00:00Europe 1
00:02Europe 1
00:0211h30, 13h
00:05Christine Kelly et vous ?
00:06Si vous nous rejoignez à l'instant, nous allons parler du chômage.
00:10Dans un instant, nous allons parler de ce livre Témoignages,
00:14une année dans l'enseignement privé catholique avec Harold Koubert,
00:17auteur du livre « Foi » de prof aux éditions du Rocher.
00:20On en parle dans un instant, mais d'abord avec Benoît Perrin,
00:23qui nous a rejoint dans le studio.
00:24Non, ça fait un moment qu'il est là.
00:26On va parler de ce taux de chômage qui continue d'augmenter,
00:29atteignant 7,9% au quatrième trimestre,
00:32son niveau le plus élevé depuis 2021.
00:34Cette hausse est particulièrement marquée chez les jeunes de 15-24 ans.
00:37Cette tendance confirme une inversion de la corbe du chômage,
00:40malgré un contexte où l'emploi avait été plutôt robuste les années précédentes.
00:44Pourquoi le chômage augmente ?
00:46Pourquoi on n'arrive pas à s'en sortir ?
00:48Pourquoi le niveau de vie des Français recule derrière celui de la Pologne et d'Italie ?
00:52Beaucoup de questions à se poser avec Benoît Perrin,
00:54économiste et directeur de Contribuables Associés.
00:56Et vous réagissez au 0, 1, 80, 20, 30, 9, 21.
00:59Vous avez la parole avec Christine Kelly.
01:00Il est 12h34 sur Europe 1.
01:0411h30, 13h.
01:05Christine Kelly sur Europe 1.
01:09Petit message personnel, gamme réinclusé.
01:11Si vous êtes libre à déjeuner,
01:13vous m'avez posé une question, on peut déjeuner ensemble.
01:15Ça vous va bien ?
01:15Avec grande joie.
01:16Allez, on va faire ça.
01:17C'est pas qu'on n'a pas des choses à faire, mais on va déjeuner.
01:19Non, Benoît Perrin, vous n'êtes pas invité.
01:21Moi, on ne me pose pas la question.
01:25Non, non, mais on est maintenant ensemble.
01:28Mais non, Eric, je viens d'annoncer que vous déjeunez tous les jours ensemble.
01:31Avec Fabrice Laffy, vous faites votre petite vie de votre côté.
01:35On vous a à l'œil.
01:36Non, je vous taquine.
01:37Ça qu'Emmanuel Macron avait promis lors de sa campagne présidentielle 2022,
01:41et au début du second mandat,
01:43Emmanuel Macron avait fait plusieurs promesses liées au chômage.
01:46Il s'était fixé l'objectif de ramener le chômage autour de 5% d'ici 2027,
01:49à niveau considéré comme proche du plein emploi.
01:52Il avait voulu continuer à libéraliser le marché du travail
01:55avec des mesures en favorisant la flexibilité, la croissance, l'embauche.
01:59Moi, je ne comprends pas, Benoît Perrin,
02:02que nous sommes à 7,9% de ce taux de chômage qui augmente.
02:06Je ne comprends pas que les jeunes n'aient pas de boulot.
02:08Je ne comprends pas.
02:10Alors, 7,9%, c'est uniquement pour les demandeurs d'emploi de catégorie A.
02:15Vous savez, quand on compte les demandeurs d'emploi,
02:17il y a plusieurs catégories.
02:18Ça va de A à G.
02:20Et si on les prend de A à G, on est plutôt aux alentours de 17%.
02:23Donc, vous voyez, si vraiment on compte tout le monde,
02:25en fait, les chiffres sont beaucoup plus alarmants
02:27que ceux que vous venez de dire.
02:28Et je fais une parenthèse, Benoît Perrin,
02:29ne parlons surtout pas, comme d'habitude, de l'outre-mer.
02:32Ah non, alors ça...
02:32Ne parlons pas, parce que là, ce sont des chiffres explosifs.
02:35On préfère ne pas les mettre dans...
02:36Alors, fermons la parenthèse, mais c'est 30-40%.
02:39Fermons la parenthèse,
02:40mais ne dupons pas les Français derrière ces chiffres.
02:44Non, mais c'est ça.
02:44C'est-à-dire qu'on nous dit, à longueur de temps,
02:45ne vous inquiétez pas, tout va bien, la croissance est bonne,
02:49l'industrie se porte bien, l'économie française résiste.
02:51Vous voyez, on va péniblement atteindre les 1%,
02:54mais c'est quand même une bonne nouvelle,
02:56malgré l'incertitude politique.
02:57Mais en fait, la vérité, c'est qu'en fait, ça ne va pas du tout.
03:00C'est-à-dire que vous avez effectivement un taux de chômage qui remonte.
03:02Alors, quand Emmanuel Macron est arrivé,
03:03on est à un taux de chômage d'à peu près 9,5%.
03:05Donc là, on frôle les 8%.
03:07Encore une fois, uniquement pour les chômeurs de catégorie A,
03:10c'est-à-dire ceux qui sont à la recherche effective d'emploi,
03:12ceux qui sont disponibles immédiatement
03:14et ceux qui n'ont pas de travail du tout.
03:16Donc vraiment, on prend, j'aurais tendance à dire,
03:17vraiment uniquement une parcelle assez étroite, en fait,
03:20des demandeurs d'emploi.
03:21Et ce qui est frappant, vous l'avez dit,
03:22c'est surtout la montée du taux de chômage chez les jeunes.
03:25Et ça, c'est très embêtant.
03:27On va dire qu'il y a trois raisons de fond,
03:29une raison ponctuelle.
03:30La première raison de fond, c'est le recul de l'apprentissage.
03:33Et là, dans le dernier budget qui a été voté,
03:35il y aura moins d'argent pour l'apprentissage,
03:36alors qu'on sait très bien que l'apprentissage est un tremplin pour l'emploi.
03:39Deuxième raison, c'est qu'on voit de plus en plus de jeunes
03:43qui n'ont ni emploi, qui ne sont pas scolarisés,
03:46qui ne sont pas en formation.
03:47Les fameux NITS, vous savez, ils sont quand même 1,5 million,
03:49ce qui est absolument énorme
03:50et qui ont du mal, par définition, à trouver un emploi.
03:53Et puis, dernière raison structurelle,
03:54c'est évidemment le sujet des filières.
03:55On le sait très bien que c'est un sujet tabou en France.
03:57On envoie des jeunes dans des filières
03:59dont on sait très bien que le taux d'insertion professionnelle
04:01est effectivement très faible
04:02et on ne les informe pas assez.
04:04Et donc, du coup, il y a beaucoup de jeunes qui sont aigris,
04:05en fait, parce qu'ils sont Bac plus 4, Bac plus 5,
04:08voire même Bac plus 6,
04:09et qui disent légitimement,
04:10écoutez, j'ai fait beaucoup d'études
04:11et malgré tout, je n'ai pas d'emploi.
04:14Donc, en fait, on génère un peu, vous voyez,
04:15la frustration chez les jeunes.
04:16Benoît Perrin, on génère la frustration chez les jeunes,
04:18mais moi, j'entends aussi des employeurs
04:19qui disent qu'on prend des jeunes,
04:21le moins de trucs, ils ont un air à maladie,
04:23ils repartent,
04:24Eric Tegner est d'accord avec moi.
04:25Moi, j'entends aussi des jeunes qui disent
04:27« Oui, oui, moi, je ne veux pas ce boulot-là, etc.
04:29Ce n'est pas fait pour moi, etc. »
04:30J'entends aussi, effectivement,
04:33ce rapport au travail
04:35où les jeunes se disent que le travail ne paie plus.
04:37Le travail ne paie plus.
04:38Eric Tegner.
04:39Oui, je suis assez d'accord avec vous, Christine.
04:40Il y a deux phénomènes qui sont tabous aujourd'hui.
04:43D'abord, il y a une grande partie des jeunes aujourd'hui
04:46qui se disent « J'ai cotisé pour le chômage,
04:48donc je vais me prendre un an,
04:49je vais négocier une rupture conventionnelle, etc. »
04:51Et d'ailleurs, même l'État a dit
04:53qu'il y avait beaucoup trop d'abus
04:54sur les ruptures conventionnelles.
04:55Donc, c'est un phénomène qu'on retrouve partout,
04:57y compris chez les Bac plus 6, etc.
04:59De prendre un an, un an et demi,
05:00d'aller loin.
05:01Le deuxième phénomène qui est vraiment tabou,
05:03c'est qu'il y a près d'un million de chômeurs aujourd'hui
05:04qui sont ce qu'on appelle des créateurs d'entreprises.
05:07Quand vous êtes créateur d'entreprises,
05:08vous n'avez pas besoin de chercher du travail.
05:10Vous avez juste besoin de déclarer une entreprise.
05:13Je le sais parce que moi, pour créer mon entreprise,
05:15j'ai eu le chômage pendant près d'un an.
05:16La différence, c'est que j'ai créé après près de 25 emplois.
05:19Mais il y a une énorme partie de jeunes aujourd'hui,
05:21ils se contentent de créer une autre entreprise,
05:23ils ne font rien avec cette entreprise,
05:25ça leur permet de toucher le chômage,
05:26ils peuvent aller au bout du monde,
05:27ils sont exonérés de toutes les rencontres à Pôle emploi.
05:30Et ça, on n'en parle jamais.
05:31Et également, les grands fonds d'investissement
05:32qui vont dans les start-up,
05:33qui abusent et qui demandent au patron
05:34de toucher le chômage pour éviter de les payer.
05:3510 secondes de réponse, Benoît Perrin,
05:36ensuite on prend Michel,
05:38ensuite on marque une pause,
05:39et ensuite on parle du livre.
05:40Non, c'est très juste.
05:41Trop de sujet.
05:41C'est très juste ce que vient de dire Eric.
05:43Je rajouterai une dernière raison qui est structurelle,
05:45c'est que justement,
05:46le coût de la vie étant de plus en plus cher,
05:47il y a beaucoup plus de jeunes qui sont en études
05:50et qui cherchent à travailler
05:51et qui du coup s'inscrivent à Pôle emploi.
05:53Donc effectivement,
05:54il y a aussi des jeunes qui viennent gonfler
05:56les chiffres du chômage
05:58parce qu'ils ont besoin absolument de bosser.
05:59Gabriel, le plaisir.
06:01Mais bon, il y a plusieurs,
06:03comme souvent, il y a plusieurs facteurs,
06:06mais néanmoins, je voulais revenir sur les filières.
06:08On ne va pas se mentir,
06:09pendant des années,
06:10on a pris,
06:10alors on donne toujours cet exemple-là,
06:12ce n'est pas contre eux,
06:12mais des étudiants sociaux
06:14sont en numerus clausus,
06:15et en revanche,
06:16on a pris des étudiants en médecine
06:18avec numerus clausus
06:19et même le numerus apertus,
06:22là, je ne sais pas comment on l'appelle,
06:23c'est à peu près la même chose
06:24que le numerus clausus,
06:25donc le résultat est le même.
06:26Moi, il en manque de médecins,
06:27moi, je n'ai entendu personne me dire
06:28« je suis très stressée,
06:29je n'ai pas de sociologue dans mon coin,
06:30je ne peux pas consulter ».
06:31Vous voyez ?
06:32Donc il y a un moment,
06:32il aurait peut-être fallu faire preuve de bon sens.
06:35Alors, en France,
06:36on est à 7,9,
06:37en Allemagne,
06:38nettement plus bas,
06:39le taux de chômage,
06:39il est à combien ?
06:41Devinez,
06:413,8%,
06:43beaucoup plus bas,
06:44et effectivement,
06:45en Italie,
06:46plus faible que la France,
06:475,7%,
06:48en Cologne,
06:493%,
06:50Michel,
06:51vous nous appelez d'autres lois.
06:52Il y a besoin d'immigration
06:53pour avoir des emplois.
06:54Exact,
06:55j'y pensais,
06:56je ne l'ai pas dit,
06:57parce qu'on n'a pas le temps,
06:58mais Michel,
06:58vous nous appelez de haute lois
06:59et vous dites que c'est désastreux,
07:01vous faites ce constat aussi avec nous,
07:02Michel.
07:03Oui,
07:03bonjour Christine.
07:05Bonjour Michel.
07:06Alors, je dirais d'abord que nous ne sommes pas
07:07dans une économie dirigiste,
07:08nous sommes dans une économie de marché,
07:11qui est censée favoriser
07:12le plein emploi
07:13et l'exploration économique.
07:16Or,
07:16deuxième point,
07:18M. Macron se comporte
07:19en dirigiste,
07:21en mauvais dirigiste,
07:22parce qu'en fait,
07:22les résultats qu'il promet
07:23sont mauvais.
07:25Alors,
07:25c'est un idéologue,
07:26je dirais même,
07:27c'est un idéologue.
07:28Alors,
07:28est-ce qu'il faut tout mettre
07:29sur le dos d'Emmanuel Macron ?
07:31Comment peut-on écouter
07:32un homme qui parle,
07:34mais qui n'a pas de parole ?
07:35Voilà ce que je voulais dire.
07:38Merci beaucoup Michel,
07:39merci d'avoir été clair,
07:40net, précis,
07:41et vous dites en fait
07:42que c'est la faute d'Emmanuel Macron
07:44qui nous a promis.
07:45Dernier mot,
07:46merci beaucoup pour votre appel
07:47en direct sur Europe,
07:47mon cher Michel,
07:48belle journée.
07:49Benoît Perrin,
07:50peut-être un dernier mot
07:51sur le chômage,
07:52lorsque vous entendez
07:53ce que nous dit Michel,
07:54qui nous a appelé l'autre noir
07:55et qui dit,
07:56voilà,
07:57Emmanuel Macron,
07:59il est dans l'idéologie,
08:00il n'est pas dans le concret.
08:02Alors, c'est vrai,
08:02mais enfin,
08:02ce n'est pas le seul,
08:03malheureusement,
08:03et je pense qu'il faut vraiment
08:04s'attaquer aux trois problèmes structurels.
08:06Le problème structurel,
08:07il faut le rappeler aux Français,
08:07c'est qu'on ne travaille pas assez
08:08tant qu'on ne sera pas assez
08:09nombreux à travailler,
08:11notamment les jeunes,
08:12notamment les seniors.
08:13On ne pourra pas remonter
08:16justement la croissance.
08:18Deuxième sujet,
08:19c'est l'industrie,
08:19on n'en parle pas assez là non plus,
08:20mais il faut absolument
08:21qu'on réindustrialise le pays
08:22puisque c'est générateur
08:23de vraies créations de richesses.
08:26Effectivement,
08:27l'Allemagne est le bon exemple.
08:28Et puis,
08:29troisième exemple,
08:30il faut vraiment dire
08:31qu'il faut améliorer
08:32la formation de tout le monde.
08:33Vous savez,
08:33on parle souvent
08:34de la formation des jeunes
08:35où le niveau s'effondre,
08:36des classements PISA,
08:38des classements Teams
08:39sur les sujets de sciences.
08:40Mais on oublie de parler
08:41d'un classement
08:42qui est beaucoup plus,
08:43me semble-t-il,
08:43important,
08:44qui est le classement PIAC,
08:45qui permet de comparer
08:46les compétences des adultes.
08:48Et là aussi,
08:49on est en dessous
08:49de la moyenne de l'OCDE.
08:51Donc vous voyez,
08:51même en termes de compétences
08:52des adultes,
08:53on s'effondre,
08:53il ne faut pas s'étonner non plus
08:54que la croissance française
08:56en pâtisse.
08:56Et un tout petit point,
08:57c'est qu'on parle toujours
08:58de reporter l'âge de départ,
08:59vous savez,
09:00à la retraite.
09:00Ce qu'on oublie,
09:01c'est que l'âge moyen
09:02de rentrer sur le marché
09:03de l'emploi en France,
09:04il est de 29 ans
09:05contre 25 ans en Allemagne.
09:07Les 4 années,
09:08on les a trouvées là.
09:09Il y a aussi la Suisse
09:10qui n'a pas peur
09:11de faire du travail manuel.
09:12Vous savez,
09:13le collège unique,
09:13on n'en est jamais revenu.
09:15Mais pourquoi laisser
09:16dans des filières générales ?
09:17D'ailleurs,
09:17il y a peut-être un lien
09:18avec la sécurité des jeunes.
09:19sur l'orientation
09:19des collèges.
09:21On laisse des enfants
09:22en gros problèmes
09:23sur l'orientation
09:24en usine.
09:26Donc l'intelligence de la main
09:27n'est pas reconnue en France.
09:28Aujourd'hui,
09:29les jeunes,
09:29ils préfèrent être influenceurs.
09:31Moi, je vous le dis aussi.
09:32Non mais c'est vrai,
09:33l'argent facile,
09:34le nom de Périn,
09:34je...
09:35Vous souriez,
09:35c'est vrai ou c'est faux ?
09:36Avant,
09:37je travaillais dans le conseil
09:37en organisation.
09:38J'avais été frappée
09:39d'une collaboratrice
09:40qui avait pris 15 jours
09:41parce qu'elle s'était faite
09:42plaquer.
09:43C'est-à-dire,
09:43son copain l'avait plaqué,
09:44elle a eu 15 jours
09:45d'arrêt maladie
09:45qui ont été délivrés
09:47officiellement par son médecin
09:48parce qu'elle n'avait pas le moral.
09:50Bon ben c'est vrai
09:50qu'il faut aussi
09:51être un peu responsable
09:52et dire la vérité.
09:53Il y a des gens,
09:54il y a des jeunes
09:54qui effectivement
09:55ne veulent pas travailler
09:56alors que pour le coup
09:57il y a du boulot.
09:58Bon, alors,
09:59dans Fois de Prof,
10:01une année
10:02dans l'enseignement privé catholique.
10:04Vous n'avez pas de travail
10:04à aller enseigner
10:05dans le...
10:06chez les...
10:07l'enseignement privé catholique.
10:09Aron Cobert raconte
10:10ce qu'il découvre
10:11en donnant professeur.
10:12des élèves moins décrocheurs
10:14qu'on ne le dit
10:15à condition d'un cadre clair,
10:16une directive,
10:18une direction réactive,
10:19des enseignants soutenus,
10:20une transmission des savoirs
10:21qui fonctionne encore
10:23quand on ose l'exigence.
10:25Ce livre,
10:25et si ce livre montrait
10:26que l'école peut encore réussir
10:28mais pas partout
10:28ni à n'importe quelle condition.
10:30On marque une pause
10:30et on reçoit
10:31notre invité Aron Cobert.
10:33Merci beaucoup Benoît Perrin.
10:34Merci Christine Kili.
10:35Merci à tous.
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