00:02RTL, le monde en marche
00:03Avec vous William Galibert, bonjour William.
00:06La démission de Jack Lang, on vient de l'entendre dans le journal, sera officielle ce matin après un conseil
00:11d'administration de l'Institut du Monde Arabe.
00:13Et alors les langues se délient peu à peu sur le train de vie et les habitudes de l'ancien
00:17ministre de la Culture.
00:18Oui, en résumé, une pince, un radin.
00:21Mais attention, vous l'avez compris, pas le gripsou qui baisse le chauffage en recomptant ses pièces jaunes.
00:27Non, non, un radin flamboyant.
00:29Le panache des palaces, des meilleurs restaurants et des vols en première classe.
00:33Et c'est encore meilleur avec l'argent des autres.
00:36Dans le Parisien ce matin, dans le Figaro hier, on lit les récits de cette vie de palais à crédit
00:41qui pourrait tenir en une phrase, celle d'un ancien compagnon de route.
00:45Pourquoi il est riche ? Parce qu'il n'a jamais dépensé un sou de sa vie.
00:49Voilà l'astuce.
00:51Lui parle de légendes, de rumeurs malfaisantes.
00:53Pourtant, une ancienne collaboratrice témoigne au bord des larmes, d'après le Parisien.
00:58Même un café ou un taxi, si j'étais à ses côtés, c'est toujours moi qui payais.
01:02Il me rémunérait au lance-pierre.
01:04Je savais qu'il était radin mesquin.
01:06Mais ce que je découvre me dégoûte.
01:08Je suis fier d'avoir travaillé pour lui.
01:10Son œuvre, je ne la renie pas.
01:11Mais je suis effondré.
01:14Une ancienne proche enfonce le clou.
01:16Il laisse deux lois immenses.
01:18Le prix unique du livre a sauvé les librairies.
01:20Il a défendu le cinéma.
01:21Mais moralement, quelle bassesse.
01:23Quelle arrogance.
01:24Et sa femme aussi.
01:26Ça a commencé tôt.
01:27Nancy.
01:28Un festival de théâtre créé au début des années 60.
01:31Un ancien ministre se souvient.
01:33Lang faisait des étincelles là-bas, mais il ne payait personne.
01:35On le savait parfaitement.
01:37Il ne payait pas ses factures.
01:38Il vivait au crochet de ses interlocuteurs.
01:41Et puis, il y a eu ensuite les ministères.
01:43La mairie de Blois également.
01:44Je lis, le restaurant, le relais de Bracieux, à une vingtaine de kilomètres de Blois,
01:49couronné de deux macarons Michelin, aurait fait les frais de ses oublis de règlements intempestifs.
01:54Un ancien pâtissier raconte, il venait de temps en temps avec des élus,
01:58nous disait de tout passer sur la note et de l'envoyer à la mairie.
02:01Et rien ne se passait.
02:03En 1988, Jack Lang accueille Lady Diana et le prince Charles.
02:07Il avait demandé que notre restaurant s'occupe du menu.
02:10Notamment, huîtres, coquilles Saint-Jacques sautées avec foie gras et champignons sauvages.
02:15Or, la facture du repas, très salée, n'aurait pas été payée par la mairie.
02:20Je lis encore.
02:21Le second mandat finit mal.
02:23Lang est battu pour 37 voix.
02:24Il organise un fastueux pot de départ.
02:27Et laisse une facture de 22 000 euros à son successeur,
02:30qui finira par devoir la régler.
02:32Du mobilier Stark, que Lang avait fait acquérir pour rajeunir le design de la mairie,
02:37a également disparu après son départ.
02:39Son avocat dénonce des calomnies, un acharnement,
02:43demande à voir les plaintes ou les mises en demeure.
02:45Mais enfin, même l'ancien patron du festival de Cannes, Pierre Lescure, l'a écrit.
02:49Depuis 2020, sous ma présidence, Lang n'est plus invité,
02:53car il laissait des notes impayées importantes dans les hôtels de la Croisette,
02:56que le festival se devait de ne pas assumer.
03:00La somme de 2 500 euros pour deux jours alloués aux invités VIP
03:04ne suffisait pas au couple Lang.
03:06Alors, ce n'est qu'une partie du personnage.
03:09Il y a désormais cette enquête du parquet national financier
03:12pour blanchiment de fraude fiscale aggravée.
03:15Il y a Epstein.
03:16Et hier, il y a eu cet ultime pot de départ à l'Institut du Monde Arabe.
03:20Tous les salariés étaient invités.
03:22Pendant ce temps, les enquêteurs étaient en train de perquisitionner son bureau.
03:26On ne sait pas qui a payé pour ce pot de départ hier,
03:28mais on se doute que ce n'est pas lui.
03:30Merci beaucoup, William Galibert.
03:32Chaque matin avec vous le monde.
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