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  • il y a 9 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:03La suite à 13h32 sur Europe 1, vous écoutez Clélie Mathias et ses deux chroniqueurs.
00:07Le chef du service politique chez Valeurs Actuelles, Sébastien Lillier, nous a rejoint en studio.
00:11Xenia Fedorova, journaliste et chroniqueuse sur CNews.
00:14Bonjour Xenia Fedorova, soyez la bienvenue.
00:15Bonjour.
00:16On va revenir un instant sur la situation en France, la situation même politique,
00:20puisque la France insoumise, qui fête ses 10 ans d'ailleurs,
00:24elle a été fondée en 2016, on sent le cri du cœur, on sent que c'est sincère Sébastien.
00:30Elle a été classée pour la première fois de son histoire comme un parti d'extrême-gauche
00:33dans une circulaire du ministère de l'Intérieur.
00:37Écoutez Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, qui a justifié ce classement.
00:42On a trois critères qui ont fait qu'on a classé la France insoumise à l'extrême-gauche.
00:45Et j'assume totalement ce choix.
00:46Le premier, c'est qu'il y a quand même, depuis l'été dernier, chez la France insoumise,
00:49une remise en cause très forte de l'autorité judiciaire.
00:51Et puis il y a ces accusations systématiques de la police, la police tue, etc.
00:55Vous oubliez bien que depuis l'été dernier, il y ait une évolution vers une forme de radicalité,
00:58et parfois des appels à la désobéissance civile.
00:59Le deuxième point qu'on a pris en compte, il y a quand même une forme de désalliance aussi
01:02au sein du bloc de gauche avec la France insoumise qui appelle à sanctionner
01:06notamment le parti socialiste, qui monte des listes contre la gauche traditionnelle.
01:11Et puis troisième argument qu'on a pris en compte, pardon,
01:13on peut considérer que la France insoumise s'éloigne un peu de nos valeurs universellistes républicaines
01:16en donnant la primauté aux aspects communautaires de l'organisation de la société,
01:20aux aspects identitaires.
01:21Et donc c'est à ce titre-là qu'on l'a classé à l'extrême-gauche.
01:23Voilà, alors différentes nuances, deux couleurs, c'est à chaque fois un petit peu avant les élections,
01:28notamment la municipale, où on reclasse le paysage politique français.
01:33Évidemment, la France insoumise est contre.
01:36Olivier Faure du parti socialiste aussi, je vous soumets ce qu'il a dit,
01:39il a dit que ce n'était pas juste de classer politiquement la France insoumise à l'extrême-gauche.
01:43Il a attaqué ceux qui cherchent à dédiaboliser l'extrême-droite
01:45pour transmettre le mystique gris à la gauche radicale.
01:48Et il dit que LFI n'est pas un parti d'extrême-gauche, c'est de la gauche radicale.
01:54Il y a deux choses dans cette histoire.
01:56Il y a en effet la question de la méthode de classification et la classification en tant que telle.
02:01Moi, à titre personnel, là où je peux rejoindre Jean-Luc Mélenchon,
02:03c'est que je considère que ce n'est absolument pas au ministère de l'Intérieur
02:06de décider de la classification et de l'étiquette politique des adversaires politiques de ce pays.
02:13C'est-à-dire que ça marche pour la droite et ça marche pour la gauche.
02:15Mais moi, je suis contre cette idée de classification.
02:18Je ne comprends pas pourquoi...
02:18Ah, on ne le classe pas, on ne met pas d'étiquette.
02:21Mais les Français décident.
02:22Et je pense que les Français, en extrême-majorité,
02:24considèrent en effet que la France insoumise est un parti d'extrême-gauche.
02:27Et là, on en arrive à la couleur politique de la France insoumise.
02:29En effet, la France insoumise, un parti qui appelle à attraper les riches par les cheveux,
02:36un parti qui appelle à désarmer la police et qui explique que la police tue,
02:39un parti qui invite des islamistes à l'Assemblée nationale,
02:42un parti qui compte dans ses rangs des fichiers S,
02:44un parti qui prend le parti, justement, des dictateurs,
02:48que ce soit en Algérie, au Venezuela ou la Chine communiste,
02:52un parti qui est violent avec les autres députés.
02:55Oui, tout cela me fait dire que ça ne me choque absolument pas
02:58que la France insoumise soit un parti d'extrême-gauche.
03:00Mais in fine, ce sont aux Français de le décider.
03:03Et l'idée qu'un gouvernement puisse décider des étiquettes politiques
03:07des uns et des autres, notamment de leurs opposants, m'interpelle.
03:10Voilà.
03:11Ça, c'est la première chose. Et vous nous avez dit qu'il y a deux choses.
03:13Et la deuxième chose, c'est que si un ministre macroniste
03:16reconnaît que la France insoumise est un parti d'extrême-gauche,
03:20ça veut donc dire que le camp macroniste reconnaît qu'ils se sont alliés
03:23aux dernières législatives avec un parti d'extrême-gauche.
03:27Ça, c'est quand même assez intéressant.
03:28J'espère qu'ils le reconnaîtront aussi.
03:29On verra si ça change quelque chose pour les électeurs, surtout.
03:32C'est ce que vous disiez.
03:33Mais les électeurs, ils ont déjà décidé, ils considèrent déjà
03:37que la France insoumise est un parti d'extrême-gauche.
03:39Donc ça ne changera pas grand-chose, au final.
03:41Mais c'est dans l'idée globale.
03:43Je trouve que ce n'est pas une méthode extrêmement démocratique,
03:46si vous voulez, qu'un ministre de l'Intérieur décide
03:48des étiquettes politiques des uns et des autres.
03:50Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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