
10:44parce que le statut permet de créer plus simplement une entreprise que d'autres statuts juridiques.
10:50Alors, ce n'est pas une surprise que de dire que la France n'est pas le pays le plus
10:53propice pour entreprendre
10:54ou le plus agréable quand on l'entreprend.
10:56Moi, je pense qu'il y a, au-delà des personnes qu'on va croiser dans l'enseignement supérieur,
11:01il y a un problème de posture, en fait, mais qui revient plutôt à l'école de la République,
11:06donc au collège et au lycée.
11:07On nous apprend, et je trouve, en tout cas, dans mon cas, c'est Anis ce que j'en fais,
11:11on tue un peu la créativité qu'on peut avoir jeune.
11:14Typiquement, le théâtre, c'est matière qu'on va mettre au troisième niveau.
11:17Tous les arts, globalement, la prise de parole, on la rabaisse quand même,
11:22au fait de pouvoir lever la main et accorder ou non le droit à la parole.
11:25Alors qu'en entrepreneuriat, il faut juste se l'accorder, il faut juste se dire qu'on ne nous l
11:29'a pas donné,
11:30mais il faut s'en emparer.
11:33Et donc, il y a ce sujet de posture.
11:35On nous apprend toute notre vie à l'école qu'on n'a pas le droit, en fait, d'assumer
11:39certains propos
11:40ou d'être très volontaire ou de déranger la classe.
11:44Alors qu'en fait, en entrepreneuriat, c'est ce qu'il faut faire.
11:45Il faut déranger son marché, il faut déranger les gens qui nous entourent,
11:48il faut assumer de vouloir être meilleur que le voisin.
11:51Et donc, c'est plutôt ça, le problème pour moi.
11:53C'est un problème de posture, on nous apprend, déjà un, à être moins créatif,
11:56deux, à ne pas faire trop de bruit.
11:58Alors qu'en entrepreneuriat, je pense que c'est ce qu'il faut assumer au départ.
12:01Pourquoi les Françaises et les Français, Mathieu, ont-ils envie autant d'entreprendre
12:06parce que les chiffres sont là, ils sont clairs ?
12:08Moi, je vais prendre un parti un tout petit peu différent
12:11parce que comme je reviens de presque une décennie aux Etats-Unis,
12:13je vois la France d'une façon très différente.
12:15J'aime bien dire, on n'aime jamais autant la France que quand on n'y habite pas
12:18parce que c'est là qu'on se rend compte de tout ce qui est magnifique en France.
12:21Et donc, je pense qu'il y a quand même un idéal de liberté,
12:24il y a un idéal quand même de sens.
12:26Et là, j'étais au stand de la FNAC tout à l'heure.
12:28Il y a une étagère remplie sur le sens au travail.
12:31Et l'entrepreneuriat, c'est, à mon avis, le chemin le plus direct
12:34pour justement réunir son activité professionnelle et sa quête de sens.
12:38Et donc, ça ne me surprend pas du tout que les Français,
12:39qui sont plutôt en recherche de sens,
12:41qui, j'ai l'impression, par contraste avec d'autres populations,
12:44sont des gens peut-être plus réfléchis sur le sens du monde,
12:47de leur quête civilisationnelle, etc.,
12:50trouvent un certain plaisir, une certaine vision,
12:53une certaine mission dans l'entrepreneuriat.
12:55Et je pense que c'est quand même une traîne qui va se conforter.
12:59Quels sont les mythes que l'on pourrait partager autour de l'entrepreneuriat ?
13:03C'est assez récurrent quand on est salarié, quand on est un actif.
13:06Tout naturellement, on a envie aussi d'entreprendre
13:09parce qu'on a envie aussi de se sentir plus libre.
13:12Ma question est la suivante.
13:12Est-ce que quand on est entrepreneur, on est beaucoup plus libre ?
13:15Est-ce que quand on est entrepreneur, on peut se permettre de dire non à un client ?
13:20Jules ?
13:21Alors pour moi, c'est tout l'inverse de la liberté.
13:23Alors ça, vraiment, je pense que je ne brise rien à le dire.
13:25Un, vous êtes dépendant de vos salariés.
13:28Deux, vous êtes dépendant de votre marché.
13:29Trois, vous êtes dépendant si vous en avez vos investisseurs.
13:32Quatre, vous êtes dépendant de vos clients.
13:33En fait, c'est la dépendance absolue entrepreneuriale.
13:35Enfin, en gros, les entrepreneurs, ce ne sont pas les infopreneurs
13:38qu'on voit sur Instagram.
13:39Ce ne sont pas ceux qui sont à Bali ou à Dubaï
13:41et qui vous vendent que l'entrepreneuriat, c'est vendre des formations,
13:44avoir des grandes montres, des beaux costumes
13:47et rouler dans des belles voitures.
13:48Enfin, nous, ce n'est pas notre cas.
13:49Pourtant, on est tous entrepreneurs.
13:51C'est tout l'inverse, en fait.
13:52C'est que quand on crée un produit, on n'a pas d'argent,
13:54on galère à le vendre.
13:56Personne ne vous croit, personne ne vous suit
13:57parce que d'abord, les marchés sont trustés par les grosses corporations,
14:00les grosses entreprises.
14:01Donc, il faut montrer votre crédibilité, votre sérieux.
14:03Il faut assumer les propos que vous tenez.
14:05Il faut derrière délivrer, évidemment.
14:06Mais surtout, vous allez dépendre de tout le monde,
14:09de vos investisseurs.
14:10Parce que quand on commence un projet,
14:12normalement, si le projet est un peu compliqué
14:13ou qu'il nécessite un peu de temps de création,
14:15vous allez devoir lever des fonds.
14:16Donc, vous allez rendre des comptes à des gens,
14:18souvent, tout le temps.
14:19Et là, évidemment, après,
14:21tout va dépendre de votre sérieux.
14:22Mais bon, c'est une dépendance, quand même.
14:23La deuxième dépendance, c'est vos équipes.
14:25Moi, ça ne m'arrive jamais d'aller à Bali pendant un mois
14:27ou à Dubaï.
14:28Ça m'arrive vraiment très rarement.
14:30Ça ne m'arrive jamais de partir à 13h en pleine journée
14:32ou en semaine d'aller faire un paddle.
14:34Ça ne m'arrive jamais.
14:35Mais on est dépendant de son équipe.
14:37Et évidemment, d'ailleurs, on est dépendant de ses clients.
14:38Si les clients, un jour, se rendent compte
14:40qu'en fait, la prestation que vous rendez,
14:41elle est moins qualitative que celle du concurrent,
14:43ils iront chez le concurrent.
14:44Voilà.
14:45Donc, on est ultra dépendant.
14:46Et évidemment, de l'État aussi.
14:47Mais ça, je pense à un autre sujet.
14:49Sixtine, justement, pour compléter,
14:50parce qu'il y a des réponses pour lesquelles
14:52vous n'étiez pas forcément d'accord avec Jules.
14:54Et justement, on vous laisse dérouler et développer.
14:56Moi, je ne suis pas...
14:57Oui, on n'est pas souvent d'accord, en plus.
14:59Mais non, alors, je suis à moitié d'accord.
15:01Moi, justement, je n'ai jamais eu autant de liberté
15:03depuis que j'entreprends.
15:04Mais en fait, ce qu'il faut dire,
15:05c'est que les premières années ou les premiers mois,
15:07ça dépend à quel point ta croissance est rapide ou pas.
15:09Nous, ça a été plusieurs années.
15:11Tu es effectivement hyper dépendant
15:13à tout ce que vient de Cité Jules.
15:15En revanche, au bout d'un moment,
15:16quand tu construis une équipe,
15:17que tu travailles avec des gens
15:18avec lesquels tu as confiance,
15:19quand tu travailles avec des associés,
15:21qui n'est pas le cas de Jules,
15:22c'est pour ça que je dis ça aussi,
15:23tu peux aller...
15:24Moi, je dis ça, par exemple, pour moi,
15:25mais faire un cours de boxe à 15 heures.
15:27Tu peux, un matin, si de la veille,
15:30tu as travaillé hyper tard, que tu es fatigué,
15:31ne pas travailler pour être encore plus en forme
15:33et encore plus compétent à l'après-midi.
15:34Tu peux refuser de travailler
15:36avec tel ou tel client
15:37si tu sens que ça ne va pas fiter avec tes équipes
15:39ou si tu sens que leur besoin
15:40ne va pas exactement convenir
15:42à toi les prestations que tu proposes.
15:44Tu peux refuser de, je ne sais pas,
15:47lever des fonds si tu n'en as pas besoin.
15:49Tu peux refuser d'embaucher
15:51telle ou telle personne.
15:52En fait, tu fais justement ce que tu veux.
15:54Mais ça, c'est le cas
15:56si tu as renoncé justement à ta liberté
15:58pendant plusieurs mois, plusieurs années ou autres
15:59en fonction de la rapidité.
16:00Donc en fait, au début, tu payes beaucoup
16:03et après, tu peux réussir à atteindre ça
16:05mais il faut effectivement travailler
16:06avec des gens avec lesquels tu as confiance
16:07et avec des associés aussi.
16:09C'est le cas d'une entreprise comme la vôtre
16:10qui connaît un certain succès
16:11et qui n'est pas forcément la réalité
16:13de toutes les entreprises en France.
16:14Il y a aussi eu beaucoup d'échecs
16:15et il y aura toujours beaucoup d'échecs.
16:16Il ne faut pas croire non plus que...
16:17Mais oui, ça va.
16:18On ne se porte pas trop mal.
16:19Mathieu, pour compléter justement,
16:21entrepreneuriat, liberté, pour une interrogation.
16:23Oui, en fait, je voudrais juste rebondir
16:24sur ce que vous disiez avec Sixtine
16:25qui est le fait de dire non.
16:27Et en fait, moi, c'était un apprentissage
16:28que j'ai eu quand j'ai lancé la boîte
16:30à San Francisco.
16:31Au début, il y a des gens qui sont venus me voir
16:32en disant, mais viens, je peux travailler avec toi,
16:34je peux être ton associé.
16:35Alors j'ai dit oui.
16:35Et puis il y a des clients qui m'ont dit,
16:37on aime bien ce que tu fais,
16:38mais on voudrait plutôt que tu fasses ça.
16:39Alors j'ai dit oui.
16:39Et puis en fait, très vite, j'ai dit oui à tout le monde
16:41et je me suis retrouvé à travailler
16:42avec les mauvaises personnes
16:43sur les mauvaises offres,
16:44aux mauvais endroits.
16:53On n'est pas libre, en effet.
16:54Et en même temps, c'est le pouvoir de dire non
16:56qui va faire qu'on va prendre les bonnes décisions
16:58et qu'on va éventuellement trouver cette liberté
17:00à certains degrés.
17:01Parce qu'ensuite, c'est surtout une question
17:02de qu'est-ce qu'on appelle être libre
17:03et qu'est-ce qui importe pour nous
17:05en termes de liberté ?
17:06Est-ce que c'est aller jouer au paddle
17:07ou bien est-ce que c'est avoir un salaire
17:08qui tombe à la fin de chaque mois ?
17:09Vous allez enfin peut-être les mettre d'accord
17:11pour leur première fois de leur vie à ces deux-là.
17:14Mathieu, continue ensemble pour la jeunesse
17:15de votre projet aussi entrepreneurial aux Etats-Unis
17:18parce qu'effectivement,
17:19vous avez aussi appris beaucoup
17:21au travers de ce premier échec
17:23qui vous a permis là aussi
17:25de créer cette fois-ci en France
17:28d'une autre façon.
17:29Quelle différence faites-vous
17:30entre justement votre création d'entreprise aux Etats-Unis
17:32et votre création d'entreprise en France ?
17:35Je verrais trois points essentiels
17:37qui pour moi font vraiment des différences structurelles
17:39entre les Etats-Unis et la France
17:40en termes d'entrepreneuriat.
17:42Le premier, c'est l'ambition.
17:43C'est ce que j'expliquais au tout début.
17:44En fait, le fait d'avoir une ambition très forte
17:46et de l'assumer,
17:47ça c'est quelque chose qui est attendu aux Etats-Unis.
17:49La deuxième chose,
17:50on en a parlé un petit peu,
17:51c'est le rapport à l'échec.
17:52Dans les cultures anglo-saxonnes,
17:54l'échec est vu comme quelque chose de positif.
17:56L'échec, c'est un apprentissage.
17:57Si vous avez échoué,
17:58alors vous avez appris
17:59et vous réussirez mieux la prochaine fois.
18:01Ce qui culturellement, je pense,
18:02change en France
18:03mais n'est pas forcément la panacée aujourd'hui.
18:05Et la troisième chose,
18:06je pense que Sixtine en a un petit peu parlé tout à l'heure,
18:08je pense qu'en France,
18:09on a tendance à voir le marché,
18:11les ressources comme un gâteau fini,
18:13c'est-à-dire quelque chose de constant.
18:14Et donc, si moi,
18:16je prends une part plus importante,
18:17c'est au détriment de quelqu'un d'autre.
18:18Et je me souviens,
18:19il y a presque dix ans,
18:20quand je parlais des entrepreneurs en France,
18:22ils me disaient,
18:22j'ai une idée,
18:23mais je ne veux surtout pas la dire
18:23parce que j'ai peur qu'on me la vole.
18:25Et vous allez aux Etats-Unis
18:26et les gens,
18:26ils vous racontent leur idée tout le temps.
18:28Vous ne leur avez rien demandé,
18:29mais que ce soit dans l'ascenseur,
18:30sur le parking, etc.,
18:31ils vous pitchent tout le temps leur idée.
18:32Parce que là-bas,
18:33la philosophie,
18:33c'est le gâteau,
18:34il peut grossir
18:35et ensemble,
18:35on va le faire grossir.
18:36Et donc,
18:37c'est une conceptualisation assez différente.
18:38Je ne dis pas qu'il y en a une
18:39qui est meilleure que l'autre,
18:40mais forcément,
18:41dans les discussions,
18:42dans les interactions,
18:42dans la façon dont le savoir circule,
18:45on a des grosses différences
18:46entre les deux.
18:47Et encore une fois,
18:47je ne pense pas qu'il y a un modèle
18:48qui soit meilleur que l'autre,
18:49mais il faut avoir conscience de ça
18:50pour mieux réussir.
18:50Jules, pour compléter ?
18:51Non, d'ailleurs,
18:52ça, c'est un gros défaut,
18:53je trouve,
18:53qu'ont parfois
18:54certains entrepreneurs français
18:56ou d'autres nationalités,
18:58c'est qu'en fait,
18:58on a tendance,
18:59et moi,
18:59je fais cette erreur tout le temps
19:01et évidemment,
19:01tout le monde l'a fait,
19:02à vouloir se focaliser
19:04sur notre produit,
19:05sur notre idée,
19:06à ne pas vouloir la dire
19:08à certains dîners
19:08ou à certains amis.
19:10C'est la plus grosse erreur possible
19:12parce qu'en fait,
19:12votre idée seule dans votre tête,
19:14elle ne sert à rien.
19:15Votre idée face au marché,
19:16elle peut marcher.
19:18Et en fait,
19:18souvent,
19:19on est dans un espèce de mythe
19:20du c'est l'idée qui est importante,
19:22ça n'est pas l'idée.
19:23En fait,
19:23si l'idée trouve un marché,
19:24oui,
19:25mais comprendre le marché
19:26est beaucoup plus important
19:27que d'avoir une idée sortie de nulle part.
19:29Donc pour moi,
19:29là-dessus,
19:30si vous avez des idées,
19:31testez-les auprès des futurs clients
19:32ou du moins,
19:33auprès des potentiels concurrents,
19:35des potentiels acteurs
19:37qui ont déjà essayé
19:38de truster un peu le marché.
19:39Et voilà,
19:40testez-la.
19:41Alors,
19:41avoir une idée,
19:42certes,
19:43avoir les compétences
19:44pour développer cette idée
19:45et puis avoir aussi
19:46d'autres compétences
19:47pour être capable
19:48de structurer une entreprise,
19:50il ne faut pas oublier aussi
19:51qu'entreprendre,
19:52c'est être capable
19:53de comprendre un peu
19:54tous les enjeux
19:54autour de création de structures
19:56avec tout ce qui va
19:57avec la réalité
19:58d'un entrepreneur
19:59comme la vôtre.
20:00Je suppose
20:00qu'elle est faite
20:01de beaucoup d'autres sujets
20:02qu'uniquement les sujets
20:04de vos compétences premières,
20:06c'est-à-dire
20:06celles de votre entreprise.
20:08Assurément.
20:09Là,
20:09je vois plein de visages jeunes
20:10ou qui ont plus ou moins mon âge.
20:12Ne vous dites pas
20:13que moi,
20:13je suis né
20:14ou que Sixtine est né
20:15avec un espèce
20:15de bagage de compétences
20:17pour les entrepreneurs.
20:18On n'est pas né
20:19avec un bagage de compétences
20:20entrepreneur.
20:21Moi,
20:21je n'ai pas des parents
20:22qui m'ont formé
20:23à devenir entrepreneur.
20:24C'est juste que
20:24quand vous adressez un sujet,
20:26moi,
20:26j'ai commencé par créer
20:27un petit site web.
20:27j'avais 17 ans.
20:29Aucune idée d'un modèle économique,
20:30aucune idée d'un marché,
20:31rien.
20:31Je ne savais rien de tout ça.
20:33Après,
20:34la vie fait bien les choses.
20:35Vous allez croiser les gens
20:35qui ont des compétences en droit,
20:37qui vont vous expliquer.
20:38Ce n'est pas comme ça.
20:39Il faut déposer.
20:40Quand on fait un projet,
20:42il faut le cadrer.
20:43Il y a une valeur juridique.
20:44Derrière,
20:45on va vous expliquer
20:46qu'il y a aussi
20:48un sujet
20:48qui s'appelle
20:49la comptabilité.
20:50Et ça,
20:50vous ne le maîtrisez pas.
20:52Moi,
20:52je n'ai pas fait d'école.
20:53C'est en arrivant
20:55sur ma fin d'année
20:56qu'en fait,
20:56j'ai un comptable
20:57qui m'a dit
20:57on va faire le bilan.
20:58Et le bilan,
20:58on y mobilise comme ça.
20:59Voilà les charges.
21:00En fait,
21:00les compétences,
21:01on ne les a pas.
21:02Mais si vous avez la passion,
21:03c'est ça qu'il faut retenir.
21:04Si vous avez la passion,
21:05le reste viendra.
21:06C'est un vrai sujet
21:07parce qu'on a tendance
21:08parfois à se sentir
21:08un petit peu dépassé
21:09aussi par tous ces éléments extérieurs
21:11qui sont presque prépondérants
21:13dans le développement
21:14d'une société.
21:15Et pourtant,
21:15on n'a pas forcément
21:16les connaissances.
21:17Et il faut être capable
21:18de se reposer aussi
21:19sur d'autres professionnels,
21:21Mathieu.
21:21Vous avez dû le voir aussi
21:22entre la France
21:22et les Etats-Unis
21:23avec des réglementations différentes
21:25et des façons aussi
21:27de conduire un business différent.
21:28Tout à fait.
21:29Je dirais qu'un super pouvoir
21:30d'un bon entrepreneur,
21:31c'est la vulnérabilité.
21:32Ce qui peut paraître
21:33complètement contre-intuitif.
21:34Mais finalement,
21:35si vous acceptez
21:36que vous ne savez pas
21:37qu'il y a des champs
21:37qui savent mieux que vous
21:39et que vous acceptez
21:40que vous faites des erreurs,
21:41comme tu disais,
21:41le bilan la première fois,
21:43il n'est pas bien fait.
21:44Et donc,
21:45en fait,
21:45la vulnérabilité,
21:46c'est d'abord accepter
21:47je ne sais pas
21:48et je permets aux autres
21:51de m'aider.
21:52Il y a Steve Jobs
21:52qui avait aussi cette phrase
21:53où il disait
21:53à quoi bon embaucher
21:55les meilleurs talents
21:55si c'est pour leur dire quoi faire.
21:57Et donc,
21:57je pense qu'un entrepreneur,
21:59au-delà de l'image
22:00qu'il peut présenter à l'extérieur
22:01cette espèce de certitude
22:03qu'il peut avoir
22:03dans son business,
22:04dans son ambition,
22:05derrière,
22:06c'est quelqu'un
22:06qui doit aussi se montrer vulnérable
22:07pour permettre à ses équipes
22:08de l'aider,
22:09pour accepter l'aide,
22:11le conseil, etc.
22:12Et ça,
22:12ça va très loin
22:13avec la passion
22:14d'en parler juste.
22:15Sixtine,
22:15vous entreprendre,
22:16c'est créer à plusieurs
22:17et c'était le cas
22:18avec votre frère
22:19et deux autres associés
22:20comme je le disais
22:22précédemment.
22:23Et dans vos interviews,
22:24vous insistez très régulièrement
22:26sur la puissance du collectif
22:28entre soutien
22:29et avis pluriel d'un côté,
22:30risque de rupture
22:31et difficulté
22:31à maintenir aussi libre
22:33pro-perce de l'autre.
22:34Est-ce que vous conseillez
22:35finalement
22:35à tous les entrepreneurs
22:37de vous associer
22:38et après,
22:38on ira avec vous,
22:39Jules,
22:39parce que vous,
22:39c'est tout inverse.
22:40Sixtine.
22:42Alors oui,
22:42nous,
22:43la meilleure chose
22:43qu'on a pu faire
22:44depuis le début
22:45de la création
22:45de tout ce qu'on fait,
22:46c'est d'être plusieurs.
22:48Moi,
22:48je crois énormément
22:48depuis que je suis toute petite
22:49à la force du collectif.
22:50J'ai deux grands frères,
22:51on a toujours été très proches
22:52et j'ai vu ce que tu peux faire
22:54quand tu es plusieurs
22:54au sein d'un groupe,
22:55un groupe d'amis ou autres,
22:56c'est beaucoup plus puissant.
22:57Non seulement quand tu as une idée,
22:58tu peux te faire challenger,
23:00mais en plus,
23:00quand tu ne vas pas bien,
23:01les autres sont là
23:02pour tenir la baraque.
23:03Parce que c'est hyper difficile
23:04quand tu es seul
23:05et c'est pour ça
23:05que j'admire beaucoup Jules
23:07qui est un très très bon ami
23:08dans la vie privée
23:09parce que lui,
23:09je sais qu'il est entre guillemets
23:10seul associé.
23:12Et moi,
23:12je le vois bien,
23:13ça nous arrive tous les temps de temps,
23:14il y a l'un,
23:15on est quatre,
23:15il y a l'un de nos quatre
23:16qui est moins bon que l'autre
23:17en fonction des périodes.
23:18Mais c'est beaucoup plus facile
23:19quand il y a les trois autres
23:20ou si,
23:21mettons,
23:21vous êtes deux,
23:22qu'importe,
23:22qui sont là pour te rebooster,
23:24te soutenir et t'aider
23:24quand toi,
23:25tu vas moins bien
23:25parce qu'on n'est pas des robots.
23:27Il y aura forcément des moments
23:28où vous allez vous faire quitter,
23:35c'est normal que vous allez être
23:36moins bon dans le travail.
23:37C'est impossible autrement.
23:39Et pour être vraiment bon
23:40dans son travail,
23:40il faut être bien dans sa vie privée.
23:42Et le problème,
23:42c'est que si à un moment,
23:43t'as quelque chose de difficile
23:45qui t'arrive
23:45et que t'es tout seul
23:47et que t'oses pas t'en parler
23:48à ton équipe
23:49parce que tu te dis
23:50s'ils pensent que le CEO
23:51ou le boss va pas bien,
23:52ils vont penser que la boîte
23:53va pas bien aller
23:53donc ça va être compliqué.
23:54Si t'as des associés,
23:55c'est beaucoup plus facile.
23:56Tu peux compter sur eux,
23:58tu peux réussir
23:58à aller beaucoup plus loin.
23:59En fait,
24:00les gens disent beaucoup
24:01que seul tu vas plus vite,
24:05alors tu vas plus loin
24:06mais tu vas surtout
24:07beaucoup plus vite.
24:08Parce qu'au lieu d'avoir
24:09un seul TGV,
24:10t'en as 4, 3, 5, 6, 2
24:12en même temps.
24:12Ça dépend à combien
24:13tu entreprends.
24:14Et donc à la fin,
24:15tu peux construire
24:15quelque chose de beaucoup plus gros,
24:16beaucoup plus rapidement
24:17que si t'étais tout seul.
24:19Mais je sais que Jules
24:19sera sûrement pas d'accord avec moi.
24:20Pour se mettre d'accord
24:21à plusieurs,
24:21comment on fait ?
24:22Parce que développer aussi
24:23l'art du consensus,
24:23ça demande aussi forcément
24:24de développer d'autres qualités.
24:26Comment travailler en collectif
24:28quand on doit tout se mettre d'accord
24:30et qu'on n'est pas forcément d'accord ?
24:31C'est une très bonne question.
24:33Déjà, il y a exactement
24:34ce que tu disais tout à l'heure,
24:36c'est l'importance
24:36d'être hyper vulnérable.
24:37Quand tu entreprends,
24:38encore plus à plusieurs,
24:39tu dois avoir zéro ego.
24:41Ce qui compte, c'est le projet.
24:43Ce qui compte, c'est la vision
24:44et les objectifs
24:45que tu as mis dans ton projet.
24:46Qu'importe la décision que tu prends,
24:48ça doit aller dans ce sens-là.
24:49Donc même si vous mettez
24:51trop vos egos,
24:52effectivement,
24:52parfois il y a des décisions
24:53qui seront mal prises,
24:54pas en intérêt pour le projet,
24:56mais en intérêt pour le fait
24:57d'avoir raison.
24:58Et donc nous,
24:59on s'est vraiment mis
25:00un mécanisme
25:03depuis le début
25:03de ce qu'on a créé,
25:04c'est que
25:05tout ce qu'on fait,
25:06c'est pour la boîte.
25:08Indépendamment de nous,
25:08ça doit être pour la boîte.
25:09Et après,
25:09si tu as vraiment du mal
25:10à trancher,
25:11mais nous, en vrai,
25:12ça ne nous est jamais
25:12vraiment arrivé,
25:14tu te dis
25:15s'il y en a trois
25:16qui sont d'accord
25:17sur une décision ou autre.
25:18Après, on s'est répartis
25:19différemment en interne
25:20pour prendre des décisions,
25:21mais c'est juste
25:22le fait de se dire
25:22que c'est la boîte avant tout.
25:24C'est comme si c'était un enfant.
25:25C'est votre enfant avant tout.
25:26Et c'est exactement
25:26la même chose pour une boîte.
25:28Jules, entreprend à plusieurs,
25:29non, entreprend tout seul, oui.
25:30Je suis d'accord
25:31avec une partie
25:31de ce que tu as dit.
25:32Évidemment que pousser
25:33une voiture à plusieurs,
25:34c'est plus rapide
25:34que la pousser seule.
25:35Moi, j'ai baigné
25:36dans un univers
25:37qui est le sport collectif
25:39à travers le rugby.
25:40Nous, on ne marque pas
25:41un essai indépendamment
25:42de nos copains.
25:43C'est un essai collectif.
25:44Et la pénalité
25:46qu'on transforme,
25:47nous, chaque mois,
25:48chaque semaine,
25:49avec les différentes réalisations
25:50qu'on peut faire,
25:51on la transforme collectivement.
25:52Maintenant, j'ai deux exemples.
25:53J'ai l'exemple
25:54dans mes meilleurs amis
25:55de Sixtine et de son frère
25:56qui ont monté une super boîte
25:57à plusieurs associés
25:58et qui marchent très bien.
25:59Et j'ai l'exemple
26:00d'un autre ami
26:00qui a fermé
26:01à cause de problèmes
26:02d'alignement avec des associés.
26:04Moi, je suis entre les deux.
26:05Donc, parfois,
26:05je prends le bon
26:06et j'essaye de tirer aussi
26:07ce que je peux comprendre
26:08du danger que ça peut comporter.
26:11Et je me dis que, en fait,
26:13mon but,
26:14c'est de fédérer un collectif.
26:15Donc, étant donné
26:16que j'ai créé ma boîte seule,
26:17je ne pourrai pas, demain,
26:18trouver un associé
26:19qui comptera autant que moi.
26:20C'est évident.
26:21Donc, soit je me dis
26:22c'est dommage,
26:23je suis seul,
26:24donc, fatalement,
26:25je vais rencontrer
26:26plein de problèmes.
26:26Soit je me dis, en fait,
26:27mon équipe,
26:28c'est mon collectif
26:29et je dois faire le maximum
26:30pour les associer
26:32autant que moi au résultat,
26:33pour les associer
26:34autant que moi au projet.
26:35Et c'est ce qu'on fait
26:35depuis longtemps.
26:36J'ai vu dans la salle
26:37mon plus ancien salarié
26:38qui nous a quittés récemment.
26:40Malheureusement,
26:41c'est comme ça.
26:42Et par exemple,
26:44ce salarié, donc, Lucas,
26:45a fait partie
26:45de tout le processus
26:47de création de la boîte,
26:48a participé
26:48à toutes les étapes,
26:50les lancements
26:50des premiers projets clients,
26:52la première levée de fonds.
26:53Et aujourd'hui,
26:54on est une dizaine.
26:55J'ai deux, trois salariés
26:56qui sont avec moi
26:56depuis trois ans.
26:57Ils font partie intégrante
26:59de la boîte.
27:00Donc, le sujet,
27:01c'est le collectif.
27:02Ce n'est pas forcément
27:02les associés pour moi.
27:03Évidemment qu'au début,
27:04sur les trois premiers mois,
27:04c'est toujours mieux
27:05d'avoir trois personnes
27:06avec soi qui ne sont pas payées,
27:07qui acceptent de travailler
27:08jour et nuit,
27:09qui sont dans le même état d'esprit
27:10que le vôtre.
27:11Parce que quand on monte une boîte,
27:12il faut accepter,
27:13un, de ne pas toucher d'argent
27:14pendant un long moment,
27:16deux, de galérer.
27:17On rencontre des clients
27:18qui ne veulent pas notre produit
27:19ou qui n'achèteront pas
27:20ce qu'on essaie de leur vendre.
27:21Donc, on se prend beaucoup de baffes.
27:23C'est mieux de prendre des baffes
27:23à plusieurs que seuls.
27:24C'est vrai.
27:24Donc, soyez fort mentalement.
27:26Mais, une fois qu'on a une équipe,
27:28comme tu disais,
27:29le recrutement, c'est la clé.
27:31Prenez, s'il vous faut
27:32trois semaines, un mois
27:33pour recruter une personne,
27:34prenez-le.
27:35N'essayez pas de vous convaincre
27:36en un rendez-vous
27:37que c'est la bonne personne.
27:38Puisque le temps que ça vous prendra
27:40de la sortir
27:41si cette personne-là
27:41n'est pas alignée
27:42ou n'est pas adaptée
27:43à votre boîte,
27:44ce sera vraiment un temps perdu
27:45versus le temps
27:46que vous aurez perdu
27:47à la recruter.
27:48Donc, fédérer un collectif aligné.
27:49Et pas que du temps perdu.
27:50Pas que du temps perdu.
27:51De l'argent perdu aussi.
27:53Donc, recruter,
27:54c'est investir sur du capital humain
27:56et aussi, bien sûr,
27:57du capital économique.
27:58Mathieu, on l'a compris,
28:00première entreprise
28:01aux Etats-Unis
28:01qui ne fonctionne pas
28:03de part aussi le fait
28:04que vous êtes mal entouré
28:05entreprendre seul ou à plusieurs ?
28:07Je dirais que,
28:08pour ajouter à ce qui a été dit
28:09qui est très juste,
28:09il faut aussi conceptualiser
28:11l'entreprise
28:11comme une sorte
28:12d'organisme vivant.
28:13C'est-à-dire que l'entreprise
28:14n'est pas du tout la même
28:15au premier jour
28:16qu'au dixième jour
28:17qu'à la dixième année.
28:19Et Scolab, en l'occurrence,
28:20c'est une boîte
28:20qui a presque 20 ans.
28:21Donc, il y a eu beaucoup
28:22aussi de mutations, etc.
28:25Et en fait,
28:26il y a des moments
28:26où il y a des gens
28:27qui sont parfaits
28:28pour faire le 0 à 1,
28:29vraiment,
28:29comme tu le disais,
28:30de ne pas dormir la nuit,
28:31de ne pas être payé, etc.,
28:32qui ne sont pas forcément
28:33les mêmes,
28:33qui seront parfaits
28:34pour faire de 1 à 10,
28:35de 10 à 100, etc.
28:37Donc, je pense qu'il faut
28:38aussi conceptualiser
28:39les choses dans le temps
28:40et se dire
28:40que c'est un organisme vivant
28:41qui va changer,
28:42qui va peut-être avoir
28:42des greffes,
28:43comme c'était le cas
28:44pour toi, Jules,
28:44qui a récemment acquis
28:45une nouvelle société.
28:46Et donc, le collectif,
28:47ça respire, en fait.
28:49Ça va, ça vient
28:49et il faut l'accepter.
28:51Il n'y a rien qui est immuable
28:52et il faut aussi embrasser
28:53cette espèce de déséquilibre
28:54et réinventer en permanence
28:56l'organisation,
28:57sa mission
28:57et puis la façon
28:58de la développer.
28:59Sixtine Allon,
29:00sur le terrain
29:00de l'entrepreneur
29:01et de son image,
29:02parlons de personal branding
29:04puisque dans le cadre
29:04de votre groupe,
29:05vous développez aussi
29:05une branche
29:06à destination
29:07des entrepreneurs.
29:09Quel conseil
29:09en personal branding
29:10donneriez-vous à quelqu'un
29:11qui veut monter sa boîte
29:12sachant que c'est
29:12quasi maintenant fondamental.
29:14On le voit
29:15avec des chefs d'entreprise
29:17de toutes sortes,
29:18avec des entreprises
29:19de toute taille
29:19qui sont obligés aussi,
29:20bien sûr,
29:21de créer et de développer
29:22une image qui va
29:23dans le sens de leur entreprise.
29:25Complètement.
29:25En gros, c'est juste,
29:26c'est un parti
29:27d'un conseil très simple.
29:28Le personal branding,
29:28je pense que vous devez
29:29voir ça passer
29:30de plus en plus
29:31des entrepreneurs
29:31qui importent
29:32dans les thématiques
29:33dans lesquelles ils sont
29:33qui s'exposent
29:34sur les réseaux sociaux,
29:35qui partagent du contenu
29:36sur leurs thématiques.
29:37C'est devenu aujourd'hui
29:38pour moi l'une des choses
29:39les plus importantes
29:40quand tu entreprends
29:41parce que
29:42quand tu développes
29:43tes réseaux sociaux,
29:44c'est comme si tu avais
29:45une carte de visite
29:46qui était constamment exposée
29:47auprès de centaines
29:48de personnes au début,
29:49milliers, dizaines de milliers,
29:50centaines de milliers de gens.
29:52Imaginez la puissance
29:53que c'est
29:53d'avoir juste votre image
29:55qui est constamment exposée
29:56parce que, évidemment,
29:57vous partagez du contenu
29:58qui est intéressant,
29:59on est d'accord,
30:00qui apporte de la valeur
30:01ajoutée aux gens
30:01dans leurs propres thématiques.
30:03Mais imaginez la puissance
30:04que c'est
30:04pour vous démarquer
30:05de vos concurrents.
30:06Moi, je connais énormément
30:07de gens
30:08qui, leur boîte marche
30:09dix fois mieux
30:10parce qu'ils sont plus exposés
30:11que leurs concurrents
30:12alors que je sais
30:12que les services en interne
30:14sont moins bons
30:14que leurs concurrents.
30:15Tu peux dix fois mieux réussir
30:17même si tu es moins bon
30:19que les autres
30:19parce que tu es
30:20beaucoup plus exposé.
30:21Aujourd'hui,
30:21on est sur une guerre
30:22d'exposition.
30:23On n'est plus sur une guerre
30:24de produits.
30:25C'est extrêmement différent.
30:26Et c'est pour ça
30:27que c'est hyper important
30:28d'aller sur les réseaux sociaux.
30:29Donc, je ne vous dis pas
30:29de publier du contenu
30:31comme ce qu'on peut voir
30:32beaucoup sur, par exemple,
30:33un réseau comme LinkedIn
30:33qui est très professionnel
30:34qui devient de plus en plus
30:36à la Facebook,
30:36à l'Instagram
30:37où on partage beaucoup plus
30:38sa vie privée.
30:39Il n'y a pas besoin
30:40de le faire
30:40et d'être comme ça
30:41pour avoir des abonnés
30:43et avoir une communauté.
30:45C'est juste que
30:45si vous développez
30:47une communauté
30:48autour du marché
30:48dans lequel vous êtes
30:49ou vous voulez vous développer
30:50parce que vous pouvez
30:51d'abord commencer
30:51par vos réseaux sociaux
30:52puis développer votre business après,
30:54c'est juste que
30:54tous vos futurs clients,
30:55peut-être vos futurs partenaires,
30:57peut-être vos futurs associés,
30:58même peut-être
30:58vos futurs recrutements
30:59seront déjà dans votre communauté.
31:01Imaginez la puissance
31:02que c'est
31:03de tant gagner,
31:04d'être autant exposé
31:05parce que du coup,
31:06dans la tête des gens,
31:06dès qu'ils ont un besoin,
31:07ils pensent à vous
31:08mais que ce soit
31:08un besoin financier
31:09de recrutement,
31:10d'investissement ou autre.
31:11C'est pour ça
31:11que c'est hyper puissant
31:12et c'est pour ça
31:13que je recommande
31:13à n'importe qui de le faire.
31:15Après, je ne vais pas rentrer
31:15dans les détails
31:16parce que sinon,
31:16on en a pour 2 à 5 heures
31:17de formation.
31:18Ce serait trop long.
31:19qui n'est pas encore
31:20l'objet de nos échanges.
31:21En revanche,
31:22le personnel branding
31:23permet-il de dédiaboliser
31:24finalement l'image
31:26des chefs d'entreprise
31:27parce qu'on est aussi
31:28dans une société
31:29où effectivement
31:31les chefs d'entreprise
31:32sont parfois critiqués
31:33de par les sommes
31:35qu'ils peuvent créer,
31:37qu'ils peuvent rapporter au pays.
31:38Est-ce que ça permet
31:39de dédiaboliser un petit peu
31:40ces images-là ?
31:41Non, pas forcément.
31:42Si on prend l'exemple
31:43de Bernard Arnault
31:44qui a un personnel branding
31:45juste parce que
31:46c'est la personne
31:47la plus connue en France
31:47dans l'entrepreneuriat,
31:48c'est l'une des personnes
31:49les plus critiquées en France
31:50parce que c'est un constat fou
31:51en France
31:51et que quand tu réussis
31:52t'es détesté.
31:53Alors que je pense
31:53que c'est la personne
31:54qui paye le plus d'impôts
31:55et qui emploie le plus de gens
31:55mais bref,
31:56ça c'est les contradictions
31:58de notre merveilleux pays
31:59mais non,
32:00c'est juste que
32:02pas forcément
32:02parce que tu peux justement
32:03décider d'avoir
32:04un personnel branding
32:04qui est clivant,
32:05c'est-à-dire que tu es
32:06très tranché
32:07sur tes propres sujets
32:08et donc tu peux aussi
32:09te construire en opposition
32:10par rapport à plein d'autres sujets.
32:12Donc en fait,
32:12tu peux à la fois avoir
32:13d'autres gens
32:14qui s'inventent
32:14complètement une vie
32:15sur les réseaux sociaux
32:15et quand tu les rencontres
32:16en vrai,
32:16ils sont hyper différents
32:17et comme tu peux avoir
32:18des gens qui vont
32:18se diaboliser exprès
32:20pour se protéger aussi,
32:21tu peux avoir de tout.
32:22L'avantage,
32:22c'est que ça reste du marketing
32:23donc tu peux mettre
32:24en avant ce que tu veux
32:25mais je reste quand même
32:26convaincue que plus tu restes
32:27comme t'es sur les réseaux sociaux
32:27et dans la réalité,
32:29mieux ce sera.
32:29Jules va-t-il être d'accord
32:30avec ce que vous venez de dire ?
32:31Eh bien,
32:32telle est la question, Jules.
32:33Non, en quelques secondes.
32:34Non, en quelques secondes.
32:36Justement,
32:36Bernard Arnault,
32:37il ne se personnel brène pas.
32:38En fait,
32:38il est très médiatisé.
32:40Son âgé annuel
32:41est très médiatisé elle aussi
32:42donc on a des extraits
32:43de Bernard Arnault
32:44qui expliquent
32:45qu'il n'est pas d'accord
32:46avec la politique de ce pays
32:47et qu'il souhaite grossir plus
32:49et qu'il grossira ailleurs.
32:50Mais à l'inverse,
32:51par exemple,
32:52sur un Xavier Niel,
32:53un Xavier Niel
32:53qui est aussi médiatisé
32:55que Bernard Arnault
32:55mais qui se personnel brène,
32:56qui a un compte Twitter,
32:57qui utilise les réseaux sociaux
32:59comme personne,
33:00qui se médiatise aussi lui-même
33:02à travers des actions
33:03qu'il génère,
33:04c'est-à-dire la pièce de théâtre
33:05qu'il a fait récemment.
33:06Lui maîtrise sa communication
33:08de A à Z
33:08puisque s'il décide de dire
33:09je ne sais pas si vous êtes allé voir
33:11la pièce de Xavier Niel
33:12mais c'est un absolu chef-d'oeuvre
33:14il commence par dire
33:15si vous voulez devenir milliardaire
33:16le premier conseil
33:17c'est aller en prison.
33:19Si ça avait été relaté
33:20sur un média
33:22et que le média avait expliqué
33:23que Xavier Niel
33:24conseille d'aller en prison
33:24les gens n'auraient pas compris.
33:26Mais là,
33:26il maîtrise son audience de A à Z.
33:27Un,
33:27il maîtrise l'audience réelle.
33:29Deux,
33:29étant donné qu'il maîtrise
33:30ses extraits à lui
33:30et qu'il n'y a pas de média dans la salle
33:31il maîtrise les gens
33:33qu'il va toucher
33:33et donc l'extrait est plus long
33:34et il explique
33:35non,
33:35n'allez pas en prison
33:36mais titille la ligne orange
33:37et ne franchissez pas la ligne rouge.
33:39Et donc c'est ça la différence
33:40entre le personnel brandé
33:41mais par dépit
33:42parce qu'en fait il est connu
33:43et donc évidemment
33:44on le filme
33:44on rediffuse
33:45ce qui ne nous arrive pas
33:46parce que nous ne sommes pas connus
33:47et les personnels brandés
33:48qui se volontent
33:49enfin volontairement
33:50se personnellent
33:50et donc maîtrisent leur audience
33:52ce qui est ton cas
33:53finalement.
33:54Oui mais toi
33:54si tu penses que Bernard Arnaud
33:55ne dirige pas ça comme
33:57on va poursuivre là-dessus
33:59on va partir en débat
34:01déjà il possède des médias
34:03finalement le projet
34:04l'homme ou la femme
34:06doit être plus forte
34:07que le projet
34:07ou l'inverse Mathieu
34:09parce que ça sous-tend
34:09finalement cette question-là
34:10Moi je dirais que
34:11je parlais d'être vivant tout à l'heure
34:13je pense que c'est
34:14deux organismes vivants
34:15en fait à part entière
34:17et même sur l'introduction
34:18que tu faisais
34:18de ce plateau-là
34:19et de l'échec
34:20tu disais
34:20il y a énormément de start-up
34:21qui échouent
34:22une start-up peut échouer
34:24un entrepreneur peut réussir
34:25dans le même projet
34:26et donc je pense
34:26qu'il y a tout à fait matière
34:27à distinguer les deux
34:28il y a beaucoup de start-up
34:30comme j'expliquais tout à l'heure
34:31où en fait
34:31il y a un fondateur qui arrive
34:32et puis à partir
34:33d'une certaine taille
34:34ce n'est plus lui
34:34qui gère la start-up
34:36parce qu'il n'est pas capé pour ça
34:37il n'est pas câblé pour ça
34:38et la compagnie continue
34:40sans le fondateur
34:41qui lui-même
34:41va refaire autre chose
34:42donc je pense que
34:42on peut très bien distinguer
34:44un petit peu
34:44l'oeuvre de l'artiste
34:45et la compagnie du fondateur
34:47et les deux peuvent réussir
34:49de façon séparée
34:50ou de façon unique
34:50Avant de se tourner
34:51vers notre public
34:53qui aura aussi bien sûr
34:54quelques minutes
34:55pour vous poser des questions
34:57Mathieu, quel est le principal conseil
34:59que vous donneriez
35:00aux entrepreneurs
35:01ou aux aspirants entrepreneurs ?
35:04Je vais rebondir
35:05sur ce que Sixtine disait
35:06tout à l'heure
35:07en fait sur la présence
35:08et notamment le rôle
35:09des réseaux sociaux
35:11je pense que
35:12quand on entend parler
35:13d'entrepreneuriat
35:14on entend souvent parler
35:14il faut avoir un vrai problème
35:16qu'il faut résoudre
35:17et il faut avoir un bon produit
35:19en fait ça c'est déjà
35:20un très bon début
35:21mais il manque une pierre essentielle
35:23qui est la façon
35:24dont je vais mettre ce produit
35:25en face de tous ces usagers
35:26et tous les jours je vois
35:27et moi-même aujourd'hui
35:28en parler de School Lab
35:29je monte une start-up
35:30dans la santé
35:32qu'on pitche
35:33comme le Netflix d'Alzheimer
35:34pour les gens qui ont Alzheimer
35:35et en fait on a
35:36un vrai gros problème
35:38un produit qui est excellent
35:40et les gens nous le disent
35:40mais maintenant
35:41le plus dur commence
35:42c'est comment est-ce qu'on fait en sorte
35:43que tout le monde le voit
35:45que les personnes
35:46qui doivent l'utiliser
35:47le voient
35:48c'est le fameux go-to-market
35:49qui est souvent complètement
35:50sous-estimé
35:52et c'est ça qui va faire
35:53que votre start-up
35:54va réussir ou pas
35:55on peut avoir le meilleur produit
35:56qui répond aux plus grands
35:57des problèmes du monde
35:58si on n'est pas capable
35:59de le distribuer
36:00ça ne servira pas
36:01beaucoup plus
36:01que comme tu disais Jules
36:02avoir une super idée
36:04dans ta tête
36:04ça ne va pas très loin
36:05le fameux savoir-faire
36:06et le faire savoir
36:07ça c'est aussi
36:07un véritable sujet
36:09Jules
36:10le conseil
36:11alors moi le premier conseil
36:12c'est ne vous fiez
36:13jamais
36:14au conseil qu'on vous donne
36:15on est tous
36:16très différents
36:17on est tous
36:18très différents
36:19alors vos proches
36:20ne sont pas les meilleures
36:21personnes pour vous conseiller
36:22si vous avez
36:23cette flamme intérieure
36:24ce truc qui vous fait
36:24vous lever le matin
36:25que personne n'a
36:26c'est pas la personne
36:27qui ne l'a pas
36:27qui va vous conseiller
36:28pour que vous deveniez
36:29ce qu'elle ne deviendra pas
36:30comprenez
36:31donc déjà
36:31ne vous fiez pas au conseil
36:33écoutez évidemment
36:34écoutez des interviews
36:36lisez
36:37voilà
36:37gribouillez sur votre papier
36:38essayez de construire
36:39la meilleure idée
36:40qui puisse être
36:41et deux
36:42évidemment
36:45pitchez
36:46expliquez ce que vous voulez faire
36:47aux bonnes personnes
36:48donc quand je dis
36:49bonnes personnes
36:49c'est le marché
36:50les gens qui travaillent
36:51des gens qui peuvent
36:52avoir des retours d'expérience
36:53qui soient vraiment utiles
36:54et qui auront des conseils
36:55qui là pour le coup
36:56parce que crédibilité
36:57du message passé
36:59ben voilà
37:00porteront
37:00donc pour moi
37:01le conseil le plus important
37:02si je devais en donner un
37:03c'est
37:04tester votre idée
37:05auprès des gens
37:06qui potentiellement
37:06l'achèteront demain
37:07si vous restez juste seul
37:09cloîtré
37:09avec votre petite idée
37:10et l'idée que vous vous faites
37:12de cette idée
37:12c'est pas mort
37:14mais vous allez galérer
37:15alors que si vous la pitchez
37:16vous allez pivoter très vite
37:17avant que le produit
37:18soit déjà
37:18un peu
37:19un peu abouti
37:20donc compliqué
37:21à sorcer dans tous les sens
37:22voilà
37:23testez le
37:24Sixtine
37:25moi je rebondis juste
37:26comme premier conseil
37:27j'en ai un deuxième
37:27qui est rapide
37:28mais sur ce que dit Jules
37:28même une manière très concrète
37:30de tester quelque chose
37:31mettons vous avez
37:32vous voulez vendre
37:32un produit qui est hyper
37:33B2C
37:34vêtements, bijoux
37:35qu'importe
37:35n'hésitez pas
37:36à faire une story Instagram
37:37même avec un nouveau compte
37:39vous proposez
37:40deux styles de t-shirts différents
37:41deux styles de chaussures différents
37:42deux styles de raquettes différents
37:44ce que vous voulez
37:44vous pubez ça
37:4610, 20, 30, 40, 50, 100 euros
37:48et vous dites aux gens
37:49des inconnus
37:49parce que du coup
37:50ça va être balancé dans l'algorithme
37:51lequel des deux
37:52ils devraient choisir
37:52et à la fin
37:53c'est beaucoup plus facile
37:54de savoir
37:55déjà si le produit
37:56plaît tout court
37:57en fonction du nombre de votes
37:58et lequel des deux
37:59vous devriez commencer
38:00à commercialiser en premier
38:01vous voyez ce que je veux dire
38:02en fait c'est de tester
38:03même auprès de gens
38:04que vous ne connaissez pas
38:04grâce aux réseaux sociaux
38:05vous pouvez hyper facilement faire ça
38:07à des coûts
38:08mais qui ne sont rien du tout
38:09parce qu'à la base
38:09c'est juste sur un design
38:10que vous pouvez juste tester
38:11sur les réseaux sociaux
38:11donc il faut une audience
38:13non
38:13tu peux le faire sans audience
38:14si tu le pub
38:15si tu payes
38:16tu peux le faire sans audience
38:17ça le balance dans l'algorithme
38:18et ça envoie à plein de gens
38:20très facilement
38:21puber
38:21avec des ads
38:22publication sponsorisée
38:23pour bien comprendre
38:24oui ça
38:24mais tu peux payer ça
38:25très peu cher
38:25et en fonction du prix
38:27que tu payes
38:27ça envoie à plus ou moins de gens
38:28mais déjà au moins
38:28ça permet beaucoup plus facilement
38:29d'avoir un retour
38:31sur un produit
38:31que vous voudriez lancer
38:32si votre entourage
38:33vous avez un doute
38:34et je suis d'accord avec Jules
38:34il faut le tester
38:35beaucoup plus élargi
38:36que son entourage
38:37il y a des liens émotionnels
38:38avec vous
38:38et donc évidemment
38:39ça va forcément être faussé
38:40dans un sens comme dans l'autre
38:41le dernier conseil
38:42qui est le plus important pour moi
38:44c'est le fait d'entreprendre
38:45à plusieurs
38:46nous ça a été la meilleure décision
38:47de notre vie
38:47c'est outre l'aspect
38:49que l'aventure est géniale
38:50c'est que c'est une aventure humaine
38:51avant tout
38:51moi quand je suis en vacances
38:53vraiment c'est le premier degré
38:54j'étais partie en Thaïlande
38:55faire de la boxe
38:56donc vraiment j'adore la boxe
38:57c'est une de mes passions
38:58au bout de trois jours
38:59j'avais envie de rentrer à Paris
39:00alors que j'avais prévu
39:00deux semaines et demie de vacances
39:01j'avais jamais fait une coupure
39:02aussi grosse d'affilée
39:03j'étais déprimée
39:04j'avais envie de pleurer
39:05et là je me suis dit
39:07ok j'étais partie avec mon copain
39:08donc je me suis dit
39:09bon alors ça va être compliqué
39:10c'est à dire peut-être
39:10qu'il faut que je rentre
39:11et que je quitte mon copain
39:12parce que c'est que ça va pas du tout
39:13faites pas du tout
39:13c'est que la drogue
39:15c'était le fait juste
39:15que ma boîte me manquait
39:17mon travail me manquait
39:18et mes associés me manquaient
39:19et en fait il faut pas oublier
39:20que c'est une aventure humaine
39:21c'est pas une aventure financière
39:23donc plus vous allez avoir
39:24des difficultés
39:25plus si vous êtes entouré
39:26de vos proches
39:26vous allez tellement
39:27beaucoup plus apprécier
39:29les affronter
39:29et vous allez tellement
39:30plus adorer ça
39:31que n'importe quoi d'autre
39:32en fait autour de vous
39:33on partagera cette séquence
39:34auprès de vos associés
39:35on se tourne vers notre public
39:36qui a j'en suis certain
39:37des questions à vous poser
39:39entrepreneuriat
39:39Instagram versus réalité
39:41tel était le sujet
39:42de notre conférence
39:43et nous allons naturellement
39:44et bien vous tendre le micro
39:46bonjour
39:47on vous laisse au sein
39:48juste de vous présenter
39:48bonjour
39:50je vais poser une question
39:51pour Sixtine
39:53parce qu'il y a eu un sujet
39:54sur le recrutement
39:55avec le temps
39:56et aussi l'argent
39:57là je t'ai vu bien réagir
39:59et je voudrais justement
39:59que tu puisses développer
40:00un exemple
40:00où vous avez perdu
40:01beaucoup d'argent
40:02à cause d'un recrutement
40:03et c'était quoi l'erreur
40:04qu'est-ce que la personne
40:05a fait pour perdre
40:06beaucoup d'argent
40:08je réfléchis à ce que je peux dire
40:09et peut pas dire
40:10non je rigole
40:10non c'est juste
40:11en fait quand tu recrutes quelqu'un
40:13et moi le nombre de fois
40:14où j'ai recruté
40:15tellement vite quelqu'un
40:16parce que tu fais confiance
40:17à ta bras droit
40:17qu'il le recrute à ta place
40:18tu fais confiance
40:19moi j'ai un frère
40:19qui s'excite
40:20dans le bon sens du terme
40:21très facilement
40:21qui est très enthousiaste
40:23très facilement
40:23donc tu peux faire des erreurs
40:25très très vite
40:26je sais pas pourquoi
40:27mon micro résonne
40:27mais bon c'est pas grave
40:28et en fait
40:29si tu recrutes quelqu'un
40:30et que tu valides
40:31sa période d'essai
40:32on est en France
40:33pour renvoyer quelqu'un
40:34c'est toujours en faveur
40:36de l'employé
40:37et pas de l'employeur
40:38donc tu dois faire ça
40:39le mieux possible
40:40et après
40:40si tu veux vraiment
40:41éviter qu'il y ait des problèmes
40:42tu fais des ruptures conventionnelles
40:43ça peut coûter de l'argent
40:44t'as des indemnités légales
40:45de licenciement
40:46et en fait
40:46tu rajoutes ça à des frais
40:47en plus du fait
40:48que si tu renvoies la personne
40:49c'est qu'il y a un mismatch
40:50et donc que la personne
40:51est pas assez rentable
40:52et que ne travaille pas assez bien
40:54soit elle est pas assez douée
40:55soit juste elle ne matche pas
40:56avec ta boîte
40:56ou avec ta culture de boîte
40:57enfin il y a plein de raisons possibles
40:59et donc le problème
41:00c'est que du coup
41:00tu perds du temps
41:01de l'argent quand tu la renvoies
41:02de l'argent quand tu l'as employé
41:03et en fait du coup
41:04ça fait plusieurs mois de salaire
41:05que t'as soit pas investi ailleurs
41:07soit que t'as pas investi
41:07sur une autre personne
41:08et qu'au début
41:09quand t'entreprends
41:10ça peut te coûter très cher
41:11et donc c'est pour ça
41:13qu'il faut vraiment
41:13vraiment faire attention
41:14je me permets
41:15on va faire le tour
41:15on a pas des chiffres
41:17mais on respecte
41:18si vous ne voulez pas
41:19donner des chiffres
41:19on continue
41:20de faire notre tour
41:21de public
41:23il y a beaucoup de questions
41:25on a quelques mains levées
41:25on va essayer de prendre
41:26le plus de questions possible
41:27je vais vous demander
41:27de faire de courtes réponses
41:29s'il vous plaît
41:30bonjour
41:30bonjour
41:31votre prénom
41:33Alvaro Erencia
41:34je suis paruivien
41:35je suis venu ici en France
41:36pour faire mes études
41:38et surtout je suis rentré
41:39dans une école de commerce
41:39juste parce qu'il y avait
41:40un incubateur
41:42moi ma question
41:43c'est
41:44comment avez-vous fait
41:45pour vous faire prendre
41:46au sérieux
41:47quand vous étiez jeune
41:48parce que pour nous
41:49c'est le problème
41:52plus grand qu'on a
41:53parce que je suis jeune
41:54et parce que je suis étranger
41:55aussi
41:56donc on ne sait pas
41:58comment se faire prendre au sérieux
42:00comment rester crédible
42:01tout en créant
42:02et en étant jeune
42:03déjà le premier conseil
42:04déjà bravo de faire le pas
42:05parce que c'est couillu
42:06le premier conseil
42:08que je te donnerai
42:08c'est fais-toi m'entourer
42:10appuie-toi sur 2-3 personnes
42:12très crédibles
42:13dans leur industrie
42:14si possible
42:15proche de la tienne
42:16qui pourront te recommander
42:18parce que si on te recommande
42:20c'est pas ta crédibilité
42:21qui est en jeu
42:22c'est la crédibilité
42:22de la personne
42:23qui te recommande
42:23donc tu vas jouir
42:24de la réputation
42:26de cette personne là
42:26donc entoure-toi
42:27de 2-3 personnes
42:28qui seront vraiment
42:29tes points d'ancrage
42:30et qui si t'as besoin
42:31d'une introduction
42:31si t'as besoin de tester
42:33évidemment une idée
42:34elles seront les bonnes personnes
42:35pour te répondre
42:36voilà
42:36c'est la bonne
42:37alors il faut pas écouter
42:38les conseils
42:38mais il faut s'est remontouré
42:39c'est ça
42:39je plaisante
42:40on va continuer
42:40notre tour de salle
42:42je comprends juste
42:43un truc hyper important
42:44cette phrase
42:45fake it until you make it
42:47vraiment
42:48vraiment
42:49prends-la vraiment à coeur
42:51et nous on va prendre à coeur
42:52et aussi on va prendre
42:52une autre question
42:53on va
42:54et bien voilà
42:54tendre le micro
42:55à une autre personne
42:56ici dans cette salle
42:58pour nos deux dernières minutes
42:59bonjour
43:01oui bonjour
43:01allo
43:02ouais ok
43:04moi j'ai une question
43:05c'est
43:05je trouve que
43:07l'entrepreneuriat
43:08à l'américaine
43:09il y a eu un gros impact
43:10sur la France
43:11l'Europe
43:12etc
43:13on a quelqu'un
43:14qui vient d'Amérique
43:15je trouve ça intéressant
43:16est-ce qu'il y a
43:17une sorte d'entrepreneuriat
43:20à l'européenne
43:21à la française
43:23oui c'est une excellente question
43:25je vais la faire courte
43:26il faut savoir que
43:27dans le monde entier
43:29les gens nous envient
43:31les ingénieurs français
43:32et je fais juste
43:34une tout petite nuance
43:36entrepreneur ne veut pas
43:37forcément dire CEO
43:38et il y a des entrepreneurs
43:40qui sont aussi des gens techniques
43:41et il y a un entrepreneuriat
43:42à la française
43:43par exemple dans la Silicon Valley
43:44les gens qui maîtrisent
43:46les protocoles
43:47d'intelligence artificielle
43:48dans les grandes boîtes
43:48de la tech
43:48sont à peu près tous français
43:50parce qu'en fait
43:51il y a un savoir-faire
43:52absolument incroyable
43:53en termes de technique
43:54et en termes d'ingénierie
43:55donc ça c'est extrêmement reconnu
43:57et la deuxième chose
43:58et je fais vraiment très très vite
43:59il y a eu une vague
44:00de green tech aux Etats-Unis
44:02avec Joe Biden
44:02quand il est arrivé
44:03qui a mis en place
44:04le Green New Deal
44:04et là en fait
44:05les Européens
44:06ont tous été scrutés
44:09parce que vous
44:09vous comprenez la régulation
44:10vous vous comprenez
44:11ce que ça veut dire
44:12que faire des sujets
44:13environnementaux etc
44:14et d'un coup en fait
44:15la réputation
44:16d'un entrepreneur européen
44:17a été boostée
44:18parce qu'il y a des savoir-faire
44:19qu'on a ici
44:20il y a des façons de penser
44:21qu'ils n'ont pas aux Etats-Unis
44:22je vous propose de prendre
44:23de nouvelles questions
44:26et je vous invite à vous présenter
44:27pour faire connaissance
44:28également avec
44:29notre intervenante
44:30et nos deux intervenants
44:31bonjour
44:31votre prénom
44:33Eden
44:34bonjour
44:34donc moi je suis assez jeune
44:36je suis encore dans mes études
44:37et je voulais savoir
44:39là par exemple
44:40j'ai envie de faire un amateur
44:41puisque c'est pas vraiment ça
44:43et qu'on nous a pas tellement appris
44:44à manager
44:47quelles études vous conseillerez
44:48en France
44:49puisqu'on est en France
44:50pour entreprendre
44:53alors Sixtine
44:54on veut pas s'aventurer là-dedans
44:55au vu de sa réponse préalable
44:56donc nous basculons vers Jules
44:58qui a peut-être la réponse
45:00Sixtine
45:00t'aurais répondu quoi toi ?
45:02moi j'aurais répondu
45:03il n'y a pas d'études
45:03à part
45:04j'aurais aussi répondu ça
45:06étant donné ma posture
45:07mais
45:08pour t'en donner un
45:09je te donnerais le master
45:10entrepreneuriat
45:11HEC
45:11tous ceux qui sortent
45:13de ce master là
45:14honnêtement
45:15sont plutôt des bruts
45:16donc
45:17un truc hyper facile à avoir
45:20non mais
45:20t'es dans quelle école ?
45:22moi je suis
45:23en école d'immobilier
45:25à l'ESPI ?
45:27oui je suis à l'ESPI
45:27c'est super
45:28tu peux candidater
45:29ça fonctionnera
45:30bah oui
45:30pourquoi pas
45:31non mais je peux essayer
45:32non mais ça
45:32il faut essayer
45:33ça c'est sûr
45:34après
45:35moi je te recommande plus
45:36de me poser la question
45:37j'avais pensé à HEC
45:38mais je m'étais dit
45:39ils me prendront sans doute pas
45:40mais essaye quand même
45:41si tout le monde se dit ça
45:43personne ne rentre à HEC
45:44enfin je veux dire
45:44il faut que tu y ailles
45:45et sinon au pire
45:46s'ils te refusent
45:47tu crées ta boîte
45:47puis voilà
45:49exactement
45:49dans les contraintes
45:50que naissent les meilleures idées
45:51là c'est sûr
45:52merci
45:54d'autres questions
45:54à prendre avec vous
45:56toutes et vous tous
45:57ici pour ce grand sujet
45:58lié à l'entrepreneuriat
45:59bonjour
46:00bonjour
46:01votre prénom
46:01je m'appelle Philippe
46:03je suis ingénieur logiciel
46:05en intelligence artificielle
46:07je suis salarié
46:08et j'aimerais me lancer
46:09dans l'entrepreneuriat
46:10alors j'ai une question
46:11c'est qu'aujourd'hui
46:12il ne suffit plus d'avoir
46:13un bon produit
46:14pour se distinguer
46:15comme vous l'avez dit
46:17mais la chose la plus difficile
46:18c'est le go to the market
46:19alors si vous avez quelque chose
46:20que vous pouvez conseiller
46:21à une start-up
46:22qui voudrait entreprendre
46:23comment elle peut se faire connaître
46:24est-ce qu'il n'y a que
46:26les réseaux sociaux
46:27et si on n'a pas l'habitude
46:28d'aller sur les réseaux sociaux
46:29qu'est-ce qu'on fait en fait ?
46:30Mathieu
46:30c'est un très bon problème à avoir
46:32ça veut dire que tu as déjà un produit
46:34moi ce que je dirais
46:35c'est que tu peux être
46:36encore plus créatif
46:37sur le go to market
46:38que sur le produit
46:39je te donne mon exemple
46:40à moi
46:40j'en parlais rapidement tout à l'heure
46:41Netflix d'Alzheimer
46:43au début on s'est dit
46:44on va aller voir
46:44des maisons de retraite
46:45des EHPAD
46:46des choses comme ça
46:46donc j'ai lancé ça aux Etats-Unis
46:48et très vite on a compris
46:49parce qu'on a vraiment étudié
46:51notre target
46:51qu'en fait les gens
46:52qui ont le plus besoin
46:53de ce service là
46:54c'est les aidants
46:54c'est ceux qui aident
46:55les personnes qui ont Alzheimer
46:56et eux il se trouve
46:57qu'on s'est rendu compte
46:58en les rencontrant
46:59que c'est tous des gens
46:59qui bossent
47:00et donc qui ont vachement de mal
47:01en fait à concilier
47:02s'occuper de son parent
47:03et son travail
47:04et donc on s'est dit
47:05c'est ces personnes là
47:06qu'il faut adresser
47:07et le problème qu'ils ont aujourd'hui
47:08il est délétère
47:09pour leurs entreprises
47:10et donc on s'est dit
47:11on va aller distribuer
47:12par les RH
47:13des très grosses entreprises américaines
47:15pour qui équiper
47:16ces gens là
47:17c'est une façon
47:17de regagner notre productivité
47:19d'éviter le burn out
47:20etc
47:20donc on a été vachement créatif
47:22sur le go to market
47:23parce qu'on s'est vraiment
47:24posé la question
47:25de à qui bénéficie
47:26notre produit ultimement
47:27et vraiment
47:28tu vois on a creusé le truc quoi
47:30de la même façon
47:31pose toi la question
47:32ton produit
47:32quels sont les bénéfices
47:33qu'il crée
47:34pour qui est-ce qu'il y a
47:35de la valeur
47:35et est-ce que j'ai des façons
47:36d'être créatif
47:37sur une façon
47:38d'adresser cette audience là
47:39c'est sur votre réponse
47:40que nous allons mettre
47:41en terme à notre conférence
47:43entrepreneuriat
47:43Instagram versus réalité
47:45vos applaudissements
47:45pour Sixtine
47:47pour Jules
47:47pour Mathieu
47:48vos applaudissements
47:49également
47:49pour les organisateurs
47:51de Vivatec
47:51qui comme chaque année
47:52nous réussissent
47:53pour décoder
47:53le futur
47:54avec le succès
47:55qui est celui
47:55que l'on connaît
47:56merci à vous toutes
47:57et à vous tous
47:58c'était la dernière conférence
48:00notre samedi
48:0114 juin
48:02on espère que vous avez
48:02pris beaucoup de plaisir
48:03à échanger
48:04à écouter celles et ceux
48:05qui nous ont largement
48:07inspirés
48:07depuis 4 jours
48:09maintenant
48:09merci aux organisateurs
48:11et on se retrouve
48:11pour de nouvelles éditions
48:13de Vivatec
48:13à l'année prochaine
48:14pour Vivatec
48:152026
48:16merci beaucoup
48:17merci à vous
48:18merci à vous
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