00:00Et alors j'ai la chance de recevoir ce matin une humoriste qui mêle chansons et sketch sur scène.
00:05Bonjour Sandrine Saroche !
00:06Bonjour Thomas !
00:07Et merci d'être là pour nous parler de ce nouveau spectacle qui s'appelle tout simplement Sandrine Saroche.
00:13Toute modestie !
00:14Voilà, et juste pour permettre aux journalistes de se la péter un peu en utilisant le mot éponyme, c'est
00:18ça ?
00:18Absolument !
00:20Et alors vous aviez pensé à l'appeler saison 2 à un moment ?
00:23Oui !
00:23Et vous avez changé d'avis ?
00:24Oui !
00:25Pourquoi ?
00:26Parce que justement on commence à me dire mais si on n'a pas vu la saison 1,
00:29j'ai dit hop hop hop hop hop, j'ai fait marche arrière et je l'ai appelé.
00:32Voilà Sandrine Saroche, je me suis dit au moins comme ça tout le monde connaîtra mon nom.
00:36Ça a le mérite d'être assez clair effectivement comme promesse.
00:38Ce spectacle il est né après votre participation à un congrès de professionnels de la psychiatrie.
00:44Vous voyez Héloïse, c'est-à-dire que des professionnels de la santé mentale vous ont demandé de venir les
00:48faire rire ?
00:49Oui c'est ça.
00:49Parce qu'ils étaient à bout ?
00:51C'est exactement ça.
00:52C'est vrai ?
00:52C'est exactement ça.
00:54On est en sorti du Covid et effectivement ils se réunissent.
00:59régulièrement en congrès et ils m'ont demandé effectivement de venir dans l'après-midi
01:03faire une sorte de bulle, une sorte de récréation pour les psys.
01:07Alors psychiatres, psychanalystes, psychologues, pas psychopathes mais enfin voilà.
01:12Et effectivement en discutant avec eux, on s'est rendu compte qu'on faisait quand même le même métier,
01:18la même finalité.
01:19On a envie que les gens, les autres se sentent mieux, aillent mieux.
01:23Et ils m'ont dit on ne peut pas, on ne peut pas tout assurer.
01:27Là on est débordé et vous avez cette mission, les humoristes, de nous aider aussi à faire en sorte que
01:35les autres aillent mieux.
01:36C'est une petite pression quand même.
01:38Je ne sais pas, mais c'est vrai qu'il y a eu un avant et un après Covid.
01:43Mais est-ce qu'ils se marraient les psys dans la salle ?
01:46Ou est-ce qu'ils sont durs à faire lire ?
01:47C'est un bon public les psys ?
01:48Oui ça va, ils comprennent bien et tout.
01:52Et on sent que vous faites du bien aux gens effectivement dans la salle parce que vous parlez de sujets
01:55qui les concernent.
01:56Le divorce, la ménopause, la constipation.
02:00Oui, le sujet du quotidien.
02:02Le quotidien.
02:04Et aussi parce que vous autorisez des vannes qu'on n'oserait plus forcément aujourd'hui.
02:08Et que je ne peux pas répéter ici d'ailleurs.
02:10Mais vous avez un bon truc pour vous dédouaner Sandrine Saroche.
02:14Vous demandez au public, ça passe encore ça ?
02:17Exactement.
02:18C'est pas mal comme technique.
02:19C'est une technique imparable parce que du coup on peut tout dire.
02:22Et vous, vous vous dites j'ai pas de limite sur scène ?
02:24Alors, c'est vrai que la scène est pour moi un espace de liberté bien plus important
02:32que celui des médias dans lesquels j'exerce d'ailleurs.
02:36Parce que vous faites des chroniques aussi à la télé.
02:38Alors, je fais des chroniques depuis quelques années.
02:41Et même si la liberté c'est un sentiment.
02:45Donc après, le débat est illimité.
02:50Est-ce qu'on peut encore parler de tout, etc.
02:53Bon voilà, c'est un peu le sujet tarte à la crème.
02:55Oui, mais à la télé c'est sûr qu'on va vous mettre des limites.
02:57Évidemment.
02:58Je pense que vos papiers sont relus par exemple aujourd'hui quand vous faites des papiers à la télé.
03:01Mais ça a toujours été le cas.
03:02Ça a toujours été le cas.
03:03Même sur le privé, Paris 1ère, Eiffel, Eccles et Morenolo.
03:07J'en vois, j'ai toujours, mais je crois que tout le monde envoie en fait ces papiers.
03:12Mais la question c'est pas les limites que l'on se fixe soi-même
03:16ou la limite que fixe la chaîne, etc.
03:19Vraiment c'est de toute façon que sur scène, on a une liberté qu'on n'a pas ailleurs.
03:23Donc qu'on a évidemment dans sa vie de tous les jours, dans les dîners, etc.
03:28Mais c'est pour ça qu'il faut aller voir les artistes sur scène.
03:31Voilà, c'est très important.
03:32C'est un des seuls endroits où vous ne vous auto-censurez pas en fait.
03:35Ouais, puis l'auto-censure elle est de toute façon, elle est là parce que nous, moi je travaille pas
03:41toute seule, j'ai des co-auteurs.
03:42Et quand on travaille, nous notre limite, c'est est-ce que c'est drôle ou pas ?
03:48Voilà, c'est surtout ça.
03:51Parce qu'il peut y avoir des choses qu'on pourrait dire,
03:53mais si ça nous fait pas rire, quand ça devient anxiogène, quand ça devient donneur de leçons.
03:58Parce qu'en fait, la limite elle est vite franchie en fait.
04:04De dire, tiens je vais leur donner une petite leçon de paléontologie par exemple.
04:10C'est un spectacle dans lequel, sans être imitatrice, vous faites quelques imitations.
04:16Notamment Vanessa Paradis, Joe le Taxi, ça ressemble à quoi en Sandrine Saroche ?
04:21Joe le Taxi, il va pas partout, il va pas partout.
04:27Le texte est limite, mais c'est pas les bonnes paroles.
04:31J'ai beaucoup aimé aussi quand Fanny Ardent nous a parlé du nouveau nom de la province.
04:35Parce qu'on ne dit plus la province, maintenant il faut dire les territoires.
04:38Les territoires, absolument.
04:39Avec les yeux un petit peu mi-clos et la tête enversé en arrière.
04:42Un peu comme Fanny Ardent, il est territoire.
04:44Parce qu'on vous respecte.
04:46Fanny Ardent qui nous respecte.
04:48Et puis alors c'est un spectacle dans lequel vous chantez beaucoup, évidemment.
04:52Ça c'est incontournable dans vos spectacles.
04:53Les gens vous le demandent.
04:55Absolument.
04:55C'est comme ça que vous vous êtes fait connaître.
04:56Ouais c'est vrai, c'est vrai.
04:57C'est vrai que c'est aussi...
04:59Moi je chante depuis tout le temps.
05:02Depuis que je suis enfant.
05:03J'ai fait du chant, j'ai fait du chant lyrique.
05:06J'ai chanté l'année dernière à l'Opéra Garnier.
05:08Donc oui, oui, j'aime ça.
05:10Il y a notamment un passage où vous retracez tout ce qu'on a vécu depuis l'arrivée d'Emmanuel
05:13Macron au pouvoir.
05:15Certains passages que j'avais même effacés de ma mémoire.
05:17J'avais oublié cette histoire d'Olivier Véran qui se fait vacciner.
05:20Et qui cache son téton.
05:22Qui cache son téton.
05:23Absolument.
05:24Son téton, son téton.
05:25Ça se rappelle du bicep.
05:26Moi le bicep m'a plus marqué que le téton.
05:27Il y a eu les deux.
05:28Il y a eu le téton et son bicep.
05:31C'est effectivement qui le bandit.
05:33Bien sûr.
05:34Et alors pour que le public reparte avec la patate,
05:37vous terminez par une chanson sur la mort et la dépression.
05:41Sandrine Saroche.
05:42Je crois qu'on a la musique en régie.
05:43Est-ce que vous voulez bien nous la faire ce matin ?
05:45Alors il faut que j'explique un petit peu justement.
05:47Parce que je leur dis...
05:48Voilà le contexte c'est je leur dis je suis allée voir un psy.
05:51Pas pour moi, pour vous.
05:53Et donc il m'a dit ne les laisse pas partir comme ça.
05:57Ne les laisse pas partir.
05:58En général ils ont des angoisses de mort et de dépression.
06:03Ils ont peur de tomber dans la dépression.
06:05Donc voilà fais-leur une chanson sur la mort et sur la dépression.
06:08Regarde ta salle.
06:10Tu vois c'est celle qui est remplie de personnalités déviantes.
06:14Alors tu as des pervers narcissiques, en général on les reconnaît, ils sont au premier rang.
06:18Beaucoup d'alcooliques mais eux préfèrent rester anonymes.
06:21Et donc voilà, vas-y.
06:22Et donc effectivement je leur dis je vous fais une chanson sur la mort et sur la dépression.
06:27On vous écoute.
06:35Quand tu vois tout en noir, quand t'as plus rien à perdre.
06:39Quand du matin au soir ta vie est une tartine de merde.
06:43Quand t'es dans l'ambulance et que dehors il flotte.
06:46Sur la route des urgences, tant que t'es pas mort, sifflotte.
06:52Et là je leur explique pourquoi le sifflotement.
06:54Non mais ça c'est très important le sifflotement.
06:56Mais c'est bon.
06:58Quand t'as perdu l'espoir.
07:00Quand t'es dans la panade.
07:01Quand t'as cessé de croire que tu échapperas à l'EHPAD.
07:05Quand t'apprends que ta femme s'est tapée tous tes potes.
07:09Allez, c'est pas un drame.
07:11Tant que t'es vivant, sifflotte.
07:14C'est très important le sifflotement.
07:16Je vais vous expliquer le sifflotement.
07:19Sifflotement, c'est pour poser ça.
07:21Et c'est un vrai truc ça.
07:23Ça marche vraiment.
07:24Écoutez, en tout cas, c'est un des moyens de poser sa respiration.
07:27Parce que souvent quand on est angoissé.
07:29C'est la fin de la vie de Brian.
07:30Ça ressemble à ça.
07:31On s'est inspiré effectivement de ça.
07:34C'est une des chansons qui est le plus diffusée dans les enterrements.
07:38Et effectivement, le sifflotement, ça permet de poser sa respiration.
07:43Et on s'est rendu compte qu'on sifflotte beaucoup moins, par exemple, qu'au début du XXe siècle.
07:49Souvent, on voyait dans les films, si on pense à l'ouvrier qui travaille, il sifflotte.
07:55Et on sifflotte de moins en moins.
07:57Nos grands-pères sifflottent.
07:58C'est très agaçant d'ailleurs.
08:01C'est très honnêtement, quelqu'un qui sifflotte.
08:02Mon grand-père sifflottait dans le jardin tout le temps.
08:05Il faut re-sifflotter.
08:07Et il faut re-sifflotter.
08:08Re-sifflottons tous ensemble, bien sûr.
08:09Moi, je sifflotte à mort.
08:10C'est vrai.
08:12Moi, dès que je peux sifflotter, c'est vrai que moi aussi, j'aime bien sifflotter.
08:15Non, mais vous avez raison, madame, vous le dites.
08:16Allez, on va dresser votre portrait sonore dans un instant, Sandrine.
08:19S'arrange.
08:19S'arrange.
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