- il y a 10 heures
Bienvenue sur ma chaîne !
Vous trouverez ici des vidéos drôles, créatives et pleines de légèreté.
L’objectif est simple : vous divertir et vous faire sourire.
Inscrivez-vous pour ne rien manquer des prochaines vidéos.
Installez-vous confortablement et profitez.
Vous trouverez ici des vidéos drôles, créatives et pleines de légèreté.
L’objectif est simple : vous divertir et vous faire sourire.
Inscrivez-vous pour ne rien manquer des prochaines vidéos.
Installez-vous confortablement et profitez.
Catégorie
😹
AmusantTranscription
00:01:00Il y en a qui s'introduisent des objets dans le cul en regardant la télévision.
00:01:04Oui, moi je prie.
00:01:05J'entends déjà certains, oui, l'autre il commence à croire en Dieu parce que ça foire.
00:01:10C'est vrai que j'ai un casier judiciaire long comme l'homme.
00:01:13Non, non, ferme-la.
00:01:14Si je prie, c'est pour éviter une guerre thermonucléaire généralisée.
00:01:19Oh, là tu l'as dans ton cul.
00:01:20Non, non, parce qu'à un moment donné, il faut se prendre en main.
00:01:23On est à deux doigts d'une guerre nucléaire généralisée.
00:01:26Là, je reviens de Corée du Nord, il y a de la motivation, crois-moi.
00:01:30Oui, mais tu ne fais pas des enfants pour les voir atomisés.
00:01:32Je veux dire, ce n'est pas le projet.
00:01:35Bon, après, ils sont atomisés, tu ne peux rien à ton niveau.
00:01:38On fera comme les Japonais à Hiroshima, à un moment donné.
00:01:41Bon, ils sont où les gosses ?
00:01:44Il y a des biscottes dans le jardin.
00:01:45Qu'est-ce que tu veux dire ?
00:01:46Non, mais ça fait toujours un pincement au cœur de voir ton enfant atomisé automatiquement.
00:01:52Ou dégommer à la Kalachnikov en allant voir un concert au Bataclan.
00:01:55Tu te dis quand même, le gosse, il a payé.
00:01:58Je veux dire, non, non, mais non, voilà, même au-delà du prix.
00:02:01Parce que la guerre, aujourd'hui, c'est freestyle.
00:02:03Les casquets-pointes et les tambours, c'est terminé ce temps-là.
00:02:06Tu sais, les combats en ligne avec les plumes, là.
00:02:09Terminé.
00:02:09C'est le terrorisme, maintenant.
00:02:10L'État nous a dit, il va falloir vous habituer à cette forme de guerre.
00:02:17C'est tout ce que vous avez pour nous ?
00:02:19Non, parce que c'est...
00:02:22Attends, ça peut tomber sur la gueule à n'importe quel moment.
00:02:26J'ai rien, le mec, il loue un camion.
00:02:27Attends, un camion ?
00:02:28Il t'écrase la gueule.
00:02:31Non, mais toi, t'es fou, t'es possédé ou quoi ?
00:02:34Même les Vélibs, je fais gaffe.
00:02:37Un mec en vélo avec un bobard.
00:02:39Tiens, les enfants, restent là.
00:02:41Qu'est-ce que vous foutez, là, putain ?
00:02:43C'est l'état d'urgence, les mecs.
00:02:45C'est-à-dire, il faut y aller, urgence.
00:02:48Les rassemblements comme ça, dans des lieux publics.
00:02:50Non, mais c'est quasiment de la complicité de terrorisme.
00:02:52À mon avis, tes fichiers, quand tu viens là,
00:02:55t'es pensé du fric pour rire pendant l'état d'urgence.
00:03:00Quelque part, ça m'arrange.
00:03:02Mais je veux dire, là, voilà, ferme là.
00:03:04Mais, normalement, vous devriez être chez vous, là, en ce moment.
00:03:09L'heure est plutôt au stockage de riz.
00:03:10Vous devriez être en train de creuser un tunnel dans votre jardin, là.
00:03:13Vous êtes vraiment désespérant.
00:03:14Franchement, franchement...
00:03:23Oh, Tout-Puissant, toi qui commandes aux événements,
00:03:26pourquoi nous imposer encore et encore cette épreuve de la guerre ?
00:03:30J'imagine qu'on l'a mérité,
00:03:32mais nous ne pourrions-nous pas aller, cette fois-ci, directement à l'armistice ?
00:03:35Oh, je ne le sens pas d'aller faire la guerre.
00:03:38Je n'arrive pas à me motiver.
00:03:39Je ne sais pas si c'est l'âge, le point,
00:03:41mais l'idée de ramper comme un con dans la boue, tu sais,
00:03:45au milieu des cadavres et du sang et des mouches.
00:03:48Il ne faut pas oublier que le champ de bataille,
00:03:50c'est un parc d'attractions pour ces salopes de mouches.
00:03:54C'est un genre d'Euro Disney.
00:03:56Elles y vont en famille.
00:03:57Tu imagines le nombre de carcasses dans lesquelles elles s'amusent.
00:04:01Puis c'est lundi de Pâques.
00:04:02Je te ponds des oeufs un peu partout.
00:04:04Vas-y, recherche.
00:04:05Tu chauffes.
00:04:07Oh, non !
00:04:07Je refuse de faire de mon corps une nursery pour ces charognières de mouches.
00:04:11Et puis, je n'ai pas l'âme d'un tueur.
00:04:14Non, je n'ai pas envie de tuer.
00:04:16Ni vous, ni moi.
00:04:18Non, non.
00:04:19J'imagine, une fois dans le délire de la guerre,
00:04:21tu dois te laisser prendre au jeu aussi.
00:04:23Pfiou !
00:04:24Hein, quand même ?
00:04:25Pfiou !
00:04:26Laisse-le-moi, laisse-le-moi.
00:04:27À la fin, tu dois devenir fou.
00:04:29Moi, personnellement, je n'ai jamais tué personne.
00:04:32Ouais, malgré la réputation que j'ai.
00:04:40Mais j'ai été amené à rencontrer des tueurs en série.
00:04:44Des gens qui ont fait des bêtises.
00:04:46Dans le cadre de l'atelier de chansons potache.
00:04:49Un programme de réinsertion par le rire
00:04:51sur des détenus de très longue peine.
00:04:53Alors, je ne dis pas qu'ils ont réussi à nous faire marrer à chaque fois,
00:04:57mais je leur ai posé la question.
00:04:58J'ai dit, tu un homme, ça fait quoi ?
00:05:00Et la plupart, ils m'ont dit...
00:05:06Je dis, ça veut dire quoi ?
00:05:08Ils me disent, bon, on a beau dire que c'est mal et tout et tout
00:05:10de tuer quelqu'un,
00:05:13mais prendre l'avis d'un homme, quand même,
00:05:16il se passe quelque chose.
00:05:18J'ai dit, il faut voir.
00:05:20Surtout pas, d'ailleurs.
00:05:21Non, non, non.
00:05:24Libère-nous de la colère,
00:05:27de la haine
00:05:29et de la guerre.
00:05:33Quoi ?
00:05:34À qui je parle ?
00:05:36À qui je m'adresse, là ?
00:05:41Ben, c'est un projecteur, si tu regardes bien...
00:05:43Ah, oui, l'autre, il est parti dans...
00:05:45D'accord.
00:05:47Non, non, redescend sur Terre, voilà.
00:05:49L'autre, il est parti, là.
00:05:51On m'a dit, les gens ont besoin de croire en quelque chose, d'accord.
00:05:55Redescend, là, non, non.
00:05:55C'est un spectacle comique, là, t'es pas à la messe.
00:05:58L'autre qui est parti, là.
00:06:01Non, non, non, non, ça n'a rien à voir.
00:06:02Moi, je peux dépanner deux, trois dépressifs en manque de soleil.
00:06:05Mais de là à déterminer les contours de Dieu,
00:06:07attends, creche-toi.
00:06:09Je dirais que c'est dans les usages,
00:06:11avant une guerre thermonucléaire généralisée,
00:06:13les gens prient.
00:06:14Même ceux qui ne croient pas,
00:06:16on va faire un petit tour, ça ne mange pas de pain.
00:06:19C'est comme au soin palliatif, à l'hôpital.
00:06:21Il y a toujours un curé qui rôde dans le secteur,
00:06:23tu sais, il fait ça ronde, il regarde, quoi.
00:06:25Dès qu'il y a un groupe de gens qui chialent...
00:06:32Dès qu'il y a une personne qui s'apprête à sauter les piquets,
00:06:36l'autre, il ramène sa fraise.
00:06:37Toc, toc, je peux rentrer ?
00:06:39Ça va ? Ça va pas.
00:06:42Ah, ah.
00:06:47Non, non, je suis au courant.
00:06:48Vous savez que si vous voulez vous confier, je suis là.
00:06:50Non, je sais, vous ne croyez pas en Dieu,
00:06:52mais bon, on se pose des questions.
00:06:53Non, parce que là, je viens de voir sortir l'infirmière.
00:07:00Elle m'a dit, la médecine a quitté le champ de bataille.
00:07:02C'est exprimé comme ça.
00:07:03Là, on est mal, on est mal.
00:07:05J'ai discuté avec le chef d'état-major, enfin, le grand chirurgien.
00:07:08Il m'a dit, on a bombardé cette tumeur nuit et jour.
00:07:11On n'a rien pu faire.
00:07:13J'ai vu les radios de votre foi.
00:07:15On est sur la Lune.
00:07:18Il n'y a plus une pâquerette à l'horizon.
00:07:20Ah non, Hiroshima à côté, c'est un champ de colza.
00:07:23Là, on est mal.
00:07:24Je vous coupe, parce qu'après, vraiment, il faut que je vienne.
00:07:28Dans une guerre, écoutez, dans une guerre, il y a toujours des dommages collatéraux,
00:07:32des tyramies.
00:07:33Vous avez été victime de ça.
00:07:35Ah, ils ont anéanti toutes vos défenses immunitaires.
00:07:37Vous avez compris.
00:07:38Vous n'avez plus rien.
00:07:39Là, aujourd'hui, une piqûre d'ortie, vous perdez la vue.
00:07:44Non, non, et puis alors, c'est pas avec deux cachetons de vitamine C qu'on va vous remettre sur
00:07:49patin.
00:07:50Là, on est mal.
00:07:50Là, on est mal.
00:07:52Un peu d'oxygène.
00:07:53Non, non, j'ai pas le droit de toucher au tuyau.
00:07:54Non, non, il faut demander.
00:07:55Je vais demander.
00:07:56Non, non, non, non, je peux pas.
00:07:57Allez-y, tendez le bras.
00:07:59Trop court.
00:08:00Non, non, non.
00:08:01Ce que je veux dire, on n'est pas là pour ça.
00:08:04Nous, on est les femmes de ménage de la conscience.
00:08:06On met un petit coup de balai, un coup de propre, histoire de partir en paix.
00:08:09Il faut y aller.
00:08:11Pourquoi vous vous accrochez comme ça ?
00:08:12Non, non, mais je...
00:08:14Non, je sais bien.
00:08:15Non, non, mais écoutez-moi.
00:08:16Là, en fait, bon, ben...
00:08:19Ils ont besoin de la chambre.
00:08:20Voilà.
00:08:20Non, non, non.
00:08:25C'est que c'est toujours gênant.
00:08:26Vous auriez bien vécu encore un peu, c'est ça ?
00:08:28Voilà, ouais, je vois, vous regardez la série télé, voilà.
00:08:31Bon, la prochaine saison, hein.
00:08:37Vous avez le sentiment d'avoir servi de combat, et beaucoup sont comme vous.
00:08:40Non, mais vous avez raison, vous n'avez pas tort.
00:08:42Assassiner, vous exagérer.
00:08:43Les médecins n'ont rien contre vous, ils ne vous connaissent pas, hein.
00:08:46Eux, ils sont formés pour niquer des tumeurs, c'est tout ce que...
00:08:49Ah, c'est des tumeurs, ils niquent des tumeurs.
00:08:51Là, le problème, vous étiez à côté d'une tumeur, quand même.
00:08:54Et j'ai...
00:08:56Non, mais là, aujourd'hui, non, mais j'ai discuté.
00:08:58Là, ce qu'ils attendent, c'est le certificat de décès.
00:09:00Non, mais on en est là.
00:09:01Face à l'administration, vous n'avez plus d'interlocuteur.
00:09:03Il y a votre famille qui va passer, je suis allé un peu, bon...
00:09:06Histoire de voir s'il n'y a pas un écran plat à gratter.
00:09:08Non, non, non, non, non, non !
00:09:10Mais là, on est mal.
00:09:12Sur le plan administratif, en tant que mourant, vous n'intéressez plus personne.
00:09:16Je discutais avec un mourant l'autre jour, là, comme vous.
00:09:19Le gars, il lui restait, allez, un quart d'heure.
00:09:22Et un...
00:09:22Un peu plus...
00:09:29Ah, je ne pense pas.
00:09:32Et le gars, vous ne voulez pas se laisser mourir.
00:09:34Je ne comprenais pas.
00:09:34Je dis, qu'est-ce qui se passe ?
00:09:35Pourquoi vous vous accrochez ?
00:09:36Il me dit, parce que j'ai des problèmes avec les impôts.
00:09:38Le gars avait fait le con.
00:09:39Il était commerçant, il a fait un peu de blague.
00:09:41J'ai dit, je ne dirais rien.
00:09:43Mais bon.
00:09:43Alors, voilà, il ne voulait pas mettre sa femme dans la merde.
00:09:45Il pensait...
00:09:46Je lui dis, mais c'était à votre nom.
00:09:47Il m'a dit, oui.
00:09:47Ah, ben, je dis, vous ne risquez rien.
00:09:49Vous éteignez l'action publique en mourant.
00:09:51Il ne savait pas, le mec.
00:09:53Il me dit, ah bon ?
00:09:53Je lui dis, oui.
00:09:55Il dit, mais une fois mort,
00:09:56donc je n'aurais plus à faire les chèques au trésor public.
00:10:00Je lui dis, non.
00:10:03Ah, il était content, là, ben, ouais.
00:10:06Il est mort, sur le coup.
00:10:11Moi, je suis là pour vous aider.
00:10:13Il faut partir en paix.
00:10:14En temps de guerre, de toute façon,
00:10:15on est les seuls à l'habilité à parler de la paix.
00:10:17Sinon, vous êtes fusillés.
00:10:18Non, mais c'est vrai.
00:10:19Nous, on parle de paix.
00:10:21Voilà, c'est ça, l'écologie,
00:10:22les droits de l'homme en temps de guerre,
00:10:23c'est nous qui en s'occupe de tout.
00:10:26L'écologie, c'est pareil.
00:10:27J'ai un frère qui est là-dedans.
00:10:28J'ai dit, en temps de guerre, tu n'existes plus.
00:10:30Comme si j'allais vous parler de tri-sélectif
00:10:32ou d'éolienne sur votre lit de mort.
00:10:34Voilà, voilà, voilà, voilà.
00:10:36Alors, ça serait déplacé.
00:10:39Et vous faisiez quoi de votre vivant ?
00:10:41Vous faisiez...
00:10:42Enfin, de votre...
00:10:42Non, non, voilà.
00:10:44Non, non.
00:10:46Dans la musique, c'est bien, la musique.
00:10:50C'est intéressant.
00:10:51La vie est une œuvre musicale
00:10:53qui se ponctue automatiquement par un silence.
00:10:55Voilà.
00:10:56Il faut y aller au silence.
00:10:57Je sais bien, mais vous faites encore
00:10:59beaucoup de bruit quand même.
00:11:02La musique et la guerre ont ceci en commun,
00:11:04c'est qu'elles commencent et ponctuent
00:11:05leur existence par un silence.
00:11:08La symphonie guerrière est une valse
00:11:11à trois temps, quelqu'un d'un.
00:11:19Non, mais c'est pas de l'accordéon, j'ai dit.
00:11:21C'est une valse à trois temps au sens
00:11:25silence, explosion, hurlement et re-silence.
00:11:27Ça, c'est la structure de...
00:11:29Et ça, t'en sors pas.
00:11:30Et c'est...
00:11:32D'ailleurs, il faudrait bosser un petit peu
00:11:33les hurlements au niveau de la population.
00:11:36On est en dessous.
00:11:37Les explosions, ça va.
00:11:38On arrive à faire des belles choses maintenant.
00:11:40Ouais, les rires aussi, ferme-la.
00:11:41Mais je veux dire...
00:11:43Tu risques d'être à faune.
00:11:44T'as une bombe qui tombe chez toi.
00:11:46Tu vois ?
00:11:47Pour ça, il faut s'entraîner un peu.
00:11:48Je vais faire un test.
00:11:49Je fais 3-4, vous hurlez, juste pour voir.
00:11:513-4.
00:11:53Ah non, laisse tomber, laisse tomber.
00:11:55Par rapport à 2-3 solistes, là, les gars,
00:11:57ils ont bossé, mais...
00:11:59Tu t'as entendu ?
00:12:01Il faut qu'il y ait une bombe qui tombe chez lui.
00:12:05Il n'y a plus personne, plus de baraque, plus d'enfant.
00:12:11Tu te fous pas de sa gueule, il n'a pas bossé.
00:12:13Toi, tu te rends compte que tu fais n'importe quoi.
00:12:16Non, mais il est complètement taré.
00:12:18Mais les gens ne savent plus hurler.
00:12:20Non, non, mais c'est vrai, les gens ne savent plus hurler.
00:12:23Moi, je vais vous dire, je l'avais vu, ça,
00:12:25c'était au moment des attentats du Bataclan.
00:12:28Parce qu'ici, à vol d'oiseau, on est à quoi ?
00:12:30On est à 800 mètres ?
00:12:31Ben, je n'ai rien entendu.
00:12:33Non, non, j'étais là.
00:12:34Je faisais un sketch sur ma veille mère.
00:12:37Pour te dire que j'étais pendant l'histoire.
00:12:40Ouais, je n'ai rien entendu.
00:12:41Parce que les gens ne savent plus hurler, putain.
00:12:44Mais pareil, à Nice, pendant le rallye, là,
00:12:47il y avait des...
00:12:47Non, non, t'es...
00:12:50Ferme ta gueule.
00:12:51Il y a des mecs qui étaient...
00:12:53Écoute, ils étaient en terrasse.
00:12:56Ils étaient en train de bouffer des licotillages.
00:12:58Ils n'ont rien compris, les mecs.
00:13:00Personne ne hurlait.
00:13:01Ils ont vu passer le camion.
00:13:02Ouais, ça va !
00:13:03En temps de guerre, on sort les trompettes, putain !
00:13:06Ouais !
00:13:07J'ai les faussiers.
00:13:12Mais oui, mais je vais recommencer.
00:13:14Parce que vous n'êtes pas sur le coup, au niveau de la population.
00:13:19C'est vrai que par le passé, c'est vrai que c'était différent.
00:13:22La guerre et la musique étaient indissociables.
00:13:25Mais on chargeait sur le son des clérons, des tambours.
00:13:29Allez, les grands, à l'attaque !
00:13:37Ça zouquait sur le champ de bataille, ça n'a rien à voir.
00:13:40Aujourd'hui, la mitraille et les bombes ont pris le relais.
00:13:43C'est autre chose.
00:13:44Voilà, c'est des sonorités beaucoup plus métalliques maintenant.
00:13:48C'est de la techno, c'est pour les jeunes.
00:13:50Il faut y aller sous cachetons, sinon tu t'emmerdes.
00:13:53D'ailleurs, ils sont tous à moitié drognés sur les champs de bataille maintenant.
00:13:56Mais bon, il y a toujours des sonorités qui reviennent dans les guerres.
00:13:59Vous avez les éboulements, vous avez le son des flammes.
00:14:04Ça, ça t'installe un climat, ça met une ambiance, une chaleur, il se passe quelque chose.
00:14:08Et puis dans les passages d'accalmie apparaissent les gémissements.
00:14:12Mi, mi, mi, mi, mi, mi, mi.
00:14:17Le gémissement, c'est le solo de violon.
00:14:20Ça souligne toute la fragilité de la condition humaine.
00:14:23Un gémissement, c'est indispensable.
00:14:24C'est la larmichette, il se passe quelque chose.
00:14:26Le plus intéressant, j'ai envie de dire, que la suffocation.
00:14:30Franchement.
00:14:33Trop instinctif, trop animal.
00:14:35Tu vois, on n'y croit pas.
00:14:38Musicalement, la suffocation, ça serait plutôt un pizzicato, tu vois,
00:14:40de moitié, ouais, de violon, mais plutôt, ouais, banjo, ouais.
00:14:44Pas d'initiative, j'attire.
00:14:47J'ai décidé de le payer au nombre d'effets sonores dans ce spectacle.
00:14:51L'autre, il m'en fout partout maintenant.
00:14:53C'est toutes ces petites choses prises une par une qui font de la guerre un moment unique
00:14:59que je ne souhaite évidemment à personne.
00:15:11Bon, il faut que je vous avoue, il faut que je vous avoue, je n'ai pas tout misé sur
00:15:14la prière.
00:15:16J'ai un plan B.
00:15:17À côté, je stocke du riz.
00:15:20Je fais du long grain, je fais du basmati, je fais un peu de semoule.
00:15:23J'en suis quasiment à 100 tonnes.
00:15:25Donc, crois-moi que j'ai des copains chez les frères Tang.
00:15:29Ah, ben, je me fais livrer par palettes entières.
00:15:31C'est des smiths qui m'arrivent chez moi.
00:15:33Reculez, attention au pot de fleurs, putain.
00:15:35Ah, mais ils ne savent pas conduire, les miyakou et les rétrons, les gars.
00:15:39Quoi, chérie ? Oui, j'ai vu le voisin.
00:15:40Ça va, il se fout de notre gueule depuis ce matin.
00:15:43Laisse-moi faire.
00:15:44Vous allez sortir les trois palettes qui restent, vous les mettez dans le salon, s'il vous plaît.
00:15:48Je verrai ça après.
00:15:49Quoi ?
00:15:50Ah, il n'y a plus de place dans le salon, déjà ?
00:15:53Bon, ben, montez-je à l'étage.
00:15:54On va condamner le premier étage, chérie.
00:15:56Ouais, ben, en temps d'hier, on dort tous dans la même chambre.
00:15:59Il n'y a pas de...
00:16:00Chacun...
00:16:00Une adolescente, ça y est.
00:16:02Alors, l'autre, c'est parce qu'elle en est à se fourrer du coton dans le chion une fois
00:16:05par mois.
00:16:10Elle va commencer par casser les couilles, l'autre.
00:16:12Non, je suis au courant qu'il y ait soin de du fion.
00:16:13Personne ne m'en parle.
00:16:14Écoute-moi, chérie.
00:16:15Non, non, non, oh, oh.
00:16:17Le respect aussi, d'accord ?
00:16:19En temps de guerre, il n'y a plus d'adolescence.
00:16:21C'est terminé, ces conneries-là.
00:16:23Il n'y a plus d'enfance.
00:16:24Il n'y a plus ces merdes-là.
00:16:25Non, non.
00:16:25Tout le monde est adulte, à la naissance.
00:16:27Comme un canasson.
00:16:28Tu es obligé de t'y avaler au bout d'un tiers d'heure, sinon tu es mort.
00:16:31Mais personne ne va arrêter ce gros con.
00:16:32Ce gros con, c'est ton père.
00:16:35Laisse-là, elle a du caractère.
00:16:36Ça, c'est bien, ça.
00:16:42Non, ne te fais pas trop d'illusions, ma chérie.
00:16:44C'est le genre de petite conne qu'on va perdre dans les premiers jours de la guerre.
00:16:47Regarde, c'est à l'habillée comme une pute.
00:16:50Telle que part, c'est mieux qu'elle crève tout de suite.
00:16:53Non, c'est pour éviter qu'elle voit les horreurs de la guerre.
00:16:56Puis ça lui évitera aussi les viols à la chaîne
00:16:58quand les hordes de barbares vont débarquer dans le quartier.
00:17:01Ils violeront toutes les femmes, comme ils font à chaque fois, les gars.
00:17:05Non, toi, tu risques rien, ma chérie.
00:17:12Tu rêves pas, ma pauvre.
00:17:15Tu pourrais te foutre un poil sur le trottoir et que tu ne toucherais pas, les gars.
00:17:18Non, ce n'est pas ça.
00:17:19Tu t'es déformé en l'espace de dix ans.
00:17:22Regarde-toi, on dirait un conteneur.
00:17:23On va où, les gars ?
00:17:25Hein ?
00:17:26Non, les hommes...
00:17:27Oui, ben, le hippopotame, il t'emmerde.
00:17:32De toute façon, chérie, selon mes calculs, on va perdre 80% de nos effectifs au niveau familial.
00:17:37Il ne faut pas rêver.
00:17:37Déjà, toute la partie de ton côté, ça va dégager.
00:17:40Ça nous fera de l'air.
00:17:41Et ça te permettra de récupérer la baraque de ta sœur.
00:17:44Taï, taï, il faut calculer tout ça en temps de bien.
00:17:48Non, non, n'écoutez pas, le premier étage, on condamne tout.
00:17:51Il y a trop de riz.
00:17:51Pourquoi tu parles comme ça, chérie ?
00:17:53Tu veux t'occuper de la logistique militaire ?
00:17:55Non, mais vas-y, tu me fais honte devant les livreurs chinois.
00:17:57On peut tenir combien avec 100 tonnes de riz, lieutenant-colonel ?
00:18:00Non, mais vas-y, c'est plus ce que tu...
00:18:02Non, non, non, déjà, le calcul n'est pas bon.
00:18:04Non, non, non, 14 et 14.
00:18:07Ah !
00:18:08Voilà, tu retiens 4.
00:18:113, 14, 107.
00:18:14Pythagore, il y a tout ça à mettre dans la salade.
00:18:15J'ai fait le calcul ce matin.
00:18:17Je ne cherche pas.
00:18:18On peut tenir à peu près un siècle.
00:18:19Si tu retires la ration de l'eau de cône, là, et qu'on se tire un peu de la
00:18:22ceinture,
00:18:23tiens, escrasse.
00:18:24Connard !
00:18:25Ouais !
00:18:25Et t'inquiète pas, il reviendra.
00:18:30Il reviendra quand ça sera la pénurie dans le quartier, rêve pas.
00:18:33S'il y a survie aux épidémies de typhus et de choléra.
00:18:36Tu sais, en temps de guerre, il y a toujours une poignée de malins qui réussissent à s'en sortir.
00:18:40Cette fois-ci, j'aurais ma part du gâteau, crois-moi bien.
00:18:43Ils se foutent de ma gueule ?
00:18:44Non, mais attends, je rêve.
00:18:45Eh, le pourboire, c'est ça, tirez-vous.
00:18:48Tu te souviens quand j'ai mis le portrait de Kouchner dans le salon ?
00:18:51Tu te souviens de cette histoire ?
00:18:52Voilà.
00:18:52Voilà, que ton frère, bon, s'est foutu de ma gueule, mais c'est pas ça.
00:18:56Pourquoi j'ai fait ça ?
00:18:56Parce que, non, Kouchner qui porte le sac de riz, c'est un genre de prophète.
00:19:02Il nous montre une direction, ce mec.
00:19:04Non, c'est pas ça.
00:19:06Il porte le riz, pour les Africains.
00:19:09Parce qu'à l'origine de tout, il y a quoi, ma chérie ?
00:19:12Dieu.
00:19:13Non, non.
00:19:14Il y a le riz.
00:19:15Voilà.
00:19:17Dieu, il est derrière, il arrive, mais il sera pas là.
00:19:20Parce que le riz, non, c'est l'or du chaos, le riz.
00:19:23Tous ces connards qui se foutent de ma gueule aujourd'hui,
00:19:26ils remperont devant la baraque, tu verras bientôt,
00:19:28pour une poignée de cette précieuse semence.
00:19:31Ils donneront tout ce qu'ils ont.
00:19:32Leur pognon, leur dignité, et je leur prendrai tout.
00:19:36Je les enculerai sur le trottoir devant leur gosse.
00:19:38Oui, pour qu'ils comprennent qui est le chef dans le quartier.
00:19:43C'est prématuré d'acheter du riz.
00:19:44Putain, pourquoi tu me...
00:19:46T'es pas peur, pourquoi tu fais ça ?
00:19:49Tu vas pas te taper.
00:19:55Tu vois, la chérie, la différence entre vous, les bonnes femmes,
00:19:58non, c'est pas ça.
00:19:59L'anticipation.
00:20:00Tu n'as aucune anticipation.
00:20:03C'est pour ça que dans la jungle, tu ne peux pas quitter ton terrier,
00:20:05sinon tu te fais becquer avec tes petits,
00:20:06parce que t'as pas le truc, t'as pas...
00:20:08En fait, t'es con comme une belette.
00:20:09Je ne sais pas pourquoi je te parle.
00:20:11Non, chérie, c'est pas ça.
00:20:12La nature ne t'a pas doté de l'instinct de guerre.
00:20:19C'est pour ça que vous faites violer systématiquement.
00:20:22Parce que t'es pas dans le game, t'es pas dans le truc.
00:20:25Mais cherche pas, tu ne peux pas y arriver,
00:20:26parce que ça remonte à l'enfance.
00:20:28Chérie, je pose des questions.
00:20:29Tu faisais quoi quand t'étais petite ?
00:20:31J'ai joué à la poupée.
00:20:32Tu vois ce que je veux dire ?
00:20:33Alors que nous, dès le départ, à la récré...
00:20:43Ouf !
00:20:44Tu te fous dans le terrier,
00:20:50tu la fermes,
00:20:51tu nous sors un nichon et tu nous fais du lait.
00:20:55Avec le riz, on fera un dessert.
00:21:00Essaye de nous pondre un oeuf, on fera des crêpes.
00:21:03Tu peux y arriver, parce que t'as pas confiance en toi.
00:21:07Pense oeuf !
00:21:08Ça veut dire ça.
00:21:11Chérie, écoute-moi.
00:21:12Tu sais, les mecs comme moi,
00:21:14comme Rothschild, Rockefeller...
00:21:17Qu'est-ce qu'on a en plus des autres ?
00:21:19C'est pas ça.
00:21:20L'anticipation.
00:21:22On voit au-delà.
00:21:23Tu te souviens quand Macron a serré la main de Trump ?
00:21:25Voilà, tu te souviens de cette anecdote ?
00:21:27C'est là que j'ai tout de suite compris.
00:21:29Là où certains ont vu, bon,
00:21:30le coup de bluff d'une petite pédale
00:21:32qui vient d'arriver à l'Élysée...
00:21:35Moi, j'ai anticipé.
00:21:38Ça, plus l'augmentation du pinard.
00:21:39J'ai dit Bernard,
00:21:41achète du riz.
00:21:44Être à l'écoute des signaux, ma chérie.
00:21:45C'est ça qui fait la différence
00:21:46entre un grand homme et un génie.
00:21:49Allez, ferme-la, mon amour.
00:21:51C'est vrai qu'il y a une logique économique à la guerre.
00:21:54C'est cruel, mais c'est ainsi.
00:21:55D'ailleurs, Jacques Attali,
00:21:56le mec qui conseille les présidents de la République
00:22:00depuis Versailles et Torix, je crois,
00:22:02il l'a dit.
00:22:03Il l'a dit.
00:22:04La guerre est une affaire de bon sens.
00:22:06Pour nous, c'est dur d'entendre ça,
00:22:08mais c'est de bonne foi
00:22:09que nos élites nous sacrifient
00:22:11en nous abandonnant à notre propre barbarie.
00:22:14Quelque part, c'est pour notre bien.
00:22:16Mais j'étais comme toi, au départ.
00:22:17Je dis, tu vas reculer.
00:22:19Mais non.
00:22:21Pour retrouver la croissance
00:22:22et le plein emploi
00:22:23dans un système qui part en couille,
00:22:24il n'y a pas d'autre choix.
00:22:26Destruction radicale
00:22:27de tout ce qui tient de bout,
00:22:27de tout ce qui casse les couilles.
00:22:29C'est le principe de la culture intensive.
00:22:30Tu rases tout, tu replantes, terminé.
00:22:32Alors, il y aura toujours des gens.
00:22:33Ouais, mais quand même.
00:22:37J'aime la vie.
00:22:39T'as envie de lui cracher à la gueule.
00:22:40Tu dis, ferme-la.
00:22:42J'aime la vie, ça ne veut rien dire.
00:22:44Déjà, c'est nier notre nature de consommable.
00:22:47Aimer la vie, ça n'a pas de sens.
00:22:48C'est comme si, dans une imprimante,
00:22:49quand tu changes la cartouche,
00:22:50tu sais, la cartouche te regarde.
00:22:51Oh non, s'il te plaît.
00:22:54J'aime la vie.
00:22:57J'ai un peu d'encre dans le cul,
00:22:58secoue-moi.
00:23:01C'est parce que, regarde,
00:23:02il n'y a pas le temps.
00:23:04Poubelle, tu mets une cartouche neuve,
00:23:05tac, le système repart à fond,
00:23:07puis c'est parti.
00:23:09Ouais, mais vous avez des gueules
00:23:10de vieilles cartouches, quelque part.
00:23:12Excusez-moi.
00:23:12Un peu d'autocritique, les cartouches.
00:23:15On est des cartouches usagées, putain.
00:23:18On est un peu plusé.
00:23:19Mais je crois que les périodes de paix,
00:23:20ça use les peuples.
00:23:22C'est vrai, putain.
00:23:23Regarde la télévision,
00:23:24les gueules de dégénéré,
00:23:25n'importe quoi.
00:23:26Regarde ta gueule, toi.
00:23:27Excuse-moi, mais...
00:23:29Non, non, le petit, là,
00:23:30avec les lunettes, là.
00:23:31Ah, non, le costaud, non.
00:23:37On en est rendu à voter Macron,
00:23:39vous imaginez ?
00:23:41C'est-à-dire que dans la nature,
00:23:42on sera déjà morts.
00:23:43On a perdu notre instant de survie.
00:23:45Je le vois avec mes gosses.
00:23:46Ils n'arrivent plus à associer
00:23:48dans leur tête une tranche de jambon
00:23:49et un cochon.
00:23:50Pour eux, ça n'a rien à voir.
00:23:52Je leur ai dit, un petit peu, quand même.
00:23:55Que dalle.
00:23:57Je lui ai dit, mais ça vient d'où, ça ?
00:23:58Ben, d'un arbre.
00:24:01Mais quel arbre ?
00:24:02Ben, le jambonnier.
00:24:05Fous-toi de ma gueule,
00:24:05t'as le même, hein, donc...
00:24:07Ah, t'es musulman, d'accord.
00:24:10Ça marche avec le poulet.
00:24:11Non, c'est pas la question.
00:24:13Je vois les gosses,
00:24:14ils les voient devant la télé,
00:24:15ils font plus la différence
00:24:16entre le défilé du 14 juillet
00:24:18et celui de la Gay Pride.
00:24:20Ils étaient là...
00:24:23Il fait pas la différence
00:24:25entre un poilu de 14
00:24:26avec toutes ses médailles
00:24:27et un transsexuel
00:24:29à quatre pattes en laisse.
00:24:30Pour le gosse...
00:24:31Ah non, pour le gosse,
00:24:32c'est deux héros
00:24:33de la liberté.
00:24:34C'est tout.
00:24:44Ah, faut que je m'assoie.
00:24:46Hé, j'ai pas le souffle de...
00:24:48Hé, j'aurais 129 ans
00:24:49au mois d'août quand même, hein.
00:24:51Hé, hé.
00:24:53Hé.
00:24:55Ah, ben, j'ai des souvenirs.
00:24:57J'ai vécu les deux grandes guerres,
00:24:59donc j'ai vu des trucs, hein.
00:25:01On a défilé sur ce boulevard
00:25:03en 1917.
00:25:05Pour vous dire,
00:25:07on pouvait pas s'imaginer
00:25:09à l'époque qu'un jour
00:25:10les gens défileraient comme ça
00:25:12à la fête à la rondelle.
00:25:14Nous, nous...
00:25:16Nous, on est partis
00:25:17la fleur au fusil, on disait.
00:25:19Bon, c'était la seule extravagance
00:25:21qu'on s'autorisait.
00:25:23Personne n'était en latex.
00:25:25Regarde ça.
00:25:26Porte-jartel
00:25:27avec une écharpe de ma...
00:25:28Ah, bonjour, monsieur le maire.
00:25:29D'accord.
00:25:34Dans les tranchées de Verdun,
00:25:37personne n'avait de plug anal
00:25:39ou des choses comme ça,
00:25:40hein, où les gens n'en parlaient pas.
00:25:43C'est vrai qu'aujourd'hui,
00:25:44touche-moi le plug,
00:25:45les gens sont fous, hein.
00:25:47Nous, on s'est battus au départ,
00:25:49c'était pour se libérer.
00:25:51Mais pas de tout.
00:25:53C'est ça que je comprends pas.
00:25:54On aurait bien gardé
00:25:55deux, trois réflexes
00:25:56du temps des mammifères,
00:25:58quand même, quoi.
00:26:00Mais je devrais pas voir tout ça
00:26:02à 129 ans,
00:26:02c'est trop vieux, ça.
00:26:05Non, je suis là
00:26:05pour mon arrière-petit-fils, là,
00:26:07Kevin.
00:26:08Ah, lui, c'est la gay pride.
00:26:10À chaque fois, il m'emmerde.
00:26:12Faut que je le filme,
00:26:13Facebook-là.
00:26:14Il dit,
00:26:14c'est pas comment ça marche,
00:26:15ce truc.
00:26:17Kevin, non,
00:26:17c'est la jeune fille en string, là.
00:26:19Oui, on va se continuer
00:26:20à l'appeler Kevin,
00:26:21l'autre,
00:26:22faut l'appeler
00:26:23Mafalda, maintenant.
00:26:25C'était le dernier garçon
00:26:26à porter notre nom,
00:26:27j'ai du mal, quoi.
00:26:29Ah, c'est une femme,
00:26:30il a été opéré,
00:26:31six heures d'opération,
00:26:34cirurgie esthétique et tout.
00:26:35Pris en charge
00:26:36par la Sécurité Sociale.
00:26:38Ah, il n'aurait pas pu.
00:26:39Nous, on est revenu
00:26:40de la guerre de 14
00:26:41avec les gueules des foncées,
00:26:43c'est-à-dire,
00:26:44mais on n'a pas eu le droit
00:26:45à la chirurgie esthétique.
00:26:47Puis l'autre, maintenant,
00:26:48bon,
00:26:50se fait payer une chatte
00:26:51aux frais de la princesse.
00:26:53C'est le progrès.
00:26:58J'essaie,
00:26:59je n'arrive pas.
00:27:00Ah, il m'emmerde.
00:27:01Le gros chinois
00:27:02qui est derrière, là.
00:27:03C'est son mari, ça.
00:27:06Même pas, l'autre.
00:27:08Ah, il se sont mariés
00:27:09au mois d'août.
00:27:10Il y avait des Chinois partout.
00:27:15J'aurais jamais dû voir
00:27:17des choses comme ça.
00:27:19Et moi,
00:27:19ah, ben,
00:27:20j'ai discuté
00:27:21avec le vieux chinois.
00:27:23J'ai dit,
00:27:23mais c'est pareil.
00:27:24En Chine,
00:27:24il m'a dit exactement pareil.
00:27:26Merde.
00:27:27Mais lui,
00:27:27ça fait 25 ans,
00:27:28il n'entend plus.
00:27:30Il m'a dit,
00:27:30c'est bien, essayez,
00:27:31parce que,
00:27:32ben, c'est mieux.
00:27:33On ne peut pas comprendre
00:27:34ce qui se passe, quoi.
00:27:35Vous savez,
00:27:36vous sortez d'une guerre
00:27:37mondiale,
00:27:38vous n'avez pas l'esprit
00:27:39à faire des trucs
00:27:40comme ça, quoi.
00:27:41Ah, non, non,
00:27:42ben,
00:27:43on n'avait pas mangé
00:27:44pendant 4 ans,
00:27:45donc nous,
00:27:46nous, on trouvait
00:27:46un verre de thé,
00:27:47on le bouffait, quoi.
00:27:48On n'avait même pas
00:27:50l'idée
00:27:51de se le foutre
00:27:52dans le cul, quoi.
00:27:53Il y avait ça.
00:27:57Tu nous donnais
00:27:58le RSA
00:27:59à deux boîtes
00:27:59de raviolis,
00:28:00on était content,
00:28:01on était...
00:28:01On a reconstruit
00:28:03la France bénévolement,
00:28:04puis il n'y avait pas
00:28:05de 39 heures,
00:28:06on bossait 50 heures
00:28:07par jour.
00:28:07C'est le patronat
00:28:08qui nous a arrêtés,
00:28:09on va se faire choper,
00:28:10écoutez.
00:28:12France,
00:28:12il faut avoir,
00:28:13certainement.
00:28:14Vous êtes de quel jour
00:28:15d'un de vous,
00:28:15c'est têtu,
00:28:17d'accord, oui.
00:28:18L'homosexualité,
00:28:19oui.
00:28:20J'ai l'impression,
00:28:21non,
00:28:22de plus en plus,
00:28:22non,
00:28:23les jeunes,
00:28:23maintenant,
00:28:25se focalisent,
00:28:25comme ça,
00:28:26sur cette histoire
00:28:27de rondelles.
00:28:28Alors,
00:28:29oh, nous,
00:28:30on n'avait pas le temps.
00:28:32Oh, c'est ça,
00:28:33le temps.
00:28:33On pensait,
00:28:34s'il fallait survivre,
00:28:35il fallait bouffer, quoi.
00:28:37C'est...
00:28:38Moi,
00:28:39oh, non,
00:28:39je me souviens.
00:28:40Si, c'était quand,
00:28:41c'était en 39.
00:28:43J'ai sauté sur une mine,
00:28:44moi.
00:28:45Alors,
00:28:46ça m'a arraché tout le cul,
00:28:47quoi.
00:28:47Et je me souviens,
00:28:48à l'hôpital,
00:28:49tous les matins,
00:28:50l'infirmier,
00:28:51il me tripotait l'oignon,
00:28:52comme ça.
00:28:53Et tiens,
00:28:54c'est pas mal.
00:28:57Mais bon,
00:28:57j'ai pas pu approfondir
00:28:58tellement le truc,
00:28:59parce que
00:29:00il fallait aller bosser,
00:29:01quoi.
00:29:02Mais même en temps de guerre,
00:29:03la sexualité,
00:29:04ça n'a rien à voir de ça.
00:29:06Il n'y a pas toute cette technologie
00:29:08de plug,
00:29:09de cloutage.
00:29:10C'était artisanal.
00:29:11Un homme,
00:29:12une femme,
00:29:12un regard.
00:29:15l'autre,
00:29:15elle frôlait la pâte,
00:29:16t'envoyait la mayonnaise
00:29:19au plafond.
00:29:20C'était.
00:29:21Ah,
00:29:21mais même les femmes,
00:29:22elles étaient tombées enceintes
00:29:23une fois par semaine.
00:29:25Aujourd'hui,
00:29:26elles n'arrivent plus
00:29:26à pondre un oeuf,
00:29:27c'est quand même fou.
00:29:27c'était le printemps.
00:29:29Voilà,
00:29:29on était un peuple
00:29:30en marche.
00:29:33En marche.
00:29:41Oh,
00:29:42la hier,
00:29:43mon pauvre ami,
00:29:44la hier est une seule histoire.
00:29:47Surtout pour la population.
00:29:50Pour nous autres,
00:29:51les artistes,
00:29:51encore autre chose.
00:29:53Ah,
00:29:54il était question
00:29:55de prendre de la hauteur,
00:29:57ce show must go,
00:29:58comme disaient les rossbifs.
00:30:01Les artistes,
00:30:02vous savez,
00:30:03collaborer,
00:30:04oh,
00:30:04je t'envis l'amour.
00:30:05J'ai envie de dire,
00:30:06on a fait ce qu'on a pu
00:30:07pour sauver notre peau,
00:30:08vous savez.
00:30:09Et les héros,
00:30:10en temps de guerre,
00:30:11j'ai prévu beaucoup.
00:30:13Ah,
00:30:13la libération,
00:30:14tout le monde a sorti
00:30:15les trompettes,
00:30:16les petits drapeaux,
00:30:17c'est inventé une histoire.
00:30:19Mais vous savez,
00:30:20vos héros de guerre,
00:30:21là,
00:30:21qu'on donnait des noms de rue,
00:30:23des boulevards,
00:30:23et qui dorment au pont,
00:30:24t'es mort à ma suite,
00:30:26connard,
00:30:27menteur,
00:30:29fripouille de politique
00:30:31arvéreuse.
00:30:32Sachez que pour moi,
00:30:33le Panthéon est une fausse à merde.
00:30:37Les seuls héros que j'ai pu voir
00:30:39dans cette putain de guerre,
00:30:40ils sont tous morts
00:30:41sur le champ de bataille,
00:30:42sans honneur et sans glaire,
00:30:43bouffés par les corbats.
00:30:45Ah,
00:30:46tu me diras,
00:30:46c'est le propre de l'héroïsme,
00:30:48on n'en fait pas carrière.
00:30:50Pour nous autres,
00:30:51les artistes,
00:30:51la guerre,
00:30:52bon,
00:30:52c'est une histoire d'abstraction,
00:30:55faire semblant de ne pas avoir
00:30:56et de ne pas comprendre.
00:30:58Ah,
00:30:58tu es là pour faire rêver les gens,
00:31:01comme le font les putes.
00:31:04Bon,
00:31:04viens d'y regarder,
00:31:05les théâtres sont des maisons clos,
00:31:06tu vas un petit billet
00:31:07pour passer une petite heure
00:31:08de mon temps.
00:31:10Oui,
00:31:10toute ma vie,
00:31:11j'ai fait la pute,
00:31:12et alors ?
00:31:14Certainement pas le peuple
00:31:15et ses élites
00:31:15qui va me donner
00:31:16de leçons de morale,
00:31:17monsieur.
00:31:18Ah,
00:31:19le peuple,
00:31:19il a eu le choix,
00:31:20ce connard,
00:31:21il a voté.
00:31:23Après,
00:31:23il se fait vite réjouir,
00:31:24j'ai envie de te dire
00:31:25chacun son rôle.
00:31:27Non,
00:31:27la vérité
00:31:28est que le peuple
00:31:28est un cave
00:31:29qui n'assume rien,
00:31:31toujours à chialer.
00:31:32Ah,
00:31:33mais,
00:31:33j'ai été génocidé.
00:31:38mais il fallait faire attention,
00:31:40connard.
00:31:42Non,
00:31:43la vérité
00:31:44est que le peuple
00:31:44n'assume rien.
00:31:45On est dans mon retien
00:31:47qu'une leçon du passé.
00:31:48J'ai l'impression
00:31:49qu'on n'a jamais vraiment
00:31:50quitté
00:31:51cette cour de récréation.
00:31:53en tout cas,
00:31:54moi,
00:31:55dieu donné,
00:31:56m'bala,
00:31:57m'bala,
00:31:58j'ai pas quitté
00:31:59la cour de récré,
00:32:00j'en ai même fait un boulot.
00:32:02Un endroit comme ici
00:32:03où on peut rigoler.
00:32:05Vous vous rendez compte,
00:32:06d'ailleurs,
00:32:06un endroit dans le monde
00:32:07où on interdit
00:32:08aux enfants
00:32:09de rire,
00:32:10de sourire,
00:32:11sous prétexte
00:32:11qu'ils sont en classe.
00:32:13Je comprends
00:32:13qu'il faille en faire
00:32:14des contribuables
00:32:14dociles,
00:32:15obéissants,
00:32:16des esclaves consommateurs
00:32:17qui vont fermer leur gueule
00:32:19jusqu'à la fin,
00:32:19mais retirer le sourire
00:32:21du visage d'un enfant.
00:32:22C'est comme couper les phares
00:32:24en pleine nuit
00:32:24quand t'es en bagnole.
00:32:25Ben ouais,
00:32:26mais c'est dangereux,
00:32:27tu vois pas où tu vas,
00:32:27arrête ça,
00:32:28j'ai dit.
00:32:29L'autre jour,
00:32:30d'ailleurs,
00:32:30j'étais en avance,
00:32:31j'allais chercher mes gosses
00:32:32à l'école.
00:32:33Putain,
00:32:33ils étaient devant le tableau,
00:32:34si je les regardais,
00:32:35on aurait dit des détenus.
00:32:38T'as pas le droit
00:32:39de les sortir,
00:32:40sinon on t'envoie
00:32:40les flics.
00:32:41Alors qu'à la récré,
00:32:43bon,
00:32:43ça rigole.
00:32:44Ça rigole,
00:32:45bon,
00:32:45il y en a deux,
00:32:46trois,
00:32:46tu sens,
00:32:46c'est la castelle.
00:32:47La guerre commence aussi
00:32:48à la récréation,
00:32:49faut être honnête,
00:32:50il y a un relâchement
00:32:51aussi à ce niveau-là.
00:32:53Là,
00:32:53il y en a certains,
00:32:54tu les équipes
00:32:55en fusil d'assaut,
00:32:56c'est le front de l'Est,
00:32:57la récréation.
00:32:59Ah ouais,
00:32:59donne-leur de l'alcool
00:33:00et des calaches,
00:33:01à mon avis,
00:33:01ils vont nous étonner.
00:33:03Il n'y a pas de convention
00:33:04de Genève,
00:33:04ils n'ont pas de mobile,
00:33:05si tu veux.
00:33:06Ils ne vont pas chercher
00:33:06du pétrole,
00:33:07non,
00:33:08t'es gros,
00:33:08t'es moche,
00:33:10t'as des lunettes,
00:33:10ça suffit.
00:33:16Ah non,
00:33:17non,
00:33:17non,
00:33:17c'est d'une cruauté
00:33:18absolue les gosses.
00:33:19Ils sont mignons,
00:33:21c'est ça,
00:33:21donne-leur des accessoires
00:33:22de torture,
00:33:23tu vas voir,
00:33:24ils sont mignons.
00:33:24T'as plus un gosse
00:33:25qui marche à la fin
00:33:26de la récréation.
00:33:27Il y a les maîtresses,
00:33:29les forces de l'ordre.
00:33:31Et tu peux pas demander
00:33:32à cinq poules à lunettes
00:33:33de surveiller une meute
00:33:34de rafamée.
00:33:35Cinq ans et demi,
00:33:36ça a déjà le vis,
00:33:36c'est attention,
00:33:37ça maîtrise l'art
00:33:38de la diversion,
00:33:39j'en ai vu deux,
00:33:39trois,
00:33:40ça tapait dans le dos.
00:33:42Non, non,
00:33:42et puis avec Internet,
00:33:43la mission éducative,
00:33:44c'est plié.
00:33:45C'est du maintien de l'ordre.
00:33:46On va demander d'ailleurs
00:33:47ce qu'il en pense
00:33:48à un monsieur Tourniquet,
00:33:51professeur de mathématiques
00:33:52aux Antilles.
00:33:56Jean-Claude Tourniquet,
00:33:58c'est le nom en entier.
00:34:04Voilà,
00:34:05professeur de mathématiques,
00:34:06mathématiques,
00:34:08aux Antilles,
00:34:09Boisier,
00:34:10Guadeloupe,
00:34:11Guadada,
00:34:12971,
00:34:12non,
00:34:13non,
00:34:13non,
00:34:14non,
00:34:14non,
00:34:14non,
00:34:14non,
00:34:15non,
00:34:15non,
00:34:17c'est la vérité,
00:34:18nous,
00:34:18le monde change.
00:34:20Le monde tournicote,
00:34:22c'est incroyable,
00:34:23incroyable.
00:34:25Avec cette affaire,
00:34:26nous,
00:34:26l'affaire des Interounettes,
00:34:29nous rentrons
00:34:30deuxième bouleversum
00:34:33radicale
00:34:33qui se trouve
00:34:34du côté.
00:34:36Aujourd'hui,
00:34:37nous,
00:34:37il me faut des fois
00:34:38sept heures
00:34:39pour corriger
00:34:39une copie,
00:34:40attendez.
00:34:42non,
00:34:42ça veut dire
00:34:43le sachant,
00:34:43mais c'est plus.
00:34:44Or,
00:34:45savoir,
00:34:45ne pas savoir,
00:34:47là,
00:34:47il y a la question.
00:34:50Je rigole,
00:34:50mais c'est très sérieux.
00:34:56On ne peut pas conclure
00:34:57sur cette affaire
00:34:58d'Internet.
00:34:59Moi,
00:34:59j'ai une certaine mémoire,
00:35:00mais je n'ai pas
00:35:00cadré là-dedans.
00:35:02Un exemple,
00:35:031 plus 1 égale 2.
00:35:05De mon temps,
00:35:05c'est l'évidence.
00:35:06Il n'y a pas
00:35:07de discussion.
00:35:08la nappe est pliée,
00:35:10on a passé
00:35:10l'aspirateur,
00:35:12tout le monde
00:35:13fait la sieste.
00:35:14Maintenant,
00:35:15mais aujourd'hui,
00:35:16je me vois opposer,
00:35:17monsieur,
00:35:17des théories
00:35:18d'astrophysiciens
00:35:20pakistanais,
00:35:21des enfants
00:35:21de 8 ans,
00:35:23qui m'expliquent
00:35:24que l'égalité parfaite
00:35:25n'existe pas
00:35:26dans la nature,
00:35:27que c'est un trou noir.
00:35:32Qu'est-ce qu'on fait ?
00:35:33Moi,
00:35:34j'ai eu mon diplôme
00:35:34d'État
00:35:34en 84.
00:35:36À l'époque,
00:35:37j'étais en métropole,
00:35:38j'étais à Rouen.
00:35:40Rouen,
00:35:41la ville,
00:35:41Rouen.
00:35:43Voilà,
00:35:43Rouen,
00:35:44Rouen.
00:35:45Et
00:35:46j'étais à Rouen,
00:35:48mais j'ai gardé
00:35:48un très bon souvenir
00:35:50quand même
00:35:50de cette ville de Rouen.
00:35:54La femme
00:35:55rouennaise
00:36:03Je parle Rouen,
00:36:04c'est très bien.
00:36:07Elle a une sensibilité
00:36:10à fleur de peau comme ça.
00:36:12Vous savez,
00:36:13l'homme antillais
00:36:13est très attaché à l'amour.
00:36:15Vraiment.
00:36:16Pas au sens
00:36:16si gymnastique du terme.
00:36:18Nous sommes
00:36:20des scientifiques
00:36:21de la romance.
00:36:22Et tout cela,
00:36:25grâce à Zouk.
00:36:33Et je peux aller
00:36:34encore moins vite.
00:36:38Zouk,
00:36:38c'est extraordinaire.
00:36:42Zouk,
00:36:43voyez-vous,
00:36:43libère
00:36:44l'attraction
00:36:45gravitationnelle
00:36:46d'un point A
00:36:47vers un point B.
00:36:48Vous pouvez rajouter
00:36:49un point C,
00:36:50un point D.
00:36:51C'est vrai que
00:36:51quand on est en forme,
00:36:54on peut graviter 360.
00:36:56Mais
00:36:56dans l'astronomie
00:36:58purement antillaise,
00:37:00nous considérons
00:37:01la coupe de la femme,
00:37:02vraiment le cul de la femme,
00:37:03comme
00:37:05le centre
00:37:06de l'univers.
00:37:08C'est le soleil.
00:37:10C'est le soleil.
00:37:13Et cette coupe lumineuse
00:37:18exerce
00:37:18un pouvoir
00:37:20gravitationnel
00:37:20sous l'œil de l'homme
00:37:25qui,
00:37:25naturellement,
00:37:26se met en orbite.
00:37:29Et ce petit mouvement
00:37:31de rotation,
00:37:32ça,
00:37:32c'est ça.
00:37:32Et dans ce système solaire
00:37:35extrêmement complexe,
00:37:37l'homme antillais
00:37:38est une étoile filante
00:37:39capable
00:37:40de quitter sa trajectoire
00:37:42à tout moment
00:37:42pour aller zouker
00:37:44touche-touche
00:37:44avec le soleil.
00:37:46Non, non,
00:37:47revenons au sujet.
00:37:48Non, non,
00:37:48j'étais parti
00:37:50dans ces affaires
00:37:51de zouk.
00:37:541984,
00:37:561 plus 1
00:37:57égale 2.
00:37:58Pas de mieux
00:37:59problème.
00:38:00Mais tout est remis en cause.
00:38:01non seulement
00:38:02d'avoir à gérer
00:38:03ce phénomène d'Internet.
00:38:04Le ministère de l'Éducation
00:38:06nous demande
00:38:07d'intégrer
00:38:07dans cette histoire
00:38:09de théorie du genre.
00:38:11C'est-à-dire,
00:38:12je crois que
00:38:12à partir de septembre 2016,
00:38:14les garçons
00:38:15ne sont plus vraiment
00:38:16des garçons,
00:38:16les filles ne sont...
00:38:18On peut s'arranger
00:38:19de tout ça.
00:38:19Alors,
00:38:24en métropole,
00:38:25pourquoi pas ?
00:38:28Vous pouvez tenter
00:38:29des trucs là-bas.
00:38:30Mais aux Antilles,
00:38:31non.
00:38:33Vous nous mettez
00:38:34en danger.
00:38:37On ne peut pas
00:38:38retirer le soleil.
00:38:43Plus rien ne peut
00:38:44zouker sur terre.
00:38:44C'est ça que je ne comprends pas.
00:38:48Je ne vois pas
00:38:49où ils veulent en venir.
00:38:50On ne peut pas confondre
00:38:51le cul d'un âme
00:38:53et une voûte céleste.
00:38:56Je pense que le blanc
00:38:57des métropoles,
00:38:58le cristallin
00:38:59de l'Assemblée,
00:39:00il arrive à la fin
00:39:01d'un cycle
00:39:02parce que les Antillais
00:39:03n'accepteront pas.
00:39:05Ici, aux Antilles,
00:39:05je pense qu'on préfère
00:39:06même revenir
00:39:07à l'esclavage
00:39:09que de renoncer
00:39:10à la croupe
00:39:12solide.
00:39:12Sous-titrage Société Radio-Canada
00:39:26C'est la guerre,
00:39:28mes amis,
00:39:28partout.
00:39:30Et cette guerre générale
00:39:32n'épargne pas
00:39:32les autres espèces vivantes.
00:39:34J'ai la chance
00:39:35d'avoir une petite cabane
00:39:36dans la forêt équatoriale
00:39:37africaine.
00:39:38Et là-bas,
00:39:39je vous parle de ça,
00:39:40il y a les autres espèces vivantes.
00:39:42Tu les observes.
00:39:42Il y en a 70 au mètre carré.
00:39:44Tu ne peux pas les louper.
00:39:45L'autre jour,
00:39:45j'observais d'ailleurs
00:39:46une petite fourmi.
00:39:47Enfin, en Afrique,
00:39:49l'autre, c'est un téquel.
00:39:50Et elle bossait,
00:39:53on aurait dit,
00:39:53un prisonnier chinois,
00:39:54le truc.
00:39:55J'ai dit,
00:39:55mais tu ne t'arrêtes jamais,
00:39:56toi.
00:39:57Et à un moment donné,
00:39:58il y a un insecte
00:39:59qui arrive par derrière,
00:40:00un peu sournois.
00:40:01Il salope tout son boulot.
00:40:02Il commence à lui piquer
00:40:03son casal.
00:40:05Merde.
00:40:06Bon, je ne m'en mêle pas,
00:40:07moi,
00:40:07parce que bon,
00:40:08je suis en vacances
00:40:09et puis j'en ai plein de cul
00:40:11de me faire traiter
00:40:12de l'antisémite aussi.
00:40:23Je lui dis,
00:40:23mais tu ne t'arrêtes jamais,
00:40:24toi.
00:40:27Et puis,
00:40:27le ton monte entre les deux.
00:40:29Puis c'est courageux,
00:40:30c'est con une fourmi,
00:40:31à l'autre,
00:40:31elle attaque.
00:40:32C'est comme si j'allais
00:40:33gifler un rhinocéros,
00:40:34même avec un casque,
00:40:35ce n'est pas raisonnable.
00:40:36L'autre,
00:40:36il s'est retourné,
00:40:37il l'a bouffé.
00:40:38Et tout ça devant deux papillons
00:40:39qui pique-niquaient
00:40:40dans l'indifférence générale.
00:40:42C'est vrai qu'au niveau social,
00:40:45c'est rustique un insecte.
00:40:46Il n'y a pas d'équivalent
00:40:48de droit de l'homme,
00:40:48tout ça.
00:40:49En termes de compassion,
00:40:50ce n'est pas généreux.
00:40:51Tu vois,
00:40:51on va critiquer un mec
00:40:53dans le métro
00:40:53qui va assister à un viol
00:40:55sans réagir,
00:40:56mais chez les insectes,
00:40:57c'est encore autre chose.
00:41:03Mais arrêtez !
00:41:10Pardon, madame.
00:41:11Elle se fait...
00:41:12J'ai pas entendu.
00:41:13Agressée ?
00:41:13Qui ça ?
00:41:15Je ne sais pas.
00:41:16Écoutez, madame,
00:41:16je viens d'arriver.
00:41:18Mais c'est vous qui m'agressez.
00:41:19Je n'ai rien demandé, moi.
00:41:21Mais je n'ai rien à voir avec eux.
00:41:22Pourquoi vous me parlez ?
00:41:23Vous les connaissez ?
00:41:24Bon, ben alors.
00:41:26Non, ce n'est pas, madame.
00:41:27Qui est l'homme ?
00:41:28Qui est la femme ?
00:41:29Attention.
00:41:30L'époque est complexe, madame.
00:41:33Non, ce n'est pas de la lâcheté.
00:41:34Pas du tout.
00:41:35C'est le respect de l'intimité de la personne.
00:41:37Voilà, madame.
00:41:38Écoutez, madame,
00:41:38je suis franc-maçon, d'accord ?
00:41:41Je n'ai pas de leçon d'humanisme
00:41:43à recevoir
00:41:44d'une ménagère,
00:41:45certainement,
00:41:46du Front National.
00:41:47Donc, écoutez, madame,
00:41:48si votre conscience
00:41:49vous accule à l'action,
00:41:50allez-y.
00:41:51Jouez les kamikazes.
00:41:52Mais ce sera sans moi.
00:42:00J'ai entendu comme vous,
00:42:01j'ai entendu, madame.
00:42:03C'est peut-être un rappeur,
00:42:05vous ne savez pas.
00:42:06Je suis peut-être en train
00:42:07de faire un clip.
00:42:09Non, je n'apprécie pas,
00:42:10mais je suis pour la liberté
00:42:11d'expression, moi, madame.
00:42:13Et comme disait le philosophe,
00:42:15je ne suis pas d'accord
00:42:16avec ce que vous dites,
00:42:17mais je me battrai à vos côtés
00:42:18pour que vous puissiez
00:42:19continuer à le dire.
00:42:20C'est ça, être pour la liberté
00:42:21d'expression.
00:42:21C'est pas faux.
00:42:23Arrête, au secours !
00:42:24Au secours !
00:42:28Au secours, c'est pas net.
00:42:36Madame, il y a la présomption
00:42:38d'innocence.
00:42:38Je n'ai pas à intervenir.
00:42:40Laissez les forces de police, madame.
00:42:42Il y a des caméras.
00:42:43Allez, quoi ?
00:42:43Non-assistance à personne
00:42:45en danger, ça y est.
00:42:46Vous voulez me donner
00:42:47un cours de droit, c'est ça ?
00:42:48Non, mais allez-y,
00:42:49je vous en prie.
00:42:50Eh bien, sachez que
00:42:51nous sommes tous en danger, madame.
00:42:53Parce que c'est l'état d'urgence, madame.
00:42:55Vous semblez l'oublier,
00:42:56on est en état d'urgence.
00:42:58Voilà.
00:42:58Elle aurait pu être
00:42:59au Bataclan, cette femme.
00:43:01Quelque part, elle a de la chance.
00:43:02Croyez, elle le sait.
00:43:03Et elle le sait qu'elle a de la chance.
00:43:07Non, non, ça va, ça va.
00:43:08Je vous dis que ça va.
00:43:09Il est en train
00:43:09de remettre son pantalon.
00:43:11Rires
00:43:14Rires
00:43:14Rires
00:43:15Rires
00:43:15Vous voyez que c'était pas non plus
00:43:16« Oh, arrêtez-tu ! »
00:43:17Une bonne douche
00:43:19et tout sera oublié.
00:43:47Rires
00:43:47Madame, quoi ?
00:43:48Qu'est-ce que vous faites ?
00:43:49Non, mais lâchez-moi.
00:43:50Qu'est-ce que vous...
00:43:51Rires
00:43:51Ouais, ouais, alors là !
00:43:55Pfff !
00:43:56Ça crosse, je la connais pas, donc !
00:43:59Ah, j'ai rien vu.
00:44:00Je regardais dans le tunnel, donc...
00:44:02Ah, elle tombe dans les poids.
00:44:04Là, c'est le coup de foudre, je pense.
00:44:07Donc, vous avez des notions médicales ?
00:44:09Je vais vous les...
00:44:09Ah, j'ai rien vu.
00:44:10Ne vous inquiétez pas.
00:44:11Je suis neutre.
00:44:12Je suis suisse.
00:44:13Rires
00:44:15Oh, la neutralité en temps de guerre.
00:44:18Ça, c'est un sketch, la neutralité en temps de guerre.
00:44:22D'ailleurs, en écrivant ce spectacle, j'ai rencontré un vieux sage africain.
00:44:26Le mec venait du Burkina.
00:44:32Arrête ça, arrête ça, j'ai dit.
00:44:34Et tu me le comptes pas, cet effort, je te l'ai dit tout de suite.
00:44:37Et je demande à ce vieux sage, je lui dis, mais voilà, je fais un spectacle sur la guerre, vous
00:44:41n'auriez pas un tuyau.
00:44:42Il me dit...
00:44:43La guerre est une affaire intérieure.
00:44:46T'as l'air intérieure.
00:44:52J'ai dit, il faut voir.
00:44:54Il me dit, non, il faut apprendre à maîtriser les personnes de l'intérieur.
00:45:01Je n'ai pas rigolé, arrête.
00:45:05Donc là, je suis parti.
00:45:07Mais c'est vrai que, sur le chemin, après j'ai réfléchi, c'est vrai que le système se joue
00:45:11de nos tentations, de nos pulsions intérieures.
00:45:14Comme le chat joue avec la souris.
00:45:16Lorsque vous allez faire vos courses au supermarché, vous êtes en guerre.
00:45:21Vous l'ignorez.
00:45:24Derrière votre caddie, avec votre enfant, vous êtes les petits lapins à l'ouverture de la chasse.
00:45:29Tu te balades peinard, t'as l'impression de te marrer, toi.
00:45:32Le système de consommation a disposé sur ton parcours tout un tas d'embuscades savamment orchestrées au millimètre.
00:45:40Mais qu'on fait des hautes études, les couleurs, la hauteur.
00:45:43Systématiquement, à la hauteur d'ailleurs du regard des enfants, les premières victimes, les plus fragiles.
00:45:47T'arrives à la caisse, le gosse, il est perdu.
00:45:53Le premier dilemme pour l'enfant, c'est le choix.
00:45:55Il n'arrive pas à trancher.
00:45:57Il a deux objets.
00:46:04Il cherche du soutien, il te regarde.
00:46:11Toi, t'as rien à foutre du hand spinner en alu ou du pot de pâte à proutes.
00:46:15Tu sais que ça va finir à la poubelle, lâche un.
00:46:17Tu peux pas.
00:46:18L'autre, il est noyé dans son délire.
00:46:20Dans le doute.
00:46:24Il en chiale de pas savoir choisir.
00:46:27Tu te dis, c'est pas possible d'être aussi con que ça.
00:46:31C'est pas mon gosse, faut que je fasse un test ADN.
00:46:34Puis bon, c'est toi le père.
00:46:35Donc à un moment donné, il faut l'autorité.
00:46:37Tu as un rôle à jouer dans sa construction.
00:46:41Ah !
00:46:43Ah !
00:46:44Une fissée !
00:46:47C'est des mots importants.
00:46:49Il a un arrêt à foutre, il peut pas.
00:46:53Tu vas même récupérer l'objet pour le remettre dans le présentoir.
00:46:56Mais dans le champ de bataille qui t'oppose au système,
00:46:59tu gesticules à découvert, mon pauvre ami.
00:47:02Rien que le présentoir, tout est étudié pour que tu ne remèdes jamais cet objet.
00:47:06C'est un système, ça monte, ça descend, ça se casse la gueule.
00:47:10Et l'autre, il le sait.
00:47:15Sous le regard de la caissière complice.
00:47:18Fini le temps des caissières qui bossaient pour la Résistance.
00:47:20Qui laissaient passer deux articles comme ça.
00:47:23Pour le maïti.
00:47:24A terminé.
00:47:26Attends, carte bleue, caméra, il n'y a plus moyen de bricoler.
00:47:30Elle entend l'autre hurler, elle ose te dire à toi...
00:47:32Tous les mêmes les enfants !
00:47:37Normalement, tu es armé, tu la piques à la carotine.
00:47:40Et tu sais que tu l'as déjà perdue cette guerre.
00:47:42Tu fais même semblant de rigoler.
00:47:45Elle voit, t'as un genou à terre et elle en rajoute.
00:47:47Vous avez la carte du magasin ?
00:47:53C'est mieux avec la carte du magasin ?
00:47:56Ah bah oui, vous accumulez des points.
00:47:57Au bout de 30 points, vous avez un cadeau pour le gosse.
00:48:00Ah bon ?
00:48:03Ok, je réfléchis, ça, ça.
00:48:05Mais t'as pas le temps de réfléchir.
00:48:07Tu as une alarme qui se déclenche, tu sais pas...
00:48:09Comment ? Qui ?
00:48:10Ah, vous devez avoir l'étiquette dans vos vêtements !
00:48:13Ah, faut que je retire mon froc aussi ?
00:48:15Et là, t'as un vigile qui arrive, un mec de Casamance.
00:48:18Ils viennent tous du même village.
00:48:19Le mec, il fait 2 mètres 50.
00:48:22Normalement, il est dans un zoo.
00:48:23Qu'est-ce que tu fais là ?
00:48:25T'as une lance ?
00:48:27Apparemment, j'ai une étiquette.
00:48:29Il y a une cabine ou pas ?
00:48:33Mais il est dubitatif, l'autre.
00:48:35Et puis là, je sais pas si c'est la fraternité africaine.
00:48:38Il m'a dit, c'est bon, vous pouvez y aller.
00:48:39Ah ah ah ah !
00:48:41Yo, brother !
00:48:43Une bonne nouvelle de très courte durée.
00:48:46Parce que le temps de mon interpellation,
00:48:48ma progéniture avait jeté son dévolu
00:48:50sur une sucette géante,
00:48:53fluorescente en forme de sifflet.
00:48:54Une merde à 7,20 euros.
00:48:56J'ai vu tout de suite.
00:48:58J'ai dit, non, c'est non !
00:49:01Il nous a allumés, il le trompait, l'autre.
00:49:05Un son qui est sorti de ce petit corne.
00:49:10Une fréquence étudiée pour te casser les couilles
00:49:14à l'intérieur de l'os.
00:49:24L'autre corps ajoute une couche.
00:49:26Je me dis, c'est ce qu'il veut, c'est là !
00:49:27Vous devez pas vous ennuyer avec un numéro pareil !
00:49:31Les gens qui te regardent...
00:49:33La solitude, putain.
00:49:40Je me vois, tu sais, comme un robot
00:49:42déposer les articles sur le tapis.
00:49:45Puis je sais pas, ça s'accélère, ça se casse la gueule.
00:49:48L'autre qui eut...
00:49:49À un moment donné, j'ai arrêté.
00:49:52J'étais à Stalingrad, pieds nus dans la neige.
00:49:57Calique, calique, calique !
00:49:59J'étais russe.
00:50:01Il me fallait envisager une reddition totale et sans condition.
00:50:05En guise de drapeau blanc, j'ai sorti ma carte bleue.
00:50:09Tenez, madame, je me rends.
00:50:11J'ai perdu.
00:50:12Faites-vous plaisir.
00:50:14Je lui ai acheté sa sucette, évidemment.
00:50:18Des chewing-gum, des tic-tac.
00:50:21Des piles.
00:50:22Ah, j'ai pris tout ce qu'il y avait.
00:50:27J'étais plus en capacité de me défendre.
00:50:30Nous étions anéantis, moi et ma progéniture.
00:50:35Vaincu.
00:50:36Lui, parce qu'il avait cédé à la tentation,
00:50:38t'as pas pu faire autrement.
00:50:40C'est rien.
00:50:42Moi, parce que je n'avais pas su le protéger
00:50:45de tous ces pièges qui finissent par faire de toi
00:50:47un connard de consommateur.
00:50:50J'ai poussé le caddie jusqu'au parking.
00:50:53Oh, nos regards se sont croisés avec mon enfant.
00:50:57Le sien encore rougit par la colère de l'envie.
00:51:01Oh, il s'était apaisé.
00:51:02Il y avait même cette larme.
00:51:04qui roulait sur cette joue maculée de sucre fleuracent.
00:51:08L'objet de toutes les convoitises avait disparu, englouti.
00:51:13Il ne restait plus qu'un bâton
00:51:16qu'il a fini par coller sur la puitette de la bagnole.
00:51:29Il y a, me semble-t-il, un temps de suspension,
00:51:32quand même, avant l'acte de guerre.
00:51:34Un moment fragile pendant lequel chacun des belligérants
00:51:37s'observe, pesant le pour et le contre
00:51:39de l'action guerrière, qui a quand même ses répercussions.
00:51:41On le voit, d'ailleurs, avec la Corée du Nord et Trump.
00:51:44Ils se menacent quotidiennement d'une bombe atomique.
00:51:47Nous, on est à côté, on est là.
00:51:50Et pour une raison qui échappe à l'entendement,
00:51:52l'un des belligérants va ouvrir cette porte interdite,
00:51:55laissant jaillir les fureurs de la guerre.
00:51:57Connaissant la triste nature humaine,
00:51:59on peut s'interroger sur le fait de n'avoir eu encore
00:52:01à connaître une guerre thermonucléaire.
00:52:03Qu'est-ce qui nous en a empêchés ?
00:52:05La peur de l'extinction de l'espèce,
00:52:07mais pour les justes comoutistes,
00:52:10les vêtements en guerre de l'absolue liberté.
00:52:18Lieutenant Bradley, au rapport, s'il vous plaît.
00:52:26Lieutenant Bradley, nous allons rentrer en code 5.
00:52:30Je vous demande à toutes et à toutes un peu d'attention dans ce sous-marin.
00:52:34Silence absolu.
00:52:36La décision que j'ai eue à prendre ce matin n'a pas été facile.
00:52:42Nous allons lancer sur la Corée du Nord, la Chine,
00:52:47tous les nyakoués,
00:52:494 missiles à tête thermonucléaire.
00:52:52Les missiles baptisés par notre président,
00:52:55Sitting Bull, Cochise, Jérôme Dumont,
00:52:58et rente en plan.
00:53:00Nul doute que la riposte sera à la hauteur.
00:53:04Silence, Lieutenant Bradley.
00:53:06Nous avons tous des familles.
00:53:09Des femmes.
00:53:11Des enfants.
00:53:13Qui nous attendent dans le Wyoming.
00:53:16Ou dans le visconce, un peu à bord de nous.
00:53:20Il y a peu de chances pour que nous retrouvions nos familles en vie.
00:53:24Il est clair que la vie à la surface de la Terre va disparaître pour au moins 500 ans.
00:53:34Mais là où ils seront,
00:53:36nos femmes, nos enfants,
00:53:39seront fiers de nous.
00:53:40Car au moment d'appuyer sur le bouton, notre bras n'aura pas tremblé.
00:53:44Pour la gloire de notre drapeau, mes amis.
00:53:47La grandeur des États-Unis et d'Amérique.
00:53:50Pour la paix.
00:53:53La justice.
00:53:56Pour les droits de l'homme.
00:53:59Et le mouvement UGBT.
00:54:10Voilà la cause pour laquelle,
00:54:12là en ce moment,
00:54:13c'est la foire.
00:54:14Ah l'argent, l'argent, c'est fou.
00:54:16Avec un truc.
00:54:16Ouais je le range.
00:54:17Mais non, t'as un regard.
00:54:18Non, non, non.
00:54:19C'est inquiétant.
00:54:20Parce que tu ne sais même pas.
00:54:22Les gens deviennent tarés.
00:54:23Il y a des gens qui sont prêts
00:54:24à braquer des stations-service
00:54:25pour 20 euros.
00:54:32López, parouère.
00:54:34López, López.
00:54:36López.
00:54:40Allez, préventa.
00:54:42Un braquet qui a mal tourné la mierda.
00:54:47Parce que quand il est de petit,
00:54:49le modèle a promosé les cartelles de Medellin.
00:54:51Pablo Escobar, arriba.
00:54:54Moi j'aime l'argent, j'aime l'argent.
00:54:57Parce que j'ai dit que l'argent c'est la liberté.
00:55:00C'est ça que je vois.
00:55:01L'argent c'est la liberté.
00:55:02Et j'ai dit ça et ça fait 17 ans
00:55:04que je suis en prison.
00:55:05Mais non, je ne regrettais rien.
00:55:08Et quand je suis en liberté,
00:55:09il y a l'argent.
00:55:09C'est bon.
00:55:10Comment ça s'est passé le braquage ?
00:55:12Ah la merde.
00:55:15Les foiritos.
00:55:18Je me souviens
00:55:19qu'il était avec mon collègue,
00:55:21Carlos.
00:55:22Un collègue de 20 ans.
00:55:27On est rentré
00:55:27dans cette putain de station-service.
00:55:30C'est un braquage de routine,
00:55:32ils ne comprennent pas.
00:55:34Mais moi j'ai senti la poisse.
00:55:37Il y avait déjà cette musique de merde
00:55:38dans la station.
00:55:39« C'est mon choix, c'est mon choix. »
00:55:43Carlos, Carlos.
00:55:45C'est plus la merde.
00:55:47La musique.
00:55:49Mais lui il est content,
00:55:50il connaît la musique.
00:55:51Il dit « Non, c'est bien.
00:55:52Le manchoa connaît le conneil. »
00:55:54Et il revoit, il sort son pétard comme ça.
00:55:56Et moi il reçut.
00:55:58Il arrive devant le caissier comme ça.
00:56:00Et il continue.
00:56:01« C'est le conneil, c'est le conneil. »
00:56:03Et le pétard qui tombe.
00:56:05Le caissier, il prend le pétard,
00:56:07il tire sur Carlos.
00:56:09« Una bala dans la cabeza ! »
00:56:12Et là il y a mon ami qui est là,
00:56:13« Arrête, moi. »
00:56:14Il dit « Eh, Carlos ! »
00:56:16« Je connais elle maintenant. »
00:56:18Et là, c'est ça qu'il n'a pas compris.
00:56:21J'ai vu un corps lumineux qui est sorti.
00:56:24« Regarde, c'est ça qu'il n'a pas compris. »
00:56:27Et il s'est lévé comme ça devant moi,
00:56:29comme ça, il me regarde.
00:56:32Je lui dis « Comment tu fais ça, Carlos ? »
00:56:35Et là il y a vu, il m'a souri comme ça.
00:56:37« Mais il y a la lumière qui sort de la bouche. »
00:56:39Je lui dis « Eh, Carlos !
00:56:40Tu mets trop de piment dans tes faritas ! »
00:56:42Ça te dirait un lampadaire.
00:56:45Tu vas nous faire repérer le fric, putain.
00:56:47Et là il entend les mains en l'air.
00:56:50Il me retourne.
00:56:51Le connard de caissier comme une merde.
00:56:54Il va te faire enculer.
00:56:56Oui, mais il me tire dessus.
00:56:58« Cacon ! »
00:56:59« Qu'est-ce que tu fais, cacon ? »
00:57:01« Quoi ? »
00:57:01« Cacon ! »
00:57:04« Mais t'es en train de me tuer. »
00:57:07« Fils de pute ! »
00:57:12« C'est là que je suis devenu Corse. »
00:57:18Je lui dis « Mais on ne tue pas les gens. »
00:57:21« Fatch ! »
00:57:24« Clic, clic, plus de balle. »
00:57:26Il me dit « Pardon ! »
00:57:27Je lui dis « C'est trop tard. »
00:57:30J'ai pris la croce.
00:57:31J'ai fracassé sa mère.
00:57:33J'en ai fait un panini de sa gueule.
00:57:36Au procès, ils ont dit « J'en ai mangé un bout. »
00:57:38J'ai dit « Oh, je suis Corse, pas cannibale. »
00:57:41Après, il fallait partir, mais j'avais du mal à respirer.
00:57:45Au début, j'ai pensé « C'est Corse, cette connerie de polède. »
00:57:49Quand j'étais petit, je faisais de l'asthme.
00:57:52Et puis, il y a Carlos qui virevolte autour de moi.
00:57:55« Comment tu fais ça ? »
00:57:57Et on arrive à la sortie, les gyrophares, « Merde ! »
00:58:01Et ça reprend.
00:58:02« Cacoum ! »
00:58:03« Oh, quoi ! »
00:58:04« Cacoum ! »
00:58:06« Hé, cacoum ! »
00:58:08On s'est planqué derrière un poteau.
00:58:10Ça pleuvait, le plomb, putain.
00:58:12Et Carlos qui était là, il avait des ailes dans le dos.
00:58:18« Comment tu fais ça ? »
00:58:20Et c'est là, en m'approchant, j'ai vu, il avait la tête de ma mère.
00:58:28Bon, là, j'ai dit « Il faut que je fasse une micro-sieste. »
00:58:33Je me suis endormi.
00:58:36Et je me suis réveillé à l'hôpital.
00:58:41Et c'est là que je suis devenu toulousain.
00:58:46Une charmante infirmière m'a dit
00:58:49« Vous avez de la chance, mon bon ami.
00:58:52Nous avons extrait seize balles de votre corps.
00:58:58J'étais une tirelire. »
00:59:03Elle me dit, avec ses yeux de biche,
00:59:06« Vous êtes le seul survivant de cette nuit d'enfer. »
00:59:12J'ai lui répondu « Non, madame, avant de m'endormir,
00:59:17j'ai vu mon ami Carlos s'envoler dans un arbre. »
00:59:24Au procès, le juge m'a dit
00:59:26« Nous avons contrôlé tous les arbres de la ville.
00:59:30Nous n'avons trouvé trace de Carlos. »
00:59:33J'ai dit, « C'était peut-être un migrateur.
00:59:36Vous le retrouverez en Afrique.
00:59:39J'ai pris 20 ans. »
00:59:41« L'argent est appelé à la barre. »
00:59:44Jean-Louis Largent, monsieur le juge.
00:59:45C'est moi, je vous en prie.
00:59:47Jean-Louis Largent.
00:59:48Monsieur le greffier, vous voulez peut-être
00:59:50une pièce d'identité ?
00:59:51Ça n'est pas de la corruption.
00:59:52Non, non, non, je suis l'argent.
00:59:54Et mon ami...
00:59:55Pardon, parfois des absences.
00:59:57Vous dites...
01:00:01Adresse.
01:00:01Oh, je suis chez moi partout, monsieur le juge.
01:00:03Donc, adresse, mettez partout.
01:00:05Partout, voilà.
01:00:07Profession, vous n'avez qu'à mettre
01:00:09coordinateur social.
01:00:10J'essaye d'aider du mieux que je peux
01:00:13un monde qui ne va pas très bien.
01:00:16Aujourd'hui, j'interviens comme caution de moralité
01:00:19pour ce jeune braqueur d'épicerie
01:00:22de 19 ans,
01:00:24qui risque perpétuité, m'a-t-on dit,
01:00:27pour 20 euros, pour moi ?
01:00:29Il est charmant.
01:00:31C'est un crime passionnel, monsieur le juge.
01:00:35Nombre d'esprits fragiles ne peuvent
01:00:37envisager l'existence sans moi.
01:00:41Qui puis-je ?
01:00:42Alors, certains vont m'accuser
01:00:43d'avoir créé bien des désordres
01:00:45dans cette société.
01:00:46Ah, je réfute cette accusation.
01:00:49Je considère aider à l'harmonie et à la paix.
01:00:51Interroger les œuvres caritatives
01:00:53pour qui je suis l'oxygène.
01:00:55Un peu d'argent !
01:00:57Du lépreux, handicapé.
01:01:00Je suis là.
01:01:02Alors, on va m'accuser d'avoir des relations privilégiées
01:01:05avec les banques.
01:01:06Non, mais les Rothschild.
01:01:08Je les connais, mais...
01:01:11Ce sont des relations qui ne sont pas exclusives.
01:01:13J'interviens chaque matin
01:01:15chez Pôle emploi
01:01:16pour redonner un peu d'espoir.
01:01:21Vous me trouverez au feu rouge des grandes cités
01:01:24dans la main tendue de ce SDF roumain.
01:01:26Je suis encore là, monsieur le juge.
01:01:28Vous, magistrat,
01:01:29qui êtes en quête de toutes les vérités,
01:01:31vous savez bien que nous dépendons l'un de l'autre.
01:01:34Qui puis-je ?
01:01:35Pardon ?
01:01:36Vous êtes indépendant.
01:01:41Vous recherchez la vérité.
01:01:45Oh !
01:01:47Monsieur !
01:01:48Vous la coiffez, vous l'habillez, la vérité.
01:01:53Pourquoi vous rougissez ?
01:01:54Tout le monde sait que vous travaillez pour moi, ici.
01:01:57Tout le monde travaille pour moi.
01:01:59Certains avec enthousiasme,
01:02:00d'autres un peu plus de pudeur, comme vous,
01:02:02mais dans une société qui s'est choisie
01:02:05un banquier comme président.
01:02:07Je crois qu'on peut quand même se dire les choses, aujourd'hui.
01:02:10Moi, à l'argent, je suis au centre de tout.
01:02:13Ah, je ne me prends pas pour Dieu, non.
01:02:15Moi, je suis réel.
01:02:18Priez-moi et j'apparais.
01:02:21Ah, pour peu que vous connaissiez votre code.
01:02:26J'accomplis des miracles, mais dans la réalité.
01:02:29Là où vos dieux ne peuvent plus rien.
01:02:31Par exemple, un couple qui ne peut avoir d'enfant,
01:02:34il peut prier autant qu'il veut,
01:02:35et il peut en acheter un.
01:02:37Une femme, aujourd'hui, peut louer son ventre.
01:02:40Ne suis-je pas pour ces gens-là aussi un peu l'amour ?
01:02:47Et là, je m'adresse aux hommes.
01:02:50Et aux femmes de bonne volonté,
01:02:52aimez l'argent.
01:02:55Comme l'argent vous aime.
01:02:58L'amour désintéressé, la famille,
01:03:01tout cela n'est qu'un leurre
01:03:02qui finira inévitablement en histoire d'argent.
01:03:06Demandez à votre notaire ce qu'il en pense.
01:03:11Inexorable solitude, dans un monde d'argent, d'égoïsme,
01:03:14de selfies maintenant, de youtubeurs,
01:03:17propices à toutes les guerres, tous les chaos.
01:03:19L'amour de soi peut être au centre de ce sujet.
01:03:23Moi, moi, moi.
01:03:29Par-delà les époques et par-delà les temps,
01:03:33on a chanté l'amour, encore et puis toujours,
01:03:37cet amour absolu qui vous rend amnésique,
01:03:41qui vous fait oublier
01:03:44que l'on est seul au monde d'eux.
01:03:47Alors, vais-je à mon tour,
01:03:50puisqu'il est de bon ton,
01:03:52fredonner la chanson,
01:03:54remède au désespoir.
01:03:56Mais mon histoire à moi
01:03:57ne parle pas d'un couple,
01:03:59ni même d'un couple à trois.
01:04:01C'est une histoire d'amour,
01:04:04solitaire et sincère.
01:04:05Il s'agit de l'amour.
01:04:09Que je me porte à moi.
01:04:11Et c'est que ça se fait pas.
01:04:13Que l'on n'a pas le droit
01:04:14d'avouer son amour à sa propre personne.
01:04:19Au diable, la morale qui me l'interdirait.
01:04:22Je le dis haut et fort.
01:04:24C'est celui que j'aime.
01:04:27Moi, moi, moi !
01:04:30Égoïstement, moi !
01:04:32Et enfin, libérés du fardeau,
01:04:35du partage !
01:04:37Je me l'avoue enfin !
01:04:40Je n'ai besoin de rien !
01:04:45Quand je me tiens la main,
01:04:47surtout pas celle d'un autre,
01:04:49je suis bien seul au monde
01:04:51et je suis bien là-dessus.
01:04:54À quoi bon le nier ?
01:04:55Pourquoi me l'interdire ?
01:04:57Je suis vraiment le seul
01:04:59sur qui je peux compter
01:05:00dans des plaies à maman,
01:05:02qui veut des petits enfants.
01:05:05Et les pièces les achetées
01:05:07puisqu'on a le droit maintenant !
01:05:09Moi, moi, moi !
01:05:13Moi, je m'aime tant et tant, putain !
01:05:18Si vous saviez, je m'aime...
01:05:25Vous pouvez tous crever,
01:05:27et vous entretuer
01:05:29dans votre apocalypse !
01:05:32Moi, je vous regarderai
01:05:35agonir sans bouger
01:05:38comme on regarde un con
01:05:40se manger un poteau.
01:05:43Elle est bonne,
01:05:44c'est là, t'entendu
01:05:45ce qu'il vient de dire ?
01:05:48Comme on regarde un con
01:05:51se manger un poteau.
01:05:54Je veux finir ma vie
01:05:55sans rien ni personne
01:05:57en chantant cette chanson,
01:06:00s'arrêtant la joie.
01:06:02Enfin, je partirai comme ça,
01:06:05à mourir en chantant.
01:06:07Moi, moi, moi !
01:06:11Moi !
01:06:13Moi !
01:06:15Tu m'entends ?
01:06:17C'est celui-là !
01:06:20Moi !
01:06:21Oui, je t'entends !
01:06:25Allez, puisque c'est moi !
01:06:31Putain, je suis en train
01:06:32de devenir complètement taré, putain !
01:06:36Au secours, putain !
01:06:40À moi !
01:06:42À moi !
01:06:44À moi !
01:06:45À moi !
Commentaires