00:0113h, 14h, Europe 1 Info.
00:03Et 13h19 sur Europe 1, vous écoutez Clélie Mathias avec ses chroniqueurs du jour.
00:07Xenia Fedorovano rejoint dans un instant Clélie.
00:09Mais vous accueillez Raphaël Stainville, directeur adjoint de la rédaction du journal du dimanche.
00:14Cette première question déjà, puisqu'on va balayer l'actualité ensemble.
00:17Les étrangers auront-ils un jour le droit de vote aux élections locales ?
00:20C'est les écologistes qui ont une niche parlementaire, comme on le dit aujourd'hui.
00:24C'est-à-dire que ce sont eux qui sont les maîtres des sujets et des débats.
00:28Et ils ont réactivé cette polémique, aujourd'hui à l'Assemblée nationale.
00:32Ce n'est pas la première fois, ça fait je crois depuis l'an 2000 que cette proposition est dans
00:37les tuyaux.
00:38Écoutez, François-Xavier Bellamy, député européen, vice-président délégué des Républicains,
00:42qui a pu fustiger cette proposition de loi.
00:45Il était l'invité de Sonia Mabrouk sur Europe 1, lundi.
00:48C'est une folie, parce que ça consiste à nier le sens même de l'acte du vote.
00:53Voter, c'est être citoyen.
00:55Être citoyen, c'est appartenir à la cité.
00:57La cité peut bien sûr accueillir, notre pays peut accueillir des gens qui viennent d'ailleurs,
01:01il l'a toujours fait, mais le fait est que ces gens qui viennent d'ailleurs et qui habitent sur
01:06notre sol
01:06ne sont pas pour autant des citoyens français.
01:09Il y a une espèce de folie qui consiste à nier la réalité du sens même de l'appartenance politique.
01:15Gommer cette différence, la supprimer, l'effacer, c'est faire perdre son sens à la vie civique elle-même et
01:21à la vie politique.
01:22Et curieusement, il y a une gauche, peut-être parce qu'elle se cherche une clientèle électorale,
01:26qui semble passionnée de continuer de déconstruire encore un peu plus ce sens même des appartenances qui fondent pourtant ce
01:32que nous sommes.
01:33Raphaël Staville, vous êtes d'accord avec François-Xavier Bellamy.
01:36Pourquoi êtes-vous contre cette proposition de loi ? Expliquez-nous.
01:41D'abord, il faut rappeler que l'élargissement voulu par les écologistes aujourd'hui, à l'occasion de cette niche
01:50parlementaire,
01:52il fait suite à une première décision qui date de 1992,
01:55où on a accordé le droit de vote aux étrangers communautaires pour les élections locales.
02:02Pourquoi cette loi, elle est discutable, elle est dangereuse,
02:06et comme le disait François-Xavier Bellamy, c'est même une folie.
02:09– Dangereuse et une folie, alors expliquez-nous.
02:11– Oui, parce que c'est finalement essayer de dissoudre encore davantage ce que représente la citoyenneté,
02:20auquel est attaché le droit de vote.
02:21C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la volonté des écologistes,
02:25mais de manière plus large, d'une grande partie de la gauche aujourd'hui,
02:29est de finalement abolir ce qui fait qu'aujourd'hui,
02:35un citoyen français a une responsabilité particulière,
02:41un attachement particulier à son pays,
02:43que c'est un enraciné,
02:45que certains puissent demander la nationalité,
02:49et qu'avec cette nationalité soit accordé ce droit de vote,
02:53c'est légitime.
02:54Mais là, il ne s'agit même plus d'avoir un attachement,
02:57de faire ce choix, de vouloir devenir français,
02:59pour pouvoir voter, décider de l'avenir de municipalités.
03:04Donc c'est vraiment la notion de citoyenneté
03:09qui, d'une certaine manière, devient de plus en plus floue,
03:12de plus en plus liquide,
03:13et qui fait que cet attachement qui est nécessaire
03:16pour vouloir présider au destiné de son pays,
03:20vouloir que ce pays demeure,
03:23aujourd'hui, on voit que derrière cette volonté,
03:26il y a vraiment un souci, finalement, électoraliste,
03:30mais d'une certaine manière,
03:31c'est une visée qui a cours depuis les années 80,
03:36avec le choix préférentiel fait par la gauche
03:39pour l'immigration,
03:40comme si, finalement,
03:42les immigrés d'aujourd'hui seraient les électeurs de demain,
03:46et donc, ce souci qu'ils apportent à ce futur électorat,
03:51c'est pour eux, pour compenser, finalement,
03:54une partie des électeurs qui ont préféré fuir les idées de la gauche
03:57parce qu'ils ne se reconnaissaient plus dans leurs idées.
04:01Alors, on n'a pas encore les conditions.
04:03Si jamais cette proposition était adoptée,
04:05à ce moment-là, il y aurait un débat parlementaire
04:06pour fixer les conditions.
04:08C'est, a priori, ce que j'ai compris.
04:10Mais là, il s'agit d'élections locales,
04:14il s'agit de personnes, par exemple,
04:16qui sont sur le sol français depuis des années,
04:18qui travaillent, qui paient leurs impôts.
04:21Pourquoi les empêcher, finalement,
04:23d'accéder à ce vote pour des élections locales ?
04:25Encore une fois, Grélie,
04:27ce droit de vote, il est attaché à la citoyenneté.
04:30Ça a été élargi, je vous le rappelais, en 1992,
04:33avec le traité de Maastricht aux communautaires.
04:35Voilà, exactement.
04:36Pour les personnes européennes.
04:38Mais il y a cette idée que
04:40c'est presque un lien indissoluble
04:42entre la citoyenneté et la possibilité de pouvoir voter.
04:45En fait, vous, ce que vous nous dites,
04:46c'est que vous préfériez que ces gens-là,
04:48même puisqu'ils sont depuis si longtemps en France
04:50et qu'ils payent leurs impôts, qu'ils travaillent,
04:52il faudrait déjà qu'ils demandent leur citoyenneté française.
04:54C'est très exactement ça.
04:55S'ils étaient si attachés à la France
04:57et au devenir de la France
04:59pour pouvoir vouloir peser sur les élections locales,
05:03qu'ils demandent la nationalité française
05:05et que cet examen soit...
05:06Mais certains ne veulent pas forcément perdre aussi
05:08une partie de leurs racines.
05:10Non, mais ça n'enlève rien à leurs racines.
05:13Encore faut-il faire ce choix,
05:14ce choix d'adhésion, de cœur,
05:16avec le pays hôte qui les accueille.
05:19Alors certes, certains travaillent,
05:21mais ce n'est pas ça.
05:24Ce n'est pas le travail.
05:25Ce n'est pas l'investissement
05:27que l'on met dans la vie quotidienne
05:30qui fait de vous un Français.
05:35Alors qu'est-ce que c'est ?
05:37On en revient au débat sur une nationalité...
05:41Ce sont des valeurs,
05:43c'est une culture,
05:45c'est une manière d'être,
05:46c'est un art de vivre.
05:48On n'a rien...
05:49Il ne s'agit pas de les exclure de la société.
05:52Ils n'y prennent pas.
05:53Pour autant, le vote,
05:54c'est encore une chose supplémentaire.
05:57Et donc, c'est un risque immense.
06:01Et puis, on se dit,
06:03si aujourd'hui,
06:04on devait élargir ce droit de vote
06:06aux non communautaires,
06:07pourquoi demain ne pas l'accorder
06:10à ceux qui sont en France
06:11de manière illégale ?
06:12On est dans une sorte de course folle
06:15dont on mesure trop mal les conséquences.
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