00:00On parle aussi dans cette actualité internationale de cette grand messe des relations internationales,
00:05la conférence de Munich sur la sécurité qui vient d'ouvrir.
00:09Elle va durer trois jours, des dizaines de chefs d'État et de gouvernement sont présents.
00:13Le chancelier allemand Emmanuel Macron, eux, s'exprimeront en principe dans la journée,
00:18et Marco Rubio est lui attendu demain.
00:21Nous en parlons avec Gauthier Rybinski qui est avec nous sur ce plateau.
00:25Gauthier, bonjour.
00:26Bonjour.
00:26Alors est-ce que, c'est la question qu'on se pose, parce qu'on se souvient de la séquence
00:29de l'année dernière avec G.D. Vance,
00:30est-ce que les Européens vont se faire admonester par les Américains là aussi ?
00:36Peut-être pas dans les mêmes termes, parce que là ça tournait à la leçon du maître d'école l
00:40'année dernière,
00:41mais fondamentalement rien n'a changé dans l'attitude américaine et surtout dans la manière dont elle perçoit les Européens.
00:48Or cette conférence de Munich, vous le rappeliez, c'est une conférence surtout d'échange entre chefs d'État,
00:53mais aussi entre chercheurs, entre spécialistes des questions de sécurité.
00:57Et pendant longtemps, d'ailleurs, il faut bien reconnaître que cette conférence de Munich était dédiée à la sécurité interne
01:04des pays.
01:04C'est-à-dire que, même si aujourd'hui les deux se rejoignent, on parlait beaucoup de ce qui était
01:08risque cybernétique,
01:10les attaques de pays hostiles.
01:12Là, on est obligé non seulement de garder ça au menu, mais d'aller plus loin, c'est-à-dire
01:17voir comment on peut rabibocher ou raccommoder les relations entre alliés,
01:24et puis même se demander si ça vaut le coup ou si c'est important.
01:27Est-on encore allié d'un pays comme les États-Unis qui, dans leur pratique même quotidienne, dans leur pratique
01:33étatique et civique et civile,
01:38sont à des années-lumière de ce que peut promouvoir une Europe, on va dire, qui n'est pas forcément
01:43toujours d'accord ?
01:43Mais enfin, on n'arrête pas forcément en Europe des gens dans la rue au motif qu'ils sont contre
01:48le gouvernement de leur pays.
01:50Ce genre de choses est abordé à Munich.
01:52Il ne faut pas croire que c'est un grémium entre spécialistes des armes à feu, pas du tout.
01:57On parle aussi de ces rapports-là entre l'État, entre les citoyens.
02:00Là, il y a quand même, vous l'avez dit, une délégation américaine qui n'est pas négligeable.
02:08Elle est conduite par Marco Rubio.
02:09C'est quand même mieux que ce qu'il y avait hier à Bruxelles,
02:13où le sommet des ministres de l'OTAN avait été boudé par les États-Unis,
02:16et où il y avait un sous-secrétaire d'État, certes idéologiquement très madré,
02:20mais pas au rang protocolaire très élevé.
02:23Gauthier, quelle marge de manœuvre du coup pour les Européens face à cet entêtement des Américains,
02:29qui font qu'il est allié seul, on a le shérif là qui est tout seul.
02:33Alors, vous l'avez vu par exemple avec l'affaire du Groenland.
02:36Il y a des capacités pour amoindrir ou faire ce qu'on appelle l'Europe,
02:42enfin les alliés européens font parfois de l'absorption de chocs.
02:48C'est des amortisseurs parfois.
02:50C'est-à-dire qu'ils arrivent à encaisser un coup qui paraît extrêmement dangereux,
02:55et peut-être à le reporter, à le différer.
02:58C'est ce qui s'est passé, semble-t-il, avec le Groenland.
03:01Mais le risque de ça, le risque c'est que dans la foulée,
03:06les alliés des Américains, et là on rejoint le cas des Européens,
03:10soient tentés de se plier aux volontés américaines.
03:13Les volontés c'est quoi ?
03:14C'est de faire en sorte que le fardeau de la défense globale,
03:18de ce qu'on pouvait appeler encore le monde libre,
03:21est quelque chose que les Américains ne veulent plus assumer, tout seuls.
03:24Donc ils demandent aux Européens d'en porter une part.
03:27Très bien.
03:28Le problème c'est que les Européens n'ont pas forcément les moyens,
03:31et que surtout la question qui se pose, c'est de savoir jusqu'à quel degré
03:36les Américains s'abstiendraient de réagir.
03:38C'est une situation réellement dangereuse, voyez le jour.
03:42Et là, les Européens peuvent se féliciter de récupérer des responsabilités,
03:46si ça veut dire qu'on les laisse en race campagne,
03:48dans le cas où, ça n'est pas gagné.
03:50Et la marge de manœuvre des Européens, c'est d'être à la fois conscient de cela,
03:55et en même temps d'être capable d'adoucir, d'arrondir les angles,
03:59et de dire aux Américains, vous voyez qu'on n'est pas uniquement mu par des intérêts égoïstes.
04:05Est-ce que ça marche ça ? Est-ce que ça tient ?
04:07Franchement, je ne sais pas.
04:08Tout tient aussi entre les mains de Trump et de son administration.
04:12Et je termine en revenant à votre question première,
04:14c'est que cette attitude américaine, elle n'est pas que le fait des budgets américains
04:20que Trump veut préserver,
04:21elle est le fait aussi de la perception qu'on a de cette Europe
04:24qui est libérale au mauvais sens du terme, voire décadente.
04:28On n'est pas très loin en somme du discours de Poutine sur l'Europe, vous voyez ?
04:31Là où il est danger.
04:32Ce sont les convergences.
04:34Voilà.
04:34Merci beaucoup Gauthier.
04:35Merci.
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