Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 heures
Déconnecter pour reconnecter : Quelles sont les clés d’un rapport sain au digital ?

Catégorie

🤖
Technologie
Transcription
00:01Vive la technologie, jour 4, bonjour à toutes et à tous, on est ravis de vous retrouver pour cette journée
00:08grand public, samedi 14 juin, soyez les bienvenus, il est 10h30 et nous allons ensemble, comme nous le faisons chaque
00:15année depuis 9 ans, décoder votre futur avec nos expertes et nos experts.
00:21Au programme de cette Blue Stage, nous allons parler dans quelques instants de déconnexion, de devoir, de mémoire, de danse
00:28et réalité virtuelle, d'apprentissage et de réalité augmentée, de quantique également, de crypto et d'entrepreneuriat.
00:35Nous sommes ensemble jusqu'à 17h, j'espère que vous êtes confortablement installés sur vos chaises, je salue celles et
00:41ceux qui nous suivent également en stream.
00:42Et nous allons, si vous le voulez bien, démarrer cette première session avec une conférence, déconnectée pour reconnecter, quelles sont
00:52les clés d'un rapport sain au digital ?
00:55Pour en parler, deux expertes et deux experts, Serge Tisseron, psychiatre et docteur en psychologie, Cannelle Danzel, fondatrice de Vibes
01:03LGBTQ et Alexandre Jost, fondateur de la fabrique Spinoza.
01:30Merci à tous les trois de nous avoir rejoints pour ouvrir cette grande journée déconnectée.
01:37Pour reconnecter, quelles sont les clés d'un rapport sain au digital ? Nous avons 45 minutes pour échanger avec
01:43le reste de notre audience.
01:44Le monde est hyper connecté et c'est particulièrement vrai pour les jeunes.
01:49Selon le baromètre du numérique 2025, une personne sur quatre, tenez-vous bien, passe plus de cinq heures par jour
01:56sur les écrans.
01:57La génération Z, 18-24, serait même la plus connectée avec une moyenne d'environ neuf heures par jour.
02:04Le rapport enfant et écran commandé l'année dernière par le président de la République évalue le temps en ligne
02:10des 13-19 à plus de cinq heures par jour hors temps scolaire.
02:16Alors si ces chiffres sont vertigineux, ils ne disent pas tout des usages.
02:20Et pourtant, le ressenti, lui, est sans équivoque 42% de la population estime passer trop de temps sur les
02:28écrans pour un usage personnel.
02:30Le British Standard Institution rapporte même qu'un adolescent britannique sur deux préférerait un monde sans Internet et que 68
02:39% des sondés de cette même étude se sentent moins bien après avoir passé du temps en ligne.
02:45Alors face à ces constats, quelles sont les clés d'un rapport sain au digital ?
02:48On démarre avec vous, Serge Tisseron. Vous êtes psychiatre et docteur en psychologie.
02:54Vous êtes l'auteur de nombreux ouvrages dont « Comprendre et soigner l'homme connecté » paru chez Duneau en
02:592021,
02:59ou plus récemment « Le jour où j'ai tué mon frère quand l'IA fabrique la photographie de nos
03:04souvenirs » en 2025, paru chez La Mendoanne.
03:07Vous êtes également responsable du DU Cyberpsychologie à l'Université Paris-Hydro.
03:14Serge, en deux mots, qu'est-ce que la cyberpsychologie, pour démarrer ?
03:18Oui, merci d'abord de votre invitation sur un problème aussi crucial.
03:23Je vois que les générations devant nous sont mélangées. C'est toujours très bon signe.
03:27Et la cyberpsychologie, c'est tout simplement l'idée que le XXe siècle a inventé la psychologie de l'homme
03:34dans la relation assez semblable
03:36et qu'il va falloir que le XXIe siècle invente la psychologie de l'homme dans ses relations aux machines.
03:41Alors nous avons évidemment toujours eu des relations aux machines, mais avec l'apparition des machines parlantes,
03:47avec l'apparition des intelligences artificielles génératives, la question se pose de manière beaucoup plus cruciale
03:53et pour tout le monde, dans sa vie professionnelle, dans sa vie personnelle, comment gérer ces machines
03:58qui simulent des comportements humains en sachant que ce ne sont pas des humains,
04:03mais en étant invitées pourtant à interagir avec elles comme si elles étaient des humains.
04:07Donc une espèce de dédoublement qu'il va nous falloir opérer entre une manière d'interagir et nos convictions.
04:14Et ça ne va pas être facile. Donc la cyberpsychologie essaye d'envisager tous les aspects de cette question.
04:19On peut parler d'une relation sociale que l'humain développe avec une machine ?
04:23C'est exactement ça. C'est-à-dire dès qu'on interagit avec une machine qui a la voix,
04:27on ne peut pas s'empêcher de prêter à la machine des intentions.
04:30Puis il faut dire quand même que les fabricants font tout pour nous le faire croire.
04:34Et du coup, on prête à la machine des intentions, on lui prête des émotions, on lui fait confiance.
04:39Et cette confiance, elle n'est pas forcément méritée.
04:43En ligne, la confiance, ça se mérite.
04:45Avec les IA, la confiance, ça se mérite aussi.
04:48Il faut savoir que l'homme qui parle à la machine parle toujours en réalité à l'homme qui est
04:53derrière la machine.
04:54C'est-à-dire les programmeurs qui appartiennent à une culture différente de la nôtre,
04:58qui peuvent avoir des convictions religieuses, philosophiques différentes des nôtres,
05:02puis surtout qui ont des intérêts économiques.
05:04Et du coup, il va nous falloir apprendre à accorder notre confiance en ligne
05:10seulement si nous estimons qu'elle est justifiée,
05:13et accorder notre confiance à ces machines de la même manière.
05:16Seulement si on est convaincu qu'on peut, dans certains domaines, leur faire confiance.
05:21Dans d'autres domaines, on ne peut pas le faire.
05:22On voit Chabjipiti fait déjà beaucoup d'erreurs, fait encore beaucoup d'erreurs.
05:26On nous promet que bientôt, il en fera moins, mais il en fait encore beaucoup.
05:30Donc il y a des choses qu'on peut faire avec les machines, il y a des choses qu'on
05:32ne peut pas faire.
05:33Et c'est tout l'enjeu de la cyberpsychologie.
05:34Et on peut même jusqu'à créer de l'affect avec une machine,
05:36mais on ira un petit peu plus dans le détail sur tous ces sujets durant cette conférence.
05:40Avant cela, Canel, on vous retrouve.
05:41Vous avez cofondé Vibes en 2023 avec déjà plus de 170 000 utilisatrices et utilisateurs.
05:48C'est le premier réseau de rencontres queer qui insiste sur le figital,
05:53c'est-à-dire bien sûr l'articulation entre l'application et les sorties dans la vie réelle.
05:58Ce n'est pas une application de rencontre et vous allez justement un petit peu nous pitcher et nous parler
06:02justement de votre proposition de valeur
06:05au travers d'un slogan, se faire des amis LGBTQ dans la vraie vie.
06:10Alors pour vous, c'est quoi la vraie vie ?
06:12Alors justement, on est la génération la plus connectée, donc la Gen Z dont je fais partie.
06:18Et pourtant, on est quand même la plus isolée.
06:21Et donc, il y a un vrai sujet, un véritable enjeu de reconnecter en dehors des applications.
06:28Et de se retrouver dans la vie réelle, donc autour de sorties, en face à face.
06:33Alors application de rencontre ou pas application de rencontre ?
06:35C'est un peu aussi ça le sujet qu'on a eu tout à l'heure.
06:37C'est le gros sujet et donc on peut utiliser les applications de rencontre, mais comme un outil.
06:41Il y a une nouvelle tendance que l'on voit d'émergence de nouvelles applications qui favorisent les rencontres dans
06:47le réel.
06:48Et qui du coup, leur enjeu économique, comme vous pouvez le dire à très juste titre Serge,
06:52n'est plus de nous garder sur les applications, mais en dehors.
06:55Donc on le voit avec une vague comme Time Left, Par Hazard, ces applications qui proposent des dîners.
07:01Donc on utilise l'outil pour ensuite se rencontrer à plusieurs.
07:05Alexandre, vous avez fondé la fabrique Spinoza, un think tank dédié au bonheur citoyen.
07:11Vous avez là aussi un but affiché, promouvoir les questions du bonheur dans le débat public et dans le monde
07:17du travail.
07:18Alors le bonheur est-il compatible avec notre hyperconnexion, Alexandre ?
07:23J'aurais plutôt tendance à répondre qu'en première intention, difficilement.
07:27Il y a un livre qui s'appelle « Le bonheur darwinien » et qui rappelle que notre société,
07:31elle nous place en permanence en discorde avec ce qui ferait qu'on serait heureux, y compris en termes de
07:37sommeil.
07:37On voit le lien avec le digital.
07:39Et puis le corps, l'hyperconnexion, elle transforme notre corps.
07:44On a des projections de à quoi on ressemblera dans 20 ans et accroissement de la taille du pouce,
07:51yeux injectés de sang liés aux écrans, nuque voûtée, ce genre de choses.
07:57Mais peut-être plus fondamentalement, encore que le corps et les émotions le soient,
08:01eh bien l'une des formes de bonheur les plus utilisées par les psychologues, c'est la satisfaction de vie.
08:07Et le digital encourage à la comparaison et les psychologues rajoutent que se comparer en permanence,
08:16même lorsque la comparaison est positive, eh bien génère un moindre épanouissement.
08:19La comparaison et même la validation, voire l'adhésion par les phénomènes, effectivement, de like aussi.
08:26Oui, tout à fait. Il y a tout un tas, on en parle après, de mécanismes qui nous manipulent et
08:31qui déforment notre psychologie.
08:33Mais peut-être le point le plus essentiel sur l'épanouissement, c'est la plus grande étude jamais menée par
08:40les êtres humains
08:41depuis le début de la civilisation en sociologie. Elle s'appelle l'étude Grants sur le bonheur.
08:47Qu'est-ce qui rend heureux et en bonne santé ? 75 années de recherche, 4 générations de chercheurs.
08:52Et la conclusion, c'est ce qui rend heureux et en bonne santé, c'est l'amour.
08:56Et donc là, on peut interroger, je pense, la question essentielle, c'est est-ce que le digital peut favoriser
09:01ou non la création de liens.
09:03C'est une grande question que l'on va bien sûr toujours et encore détailler avec vous.
09:07Alors comment se réapproprier son temps et son attention ?
09:11On l'a vu, le temps passé sur les écrans est considérable.
09:14Près de trois quarts des Français se disent dépendants des outils numériques, selon le baromètre de l'hyperconnexion.
09:20Serge et Alexandre, comment chacun de nous peut-il retrouver la maîtrise de son attention face à la surcharge informationnelle
09:28et cultiver aussi également des habitudes numériques beaucoup plus saines, Serge ?
09:32Alors je crois que la première chose à faire, c'est d'apprendre à ritualiser nos consommations,
09:38c'est-à-dire se fixer des tranches horaires pendant lesquelles on décide de consulter nos réseaux sociaux.
09:43Par exemple, on débranche une notification et ça, c'est la consigne de base.
09:47Mais après, ritualiser nos consommations, fixer des tranches horaires pendant lesquelles on sait qu'on sera tranquille,
09:52on pourra regarder nos SMS, voilà.
09:54Habituer nos interlocuteurs à ne pas répondre immédiatement, ça c'est un grand problème.
10:00Le fait de ce sentiment d'urgence, de devoir répondre très vite, sinon on risque d'être oublié,
10:04notre interlocuteur risque de croire qu'on ne va pas bien parce qu'on ne répond pas aussitôt.
10:08Donc ritualiser nos consommations.
10:10Et puis chaque fois qu'on se met devant un écran, savoir qu'est-ce qu'on va faire devant
10:16l'écran, qu'est-ce qu'on va regarder.
10:17On ne choisit pas d'allumer la télé, on choisit un programme, on ne choisit pas d'ouvrir une appli,
10:21on choisit ce qu'on va faire.
10:22Et puis savoir combien de temps on va y rester.
10:25Et évidemment, on s'aperçoit qu'on dépasse toujours le temps qu'on s'est fixé.
10:28Mais si on ne se fixe pas une durée, on la dépasse beaucoup.
10:31Puis évidemment, il faut accompagner ces préconisations, cette hygiène de vie personnelle, d'une hygiène familiale,
10:38c'est-à-dire pas d'écran pendant les repas partagés, pas d'écran dans les chambres la nuit.
10:43Donc il y a des moyens, vous voyez, assez simples de mettre en place, en fait, une maîtrise plus grande
10:49de nos écrans.
10:50Et ce qu'il faut, je dirais, c'est casser nos habitudes comportementales.
10:54Vous savez, on parle souvent d'addiction par rapport aux écrans.
10:56Il ne faut pas quand même déconner.
10:58Il n'y a pas d'addiction, mais souvent, il y a des mauvaises habitudes.
11:02Alors les mauvaises habitudes, c'est parfois difficile d'en changer, mais on sait qu'on peut en changer.
11:07Et ritualiser nos consommations, c'est une façon de casser cette habitude qu'on a de toujours consulter nos outils
11:13numériques à tout moment,
11:14avec le risque de ce qu'on appelle, vous savez, le fubbing, le risque d'ignorer nos interlocuteurs de proximité,
11:21de créer des problèmes relationnels avec eux, ce qui fait que, fâchés avec nos interlocuteurs de proximité,
11:26on se réfugie sur nos écrans, nos interlocuteurs se réfugient sur leurs écrans,
11:29et on empêche toute relation qui s'établisse, ce que vous disiez très bien, une relation sinon amoureuse,
11:35du moins une relation affective, qui est le support.
11:38On parle de faux mots, de peur de passer à côté de l'information, de peur de passer à côté
11:44de l'opportunité, voire...
11:46Mais c'est d'autant plus difficile qu'évidemment, les algorithmes sont fabriqués
11:52pour que nous ayons toujours peur de rater quelque chose d'important,
11:55pour que nous ayons toujours l'impression que notre avis est attendu,
11:59qu'il est important d'être en ligne pratiquement tout le temps.
12:03Donc on a non seulement à lutter contre nos mauvaises habitudes,
12:06mais à lutter aussi contre les algorithmes qui nous incitent à des pratiques problématiques.
12:12C'est pour ça que c'est si important de fixer des règles collectives.
12:15Je vous donne un exemple. J'étais avec des jeunes qui travaillaient dans une entreprise
12:18et qui me disaient que quand ils se retrouvaient pour déjeuner,
12:21ils mettaient tout leur smartphone sur la table en vibreur.
12:24Évidemment, il y en avait qui vibraient,
12:26mais le premier qui décrochait son téléphone payait l'addition.
12:30Et donc voilà.
12:30C'est un moyen, effectivement.
12:32C'est des règles de vie, vous voyez, qui font qu'on se soutient mutuellement,
12:35parce que seul, on est très démuni par rapport à la puissance des GAFAM,
12:40par rapport à la puissance des algorithmes.
12:41Donc il faut vraiment créer des manières de construire des habitudes collectives
12:46qui permettent aux uns et aux autres de se soutenir mutuellement.
12:50Alexandre, pour continuer sur la maîtrise de son attention,
12:52face à la surcharge, là aussi, bien sûr, informationnelle,
12:55pour cultiver, là aussi, des habitudes numériques plus saines.
12:58Je vais m'appuyer sur une étude que vous pouvez trouver en ligne,
13:01qui s'appelle VER, un digital vertueux.
13:02Le VER est important, en direction 2.
13:05Et là-dessus, on peut trouver des pratiques qui,
13:10tout en utilisant le digital, vont dans le bon sens.
13:13Par exemple, si vous prenez des photos et vous les mettez en ligne,
13:16eh bien, prendre une photo de soi en groupe,
13:18un groupie plutôt qu'un selfie,
13:20eh bien, ça diminue le degré de narcissisme
13:23et ça encourage la cohésion dans le groupe en question.
13:26Un autre exemple, c'est Daniel Kahneman,
13:28le prix Nobel d'économie,
13:29qui disait qu'un événement peut être augmenté en termes d'émotions
13:33si en amont, il y a une anticipation
13:35et en aval, il y a une remémoration.
13:37Donc en amont, utiliser les réseaux sociaux pour se dire
13:39on va se retrouver à tel moment
13:40et en aval, mettre une photo,
13:42c'est un accroissement de la qualité de son lien.
13:45C'est une extension de l'empreinte sociale et émotionnelle.
13:49Et en fait, on a tout un tas d'exemples dans ce sens-là.
13:52Et puis peut-être un chiffre aussi pour conjuguer la diabolisation,
13:55enfin, la mise en garde et l'équilibre du propos,
14:00se rappeler que la moitié des groupes WhatsApp qui sont créés
14:03le sont pour des raisons familiales.
14:06Et donc, il y a aussi des phénomènes de création de liens
14:09qui sont inhérents au digital.
14:11Et c'est tout le paradoxe, c'est une ère de la communication.
14:13On incite à nous développer, je cite, notre personal branding,
14:16à communiquer presque finalement comme les marques le font.
14:20Là, vous nous dites effectivement tout l'inverse.
14:22Pensez peut-être à la jouer plus collective
14:24avec ces fameux groupies, c'est ça.
14:27Alors, cela signifie-t-il finalement pour vous
14:29que l'estime de soi passe fondamentalement peut-être
14:32par le lien aux autres ?
14:38Le premier besoin exprimé par les êtres humains
14:41dans le monde du travail, c'est la reconnaissance.
14:43À moins d'être des Bouddhas, c'est extrêmement compliqué
14:46de ne pas avoir à tenir, de prendre en compte le regard de l'autre
14:52pour se construire soi-même.
14:53Malgré tout, il faut tendre vers ça.
14:55Je n'attends pas la reconnaissance de ma valeur du propos de l'autre.
15:00Donc, l'usage du digital pour accroître cette estime de soi
15:05est dangereuse.
15:06Serge pourra commenter là-dessus.
15:08Peut-être juste se dire que finalement,
15:13toute tentative de se référer à quelque chose d'extérieur à soi
15:17est une manière de prendre la distance avec son être profond.
15:22Spinsa, il dit « La joie est l'atteinte d'un degré de perfection
15:27supérieur de soi-même ».
15:28Donc, je cherche à développer ma joie,
15:31je cherche à me développer indépendamment du regard de l'autre.
15:34Serge, sur l'estime de soi, est-ce qu'on a un rapport biaisé
15:36sur le digital, justement ?
15:38Est-ce qu'on a un rapport très tronqué par rapport à la réalité
15:41et donc par rapport à son estime de soi ?
15:43Oui.
15:44Alors, le problème du digital, c'est qu'on est sans cesse
15:49en train de courir après quelque chose
15:50qu'on n'attrape évidemment jamais.
15:51Et du coup, ça crée beaucoup de frustration.
15:54D'ailleurs, des études ont montré que beaucoup de jeunes
15:57qui s'abonnent à TikTok quand ils ont 10, 11 ans
16:02l'abandonnent quand ils ont 14, 15
16:04et d'ailleurs peuvent porter une critique assez virulente
16:07sur tout le temps qu'ils ont perdu pendant quelques années.
16:10Et il faut bien comprendre que l'estime de soi,
16:13elle est très importante pour permettre de trouver
16:17ses propres réponses aux questions qu'on se pose.
16:19et avec l'intelligence artificielle, ça va être encore plus important.
16:23Actuellement, la tentation peut être de chercher la réponse
16:25sur les réseaux sociaux.
16:26Aujourd'hui, avec l'IA, la tentation va être de demander
16:30à CHEP-GPT ou d'autres IA conversationnelles
16:35la réponse à ces questions.
16:36Et du coup, on risque de désapprendre à trouver la réponse
16:39à nos propres questions.
16:41Et donc, du coup, la confiance en soi, il faut comprendre,
16:44ce n'est pas une confiance qui nous permet de nous dire
16:46« Je suis le meilleur, je maîtrise les réseaux sociaux,
16:49je maîtrise mes relations, etc. »
16:51Ça, c'est une confiance en soi perturbée,
16:53une confiance en soi malsaine.
16:54Une bonne confiance en soi, c'est une façon de se dire
16:56« Voilà, mon usage des outils numériques,
16:59ça doit être un usage responsable,
17:01parce que l'intelligence artificielle,
17:04le numérique, c'est un bien commun.
17:05Et un bien commun, il faut l'utiliser
17:08en essayant d'appliquer des règles de frugalité,
17:10des règles démocratiques. »
17:12Et du coup, vous voyez, une confiance en soi
17:13qui permet de se sentir fier de participer
17:16à un effort collectif pour que l'IA soit bien utilisé.
17:20Et surtout pas une confiance en soi qui consiste à se dire
17:23« Je maîtrise tout, tout est sous contrôle. »
17:26Non, rien n'est sous contrôle aujourd'hui
17:28avec les outils numériques.
17:29Il nous faut apprendre, au contraire,
17:32à interagir avec d'autres,
17:33à se faire confiance en soi,
17:35mais faire confiance aux autres
17:36de manière à ce qu'ensemble, on trouve des réponses.
17:38On rejoint toutes les préoccupations
17:40autour de la création de groupes d'échange d'expérience,
17:44de groupes d'entraide
17:45qui permettent à la fois aux membres
17:46d'augmenter leur confiance en eux-mêmes
17:48mais d'augmenter aussi la confiance
17:50qu'ils ont pour les employés
17:53qui travaillent dans la même entreprise qu'eux
17:55ou pour leurs proches dans la famille.
17:56Parce que tout ça, bien sûr, traverse les générations.
17:59Il y a un avis.
18:00Il est très important d'avoir l'avis des plus jeunes,
18:02l'avis des seniors,
18:04l'avis de tout le monde
18:05parce que c'est ensemble
18:06qu'on peut trouver des réponses à ces questions.
18:08Canel, lorsque vous avez fondé Vibes,
18:10donc c'était en août 2023,
18:12vous l'avez fondé, je cite,
18:15pour ce sentiment de soi-fatique.
18:18C'est un sentiment d'être vidé,
18:20désabusé par les rencontres en ligne.
18:22Comment peut-on, selon vous,
18:24se réapproprier son estime de soi
18:26face à ces dérives de l'hyper-convection ?
18:30Alors justement, c'est ce qu'on disait
18:31un petit peu tout à l'heure,
18:32on vit dans un monde qui est hyper-connecté.
18:35On passe notre temps sur des plateformes digitales
18:38qui ont en plus des business models
18:40aux antipodes de notre bonheur.
18:42C'est-à-dire que, notamment,
18:43pour certaines applications de rencontres,
18:45un utilisateur heureux est un utilisateur perdu.
18:50Et donc, comment on peut se réapproprier
18:52ces plateformes ?
18:53Ça va être de s'orienter,
18:54faire des nouveautés digitales
18:55qui se mettent au service de notre bonheur
18:58et qui ont compris que, finalement,
19:01on a des utilisateurs plus heureux
19:03et plus fidèles si on leur propose un outil
19:06qui leur permet de déconnecter.
19:08Et c'est ce qu'on voit avec cette nouvelle tendance
19:11des applications de rencontres dans le réel.
19:13Des applications qui vous invitent forcément
19:15à retrouver des personnes
19:18en fonction de vos affinités,
19:20de vos passions,
19:21et de se retrouver pour partager un instant dans le réel.
19:23Quel mécanisme, pour autant,
19:25l'application Vibes met-elle en place
19:26pour ne pas devenir addict au like
19:28ou esclave des algos ?
19:29Parce que c'est une réalité,
19:30on peut choisir ses sorties,
19:32on peut aussi échanger entre membres
19:33et on peut aussi, naturellement,
19:34devenir addict de par l'environnement et l'univers.
19:38Alors, complètement.
19:39C'est un parti pris très fort chez Vibes.
19:41On n'a pas un algorithme
19:42qui va pousser certains types de contenus.
19:45On n'a pas un algorithme
19:47qui va essayer de retenir les utilisateurs
19:49dans l'usage digital.
19:50Il y a la possibilité, évidemment,
19:52de partager des photos,
19:53de partager des textes.
19:54Mais ce qui va être poussé,
19:56c'est les interactions.
19:57C'est-à-dire qu'on n'a pas d'influenceurs sur Vibes.
19:59Si on a une personne
20:01qui a écrit un très beau texte,
20:02qui a partagé une photo de son chat
20:04et que les personnes aux alentours réagissent,
20:06on va pousser ce contenu-là.
20:08Mais la plupart des utilisateurs
20:10qui vont être sur la plateforme
20:11vont venir pour sortir, justement,
20:13de cette dite plateforme
20:14avec une plateforme exprès
20:18pour les sorties,
20:20avec tout un listing
20:20de centres d'intérêt partagés.
20:23Et donc, finalement,
20:24les utilisateurs les plus fidèles
20:25sont ceux qui passent le moins de temps
20:27sur la plateforme.
20:28Oui, donc, pour le coup,
20:29on voit que ce n'est pas un enjeu pour vous
20:31de retenir vos utilisatrices
20:34et vos utilisateurs sur la plateforme.
20:36Bien au contraire,
20:36votre enjeu à vous,
20:37c'est de les reporter
20:38sur des sorties mises à disposition.
20:41C'est ça, proposées et publiées
20:42par les membres
20:42et par aussi, bien sûr,
20:44les fondatrices et fondateurs
20:44de l'application.
20:46Exactement.
20:47Justement, on l'a vu très rapidement,
20:49on a un taux de rétention
20:50qui monte jusqu'à 80%
20:51lorsqu'un utilisateur
20:52ou une utilisatrice
20:54participe à une sortie
20:55et donc fait des rencontres positives
20:57et ça leur permet justement
20:59de sortir de leur isolement social.
21:01Ces sujets d'hyperconnexion
21:02forcément nous ramènent aussi
21:04à un sujet prépondérant,
21:05celui de l'éducation,
21:07avec bien sûr en ligne de mire
21:09des enfants et des adolescents
21:10qu'il faut protéger,
21:12tout comme aussi, bien sûr,
21:13les adultes.
21:16Le rôle des parents,
21:17des éducatrices et des éducateurs
21:19a toujours été complexe
21:20et il devient de plus en plus complexe
21:22de par aussi ces outils.
21:23Pendant longtemps,
21:24on avait aussi l'image
21:26de la famille réunie
21:27autour du IT
21:28à 20h à la télévision.
21:31Aujourd'hui,
21:31ce serait plutôt chacun
21:33sur son portable.
21:35Est-ce que c'est mieux ?
21:35Est-ce que c'est moins bon ?
21:36Ou est-ce que c'est interdire ?
21:38Alexandre ?
21:40Je vais d'abord rebondir
21:41sur l'idée de Serge tout à l'heure,
21:44venu de jeune,
21:46quant au fait d'avoir son portable
21:48posé sur la table
21:50et dire que le fait
21:53de poser son portable
21:54est une bonne pratique.
21:55Il y a même une chaîne
21:56australienne de restaurants
21:57qui vous propose
21:58avec une petite cage
21:59au milieu de la table
22:01d'y mettre votre portable
22:02et vous avez une réduction
22:02si c'est le cas.
22:03Et en même temps,
22:04relativiser en disant
22:05que le simple fait
22:06d'avoir le portable
22:07posé sur la table,
22:09ça a été prouvé
22:10par ce qu'on appelle
22:11l'ingénierie du lien social,
22:12eh bien ça diminue
22:13la profondeur et l'empathie
22:15dans les échanges en cours.
22:17Ça serait le cas
22:18entre nous quatre.
22:19Le porte-à-poser là
22:21est symboliquement
22:21en train de dire
22:22que notre échange
22:23est moins important
22:24que toute interruption
22:26venant de l'extérieur.
22:27Donc on est non seulement
22:28en train de dire
22:28qu'il y a l'enjeu
22:29de l'usage du digital
22:30mais même la présence
22:31de l'objet
22:33relative au digital.
22:35Maintenant,
22:35si on va vers la solution,
22:37moi, en préparant ce moment,
22:39je me suis dit
22:40que la solution
22:40était d'autant plus simple.
22:42C'est si l'usage du digital
22:45permet de mobiliser
22:46un échange,
22:48une interaction familiale,
22:50pourquoi pas ?
22:51On pourrait imaginer
22:51que les gens
22:54examinent leur portable
22:55et tout d'un coup,
22:56ils se disent
22:56« Ah, vous avez vu ?
22:57T'as vu papa ?
22:58T'as vu maman ?
22:59T'as vu Canel ? »
23:01Et à ce moment-là,
23:02chacun pose son portable,
23:03on débat de la chose.
23:04Parce que,
23:05et je terminerai dessus,
23:07regardez le JT de 20 heures
23:08il y a X années,
23:09mais ça n'était pas une pratique
23:12qui encourageait non plus
23:13la socialisation,
23:14à moins qu'à un moment,
23:16il y a un échange
23:16autour du contenu partagé.
23:18Canel,
23:18lors de vos sorties,
23:20de vos événements proposés
23:22sur Vibes,
23:23justement,
23:23l'usage des téléphones,
23:25est-ce qu'ils sont mis de côté
23:26ou au contraire,
23:27est-ce que finalement,
23:28le naturel revient au galop
23:29et les utilisatrices
23:30et utilisateurs
23:30sont malgré tout
23:31dans la vraie vie
23:32avec leur téléphone ?
23:33Alors justement,
23:35c'est quelque chose aussi
23:35qu'on encourage énormément.
23:36Nous,
23:37on met à disposition
23:38des membres,
23:39des icebreakers.
23:40Parce que justement,
23:41on n'a que des personnes
23:42qui ne se connaissent pas.
23:43Icebreakers,
23:44pour traduire,
23:44pour celles et ceux
23:45qui ignoreraient peut-être...
23:46Les icebreakers,
23:47c'est des petits jeux
23:48qu'on peut mettre en place
23:50quand on ne connaît pas
23:51des personnes
23:51pour apprendre à se connaître
23:52et favoriser
23:53les premières interactions.
23:55Donc nous,
23:55on en met à disposition
23:56quand ce sont nos événements
23:58en marque propre,
23:59mais aussi,
24:00on utilise le digital
24:01dans ce but-là,
24:02on met à disposition
24:04les jeux qu'on utilise
24:05pour que les gens
24:05puissent les imprimer
24:06chez eux
24:07pour préparer leur événement.
24:08Et on a eu
24:09de très belles surprises
24:10d'utilisateurs
24:11qui ont organisé
24:12partout en France
24:13ce type d'événements
24:14en utilisant nos mini-jeux
24:15pour favoriser
24:17ces premiers échanges.
24:18Et donc finalement,
24:19on a même du mal
24:20à obtenir des retours
24:22des événements
24:23qui sont organisés
24:24avec des photos
24:24sur les réseaux sociaux
24:25parce que les gens
24:26profitent tellement du moment
24:28qu'ils sont déconnectés.
24:29Serge,
24:30on est sur un sujet
24:31qui est rattrapé aussi
24:32par des éléments
24:33d'actualité.
24:34Nos responsables politiques
24:36prennent aussi la parole
24:38avec une volonté
24:39affichée du président
24:40de la République
24:41d'interdire probablement
24:42les réseaux sociaux
24:43au moins de 15 ans.
24:44Alors je ne vous demande pas
24:45si cette décision
24:46est bonne ou mauvaise,
24:47mais en revanche,
24:48pour raccrocher un petit peu
24:49le sujet,
24:50cette fameuse image
24:52de la famille
24:52avec son portable,
24:54c'est bon ?
24:55C'est moins bon ?
24:56Est-ce que justement,
24:56il faut aussi bannir
24:57ces habitudes-là
24:58quand on est ensemble
24:59en collectif ?
25:00Oui, alors,
25:03il y a quelques années,
25:04j'avais l'habitude
25:04de dire que je préférais
25:06une famille
25:06dans laquelle chacun
25:07regarde un écran différent,
25:09mais tout le monde
25:09se retrouve pour parler
25:10ensuite de ce qu'il a vu
25:11plutôt qu'une famille
25:12dans laquelle chacun
25:13regarde le même écran,
25:14mais personne n'en parle.
25:15Parce qu'il faut bien
25:15se rendre compte
25:16que pendant très longtemps
25:17dans les familles,
25:18la télévision marchait,
25:20les gens l'écoutaient
25:20ou ne la regardaient pas,
25:21mais n'en parlaient jamais
25:22à tel point que j'avais
25:23lancé le slogan,
25:24la télé,
25:24ce n'est pas ce qu'on regarde,
25:25c'est ce dont on parle.
25:26Mais le problème aujourd'hui,
25:28c'est qu'il y a
25:29tellement d'écrans
25:30tellement différents
25:31que finalement,
25:33les uns et les autres
25:33dans les familles
25:34ignorent ce que
25:35les enfants,
25:36les parents,
25:38etc.,
25:38les grands-frères,
25:38les grandes-sœurs
25:39peuvent regarder
25:40et les échanges
25:40sont devenus
25:41quasiment impossibles,
25:42exceptionnels.
25:43Donc c'est vrai
25:44que pour rétablir
25:45une dynamique familiale,
25:46il est très important
25:47de réinventer
25:47des activités communes.
25:49Et d'ailleurs,
25:49ça rejoint la question
25:50de la proposition
25:51du président
25:52d'interdire
25:53les réseaux sociaux
25:54avant 15 ans,
25:55c'est qu'est-ce
25:56qu'on va mettre
25:56à la place ?
25:57C'est-à-dire que
25:57le problème se pose
25:58dans les familles
25:59et il se pose
26:01de façon globale
26:02dans la société.
26:03Si des enfants
26:04sont 5 heures par jour
26:05sur les réseaux sociaux,
26:06vous leur interdisez
26:07les réseaux sociaux,
26:08OK,
26:09qu'est-ce qu'ils vont faire ?
26:11Ils ne vont pas quitter
26:12les écrans
26:12pour lire,
26:13pour dessiner,
26:14pour faire du foot
26:15parce qu'ils n'ont
26:15jamais été encouragés
26:17à dessiner.
26:18J'ai été sidéré
26:19de voir,
26:19découvert par des
26:20assistants sociaux,
26:21que dans beaucoup
26:21de familles,
26:22le papier et les crayons
26:23qui permettent
26:24aux petits-enfants
26:25de construire
26:26leur représentation
26:28mentale d'eux-mêmes,
26:29le papier et le crayon
26:30n'apparaissent
26:30que quand c'est inscrit
26:31sur la liste
26:32des fonditures scolaires.
26:34Plein d'enfants
26:34sont privés
26:35de papier et de crayon,
26:36donc ils ne vont pas
26:37se mettre à dessiner
26:38les gars plus tard
26:38quand on leur enlève
26:39leur portable,
26:40ils n'ont jamais appris.
26:40Ils ne vont pas
26:41se mettre à faire
26:42de la musique,
26:42la plupart n'en ont
26:43jamais fait.
26:44Donc qu'est-ce qu'ils vont
26:44faire ?
26:45Ils vont regarder la télé
26:46et comme me disait
26:47un jour un adolescent,
26:48mes parents m'ont
26:48privé de smartphone
26:49pendant un week-end,
26:50eh bien j'ai perdu mon temps,
26:52j'ai regardé la télé.
26:54Et sur la télé,
26:55il y a quand même
26:56des séries qui sont
26:57extrêmement violentes,
26:58qui sont très problématiques
27:00pour les plus jeunes
27:00et puis il y a aussi
27:01le recours aux jeux vidéo
27:02et il y a des jeux vidéo
27:04extrêmement problématiques,
27:05un informidable.
27:06Vous nous dites que l'interdiction
27:07n'est pas une solution.
27:08Voilà, c'est une solution
27:10si ça s'accompagne
27:11d'un grand nombre
27:12de propositions
27:13à la fois à l'intérieur
27:14des familles,
27:15mais ça suppose
27:15une vaste éducation populaire
27:17pour amener les parents
27:19à savoir quelles activités
27:21développer avec les enfants
27:22et puis aussi ça amène
27:23une politique de la ville.
27:25Moi je milite
27:25depuis des années
27:26pour que tous les gymnases
27:27et toutes les cours
27:28de récréation des écoles
27:29soient ouverts
27:30le samedi et le dimanche.
27:31Pour réguler les réseaux sociaux,
27:32la fin de l'anonymat
27:33pourrait-elle être aussi
27:34une solution, Serge ?
27:35Pardon ?
27:35Pour réguler les réseaux sociaux,
27:36est-ce que la fin de l'anonymat
27:38pourrait être aussi
27:39une piste de solution ?
27:40Oui, alors vous savez,
27:41la majorité numérique,
27:42on en parle aujourd'hui
27:43comme le fait d'interdire.
27:44Il faut bien comprendre
27:45qu'à l'origine,
27:45la majorité numérique,
27:47c'était les parents
27:48qui décidaient ou pas
27:49d'autoriser leur enfant
27:50jusqu'à 15 ans
27:51d'accéder aux réseaux sociaux.
27:53Donc il faudrait que chaque fois
27:54qu'on parle de majorité numérique,
27:55on explicite bien
27:57si c'est la responsabilité
27:58de l'État
27:58ou la responsabilité des parents.
28:00C'est pas en déresponsabilisant
28:02les parents sur la majorité numérique
28:03qu'on arrivera à les impliquer
28:05pour qu'ils fassent
28:06d'autres choses
28:06avec leurs enfants.
28:07Allons sur le terrain
28:08des solutions
28:09justement avec vous,
28:10Alexandre.
28:11Vous parliez d'incitation,
28:12être capable aussi
28:13qu'on soit une entreprise
28:15et l'image
28:15de ce restaurant australien
28:17pour inciter les clientes
28:19et les clients
28:19à se passer
28:20de ce téléphone portable.
28:22Quelles sont
28:22les autres solutions
28:23que l'on pourrait explorer
28:23sur ce sujet-là,
28:25Alexandre ?
28:25Moi, j'en ai une
28:27qui n'est pas très opérationnelle
28:29mais je ressens quand même
28:30le besoin d'en parler.
28:32Ça vous paraît très éthéré
28:33mais c'est augmenter
28:34son niveau de conscience.
28:36Alors c'est sans doute
28:37très chouette de dire ça
28:38ici à VivaTech
28:39mais est-ce que ça parle
28:42à tout le monde
28:43dans toute la France ?
28:44Je ne sais pas.
28:45Et malgré tout,
28:45j'ai le sentiment
28:46d'avoir la capacité
28:48à comprendre
28:49ce qui se joue.
28:50Moi, je disais
28:51en préparant ce moment
28:53ici pour une heure
28:54d'écran,
28:55on avait quelques minutes
28:57de respiration,
28:58de centrage,
29:00de méditation.
29:01Tout ça est très bobo.
29:03Et malgré tout,
29:04c'est quand même ça
29:04dont il s'agit.
29:05Moi, j'ai la conviction
29:06que pour chaque avancée
29:07technologique,
29:09réseaux sociaux,
29:10digital,
29:11IA,
29:11il faut qu'il y ait
29:12dans le même temps
29:13un accroissement équivalent
29:14de l'intelligence émotionnelle
29:16ou de l'intelligence spirituelle.
29:19Spinoza pense
29:20qu'on n'est pas vraiment
29:21en capacité
29:22de se déterminer.
29:23en revanche,
29:24il pense que si
29:25après avoir vécu
29:26quelque chose,
29:27je m'interroge
29:27sur les émotions
29:28qui en ont résulté,
29:30alors je peux
29:30dans le futur
29:32éviter d'avoir envie
29:33de faire cette chose.
29:34Et donc réaliser
29:35à répétition
29:36que je n'ai pas aimé
29:37telle ou telle activité,
29:38c'est peut-être
29:38l'envie
29:38de moins s'y livrer.
29:41Et puis quand même,
29:42pour moi,
29:42le mot qu'on a pas cité
29:43aujourd'hui,
29:43c'est le mot
29:44captologie.
29:45La captologie,
29:46on en a parlé
29:47mais sans donner le mot,
29:47c'est la science,
29:48c'est la neuroscience,
29:50la psychologie,
29:50les sciences humaines,
29:51sociales,
29:51toutes rassemblées
29:52pour nous garder
29:54digitalisés
29:55et connectés.
29:57Vous connaissez
29:58l'expression
29:58le infinite scrolling.
30:00Vous avez toujours
30:00envie de descendre
30:01en bas
30:02pour voir la news
30:02d'après
30:03ou sur votre thread
30:05la news après.
30:06Et bien ça,
30:07ça s'abuie
30:07sur un effet scientifique
30:08qui est l'effet
30:09zégarnique
30:10qui est que notre cerveau
30:11il est plus attentif
30:12à ce qui n'est pas terminé
30:13comme tâche
30:14versus ce qui est terminé.
30:15Donc j'ai envie de terminer
30:16mais comme c'est infini,
30:17j'y reste.
30:18Donc prendre conscience
30:19petit à petit
30:20de ce qui est à l'oeuvre,
30:21moi j'ai peut-être
30:22une forme de naïveté
30:23à croire que c'est
30:24le début
30:25de la solution.
30:27Juste se comprendre
30:28en tant qu'être humain
30:29conscient
30:30et émotionnel.
30:31On a la solution
30:32se reconnecter
30:33finalement à soi
30:33par la conscience.
30:35Vous disiez
30:35qu'effectivement
30:36ça pourrait être
30:37peut-être éloigné
30:38aussi peut-être
30:39de certaines personnes.
30:40Comment justement
30:41on diffuse aussi
30:41ces messages ?
30:42Comment on peut...
30:43Est-ce que c'est le rôle
30:44de l'école ?
30:45C'est un sujet
30:46d'éducation
30:46mais tout aussi
30:48dans le rôle
30:49de l'école
30:49pour responsabiliser
30:50encore plus
30:51les familles ?
30:52Comment on fait
30:52pour finalement
30:53développer ce sujet-là
30:54qui est important ?
30:55Je pense qu'on a une chance
30:56et qu'on a un point
30:57d'accroche.
30:58Il y a déjà
30:58la semaine d'éducation
31:00à la presse
31:01et aux médias
31:02qui est mise en place
31:03par l'État,
31:04par l'éducation nationale
31:05dans les écoles,
31:06un collège.
31:07Et je trouve que ça
31:08c'est un point
31:09d'ancrage intéressant
31:10et qui a besoin
31:10d'être étendu
31:11progressivement
31:12au-delà de presse
31:13et médias traditionnels
31:14pour aller vers
31:15les réseaux sociaux
31:15et le digital.
31:17Et on voit quand même
31:18arriver pour un peu espoir
31:19ceux qui ont des enfants
31:20de cet âge-là
31:21se diront
31:21que ça ne marche pas
31:22mais des kits éducatifs
31:24de plus en plus
31:26insérés
31:26dans le parcours scolaire
31:27pour permettre aux enfants
31:28et aux parents derrière
31:29d'avancer.
31:31Et puis peut-être
31:32se dire aussi
31:33qu'on peut apprendre
31:34les uns des autres
31:36et moi je suis convaincu
31:38qu'en parler,
31:40encourager les jeunes
31:41à en parler
31:41c'est fondamental
31:42les jeunes
31:43et les moins jeunes
31:43moi aussi j'ai des problèmes
31:45non pas d'addiction
31:46du coup
31:46mais de mauvaise habitude
31:47et on parle beaucoup
31:49de père et danse
31:50vous avez peut-être
31:50déjà entendu ce mot-là
31:51le père et danse
31:52c'est l'homme
31:53est un dieu pour l'homme
31:54dit Spinoza
31:54donc on serait
31:56tous les quatre
31:57ou tous ensemble
31:58et on parlerait vraiment
31:59pour moi la question magique
32:01c'est qu'est-ce que l'on peut faire
32:02pour individuellement
32:04et collectivement
32:05pour trouver une relation
32:06plus saine
32:06au digital
32:08et les changements
32:09d'habitude
32:09sont d'autant plus puissants
32:11qu'ils émergent
32:12de la personne
32:13donc là on va avoir
32:14plein d'idées
32:14on va être très docte
32:15autour de cette table
32:16mais ce que chacun
32:17de vous pourrait dire
32:18ah bah moi je sais
32:19que si à ce moment-là
32:20je prenais ma douche
32:21le soir
32:22plutôt que le matin
32:22bam
32:23on n'irait jamais penser
32:24à ces études-là
32:25et je décapite
32:2630 minutes
32:26d'usage de réseaux sociaux
32:28et c'est prouvé
32:28dans les champs environnementaux
32:29sociaux
32:30technologiques
32:31et sociétaux
32:31la solution
32:32imaginer
32:33les éco-gestes
32:35mais du digital
32:36imaginé par les gens
32:37sont infiniment puissants
32:39important de rappeler
32:40que ce sujet-là
32:40concerne
32:41toutes les catégories
32:42de la population
32:43toutes les générations
32:44parce que ce sujet-là
32:45est quand même
32:45régulièrement convoqué
32:46en pointant du doigt
32:47les jeunes générations
32:48alors que finalement
32:49il nous concerne là aussi
32:51toutes et tous
32:51Serge vous évoquiez
32:52la disparition
32:52d'espaces de partage
32:54d'espaces publics
32:56et pourtant
32:56c'est tout le paradoxe
32:58on reste quand même
32:59un pays ouvert
33:00où les gens
33:01vivent quand même dehors
33:02où les rues sont bondées
33:03et pourtant
33:04vous faites le constat
33:05de vous dire
33:06qu'effectivement
33:06ces espaces de partage
33:07sont de moins en moins
33:09c'est cela présent
33:10et fréquenté
33:10par la population
33:12alors
33:12c'est particulièrement vrai
33:14pour les pré-adolescents
33:16et les adolescents
33:18dans Paris
33:18il y a une trentaine d'années
33:19il y avait encore
33:20des espaces
33:20où les ados
33:21pouvaient se retrouver
33:22aujourd'hui
33:23ils ont été bétonnés
33:24et souvent
33:26on trouve quelques bacs à sable
33:27avec des mamans
33:28et des bébés
33:28parce que les mamans votent
33:29et quelques bancs à l'ombre
33:32parce que les personnes âgées
33:33s'y assoient
33:34et les personnes âgées votent
33:35mais on ne trouve rien
33:36pour les pré-ados
33:37et les ados
33:37parce qu'ils ne votent pas
33:38donc aujourd'hui
33:40en plus
33:40beaucoup de parents
33:41pensent que
33:42si leur ado reste dehors
33:44ils courent le risque
33:45de faire des mauvaises rencontres
33:46il y a des dealers
33:48il y a des bandes
33:49il y a des mauvaises influences
33:50donc les enfants
33:51doivent rester à la maison
33:52et à la maison
33:53comment est-ce qu'ils peuvent interagir
33:54par les outils numériques
33:55il y a des chercheurs américains
33:57qui disent
33:57les ados ne sont pas du tout
33:58accros à leur portable
33:59ils sont accros à leur pote
34:01mais comme ils n'ont
34:02aucune autre possibilité
34:03de rencontrer leur pote
34:04que par leur portable
34:05parce qu'ils sont cloîtrés
34:07dans les appartements
34:07et bien ils utilisent
34:09ce moyen là
34:09donc il faut absolument réfléchir
34:11à une politique de la ville
34:12offensive
34:13je dis bien offensive
34:14parce qu'il y a urgence
34:15pour que les ados
34:16puissent se retrouver
34:17dans des bonnes conditions
34:19et que les parents acceptent
34:20de lâcher un peu la bride
34:22quand vous vous rendez bien compte
34:23qu'un enfant qui est géolocalisé
34:25par son smartphone
34:27c'est pas un enfant
34:28qui grandit
34:29dans des conditions optimales
34:30pour se sentir un citoyen
34:31libre et responsable
34:32donc aujourd'hui
34:34il y a beaucoup de problèmes
34:36qui s'empilent
34:37autour de la manière
34:38dont les technologies numériques
34:40sont utilisées
34:40par les grandes entreprises
34:42numériques
34:42pour nous surveiller
34:43pour exploiter
34:46pour piller
34:46exploiter nos données
34:47mais les technologies numériques
34:49sont aussi utilisées
34:49par des employeurs
34:50pour surveiller les employés
34:51par des parents
34:52pour surveiller leurs enfants
34:53et c'est ça aussi
34:54qu'il faut casser
34:54j'ai en tête
34:55une idée qui me revient
34:57on remet souvent en cause
34:58la doxa
34:59souvent nous rappelle
35:00le sujet suivant
35:01nous sommes dans une société
35:02où les rapports sociaux
35:03sont de plus en plus dégradés
35:05le fameux
35:05c'était mieux avant
35:07est-ce que c'est vraiment le cas
35:08finalement la société
35:09a-t-elle vraiment changé
35:10oui ou non
35:10le spécialiste
35:11peut-il répondre à cette question
35:12non c'était
35:13il y a des choses
35:15qui étaient mieux avant
35:16il y en a beaucoup
35:16qui étaient bien pires
35:18en revanche
35:19l'idée n'est pas
35:20de comparer le passé
35:21et le présent
35:22il est de savoir
35:22qu'est-ce qu'on veut
35:23pour l'avenir
35:24or il faut bien comprendre
35:25qu'aujourd'hui
35:26beaucoup de jeunes
35:27grandissent dans une atmosphère
35:28très confinée
35:29aujourd'hui
35:30on commence à se rendre compte
35:32des effets terribles
35:34qu'a eu la période
35:35du confinement
35:35cet isolement
35:37que beaucoup de jeunes
35:38ont opéré
35:40et dont ils ont
35:41de la peine à sortir
35:41ils sont repliés sur eux-mêmes
35:43ils ont de la peine
35:43à sortir d'eux-mêmes
35:44donc ça nécessite
35:45une politique
35:45beaucoup plus offensive
35:46que celle qui est menée
35:47aujourd'hui
35:48pour les inviter
35:49à redécouvrir
35:50la sociabilité
35:51et c'est vrai
35:52qu'on voit des jeunes
35:54parfois côte à côte
35:54avec leur smartphone
35:55s'ils ont été confinés
35:57chacun de leur côté
35:58avec leur smartphone
35:58c'est une habitude
35:59comportementale
36:00il faut briser ça
36:01donc il y a vraiment
36:02beaucoup d'efforts à faire
36:03encore une fois
36:04pour qu'il y ait
36:05des espaces de jeu
36:06et les écoles
36:06sont des espaces de jeu
36:07possibles
36:08vous savez si des enfants
36:09à 7, 8, 9, 10, 11, 12 ans
36:12peuvent taper le ballon
36:12tout le week-end
36:13et bien quand ils auront
36:1414, 15, 16 ans
36:16ils auront une relation
36:16différente entre eux
36:18de ceux des jeunes
36:19aujourd'hui
36:19qui sont grandis
36:20qui ont grandi
36:20cloîtrés
36:21pendant la période
36:22du confinement
36:22Alexandre vous souhaitiez
36:23compléter
36:24oui je voulais compléter
36:25parce que
36:26à la fabrique Spinoza
36:27on vient de publier
36:27une étude
36:28pareil qu'on peut trouver
36:29en ligne
36:29en open source
36:31qui s'appelle
36:31la société des liens
36:32et là dessus
36:33on rappelle un fait
36:35que les normes sociales
36:37ont changé
36:38sur un point particulier
36:39c'est qu'il y a 50 ans
36:40quand vous vouliez
36:41vous preniez le train
36:42vous vous excusiez
36:43auprès de votre voisin
36:45de ne pas être disponible
36:46parce que vous allez
36:47prendre un journal
36:48un cahier
36:49un livre
36:50que sais-je
36:51aujourd'hui
36:52on est dans une inversion
36:53complète de ce paradigme
36:55où vous êtes timide
36:56de tapoter
36:57sur l'épaule
36:58de votre voisin
36:58qui a des écouteurs
37:00pour lui demander
37:01est-ce que le train
37:02s'arrête bien
37:03à telle station
37:04on parle même
37:05d'inattention civile
37:06aujourd'hui
37:07il est poli
37:08de montrer à l'autre
37:09qu'on ne le regarde pas
37:11pour éviter de le mettre
37:12mal à l'aise
37:12de devoir répondre
37:13à une interaction possible
37:14donc je pense qu'il faut
37:16aussi s'autoriser
37:17une grande libération
37:18c'est-à-dire
37:19je ne suis pas mal poli
37:20quand j'engage
37:21la parole
37:22avec l'autre
37:23et je pense que ça participe
37:24aussi
37:25à effectivement
37:26à la création
37:27d'une ville transformée
37:28il y a une urbaniste
37:30qui appelle
37:31Sonia Lavadigno
37:32qui parle de la ville
37:33relationnelle
37:34il faut complètement
37:34repenser la ville
37:35quand j'arrive
37:36sur un carrefour
37:37si on met des électrodes
37:38sur le coeur
37:39on voit que mon rythme cardiaque monte
37:40parce que tout d'un coup
37:41oh là là
37:42les voitures arrivent
37:43etc
37:43donc cet état
37:44de stress reptilien
37:47et bien
37:47il ne m'encourage pas
37:48à interagir
37:49redessiner un carrefour
37:50de klaxonner
37:51exactement
37:53c'est donner la possibilité
37:55à quelqu'un
37:55de marcher plus tranquillement
37:57de s'ouvrir à l'autre
37:58le mobilier urbain
37:59il y a beaucoup de choses
38:00à imaginer
38:01pour nous encourager
38:02à nous recoser
38:03Canel
38:04Vibes
38:05on le disait précédemment
38:06créé en août 2023
38:08170 000 utilisatrices
38:09et utilisateurs
38:10l'objectif
38:11c'est tout naturellement
38:12d'inviter
38:12cette communauté
38:14à se retrouver
38:15dans des lieux
38:16de la vraie vie
38:17comme on le disait
38:18précédemment
38:19avec ces déjà
38:20deux années de succès
38:22quelles sont finalement
38:23les perspectives
38:24est-ce que vous avez déjà
38:25des idées
38:26dans les prochaines années
38:27à moyen terme
38:28de faire évoluer
38:29justement
38:30l'application
38:31sur ce sujet
38:32l'objectif
38:33on le disait
38:34c'est de pas
38:34forcément rendre
38:35dépendantes et dépendantes
38:36les utilisatrices
38:37et les utilisateurs
38:37mais quelles sont
38:38les perspectives
38:38de développement
38:39pour Vibes
38:40alors nous
38:42en termes de
38:42perspectives de développement
38:43on va être
38:44évidemment focus
38:45sur la communauté LGBT
38:46et on va participer
38:48je pense à
38:48la prise de conscience
38:50quelque part
38:51les personnes
38:52qui viennent sur Vibes
38:53en ont marre
38:54justement des applications
38:55parce qu'elles ont besoin
38:57de créer du lien social
38:58dans le réel
38:59et donc c'est vers ça
39:00qu'on va pousser
39:01donc l'idée
39:02c'est d'avoir
39:02un passeport LGBT
39:03qui permet d'avoir
39:04l'information
39:05mais pas de retenir
39:06sur la plateforme
39:07pour un temps
39:08trop important
39:09c'est à dire
39:10qu'on va passer
39:11par cet outil
39:11pour ensuite
39:12mieux en sortir
39:13et avoir plus de plaisir
39:15même à y revenir
39:16et c'est ça qu'on va voir
39:17là actuellement
39:18un des gros objectifs
39:20de développement
39:20c'est de se lancer
39:21partout en Europe
39:22on l'a annoncé cette année
39:23à VivaTech
39:24on a traduit l'application
39:25en anglais
39:26donc l'expansion
39:27commence maintenant
39:28et on est aussi
39:29en train de coder
39:29une carte
39:30qui va référencer
39:31tous les lieux
39:31LGBT et friendly
39:33pour pouvoir aussi
39:34permettre de trouver
39:35des espaces safe
39:36pour se rencontrer
39:37ce qu'une des autres
39:38problématiques
39:39des applications
39:39de rencontres
39:40aujourd'hui
39:41c'est qu'on va avoir
39:42une tendance
39:42à se rencontrer
39:43chez l'autre
39:44et à potentiellement
39:45se mettre en danger
39:46et donc il y a aussi
39:47cet aspect là
39:48dans la création
39:48de lien social
39:49est-ce que je me mets
39:50en danger
39:50en interagissant
39:51avec des personnes
39:52que je ne connais pas
39:53et comment je peux faire
39:55pour engager ce lien social
39:57justement en me préservant
39:58comment vous maintenez
40:00justement cet esprit
40:01de safe place
40:01à chacune des propositions
40:03à chacun des événements
40:04et des sorties
40:05qui sont organisées
40:07sur votre plateforme
40:08alors pour garder
40:09une safe place
40:10aujourd'hui
40:10on est très heureux
40:11parce qu'on a réussi
40:12à le faire
40:12et je touche du bois
40:13pour que ça continue
40:14on a une modération
40:15par IA
40:16qui est couplée aussi
40:17par de la modération humaine
40:19donc l'IA nous sert
40:20pour repérer
40:21les textes
40:22les contenus
40:23qui pourraient être problématiques
40:24et ensuite on vérifie
40:25avant toute exclusion
40:26et après derrière
40:28on privilégie toujours
40:29des sorties
40:29dans des lieux publics
40:30dans des lieux
40:31qui sont référencés
40:32comme étant safe
40:33donc on rentre en contact
40:34avec ces lieux
40:35on le vérifie
40:36et on écoute surtout
40:37nos utilisateurs
40:38et nos utilisatrices
40:39qui sont finalement
40:40notre meilleur baromètre
40:41parce que si on nous dit
40:43qu'un lieu est dangereux
40:44on va le prendre en compte
40:45et on va l'enlever
40:46notamment de la plateforme
40:47comme nous allons rentrer
40:49dans les trois dernières minutes
40:51je vais mettre un terme
40:52à mes questions
40:52en revanche
40:53je vais peut-être
40:53vous challenger
40:55sur le mot de la fin
40:57sur notre sujet
40:58qui nous a réunis
40:58pour ces 45 minutes
41:00quel serait
41:01le mot de la fin
41:02que vous souhaiteriez partager
41:04avec celles et ceux
41:04qui nous suivent ici
41:06depuis
41:06Viva Technologie
41:07on commence avec vous Serge
41:09oui
41:09ce qui me paraît important
41:11c'est de redécouvrir
41:12je parlais de la confiance en soi
41:14et découvrir la confiance
41:14dans les autres
41:15et j'ai envie de dire
41:16à toutes les personnes
41:17qui sont parents
41:19qui vont avoir des enfants
41:20faites confiance
41:21à vos enfants
41:22parce que si
41:22les enfants ne se sentent pas
41:24porteurs de la confiance
41:25des adultes
41:26qui les entourent
41:27ils ne peuvent pas
41:27construire la confiance
41:28en eux-mêmes
41:29et ils risquent d'être
41:29des victimes
41:30toutes désignées
41:31pour les plateformes
41:32qui les manipulent
41:33et puis faire confiance
41:35à nos enfants
41:36se faire confiance
41:37et ne jamais
41:39faire confiance en ligne
41:40parce qu'on ne l'a pas évoqué
41:42mais il y a des risques
41:43de cyber hacking
41:43de plus en plus important
41:45qui pèsent
41:46non seulement
41:47sur les entreprises
41:47mais aussi
41:48sur les particuliers
41:49la confiance en ligne
41:50ça se mérite
41:51la confiance de proximité
41:53on l'accorde
41:53a priori
41:54jusqu'à preuve du contraire
41:56et on redécouvre
41:57comme ça
41:57la règle élémentaire
41:58du jeu social
41:59que les interlocuteurs
42:01ne sont pas a priori
42:02des ennemis
42:03mais a priori
42:03des semblables
42:04qui nous invitent
42:05à communiquer avec eux
42:06je retiens un mot fort
42:07manipulation
42:07plateforme
42:08enfant
42:09je retiendrai juste
42:10ces mots
42:10pour le mot de la fin
42:11Alexandre
42:12moi j'ai envie
42:13de partager un petit rêve
42:14qui est d'une très belle
42:15association
42:16qui s'appelle
42:16Emmaüs Connect
42:17et qui dit
42:18et si le digital
42:19au lieu d'être un outil
42:20était un prétexte
42:21au lien
42:22et eux ils disent
42:23que 60% des gens
42:24dans la société
42:24sont digital fluide
42:26à l'aise
42:27et 40% sont digital
42:28moins à l'aise
42:30et donc ils essaient
42:31de créer des paires
42:32d'apparier des gens
42:34parfois des jeunes
42:35et des vieux
42:35mais c'est pas seulement ça
42:36pour que l'un aide l'autre
42:37et on peut imaginer
42:38ce monde magnifique
42:39où je suis senior
42:41et on vient m'aider
42:42et en retour
42:43j'apporte une certaine
42:44entre guillemets
42:45sagesse
42:45de mon interaction
42:46dans le monde
42:48digital
42:48et non digital
42:49soyons intergénérationnels
42:51pour grandir
42:52en épanouissement
42:53sur la question du digital
42:55Canel
42:56je vais rejoindre Alexandre
42:58et je vais vous proposer
42:58de reconnecter
43:00au contraire
43:00pour mieux déconnecter
43:01de créer de nouveaux liens
43:03trouver de nouvelles passions
43:05essayer de nouvelles activités
43:06parce que c'est ça finalement
43:08qui nous maintient dans le réel
43:09et qui nous sort des applications
43:10reconnecter pour mieux se connecter
43:12j'allais revenir sur le sujet
43:14et l'intitude de notre conférence
43:15mais on va rester
43:15sur ce mot de la fin
43:17je vous demande s'il vous plaît
43:18mesdames, messieurs
43:19d'applaudir chaleureusement
43:21Canel, Serge et Alexandre
43:23merci infiniment
43:24on continue le programme de conférence
43:26ici à Vivatec
43:27va bien sûr se poursuivre
43:29avec vous toutes et vous tous
43:30puisque dans notre prochaine session
43:33nous aurons le plaisir
43:34de parler de digital
43:36et de devoir de mémoire
43:38restez avec nous
43:39puisque dans 5 minutes
43:40nous aurons un expert
43:41qui vous présentera
43:42un projet assurément
43:43sensationnel, digital
43:45et devoir de mémoire
43:46à tout de suite
Commentaires

Recommandations