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Durant les 37 audiences du procès de Klaus Barbie, filmées en intégralité, les témoignages des survivants révèlent un tortionnaire implacable et cruel.
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00:12Le procès de Klaus Barbie s'est ouvert à Lyon le 11 mai 1987.
00:18C'est la première fois qu'en France, un officier nazi est jugé pour crime contre l'humanité.
00:27L'accusé, responsable de la déportation et de la mort de milliers de juifs et de résistants, a provoqué un
00:33coup de théâtre en décidant de ne pas assister aux audiences, comme il en a le droit.
00:52Le 15 mai 1987, le procès reprend donc en l'absence de Klaus Barbie.
00:58Celles et ceux qui ont eu affaire physiquement au boucher de Lyon entre 1942 et 1944 convergent vers le tribunal.
01:06C'est le moment que tous attendent et redoutent en même temps.
01:10C'est le temps des témoins.
01:13L'absence physique de leur bourreau dans le prétoire va finalement permettre de libérer l'expression de leur témoignage.
01:20Du récit de leur calvaire, parfois transmis dans la sphère intime, leur histoire va être maintenant racontée et partagée en
01:27public.
01:29Bonsoir madame.
01:32Asseyez-vous madame, je vous en prie.
01:34Installez-lui le micro.
01:36Asseyez-vous madame, je vous en prie.
01:40Quels sont vos noms, prénoms, âges, professions et domicile s'il vous plaît ?
01:44Lise de Sèvres, née Bogat, 86 ans, sans profession.
01:52Faites votre déposition, nous vous écoutons madame.
01:55J'ai été arrêtée le 13 mars 1944 par l'équipe de Barbie.
02:01Je n'ai pas vu Barbie en gare, mais c'était son équipe.
02:05Ils étaient trois.
02:08Trois sauvages.
02:11J'ai été emmenée à la prison de Montluc avec d'autres qui avaient fait une rafle en gare.
02:17J'étais en gare pour une mission.
02:19Et j'étais malheureusement chargée de nombreux papiers.
02:26Ces femmes, moi j'avais la chance de les avoir face à moi.
02:29Alors il faut savoir que c'est des femmes que je trouvais âgées,
02:33qui avaient mis une jolie robe, un petit corlet de perles, toujours très pudique,
02:39qui était belle.
02:41Elles ont dit des choses qu'elles n'ont jamais dites à personne.
02:45Il y avait souvent dans la salle leurs enfants, souvent leurs petits-enfants,
02:50qui entendaient pour la première fois leur mère, leur grand-mère raconter des choses
02:54qui touchaient, et c'est ça, à leur propre intimité.
03:01À midi, j'ai eu la pendaison par les poignets.
03:06J'ai d'abord eu les menottes à griffes.
03:09J'avais vu sur une table des choses étranges.
03:15Alors on m'a expliqué, les menottes à griffes avaient des griffes à l'intérieur.
03:20On posait une question, on serrait.
03:22C'était infiniment douloureux, j'avais l'impression que mes ongles allaient tomber.
03:27Alors comme je n'en ai pas parlé, Barbie a lancé la menace.
03:32Nous allons chercher ton mari et ton fils, et devant eux tu parleras.
03:39Moins d'une heure après, j'ai vu arriver mon mari et mon jeune fils de 16 ans et demi.
03:48Nous avons pu nous dire courage mutuellement,
03:52mais cette situation a été terrible pour moi quand je les ai vues arriver.
03:56C'était donc la première fois en France que les gens parlaient avec ces paroles
04:03des tortures qu'ils avaient vécues.
04:06Et puis c'est des tortures qui duraient longtemps.
04:08C'était une montagne d'émotions qui nous tombait dessus.
04:26Alors on m'a fait déshabiller, on m'a plutôt déshabillée brutalement
04:30parce que je refusais de le faire.
04:34Et je suis entrée dans la baignoire, je ne pouvais pas faire autrement.
04:40Et la séance a commencé, une grande brute me pinçait le nez
04:44et une autre avec une vieille boîte à biscuits rouillés, j'avais remarqué la boîte.
04:51Ils m'ont entonné de l'eau dans la bouche ouverte,
04:53puisqu'on me pinçait le nez, j'étais obligée d'ouvrir la bouche.
04:58Et c'est là que j'ai eu mon dernier interrogatoire
05:01qui m'a abîmé la colonne vertébrale et tout le système osseux.
05:08Une pièce nue avec une chaise, la chaise garnie de chênes.
05:14Il y avait des chênes partout dans les salles de torture.
05:19On m'a fait mettre à la plavente sur la chaise.
05:23On a attaché mes poignets d'un côté, mes genoux de l'autre.
05:27Et avant, Barbie était venu me montrer un fouet.
05:34C'était un manche.
05:36Au bout de ce manche, il y avait une boule hérissée de pointes.
05:40Et il a manié l'objet devant moi.
05:44Il y avait un grand ressort qui commandait la boule.
05:49Alors l'instrument a servi à me massacrer le dos.
05:54Et Barbie m'a frappée, je ne pourrais pas vous dire combien de temps.
05:59Il me disait les noms que je connaissais.
06:01J'ai dit je ne connais pas.
06:03Alors Barbie s'est impatientée.
06:05Barbie leur a dit, emmenez-moi ça, je ne vais plus l'avoir.
06:09C'est fini.
06:10C'est fini, liquidez-moi ça.
06:13Ça, c'était moi.
06:17On était saisis.
06:21Saisis parce que ce n'est pas une femme qui est venue.
06:24Ce n'est pas deux femmes.
06:25Elles ne se connaissaient pas pour certaines.
06:27La plupart ne se connaissaient pas.
06:29Elles sont venues dire, raconter, compter, faire de nous les contemporains de cela.
06:39Lorsque nous sommes arrivés à la Gestapo, on a pris les escaliers, on nous a mis dans un bureau.
06:44Et puis la porte du fond s'est ouverte.
06:46Et Barbie, enfin je ne savais pas que c'était son nom à ce moment-là, bien sûr.
06:50Barbie est rentré dans cette salle.
06:55Il était habillé en gris.
06:57Vous savez, ce sont des détails qui choquent un enfant de 13 ans.
07:02Il était habillé en gris et il avait un chat dans ses bras.
07:07Il avait un chat ?
07:08Oui, qu'il caressait.
07:11Je dois dire que pour une petite fille de 13 ans, lorsqu'on voit un homme qui caresse un animal,
07:16on n'en a pas vraiment peur.
07:19L'important, c'était tous les détails qu'elle donnait.
07:22Et puis c'était important parce que Simone Lagrange, elle était toute petite et que c'était une enfant.
07:27Et encore là, on a tout le crime contre l'humanité puisque c'était simplement le fait qu'elle était
07:33juive et qu'en plus c'était une enfant.
07:36Il est arrivé en caressant ce chat.
07:39Il est allé vers mon père qui était assez imposant de taille.
07:44Il l'a regardé des pieds à la tête sans dire un mot.
07:47Puis il est allé voir maman avec un petit sourire pincé.
07:52Puis il est revenu me voir.
07:53Il m'a caressé la joue.
07:54Il a dit que j'étais jolie.
07:57Et comme ça, d'un seul coup, il se retourne et il dit à maman, vous avez d'autres enfants
08:01?
08:01Et ma mère était une mère fière de ses gosses et elle a dit oui, j'ai deux autres enfants
08:05plus jeunes qui sont à la campagne.
08:08Il lui a demandé où se trouvaient les gosses.
08:13Maman a répondu que les enfants étaient partis au moment des bombardements de Lyon et qu'elle n'avait pas
08:17encore leur adresse.
08:19Ce qui était vrai d'ailleurs.
08:21Barbie est venu vers moi, il m'a posé la même question une fois de plus.
08:25J'étais comme maman, je ne pouvais pas répondre.
08:28Mes tortures ne sont pas celles des personnes qui sont passées avant, mais elles n'en sont pas moindres.
08:33C'était celles qu'on infligeait à une gosse de 13 ans et devant ses parents.
08:37Vous savez, ce sont des choses qui nous restent en nous, ce sont des souvenirs qui nous restent pour toujours.
09:04Je dois dire qu'il arrivait avec son sourire mince comme ça,
09:10comme une lame de couteau.
09:12Il me posait la question et il me frappait.
09:16Il me frappait à coup de poing, à coup de pied.
09:19Il m'a fichu par terre combien de fois et relevait à coup de pied.
09:22Il m'écrasait la figure à coup de poing sur les plaies qui étaient déjà à peine refermées de la
09:27veille.
09:28Je dois dire que ça a duré 7 jours environ, cette petite sérénade.
09:32On a parlé de torture, monsieur le président.
09:35Je crois que la torture morale, c'est pire que tout.
09:38Le premier soir, il m'a ramenée à la cellule lui-même.
09:41J'étais en sang, j'avais la figure enflée, pleine de sang, les cheveux collés.
09:46Vous savez, quand on a les cheveux très longs, ça colle et il y a la transpiration et au sang.
09:51Il a appelé ma mère, de nouveau sur le pas de la cellule.
09:54Il m'a jetée contre elle en disant « Voilà ce que tu as fait de ta fille. »
09:58Je crois que cette morale-là, personne ne peut l'excuser.
10:00Cette torture-là, il n'y a pas de morale qui peut excuser ça.
10:07Maman était plus mal en point que moi.
10:12Elle ne pouvait toujours pas répondre, elle ne pouvait pas donner l'adresse des enfants.
10:15Elle ne la savait pas et même si elle l'avait su, est-ce qu'elle aurait pu dénoncer ses
10:19enfants ?
10:19Ce n'était pas possible.
10:23Pendant toute une semaine, ça a duré cette comédie, ces sévices.
10:28Je partais à la Gestapo.
10:30Quelquefois, c'était lui qui venait me chercher.
10:32La plupart du temps, c'était lui qui me ramenait.
10:35Et puis un jour, comme ça, sans m'avertir, sans rien du tout,
10:38et ça, c'est encore une torture que je ne pourrais jamais lui pardonner, monsieur,
10:42même s'il demandait pardon, ce qu'il n'a pas fait.
10:46Il m'a mis dans une autre cellule.
10:49Si bien qu'au moment, ne me voyant pas rentrer,
10:51et mes camarades qui sont ici, que je ne connais pas personnellement,
10:54mais qui, eux, ont connu la prison aussi,
10:56peuvent dire que lorsque quelqu'un ne rentrait pas d'un interrogatoire,
11:00on était en droit de croire que la personne était morte.
11:03Et c'est ce que ma mère a pensé pendant ces quinze jours
11:06où elle est restée toute loin de moi dans une cellule.
11:09Quant à moi, je pensais simplement qu'elle avait pris le relais.
11:13Vous savez, c'est bien difficile de ne plus se souvenir de l'homme
11:16qui vous a fait le plus de mal, le premier.
11:19Il y en a eu beaucoup d'autres après, dans les camps.
11:22Mais disons qu'il avait cet avantage unique d'être le premier
11:25à m'avoir frappé et à m'avoir torturé de la sorte.
11:28Je crois que les premières larmes sont venues à ce moment-là
11:33parce que cette humanité dévastée nous racontait.
11:37Et là, oui, on en a pris plein la figure.
11:39Les jurés en ont pris aussi plein la figure.
11:41Je me souviens de jurés au bord des larmes
11:43après certains témoignages.
11:46J'ai vu une chose que je n'avais jamais vue, jamais, jamais.
11:49Il y a un gendarme, un gendarme,
11:52qui s'est tourné derrière la colonne et qui pleurait.
11:56Jamais vu ça. Jamais. Jamais.
11:59Mais ce que je voudrais raconter, si vous le permettez,
12:03c'est le voyage, le voyage de Drancy à Auschwitz.
12:08Vous savez, beaucoup de livres ont parlé des malheurs d'Auschwitz,
12:13de l'aspect terrifiant de ce camp.
12:17Moi, petite fille de 13 ans, je me suis souvenue surtout de ce voyage.
12:22Dans des wagons à bestiaux, le 30 juin 1944,
12:25il fallait s'asseoir, les jambes écartées,
12:27pour que les autres puissent s'asseoir, s'imbriquer en vous,
12:30pour pouvoir tenir dans ces wagons.
12:33Il y avait des enfants, il y avait des vieillards,
12:35il y avait des femmes, il y avait des hommes et moi.
12:38Il n'y avait qu'une porte qui pouvait nous donner un petit peu d'air.
12:41J'étais avantagée, je n'étais pas loin de la porte.
12:45Au milieu, il y avait une tinette,
12:48une espèce de grand bidon où tout le monde devait faire ses besoins.
12:51Je dois dire que la pudeur autrefois était beaucoup plus forte que maintenant
12:55et il était très difficile pour des hommes et des femmes
12:57de faire leurs besoins comme ça devant tout le monde.
13:00Je me souviendrai de ces deux hommes qui tenaient des vêtements
13:03pour que les premières personnes puissent faire ses traits sales,
13:06ce que je raconte,
13:08mais c'est beaucoup moins sale que l'esprit de ceux
13:10qui nous ont envoyés là-bas, M. le Président.
13:13Vous savez, le trajet a duré cinq jours et quatre nuits.
13:19Et tous les matins, il y avait des morts supplémentaires.
13:22Et déjà à ce moment-là, je pense qu'on avait fait de nous des gens différents.
13:26On nous a arrêtés parce qu'on était d'une race différente.
13:29Mais moi, je dois dire que c'est à ce moment-là
13:32qu'on est devenus petit à petit des gens différents.
13:36Différents en ce sens que nos premiers morts,
13:39on les a pleurés et on les pleure encore.
13:41Mais on était pratiquement soulagés
13:45d'avoir un tout petit peu de place en plus.
13:51C'est terrible à dire, vous savez maintenant.
13:53Mais c'était pourtant vrai.
13:56C'était, si vous voulez, le commencement de la fin.
13:59On attassait ces morts comme ça au fond
14:02et puis les vivants avaient un peu plus d'air et un peu plus de place.
14:07Les hurlements des enfants me restent dans les oreilles.
14:11Et la nuit, je me réveille avec ce cauchemar, croyez-moi.
14:15J'ai entendu au début du procès quelqu'un dire
14:19« Prenez des calmants, messieurs ».
14:21Je voudrais simplement dire que nous, les déportés,
14:24très souvent, nous prenons des calmants le soir
14:25pour pouvoir dormir sans cauchemar.
14:28J'en prends.
14:30Depuis 42 ans, bientôt, plus même.
14:35Ensuite, il y a eu Auschwitz.
14:38Auschwitz, ça ne se raconte pas.
14:40Je ne suis pas assez instruite pour vous dire ce qu'était Auschwitz.
14:43Je peux simplement raconter ce que moi, j'ai vécu.
14:48Mon premier drame, ça a été quand on m'a tendu les cheveux.
14:51Ça semble idiot.
14:52C'est rien à côté de ce que ces dames vous ont raconté juste avant moi.
14:57Mais vous savez, quand vous avez encore vos cheveux, vous êtes quelqu'un.
15:01Et puis subitement, on vous a enlevé vos vêtements.
15:04Il y a déjà eu le tri.
15:07Lorsqu'on est arrivés, ceux qui partaient vers la chambre à gaz,
15:11ceux qui ne savaient pas où ils allaient.
15:12Et puis il y a eu nous, nous qui étions embarqués dans l'entrée de ce camp.
15:19Nous à qui on avait enlevé les vêtements.
15:21Nous à qui on tondait les cheveux.
15:24Vous savez, voir sa maman ou des femmes qu'on avait connues dans sa commune.
15:29Saint-Font est une commune qui est toute proche de Lyon.
15:31On se connaissait tous.
15:33Voir toutes ces femmes tondues comme ça.
15:35Je ne me suis même pas rendue compte que j'étais comme elles.
15:37Mais j'étais gênée de voir des femmes toutes nues, avec plus de cheveux, plus de poils, rien du tout.
15:44Puis ensuite, ça a été le drame du tatouage.
15:49Je me répète, j'avais 13 ans.
15:52Et je me suis sentie salie d'avoir un matricule.
15:56Certaines personnes payent pour se faire tatouer.
15:59Et moi, je me suis sentie salie avec ce matricule.
16:02Et je me suis amusée à pincer mon bras.
16:05Je peux vous le montrer.
16:06J'ai le matricule A8624.
16:10Et le 4 est à moitié effacé.
16:12Et ça a été mes premiers dix coups de schlag.
16:15J'avais fait mon entrée à Auschwitz.
16:18Vous savez, on rentrait par la porte et on nous disait qu'on sortait par la cheminée.
16:23Les capots qui se trouvaient là se sont fait un plaisir de nous expliquer que nos camarades ou nos familles
16:28qui étaient partis en camion
16:31étaient en train de griller.
16:33Et comme ça, j'ai su qu'on brûlait des gens au camp.
16:37Je savais d'où venait cette odeur douce,
16:40âcre en même temps, amère.
16:42C'est une douleur,
16:44un goût que j'ai toujours dans la bouche.
16:47Je ne crains pas de faire brûler un rôti
16:48parce que j'ai des souvenirs comme ça.
16:52On a vu les flammes
16:54et on a su que c'était les corps des enfants, des femmes et des vieillards
16:58qui étaient en train d'alimenter ces feux.
17:02Voilà, c'était ça Auschwitz.
17:05Auschwitz, c'était quelque chose qui fait peur, qui continue à faire peur.
17:08Et si je suis là devant vous, monsieur le président
17:10et messieurs et mesdames de la cour,
17:14c'est parce que je ne voudrais pas que mes enfants et mes petits-enfants
17:16revoyent ces choses-là.
17:18Parce que je voudrais que vous rendiez un peu de justice
17:20à ceux qui sont encore vivants
17:23et que ceux qui nous ont envoyés là-bas soient punis.
17:26Je ne vais pas vous apprendre votre métier, je m'en excuse,
17:28mais c'est vraiment dans cet espoir que je suis ici.
17:32Vous savez, à Auschwitz,
17:35je suis restée avec maman
17:37jusqu'au 23 août 1944.
17:41Le 23 août 1944,
17:43c'était le jour de la libération de Paris.
17:45Pour moi, c'est le jour de la mort de ma mère.
17:48Elle a été gazée et brûlée.
17:50Ça existe, les chambres à gaz.
17:53Mon père a fait partie du dernier convoi
17:55qui est parti de Lyon pour Auschwitz,
17:57celui du 11 août 1944.
18:00J'ai appris qu'il y avait retrouvé mes neveux,
18:03qui étaient nés l'un en 35, l'autre en 37.
18:06Mes deux jeunes neveux ont été gazés à Auschwitz.
18:10Et mon père est rentré au camp.
18:13Je passerai sur le camp,
18:14les souffrances du camp, vous savez,
18:15c'était quelque chose d'incroyable.
18:18Vous racontez les femmes qui en avaient assez
18:20et qui se jetaient dans les barbelés,
18:21je crois que tout le monde le sait.
18:23Vous racontez les mamans qui partaient à la chambre à gaz,
18:26qui faisaient quelquefois trois heures de queue
18:28pour être gazées.
18:30Elles donnaient la main à leurs enfants
18:31et elles chantaient pour aller à la chambre à gaz, monsieur.
18:34Elles essayaient d'encourager leurs petits.
18:37Moi, je voudrais dire, si vous le permettez,
18:38à ceux qui disent que les chambres à gaz n'ont pas existé,
18:42je voudrais leur dire qu'il faudrait peut-être
18:43qu'ils aillent faire un voyage à Auschwitz.
18:45Ils verront que les chambres à gaz sont griffées jusqu'au plafond.
18:49On voit des griffes dans le mur.
18:51Ça, c'est la réalité.
18:54Ce procès a fait que les digues ont lâché.
18:58Tout ce qui était refoulé chez les témoins,
19:01tout ce qu'ils n'ont jamais osé dire,
19:02qu'ils n'ont pas pu dire.
19:03Ce jour-là, les digues ont lâché.
19:06Et l'eau a commencé à déferler, à couler dans tous les sens.
19:11Et les gens ont parlé, ont dit des choses qu'ils ont retenues
19:15pendant 40 ans, pendant plus de 40 ans.
19:19Le 18 janvier 1944, 45, pardon,
19:24nous sommes partis en évacuation.
19:26Ça aussi, c'était quelque chose de tragique,
19:29la grande évacuation d'Auschwitz.
19:31J'ai rencontré un commando d'hommes dans la neige de la Haute-Silesie.
19:35Vous savez, il faisait très, très froid, Auschwitz,
19:37à cette période.
19:38Moins 30, moins 35, peut-être.
19:42On n'avait rien pour manger, rien pour s'habiller,
19:44et nous faisions cette marche à pied.
19:48Je vous ai dit que mon père avait une taille très imposante.
19:53Et puis, j'ai rencontré une colonne d'hommes,
19:56et j'ai vu une tête qui émergeait.
20:00Je me suis rendue compte que c'était mon père.
20:02On s'est fait un signe de la main.
20:05Ça m'embête d'en parler
20:06parce que mes frères et soeurs sont dans la salle.
20:10Et ça va leur faire mal.
20:23Les Allemands étaient en civil.
20:25Ils n'avaient plus que leurs bottes
20:26et leurs capotes pour avoir chaud.
20:30Les Russes arrivaient.
20:35Un Allemand m'a dit, c'est ton père ?
20:38J'ai dit oui.
20:40Il m'a dit, va l'embrasser.
20:45Il avait signé à mon père de venir.
20:55Et au moment où il allait m'embrasser,
20:58non merci monsieur,
21:00au moment où il allait m'embrasser,
21:02on l'a fait mettre à genoux
21:03et on lui a tiré une balle dans la tête.
21:08C'est pas Barbie qui lui a tiré une balle dans la tête,
21:10mais c'est Barbie qui nous a envoyés là-bas.
21:12C'est lui qui est le responsable premier,
21:15le premier des responsables,
21:17le premier du responsable de mon malheur.
21:22Comment voulez-vous que j'oublie cet homme ?
21:24C'est pas possible.
21:27Voilà.
21:30Hier, plusieurs magistrats,
21:32plusieurs avocats
21:32et quelques particuliers
21:33ont reçu des tracts
21:34qui remettent en cause une nouvelle fois
21:36l'existence des chambres à gaz.
21:38Il s'agit de toute évidence
21:39de profiter du procès de Klaus Barbie
21:41pour semer un doute odieux
21:43dans l'esprit des Français.
21:44C'est un sujet sur lequel on ment beaucoup,
21:47on ment énormément,
21:49mais le plus gros
21:50de tous les mensonges
21:51me paraît être celui
21:53de la prétendue extermination des Juifs
21:56et des prétendues chambres à gaz d'homicide.
21:58Pour vous, tout cela n'a pas existé ?
22:00Que au bagne d'Auschwitz,
22:03on a gazé
22:05des poux.
22:07À cette époque-là,
22:08il y a un universitaire
22:11lyonnais
22:11qui est professeur de littérature
22:13qui n'a rien à voir avec l'histoire,
22:15qui s'est mis en tête
22:16de réhabiliter le négationnisme,
22:19mais qui vient sur le procès
22:21en disant
22:21ce qu'on va vous raconter,
22:22c'est des sornettes.
22:23Les chambres à gaz
22:24sont une impossibilité chimique.
22:28Il est impossible
22:30de gazer les gens
22:31comme on nous le raconte.
22:32À partir de la fin des années 70
22:34et notamment d'une tribune
22:36que Faurisson a réussi
22:38à passer dans le monde,
22:40il y a dans l'espace public
22:42un courant
22:43qu'on appellera
22:44le courant négationniste
22:45qui s'exprime
22:46pour nier
22:48qu'il y ait eu
22:49des chambres à gaz.
22:53Pourquoi ?
22:54Y a-t-il cette persuasion
22:57entretenue dans l'esprit
22:58de quelques-uns
22:59par eux-mêmes
23:00de ce que
23:01le juif avance la persécution ?
23:04Ça n'existe pas.
23:06C'est une autre façon
23:08de manifester
23:09sa haine du juif
23:10qui est tout à fait étonnante.
23:12Je trouve tout simplement
23:14que le procès de l'Arbi
23:15ne pourrait pas exister,
23:16ne pourrait pas avoir lieu
23:17tout simplement
23:17parce que
23:18c'est un homme
23:19qui a obéi
23:20pendant la guerre
23:21à ses supérieurs,
23:22qui était militaire,
23:23qui a obéi à ses supérieurs
23:24et donc il ne faisait que
23:25répondre aux ordres.
23:27La notion de crime
23:28contre l'humanité
23:29pour vous,
23:30c'est quoi ?
23:30Pour moi,
23:30il n'y en a pas,
23:31de crime de l'humanité.
23:32Les crimes contre l'humanité,
23:33ça n'existe pas ?
23:34Pour moi,
23:34il n'y en a pas.
23:35La déportation des juifs,
23:36par exemple,
23:36vous rangez ça
23:37dans quelle catégorie ?
23:38La déportation des juifs ?
23:45L'antisémitisme se nourrit
23:48de l'idée
23:49de la conspiration juive,
23:52c'est-à-dire
23:53un pouvoir occulte,
23:56planétaire
23:57et omnipotent.
23:59Et dès lors,
24:01qu'on pense en ces termes,
24:03on peut très bien dire
24:04que les juifs ont inventé
24:05cette idée de l'extermination
24:07pour asseoir
24:09le Régémonie sur le monde.
24:11Vous n'avez pas peur
24:12que votre présence
24:12soit interprétée
24:13comme une provocation ?
24:18Alors,
24:19qu'êtes-vous venu faire ici ?
24:28Le procès Barbie,
24:29c'est l'antidote
24:30du négationnisme.
24:32Tout lion vit alors
24:34au rythme du procès Barbie.
24:36À quelques centaines de mètres
24:37des rassemblements négationnistes,
24:39se tient la commémoration
24:40de l'une des rafles
24:41opérées par la Gestapo.
24:47Au deuxième étage
24:48du 12 rue Sainte-Catherine,
24:49se trouvent les locaux
24:50de l'Union Générale
24:51des Israélites de France.
24:53Une association d'aide sociale.
24:5682 personnes y seront arrêtées
24:58le 9 février 1943,
25:01transférées vers Drancy,
25:02puis déportées à Auschwitz.
25:05C'est le premier acte d'accusation
25:07examiné dès le 8e jour
25:09du procès.
25:10L'enjeu juridique
25:11est d'établir la responsabilité
25:13de Klaus Barbie
25:13et d'en apporter la preuve.
25:16On ne peut pas se contenter
25:18de dire qu'il y a eu des exactions,
25:19c'est Klaus Barbie.
25:20On ne peut pas le condamner
25:21à raison de la fonction
25:23qu'il occupait.
25:24On doit le condamner
25:25parce que dans l'exercice
25:27de ses fonctions,
25:28il a personnellement pris part
25:30à la commission
25:30de ses crimes contre l'humanité.
25:32Quel est le rôle de Klaus Barbie
25:33dans cette rafle ?
25:34Cette rafle, elle a eu lieu.
25:35C'est indubitable.
25:37A-t-il une responsabilité
25:38directe ou indirecte
25:39dans ce crime contre l'humanité ?
25:42Est-ce qu'il était physiquement présent ?
25:45Est-ce qu'il a donné l'ordre ?
25:46Ce qui revient au même,
25:48en termes de responsabilité pénale.
25:50Quel est son rôle ?
25:52Je vais dire les choses
25:54comme elles se sont passées.
25:56J'étais employée à l'UGIV
25:58depuis peu de temps
25:59comme assistante sociale
26:00et le 9 février 1943,
26:05je me trouvais dans le bureau
26:07auquel je travaillais,
26:08assise à la table
26:10à laquelle j'étais occupée,
26:12à recevoir les visiteurs
26:14qui avaient besoin
26:15de renseignements ou de soins.
26:17J'ai vu rentrer des gens en civil,
26:22crier très fort en allemand,
26:23revolver en poing,
26:25«Hendor »,
26:26qui veut dire «Main en l'air,
26:27Gestapo, mettez-vous de côté ».
26:29Enfin, tout de suite,
26:31nous avons compris,
26:32c'était horrible,
26:34c'était la terreur.
26:36Et j'entends qu'il y a
26:38«Kommens irain,
26:40entrer,
26:44que heime Staatspolizei Gestapo ».
26:49Et j'étais pris.
26:52Évidemment,
26:52il a fallu que je tente
26:53ma carte d'identité
26:55où il y avait marqué
26:56«Tampon juif ».
27:00Alors, ils ont dit en allemand
27:02«Ah,
27:04«Nor ein jude,
27:04ich kettchen »,
27:05ce que signifie,
27:06d'après ce que je sais,
27:08encore un petit chaton juif.
27:10Au départ,
27:11si nous étions une vingtaine,
27:12une trentaine,
27:13à la fin de l'après-midi,
27:14on s'est retrouvés
27:15à plus de 80
27:16dans ces deux salles
27:18sans pouvoir faire
27:19quoi que ce soit.
27:20et au fond de la salle,
27:22tout à fait au fond,
27:25il y avait une table
27:27et derrière cette table,
27:30un homme
27:32en civil.
27:34On m'avait emmené
27:36devant lui,
27:38devant ce chef.
27:40alors,
27:41j'étais devant Barbie
27:43pendant peut-être
27:45une heure demie,
27:47peut-être plus que ça.
27:52Comment pouvez-vous
27:53affirmer aujourd'hui
27:55que c'est bien Barbie
27:58auquel vous avez eu affaire
27:59et qui était assis en civil
28:01derrière cette table ?
28:04Ce regard,
28:06son sourire,
28:11qu'on ne peut jamais oublier,
28:13le sourire sarcastique,
28:15cynique,
28:18l'homme qui se réjouit.
28:23Il n'y avait aucun doute.
28:25et si je n'ai dit aucun doute,
28:29pas le moindre doute,
28:32pas le moindre,
28:34pas le moindre doute,
28:38que c'était
28:40Klaus Barbie
28:41qui avait dirigé
28:44personnellement
28:45la rafle
28:46de la rue Sainte-Catherine.
28:49Monsieur le procureur général,
28:51des questions à poser
28:51aux témoins ?
28:52Les parties civiles.
28:54Pas de questions,
28:55les parties civiles,
28:56la défense.
29:02Je m'en voudrais de rompre
29:03le charme de ce témoignage
29:05qui nous a tous captivés
29:07et venir à des questions
29:08très terre à terre.
29:10Ce jour-là,
29:11il y avait une centaine
29:12de personnes
29:13et les témoins nous ont dit
29:14depuis hier
29:15à quel point
29:16régnait une atmosphère d'angoisse,
29:18à quel point
29:19la salle était remplie.
29:23de quoi a-t-il parlé
29:25avec le responsable
29:27de cette opération
29:28pendant une heure trente ?
29:44Comme je crois avoir dit
29:46auparavant,
29:48ce n'était pas
29:51un entretien
29:52comme ça,
29:54que c'était
29:57une affaire
29:59qui s'était interrompue.
30:02Il y avait
30:02d'autres gens,
30:03c'était
30:04l'action
30:05d'un chef
30:07d'une rafle.
30:21Et je vous avais dit
30:23que pour moi,
30:25c'était une prolongation
30:27d'une quantité
30:29d'éternité.
30:35Bien.
30:36Pas d'autres questions ?
30:37L'audience est suspendue.
30:39Elle sera reprise
30:40dans 20 minutes.
30:47C'est très, très important
30:49de savoir
30:49qu'on ne peut pas
30:50condamner Barbie
30:51pour autre chose
30:52que ce qui a été
30:53démontré
30:53comme étant
30:54de sa responsabilité
30:55personnelle.
30:57Il fallait apporter
30:57la preuve
30:58que Barbie
30:59avait ordonné,
31:01ordonnancé
31:02l'opération.
31:03Sa responsabilité,
31:04elle est signée.
31:05Elle est signée
31:06par deux Télex
31:08notamment,
31:08du 11 février 1943
31:10et du 15 février 1943,
31:12de même qu'elle est signée
31:13par le rapport
31:14qu'il signe de sa main
31:15le 11 février 1943.
31:18Lyon, Télex, éclair,
31:21numéro 598-11-2-43-1245.
31:26À l'attention du SS-Standarten-Führer,
31:29docteur Knoven.
31:31Concerne,
31:33comité de soutien
31:34aux émigrants
31:34et aux juifs
31:35sans ressources.
31:36L'action
31:37contre le comité
31:38précité
31:39ayant été
31:40exécutée
31:40d'ici,
31:42les juifs
31:42ont bien entendu
31:43été gardés
31:44en détention
31:45par les allemands.
31:46Il s'agit
31:47de 86 personnes
31:48qui seront transférées
31:50aujourd'hui
31:50au camp correspondant
31:51en passant
31:53par Chalons-sur-Saône.
31:55Le chef
31:56du groupe spécial
31:57de Lyon 4
31:58signé
31:59Barbie
32:00SS
32:01Obersturmfuhrer.
32:06Alors ce document
32:07a été présenté
32:08à Barbie.
32:11Le 30 mars 1983,
32:15il a reconnu
32:16sa signature.
32:18Donc ça,
32:19c'est un crime
32:19contre l'humanité
32:20par définition.
32:21Pourquoi ces gens-là
32:22ont-ils été arrêtés ?
32:24Pourquoi ont-ils été
32:25envoyés en déportation
32:26pour être assassinés
32:27à Auschwitz ?
32:28Simplement parce
32:29qu'ils étaient coupables
32:30d'être nés juifs.
32:36Parmi ces gens-là,
32:37il y avait un homme
32:38qui s'appelait Badinter.
32:41C'était le papa
32:42de Robert Badinter
32:43qui à l'époque
32:43était lycéen à Lyon.
32:46Ce qu'il faut savoir,
32:47c'est qu'on a bien failli
32:49ce jour-là perdre
32:50Robert Badinter
32:52parce que dans son histoire
32:53personnelle,
32:55il vient
32:57rue Sainte-Catherine
32:58ce jour-là.
32:59À quoi tient le destin,
33:01à quoi tient la vie,
33:01d'un homme ?
33:07Alors que la cour
33:08s'apprête à examiner
33:09le deuxième acte
33:10d'accusation,
33:11Klaus Barbie
33:12refuse toujours
33:13d'assister aux audiences.
33:16C'est depuis le fond
33:17de sa cellule
33:17qu'il suit les comptes rendus
33:18des témoignages
33:19de ses victimes,
33:21celles qui ont vécu
33:22la rafle opérée
33:23le 6 avril 1944
33:24à Isieux.
33:33À 90 km à l'est de Lyon,
33:37dans un massif montagneux
33:38difficile d'accès,
33:40Sabine Zlatin
33:41et son mari Miron
33:42ont installé
33:43une colonie
33:43d'enfants juifs.
33:45C'est un refuge heureux
33:47dans lequel 45 enfants
33:48âgés de 5 à 17 ans
33:50continuent de recevoir
33:51des soins
33:52et de l'instruction
33:53protégés de la folie
33:54antisémite.
33:56La plus importante
33:58accusation
33:58contre Klaus Barbie,
34:00il envoie
34:00ses hommes
34:02à Isieux
34:03pour demander
34:04de prendre
34:05les enfants
34:05et les enfants
34:06à Hochschutz
34:06pour les tuer.
34:07Ça, c'était quelque chose
34:08le plus grave
34:09dans ces crimes
34:10qu'il avait commis.
34:12Le 27 mai 1987,
34:15Beate Klarsfeld
34:16accompagne
34:17Ita Alan Brenner
34:18et Fortuné Ben Guigui,
34:20deux mamans
34:20dont les trois enfants
34:21respectifs
34:22ont été exterminés.
34:24Ce procès
34:25est le moment
34:26qu'elles attendent
34:26depuis des décennies.
34:29Elles étaient venues
34:31chacune dire
34:33qu'elles avaient été
34:34déportées à Hochschutz.
34:36L'une comme l'autre
34:37avait dit la même chose
34:38mais qu'elles étaient
34:39parties tranquilles
34:40parce qu'elles savaient
34:40que leurs enfants
34:41étaient à l'abri.
34:44Voilà.
34:46Qu'est-ce qui est plus cher
34:48pour une mère
34:49comme des enfants ?
34:51Une mère plus chère ?
34:52Non.
34:53Dans ma vie,
34:54elle n'est pas plus chère
34:55comme des enfants.
34:57C'était un homme
35:00comme...
35:01Il vit encore
35:05un homme comme ça.
35:07Qu'est-ce qui me fait mal
35:08pour toute ma vie ?
35:11Qu'est-ce que je souffre ?
35:13Pour toute ma vie,
35:14je souffre.
35:23Le temps s'est arrêté.
35:24Son temps, à elle,
35:26s'est arrêté en 1944.
35:28Voilà.
35:28Et là, on est en 1987.
35:30Elles sont mortes
35:31tout de suite après.
35:32Elles ont témoigné.
35:32Elles sont mortes
35:33tout de suite après.
35:36Vous avez trois enfants
35:38qui ont été
35:41victimes
35:41de la rafle dix yeux.
35:43Dix yeux, oui.
35:44Vous avez votre fils Jacques
35:46qui était né
35:47le 15 avril
35:47de 1931.
35:50Il avait donc
35:5013 ans
35:51à cette époque-là.
35:5213 ans passés, oui.
35:54Votre fils Richard
35:56qui était né
35:56le 31 mars 1937.
35:58C'est temps, ça fait.
35:59Et puis le plus...
36:00Et Jean-Claude,
36:015 ans et demi.
36:026 ans.
36:02Oui.
36:03Bien.
36:03Vous avez dit
36:04lorsque vous avez été entendu
36:07que vous avez reconnu
36:08votre fils Jacques
36:10à Auschwitz.
36:11Oui.
36:12Et vous ne...
36:13Le pulau vert,
36:14j'ai reconnu son pulau vert.
36:15Le pulau vert, oui.
36:15Mais votre fils lui-même,
36:16est-ce que vous l'avez vu
36:17passer à Auschwitz ?
36:19Donc, d'après ce que vous avez
36:20dit au juge d'instruction,
36:21le 28 mars 1983,
36:23alors que vous étiez à Auschwitz,
36:26vous avez vu un jour
36:27arriver dans un groupe d'enfants
36:29votre fils Jacques ?
36:30Oui, c'est avant le pulau vert.
36:33Avant le pulau vert, oui.
36:35Parce qu'on avait,
36:36en bas,
36:36en bas du bloc,
36:38il y avait le bunker.
36:40Là, on fusillait
36:42les politiques.
36:43Tous les jours,
36:44on était fusillés.
36:4510, 15.
36:47Donc, vous confirmez
36:48que vous avez vu
36:48arriver votre fils
36:49à Auschwitz ?
36:50Oui, avec des enfants.
36:52Il avait un sac au dos.
36:54C'était le plus grand.
36:57Et puis,
36:58la seule survivante,
36:59Léa Feldblum,
37:00qui ne pouvait pas
37:02réussir à parler, même.
37:05Léa Feldblum
37:06s'occupait
37:06des plus jeunes enfants d'Izieux.
37:08Elle a été déportée avec eux
37:09et les a accompagnés
37:10jusqu'au seuil
37:11de la chambre à gaz.
37:13Elle est l'unique survivante
37:14de la rafle d'Izieux.
37:16Et en ne réussissant
37:18pas parler,
37:19elle a réussi
37:20à exprimer
37:23toute la souffrance
37:24qu'elle ressentait.
37:27Alors,
37:27que se passe-t-il
37:28à votre arrivée
37:29à Birkenau ?
37:30Dites-nous
37:30ce qui se passe
37:32à Birkenau.
37:35On a ouvert
37:35les choses,
37:36les fermetures
37:37des choses.
37:39On a avec un grand
37:40et tout le monde
37:41rense, rense, rense,
37:42rense, rense, rense,
37:43rense, rense,
37:43et on lui avait
37:44des gens
37:44avec des pyjamas,
37:45je sais,
37:46les essais,
37:47c'était comme ça,
37:47avec les...
37:48de côté avec les...
37:49comme ça,
37:50j'ai jusqu'aujourd'hui
37:51peur d'un chien.
37:52Pas peur,
37:53quand j'attends,
37:53ça me fait un peu plus.
37:55Bon,
37:55il y avait un toy,
37:57«Veite,
37:57marchen,
37:58marchen,
37:58marchen,
37:59marchen,
38:00vite,
38:00vite,
38:00vite à cinq. »
38:07c'était la nuit.
38:18Il y avait un peu plus loin,
38:23il y avait un peu plus loin et le ciel était tout rouge, c'était la nuit, tout d'un
38:31coup j'attends,
38:33« je sens que quelqu'un, on arrache là, devant nous, il y avait, il y avait Mengele, il y
38:40avait après, j'ai dit ça, puisque c'était Mengele, c'est celui-là qui faisait toujours des sélections dans
38:45le bloc. »
39:04On dirait une folle, mais c'est une folle, enfin, le terme peut paraître péjoratif, sa vie s'est arrêtée,
39:13elle aussi, sur la rampe d'Auschwitz.
39:18Et son témoignage, le président, je m'en souviens, est un peu perdu, quoi, on ne comprend pas très bien
39:24ce qu'elle veut dire, ce qu'elle dit, c'est comme, vous savez, il y a des œuvres de
39:30littérature sur la folie, en fait, de son, c'est quasiment inaudible, mais ça dit tout.
39:39Moi, c'est le témoignage qui, pour moi, est le plus terrible, parce qu'il ne dit rien, il dit
39:44tout.
39:47Et voilà, elle est partie, et puis, elle est morte.
39:50Voilà, elle a témoigné, elle est morte.
39:55C'est le procès Barbie, quoi.
39:57Et c'est...
40:05Je n'arrive jamais à raconter ces histoires.
40:15Sabine Zlatin, infirmière à la Croix-Rouge, était la directrice de la maison d'Isieux.
40:20Elle avait fondé cette colonie pour protéger les enfants.
40:24Le jour de la rafle, elle est en déplacement à Montpellier, où elle cherche un endroit plus sûr pour déplacer
40:30la colonie.
40:34Je suis allée à Vichy, le soir même.
40:40Mais dans mon uniforme d'infirmière,
40:46avec ma carte, où les mots « juifs » n'étaient pas mentionnés.
40:55J'étais reçue par un haut fonctionnaire, je ne peux pas vous dire qui c'était,
41:00mais c'était un très beau bureau.
41:05Et je lui racontais la tragédie d'Isieux.
41:10Et je lui demandais,
41:13« Messieurs, si vous pouvez faire quelque chose pour ces enfants, faites-les. »
41:24Il est sorti de la pièce.
41:27Il allait dans une autre pièce.
41:31Et il est revenu en disant,
41:35« Pourquoi vous vous êtes occupé de ces salioupins ? »
41:45« Ma clouée. »
41:50Je vais vous dire,
41:55et je vais dire surtout,
42:00à la défense de Barbie,
42:05que Barbie a toujours dit
42:09qu'il s'occupait uniquement
42:12des résistants
42:16et des maquisards.
42:19Ça veut dire les ennemis de l'armée allemande.
42:24Je demande,
42:28« Les enfants, les 44 enfants, c'était quoi ? »
42:34« C'était des résistants ? »
42:36« C'était des maquiseurs ? »
42:38« Qu'est-ce qu'ils étaient ? »
42:39« C'était des innocents ! »
42:51Après avoir écouté le récit des victimes,
42:54la cour doit maintenant démontrer la culpabilité de Klaus Barbie.
42:59Il faut apporter la preuve de sa responsabilité dans la rafle
43:03et peut-être même de sa présence à Isieux.
43:05« Je garde cette image,
43:11une image très floue.
43:13Je ne peux donner aucune précision,
43:16sauf sur les vêtements du petit,
43:20chapeau,
43:23imperméable beige,
43:25une certaine allure de quelqu'un qui a l'habitude de commander,
43:28vous savez, une démarche assurée.
43:31Une image floue que je garde depuis ce temps-là.
43:36Et je n'aurais pas pu préciser
43:38ni le nom,
43:39ni aucun autre détail,
43:42si vous voulez,
43:43sur ce personnage.
43:45Jusqu'au jour où j'ai été confronté
43:47au cabinet de M. le juge d'instruction
43:51avec l'accusé.
43:53Et alors,
43:54comme un déclic,
43:56j'ai eu l'impression
43:58de me trouver en face
43:59de cette personne
44:01que j'ai vue lors de la rafle.
44:04Là encore,
44:04il a fallu prouver,
44:06prouver
44:08que Barbie était présent.
44:10Il y a eu une grande controverse
44:11sur le point de savoir
44:12si Barbie était présent ou pas.
44:16Les témoignages sont fragiles.
44:19Il y a
44:20le témoignage d'un homme,
44:23Julien Favet,
44:25qui était
44:28un factotum
44:29de la campagne
44:29d'alors
44:31et
44:32qui est un témoin
44:33d'Isieux
44:35et qui est venu témoigner
44:36et qui lui dit
44:37qu'il a vu Barbie.
44:38Le 6 avril 1944,
44:42vous avez vu
44:42combien de personnes
44:43en civil
44:44avec les Allemands ?
44:45Trois.
44:46Trois personnes ?
44:47Trois.
44:48Il y en avait une
44:49que vous connaissiez.
44:51C'est Bourdon
44:52que vous connaissiez.
44:53Oui, Bourdon.
44:54Puis lui aussi
44:55me connaissait.
44:59Quand
44:59l'officier allemand
45:01a fait signe
45:03à celui d'en bas,
45:05c'est celui de droite,
45:07qui était adossé
45:09comme ça,
45:09celui de droite
45:09qui est monté.
45:11C'était donc
45:13Barbie.
45:15Alors,
45:16il m'a regardé
45:17encore bien,
45:17bien,
45:17bien des pieds
45:18à la tête
45:19et dans un seul coup,
45:20il m'a dit
45:20« Allez,
45:22les soldats m'ont lâché,
45:23le soldat,
45:25l'officier
45:25qui me tenait
45:26m'a lâché
45:26et ils sont redescendus
45:29vers les camions
45:29qui étaient chargés
45:30d'enfants.
45:31Quand cela,
45:32j'ai vu que
45:33je me suis aperçu
45:35ce que c'était la race
45:38qui traitait
45:38les juifs
45:39de cette manière.
45:40Je ne suis pas juge,
45:41mais je ne suis pas raciste.
45:45Quand je vois
45:45des hommes
45:46qui martyrisent
45:47des enfants
45:47de Paris-Sort,
45:48c'est...
45:50c'est impensable.
46:01ensuite,
46:02j'ai attendu
46:03un moment
46:04avant de remonter.
46:10Non, merci.
46:16puis quand je regardais
46:17dans les camions,
46:18là-bas,
46:19j'ai vu
46:21une chose
46:22qui m'a frappé aussi.
46:23Les enfants,
46:23il y en a
46:24qui,
46:25les plus grands
46:26de ceux qui avaient
46:2610, 12 ans,
46:28essayaient de sauter
46:29par-dessus
46:31les plateaux
46:32du camion
46:32et aussitôt,
46:34ils étaient remis en place
46:35par les deux Allemands
46:36qui les prenaient
46:37et j'étais dedans
46:39comme des sacs
46:40de pommes de terre,
46:41comme un vulgaire sac,
46:42quoi.
46:43Et en arrivant dedans,
46:44un autre,
46:45ils allaient prendre
46:46un coup de pied,
46:48enfin,
46:50c'était pas des tortures
46:52comme certains l'ont eues,
46:53mais c'était pas beau à voir.
46:57Au cours de la confrontation,
46:58vous avez reconnu Barbie
46:59comme étant une des personnes
47:01qui était en civil
47:02ce jour-là
47:02à Isieux
47:03le 6 avril 1944.
47:04Oui.
47:05C'est exact ?
47:06Que j'ai reconnu Barbie ?
47:08C'est exact,
47:09je le jure.
47:11Et à quel signe,
47:1344 ans après,
47:15ou plus de 40 ans après,
47:16vous pouvez reconnaître
47:17une personne ?
47:18À son regard,
47:19à son regard,
47:20j'étais déjà assis
47:22à côté du juge Riz
47:23et il est arrivé
47:25par une porte
47:26qui donnait en face de moi
47:28exactement
47:29comme ce serait
47:30été vous,
47:30monsieur le président.
47:31Excusez-moi,
47:32sans problème
47:34mon respect.
47:35je me suis dit
47:39je ne me suis pas trompé,
47:41c'est bien lui.
47:46Voilà.
47:48Je me souviens
47:49de son témoignage
47:49au procès Barbie
47:50parce qu'il pleurait
47:51pendant ce témoignage
47:52et puis surtout
47:53il craignait
47:54l'attaque de Vergès
47:56qui n'a pas manqué
47:58d'ailleurs
47:58pour essayer
47:59de le décrédibiliser
48:00et la fin
48:01de son témoignage
48:02ça a été horrible
48:03je me souviens
48:03parce qu'il avait
48:05le sentiment
48:05de ne pas avoir été
48:06à la hauteur
48:07vous pensez
48:07ce brave homme
48:09face à Vergès
48:10et l'autre
48:11il en usait
48:12il en abusait
48:13quoi.
48:15Pas de questions
48:16les partis civils ?
48:17La défense ?
48:21Oui, la défense
48:21voudrait poser
48:22quelques questions
48:26Monsieur Favé
48:27vous répondez
48:29à la cour
48:29Monsieur Favé
48:32dit qu'il a vu
48:33ce jour-là
48:33Bourdon
48:35le procès de Bourdon
48:36s'est déroulé
48:36en 47
48:39Monsieur Favé
48:40n'a pas été entendu
48:41comme témoin
48:41et ne s'est pas présenté
48:42comme témoin
48:43c'est la question
48:44que je voudrais lui poser
48:45Vous avez compris
48:46la question
48:47Monsieur Favé ?
48:49Je ferai remarquer
48:50aussi que les autres
48:51témoins parlent
48:52de trois civils
48:52et lui de deux civils
48:54plus Bourdon
48:57Je demande le silence
48:58dans la salle
48:59s'il vous plaît
48:59Maintenant il y a
49:01d'autres témoins
49:01qui se proposent
49:02peut-être
49:02Non, je vous en prie
49:04Maître
49:04Non, je demande
49:05le silence
49:05dans la salle
49:07Oui, alors continuez
49:08vos questions
49:08Oui, autre question
49:10Entendu par l'officier
49:11de gendarmerie
49:13il désigne Barbie
49:14sous le nom
49:15de l'officier
49:18Pourquoi ?
49:24Je n'ai jamais parlé
49:24de Barbie officier
49:27au commandant gendarmerie
49:30Je reconnais formellement
49:31sur le cliché
49:32que vous me présentez
49:33l'un des officiers allemands
49:34qui a participé
49:36à l'enlèvement
49:36Il s'agit bien
49:37de Barbie Klaus
49:39Cet officier
49:40est celui
49:40qui s'est approché
49:41de moi
49:41le jour des fées
49:44Vous dites aujourd'hui
49:45que Barbie
49:45était en civil
49:46Ne l'avez-vous pas vu
49:47en tenue militaire ?
50:12Le juge
50:13c'est une mauvaise interprétation
50:15Le vrai débat sur Isieux
50:17c'était pas savoir
50:18en définitive
50:19si Barbie
50:20y était présent
50:21ou pas
50:21c'est s'il avait donné
50:22l'ordre ou pas
50:23et là c'est à nouveau
50:24Serge Larsfeld
50:25c'est le fameux
50:26telex d'Isieux
50:27Pour Jacques Vergès
50:28il faut détruire
50:29ou remettre en question
50:30l'authenticité
50:32de ce telex
50:33Barbie rendait compte
50:35administrativement
50:37à la hiérarchie
50:38et là
50:38il était pris le doigt
50:39dans la confiture
50:40c'est lui
50:42qui l'a ordonné
50:43c'est lui
50:43qui en a rendu compte
50:44seulement le problème
50:45c'est qu'au procès
50:46on avait
50:47jusqu'au dernier moment
50:48on n'avait pas
50:48l'original
50:49il n'y avait qu'une copie
50:57il allait passer
50:59entre les mains
50:59de Vergès
51:00et un telex
51:02ce sont des
51:04des bandes
51:05qui sont collées
51:07il avait peur
51:08que d'un coup d'angle
51:10on détache
51:11au moins la signature
51:12de Barbie
51:12et c'était la signature
51:13de son forfait
51:14et qu'on dise
51:15le telex
51:16il est inutilisable
51:17etc
51:18donc j'ai poussé
51:19un grand cri
51:22je souhaiterais
51:23que ce document
51:23soit passé
51:24après
51:25être passé
51:26par la défense
51:26soit montré
51:27à tout le monde
51:31monsieur le président
51:32je trouve
51:33qu'il est quand même
51:33désagréable
51:34de le faire sortir
51:35par l'avocat
51:36de Klaus Barbie
51:37ce telex
51:38dont l'authenticité
51:40est discutée
51:42contestée
51:42et qui
51:43s'il lui arrive
51:43le moindre accro
51:45pourra être
51:46encore plus discutée
51:47ça n'est pas parce que
51:48maître Vergès
51:50va ouvrir un télégramme
51:51que ce télégramme
51:52va être abîmé
51:52il y a des limites
51:54je crois qu'il ne faut
51:55quand même pas
51:56dépasser
51:56il va le dégager
51:58d'une enveloppe
51:58en plastique
51:59et n'importe qui
52:00peut faire une erreur
52:01monsieur le président
52:01je voudrais
52:02vous demander
52:03je plaît pour la loyauté
52:05et pour la dignité
52:05des débats
52:06mais c'est justement
52:07pour protéger
52:07maître Vergès
52:09parce que s'il le déchirait
52:10et bien on dirait
52:11qu'il l'a fait
52:12volontairement
52:13bien
52:13monsieur le président
52:13je crois que ce débat
52:15est dérisoire
52:15je m'en excuse
52:16pour notre profession
52:18auprès de vous
52:19tenez maître Vergès
52:21je vais sortir délicatement
52:23ce document
52:24tenez
52:25et le présenter
52:32merci
52:38les doigts sont propres
52:39il n'y a rien
52:41ils ne sont pas si propres
52:42peut-être que ça
52:44monsieur le président
52:45j'aimerais
52:46que me soit donné
52:47acte des propos
52:48qui viennent d'être tenus
52:49c'est une provocation
52:50de me dire
52:51que les doigts sont propres
52:52je n'ai pas à vérifier
52:53monsieur le président
52:53on vient de me dire
52:54que mettre ce papier
52:56à la disposition
52:57de la défense
52:58la défense risquait
52:58de déchirer
52:59et maintenant
53:00je dis que mes mains
53:01même si je touche
53:02ne comportent pas
53:03de taches d'encre
53:04et on me dit
53:05qu'elles ne sont pas propres
53:05ce n'est pas la signification
53:07que vous avez donnée
53:08vous parlez souvent
53:09de dérisoire
53:09mais vos mots
53:10ne sont pas dérisoire
53:11monsieur le président
53:12est-ce que je peux demander
53:12à mes confrères
53:13d'oublier cet incident
53:15de considérer comme clos
53:16de garder votre calme
53:18effectivement
53:19c'est un moment
53:20très émouvant
53:21vous savez tous
53:22l'importance
53:23qui est attachée
53:24par l'accusation
53:25par les partis civils
53:26à ce document
53:27bien entendu
53:28nous faisons
53:29totalement confiance
53:30à mon confrère
53:31Vergès
53:31pour le conserver
53:32absolument intact
53:33et personnellement
53:34je lui fais confiance
53:35et bien monsieur le président
53:36monsieur le bâtonnier
53:37vient de mettre fin
53:38à cet incident
53:39en prononçant les mots
53:40qu'il fallait prononcer
53:41j'espère que certains
53:43s'en souviendront
53:45ce matin
53:46toutes les personnes
53:48de la maison d'enfants
53:50juifs
53:50colonies d'enfants
53:51à Isieux 1
53:53ont été arrêtées
53:55au total
53:5641 enfants
53:58âgés de 3 à 13 ans
54:00ont été appréhendés
54:03le papier est écrit
54:04d'une façon
54:05assez cynique
54:07que le centre a été liquidé
54:12il y a 40 enfants
54:14enfin en fait
54:15c'était 44
54:18comment un bout de papier
54:20peut représenter
54:24la mort de ces 44 enfants
54:26PO
54:27signé Barbie
54:28SS
54:29auberture
54:30pour moi
54:32c'était le moment clé
54:33du procès
54:34il voit la signature
54:36et il voit un document
54:37qui
54:39qui implique la mort
54:40de 44 enfants
54:46jusqu'à présent
54:47absent des audiences
54:48Klaus Barbie
54:49est contraint
54:50au 12ème jour
54:51de revenir
54:52devant la cour d'assises
54:54la loi impose en effet
54:55que l'accusé
54:56soit confronté
54:57au moins une fois
54:57au regard
54:58de ses victimes
55:00si la plupart
55:01l'ont été dans le bureau
55:02du juge
55:02durant les années
55:03de procédure
55:04de nouvelles parties
55:05civiles
55:05n'ont jamais revu
55:06Barbie
55:06depuis 1944
55:12la présence de Barbie
55:13face à ses victimes
55:14la plupart des résistants
55:16va donner pour une journée
55:18le ton de ce qu'aurait été
55:19le procès
55:20si l'accusé
55:21ne s'y était pas soustrait
55:27il y a de la fête
55:51de la fête
55:52de la fête
55:52de la fête
55:52de la fête
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