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Tous les jours dans Europe 1 Soir, Pierre de Vilno reçoit un invité au cœur de l'actualité politique.

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00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:05Pour m'accompagner jusqu'à 20h, Catherine Ney, bonsoir.
00:08Bonsoir Pierre.
00:09Bonsoir Antonin André, chef du service politique du JDD.
00:13Bonsoir Laurent Jacobelli.
00:14Bonsoir Pierre de Villeneuve.
00:15Député de Moselle, vice-président du groupe RN à l'Assemblée Nationale.
00:18Ça ne vous a pas échappé, Bruno Retailleau a officialisé sa candidature pour la présidentielle de 2027.
00:24On écoute le président des LR.
00:27Nous n'avons plus le droit de faire payer nos dettes à nos enfants.
00:30Nous devrons faire des économies et donc faire des choix.
00:33C'est pourquoi j'assume de donner la priorité au travail plutôt qu'à l'assistanat.
00:37Je serai le protecteur de la France des travailleurs, pas de la France des profiteurs.
00:42Enfin, je veux agir pour faire renaître la fierté française.
00:45Parce que rien n'arrête les peuples fiers, rien.
00:48Oui, je serai le président de l'ordre, de la justice et de la fierté française.
00:52Je suis convaincu que ces attentes sont majoritaires dans le pays.
00:56Oui, une majorité nationale existe et j'entends qu'elle soit respectée.
01:01Je ne ferai pas une politique pour des clientèles ou pour des minorités.
01:05Je ferai une politique pour toute la nation.
01:08Voilà donc ce que dit Bruno Retailleau.
01:10Ça vous laisse chaud, froid, de glace ?
01:13Monsieur Retailleau a bien le droit d'être candidat à la candidature pour la présidentielle.
01:17Il n'est pas le premier.
01:18Monsieur Wauquiez, Monsieur Bertrand, ils sont nombreux les LR.
01:21Il n'est pas encore déclaré, Monsieur Wauquiez.
01:22Il l'a laissé entrevoir dans la presse.
01:24Il y aura bientôt plus de candidats à la candidature que d'électeurs chez les LR.
01:27Vous vous dites candidats à la candidature ?
01:29Oui, ou alors les trois vont être candidats.
01:31Je ne sais pas comment ça se passe dans leur boutique.
01:33Maintenant, ils ne sont plus très nombreux.
01:34En tout cas, il semblerait qu'ils s'affranchissent d'une primaire s'il va aussi loin.
01:38Écoutez, si le sujet des présidentielles n'était pas sérieux,
01:41je me serais permis de rire en entendant Monsieur Retailleau.
01:44Pas par manque de respect.
01:45Mais on a l'impression que Bruno Retailleau, candidat,
01:48veut attaquer le bilan de Bruno Retailleau, ministre.
01:50Il nous parle de fierté française.
01:52Il a été celui qui a fait exploser tous les records d'immigration.
01:56Il nous parle d'ordre.
01:57Donc vous, vous dites qu'il n'a jamais essayé de faire quoi que ce soit
02:00en matière d'immigration ou d'ordre ?
02:01Ah ben, il a été plus macroniste que les macronistes.
02:03C'est-à-dire qu'il a été dans le même gouvernement
02:05que Madame Berne, que Monsieur Reb Samen.
02:07C'est-à-dire que pour exister,
02:08il a accepté de travailler avec les socialistes.
02:11Quand on parle d'ordre et de sécurité,
02:13c'est tout à fait antinomique.
02:14Il nous dit qu'il veut retrouver et aider la France qui travaille.
02:17Bravo !
02:17Mais que n'y a-t-il songé plus tôt
02:19lorsqu'il a aidé à faire passer des budgets
02:21où il y avait 20-30 milliards d'impôts supplémentaires,
02:24où on augmentait la CSG des retraités ?
02:26On a l'impression que Monsieur Retailleau...
02:28Est-ce qu'il n'était pas dans un gouvernement de coalition
02:30où sur le budget, il n'avait pas forcément la main ?
02:33Et sur l'immigration, contrairement,
02:34moi je me souviens par rapport à Jean-Noël Barrault,
02:37quand encore Boilem Sansal était dans les jôles algériennes
02:41et qu'il fallait faire quelque chose sur les OQTF,
02:43on a l'impression quand même que ça bougeait un peu.
02:45Vous êtes sévère, Laurent Jacobéli.
02:46Non, non, non, il s'agitait beaucoup.
02:47Oui, il allait sur les plateaux de télévision dire
02:49« je vais faire plier l'Algérie »
02:51et grosso modo, il a perdu.
02:52Voilà, on a augmenté le nombre de visas pour les Algériens
02:55et Emmanuel Macron, qui avait déjà un genou à terre
02:58auprès de Monsieur Théboum,
02:59en a mis un deuxième, aidé par Monsieur Barrault.
03:01Mais à ce moment-là,
03:02la France, elle a besoin d'un dirigeant qu'elle respecte,
03:05quelqu'un qui donne un cap,
03:06quelqu'un qui a des convictions.
03:07Moi, je peux comprendre qu'il ait cru,
03:10par l'intérieur, vouloir changer la Macronie.
03:12Mais quand il voit qu'il n'y arrive pas,
03:13il part, et il ne part pas parce qu'on ne refuse
03:16que ses proches deviennent ministres.
03:18Non, il ne part pas pour son intérêt personnel.
03:20Il aurait dû partir au moment où il avait perdu
03:22toutes les batailles.
03:22La bataille contre l'immigration,
03:24la bataille contre l'insécurité,
03:25la bataille diplomatique contre l'Algérie.
03:27Donc il a démissionné trop tard, c'est ce que vous dites.
03:29Il a démissionné par intérêt,
03:30comme il a été ministre par intérêt.
03:33Et honnêtement, son bilan parle contre lui.
03:36Il ne veut pas être président par intérêt,
03:37en tout cas, il dit, par fierté,
03:39pour la nation et pas pour lui,
03:41pas par opportunisme.
03:42Voilà ce qu'il dit.
03:42Dommage que cette fierté,
03:43il ne l'ait pas revendiquée.
03:44Oui, pour contrebalancer un petit peu vos propos,
03:47dire que Bruno Rotailleau n'est pas un homme de conviction,
03:49je trouve que ce n'est pas très juste,
03:51parce que c'est au contraire quelqu'un
03:52qui a des convictions.
03:54Et je crois que les Français l'ont bien perçu,
03:55c'est quelqu'un qui est de cette droite libérale
03:57et assez conservatrice sur le fond,
04:00ce qui d'ailleurs rejoint peu ou prou
04:02certaines de vos valeurs.
04:03Et par ailleurs, il y a eu une époque quand même,
04:06pas si lointaine,
04:08lors de laquelle Bruno Rotailleau,
04:11par sa doxa et par ce qu'il représentait au gouvernement,
04:15inquiétait un peu le Rassemblement National.
04:16Et je me rappelle une époque pas si lointaine
04:18où c'était un sujet parce qu'il avait quand même
04:20une certaine connexion avec les Français
04:22et qu'il était dans les baromètres de popularité
04:25comme perçu comme incarnant
04:26une forme de droite, de l'ordre
04:28qui avait fait défaut.
04:29– Je vais vous arrêter tout de suite.
04:30– Aujourd'hui, vous vous dénigrez,
04:31mais bon, c'est un adversaire qui est quand même…
04:34– Je connais bien le Rassemblement National
04:36et s'il y a bien quelqu'un qui ne nous a jamais fait peur,
04:39c'est M. Rotailleau.
04:40– Mais vous en parliez tout le temps.
04:42– J'en parle encore maintenant
04:43parce qu'on me pose la question.
04:44– Moi, je suis un garçon poli,
04:46vous savez, on m'invite, je réponds aux questions.
04:49J'aurais préféré parler d'autre chose.
04:50– Mais attendez, mais quand on…
04:51– Mais on va parler d'autre chose aussi.
04:52– On avait l'impression qu'il vous gênait
04:54parce qu'il venait un peu sur vos plates-bandes.
04:56– Catherine.
04:56– Et quand même, quand on écoutait,
04:58on avait l'impression qu'il y avait un mot d'ordre
04:59venu d'en haut
05:00et qu'il fallait taper sur Bruno Rotailleau tout le temps.
05:03– Je sais bien que certains en ont fait leur chouchou,
05:05certains se sont dit
05:06puisqu'il va parler comme le RN,
05:08il va lui piquer d'ivoile.
05:09Le problème, c'est que parler comme le RN
05:10et agir comme Emmanuel Macron, ça ne marche pas.
05:12Voilà.
05:12Et M. Rotailleau, s'il avait été sincère,
05:15aurait accepté une vraie alliance.
05:17Alors à ce moment-là, s'il veut de l'ordre,
05:19s'il veut moins d'insécurité,
05:20moins d'immigration, moins d'impôts,
05:23pourquoi, lorsqu'il y a eu un accord
05:25pour les législatives entre les LR
05:26et le Rassemblement National,
05:28il a fui pour aller aider Emmanuel Macron ?
05:30Il faudra qu'on m'explique la logique de cet homme.
05:32– Il y a des divergences économiques
05:34qui sont quand même massives.
05:35C'est-à-dire qu'il est pour le recul
05:37de l'âge de la retraite notamment
05:38et sur une maîtrise des comptes publics
05:40qui n'est pas forcément connectée à votre budget à vous.
05:44– Quand on est pour l'équilibre des comptes publics,
05:47on n'accepte pas de travailler
05:49avec ceux qui ont créé 1300 milliards de dettes.
05:51On n'accepte pas un budget en déséquilibre.
05:53On n'accepte pas un budget
05:54où il y aura 37 milliards de dépenses de l'État supplémentaires.
05:58Il y a un moment, il faut être cohérent.
06:00Moi, vous savez, je respecte toutes les opinions.
06:02Je respecte toutes les opinions.
06:03Mais à un moment, il faut être cohérent.
06:05Druon disait, il y a deux parties de gauche en France
06:07dont un s'appelle la droite.
06:08Monsieur Retailleau est donc président du deuxième parti de gauche.
06:11– La question pourrait être posée autrement, Laurent Jacoboli.
06:13Imaginez, vous auriez été à sa place au ministère de l'Intérieur.
06:17Qu'auriez-vous fait ?
06:18Vous auriez claqué la porte au bout de deux jours
06:20parce que vous voyez que finalement,
06:22sur d'autres sujets que l'immigration
06:24ou les sujets inhérents au ministère de l'Intérieur
06:27ne fonctionnent pas.
06:28Vous auriez dit, et dans ce cas-là,
06:30qu'auraient passé les Français ?
06:31Regardez, regardez Laurent Jacoboli.
06:33Il part au bout de deux jours
06:34parce que finalement, il ne veut pas surmonter la tâche.
06:38L'opinion est disparate.
06:41Les gens réagissent différemment par rapport...
06:45On ne peut pas dire que Bruno Retailleau,
06:47je rejoins Antoine André,
06:48on ne peut pas dire...
06:48En tout cas, les gens,
06:49quand on les interroge dans les sondages,
06:52ne disent pas que Bruno Retailleau
06:54n'a pas essayé de faire quelque chose,
06:56en tout cas en matière d'immigration,
06:58de renvoi des OQTF, etc.
06:59Bien sûr, il a échoué
07:00parce que c'était un gouvernement de coalition
07:02et vous savez très bien comment fonctionne la République.
07:06Excusez-moi, il y avait pour les législatives
07:11une union entre LR et RN.
07:14M. Retailleau aurait très bien pu dire
07:16« Moi, je veux de l'ordre,
07:17je veux moins d'immigration,
07:18je veux moins d'impôts,
07:19j'ai un parti qui me tend la main,
07:21le patron du parti veut signer l'accord,
07:23ok, j'en suis. »
07:25Et plutôt que de faire barrage,
07:26vous savez, au Rassemblement National,
07:27il nous aurait aidé à gagner,
07:29il aurait été, peut-être,
07:30j'en sais rien,
07:31ministre de ce gouvernement.
07:33Et là, croyez-moi,
07:34avec Jordan Bardella Premier ministre,
07:36il aurait eu les moyens d'agir.
07:37Mais d'avoir imaginé
07:38qu'il fallait faire barrage
07:39au Rassemblement National...
07:40Mais est-ce que vous auriez écrit Bruno Retailleau ?
07:41Est-ce que si Bruno Retailleau
07:42vous avait tendu la main à l'époque,
07:43est-ce que Marine Le Pen n'aurait pas dit
07:45« Écoutez, M. Retailleau,
07:46je vous respecte,
07:47vous êtes très gentil,
07:48mais on n'a pas besoin de vous
07:48parce qu'on est suffisamment
07:50à l'intérieur du REN ? »
07:52Si on avait signé un accord
07:52avec les Républicains,
07:53je rappelle qu'Éric Ciotti
07:54qui a signé cet accord
07:55était patron des Républicains à l'époque,
07:57c'était probablement,
07:58j'imagine,
07:59pour travailler ensemble,
07:59pas simplement pour leur donner
08:00un strapontin,
08:01c'est bien évident.
08:02Mais vous travaillez avec M. Ciotti
08:03concrètement tous les jours ?
08:04Bien sûr.
08:05Il n'a pas juste un strapontin
08:06de l'UDR
08:07qui est une espèce de satellite du REN ?
08:09Ce serait mal de le connaître,
08:10je crois,
08:11d'imaginer qu'il se contente
08:12de ce type de fonction,
08:13c'est quelqu'un de conviction,
08:14on travaille très très bien ensemble,
08:15on a énormément de points communs,
08:17quelques points de divergence
08:18sur lesquels nous travaillons,
08:19chacun apporte à l'autre,
08:20M. Retailleau a fait un choix,
08:22celui d'Emmanuel Macron,
08:23il est le temps
08:24de l'alternance à Emmanuel Macron,
08:25on ne peut pas accepter,
08:28je crois en tout cas,
08:28quand on est de droite,
08:30que quelqu'un qui a travaillé
08:31avec Macron fasse ça.
08:32Et d'ailleurs,
08:32moi j'ai une pensée amicale,
08:33je viens de la droite,
08:34pour tous les électeurs...
08:36Vous êtes de la droite de gouvernement
08:38puisque le REN
08:39c'est de la droite aussi.
08:41Je viens de la droite,
08:42je suis dans sa partie...
08:42Vous nous exprimez à l'extrême droite ?
08:44Parce que nous sommes un parti de rassemblement
08:45qui doit rassembler tous les Français.
08:47Mais M. Retailleau aurait pu faire un autre choix,
08:51il ne l'a pas fait.
08:52Ça montre bien que ses convictions ont une limite,
08:54c'est sa carrière.
08:54Sauf que, encore une fois,
08:56vous parlez d'immigration,
08:57d'ordre de sécurité,
08:58sur lesquelles effectivement il vous rejoint,
08:59sur le plan économique,
09:00il y a des grandes divergences
09:01et des grandes ambiguïtés
09:02au Rassemblement National
09:03qui aujourd'hui ne confortent pas,
09:05sachant que le mur budgétaire
09:06va être un sujet essentiel
09:08de cette présidentielle.
09:09Un parti qui est pour que l'âge de la retraite
09:11soit reculé à 60 ans
09:14ne paraît pas très réaliste
09:15du point de vue des Républicains.
09:16Et une partie des électorats de droite
09:19attend de ses gouvernants
09:21un sérieux budgétaire
09:22qui jusqu'à présent
09:23n'est pas forcément
09:25le gage de crédibilité
09:26du Rassemblement National.
09:27Non, mais je n'accepterai pas
09:29de recevoir de leçons
09:30de DLR ou de qui que ce soit d'ailleurs
09:33qui ont plongé la France
09:34dans la dette,
09:36dans l'impôt.
09:36C'est aussi le confort de l'opposition, ça.
09:38Quand on est dans le confort de l'opposition
09:39et qu'on n'est pas aux valettes
09:40et qu'on n'est pas aux responsabilités,
09:41quel que soit l'opposition.
09:42C'est très simple de critiquer.
09:44Je vais me permettre
09:45sans arrêt en disant
09:45si j'étais là,
09:46j'aurais fait mieux.
09:47Allez, je vais me permettre
09:47de corriger ce que vous avez dit
09:49parce que je veux bien
09:50qu'on débatte
09:51mais qu'on débatte
09:51sur des choses réelles.
09:52Nous ne sommes pas
09:52pour la retraite à 60 ans
09:53si ce n'est pour ceux
09:54qui ont commencé à travailler mineurs
09:56dans des métiers durs,
09:58ce qui n'est pas la généralité,
09:59on est pour 42 annuités.
10:00Mais vous voyez,
10:01nous, nous sommes ambitieux
10:02pour notre pays
10:02parce qu'aujourd'hui,
10:04pourquoi il y a un problème
10:04dans les caisses des retraites ?
10:05C'est qu'il n'y a pas assez de boulot.
10:06Les boulots qui sont créés
10:07ne sont pas assez productifs
10:08et qu'il n'y a pas assez de natalité.
10:10Nous, on veut travailler
10:10sur tous ces points-là.
10:12Ceux qui nous disent
10:12qu'il faut reculer à 67,
10:13puis à 68, puis à 69,
10:15d'ailleurs reviendront tous les ans
10:16nous expliquer
10:17qu'il faut reculer
10:17l'âge de la retraite.
10:18Pourquoi ?
10:18Parce qu'en France,
10:19on ne crée plus d'emplois,
10:20les chiffres du chômage
10:21viennent de le montrer,
10:22et on désindustrialise.
10:23Et donc, on ne se donne pas
10:24les moyens
10:24de financer les retraites.
10:26Si on arrête
10:27avec la mondialisation,
10:28s'il y a la priorité
10:29de la commande publique
10:30sur les entreprises françaises,
10:31qu'on soulage les entreprises
10:32de tout un tas de normes,
10:33de tout un tas d'impôts,
10:34il y aura à nouveau
10:35création d'emplois,
10:36donc cotisation sociale
10:37et donc retraite
10:38avec 42 annuités.
10:39Vous voyez,
10:39il faut avoir une vision
10:41positive et ambitieuse
10:42pour le pays,
10:42les artisans du déclin,
10:44ceux qui accompagnent
10:44le déclin de la France,
10:45très peu pour nous.
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