Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 23 heures
Bienvenue sur ma chaîne !

Vous trouverez ici des vidéos drôles, créatives et pleines de légèreté.
L’objectif est simple : vous divertir et vous faire sourire.

Inscrivez-vous pour ne rien manquer des prochaines vidéos.
Installez-vous confortablement et profitez.

Catégorie

😹
Amusant
Transcription
00:00:00Oui, mon dieu dos, c'est Jean-Marie. Écoute, je suis vraiment désolé, tu vas prendre un coup de massue sur la tête, mais je crois que je vais abandonner notre projet, en fait.
00:00:13Je suis sur le fil du hasard depuis quelques jours et j'ai téléphoné à Elie.
00:00:22Elie m'a dit, non, jamais de ma vie, jamais, jamais, ce sera sans moi, jamais je ne ferai ça avec vous.
00:00:33C'était pour moi la seule solution pour que ça puisse exister encore, mais après je vais payer trop, trop, trop cher pour ma famille et pour le reste de ma vie.
00:00:47Donc, je vais appeler Stel, qui est un peu ébranlée, certainement elle est ici, et puis après je serai de te rappeler à nous, ça s'embrasse.
00:01:10Quel accueil, merde !
00:01:12Quel accueil !
00:01:31Les gens du Nord, vous avez une réputation, mais franchement, non, non, vous l'avez hérité largement, la chaleur des gens du Nord, et la bière aussi, on entend des canettes quand même.
00:01:48Ça, on est dans le Nord, comme on dit.
00:01:52Alors normalement, je devais...
00:01:53Ferme, par contre, je ferme-la.
00:01:57Alors, je devais me trouer ce soir en présence de mon ami Jean-Marie Bigard, pour une...
00:02:04Ouais, j'essaie, j'essaie, j'essaie.
00:02:06Voilà, vous avez compris.
00:02:08Donc, il ne sera pas avec moi, donc...
00:02:11De toute façon, la scène est un peu petite, on a un peu forci ces derniers temps, tous les deux.
00:02:16Non, Jean-Marie, il a eu peur.
00:02:17Bon, bah, ça arrive.
00:02:18Non, ce n'est pas l'affaire de couilles, je pense qu'il a encore ses deux couilles, mais c'est...
00:02:24Non, non, il a eu peur, arrête, ça arrive, il y a des gens, les gens ont peur.
00:02:30On est dans une société, on est tenus par nos peurs, c'est dingue, peur de crever, de la chiasse, je ne sais pas quoi, Covid et tout ça, les gens ont peur de tout, la guerre, les gens ont peur.
00:02:42Moi, moi, je n'ai pas vraiment...
00:02:45J'étais un enfant plutôt peureux.
00:02:47Oh, j'avais les jetons quand j'étais petit, je ne sais pas pourquoi.
00:02:55J'étais un petit bambou là, si tu veux, joufflu, jovial, mais bon, dès que le soir arrivait, j'étais tout seul dans mon plumard avec la lumière éteinte.
00:03:08Gla, gla, les bretelles, j'avais les jetons, quoi, je gueulais et tout ça.
00:03:11Je ne sais pas pourquoi.
00:03:11Alors, qu'est-ce qui se passait dans mon crâne, j'avais peur, je n'avais pas toutes ces associations sur le dos, pourtant j'étais encore...
00:03:20C'est déjà certainement un enculé, mais en devenir, j'avais peur.
00:03:27Et puis à un moment donné, j'ai compris que la peur était une idée saugrenue quelque part.
00:03:32Je ne sais pas pourquoi tu as peur.
00:03:33Et donc, après, j'ai compris que c'était un trop-plein d'imagination.
00:03:39Et ce trop-plein, j'en ai fait des spectacles.
00:03:41Bon, Jean-Marie, c'est un enfant comme moi qui a peur.
00:03:44C'est un enfant de 68 ans, on va dire, qui a peur du noir.
00:03:48Mais pas du même que...
00:03:49C'est calme-toi, calme-toi.
00:03:54En fait, c'est son environnement à Jean-Marie qui lui a foutu les jetons.
00:03:58Ils lui ont dit, non, va pas faire un duo avec Dieu d'eau, t'es dingue, c'est un suicide pour ta carrière.
00:04:07À 70 ans, de quelle carrière tu me parles ?
00:04:11Mais ouais, voilà, le véritable suicide, pour moi, c'est finir chroniqueur chez Anouna et chez Rucé.
00:04:19Voilà.
00:04:22Ouais, ouais, Jean-Marie.
00:04:25Jean-Marie, ressaisis-toi, putain.
00:04:28Non, mais il était motivé, c'est lui qui m'a appelé.
00:04:34Attends, c'est pas moi, c'est l'idée de Jean-Marie, ça.
00:04:36Il m'a appelé un jour, Dieu d'eau, c'est super, j'ai réfléchi, on va faire un duo, on va tout défoncer.
00:04:45J'ai dit, merde.
00:04:47T'es motivé, qu'est-ce qui se passe ?
00:04:50T'as des faux frais, t'as des factures à payer.
00:04:54Malinance, c'est décidé.
00:04:55Alors moi, fort de cette information, je me suis au travail, quoi.
00:05:01Je suis parti au Cameroun, j'ai écrit un spectacle.
00:05:04Je reviens, on avait une affiche, on avait des salles réservées partout.
00:05:08Et puis je reviens, Jean-Marie !
00:05:10Mais merde, où est-ce qu'il est ? Jean-Marie !
00:05:13Jean-Marie, c'est un mec, faut pas monter avec lui sur un braquage, t'as compris.
00:05:20Tu nous attends dans la bagnole ? Ouais, ouais, vous inquiétez pas !
00:05:23Terminé.
00:05:24Certains, certains disent, ouais, c'est bon, toi, Dieu, moi, ouais, il t'a trahi, c'est pas normal.
00:05:40De toute façon, la trahison, j'ai un abonnement avec renouvellement automatique.
00:05:44Oh putain, qu'est-ce qu'on m'a trahi, moi !
00:05:48J'arrive à m'en marrer, parce que c'est trop, je veux dire, je pourrais écrire des bouquins là-dessus.
00:05:53Comment bien vivre sa trahison, la trahison pour les nuls, j'ai des idées, hein.
00:06:00De toute façon, maintenant, j'oppose systématiquement à la trahison, c'est le pardon.
00:06:04Je pardonne.
00:06:06Ouais, ouais, j'essaie, il y en a qui comprennent pas, mais...
00:06:08Je pardonne.
00:06:09Ça te permet de voyager léger, t'es pas obligé de porter la rentune, tout ça.
00:06:15Ça te fait perdre ton temps, je pardonne.
00:06:16Et j'incite mes personnages à pardonner.
00:06:19Parce que c'est vrai que mes personnages, pour tous ceux qui me suivent, sont des connards, pour la majorité.
00:06:25Non, non, mais je le sais, hein.
00:06:28J'aime bien, je...
00:06:31Ça me rappelle ma famille.
00:06:38Non, non, mais je les incite à pardonner, tous mes personnages.
00:06:42C'est ce que je vais faire ce soir.
00:06:44Donc, je vais inviter mes personnages sur ma fameuse moumoute de l'imaginaire.
00:06:49Je vous la montre.
00:06:50Moumoute de l'imaginaire, entièrement estampillée.
00:06:53Ah ben, je suis un forin, maintenant.
00:06:56Barba papa, pomme d'amour, faites-vous plaisir.
00:06:58Ah ben, on est dans une grange, hein, réveille-toi.
00:07:02C'est-à-dire, les articles...
00:07:04Par contre, ferme la...
00:07:05Donc, les articles, là, c'est l'article phare.
00:07:11Le spectacle, c'est pour meubler, si tu veux, entre les articles.
00:07:15Et c'est disponible à la boutique.
00:07:16Ça, c'est la moumoute qui te permet d'avoir accès à ton imaginaire d'enfant.
00:07:20Donc là, c'est vraiment un produit extrêmement rare.
00:07:23Plus tu deviens vieux, plus tu deviens con.
00:07:27C'est une règle.
00:07:28T'es au courant, toi.
00:07:30Il me regarde, il me regarde comme ça.
00:07:35Grâce à cette moumoute, tu vas avoir accès à ton imaginaire.
00:07:39T'es droit ?
00:07:40Ah oui, ça marche.
00:07:41Ben, démonstration, premier sketch sur le pardon.
00:07:44Pardon ? Si elle est garantie, la moumoute ?
00:07:46T'es vacciné, toi, non ?
00:07:56Ah, je le reconnais.
00:07:59Le vacciné, je le reconnais.
00:08:04Il fait ça. Il te regarde, il est comme ça.
00:08:09Ah non, mais reste, ça t'a payé.
00:08:11Donc, je vais appeler mon premier personnage, vous allez le voir.
00:08:16Donc, sur ma moumoute, sur le thème du pardon.
00:08:19Il s'appelle Gilbert.
00:08:20Il a du mal à pardonner, Gilbert.
00:08:23Il va nous expliquer pourquoi.
00:08:25Gilbert, vous êtes là ?
00:08:26C'est la transformation.
00:08:36Voilà, donc je m'appelle Gilbert.
00:08:38Voilà, c'est mon prénom.
00:08:41Donc, dont acte, je suis le premier personnage à intervenir dans ce spectacle.
00:08:46Très bien.
00:08:48Sur le pardon, je ne sais pas très bien ce que je fais là, parce que mon histoire, elle est très simple.
00:08:51Moi, je suis cocu.
00:08:52Donc, voilà, c'est un abuse.
00:08:54Très bien.
00:08:55Même histoire, rigole.
00:08:56Non, non, mais fous-toi de ma gueule.
00:08:57Vas-y.
00:08:59C'est ta femme, à côté ?
00:09:00Chacun son tour, tu verras.
00:09:06Ma femme, Gisleine, m'a trompé.
00:09:14Après près de 20 ans de mariage, elle m'a trompé.
00:09:17Une femme de 42 ans, qui vieillit plutôt mal, en plus.
00:09:21Non, franchement, non, franchement.
00:09:22Non, mais je dirais.
00:09:23Elle a une gueule.
00:09:26Franchement, elle est immonde.
00:09:27Elle regarde.
00:09:28J'ai l'impression qu'elle dégoulit l'artiste dans le cou.
00:09:33Elle est humonde.
00:09:35Oui, mais elle est parvenue à trouver une bite, putain, sur son cheveu.
00:09:40Alors, le mot bite, je l'avais mis dans la version avec Jean-Marie Bigard.
00:09:44Mais on m'a dit que ça marchait bien, ici, dans le Nord.
00:09:47Donc, voilà.
00:09:49Je sais qu'il y a des gens qui sont venus voir Jean-Marie aussi.
00:09:52Donc, ne vous inquiétez pas, j'ai mis deux, trois bites en plus.
00:09:58Excusez-moi, Gilbert.
00:10:03Je vous ai...
00:10:04Non, non, mais allez-y, faites rire, là.
00:10:06Faites rire votre public, je vous ai donné.
00:10:09Alors, donc, mon histoire, elle est très simple.
00:10:12Elle m'a...
00:10:13Elle m'a trompé.
00:10:15Bon, ben...
00:10:17Ça te fait rire, toi.
00:10:20Et, vous savez,
00:10:23je lui ai parlé.
00:10:24Je lui ai dit, écoute-moi, la pute.
00:10:26Parce que je l'appelle la pute, maintenant.
00:10:28Je lui ai dit, jamais je ne te pardonnerai ce que tu m'as fait, putain.
00:10:34Et on sent, Gilbert, énormément de tensions, énormément de douleurs, de souffrances même.
00:10:41Mais votre femme, Ghislaine, c'est vrai, elle vous a fait mal.
00:10:44On le sent.
00:10:46Mais elle vous a demandé pardon.
00:10:47Elle vous a dit, pardonne-moi, m'amour.
00:10:50Elle vous appelle visiblement, dans l'intimité, m'amour.
00:10:55Je regrette ce que j'ai fait.
00:10:57Je ne recommencerai plus.
00:10:59J'ai cédé à la tentation, mais je t'aime.
00:11:01Et elle répète ensuite, je t'aime.
00:11:03Donc là, donc là, oh, qu'est-ce qu'on fait ?
00:11:08Oui, elle m'a sorti ses sornettes, effectivement.
00:11:13Mais je lui ai dit, ferme-la.
00:11:16C'est, voilà, lui, il est comme moi, il a vécu la même chose que moi.
00:11:21Ça, il dit, t'as raison.
00:11:22Vous savez, je lui ai dit, ferme-la.
00:11:25Franchement, je n'ai pas besoin d'écouter tes conneries.
00:11:28Vous savez, le pire dans cette histoire.
00:11:30J'étais au courant, hein, de cette...
00:11:32Enfin, plus ou moins, de ce fameux Jean-Christophe.
00:11:35On s'appelle comme ça.
00:11:36Professeur de yoga.
00:11:37Une sorte de pédé alsacien, vous savez.
00:11:40Tout en collant.
00:11:42Dégueulasse.
00:11:42Immonde, je ne sais pas ce qu'elle lui a trouvé.
00:11:46Et je lui ai dit, vous savez, le plus terrible dans tout ça.
00:11:49La trahison, bon, c'est le mensonge.
00:11:51Elle m'a menti, cette femme.
00:11:52Pendant des mois, elle m'a menti.
00:11:54Oui, je suis avec ma copine Séverine au cinéma.
00:12:00Pendant qu'elle se faisait ramener le conduit par cette ordure.
00:12:03Bon, on va arrêter là.
00:12:04On va arrêter là.
00:12:05Calmez-vous.
00:12:07On sent, évidemment, vraiment beaucoup de souffrance.
00:12:10La plaie est encore béante.
00:12:11En tout cas, j'espère avoir semé la graine du pardon dans votre esprit, Gilbert.
00:12:16Je vais me retourner vers un autre de mes personnages
00:12:18qui, lui aussi, a énormément de mal à pardonner.
00:12:21Il s'appelle, pardon, excusez-moi, Patrick.
00:12:25Patrick, tout à fait.
00:12:26Vous avez du mal, Patrick, à pardonner votre frère.
00:12:30Vous venez des Antilles, pourtant, un endroit où il fait beau, il fait chaud,
00:12:34mais voilà, où le pardon est difficile à atteindre.
00:12:37Votre frère, donc, vous a emprunté votre véhicule, je crois, c'était un week-end.
00:12:44Vous allez nous raconter, il y a eu cet accrochage.
00:12:46Comment ça s'est passé ?
00:12:47Nous, ce n'est pas un accrochage.
00:12:52Mais voilà, ce n'est pas un accrochage.
00:13:0217 tonneaux, je n'appelle pas ça un accrochage.
00:13:07Il m'a rendu une sculpture, un IPN.
00:13:11J'ai dit, mais ouais, ouais, une BMW, attention, M3, modèle 2021, peu importe.
00:13:17Une voiture, ou quatre, flambonnevres !
00:13:24Une voiture extraordinaire que j'avais personnalisée moi-même.
00:13:30Voilà.
00:13:31C'est une voiture, Zouklov.
00:13:32C'est une voiture, comment expliquer ?
00:13:35Ouais, dans le Nord, vous connaissez.
00:13:36C'est une voiture, euh, faute la rosette.
00:13:40C'est vraiment, hum, comment expliquer ?
00:13:44Je l'avais entièrement personnalisée.
00:13:48Tu vois, j'avais un ami à moi, un cousin.
00:13:51Il est peintre, aérographe.
00:13:54Il m'a fait, sur le capot, une peinte, une femme nue, entière,
00:13:58avec une coupe,
00:14:00fondue avec une tête de renard, comme ça.
00:14:08C'est ça que je n'ai pas compris.
00:14:11Je lui ai demandé, pourquoi tu m'as foutu un renard là-dedans ?
00:14:15Il m'a dit, c'est l'inspiration, laisse-moi faire.
00:14:18Cocotier, sable fin, magnifique.
00:14:20Les gens qui passaient devant la voiture,
00:14:21à l'unanimité, ils m'ont dit, hein.
00:14:24Ils m'ont dit, ta voiture, Patrick.
00:14:26Waïe, aïe, aïe, po, po, po.
00:14:29Aux Antilles, ça veut dire, wa, fort, dur.
00:14:31Ça veut dire, vous savez,
00:14:33à l'intérieur, j'avais 1000 watts efficaces.
00:14:36Voilà.
00:14:37Zou, quand je mettais les infrabasses.
00:14:43C'est vraiment, j'avais une banquette,
00:14:45rabattable, tout en pot de la peintre.
00:14:49Les femmes qui sont montées dans cette voiture,
00:14:51à l'unanimité,
00:14:54elles m'ont dit, Patrick,
00:14:57tu m'as fait visiter la galaxie.
00:15:02C'était mon outil de travail.
00:15:03Enfin, c'était un aspirateur.
00:15:07Je frottais.
00:15:09Vous savez,
00:15:10quand il a brisé ma voiture,
00:15:16il m'a brisé le cœur.
00:15:18Tout à fait.
00:15:18Non, mais on entend cette souffrance, Patrick.
00:15:21On l'entend.
00:15:22Mais votre frère a fait 12 mois de coma
00:15:25après cet accident.
00:15:31Il a perdu l'usage de ses jambes,
00:15:32paraplésiques.
00:15:33Il a perdu son nez,
00:15:34des choses qu'on ne voit que dans
00:15:36un vendu imaginaire.
00:15:37et il est sorti de ce coma.
00:15:43Il vous a demandé, bien sûr,
00:15:45où est mon frère ?
00:15:47Où est-il ?
00:15:48Je lui demande pardon.
00:15:50Mais je suis au courant.
00:15:53Mais je n'avais pas le cœur à aller le voir.
00:15:57J'étais au chevet de ma voiture.
00:15:58C'est différent.
00:16:00Voilà, c'est différent.
00:16:01Les gens peuvent comprendre.
00:16:01J'ai assisté à toutes les réapparations,
00:16:04tous les stades.
00:16:06Heureusement,
00:16:07on ne remercie jamais assez
00:16:08le chef d'atelier,
00:16:11tous les garagistes,
00:16:12la suiveur,
00:16:14M. Charlottet.
00:16:16Il a fait un travail fantastique.
00:16:19Il m'a dit,
00:16:20bon, on verra comment pour les frais,
00:16:22on va s'arranger.
00:16:23Il n'y aura pas de malus.
00:16:24Il m'a dit,
00:16:25bon, j'ai dit,
00:16:25s'il n'y a pas de malus,
00:16:26bon, c'est déjà quelque chose.
00:16:28J'ai dit,
00:16:29il y aura peut-être du bonus.
00:16:30Il m'a dit,
00:16:32il ne faut pas exagérer.
00:16:36Mais je peux comprendre.
00:16:38Mais quand on m'a dit
00:16:39que mon frère,
00:16:40maintenant,
00:16:41il n'est pas réparable,
00:16:42le pauvre,
00:16:42il est dans un petit chariot,
00:16:44là,
00:16:44avec les joysticks,
00:16:45là,
00:16:45il ne s'y fait même pas
00:16:47deux kilomètres heure.
00:16:48Mais tant mieux,
00:16:50quelque part,
00:16:51tant mieux.
00:16:52Il ne fera plus de mal aux autres.
00:16:57Écoutez,
00:16:58on sent aussi,
00:16:59chez vous,
00:16:59la difficulté
00:17:01à emprunter ce chemin,
00:17:02à obtenir cette hauteur d'âme
00:17:04qui vous permettrait
00:17:05d'enjamber cette épreuve.
00:17:07En tout cas,
00:17:07je vais appeler
00:17:08un autre de mes personnages
00:17:10qui, lui,
00:17:11est parvenu
00:17:11à pardonner,
00:17:12mes amis.
00:17:13Vous allez voir,
00:17:13c'est un être incroyable.
00:17:15Il s'appelle Wang.
00:17:17Il nous vient du Vietnam.
00:17:20Il a connu pourtant
00:17:21le pire dans son existence.
00:17:22Il a connu la guerre du Vietnam.
00:17:24Il a perdu toute sa famille.
00:17:25Et pourtant,
00:17:27il est parvenu
00:17:27à pardonner.
00:17:29Donc,
00:17:29je vais vous laisser parler.
00:17:32Wang,
00:17:32c'est à vous.
00:17:36C'est pas facile,
00:17:37non ?
00:17:37Parce que,
00:17:39moi,
00:17:40j'ai connu la guerre.
00:17:42La guerre du Vietnam,
00:17:44c'est horrible.
00:17:45tous les ans.
00:17:47Et là,
00:17:47le mot,
00:17:48s'il vous plaît,
00:17:52je demande
00:17:53un tout petit peu
00:17:53de compassion
00:17:54pour mon personnage.
00:17:57Je sens bien
00:17:58que ça vous fait barrer,
00:17:59mais un peu de solidarité
00:18:03par rapport
00:18:03à cette souffrance,
00:18:04s'il vous plaît.
00:18:06Je vous en prie,
00:18:07c'est à vous.
00:18:09Ah.
00:18:10Ah.
00:18:10Quand l'américain
00:18:17l'a bombadé,
00:18:18ah.
00:18:23Non,
00:18:23là,
00:18:23c'est vraiment indique.
00:18:25Voilà,
00:18:26il y a le respect
00:18:26de la dignité humaine.
00:18:27Maintenant,
00:18:27je vais m'énerver.
00:18:29S'il vous plaît.
00:18:33On continue.
00:18:34C'est à vous.
00:18:36C'est à dire,
00:18:37l'américain
00:18:37l'a bombadé,
00:18:38avec les bombes napalm.
00:18:41C'est ça,
00:18:41il est dangereux.
00:18:42Tous les gens,
00:18:43il a brûlé.
00:18:47Vous voulez dire
00:18:48brûlé,
00:18:48certainement.
00:18:51Oui,
00:18:52il a brûlé.
00:18:54Tous les gens.
00:18:55Même le matin,
00:18:56il y a à voir ma mère,
00:18:57elle est dans le...
00:18:58Elle a...
00:18:59Oui,
00:19:00les gens y boivent aussi
00:19:00parce que...
00:19:02Mais oui,
00:19:02il faut oublier.
00:19:03Moi,
00:19:08je vois ma mère,
00:19:10ma mère,
00:19:11elle est comment,
00:19:12dans le village,
00:19:14elle est marchée,
00:19:15elle a couru.
00:19:16Et je dis,
00:19:17maman,
00:19:17maman,
00:19:18tu brûles.
00:19:23On respecte
00:19:24les brûlures
00:19:25de la maman de Bourg.
00:19:25Et après,
00:19:29je...
00:19:29Je suis après
00:19:32parti
00:19:33de bateau exil
00:19:34et...
00:19:35Boopuple,
00:19:35et quand je...
00:19:37Oui,
00:19:37c'est ça,
00:19:38Boopuple,
00:19:38alors...
00:19:39Et quand j'ai assis
00:19:41dans le bateau
00:19:42de Boopuple,
00:19:44et...
00:19:45Moi,
00:19:45je suis en colère,
00:19:46j'avais tué tous les Blancs.
00:19:48Et là,
00:19:49il y a le curé,
00:19:50il est venu.
00:19:51Et il est venu
00:19:52comme ça.
00:19:53Alors,
00:19:53il est venu,
00:19:53mais il peut encore
00:19:54continuer.
00:19:55Il est venu.
00:20:00Il me dit,
00:20:01oui,
00:20:01calme-toi.
00:20:03Tu dois pardonner
00:20:04au nom de Jésus.
00:20:06Mais moi,
00:20:06j'ai dit,
00:20:07c'est qui,
00:20:07je suis encore.
00:20:09C'est un Américain.
00:20:10Il a dit,
00:20:11non.
00:20:12Enfin,
00:20:12il est tout.
00:20:15Tu dois pardonner.
00:20:17Et là,
00:20:18j'ai pardonné.
00:20:19Et là,
00:20:20la boule de colère
00:20:21que j'ai dans le ventre,
00:20:22elle a transformé,
00:20:23quoi.
00:20:24C'est devenu
00:20:24une boule.
00:20:25mais à moi.
00:20:28Alors,
00:20:29c'est vrai que sur la fin,
00:20:30c'est un peu ridicule.
00:20:31Mais là,
00:20:33ce côté son
00:20:34de guitare électrique,
00:20:35là,
00:20:35on est très,
00:20:37très loin
00:20:37de la réalité.
00:20:38Mais merci,
00:20:39en tout cas,
00:20:40Wong,
00:20:40parce que vous êtes
00:20:41un modèle,
00:20:42un exemple,
00:20:43au travers de cette accession
00:20:45au pardon.
00:20:46D'ailleurs,
00:20:47vous me tendez,
00:20:48votre modèle
00:20:49m'incite à m'adresser
00:20:51à un autre
00:20:52de mes personnages,
00:20:53Heran.
00:20:55Alors,
00:20:56Heran nous vient
00:20:56d'Israël.
00:20:58C'est un sujet
00:21:11que je voulais vraiment
00:21:12éviter.
00:21:12non,
00:21:16mais d'autant
00:21:16que je suis vraiment
00:21:17inscrit dans une dynamique
00:21:19de réconciliation,
00:21:20mais vous faites partie,
00:21:23Heran,
00:21:23d'un peuple
00:21:24qui a énormément souffert,
00:21:25plus, bien sûr,
00:21:27mais seriez-vous
00:21:33accessibles,
00:21:34vous aussi,
00:21:34à cette hauteur d'âme
00:21:35du pardon,
00:21:36l'idée de pardonner
00:21:38à l'offenseur ?
00:21:41De quoi tu parles ?
00:21:43Mande des fils
00:21:43de pute d'antisémite.
00:21:46Il n'y a pas de pardon,
00:21:47il y a la réparation,
00:21:48tu répares,
00:21:49mais comment réparer
00:22:00la perte
00:22:02de toute une famille
00:22:03comme Hoang ?
00:22:04Enfin,
00:22:04excusez-moi,
00:22:05Heran.
00:22:07Eh bien,
00:22:07tu répares.
00:22:09Chaque espèce,
00:22:10carte bleue,
00:22:11même un virement.
00:22:15Vous en pensez quoi,
00:22:16Hoang ?
00:22:17Alors moi,
00:22:17je ne comprends rien du tout.
00:22:20Pour moi,
00:22:20le pardon,
00:22:21c'est la prière,
00:22:22le silence,
00:22:22c'est comme ça.
00:22:24Ça paraît un petit peu
00:22:25logique aussi,
00:22:26c'est une autre façon
00:22:27de voir,
00:22:27je pense qu'il faut
00:22:28que chacun puisse...
00:22:31Et,
00:22:31tiens,
00:22:32je vais rappeler
00:22:32mon personnage
00:22:33de Patrick des Antilles.
00:22:34Vous aussi,
00:22:35vous avez souffert,
00:22:36Patrick,
00:22:36la traite des Noirs,
00:22:37tout ça.
00:22:38Vous seriez prêt
00:22:39à pardonner
00:22:39comme Hoang l'a fait ?
00:22:43Sinon,
00:22:43c'est différent,
00:22:44c'est différent.
00:22:46400 ans d'esclavage,
00:22:48attention.
00:22:49t'as le temps
00:22:55de ruminer.
00:22:58Rumination extrême.
00:23:01Dans,
00:23:01à l'intérieur,
00:23:02regardez,
00:23:02à l'intérieur
00:23:02des chats antillais,
00:23:04ça joue,
00:23:04c'est gentil,
00:23:05l'antillais,
00:23:06mais à l'intérieur.
00:23:06on a envie de croquer
00:23:15ces gens-là,
00:23:15j'ai t'ai dit,
00:23:16hein.
00:23:16mais je crois que
00:23:19Wamp Oungari,
00:23:20il a raison.
00:23:22Portez la souffrance
00:23:23comme ça,
00:23:23une mémoire,
00:23:24il vaut mieux
00:23:25pardonner.
00:23:25Oungari,
00:23:26c'est...
00:23:26Ah ben,
00:23:27très bien,
00:23:27voyez,
00:23:28enfin,
00:23:29vous arrivez
00:23:29sur le chemin du...
00:23:30Alors,
00:23:30vous seriez prêt
00:23:31à pardonner
00:23:32la traite négrière,
00:23:33mais vous avez encore
00:23:34du mal
00:23:34à pardonner
00:23:35votre frère.
00:23:36C'est ça qu'on
00:23:36ne comprend pas,
00:23:37Patrick.
00:23:39C'est différent.
00:23:42L'esclavage,
00:23:43il y a une logique,
00:23:44j'ai envie de dire.
00:23:46On peut comprendre,
00:23:48mais...
00:23:49Mais briser une voie,
00:23:51une BMW M3,
00:23:53modèle 2020,
00:23:54avec l'échanté,
00:23:55lui,
00:23:55peu importe,
00:23:55je ne sais pas
00:23:56préciser,
00:23:56mais...
00:23:59C'est le diable
00:24:00qui s'est exprimé
00:24:01dans mon frère.
00:24:02Bon,
00:24:02on va arrêter là.
00:24:03On va arrêter là.
00:24:03On sent bien
00:24:05que le pardon
00:24:06est quelque chose
00:24:07de difficile,
00:24:08de compliqué.
00:24:09Et pourtant,
00:24:10c'est une baguette magique
00:24:11qui nous permettrait
00:24:12d'avancer
00:24:12dans ce monde,
00:24:13dans ce monde fou.
00:24:15Alors bon,
00:24:15moi,
00:24:16si tu veux,
00:24:17on me dit,
00:24:17Jean-Varie,
00:24:18t'as trahi,
00:24:18arrêtez avec ça.
00:24:20Il est chez Anoula,
00:24:22il fait le con,
00:24:23les gens ont pitié,
00:24:24je sais,
00:24:25laissez-moi tranquille.
00:24:27Je ne sais pas,
00:24:28je ne sais pas,
00:24:28je ne sais pas,
00:24:28je ne sais pas,
00:24:28je ne sais pas,
00:24:28je sais pas,
00:24:28je sais pas,
00:24:28je sais pas,
00:24:29je sais pas,
00:24:29je sais pas,
00:24:29je sais,
00:24:29c'est un héros,
00:24:31non,
00:24:31c'est pas de l'héroïsme,
00:24:32en ce qui me concerne,
00:24:33c'est de la folie,
00:24:34je suis au courant,
00:24:34je suis complètement taré.
00:24:36Je ne suis pas conscient
00:24:37des dangers,
00:24:38c'est ça mon problème.
00:24:39Et ma mère me le disait
00:24:40dès le départ,
00:24:41elle me le disait,
00:24:42elle me disait,
00:24:43fais pas ça,
00:24:43je disais,
00:24:44ah,
00:24:45il y a peut-être
00:24:47quelque chose à faire,
00:24:48Jean-Varie.
00:24:52Non,
00:24:52mais c'est vrai,
00:24:53normalement,
00:24:53le danger,
00:24:54tu fais gaffe,
00:24:55s'attaquer à plus puissant
00:24:57que soi,
00:24:57c'est qu'il faut être
00:24:58complètement taré.
00:24:59dans la nature,
00:25:01une souris
00:25:02ne va pas s'en prendre
00:25:02un rhinocéros.
00:25:04Il faut être un peu logique,
00:25:05même si l'autre,
00:25:06il a de la merde
00:25:07sur la corne
00:25:07et ne va pas se foutre
00:25:08de sa gueule.
00:25:09Ben moi,
00:25:09si,
00:25:10c'est ça mon problème.
00:25:11Mais je ne suis pas le seul,
00:25:12des tarés,
00:25:13il y en a en France.
00:25:14Oh putain,
00:25:15on est un pays
00:25:16où il y a des grands tarés
00:25:17qui ont marqué l'histoire.
00:25:20François Richette,
00:25:21magnifique,
00:25:21vous ne le connaissez pas,
00:25:22mais rentrez chez vous,
00:25:23allez sur internet,
00:25:24François Richette,
00:25:25extraordinaire.
00:25:26Alors,
00:25:27le fou volant,
00:25:28on l'appelait,
00:25:28c'est un inventeur,
00:25:29enfin bon,
00:25:30entre nous,
00:25:30pas plus inventeurs
00:25:31que moi et ma grand-mère,
00:25:32mais bon.
00:25:34Il avait inventé
00:25:35un vêtement volant
00:25:37dans sa tête,
00:25:38je ne sais pas
00:25:38ce qui s'est passé.
00:25:39Il s'est dit,
00:25:40il y a certainement
00:25:41un jour un courant d'air,
00:25:42il s'est dit,
00:25:42tiens,
00:25:42c'est toi,
00:25:46il faut réfléchir.
00:25:46Donc,
00:25:47il a pondu
00:25:48une sorte de poncho,
00:25:49si tu veux,
00:25:50volant.
00:25:52Il était sûr de son coup,
00:25:53il s'est jeté
00:25:53du premier étage
00:25:54de la tour Eiffel
00:25:55avec ça.
00:25:56Il avait convoqué
00:25:57les médias,
00:25:57tout ça.
00:25:58Même ses potes,
00:25:58ils m'ont dit,
00:25:59mais arrête,
00:25:59franche-toi,
00:26:01fais un test en moi
00:26:02avec un mannequin.
00:26:04Il a répondu,
00:26:04tout est là-dedans.
00:26:10J'ai fait
00:26:10tous mes calculs.
00:26:12Cossinus,
00:26:13racine carrée,
00:26:13toc,
00:26:15tout corps plongé,
00:26:16enfin bon,
00:26:17et dans son projet,
00:26:19il allait voler
00:26:19comme ça
00:26:20sur 5 kilomètres,
00:26:22jusqu'à Courbevoie.
00:26:23Alors le projet
00:26:25était beau,
00:26:25mais dans la réalité,
00:26:26ça s'est résumé
00:26:27la chute du fer
00:26:29à repasser.
00:26:30Ah,
00:26:31il est tombé
00:26:31à l'aplomb.
00:26:32Il n'a pas
00:26:33des villes autant.
00:26:34Mais il est resté
00:26:35digne jusqu'au bout.
00:26:36Pas un mot.
00:26:45Pour l'humoriste
00:26:46que je suis,
00:26:47j'ai envie de dire
00:26:47que c'est une chute
00:26:48en deux temps.
00:26:50État de sidération,
00:26:51tout le monde
00:26:51était sur le cul,
00:26:52t'imagines bien.
00:26:54Les gens,
00:26:54il avait invité
00:26:55sa famille.
00:26:57Tiens,
00:26:57viens,
00:26:57on va voir tonton,
00:26:57viens voir,
00:26:58viens.
00:26:59Il va sauter,
00:27:00il m'a expliqué,
00:27:00il va planer comme ça,
00:27:02jusqu'à Courbevoie.
00:27:05On est là.
00:27:06François,
00:27:06ouais,
00:27:07t'as vu ?
00:27:10Ah,
00:27:10il s'élance,
00:27:11tac.
00:27:12Hop,
00:27:12allez,
00:27:13on rentre.
00:27:13Hop.
00:27:21Et un siècle après,
00:27:23les gens applaudissent
00:27:23ces conneries.
00:27:25Les gens se marrent
00:27:25parce que le connard
00:27:26a toujours fait marrer.
00:27:28Plus les cons,
00:27:29plus les gens se marrent.
00:27:30Regardez pourquoi
00:27:30vous êtes là ce soir.
00:27:32Non,
00:27:32mais c'est vrai.
00:27:33Vous vous dites,
00:27:34il y a bien un moment donné,
00:27:34ils vont lui faire fermer
00:27:35sa gueule,
00:27:35il va finir en taule.
00:27:36Peut-être qu'ils vont venir
00:27:37le chercher ce soir.
00:27:40On va sortir de la grange,
00:27:41ils vont peut-être tous
00:27:41nous allumer,
00:27:42comme ça,
00:27:43les flics.
00:27:45Alors,
00:27:45ça peut arriver,
00:27:46c'est pas sûr.
00:27:48On ne peut pas garantir
00:27:49qu'il n'y ait pas
00:27:49un ou deux mois.
00:27:51Ben alors,
00:27:54c'est vrai,
00:27:55je rigole,
00:27:55mais je suis devenu
00:27:56infréquentable à un niveau.
00:28:05Non,
00:28:05parce que c'est
00:28:06des colimaçons.
00:28:10C'est pour ça,
00:28:10je ne sais pas pourquoi
00:28:11il n'a pas pris
00:28:11la même...
00:28:12Après,
00:28:13les gens,
00:28:13voilà.
00:28:14C'est-à-dire,
00:28:15au-dessus,
00:28:16c'est le fait,
00:28:16en termes d'infréquentabilité,
00:28:17il n'y a pas...
00:28:18Tu ne peux pas
00:28:18faire mieux, quoi.
00:28:20Il y a un podium,
00:28:20j'ai occupé
00:28:21la première place
00:28:22pendant des années,
00:28:23c'était l'homme
00:28:24le plus infréquentable
00:28:25de la France.
00:28:26Même Jean-Marie Le Pen,
00:28:27je l'ai eu au téléphone,
00:28:28il m'a dit
00:28:28« ne m'appelle pas
00:28:29sur ma ligne fixe. »
00:28:30J'ai même été comparé
00:28:41à Hitler,
00:28:42à un moment donné.
00:28:44Oh !
00:28:44Eh,
00:28:45il faut envoyer,
00:28:45non ?
00:28:46Ben,
00:28:46je commence avec
00:28:47des blagues à tonton
00:28:47pour arriver à ce résultat.
00:28:49C'était pour gagner.
00:28:52Je suis devenu
00:28:53la ligne de l'humanité,
00:28:54ce que la société
00:28:55a pu produire
00:28:56de plus abject.
00:28:57j'ai eu ça
00:28:57dans les médias,
00:28:58c'était extraordinaire.
00:29:00La cour des miracles.
00:29:01Alors qu'en réalité,
00:29:02pour moi,
00:29:02la cour des miracles,
00:29:03ce sont les médias.
00:29:04C'est la télévision.
00:29:05Oh putain !
00:29:06Oh la télévision !
00:29:07Moi, je ne vais pas
00:29:08à la télévision
00:29:08mais en tournée,
00:29:09comme ça,
00:29:10de temps en temps,
00:29:10je regarde ce qui se passe
00:29:12dans les hôtels.
00:29:13Oh putain !
00:29:14C'est immonde !
00:29:16C'est la véritable
00:29:18cour des miracles.
00:29:19D'ailleurs,
00:29:19il y en a un
00:29:20qui donnait une définition
00:29:21de la cour des miracles
00:29:22assez juste,
00:29:23d'ailleurs.
00:29:24C'était...
00:29:25Un petit peu de chauffage,
00:29:27peut-être,
00:29:27ouais ?
00:29:28Non,
00:29:31c'était comme
00:29:31Victor Hugo.
00:29:32Il avait une petite plume,
00:29:34il savait quand même écrire.
00:29:35Il y avait deux,
00:29:36trois fautes.
00:29:37Et...
00:29:38Il définissait
00:29:42la cour des miracles.
00:29:43Regarde,
00:29:43on a l'impression
00:29:43que c'est la télé.
00:29:45C'était dans Notre-Dame.
00:29:46Cour des miracles.
00:29:47Donc,
00:29:47cité de menteurs
00:29:49et de brigands,
00:29:50verrues à la face
00:29:52de l'intelligence humaine,
00:29:53égouts d'où s'échappe
00:29:54à chaque instant
00:29:55un torrent de vices,
00:29:57de manipulations crapuleuses,
00:29:59une ruche bourdonnante
00:30:01de frelons
00:30:01de l'ordre social.
00:30:03Eh, franchement,
00:30:04il savait écrire.
00:30:05C'est vraiment
00:30:06l'impression,
00:30:07la sensation que j'ai,
00:30:08en ouvrant cette télévision.
00:30:10Donc,
00:30:10je vais parler
00:30:11un petit sketch.
00:30:12Vous aussi,
00:30:13vous l'aimez...
00:30:13Là,
00:30:14c'est pas pour rien
00:30:15que l'autre,
00:30:16il a donné son nom
00:30:18à les avenues.
00:30:20Donc,
00:30:20j'ai décidé,
00:30:21ce soir,
00:30:22d'inviter,
00:30:23sur ma fameuse
00:30:24moumoute de l'imaginaire,
00:30:25un personnage
00:30:26de la cour des miracles.
00:30:28Gustave,
00:30:28il s'appelle.
00:30:29Ouais.
00:30:29Il était brigand.
00:30:31Parce que,
00:30:31cour des miracles,
00:30:32ça signifie,
00:30:33en fait,
00:30:33que c'était tout un tas
00:30:34de brigands
00:30:35qui se donnaient rendez-vous
00:30:36le soir.
00:30:37Alors,
00:30:37la journée,
00:30:37ils étaient mendiantes,
00:30:39aveugles,
00:30:39cul-de-jatte,
00:30:40et le soir,
00:30:41comme par miracle,
00:30:43ils retrouvaient la vue,
00:30:44glou, glou,
00:30:45vive la France.
00:30:46Donc,
00:30:47euh...
00:30:47Donc,
00:30:50mon personnage
00:30:50s'appelle Gustave,
00:30:51il nous vient directement
00:30:52du Moyen-Âge
00:30:53et de la cour des miracles.
00:30:55Gustave,
00:30:55vous êtes là ?
00:30:56Oui,
00:30:59dis donc,
00:30:59je suis là.
00:31:02Ah non,
00:31:02déduit.
00:31:04C'est pas évident
00:31:05d'arriver juste là,
00:31:06hein.
00:31:10Mais,
00:31:10je fais ça
00:31:11parce que j'ai plus de dents,
00:31:13ces personnes.
00:31:14Pourquoi ça,
00:31:15je fais ça ?
00:31:15Non,
00:31:18mais j'ai mes dents,
00:31:19mais c'est le personnage.
00:31:23C'est ta cinquième dose,
00:31:24c'est combien ?
00:31:24Ouais.
00:31:26Au bout de cinq doses,
00:31:27c'est fini,
00:31:28y'a plus personne.
00:31:29Pfizer ?
00:31:31Ya ?
00:31:32Pfizer ?
00:31:33Pfizer,
00:31:36y'a du citron,
00:31:37y'a quelque chose.
00:31:40Excusez-moi,
00:31:40Gustave,
00:31:41je vous ai coupé la parole.
00:31:43Vous disiez...
00:31:44Ça,
00:31:44disait,
00:31:45mon époque,
00:31:45le madonnais,
00:31:46c'est un temps,
00:31:47on trouve,
00:31:47ça,
00:31:47c'est pas d'amour,
00:31:49y'a pas...
00:31:49Ça n'a rien à voir
00:31:51d'aujourd'hui,
00:31:52hein.
00:31:52Ouais.
00:31:53Ouais.
00:31:56N'avait pas d'eau,
00:31:57pas d'électricité,
00:31:58tout ça.
00:32:00Enfin,
00:32:01bientôt,
00:32:01vous n'aurez plus
00:32:02d'électricité,
00:32:03vous aussi,
00:32:03mais...
00:32:04Mais voilà,
00:32:05c'est à cause de la guerre,
00:32:06ça fait le bordel
00:32:07et tout ça.
00:32:08Nous,
00:32:08y'avait pas de courante,
00:32:10y'avait pas de tout à l'égout,
00:32:11c'est...
00:32:12les gens jetaient
00:32:14leur saut de merde
00:32:15par la fenêtre,
00:32:16tu sais,
00:32:17alors le matin,
00:32:18tu te baladais,
00:32:18tu dis,
00:32:19ah merde,
00:32:19c'est quoi ça ?
00:32:20Ah ben c'est de la merde,
00:32:21c'était de la merde.
00:32:24Et aujourd'hui,
00:32:25j'ai l'impression
00:32:26que c'est par la fenêtre,
00:32:28par la fenêtre de la télé
00:32:30qu'on vous jette
00:32:30les sauts de merde
00:32:31en pleine gueule,
00:32:32putain.
00:32:33C'est impressionnant ça !
00:32:35Oh la vache !
00:32:37C'est de la magie noire,
00:32:38j'ai vu ça,
00:32:39putain.
00:32:40Télévision.
00:32:41Même le plus retort
00:32:42de nos magiciens de l'époque
00:32:44pouvait pas imaginer
00:32:45pareil tour de passeport
00:32:46qui est incroyable.
00:32:48Puis nous,
00:32:49nos brigands,
00:32:49si tu veux,
00:32:50ils avaient la guienne
00:32:51de l'emploi,
00:32:52tu sais,
00:32:52ils étaient malafrés,
00:32:54ils ont dit,
00:32:54ils mentent un oeil,
00:32:55mais là,
00:32:55ils sont tous pompolés
00:32:56comme des petites pédales,
00:32:58là,
00:32:58ils sont là.
00:33:00Et c'est petit,
00:33:01c'est petit,
00:33:01t'encules à cette femme-femme.
00:33:06C'est quand même
00:33:07extraordinaire.
00:33:08Et les gens,
00:33:09écoutent ces conneries,
00:33:10putain.
00:33:14Nos lépreux,
00:33:15ils étaient plus beaux
00:33:16que ce...
00:33:17Tu sais,
00:33:18ils sont tous refaits
00:33:20la gueule,
00:33:21c'est impressionnant.
00:33:23Mais tout est faux,
00:33:24c'est...
00:33:25Puis il y en a un,
00:33:26comment vous l'appelez ?
00:33:27Je l'ai vu hier,
00:33:28président,
00:33:29c'est quoi ce truc ?
00:33:31Petite chatoune,
00:33:34comme ça,
00:33:35efféminée,
00:33:36c'est incroyable,
00:33:37ça.
00:33:39Il me rappelle
00:33:40une diseuse
00:33:41de bonne aventure
00:33:42qu'on avait.
00:33:44Trouduc,
00:33:44elle l'a fait.
00:33:46Ah,
00:33:46c'est beau pour moi,
00:33:47c'est...
00:33:48Très pour très,
00:33:49c'est la même...
00:33:51Dire qu'on a coupé
00:33:52la tête d'un roi
00:33:53pour arriver
00:33:54dans tout ce bordel,
00:33:55putain de merde !
00:33:57Qu'est-ce que vous voulez
00:33:57que je vous dise
00:33:58à mon niveau ?
00:33:59Moi, je suis humoriste,
00:34:00le bouffon à la cour,
00:34:01aujourd'hui,
00:34:01il serait...
00:34:02Ah, ben,
00:34:02t'es pendu,
00:34:03tout de suite.
00:34:04Le problème,
00:34:05c'est que la fiction
00:34:06a dépassé la réalité,
00:34:08donc il suffit
00:34:09de dire la vérité,
00:34:10les gens se marrent
00:34:10aujourd'hui.
00:34:11C'est ça,
00:34:12les gens sont plus habitués,
00:34:13donc...
00:34:13Mais bon,
00:34:15je veux dire,
00:34:16on est dans une société,
00:34:17c'est comme ça.
00:34:18Il y a un conseil
00:34:19de sages
00:34:20qui supervise
00:34:21tout le bordel.
00:34:22Quand j'ai appris ça,
00:34:23j'ai dit,
00:34:23merde !
00:34:24Ils sont où,
00:34:24les sages ?
00:34:25Ils sont là,
00:34:25ils regardent.
00:34:29Et ça foire,
00:34:31hein,
00:34:31oui.
00:34:33Ils observent.
00:34:35Ils sont en train
00:34:36de plancher
00:34:37sur un sujet
00:34:39incroyable,
00:34:40c'est la fin de vie,
00:34:42en ce moment.
00:34:43Ils sont en train...
00:34:44Ouais,
00:34:44les sages
00:34:45se concentrent là-dessus.
00:34:47Alors,
00:34:47on a envie de leur dire,
00:34:48mais concentrez-vous
00:34:50sur la vie,
00:34:51déjà,
00:34:51parce que les gens
00:34:52ont du mal.
00:34:54La fin.
00:34:57Merde.
00:34:58L'euthanasie,
00:34:59voilà un sujet...
00:35:00Aucun du loriste,
00:35:01évidemment,
00:35:02ne se risquera
00:35:03sur un sujet
00:35:03aussi délicat
00:35:04que la fin de vie.
00:35:06Voilà.
00:35:06Alors...
00:35:07Non, non, je ne peux pas.
00:35:08Non, non, non,
00:35:08arrêtez, arrêtez,
00:35:09c'est bon, je veux dire.
00:35:11Non, non, je ne peux pas.
00:35:12Vous voulez vraiment ?
00:35:13Mais non, non.
00:35:15Ah, ben, je peux essayer.
00:35:16Je peux essayer,
00:35:17mais bon...
00:35:18Ce n'est pas évident
00:35:20de faire marrer
00:35:20sur l'euthanasie.
00:35:22J'ai vu,
00:35:23à l'autre jour,
00:35:24une jeune femme,
00:35:24c'était en Belgique d'ailleurs,
00:35:26parce qu'ici,
00:35:27il n'y a pas la peine de mort,
00:35:28mais bon,
00:35:29on peut s'arranger, quoi.
00:35:34Et elle avait 22 ans,
00:35:36cette pauvre fille,
00:35:38et, ouais,
00:35:39elle s'est faite euthanasiée.
00:35:41Elle était en pleine santé physique,
00:35:43c'est ça ?
00:35:43Bon, elle avait un petit pète au casque.
00:35:46Elle était belge.
00:35:47Mais je...
00:35:48Non, non, mais non,
00:35:48c'est en pleine santé.
00:35:52Non, parce qu'elle avait assisté apparemment,
00:35:56je crois qu'un attentat et tout ça,
00:35:57donc elle était choquée, quoi.
00:35:59Elle avait des idées noires,
00:36:00un petit pète au casque, quoi.
00:36:02Mais de là,
00:36:03à se faire euthanasiée,
00:36:05il y a un médecin,
00:36:05c'est ça qui m'a le plus étonné,
00:36:07un psychiatre qui a mis un coup de tampon.
00:36:09Plie !
00:36:10Incurable !
00:36:11Mais elle a 23 ans, peut-être un bisou, elle rencontre un garçon.
00:36:18Foutez-moi ça au congélateur.
00:36:22En Belgique, il faut faire gaffe.
00:36:24Si tu te sens mal, un jour, je suis un peu...
00:36:27Incurable.
00:36:32J'ai décidé, pourquoi pas, d'essayer aussi de faire un sketch là-dessus, c'est pas évident.
00:36:37Non, pour l'humoriste que je suis, c'est une question qui t'habite, c'est-à-dire, aurais-je pu, serais-je parvenu à faire rire un esprit aussi désespéré que celui-là ?
00:36:49Ça, c'est le challenge de tout comique, faire rire un condamné à mort, par exemple.
00:36:54Dans le couloir de la mort, tu l'accompagnes sur les derniers mètres, tu sais.
00:36:58Alors, c'est tonton qui va à la boulangerie.
00:37:00Non, mais c'est pas gagné, mais tu vois ce que je veux dire.
00:37:02Tu essayes.
00:37:07Donc, dans ce sketch, mon personnage s'appelle Johnny.
00:37:13Il a 25 ans, ouais, Johnny.
00:37:15Les parents ont peut-être pas réfléchi, non, tout.
00:37:18Non, mais ils aimaient peut-être le chanteur.
00:37:19Tu sais pas, ferme-la !
00:37:20Il s'appelle Johnny, et il a décidé de se faire euthanasier.
00:37:24Donc, c'est chiant.
00:37:26Et, donc, moi, j'interviens dans sa vie, 5 minutes avant l'injection mortelle.
00:37:32Donc, je frappe à sa porte, toc, toc, toc.
00:37:38Bonjour, Johnny.
00:37:40Enfin, bonjour, c'est une façon de parler, c'est une expression.
00:37:46Ça ne sera pas une bonne journée pour tout le monde, on est tous d'accord.
00:37:49J'ai croisé ta famille dans le couloir, ils attendent.
00:37:57Tout le monde en chiale.
00:37:58Putain, c'est...
00:38:00Il y a le médecin, il m'a dit, vous pouvez y aller, vous avez 10 minutes.
00:38:03J'ai dit, pourquoi vous êtes pressé ?
00:38:04Il m'a dit, c'est le protocole.
00:38:07Jusqu'au bout, ils te cassent les couilles avec leur protocole.
00:38:12De toute façon, toute ta vie, on te casse les couilles, putain.
00:38:15Commence à la maternelle, ils te mettent des notes, t'as un, t'as deux, t'as deux.
00:38:18Mais va te faire enculer avec tes notes.
00:38:22Toute ta vie, après, dans les tribunaux, à 57 ans, levez-vous !
00:38:25Pas bon, ça c'est moi, c'est encore autre chose.
00:38:40C'est quand même incroyable, putain.
00:38:43Et toi, Johnny, donc, ouais, t'as décidé d'en finir.
00:38:48Ouais, ton frère m'a dit ça, il est venu voir mon spectacle, il est fan de ce que je fais.
00:38:53Alors, il est venu à la fin d'un spectacle, tu sais, bon, moi je fais des dédicaces, des photos,
00:38:57et il m'a dit, j'ai quelque chose à te demander, Diodo.
00:38:59Je lui dis, qu'est-ce qui t'arrive ?
00:39:00Il me dit, j'ai mon frère qui va se faire euthanasier, est-ce que tu pourrais passer d'y faire une petite blague ?
00:39:05Oui, c'est pas évident, attends, comment ça ?
00:39:12Alors, il me dit, pas la blague qui tue, bien sûr.
00:39:21Je lui dis, là, pour un humoriste, c'est quand même un exercice compliqué, hein.
00:39:24Faire rire un euthanasier, il me dit, oh, Diodo, ça va, t'as déjà fait rire des cancéreux.
00:39:30C'est vrai que j'avais un skate sur le cancer qui a assez bien fonctionné.
00:39:34Les gens connaissent.
00:39:35Je lui dis, ouais, mais là, c'est différent.
00:39:44C'est vrai qu'il y avait pas mal de gens, à la fin des spectacles, qui venaient me voir,
00:39:48ouais, Diodo, j'ai eu le cancer, je dois te dire que j'ai vu ton skate, j'ai bien rigolé, ça m'a aidé.
00:39:52Alors, je lui dis, oh, merde.
00:39:56Il y en a même un, il m'a dit, vous m'avez guéri.
00:39:59Il dit, stop, stop, on arrête tout, là.
00:40:02Pratique illégale de la médecine, attends, il manque plus que ça sur mon casier judiciaire.
00:40:14Mais là, faire rire un euthanasier, enfin, c'est pas évident.
00:40:19Parce qu'accompagner une personne dans sa volonté de guérison, bon, je...
00:40:24Mais toi, la guérison, c'est la mort.
00:40:26Donc ça, c'est spécial, c'est nouveau.
00:40:27Ouais, ton frère m'a expliqué, t'as des angoisses depuis que t'es adolescent, qui squattent ton esprit.
00:40:36Les squatteurs pour les déloger, hein.
00:40:40Surtout en période hivernale.
00:40:43Oui, ben j'essaie, je fais ce que je peux.
00:40:46Je cherche la faille.
00:40:47Mais t'as pas l'impression...
00:40:52Est-ce que ça t'arrive, l'auto-dérision, ça te parle ?
00:40:55T'arrives à rire de toi ou pas ?
00:40:56Non, ben non, ça se voit.
00:40:58Ben, vu l'ambiance que tu fouilles, il suffit de voir la gueule des gens, hein.
00:41:01Tu fouilles l'ambiance de merde, en général.
00:41:04Ben, rire de soi, c'est important.
00:41:06La vie est une farce, tu sais, Jolie.
00:41:09Faut travailler la chute, c'est tout.
00:41:10Toi, ta chute, c'est de la merde, j'ai dit tout de suite, hein.
00:41:12Ah, ben, ils t'accompagnent en chialant jusqu'au bout, quoi.
00:41:16Fais-leur une blague, putain, c'est le moment.
00:41:19Je suis professionnel, je suis pas professionnel.
00:41:26Là, c'est le moment pour toi de faire la blague du siècle.
00:41:30Ah, ben si, laisse-moi, laisse-moi te parler.
00:41:33Tu sors dans le couloir, tu vas voir ta famille et le médecin et toute l'équipe.
00:41:37Écoute-moi, et là, tu leur dis, bon, ben...
00:41:41C'était une blague.
00:41:42Et tu finis, on va chez Courte-Paille, on se fait une entrecôte.
00:41:47Vas-y, non.
00:41:49Hé, je vous ai fait marrer, mais c'est un sujet qui est compliqué.
00:41:56À Courte-Paille, je sais pas si en Belgique ça marche.
00:41:58Mais, non, non, mais c'est vrai que ces sages qui sont en train de penser pour nous, à votre place,
00:42:05s'ils sont sages, nous on n'est pas sages, eux sont sages.
00:42:07Et ils réfléchissent aussi à un autre sujet qui est dans l'air du temps, c'est la légalisation du cannabis.
00:42:14Alors, je sais pas où ça en est, en Belgique, mais en France, c'était pas encore.
00:42:17Et là, ils veulent vraiment le mettre parce que...
00:42:19Alors, je suis pas concerné directement, mais j'ai mes gosses qui sont au collège, dans le public.
00:42:23Donc, autant dire, ils sont dans un coffee shop, hein, c'est que rien.
00:42:34Celui qui fume pas, il est bizarre, hein, parce que c'est là-dedans.
00:42:38Puis, alors, mon fils, il commence à me sortir ses théories de fumeurs, tu sais.
00:42:43Je les vois venir.
00:42:45Ouais, papa, quand même, on fume de l'herbe depuis la nuit des temps.
00:42:48Je comprends pas qu'on ait pas le droit de fumer de l'herbe qui pousse dans la nature.
00:42:54Et à côté de ça, on peut se tanasier, on peut se couper la bite.
00:43:04J'ai dit, je sais bien, mais c'est différent, parce que ce que tu proposes, ça n'est pas légal.
00:43:11Ils comprennent pas les deux.
00:43:12Parce qu'en ce moment, ils ont un prof qui s'est fait entièrement refaire la gueule, tu comprends ?
00:43:17Il s'est fait une tête de mort, en fait, tu vois, parce que c'est son plaisir.
00:43:20Donc, il s'est fait retirer le nez, il y a deux trous de, on dirait, un poisson.
00:43:24Il a plus d'oreilles, il a deux cornes qui sortent, comme ça, avec les yeux rouges, quoi.
00:43:30Alors, le gosse, il dit, ouais, ça nous fait peur.
00:43:32Ouais, je lui ai dit, c'est possible, mais c'est légal.
00:43:37Donc, j'ai décidé de faire un sketch entre un père alcoolique, enfin, un père français, on va dire, et...
00:43:44Et son fils, fumeur de cannabis.
00:43:55Non, je ne suis pas content, Stéphane.
00:43:58Ouais, ben, tu peux ricaner, moi, ça ne me fait pas rigoler, hein.
00:44:01J'ai passé mon après-midi au collège, chez le proviseur, j'ai été convoqué.
00:44:06Alors, tu n'es pas au courant, mais crois-moi que je suis tombé des nus.
00:44:09Je suis tombé des nus, ben, si tu allais un peu en cours, tu saurais ce que ça veut dire.
00:44:14J'étais sur le cul, putain, quand il m'a appris que mon fils, hein, la chair de ma chair, la race de ma mère, là, était un fumeur de cannabis.
00:44:28Ne ment pas, ne ment pas.
00:44:30Eh, j'ai vu les vidéos de surveillance, on te voit dans la cour de récréation,
00:44:36et dans un coin avec tous tes copains de manouches, je ne sais pas quoi, là,
00:44:39en train de pipochés, comme un salaud, au milieu d'enfants tout à fait normaux, putain,
00:44:44et qui gambadent, qui jouent à chat-perché à la maraille.
00:44:48Tu pourrais pas jouer à chat-perché de temps à temps ?
00:44:52C'est de la merde.
00:44:56C'est ta drogue qui est de la merde.
00:44:58Non, non, non, quoi ?
00:45:03Non, je ne l'ai pas dit à ta mère.
00:45:06Ça lui crèverait le cœur, le pauvre.
00:45:10Parce que, tu sais, je ne l'ai pas dit parce que,
00:45:13tu sais, il m'a travaillé, l'autre, le proviseur.
00:45:17Oui, mais est-ce que c'est chez vous qu'il fait pousser l'herbe ?
00:45:20Alors, je ne vais pas balancer mon fils, la chair de ma chair,
00:45:24la race de ma chienne.
00:45:27Mais j'ai tout de suite compris que ce que tu faisais pousser sur le balcon,
00:45:34ce n'était pas du cerfeuil, comme tu as osé le dire à ta mère.
00:45:39Mais elle y a cru, l'autre.
00:45:40Elle en fout partout dans la cuisine.
00:45:42Que tu te drogues, c'est une chose.
00:45:46Ne me drogues pas sa famille, putain.
00:45:48Non, je ne lui ai rien dit.
00:45:54Je t'ai dit, ça lui crèverait.
00:45:55Elle s'est accoutumée, tu sais, à ta saloperie.
00:46:00Je ne la reconnais plus, cette femme.
00:46:03Elle, qui était dépressive, on s'est habituée, quoi.
00:46:05Elle faisait la gueule, elle chialait.
00:46:06Maintenant, elle rigole.
00:46:11J'ai raté du boulot, elle me saute au cou, maintenant.
00:46:14Allez, chérie, ce soir, omelette au cerfeuil, elle me fait.
00:46:22Mais c'est illégal, putain.
00:46:24Oui, ça a calmé les choses à la maison et je me suis aperçu.
00:46:28Ça gueule-moi, maintenant, c'est vrai.
00:46:31Et tout le monde dort, quasiment.
00:46:38C'est illégal.
00:46:39Tu as passé à ta petite sœur 7 ans et demi.
00:46:42L'autre, elle n'arrive pas à compter jusqu'à 10.
00:46:46Elle n'était déjà pas en avance.
00:46:47Maintenant, c'est un flan, l'autre.
00:46:49Elle te regarde.
00:46:54Non, écoute-moi.
00:46:56Non, je ne peux pas te laisser dire ça.
00:46:59Oui, ça te fait planer, ça te fait chèque.
00:47:01Écoute, je reconnais, ça calme.
00:47:04Même moi, je rentre.
00:47:06Je picole moins, maintenant.
00:47:07Je le sens.
00:47:08Une bouteille de Ricard, ça me suffit.
00:47:10Je ne pars pas dans des excès.
00:47:13Voilà.
00:47:14On reste raisonnable.
00:47:16Je me réveille le matin, j'ai moins mal au crâne.
00:47:19Mais je ne me réveille pas.
00:47:20C'est ça, la problème.
00:47:21Je te rappelle, je suis gardien de prison.
00:47:27Et la pénitentiaire, il ne rigole pas avec ça.
00:47:29S'il me teste, s'il prouve ça, je suis viré, moi.
00:47:33Tu n'es pas sur le coup, c'est des drogues du tiers-monde, ça.
00:47:36Nous, on est français.
00:47:40Et je le sens dans le travail.
00:47:42On a eu 7 évasion en une semaine.
00:47:45On me voit sur la vidéo, je suis comme ça.
00:47:47Je ne suis pas sur le coup, putain.
00:47:54Il ne veut pas se souligner.
00:47:57Et le temps que je redescende,
00:47:59ils étaient déjà rendus au malheur.
00:48:05Je comprends, Stéphane.
00:48:07Tu es mal dans tes baskets.
00:48:08Tu es adolescent.
00:48:09On est passé par là.
00:48:10Voilà, tu te sens mal.
00:48:12Voilà, voilà.
00:48:13Avec tous tes boutons sur la gueule et tout ça.
00:48:17C'est vrai que tu es atroce.
00:48:19Mais piquant, à ce moment-là, tu me demandes une bouteille.
00:48:26T'en fous sur les boutons, partout.
00:48:29Tu fais cramer.
00:48:30J'ai des idées que je te donne.
00:48:33C'est la transmission du savoir.
00:48:34Tu sais, ton arrière-grand-père, il a fait verdin.
00:48:41Crois-moi, ils verraient ce que tu es devenu.
00:48:44Ils sont partis la fleur au fusil, là-bas.
00:48:47Mais ce n'était pas la fleur de cannabis.
00:48:49Parce que dans la musette, c'était de l'agneau, la 80.
00:48:53Et crois-moi que dans les tranchées, là...
00:48:54Eh oui.
00:49:00On est des sociétés industrialisées.
00:49:03Regarde, en Ukraine, les Russes, tout ça.
00:49:06Vakmer, les Ukrainiens, ils se foutent sur la gueule dans la neige et tout.
00:49:14On est des civilisations, des peuples civilisés.
00:49:17C'est pas évident, mais on est obligé de parler de cette histoire de guerre en Ukraine.
00:49:26Tu ne peux pas faire autrement.
00:49:29Il paraît que c'est un grand basculement.
00:49:31C'est vrai que dans l'histoire de l'humanité, c'est la première fois qu'une guerre,
00:49:35on le sait déjà, il n'y aura pas de vainqueur et pas de vaincu.
00:49:39C'est-à-dire qu'ils ont tous les deux la bombe atomique, l'OTAN et les Russes.
00:49:44C'est fini.
00:49:45Hitler, dans son bunker, acculé, qui se met une balle dans notre coco.
00:49:49C'est terminé, c'est-à-dire.
00:49:51Là, le jour où il y en a un qui a acculé, il va dire
00:49:53« Oh, sortez de la pièce ! Allez ! »
00:49:55« Tiens, vas-y, joue au piano, toi ! »
00:49:56Ça va se cerner sur une dinguerie de ce genre-là.
00:50:04Ouais, mais on rigole, c'est tout ce qu'il nous reste à faire.
00:50:10Non, c'est vrai que c'était terrible, mais bon...
00:50:13Et il semblerait que, bon, si tu regardes les analyses des personnes qui ont un peu de jugeote,
00:50:18ils disent sur la fin, là, chute de l'euro et du dollar,
00:50:23émergence d'une nouvelle monnaie qui vient de la Russie, de la Chine, des pays du Tiers-Mont,
00:50:27les pays qui ont des matières premières vont devenir des pays riches.
00:50:30Ce qui pouvait paraître à peu près logique, en fait, au départ.
00:50:36Mais non, c'était sans compter...
00:50:37La civilisation !
00:50:41Et...
00:50:41Non, vous suivez, mais bon, ça, c'est moi qui rajoute.
00:50:46Et c'est...
00:50:47Mais c'est vrai que, bon, là, dans le sketch qui va suivre,
00:50:51malheureusement, la France est devenue le fusil qui a pété, hein,
00:50:55est devenue un pays du Tiers-Mont,
00:50:57avec la Belgique aussi, mais ça, on ne parle même pas.
00:51:00Et...
00:51:01Non, la Belgique n'a pas la bombe atomique, mais je veux dire...
00:51:04Enfin, plus ou moins, mais je veux dire...
00:51:06Ferme-la, par contre, c'est ma situation.
00:51:08Ouais, c'est bien, mais c'est mon spectacle, donc...
00:51:10Donc, dans mon sketch,
00:51:13la France, à force de lécher le cul des Américains,
00:51:16donc, a tout perdu,
00:51:17et est devenue un pays du Tiers-Mont.
00:51:18Donc, heureusement, elle peut, je veux dire,
00:51:22on va dire, faire confiance, mais pas, même pas...
00:51:25On va dire, elle a quand même, heureusement,
00:51:27des gens généreux qui viennent à son aide,
00:51:29hein, qui viennent des pays africains,
00:51:31qui sont devenus des pays riches.
00:51:33Donc, c'est le cas de la famille Ekambi,
00:51:35que je vais inviter sur ma mouboute de l'imaginaire,
00:51:37qui a décidé d'adopter un petit enfant de France.
00:51:41Ouais, puisque c'est...
00:51:42Tout est inversé, voilà.
00:51:43Ouais, il y a un atypicole, mais c'est aussi le problème.
00:51:46Non, mais c'est aussi en grande partie pour ça,
00:51:48et ça va foirer.
00:51:49Et donc, vous n'êtes pas concentrés, les gars.
00:51:53Et donc, il y a la guerre juste à côté.
00:52:07Donc, j'invite Nestor Ekambi,
00:52:10qui va nous raconter un petit peu.
00:52:12On est en 2050.
00:52:13Nestor, vous êtes là ?
00:52:14Oui, je suis là.
00:52:17Je suis là.
00:52:18Je suis là.
00:52:19Je m'appelle Nestor Ekambi.
00:52:23Mais non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
00:52:25Ça veut dire que je suis de yaoundé, là.
00:52:28Oui, tu ne connais pas.
00:52:31C'est ma femme, Célestine.
00:52:34Je te dis vraiment, cette femme-là, non.
00:52:38Elle est devant la télé, toujours, elle me parle, regarde la misère en Europe, regarde la France, la pauvreté.
00:52:46Je dis, mais on ne peut pas porter toute la misère du monde, nous les Africains.
00:52:53Elle me dit, mais regarde ces pauvres enfants dans les ruines, dans le métro, avec les rats, avec le ventre gonflé, les mouches dans les...
00:53:08Je dis, mais est-ce que je suis même responsable de ces choses-là ?
00:53:13On a nos enfants, Célestine, elle me dit, non, je veux adopter, je ne dis jamais, je ne veux pas.
00:53:20Mais tu connais les femmes, elle va te dire ça une fois, deux fois, un moment, mille fois, à un moment donné, bon, j'ai dit, bon.
00:53:29J'ai dit, vas-y, prends.
00:53:32Prends un.
00:53:34Un garçon ou une fille.
00:53:36Je ne voulais pas des bébés transgenres, non.
00:53:41Non.
00:53:43En 2050, en Europe, il y avait beaucoup, oui, ça j'ai refugié.
00:53:47Elle me dit, mais pourquoi, je dis, non, tu vois, ici, au Cameroun, on ne peut pas intégrer ce machin-là, non, non.
00:53:57J'ai des amis à Douala, ils ont essayé, ils ont pris un bébé transgenre.
00:54:02Non, je te jure, les gens là, à l'école, les enfants sont méchants, hein.
00:54:07C'est-à-dire, blanc et transgenre, ils l'ont bouffé, je te jure.
00:54:13Alors, ma femme m'a dit, non, on va prendre un petit garçon.
00:54:21J'ai dit, ça va.
00:54:23Faisons comme ça.
00:54:24Piter.
00:54:25Mais lui-même, dans le dossier, j'ai vu, il avait deux papas.
00:54:28C'est ça que je n'ai pas compris.
00:54:30J'ai regardé, j'ai dit, ah, deux hommes.
00:54:34Mais comment ça peut même...
00:54:36Oh, ben, Marie, comment on fait ça?
00:54:41Le micro-ondes, elle dit, non, ce n'est pas des enfants en sachet.
00:54:47Et bien, ils ont commandé l'enfant sur Internet.
00:54:52Ah bon?
00:54:54Deux hommes?
00:54:55Oh là là.
00:54:58Deux hommes transgenres.
00:54:59Ça veut dire que deux hommes qui sont devenus des femmes, et puis ils sont redevenus des hommes.
00:55:06Des indécis.
00:55:07Ils appellent ça les indécis.
00:55:12J'ai dit, non, vos affaires, là, ça ne me concerne même pas.
00:55:17Non, ma femme est allée chercher le petit, je te jure.
00:55:21Elle l'a ramené.
00:55:22Il était fragile.
00:55:23Il était dans un état.
00:55:24On l'a amené à l'hôpital central de Yaoundé.
00:55:26On a fait le check-up.
00:55:27J'ai retiré ses implants, ma mère.
00:55:31Non.
00:55:31Un enfant de trois ans avait deux obus comme ça.
00:55:36J'ai dit, non.
00:55:36Même ma femme, elle a accepté.
00:55:38Elle a dit, non, c'est exagéré.
00:55:39C'est exagéré.
00:55:43Ensuite, il a grandi comme un petit Camerounais.
00:55:46Il parle et Wondo, il est content.
00:55:49À l'adolescence, il m'a fait des petits problèmes, quoi.
00:55:52C'était toujours, il me disait, papa, quand même, je suis un peu blanc.
00:55:58Non, je dis, pas du tout.
00:56:02J'ai dit, ça prend du temps, tu vas bronzer.
00:56:06Il m'a dit, non, quand je vais au soleil, je dis rouge.
00:56:09Ah, j'ai dit, mon petit chaperon, c'est beau les rouges.
00:56:12Mais non, non.
00:56:15Plus ça allait, plus il commençait à s'interroger, franchement.
00:56:19À un moment donné, je le vois devant le miroir, là.
00:56:22J'ai dit, mais, putain, c'est quoi ?
00:56:24Il me dit, papa, regarde cette tête, ce n'est pas comme vous.
00:56:28Je dis, mais pas du tout.
00:56:30Tu as un nez, désolé.
00:56:32Il me dit, non, regarde, mon nez, il est pointu.
00:56:34Mais je ne dis pas tellement.
00:56:38Il me regarde comme ça, il se retourne, il me pique comme ça.
00:56:43Non, trois points de suture.
00:56:44Bon, c'est quand il m'a mis son coup de bec, là, que j'ai dit, bon, je vais lui dire la vérité.
00:56:53J'ai dit, putain, tu as raison, tu es un enfant adopté, tu es blanc.
00:56:58Tu es blanc, cristallin, ça veut dire que tout le monde est blanc depuis.
00:57:05Tu es blanc, blanc.
00:57:06Il m'a dit, j'ai senté ça quand même.
00:57:12Il m'a dit, comment ça se fait ?
00:57:13Il m'a dit, on t'a adopté, non ?
00:57:15Ah, bon.
00:57:17Oui, j'ai dit, oui.
00:57:19Il m'a dit, je veux voir mes parents biologiques.
00:57:22Je dis, tu n'as même pas ça.
00:57:27C'est deux hommes qui t'ont commandé sur Internet.
00:57:33Tiens, bébé Amazon.
00:57:36Ah, il m'a dit, c'est ça, alors.
00:57:41Il m'a dit, donne-moi, donne-moi mon numéro.
00:57:43Autre référence.
00:57:47J'ai donné, tu sais, mais les enfants avec Jacques, j'ai pété, il ne sais pas.
00:57:52Il a retrouvé ses commanditaires.
00:57:56Un était déjà mort.
00:57:57Bon, ça va, j'ai dit, ça va.
00:57:59Un était encore en vie.
00:58:01Oh là là.
00:58:02Je te juge.
00:58:03Les gars étaient à l'hôpital.
00:58:04Il était à sa quatorzième transition.
00:58:08Il était devenu un cochon.
00:58:13Un transport.
00:58:19J'ai vu la photo, j'ai fait, non, foutez-moi le camp avec ça.
00:58:23Il m'a dit, papa, je veux aller voir le cochon.
00:58:27J'ai dit, non.
00:58:33Je lui ai dit, c'est ton choix, c'est ta vie, va.
00:58:36Non, il est allé en France.
00:58:38Oh là là.
00:58:38Raconte, pétain.
00:58:40Je suis arrivé là-bas.
00:58:43Dans l'hôpital.
00:58:45Je dis bonjour, monsieur le cochon.
00:58:49Je m'appelle Peter Recambi.
00:58:52Je viens du Cameroun.
00:58:54J'ai été adopté.
00:58:56C'est vous qui m'avez commandé sur Internet.
00:59:03Je suis venu passer.
00:59:04Je voulais savoir pourquoi vous m'avez commandé.
00:59:07Je voulais savoir si vous m'avez commandé.
00:59:37Je ne parle pas du cochon.
00:59:50Je me souviens de toi.
00:59:55On t'a commandé sur Internet.
00:59:58Avec ta mère.
01:00:01Jean-Claude.
01:00:02Je ne sais pas comment ça s'est passé.
01:00:16Certainement le problème.
01:00:18Une pub.
01:00:21D'impulsion d'achat.
01:00:24Je t'ai commandé en un clic.
01:00:27Quand on t'allumerait, j'avais oublié.
01:00:28Tire-toi.
01:00:34Quand il est rentré au Cameroun, il était choqué.
01:00:38Vraiment.
01:00:39Il a écrit un livre.
01:00:40Moi, Peter, fils de cochon.
01:00:43Ça a eu son succès.
01:00:46Maintenant, il se remet doucement.
01:00:48Je pense qu'il a fait quand même un certain rejet.
01:00:51Un rejet de ses origines françaises.
01:00:55Hein, Peter ?
01:00:56Non, pas du tout.
01:00:58Je suis fier d'être français.
01:01:00Je connais toute l'histoire.
01:01:02La France.
01:01:03J'aime le peuple français.
01:01:05Molière, Rimbaud.
01:01:06Mais je ne comprends pas.
01:01:08Quand je sois passé de Jacques Bray à Bilal,
01:01:11qu'est-ce qui s'est passé ?
01:01:12Qu'est-ce qui s'est passé ?
01:01:18Je n'en sais rien.
01:01:20Mais pour en savoir plus,
01:01:23je vais inviter, sur ma bouboute de l'imaginaire,
01:01:26mon personnage transgenre.
01:01:29Paprika.
01:01:30Pour qu'elle nous en dise un peu plus.
01:01:32Quoi ?
01:01:44Qu'est-ce qu'il y a ?
01:01:45Qu'est-ce qu'il y a ?
01:01:50Qu'est-ce qu'il y a ?
01:01:51T'as jamais vu une jolie femme ?
01:01:53Et alors ?
01:01:56Oui, c'est moi.
01:01:57C'est pas pour qu'il y a.
01:02:00Tu peux rire,
01:02:01mais moi, je n'en ai rien à foutre,
01:02:03ok ?
01:02:04Parce que moi,
01:02:05je me sens belle.
01:02:07Je me sens bien dans ma peau.
01:02:12À un moment donné,
01:02:14il faut arrêter, ok ?
01:02:16Ça te fait rire,
01:02:17la sorcière hétéro
01:02:18avec ton rire de poule.
01:02:23La femme française,
01:02:24je veux dire,
01:02:24elle a choisi.
01:02:26On se réveille,
01:02:26Néandertal.
01:02:28La femme française d'aujourd'hui,
01:02:30c'est moi.
01:02:30n'en déplaise à certains,
01:02:32comme Zemmour,
01:02:33tout ça,
01:02:34ok ?
01:02:35Qui laisse se faire pleuyer
01:02:36ce petit suricate.
01:02:40On m'a proposé,
01:02:41je veux dire,
01:02:42moi,
01:02:42on m'a proposé
01:02:43de remplacer Marianne,
01:02:45ok ?
01:02:45J'aurais mon buste
01:02:46dans les mérides
01:02:47et ma gueule
01:02:48sur les timbres.
01:02:49Vous me lécherez le cul
01:02:50et je me collerai ça
01:02:51sur les enveloppes.
01:02:52Et alors ?
01:02:53Moi,
01:02:54j'en ai rien à foutre,
01:02:55ok ?
01:02:57Parce que moi,
01:02:57je me sens belle.
01:03:00Je me sens bien
01:03:01dans l'impôt.
01:03:06La transphobie,
01:03:07elle est partout
01:03:08dans le monde
01:03:09et surtout
01:03:10dans le Nord.
01:03:13C'est pour ça
01:03:13que je suis venu
01:03:15qui est fier
01:03:16de ça,
01:03:16connard !
01:03:19Je suis devenu
01:03:22des ratissons.
01:03:26Même le mouvement
01:03:27LGBT
01:03:27nous rejette.
01:03:29Ils veulent rejeter
01:03:30le T de transsexuel.
01:03:32On est où, là ?
01:03:35Lesbiennes et homo
01:03:36considèrent
01:03:36que les trans
01:03:37sont dangereuses
01:03:38ou dangereux,
01:03:39peu importe.
01:03:41On pousserait
01:03:42la jeunesse
01:03:43à la transition,
01:03:44oui.
01:03:45Je ne peux pas
01:03:45te dire.
01:03:47Je fous
01:03:47sa transition,
01:03:48moi.
01:03:50Faites-vous
01:03:50opérer,
01:03:51les jeunes.
01:03:51Parce que moi,
01:03:52je parle aux jeunes
01:03:53parce que je suis
01:03:54sur une petite toque
01:03:55et ma fille
01:03:56a eu une petite fille.
01:03:58Ouais.
01:03:59Elle s'appelle
01:03:59M6,
01:04:00comme la chaîne
01:04:01de télé.
01:04:02Parce qu'elle était
01:04:03fan d'une série
01:04:04et alors,
01:04:04moi,
01:04:04j'ai dit,
01:04:05à peine là,
01:04:05comme tu veux,
01:04:06ok ?
01:04:07Moi,
01:04:07je suis tolérante.
01:04:08Avec ma fille,
01:04:09on est comme ça.
01:04:10Et là,
01:04:11c'était les un an
01:04:11de M6,
01:04:12l'autre jour.
01:04:13Alors,
01:04:15ma fille,
01:04:15elle me dit,
01:04:16ça serait bien
01:04:16que tu viennes,
01:04:17Paps.
01:04:18Je m'appelle Paps
01:04:19parce que
01:04:19Paprika,
01:04:20quoi.
01:04:20Et papa,
01:04:21en même temps,
01:04:21tu vois ce que je veux dire ?
01:04:23Et elle me dit,
01:04:25ça serait bien
01:04:25que tu vois la famille,
01:04:27mais tu te déguises en homme.
01:04:28Oh,
01:04:29j'ai dit,
01:04:29tu m'emmerdes.
01:04:30Parce que la famille
01:04:31de Karim,
01:04:34j'ai tout dit.
01:04:42Ils sont un peu radicalisés,
01:04:43quoi.
01:04:44Ils sont de Molenbeek.
01:04:45Et c'est Abdelkader,
01:04:52le père,
01:04:53c'est lui qui est là.
01:04:55Pour lui,
01:04:55je ne suis pas complètement halal,
01:04:57t'as compris.
01:04:59Alors,
01:04:59ma fille m'a déguisé,
01:05:00elle m'a mis n'importe quoi,
01:05:02un pullover,
01:05:03le capitaine Haddock,
01:05:04un truc rayé de marin.
01:05:06Il y avait une casquette.
01:05:06Ah,
01:05:07elle est là.
01:05:08Il m'a mis une casquette de marin
01:05:09sur la tête.
01:05:10Oh,
01:05:11la faire.
01:05:12Elle me met une pipe dans le bec.
01:05:13Alors,
01:05:14j'ai eu la pipe,
01:05:14pourquoi pas.
01:05:15Elle me dit,
01:05:26elle me dit,
01:05:26par contre,
01:05:28tu restes cinq minutes,
01:05:29pas plus.
01:05:29Elle me dit,
01:05:30change de voix,
01:05:31parce qu'on va reconnaître
01:05:33qu'il y a un valet.
01:05:33Je lui dis,
01:05:34mais pourquoi tu fais ça de voix ?
01:05:36Elle me dit,
01:05:37prends une voix d'homme.
01:05:38Oui,
01:05:38je peux parler comme ça,
01:05:39tu veux.
01:05:41Elle m'a dit,
01:05:42parfait.
01:05:42Alors,
01:05:42je rentre là-dedans.
01:05:43je sonne,
01:05:45je rentre là-dedans.
01:05:46Bonjour tout le monde.
01:05:49Et là,
01:05:49je vois arriver
01:05:50le fameux Abdelkader.
01:05:52Ben Laden,
01:05:53je te promets.
01:05:54je me suis dit,
01:05:57il va se faire sauter,
01:05:58ça va partir en couille.
01:06:01Il me dit,
01:06:01bonjour,
01:06:02vous êtes le père de Patrice.
01:06:03Je lui dis,
01:06:03tout à fait.
01:06:06Il me dit,
01:06:07c'est super d'avoir des enfants normaux.
01:06:10Ben,
01:06:10il est commencé.
01:06:12Ben,
01:06:12il me dit,
01:06:12un garçon,
01:06:13une fille,
01:06:13un bébé,
01:06:14pas comme tous ces pédés.
01:06:15Alors,
01:06:18ma fille,
01:06:19elle me tient,
01:06:19elle me dit,
01:06:19c'est bon,
01:06:20tu peux y aller.
01:06:22Ben,
01:06:22je lui dis,
01:06:22non,
01:06:22on discute tranquillement
01:06:24avec Abdel.
01:06:27Il me dit,
01:06:28mais Abdel,
01:06:28tu penses quoi
01:06:29de la transsexualité ?
01:06:32Il me dit,
01:06:32c'est le diable.
01:06:35Mais je lui dis,
01:06:36mais si t'avais un fils
01:06:37comme Bilal,
01:06:38il est beau.
01:06:39Il me dit,
01:06:39je l'égorge.
01:06:40Alors,
01:06:46ma fille me tire,
01:06:47je lui dis,
01:06:47laisse-moi.
01:06:50Mais Abdel,
01:06:51on a tous une part
01:06:53de féminité.
01:06:59Il me dit pas,
01:07:00les musulmans.
01:07:03Je lui dis,
01:07:04c'est ça.
01:07:05Vous leur faites un voile
01:07:06ci-dessus.
01:07:08J'en ai marre.
01:07:09Ma fille me commençait
01:07:10à crier.
01:07:11Je lui dis,
01:07:11laisse-moi.
01:07:12Je me promets
01:07:13pour que je me suis.
01:07:17J'ai pas attendu
01:07:1840 ans.
01:07:19À 40 ans,
01:07:20j'ai dit,
01:07:20non,
01:07:20les mères.
01:07:22Coupez-moi la bite.
01:07:26Ça se brille à tel.
01:07:28Le père du patricien
01:07:30est un trans.
01:07:32Oh,
01:07:33il est tout blanc.
01:07:37Qu'est-ce qu'il fait ?
01:07:39il cherche un couteau
01:07:40pour quoi faire ?
01:07:43Allah ou Akbar ?
01:07:44Oui,
01:07:44mais je vais y aller,
01:07:45t'as raison.
01:07:45quand je vous ai dit,
01:08:03aujourd'hui,
01:08:03faire mari,
01:08:04il suffit de raconter
01:08:04ce qui se passe.
01:08:05Les gens rigolent
01:08:06parce que c'est tellement marrant.
01:08:08Mais dans le respect
01:08:09de tout ce que tu veux,
01:08:10moi,
01:08:10je respecte tout le monde,
01:08:11mais on doit quand même
01:08:12respecter mon genre,
01:08:14qui est quand même
01:08:14j'ai eu l'humour.
01:08:15Donc,
01:08:16on ne peut plus se marrer.
01:08:18Heureusement,
01:08:19de temps en temps,
01:08:19je rentre chez moi,
01:08:20j'habite à la campagne
01:08:21un peu comme ici,
01:08:22je lève la tête
01:08:23et je contemple les étoiles,
01:08:24je me dis,
01:08:24c'est bon,
01:08:25il y a encore de la place
01:08:26pour l'inspiration,
01:08:29pour le...
01:08:30J'ai appris d'ailleurs
01:08:32que la NASA
01:08:32était en train
01:08:33de dégommer des étoiles,
01:08:35j'ai appris ça l'autre jour.
01:08:36Oui,
01:08:37c'est-à-dire
01:08:38qu'en prévision
01:08:39qu'un astéroïde
01:08:41viendrait percuter la Terre,
01:08:42il dégogne comme ça
01:08:43pour s'entraîner des étoiles.
01:08:46C'est-à-dire que eux,
01:08:47quand ils regardent
01:08:47la voie lactée,
01:08:48ils disent,
01:08:48comment on pourrait
01:08:49dégager toute cette merde ?
01:08:53Non,
01:08:55mais peut-être
01:08:56qu'on est une espèce
01:08:57de taré aussi.
01:08:59Peut-être qu'on est
01:09:01une sorte de moisie,
01:09:02on est en train
01:09:02de tout foutre en l'air
01:09:03sur la planète,
01:09:04c'est possible aussi.
01:09:05Il faut voir.
01:09:06C'est pour ça
01:09:09que j'ai décidé
01:09:09d'inviter
01:09:10pour finir
01:09:10un extraterrestre.
01:09:12Pour avoir
01:09:12le point de vue,
01:09:13un point de vue extérieur.
01:09:16Il nous vient
01:09:16de la planète
01:09:17Gurs.
01:09:19Gurs.
01:09:20Quoi,
01:09:20ça existe ?
01:09:21Qu'est-ce que t'en sais
01:09:22que ça existe ?
01:09:23Il s'appelle
01:09:27Bernard.
01:09:30Bernard,
01:09:31vous êtes là ?
01:09:32Vous trouvez parler
01:09:46français ?
01:09:49Tu veux connaître
01:09:54les origines
01:09:55d'une espèce humaine ?
01:09:58Chut.
01:10:02Vous êtes comme
01:10:03un virus
01:10:04chez cette planète.
01:10:06Là,
01:10:07vous êtes des rats
01:10:08des laboratoires.
01:10:10Votre émission
01:10:11est de tout
01:10:11détruire
01:10:12sur notre planète.
01:10:14La faune,
01:10:15la flore,
01:10:15l'oxygène.
01:10:19Et de finir
01:10:20dans un magnifique
01:10:21et spectaculaire
01:10:22bouquet final
01:10:24nucléaire.
01:10:27Non,
01:10:27c'est pas vrai.
01:10:28Nous ne sommes pas
01:10:29que des rats
01:10:30des laboratoires.
01:10:31il y a du beau
01:10:32en l'homme.
01:10:34C'est sûr.
01:10:36Tiens,
01:10:36écoutez ça.
01:10:41Non,
01:10:42mais je veux dire,
01:10:42c'est pas un rat
01:10:43de laboratoire
01:10:44qui est capable
01:10:44de produire
01:10:45pareille sonorité.
01:10:49Il faut de l'imagination.
01:10:50de l'honneur.
01:11:01Non,
01:11:01mais je le fais mal,
01:11:02mais t'as compris.
01:11:06Non,
01:11:07c'est pas un rat
01:11:07de laboratoire
01:11:08qui joue du piano
01:11:09pour vous ce soir,
01:11:11mes amis.
01:11:11c'est Stéphane Blais,
01:11:14mon ami,
01:11:15qui nous a quittés
01:11:16il y a un an,
01:11:17maintenant,
01:11:18poussés dans le vide
01:11:19par une société
01:11:20devenue folle.
01:11:23Stéphane,
01:11:23il m'avait dit,
01:11:24t'inquiète,
01:11:24dieu d'eau,
01:11:25je serai sur ton spectacle
01:11:26et le voilà
01:11:27qui débarque.
01:11:30C'est lui qui joue,
01:11:32il ne parlait pas,
01:11:33Stéphane,
01:11:34il jouait du piano.
01:11:34Bien sûr
01:11:40qu'il y a du beau
01:11:41en l'homme.
01:11:43Il y a du beau
01:11:44en chacun d'entre vous,
01:11:46mes amis.
01:11:47Sachez que chacun
01:11:48de vos rires
01:11:48était comme un éclat
01:11:50de diamant
01:11:50dans ma vie
01:11:51à moi ce soir.
01:11:53Alors merci,
01:11:54merci à vous,
01:11:55merci à toi,
01:11:56Stéphane,
01:11:56de m'accompagner
01:11:57un temps à peu.
01:11:58Merci.
01:11:59Merci.
01:12:04Merci les amis.
01:12:09Merci.
01:12:12Merci.
01:12:17Merci l'île Valenciennes.
01:12:21Merci.
Commentaires

Recommandations