00:00Alice Cordier, vous êtes en direct avec nous sur Europe 1. Vous n'avez pas peur, vous êtes directrice du
00:07collectif Némésis. On vous connaît pour votre courage. Vous qui étiez au cœur de ce qui s'est passé jeudi,
00:15quel regard portez-vous aujourd'hui à 12h39 sur Europe 1 ?
00:20D'abord merci pour vos mots Christine parce que c'est ce qui nous aide aussi à tenir, d'avoir
00:24un véritable soutien, une possibilité de répondre aussi par rapport à toutes les choses qu'on entend.
00:30Là on voit la France Insoumise qui est en train de paniquer, qui est en train de nous expliquer que
00:33ça n'a rien à voir avec eux, que c'est nous qui les agressons.
00:36On a eu Jean-Luc Mélenchon hier qui a expliqué que nous les avions agressés et donc qu'il ne
00:40fallait pas pleurer si maintenant on se faisait assassiner.
00:43C'est ce qu'il a dit en plein meeting alors que le corps de Quentin est encore tiède.
00:47Et si vous voulez moi ça me révolte en fait parce qu'aujourd'hui on est face à une violence
00:52sans limite.
00:53On a un homme qui faisait, qui venait protéger des femmes, qui venait protéger des femmes et qui aujourd'hui
00:59est mort par la faute de l'extrême gauche
01:01parce qu'on est face à des chiens fous qui sont galvanisés, qui sont galvanisés par des députés de la
01:06France Insoumise
01:07qui valident totalement leur façon de faire.
01:10Alice Cordier, qui est Quentin ? Était-il armé ? Vous, est-ce que vous étiez armé ?
01:16Est-ce que vous aviez des gants coqués ? Qu'est-ce que vous aviez ? Parce qu'on parle
01:19à certains, parlent à certains médias,
01:22notamment du service public, parlent d'affrontements, parlent de règles, ce qui est refusé et rejeté par Laurent Lugnès, ministre
01:29de l'Intérieur.
01:29Mais qu'est-ce que vous aviez comme armes, Alice Cordier, vous et Quentin que vous connaissiez ?
01:34Nos seules armes, Christine, c'était un grand drap blanc avec écrit « islamo-gauchiste hors de nos facs ».
01:41C'est tout. Nous, on était sept militantes. En face, on n'était même pas dans l'enceinte de Sciences
01:45Po, on était sur le trottoir d'en face.
01:47Et on avait, pardon, un mégaphone. Un mégaphone, voilà. C'était ça, nos armes. Et c'est nos armes depuis
01:53six ans.
01:54C'est simplement des actions pacifistes qu'on essaye de faire passer, qu'on essaye de continuer et se malgré
01:59une violence folle.
02:00Et cette fois-ci, c'est vrai, on avait prévu des garçons pour nous protéger. Pardon, on en a marre
02:05de se faire frapper par des hommes.
02:06On a une de nos militantes qui n'a pas pu être protégée parce que, justement, les garçons étaient en
02:10train d'essayer de s'en sortir.
02:12Elle a été frappée. Elle a été étranglée. Elle a eu douze jours d'ITT, Christine. Douze jours d'ITT.
02:17Et là, j'entends Sandrine Rousseau qui vient expliquer, cette grande féministe, qui vient expliquer sur les plateaux télé
02:21que dès qu'il y a une hausse de l'extrême droite dans les élections, on s'en prend à
02:25l'extrême gauche.
02:26C'est ça, la seule réaction des féministes représentées par Sandrine Rousseau.
02:29C'est pas un mot pour notre militante étranglée. Et la deuxième chose, eh bien oui, nous avions des hommes
02:34qui étaient là pour nous protéger,
02:36qui n'étaient pas armés, qui étaient simplement là pour intervenir. Ils n'étaient même pas collés à nos militantes.
02:41Ils étaient un petit peu en retrait pour intervenir au cas où il y avait quelque chose à se passer,
02:45qu'ils se sont retrouvés lynchés au sol avec les images qu'on a vues.
02:48Et en fait, ce qui me désole, c'est que s'il n'y avait pas eu ces vidéos, en
02:51fait, on ne nous aurait pas cru parce que, voilà, c'est des gens de droite.
02:54Et quand c'est des gens de droite, on a le droit de leur faire ça. Ou du moins, il
02:57y a toujours une suspicion.
02:58Voilà. Est-ce que ce n'est pas eux qui ont attaqué ? On a entendu parler de RICS, d
03:01'affrontements.
03:02Il a fallu qu'on voit la vidéo de Quentin au sol en train de se faire massacrer pour qu
03:06'on commence à nous croire.
03:07Et ça aussi, c'est grave.
03:09Très juste, Alice Cordier. Effectivement, tant qu'il n'y a pas eu de vidéo, on était dans le flou.
03:14On jetait effectivement le collectif Nemesis en pâture.
03:18On a entendu, encore Jean-Luc Mélenchon qui dit, voilà, que vous venez vous agiter,
03:23que vous venez perturber ce genre de manifestation régulièrement.
03:27Qu'est-ce que vous répondez ?
03:28Eh bien que, voilà, leurs armes, ce sont des gants coquets.
03:32Les nôtres, ce sont des pancartes ou des banderoles.
03:35Et je pense que ça résume assez bien la différence entre la droite et l'extrême-gauche.
03:39Nous sommes là pour manifester pacifiquement.
03:42Et ça fait des années, et vous nous suivez, vous savez, à chaque fois, c'est pareil.
03:46Quand on a des manifestations, on est obligé d'être sous protection policière
03:50pour pouvoir déambuler dans les rues de Paris.
03:51Eh bien, quand on fait une action aux abords d'un meeting à la fille,
03:54aux abords d'un meeting à la fille, on se suit.
03:56Voilà, c'est ça la réalité.
03:58Et quand je vois Éric Coquerel qui vient expliquer
04:01qu'en fait, ils prennent des militants parce que la police ne fait pas son travail
04:06et qu'on serait la grande menace.
04:08Quand je vois Jean-Luc Mélenchon qui dit qu'eux se font agresser
04:11par des collectifs comme Nous Vivrons ou comme Némésis,
04:14alors qu'il le dit lui-même,
04:17elle déploie des banderoles et elle se roule par terre.
04:19Et après, elle s'étonne de se faire assassiner.
04:21Mais je veux dire, on est où là ? On est chez les fous, en fait.
04:23Et je pense que c'est un vrai tournant parce que Jean-Luc Mélenchon
04:27est en train d'assumer la violence qui s'est passée contre nous.
04:30Il ne la condamne pas.
04:32Et je trouve ça violent parce qu'en fait, ça signifie qu'il valide finalement
04:37ce qui va se passer par la suite.
04:38Parce que je vais vous dire, des violences,
04:40il y en aura d'autres de la part de l'extrême-gauche.
04:42Ça fait des années que nous, on l'explique.
04:45Et il faut arriver qu'il y ait un mort pour que les gouvernements
04:48commencent à se rendre compte,
04:49du moins commencent à vouloir voir ce que l'on dénonce depuis des années.
04:52Mais en fait, Jean-Luc Mélenchon, il est en train d'échauffer tout le monde
04:56parce que la vérité, c'est ce qu'il veut.
04:58Il veut des affrontements et il veut faire du terrorisme intellectuel,
05:01du terrorisme physique aussi dans la rue,
05:03pour que les gens comme nous ne militent plus, en fait.
05:06Et que nos idées ne soient plus véhiculées.
05:07C'est ça ce qu'il veut.
05:08Merci Alice Cordier d'avoir pu témoigner en direct sur Europe.
05:12Alice Cordier, directrice du collectif Némésis.
05:15On marque une pause et puis on revient sur ces propos d'Alice Cordier
05:18qui parle et Jordan Follentin, j'aurais envie de vous entendre réagir là-dessus,
05:22qui parle de vrais tournants et qui a dit que Jean-Luc Mélenchon
05:25assume effectivement la violence contre nous
05:28et qu'effectivement il ne dénonce pas cette violence mais qu'il l'assume.
05:32On marque une pause, on revient sur Europe.
05:35Et on revient aussi avec vous chers auditeurs au 01 80 20 39 21.
05:38Vous avez la parole avec Christine Kelly, 12h44 sur Europe 1.
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