- il y a 2 heures
Chaque dimanche, Emilie Broussouloux vous accompagne de 14h à 16h dans BFM Week-end.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00:00Il est presque 14h30 sur BFM TV. Bonjour, soyez les bienvenus à la une cet après-midi.
00:00:06La Bretagne est en alerte. Le département du Morbihan, vigilance orange crue.
00:00:12De nouveaux débordements sont redoutés, menaçant les quais, les commerces et les habitations.
00:00:17Nos équipes sont à mal étroit, aux côtés des habitants inquiets. Le pic est attendu en fin d'après-midi.
00:00:235 interpellations après le rapte d'une magistrate grenobloise et de sa mère.
00:00:29Les deux femmes avaient été séquestrées pendant une trentaine d'heures pour une demande de rançon en crypto-monnaie.
00:00:35Deux jours plus tard, du nouveau sur l'enquête.
00:00:39La guerre éclatera-t-elle entre les Etats-Unis et l'Iran ?
00:00:43Ce matin, Téhéran réaffirme ses lignes rouges.
00:00:46Hors de question de renoncer à l'enrichissement d'uranium, même si ça doit entraîner une attaque américaine.
00:00:52Soyez les bienvenus sur BFM TV.
00:00:55Et il n'en finit plus de pleuvoir sur la Bretagne.
00:00:58Le département du Morbihan est toujours en vigilance orange ce dimanche avec l'arrivée de nouvelles pluies.
00:01:04C'est là que l'on vous retrouve.
00:01:06Élise Phillips, bonjour.
00:01:07Vous êtes à Malétroit où les habitants sont inquiets.
00:01:11Ils scrutent le niveau de la rivière de l'Ouste.
00:01:13C'est le cas de Denise.
00:01:14Avec qui vous vous trouvez, Élise ?
00:01:17Exactement.
00:01:18L'eau joue avec nos nerfs.
00:01:20C'est ce que nous a dit tout à l'heure une habitante rencontrée.
00:01:22Parce qu'effectivement, la commune de Malétroit connaît encore aujourd'hui des crues.
00:01:27Avec Mathieu Le Peigny, on a les pieds dans l'Ouste.
00:01:30C'est le cours d'eau qui traverse la ville et qui est en vigilance orange-crue depuis ce matin.
00:01:34Le niveau continue de monter.
00:01:36Et ce n'est pas encore fini.
00:01:37Et ça dure même depuis plusieurs semaines.
00:01:39Les premiers habitants touchés sont ceux qui habitent au pied de l'Ouste, de cette rivière.
00:01:43Et c'est le cas effectivement de Denise.
00:01:46Denise, racontez-nous.
00:01:47Là, c'est votre jardin.
00:01:47C'est ça qui est complètement inondé ?
00:01:49Oui, complètement inondé depuis deux jours.
00:01:52Et ça a monté très vite cette fois-ci, je trouve.
00:01:55Mais si ça ne va pas plus loin, c'est bien.
00:01:57Alors justement, j'allais vous demander, est-ce que ça vous a surpris, la rapidité avec laquelle l'eau est montée ?
00:02:01Oui.
00:02:02Oui, ça m'a surpris parce que ça a été plus rapidement que l'autre fois.
00:02:06Je ne sais pas pourquoi, parce qu'il a dû pleuvoir davantage.
00:02:09Je ne sais pas.
00:02:10Est-ce que certaines parties de votre maison ont été inondées ?
00:02:12Vous me parliez de votre cave notamment tout à l'heure.
00:02:14La cave, oui, la cave, mais l'autre fois, c'était venu dans le garage et dans l'abri-bois.
00:02:18Pas cette fois-ci.
00:02:19Enfin, pas encore.
00:02:20Oui, j'espère.
00:02:22Est-ce que l'eau continue de monter là-dessus tout à l'heure ?
00:02:23Oui, elle monte encore un tout petit peu.
00:02:26Depuis une heure, ça a monté.
00:02:28Oui.
00:02:29Là, on disait, ça fait plusieurs semaines maintenant que la Bretagne est touchée par des crues.
00:02:32Comment est-ce que vous le vivez, vous ?
00:02:35Moi, pas trop mal parce que ça n'a pas m'oublié à la maison.
00:02:39Ça n'a pas rentré dans la maison.
00:02:40Mais c'est quand même ennuyeux.
00:02:43J'ai hâte que tout se termine.
00:02:44Revoir le soleil et le jardin.
00:02:47Eh oui, on rencontrait certains habitants tout à l'heure qui nous disaient qu'ils étaient un petit peu là quand même de cette situation qui s'éternise.
00:02:52C'est vrai, c'est un petit peu long cette fois-ci.
00:02:54Mais il n'y a plus malheureux, donc je fais avec.
00:02:59Merci beaucoup, Denise.
00:03:00Voilà, Denise qui essaie de garder le sourire, effectivement, parce que ce n'est pas facile pour tous les habitants.
00:03:06Et en ce moment même, le maire de la commune est en train de présider une réunion de crise.
00:03:09Tout à l'heure, il a à faire un tour aussi dans les quartiers qui sont concernés pour voir s'il n'y a pas des habitants qui ont besoin d'aide.
00:03:14Parce qu'encore une fois, le pic de la crue n'est pas encore atteint.
00:03:17Ce sera ce soir, donc dans quelques heures, aux alentours de 20h-21h.
00:03:21Merci beaucoup, Élise Phillips, avec Mathieu Le Peignet.
00:03:24On souhaite bon courage à Denise.
00:03:26On continue d'en parler avec vous, Eleonore Boccarat.
00:03:29Bonjour.
00:03:29Merci de nous avoir rejoints.
00:03:31Ces crues n'en finissent plus.
00:03:32Après la Laïta et le Blavé, c'est la rivière de Loust qui pourrait bien déborder.
00:03:36Oui, c'est vrai qu'on est repassés en jaune pour la Laïta et le Blavé.
00:03:40Le Blavé qui avait fortement réagi, mais donc des crues bien entamées.
00:03:44Pour la Laïta, on fait attention parce qu'on a quand même un phénomène qui est à la fois fluvial et en même temps maritime.
00:03:48Donc, c'est un petit peu temporaire, mais c'est vrai que ça va mieux de ce côté-là.
00:03:52En revanche, oui, on a le Morbihan en vigilance à cause de Loust qui a donc fortement réagi aux précipitations de ces derniers jours.
00:03:58Là, aujourd'hui, les précipitations qu'on voit, c'est uniquement quelques millimètres.
00:04:01Donc, ça se calme un petit peu, mais au niveau des courbes de crues, effectivement, cela s'en ressent fortement.
00:04:08Du côté de Jocelyn, vous voyez, on a atteint le pic.
00:04:11On a la décrue qui arrive.
00:04:14La situation reste toutefois compliquée, même si on peut être optimiste.
00:04:17Décrue peut-être temporaire, on aura l'occasion d'en parler.
00:04:20Mais en tout cas, du côté de Malais 3, en effet, on voit bien avec cette courbe et la partie que vous voyez à la fin de la courbe qui révèle les prévisions attendues que ça devrait être atteint vers 20h, 21h probablement.
00:04:32Alors, on entendait les habitants sur place qui sont inquiets.
00:04:35À quoi doit-on s'attendre ces prochaines heures ?
00:04:37J'aimerais vous annoncer de bonnes nouvelles quand on entend des témoignages aussi touchants que celui de cette dame à l'instant.
00:04:44Néanmoins, on attend encore un temps très perturbé.
00:04:46Pour l'instant, on n'en voit vraiment pas la fin.
00:04:48On attend de nouvelles pluies demain, peut-être 20 à 30 millimètres sur la Bretagne encore demain.
00:04:54On attend aussi de nouvelles pluies pour mardi avec une nouvelle perturbation qui arrive à nouveau par l'ouest.
00:05:00Et encore mercredi, une autre perturbation qui arrive et qui pourra apporter de bons cumuls sur le sud de la Bretagne.
00:05:06Donc, il faut être patient.
00:05:07Merci beaucoup, Eleonore.
00:05:09La situation est bien plus inquiétante en Espagne et au Portugal.
00:05:13Les deux pays affrontent en ce moment même une tempête, la deuxième en quatre jours.
00:05:18Regardez ces images qui nous viennent d'Espagne.
00:05:20Après la tempête, Leonardo qui a tué trois personnes en milieu de semaine.
00:05:24C'est Marta qui frappe.
00:05:25Un pompier volontaire a été emporté par une rivière encrue.
00:05:28Plus de 11 000 personnes ont dû être évacuées en Andalousie.
00:05:33Des inondations, mais aussi des avalanches.
00:05:35Deux skieurs sont décédés hier après-midi à Saint-Véran dans les Hautes-Alpes.
00:05:40L'avalanche s'est déclenchée vers 15h en portant avec elle deux hommes âgés d'une trentaine d'années.
00:05:46Ils faisaient partie d'un groupe de quatre randonneurs qui skiaient en hors-piste sans encadrement.
00:05:51Depuis le début de l'année, plus d'une vingtaine de skieurs ont déjà péri dans des avalanches survenues dans différents massifs des Alpes.
00:05:57On en vient à cette information.
00:06:00Cinq interpellations après le rapte d'une magistrate grenobloise et de sa mère.
00:06:05Vendredi, les deux femmes avaient été retrouvées blessées dans un garage dans le sud-est de la France.
00:06:10Elles ont été séquestrées pendant une trentaine d'heures pour une demande de rançon en crypto-monnaie.
00:06:16L'enquête avance.
00:06:17Les cinq personnes dont une femme ont été placées en garde à vue, c'est ce qu'indique le parquet de Lyon.
00:06:23Bruno Pommard, bonjour.
00:06:24Bonjour.
00:06:24Merci de nous avoir rejoints.
00:06:26Vous êtes le président du think tank initiative sécurité intérieure et ancien instructeur du RAID.
00:06:32C'est vrai que lorsque l'enquête a démarré, on craignait une opération de criminel qui visait la magistrate en raison de sa profession.
00:06:38Et finalement, très vite, la police judiciaire a découvert que le compagnon de la magistrate était dans le secteur des crypto-monnaies depuis plus de 15 ans.
00:06:46Oui, on sait que c'est un secteur évidemment qui est bien ciblé par le grand banditisme.
00:06:50On l'a vu.
00:06:50Il y a plusieurs affaires qui sont apparues depuis quelques mois déjà.
00:06:55Six qui sont très très dures d'ailleurs.
00:06:57On en a connu six sur la région parisienne.
00:06:59Mais là, on a vu effectivement quelque chose de très grave.
00:07:01Alors, on a pensé effectivement, comme vous le disiez, que cette magistrate a été visée pour autre chose.
00:07:05Mais visiblement, ce n'est pas le cas.
00:07:06Alors, que cherchait-il précisément ?
00:07:09Que cherchait-il ? C'est surtout, ces gens-là, du gain rapide.
00:07:12Et vous savez que la crypto-monnaie brasse beaucoup de moyens financiers.
00:07:16Alors, certains pensent qu'on peut capter ces crypto-monnaies.
00:07:20Mais il faut savoir en même temps qu'on peut les suivre.
00:07:23On peut détecter effectivement les mouvements de fond.
00:07:27Mais ce qu'on voit là, encore une fois, c'est que le grand banditisme tel qu'on le voit dans cette région
00:07:31a encore une fois perdu pied, puisque effectivement, il y a eu un moment de chance, je dirais,
00:07:37puisque 30 heures, ces femmes ont réussi à s'évader.
00:07:40Mais je pense que derrière la DNPJ, la Direction Nationale de la Police Judiciaire,
00:07:43qui s'est mobilisée avec la DIPN, la Direction Interdépartementale de la Police Nationale,
00:07:47et la BRI Nationale, qui a été mobilisée en nombre pour mettre des enquêteurs en nombre sur cette affaire-là,
00:07:53on a vu que ça n'a pas traîné, effectivement.
00:07:55La libération par ces dames, évidemment, est une chose.
00:07:58Mais c'est surtout le fait que la DNPJ a réussi à très vite localiser ces individus.
00:08:03Et ça, c'est un travail qui est très très fort de la part des services de police.
00:08:06Et est-ce qu'il faut s'inquiéter de ces vols de crypto-monnaies et d'enlèvements qui sont en hausse ?
00:08:10Oui, totalement.
00:08:11Mais rappelez-vous que le ministère intérieur, Bruno Retailleau, a mis en place un plan d'action
00:08:16pour sensibiliser ces gens qui sont dans la crypto-monnaie,
00:08:19parce qu'on sait, encore une fois, que ces gens-là brassent beaucoup de moyens.
00:08:22Et il y a des normes qui ont été mises en place pour que ces personnalités fassent attention
00:08:28à travers tout un tas de consignes qui ont été données par le ministère intérieur.
00:08:32Des briefs, d'ailleurs, qui ont été donnés par le RAID, le GIGN et la BRI
00:08:36pour, effectivement, être plus discret, être moins sur les réseaux sociaux.
00:08:40Bref, tout un tas de consignes qui permettent d'être beaucoup moins exposées pour éviter le pire.
00:08:45Merci beaucoup pour toutes ces précisions, Bruno Pommard.
00:08:47Jacques Lang a finalement jeté l'éponge.
00:08:50L'ancien ministre de la Culture et président de l'Institut du Monde Arabe était sous pression depuis plusieurs jours.
00:08:56Il est au cœur, on le rappelle, d'une polémique liée à ses liens passés avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
00:09:01On retrouve Antoine Forestier devant l'Institut du Monde Arabe à Paris.
00:09:05Bonjour Antoine.
00:09:06Le président Jacques Lang a finalement dû se résoudre à démissionner.
00:09:10Et ça fait réagir autour de vous.
00:09:13Oui, c'est une décision qui a surpris puisqu'à longueur d'interview cette semaine,
00:09:18Jacques Lang avait répété qu'il ne démissionnerait pas.
00:09:20Il a donc changé d'avis hier.
00:09:21Et du côté du ministère de tutelle, c'est-à-dire le ministère des Affaires étrangères,
00:09:25on ne compte pas perdre de temps.
00:09:27Un conseil d'administration extraordinaire va être organisé d'ici 7 jours
00:09:31pour trouver un remplaçant à Jacques Lang avec un nouveau président ou une nouvelle présidente.
00:09:36À 86 ans, l'officialisation de la démission de Jacques Lang aura lieu lors de ce conseil extraordinaire.
00:09:43Et pour les personnes que nous avons interrogées ici,
00:09:45il était temps que l'ancien ministre de la Culture tourne la page.
00:09:48Je vous propose de les écouter au micro de Maxime Barry.
00:09:50Sa démission pour moi, c'est un artefact finalement.
00:09:54Parce que l'Institut du Monde Arabe, il continuera à tourner sans lui.
00:09:57Je crois que Jacques Lang, c'est la pointe émergée de l'iceberg.
00:10:00Et que l'iceberg, il est grave, profond.
00:10:04Et moi, je suis un peu terrifiée par ce qu'on peut pressentir d'un monde parallèle,
00:10:09d'un monde qui est gouverné par l'argent
00:10:11et du sentiment de puissance qu'il peut donner à l'être humain.
00:10:14C'est sage.
00:10:16À partir du moment où il est suspecté,
00:10:19parce qu'attention, ce n'est qu'une suspicion,
00:10:22c'était normal et puis bon, il faut prendre sa retraite.
00:10:26Pour rappel, le nom de Jacques Lang est apparu
00:10:29à plus de 600 reprises dans les documents mis en ligne par la justice américaine
00:10:33il y a maintenant 10 jours.
00:10:35Jacques Lang qui assume ses liens passés avec le millionnaire américain,
00:10:38mais qui indique qu'il n'avait pas connaissance de ses crimes.
00:10:41Une autre enquête est ouverte par le parquet national financier,
00:10:44cette fois-ci sur les liens financiers entre Jacques Lang,
00:10:46sa fille Caroline et le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
00:10:50une enquête qui a été ouverte pour soupçon de fraude fiscale aggravée.
00:10:54Antoine Forestier et Maxime Barrier devant l'Institut du Monde Arabe.
00:10:57Merci à tous les deux pour continuer d'en parler.
00:11:00Nous sommes avec Maître Carbon de 16, avocat pénaliste,
00:11:03responsable de la commission droit de l'homme du barreau de Paris.
00:11:06Bonjour Maître.
00:11:07Jacques Lang était attendu au Quai d'Orsay cet après-midi,
00:11:11mais il a choisi de prendre les devants
00:11:12et d'annoncer lui-même sa démission.
00:11:15Son avocat, lui, parle d'une décision raisonnable.
00:11:17Qu'en pensez-vous ?
00:11:20Je pense qu'il n'avait guère le choix.
00:11:22Si vous voulez, l'Institut du Monde Arabe
00:11:24est sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères.
00:11:28Dès lors que le scandale qui touche Jacques Lang
00:11:31atteignait l'institution elle-même,
00:11:34il était plus digne pour lui de faire semblant
00:11:38de prendre l'initiative plutôt que de se l'avoir imposée
00:11:40par son ministre de tutelle.
00:11:42Donc c'est prudent, ça part, d'anticiper.
00:11:47Mais en réalité, on peut s'interroger sur le fait
00:11:49de savoir si ça correspond réellement à un choix.
00:11:52Il n'en avait pas d'autre.
00:11:54Oui, on voyait bien qu'il était sous pression
00:11:56depuis plusieurs jours.
00:11:58On le rappelle, nous sommes aux prémices de cette enquête.
00:12:01Quel va être le travail des enquêteurs
00:12:03ces prochains jours et même ces prochaines semaines ?
00:12:07Vous avez raison pour la pression
00:12:09et elle est d'autant plus forte que c'est lié
00:12:11à la deuxième partie de votre question,
00:12:13que le parquet national financier,
00:12:16qui est composé de magistrats très pointus,
00:12:19s'intéresse fortement à lui et à Caroline Lang,
00:12:24sa fille, les soupçonnant de blanchiment
00:12:28de fronte fiscale.
00:12:30C'est-à-dire, il ne faut pas oublier
00:12:31que le parquet national financier,
00:12:32c'est un parquet qui a été constitué
00:12:35contre la grande délinquance financière.
00:12:36Donc le soupçon est lourd
00:12:39et le travail va être accompli
00:12:42de recherches pendant l'enquête préliminaire,
00:12:45par exemple par l'intermédiaire de perquisition,
00:12:48de savoir dans quelles conditions
00:12:50ils ont l'un et l'autre prêté ou non leur concours.
00:12:55Il faut rappeler que les deux bénéficient encore
00:12:57de la présomption d'innocence.
00:12:59Mais c'est aussi démissionner,
00:13:02se donner du temps libre
00:13:03pour organiser sa défense.
00:13:05Donc ce n'est pas un aveu de culpabilité,
00:13:10c'est un moyen aussi pour lui,
00:13:14avec son conseil,
00:13:16de s'organiser pour présenter
00:13:19les arguments nécessaires
00:13:21aux magistrats et aux policiers
00:13:23qui les interrogeront.
00:13:25– Oui, merci beaucoup,
00:13:27Maître Carbone,
00:13:28cesse d'avoir accepté notre invitation
00:13:29sur BFM TV.
00:13:31La guerre éclatera-t-elle
00:13:33entre les Etats-Unis et l'Iran ?
00:13:35Ce matin,
00:13:36Teheran réaffirme ses lignes rouges,
00:13:38hors de question de renoncer
00:13:39à l'enrichissement d'uranium,
00:13:41même si ça doit entraîner
00:13:42une attaque américaine.
00:13:43C'est le ministre iranien
00:13:44des Affaires étrangères
00:13:45qu'il dit.
00:13:45– Le déploiement militaire
00:13:48des Etats-Unis dans la région
00:13:50ne nous effraie pas.
00:13:51Nous sommes un peuple de diplomatie,
00:13:53mais nous sommes aussi
00:13:54un peuple de guerre.
00:13:56Nous ne cherchons pas la guerre,
00:13:58mais nous sommes prêts à combattre
00:13:59si nous sommes provoqués.
00:14:01Nous sommes diplomates
00:14:02car nous avons la logique
00:14:03de notre côté,
00:14:04car nous choisissons nos mots.
00:14:06Nous sommes logiques.
00:14:07– Siavoj Ghazi, bonjour.
00:14:09Vous êtes le correspondant
00:14:10de France 24 et RFI à Téhéran.
00:14:12Ce matin encore,
00:14:14on l'a entendu,
00:14:14l'Iran reste inflexible
00:14:16et dit ne pas craindre la guerre.
00:14:19– Alors oui,
00:14:20il y a deux messages
00:14:21qui ont été envoyés
00:14:22à la fois par le ministre
00:14:23iranien des Affaires étrangères,
00:14:25mais aussi le chef
00:14:26d'état-major des forces armées.
00:14:27D'une part, sur la guerre,
00:14:30ils ont tous les deux dit
00:14:31que l'Iran ne craignait pas
00:14:32une guerre et que l'Iran
00:14:34était préparé à une confrontation
00:14:36si jamais les Etats-Unis
00:14:37décident d'entrer en guerre
00:14:39contre l'Iran,
00:14:41mais que l'Iran ne cherchait pas
00:14:42la guerre et ne serait pas
00:14:44le premier à lancer
00:14:45des attaques
00:14:46contre les Etats-Unis.
00:14:47Ça, c'est le premier message.
00:14:50Donc, pas de crainte.
00:14:51Visiblement,
00:14:51selon certains experts
00:14:52qui se sont affirmés,
00:14:55les dirigeants iraniens
00:14:56croient de moins en moins
00:14:58à une possibilité
00:14:59d'action américaine
00:15:00contre l'Iran,
00:15:02ce qui explique
00:15:02ces nouvelles déclarations.
00:15:04Sur le volet discussion,
00:15:07Abbas Al-Archie a redit
00:15:08qu'il n'était pas question
00:15:09de discuter
00:15:10du programme balistique
00:15:11de Téhéran,
00:15:12des missiles iraniens,
00:15:13ni des questions régionales.
00:15:15Les discussions
00:15:16et les négociations
00:15:17porteront seulement
00:15:19sur le dossier nucléaire.
00:15:21Et là,
00:15:21l'Iran est prêt
00:15:21à certaines concessions,
00:15:23par exemple,
00:15:24limiter,
00:15:24réduire
00:15:25son niveau d'enrichissement
00:15:26d'uranium,
00:15:27ou encore,
00:15:27pour ce qui est
00:15:28des stocks d'uranium
00:15:28enrichis,
00:15:30l'Iran est prêt,
00:15:31par exemple,
00:15:31à réduire,
00:15:33à diluer
00:15:33des 400 kg
00:15:36d'uranium
00:15:37enrichis
00:15:37à 60%
00:15:38pour faire baisser
00:15:39le niveau d'enrichissement,
00:15:40par exemple,
00:15:41à moins de 20%
00:15:42ou moins de 4%
00:15:43pour donner des assurances
00:15:44et des garanties
00:15:45à la partie américaine.
00:15:47Merci beaucoup,
00:15:48Syavosh Ghazi.
00:15:49Depuis Téhéran,
00:15:51en Iran,
00:15:51et les équipes
00:15:52de BFM TV
00:15:53sont déployées
00:15:54partout dans la région.
00:15:55On retrouve Nicolas Poincaré
00:15:56avec Jérémy Muller
00:15:57à Erbil,
00:15:58en Irak.
00:15:59Bonjour à tous les deux.
00:16:00Vous étiez hier
00:16:01à la frontière iranienne,
00:16:02dans un lieu tenu secret,
00:16:03évidemment,
00:16:04pour des questions
00:16:04de sécurité.
00:16:05Vous êtes allé
00:16:06à la rencontre
00:16:06de combattants iraniens
00:16:07qui s'entraînent
00:16:08et qui se tiennent prêts
00:16:09à aller soutenir
00:16:10la population
00:16:10en cas de soulèvement.
00:16:12C'est bien ça ?
00:16:14Oui, c'est ça.
00:16:15Ce sont des Peshmerga,
00:16:17c'est-à-dire des Kurdes iraniens
00:16:18qui ont fui
00:16:19très très récemment
00:16:21l'Iran
00:16:21pour venir ici
00:16:22au Kurdistan irakien,
00:16:24s'enrôler
00:16:24dans les forces du PDK,
00:16:27une organisation
00:16:28militaire et politique
00:16:29qui fait de l'extérieur
00:16:31donc de la résistance
00:16:32au régime de Téhéran.
00:16:33Alors,
00:16:34ce qu'il y a d'intéressant
00:16:35en rencontrant
00:16:35ces jeunes gens,
00:16:36ces jeunes garçons
00:16:37et ces jeunes filles
00:16:38qui viennent de s'enrôler,
00:16:39c'est de leur parler
00:16:40de leur attente,
00:16:41de ce qu'ils attendent
00:16:42des États-Unis
00:16:44et d'une éventuelle campagne
00:16:45de bombardement.
00:16:46Alors,
00:16:47évidemment,
00:16:47ils l'espèrent,
00:16:48ils l'espèrent beaucoup,
00:16:49c'est pour eux
00:16:49le seul moyen
00:16:50de faire tomber
00:16:51ce régime des Mollahs.
00:16:54Ils l'espèrent
00:16:55sans trop y croire.
00:16:56Ce qui est impressionnant,
00:16:57c'est de voir
00:16:57ces jeunes Iraniens
00:16:58qui ont très peu confiance
00:16:59en Donald Trump,
00:17:00disant qu'il change d'avis
00:17:02à peu près tous les jours,
00:17:03qu'il ne parle plus
00:17:04des manifestants
00:17:06qu'il avait pourtant
00:17:07promis de l'aide.
00:17:08Et curieusement,
00:17:09c'est presque plutôt
00:17:10vers Israël
00:17:11qu'ils tournent leurs espoirs.
00:17:12C'est une intervention
00:17:13militaire israélienne
00:17:15qui, disent-ils,
00:17:17pourrait changer le cours.
00:17:18Merci beaucoup,
00:17:20Nicolas Poincaré
00:17:21avec Jérémy Muller
00:17:21depuis Erbil en Irak.
00:17:24Pour continuer
00:17:24de décrypter
00:17:25la situation au Moyen-Orient,
00:17:26on est rejoint
00:17:26par le général Pellistrandi.
00:17:28Bonjour, général.
00:17:28Bonjour.
00:17:29Si on résume
00:17:30les lignes rouges
00:17:30de l'Iran,
00:17:31on ne renonce
00:17:32ni à l'enrichissement
00:17:33de l'uranium
00:17:33ni aux missiles balistiques.
00:17:35Donc, ça veut dire
00:17:35qu'il n'y a pas de concession ?
00:17:37Très difficile, effectivement,
00:17:38de trouver un terrain
00:17:40d'entente
00:17:40avec les Américains.
00:17:42Alors,
00:17:43sachant que Donald Trump
00:17:44parle davantage du nucléaire,
00:17:46donc peut-être que sur le nucléaire,
00:17:47il y a une petite marge
00:17:48de manœuvre,
00:17:49mais cette discussion
00:17:51sur le nucléaire,
00:17:52si elle oublie le balistique,
00:17:54ça pose un problème
00:17:54et notamment à Israël.
00:17:56Donc, en fait,
00:17:57très compliqué
00:17:57de voir
00:17:58où est-ce que l'on va
00:17:59et on sent
00:18:00beaucoup de confusion
00:18:01de part des d'autres
00:18:02et une attitude de l'Iran
00:18:03qui se sent très sûre
00:18:05d'elle-même
00:18:06dans ces discussions.
00:18:07Oui, évidemment,
00:18:07on continuera à suivre
00:18:08cette situation de très près.
00:18:09Merci, général.
00:18:10Il est 15h sur BFM TV.
00:18:12Bonjour.
00:18:13Dans un instant,
00:18:14notre document
00:18:14en ligne rouge
00:18:15Kim Jong-un,
00:18:16le dirigeant
00:18:17le plus secret au monde.
00:18:19Mais avant,
00:18:19c'est l'essentiel
00:18:20de l'actualité.
00:18:22Cinq interpellations
00:18:23après le rapte
00:18:24d'une magistrate grenobloise
00:18:25et de sa mère.
00:18:26On le rappelle,
00:18:27vendredi,
00:18:28les deux femmes
00:18:29avaient été retrouvées
00:18:30blessées dans un garage
00:18:31dans le sud-est de la France.
00:18:33Elles ont été séquestrées
00:18:34pendant une trentaine d'heures
00:18:36pour une demande
00:18:36de rançon en crypto-monnaie.
00:18:38L'enquête avance.
00:18:39Les cinq personnes
00:18:40dont une femme
00:18:41ont été placées
00:18:42en garde à vue,
00:18:43c'est ce qu'indique
00:18:43le parquet de Lyon.
00:18:45Bruno Pommard,
00:18:46ancien instructeur du RAID,
00:18:48était notre invité.
00:18:49D'après lui,
00:18:49il faut s'inquiéter
00:18:50de cette montée
00:18:51de la délinquance.
00:18:54Que reste-t-il ?
00:18:55C'est surtout,
00:18:55ces gens-là,
00:18:56du gain rapide.
00:18:57Vous savez que la crypto-monnaie
00:18:58brasse beaucoup,
00:18:59beaucoup de moyens financiers.
00:19:01Mais ce qu'on voit là,
00:19:02encore une fois,
00:19:02c'est que le grand banditisme,
00:19:04tel qu'on le voit
00:19:04dans cette région,
00:19:05a encore une fois
00:19:06perdu pied.
00:19:08La libération par ces dames,
00:19:10évidemment,
00:19:11est une chose,
00:19:11mais c'est surtout
00:19:11le fait que l'ADNPJ
00:19:13a réussi à très vite
00:19:14localiser ces individus.
00:19:16Et ça,
00:19:16c'est un travail
00:19:16qui est très très fort
00:19:18de la part des services de police.
00:19:20Et dans le reste de l'actualité,
00:19:21Jack Lang a finalement
00:19:23jeté l'éponge.
00:19:24Le président de l'Institut
00:19:25du Monde Arabe
00:19:26est au cœur d'une polémique
00:19:27liée à ses liens passés
00:19:28avec le criminel sexuel
00:19:30Jeffrey Epchin.
00:19:31Pour l'ancien ministre
00:19:32de la Culture,
00:19:33la situation n'était
00:19:34en réalité plus tenable.
00:19:35Les explications de Carl Aplon
00:19:37avec Mathis Menuh.
00:19:39C'est finalement
00:19:40par un courrier
00:19:41adressé au Quai d'Orsay
00:19:42que Jack Lang a choisi
00:19:44de démissionner.
00:19:45Je propose de remettre
00:19:46ma démission
00:19:47lors d'un prochain conseil
00:19:48d'administration extraordinaire.
00:19:51Devant l'Institut
00:19:51du Monde Arabe,
00:19:52les réactions sont
00:19:53globalement unanimes.
00:19:54C'est sage
00:19:55à partir du moment
00:19:57où il est suspecté
00:19:58parce que,
00:19:59attention,
00:19:59ce n'est qu'une suspicion.
00:20:01C'était normal
00:20:02et puis bon,
00:20:04il faut prendre sa retraite.
00:20:05Je pense qu'il n'y a pas
00:20:06trop le choix
00:20:06et c'est plutôt...
00:20:08En fait, oui,
00:20:09il fallait, il fallait.
00:20:10Sa démission,
00:20:11pour moi,
00:20:11c'est un artefact finalement
00:20:12parce que l'Institut
00:20:15du Monde Arabe,
00:20:15il continuera à tourner
00:20:16sans lui.
00:20:17A l'Elysée,
00:20:18comme au ministère
00:20:19des Affaires étrangères,
00:20:20pas de surprise.
00:20:21Tous deux prennent acte
00:20:22de cette démission
00:20:22et se projettent
00:20:24déjà sur la suite.
00:20:25Je lance la procédure
00:20:26pour désigner son
00:20:27ou sa successeur,
00:20:28la tête de l'Institut
00:20:29du Monde Arabe
00:20:30et je convoque
00:20:31un conseil d'administration
00:20:32sous sept jours
00:20:33qui désignera
00:20:33un ou une présidente
00:20:35par intérim.
00:20:36L'ancien ministre
00:20:37était convoqué aujourd'hui
00:20:38par le Quai d'Orsay
00:20:39pour s'expliquer
00:20:40sur ses liens
00:20:40avec le criminel sexuel
00:20:42Jeffrey Epstein.
00:20:43Rendez-vous finalement annulé
00:20:45car Jack Lang
00:20:46a préféré
00:20:47prendre les devants.
00:20:48Décision prise
00:20:49alors que ses appuis
00:20:50se font de plus en plus rares.
00:20:52En fait,
00:20:52il n'avait plus aucun soutien,
00:20:53Jack Lang.
00:20:53Pas de soutien politique,
00:20:55visiblement.
00:20:56Sans doute pas de soutien
00:20:56non plus des pays
00:20:57qui financent également
00:20:58l'Institut du Monde Arabe.
00:21:00Donc,
00:21:00il a fait le constat
00:21:01que seul,
00:21:02il n'y arriverait pas,
00:21:02que la pression politique
00:21:04et populaire
00:21:05et médiatique
00:21:06était trop forte
00:21:07et qu'il devait peut-être
00:21:09désormais consacrer
00:21:10du temps
00:21:10à sa défense.
00:21:12Âgé de 86 ans,
00:21:13Jack Lang
00:21:13aura passé 13 ans
00:21:15à la tête
00:21:15de l'Institut du Monde Arabe.
00:21:18Et un mot de météo,
00:21:19il n'en finit plus
00:21:20de pleuvoir
00:21:21sur la Bretagne.
00:21:22Le département du Morbihan
00:21:23est toujours
00:21:24en vigilance orange
00:21:25ce dimanche
00:21:26avant l'arrivée
00:21:26de nouvelles pluies.
00:21:28Sur ces images,
00:21:29nous sommes à Quimperlé,
00:21:30dans le Finistère.
00:21:30de nouvelles crues
00:21:31sont redoutées,
00:21:32menaçant les quais,
00:21:33les commerces
00:21:34et les habitations.
00:21:36Restez bien sur BFM TV.
00:21:37Dans un instant,
00:21:38vous avez rendez-vous
00:21:39avec notre document
00:21:40ligne rouge.
00:21:42Kim Jong-un,
00:21:43le dirigeant le plus secret
00:21:44au monde,
00:21:45c'est à découvrir
00:21:45dans un instant.
00:21:46Il est 15h09 sur BFM TV.
00:21:50Merci d'être avec nous.
00:21:52Ne manquez pas ce soir
00:21:53votre document exclusif,
00:21:55le deuxième épisode
00:21:57du redoutable clan des Kim.
00:21:59Ce sera à vivre
00:22:01en intégralité ce soir
00:22:02à 21h sur BFM TV.
00:22:05Et si vous avez raté
00:22:06l'épisode 1,
00:22:08aucun problème,
00:22:09séance de rattrapage.
00:22:10Maintenant,
00:22:11il est devenu
00:22:12un allié incontournable
00:22:13de Vladimir Poutine
00:22:14à qui il fournit
00:22:15des armes,
00:22:16des munitions
00:22:17pour mener sa guerre
00:22:17en Ukraine.
00:22:19Kim Jong-un dirige
00:22:20d'une main de fer
00:22:21la Corée du Nord
00:22:22et menace le monde
00:22:23avec son armement nucléaire.
00:22:25Mais au-delà
00:22:25des images de propagande,
00:22:26qui est vraiment
00:22:27Kim Jong-un ?
00:22:28Goût du luxe,
00:22:29paranoïa absolue,
00:22:31le dictateur
00:22:31est l'un des dirigeants
00:22:33les plus secrets au monde.
00:22:34Voici cette enquête
00:22:35de Fabrice Babin,
00:22:36Jérémy Muller
00:22:36et Alexandre Funel.
00:22:43Je vivais dans la peur constante,
00:23:01toujours sous surveillance,
00:23:02sous contrôle,
00:23:08ne sachant jamais
00:23:10si je risquais
00:23:10d'être exécuté.
00:23:11Je savais depuis longtemps
00:23:16qu'il y avait
00:23:17un monde meilleur
00:23:18que la Corée du Nord.
00:23:22Pour notre tournage,
00:23:24le rendez-vous
00:23:24est fixé à Séoul,
00:23:26dans un lieu discret.
00:23:27Ses gardes du corps,
00:23:28en noir,
00:23:29ne le quittent pas
00:23:30d'une semelle.
00:23:32Car cet homme
00:23:33est devenu
00:23:34une cible
00:23:35pour le régime
00:23:37de Kim Jong-un.
00:23:38son crime,
00:23:49avoir fait défection.
00:23:53La peur est toujours là.
00:23:55Mais si je ne la ressens pas,
00:23:56c'est grâce à l'équipe
00:23:57des services secrets
00:23:58du gouvernement sud-coréen
00:23:59qui veille sur moi
00:24:0024 heures sur 24.
00:24:02Les personnes qui travaillent
00:24:05se relaient
00:24:06dans des voitures
00:24:07pour me protéger
00:24:08même la nuit.
00:24:09Cela me permet
00:24:10de surmonter
00:24:10une grande partie
00:24:11de ma peur.
00:24:14Diplomate
00:24:15pendant plus de 20 ans,
00:24:17Lee Il-Kui
00:24:17est l'un des plus
00:24:18hauts dignitaires
00:24:19du régime
00:24:19à avoir fait défection
00:24:21récemment.
00:24:22Il a rencontré
00:24:23le dictateur nord-coréen
00:24:25à plusieurs reprises.
00:24:26On ressent alors
00:24:28un sentiment
00:24:29de tension
00:24:29plus que de peur.
00:24:31Il y a plusieurs règles
00:24:32à respecter.
00:24:35Tout d'abord,
00:24:36il ne faut pas regarder
00:24:37directement Kim Jong-un.
00:24:41Vous devez éviter
00:24:42de maintenir
00:24:43un contact visuel constant,
00:24:45sauf lorsque vous répondez
00:24:46à une question.
00:24:48Vous pouvez alors
00:24:49le regarder dans les yeux.
00:24:51Sinon,
00:24:52il est interdit
00:24:53de l'observer
00:24:54ou de le regarder fixement.
00:24:56Depuis 14 ans,
00:25:05il dirige
00:25:05d'une main de fer
00:25:06le pays
00:25:07le plus fermé
00:25:07au monde.
00:25:12La Corée du Nord,
00:25:14vue de l'espace,
00:25:16un vaste trou noir,
00:25:18faute d'un réseau
00:25:19électrique suffisant,
00:25:20quasiment pas d'accès
00:25:21à Internet,
00:25:23des frontières
00:25:23barricadées
00:25:24et une population
00:25:26surveillée 24 heures
00:25:27sur 24.
00:25:29La culture paranoïaque
00:25:32de la Corée du Nord
00:25:33rend le pays
00:25:34extrêmement difficile
00:25:35à espionner.
00:25:37Mais un arsenal nucléaire
00:25:39qui fait aujourd'hui
00:25:40trembler la planète.
00:25:42La question est,
00:25:43vont-ils réussir
00:25:44à miniaturiser
00:25:45ces ogives nucléaires
00:25:46pour les placer
00:25:47dans la tête d'un missile ?
00:25:49Ils s'en rapprochent
00:25:51chaque jour
00:25:51un peu plus.
00:25:53Un armement
00:25:54qui permet
00:25:54aux dictateurs
00:25:55de se tailler
00:25:55une place de choix
00:25:56aux côtés
00:25:57des plus grands dirigeants.
00:25:58Paranoïaque,
00:26:16ultra-secret,
00:26:18qui est vraiment
00:26:19Kim Jong-un ?
00:26:20L'un des plus grands crimes
00:26:23en Corée du Nord
00:26:23est d'essayer
00:26:25de découvrir
00:26:25le mode de vie
00:26:26de la famille Kim.
00:26:29Jusqu'où est-il prêt
00:26:30à aller
00:26:30pour garder
00:26:31un pouvoir
00:26:31absolu
00:26:32sur son peuple ?
00:26:35Si on se fait prendre,
00:26:37non seulement
00:26:38ma mère et moi
00:26:39mourrons,
00:26:39mais toute notre famille
00:26:40sera exécutée.
00:26:54Sur la côte est
00:26:55de la Corée du Nord,
00:26:58face à la mer du Japon,
00:27:01un immense complexe
00:27:02touristique
00:27:03est sorti de terre.
00:27:05à bord
00:27:08de sa berline
00:27:09de luxe,
00:27:11Kim Jong-un
00:27:12vient inspecter
00:27:12le chantier.
00:27:14Sur la plage
00:27:15de sable blanc
00:27:16de 4 km,
00:27:17des hôtels
00:27:18luxueux,
00:27:22des marinas.
00:27:25De quoi prouver
00:27:25au monde entier
00:27:26que la Corée du Nord
00:27:28est un pays
00:27:29moderne
00:27:29qui n'a rien
00:27:31à envier
00:27:32aux autres.
00:27:32le lieu
00:27:35n'a pas été
00:27:36choisi
00:27:36au hasard.
00:27:39Il se trouve
00:27:39à Wonsan,
00:27:41la ville natale
00:27:42de Kim Jong-un.
00:27:46C'est là
00:27:47que se cache
00:27:47sa luxueuse
00:27:48résidence privée,
00:27:50ultra secrète.
00:27:51seuls
00:27:54des photos
00:27:54satellites
00:27:55révèlent
00:27:55son existence
00:27:56et les goûts
00:27:59de luxe
00:28:00de son propriétaire.
00:28:06C'est un endroit
00:28:07qui est connu
00:28:07sous le nom
00:28:08de la villa
00:28:08de Wonsan.
00:28:10Elle se compose
00:28:10d'environ
00:28:1110 bâtiments.
00:28:12Il y a ici
00:28:15des pièces
00:28:16qui lui
00:28:16servent
00:28:16de bureau
00:28:17et aussi
00:28:18des théâtres
00:28:19en plein air
00:28:19où il peut
00:28:20se divertir.
00:28:24Ici,
00:28:24on voit
00:28:25des yachts.
00:28:26Il y en a
00:28:26un,
00:28:27deux,
00:28:28trois,
00:28:28quatre.
00:28:30Il y en a
00:28:31un de 50 mètres,
00:28:32un autre
00:28:32de 55 mètres,
00:28:34un de 60 mètres
00:28:35et un de 80 mètres.
00:28:37Si vous regardez
00:28:38celui de 80 mètres,
00:28:40il y a une piscine
00:28:40dessus.
00:28:41Il ressemble
00:28:42à un bateau
00:28:42de croisière
00:28:43vraiment luxueux
00:28:44avec une piscine
00:28:45à quatre couloirs
00:28:46et même
00:28:46un toboggan
00:28:47aquatique.
00:28:48Là,
00:28:49c'est un centre équestre
00:28:50construit pour
00:28:50Kim Jong-un.
00:28:51Il y a une voie ferrée
00:28:52qui lui est dédiée
00:28:54donc il peut venir
00:28:55en train jusqu'ici.
00:28:57Ce qui est surprenant,
00:28:59c'est qu'il y a
00:28:59au moins
00:28:5933 luminaires installés.
00:29:05Les nord-coréens
00:29:05ne peuvent pas profiter
00:29:06de cette électricité.
00:29:08S'ils ont
00:29:08trois ou quatre heures
00:29:09d'électricité par jour,
00:29:10c'est déjà beaucoup.
00:29:14Mais ici,
00:29:16alors que le peuple
00:29:16nord-coréen
00:29:17vit dans l'obscurité,
00:29:19dans le noir,
00:29:21Kim Jong-un
00:29:22profite de la lumière
00:29:23pour ses activités
00:29:24de loisirs.
00:29:29Un train de vie
00:29:30fastueux,
00:29:31soigneusement caché
00:29:32aux 25 millions
00:29:33d'habitants.
00:29:34Près de la moitié
00:29:39d'entre eux
00:29:39vivraient sous le seuil
00:29:40de pauvreté.
00:29:46L'un des plus grands crimes
00:29:47est d'essayer
00:29:47de découvrir
00:29:48le mode de vie
00:29:49de la famille Kim,
00:29:50d'être curieux,
00:29:54de le savoir
00:29:55et d'en parler.
00:29:56C'est l'un des crimes
00:29:58les plus graves
00:29:59qui peut conduire
00:30:00à être envoyé
00:30:00dans un camp
00:30:01de prisonniers politiques
00:30:02ou même
00:30:03à être exécuté.
00:30:09Un mode de vie
00:30:10dispendieux
00:30:11en dépit
00:30:12des sanctions
00:30:12internationales
00:30:14qui frappent
00:30:14la Corée du Nord
00:30:15depuis 20 ans.
00:30:16L'année dernière,
00:30:20Kim Jong-un
00:30:21aurait réussi
00:30:22à importer
00:30:22illégalement
00:30:23via la frontière
00:30:24chinoise
00:30:25des produits
00:30:26de luxe
00:30:26pour plus de
00:30:2750 millions
00:30:28de dollars.
00:30:33Ce journaliste
00:30:34irlandais
00:30:35basé à Séoul
00:30:36a retracé
00:30:37la route
00:30:37de ses produits
00:30:38depuis Singapour
00:30:39jusqu'à Pyongyang.
00:30:40Les voitures
00:30:46sont un bon indicateur
00:30:47du niveau de luxe
00:30:48dans lequel il vit.
00:30:50Nous les avons comptées.
00:30:51Il a l'air
00:30:51d'aimer vraiment
00:30:52les voitures.
00:30:53À intervalles réguliers,
00:30:54on voit apparaître
00:30:55de nouveaux véhicules
00:30:56blindés,
00:30:58notamment le modèle
00:30:59Maybach
00:30:59de Mercedes.
00:31:02Il doit en avoir
00:31:03plus d'une douzaine
00:31:05aujourd'hui.
00:31:08Ce journaliste
00:31:09s'est aussi procuré
00:31:10ces photos
00:31:11de magasins de luxe
00:31:12à Pyongyang.
00:31:15Ce qu'on a vu,
00:31:16c'était des montres
00:31:17et des ceintures
00:31:18Mont-Blanc,
00:31:19des articles en cuir,
00:31:20énormément d'alcool
00:31:21hors de prix.
00:31:23Il y avait aussi
00:31:23des produits Dior,
00:31:24L'Oréal,
00:31:25beaucoup d'articles
00:31:26des grandes marques
00:31:27de luxe français
00:31:28étaient présents.
00:31:33Ces produits,
00:31:34Kim Jong-un
00:31:35les offre
00:31:35aux classiques
00:31:36du régime
00:31:37pour s'assurer
00:31:37de leur loyauté.
00:31:40Il en fait aussi
00:31:42profiter sa famille,
00:31:44notamment son épouse,
00:31:45Risolju,
00:31:46une ancienne chanteuse
00:31:47de 36 ans.
00:31:50Sur cette photo,
00:31:52elle apparaît
00:31:53avec un sac à main
00:31:53d'une grande marque
00:31:54de luxe française.
00:31:57Sur cette autre photo,
00:31:59c'est la sœur du dictateur
00:32:00qui arbore un sac
00:32:01d'une valeur
00:32:02de 6200 euros.
00:32:04Ce qui me surprend
00:32:08le plus,
00:32:09c'est de voir
00:32:09la contradiction
00:32:10entre d'une part
00:32:12ce dirigeant
00:32:13d'une nation socialiste
00:32:14dans laquelle
00:32:15il n'est pas censé
00:32:16y avoir de bourgeoisie,
00:32:17d'influence occidentale
00:32:19et d'autre part
00:32:20ce même leader
00:32:21qui s'affranchit
00:32:22de ses règles.
00:32:24Souvent,
00:32:25à la vue de tous,
00:32:26comme on peut le voir
00:32:27sur les médias du régime.
00:32:28Le résultat
00:32:34de décennies
00:32:35de propagande
00:32:36qui font de Kim Jong-un
00:32:39un demi-dieu
00:32:40intouchable
00:32:43et de la Corée du Nord
00:32:47un prétendu
00:32:49paradis socialiste.
00:32:58Dans les rues,
00:33:16partout,
00:33:17des portraits du père
00:33:18et du grand-père
00:33:19du dictateur.
00:33:20jusque sur ses pins
00:33:24que chaque citoyen
00:33:27doit porter
00:33:28quand il sort.
00:33:31À la maison aussi,
00:33:33chaque famille
00:33:33est obligée
00:33:34d'afficher ses photos.
00:33:35sur les chaînes
00:33:43de télévisions officielles,
00:33:45on ne voit
00:33:45que lui.
00:33:46Il supervise la production
00:33:55industrielle,
00:33:56assure l'éducation
00:33:57des enfants,
00:33:59s'occupe
00:33:59des divertissements
00:34:00et veille
00:34:02à la sécurité
00:34:03de son peuple
00:34:04à la barre
00:34:05des sous-marins
00:34:05ou aux commandants
00:34:07d'enquête.
00:34:08Il est représenté
00:34:38Il est représenté en père aimant. Les citoyens ordinaires ne sont donc que des enfants. La propagande leur fait croire que Kim Jong-un leur donne de l'amour, qu'il fait tout pour leur fournir de la nourriture, des vêtements, des boissons, un abri.
00:34:57Le régime continue à éduquer la population par le lavage de cerveau en faisant croire que Kim Jong-un est leur père et qu'ils ne pensent qu'au peuple.
00:35:08L'une des choses qui effraie le plus Kim Jong-un, s'agissant de la survie du régime, ce sont les informations provenant de l'extérieur.
00:35:20Il a très peur que davantage d'informations extérieures arrivent, que les gens ne croient plus en lui, que le lavage de cerveau ne fonctionne plus, que les gens ouvrent les yeux et réalisent comment fonctionne le monde.
00:35:32Et une menace inquiète particulièrement Kim Jong-un.
00:35:38La musique K-pop
00:35:45Et les séries télé
00:35:49Très en vogue chez l'ennemi numéro 1, la Corée du Sud.
00:35:57S'en procurer
00:35:59Les écouter
00:36:02Ou les regarder
00:36:03Et considérer comme un crime à Pyongyang
00:36:06Comme le montrent ces rares images de propagande.
00:36:12Il s'agit d'un procès qui se déroule en public.
00:36:15La mise en scène est digne des grands procès staliniens.
00:36:21Les accusés, deux adolescents de 16 ans.
00:36:25Leur crime est dévoilé devant des centaines de lycéens.
00:36:30Nous les jugeons selon la loi en vigueur, car ils ont visionné de novembre à janvier plusieurs dizaines de films et séries sud-coréennes.
00:36:37Chaque accusé est condamné à 12 ans de travaux forcés.
00:36:48Là, c'est une autre jeune fille qui possédait des séries sud-coréennes et les a partagées avec ses amis.
00:36:55Elle aurait donc inculqué de mauvaises idées à ses amis.
00:36:58C'est vraiment interdit.
00:36:59Son nom, sa date de naissance, l'adresse de son domicile et son adresse professionnelle sont divulguées.
00:37:11Même son visage est montré.
00:37:13On l'accuse même d'avoir écrit les paroles des chansons dans son carnet et de les avoir chantées.
00:37:22Le verdict n'est pas énoncé dans cette vidéo.
00:37:24Mais diffuser et faire commerce de ses produits, c'est s'exposer à une possible condamnation à mort.
00:37:35C'est pour y échapper que cette jeune fille d'une vingtaine d'années a décidé de fuir la dictature, il y a cinq ans.
00:37:45Avec un passeur, elle a pu traverser la frontière chinoise pour rejoindre Séoul.
00:37:50Aujourd'hui étudiante, elle vit grâce aux aides du gouvernement sud-coréen.
00:37:56Pour protéger sa famille, qui réside toujours en Corée du Nord, nous avons reconstitué son interview.
00:38:06La principale raison pour laquelle je suis partie, c'était pour trouver la liberté.
00:38:12Je trouvais absurde le fait qu'on puisse mourir simplement parce qu'on a regardé une série.
00:38:16Donc j'avais envie de continuer à en regarder beaucoup et faire ce que je voulais, sans être opprimée.
00:38:28Grâce à ces séries, elle réalise qu'elle a subi un lavage de cerveau.
00:38:31Quand j'étais jeune, à l'école, tout ce que je connaissais, c'est ce que racontait la propagande du régime.
00:38:43Dans le manuel scolaire, il racontait que la Corée du Sud était un pays très pauvre, avec beaucoup de mendiants.
00:38:50Mais moi, comme j'ai pu regarder beaucoup de séries et de films étrangers, j'avais des doutes.
00:39:00Et ça, c'est très dangereux.
00:39:03Car les autorités vérifient si on a des chansons sud-coréennes.
00:39:08Ou d'autres enregistrements illégaux sur son téléphone.
00:39:12Il n'y a donc aucune vie privée.
00:39:13En Corée du Sud, les opposants à Kim Jong-un ont bien compris que ces séries sont une arme redoutable.
00:39:32Kim Ji-yong a elle aussi fui la dictature il y a 12 ans.
00:39:36Cette activiste lutte aujourd'hui contre le régime de Pyongyang.
00:39:46Avec une dizaine d'anciens transfuges, elle travaille pour une radio qui diffuse des émissions d'informations à destination de la Corée du Nord.
00:39:55Les renseignements sud-coréens ont déclaré que le nombre de soldats nord-coréens tués ou blessés en Ukraine pour soutenir la Russie s'élève à environ 3000.
00:40:03Pour inciter de plus en plus de citoyens à faire défection, elle compte aussi sur ces bouteilles qu'elle remplit de riz.
00:40:12A l'intérieur, on place une clé USB sur laquelle on trouve des séries, des informations, des films sud-coréens.
00:40:19On met aussi ces tracts.
00:40:22La bouteille est ensuite attachée à un ballon gonflable et lancée à la mer.
00:40:26En Corée du Nord, Kim Jong-un est un dieu.
00:40:35Ce ballon représente la tête de Kim Jong-un.
00:40:47Si les soldats nord-coréens le voient flotter sur l'eau, ils n'oseront jamais tirer sur la tête du général.
00:40:53Un bricolage artisanal, mais qui fonctionne.
00:40:59L'année dernière, un transfuge est passé par hasard au bureau et en voyant cette bouteille, il m'a dit qu'il en avait récupéré une et m'a demandé si c'était moi qui l'avais envoyée.
00:41:14J'étais tellement émue et touchée que j'ai commencé à pleurer.
00:41:18Et je me suis dit, continuons à en envoyer jusqu'au jour où nous serons réunis.
00:41:22Par la mer, ou par le ciel, dans des ballons gonflés à l'hélium, ces envois de tracts et de K-pop ont déclenché la fureur de Pyongyang.
00:41:42En riposte, Kim Jong-un a fait envoyer des milliers de ballons l'an passé.
00:42:08Jusqu'à 700 certains jours.
00:42:12A l'intérieur, pas de clé USB, mais des déchets.
00:42:16Une guerre des ballons qui peut sembler anecdotique.
00:42:18Mais à Pyongyang, la menace est prise très au sérieux.
00:42:30Et si le peuple se retournait contre son leader ?
00:42:34Kim Jong-un semble le craindre.
00:42:38Une des choses qui m'a marqué récemment, c'est la taille des convois motorisés de Kim Jong-un.
00:42:50Il y a maintenant un véhicule équipé d'un brouilleur de signal.
00:42:54Il est apparu après l'opération israélienne d'explosion des beepers.
00:42:58Comme si les Nord-Coréens redoutaient que cela leur arrive.
00:43:01Ce véhicule l'accompagne partout.
00:43:05Le nombre de ses gardes du corps a aussi considérablement augmenté.
00:43:09Et maintenant, ils sont équipés de ces mallettes en Kevlar qui peuvent servir de bouclier.
00:43:13Un épisode en particulier a mis sur les nerfs le service de protection du dictateur.
00:43:24Ce jour-là, Kim Jong-un se rend à Hanoi, au Vietnam, pour un sommet international.
00:43:31Comme son père et son grand-père avant lui, il ne se déplace qu'en train.
00:43:37Un moyen de transport moins exposé en cas d'attaque que l'avion.
00:43:41Le sien est totalement blindé.
00:43:45Ce qui l'empêche de dépasser les 60 km heure.
00:43:49Mais il peut transporter ses luxueuses voitures.
00:43:56Sur le trajet vers Hanoi, son train marque un arrêt dans une gare chinoise.
00:44:03Kim Jong-un en profite pour se dégourdir les jambes.
00:44:06Un caméraman de la télévision japonaise a réussi à le filmer à un arrêt de train.
00:44:15Quand il faisait quelques pas sur le quai, en train de fumer avec sa soeur qui portait un cendrier pour lui.
00:44:21C'est un moment très banal.
00:44:24Mais l'interprétation qu'en ont fait les Nord-Coréens, c'est que ce caméraman, s'il avait eu une arme, aurait pu tuer leur leader sans que personne ne l'arrête.
00:44:37Une défaillance sécuritaire qui va faire monter d'un cran la paranoïa du dictateur.
00:44:42Y compris sur le sol nord-coréen.
00:44:48Le siège du parti des travailleurs, depuis lequel Kim Jong-un exerce son pouvoir, a vu sa sécurité renforcée.
00:44:58L'inquiétude vient des immeubles élevés, le surplombant.
00:45:01Soudainement, au-dessus du 15e étage, toutes les vitres ont été obstruées.
00:45:11Les Nord-Coréens ont construit des murs en béton.
00:45:14On a réussi à se procurer des photos qui montrent que toutes les fenêtres des appartements qui donnaient sur le siège du parti des travailleurs
00:45:30ont été condamnées pour éliminer tout risque d'espionnage ou de tir de sniper.
00:45:36Un dictateur paranoïaque, prêt à écraser la moindre contestation, comme il l'a toujours fait depuis son accession au pouvoir.
00:45:48Le jour des funérailles de son père, mort subitement d'une crise cardiaque il y a 14 ans, le peuple le découvre.
00:46:18Le cadet est le seul des trois fils du défunt à accompagner le corbillard, l'air un peu perdu, au milieu de la foule en pleurs.
00:46:34Kim Jong-un avait 27 ans.
00:46:38En 2011, Kim Jong-un avait 27 ans.
00:46:41Il n'avait aucune expérience militaire, très peu en tant que dirigeant.
00:46:45Il avait passé peu de temps avec son père pour apprendre les ficelles qui permettent de diriger un pays comme la Corée du Nord.
00:46:57Beaucoup de spécialistes prédisaient qu'en raison de sa jeunesse, il était impossible qu'il réussisse.
00:47:03Le jour des obsèques, il est entouré de la vieille garde du régime.
00:47:12Son oncle, Jang Song-thek, se tient juste derrière lui.
00:47:15Beaucoup de gens prédisent qu'il va être un petit peu le pion, la marionnette de la vieille garde.
00:47:24Et en particulier de son oncle, Jang Song-thek, qui est un petit peu présenté comme le régent à l'époque.
00:47:30Et tout le monde s'estime que c'est lui qui va être le vrai patron du régime.
00:47:34« En Corée du Nord, la place la plus dangereuse est d'être numéro 2.
00:47:44Surtout dans un régime aussi centralisé et paranoïaque que celui-ci. »
00:47:52Kim Jong-un n'hésite pas à éliminer ses rivaux.
00:47:55« Deux ans après son accession au pouvoir, il fait arrêter son oncle, Jang Song-thek, en pleine cession du parti, devant tous les classiques du régime. »
00:48:14« S'ensuit un procès expéditif, sans avocat. »
00:48:18« Reconnu coupable de complot contre l'État et de corruption, Jang Song-thek est exécuté dans la foulée.
00:48:25« Au canon anti-aérien. »
00:48:29L'histoire fait la une des médias officiels du régime.
00:48:36« L'histoire fait la une des médias officiels du régime. »
00:48:50« Kim Jong-il, le père, et Kim Il-sung, le grand-père, ont fait disparaître des gens sous leur règne. »
00:48:59« Cela faisait partie du quotidien. »
00:49:01« Mais c'était toujours fait en secret, en coulisses. »
00:49:05« Kim Jong-un a fait cela différemment, de façon visible, en public. Le but est de montrer à l'élite du régime que seul Kim Jong-un compte. »
00:49:19« Personne n'est à l'abri, pas même à l'étranger. »
00:49:28« Kim Jong-nam, son demi-frère, va lui servir d'exemple. »
00:49:34« Il a osé critiquer la Corée du Nord en disant que le pays devrait se réformer et s'ouvrir. »
00:49:41« Ce qui explique en partie l'opinion très négative que Kim Jong-un avait de lui. »
00:49:49« Le 13 février 2017, Kim Jong-nam traverse l'aéroport de Kuala Lumpur, en Malaisie. »
00:49:55« On le voit ici, filmé par les caméras de surveillance. »
00:50:02« Il doit prendre un vol pour rentrer chez lui à Macao, quand soudain, deux femmes se jettent sur lui et lui aspergent le visage d'un liquide transparent, puis prennent la fuite. »
00:50:19« Il cherche alors de l'aide parmi le personnel de l'aéroport, puis se rend au centre médical. »
00:50:29Évacué d'urgence vers l'hôpital, il décèdera pendant le transport, moins de 20 minutes après l'agression.
00:50:37L'enquête établira qu'il a été empoisonné au VX, un agent neurotoxique.
00:50:44« Les vidéos de la mort de son frère, dont d'atroces souffrances, envoient le message que Kim Jong-un est intouchable, non seulement en Corée du Nord, mais partout. »
00:50:59« Si on ose le défier, personne n'est à l'abri. Il suffit juste que Kim Jong-un ressente cela comme une menace. »
00:51:10« Un dictateur à l'image sacrée, intouchable. »
00:51:17« Même à 10 000 kilomètres de là, en Californie. »
00:51:23« En 2014, Sony Pictures s'apprête à sortir une comédie satirique, The Interview. »
00:51:31« Le film met en scène deux journalistes recrutés par la CIA pour assassiner le leader nord-coréen. »
00:51:38« A l'écran, son personnage est caricaturé, moqué. »
00:51:50« Un piratage informatique dévastateur a paralysé l'un des studios de divertissement les plus importants au monde, Sony Pictures. »
00:52:09Avant même la sortie officielle du film, Sony Pictures est victime d'une cyberattaque.
00:52:14« L'entreprise a confié à CNN qu'elle était toujours en train d'enquêter sur ce qu'elle qualifie de cyberattaque extrêmement sophistiquée. »
00:52:23« Les hackers ont menacé les cinémas qui projetteraient le film d'attaque similaire à celle du 11 septembre. »
00:52:29« Ils ont menacé les salariés de Sony. Ils ont volé des numéros de sécurité sociale, des films qui n'étaient pas encore sortis, et les ont diffusés sur le net. »
00:52:39« Révéler des e-mails, le montant de certains salaires. »
00:52:46Face à la menace, Sony Pictures décide de repousser temporairement la sortie du film.
00:52:51« L'enquête du FBI désigne la Corée du Nord. »
00:52:57L'affaire inquiète jusqu'au plus haut sommet de l'État.
00:52:59« Nous ne pouvons pas avoir une société dans laquelle un dictateur peut commencer à imposer la censure ici dans les États-Unis. »
00:53:13« Parce que si quelqu'un est capable d'intimidier les gens de lancer un film satirique, imaginez ce qu'ils commencent à faire quand ils voient un documentaire qu'ils n'aiment pas. »
00:53:30« Comment un pays coupé du monde, dont la population n'a pas accès à Internet, est-il parvenu à réaliser un piratage aussi sophistiqué ? »
00:53:44« Ces auteurs ne sont pas n'importe qui. »
00:53:49« Ils font partie d'une armée secrète, formée dès l'enfance. »
00:53:56« En Corée du Nord, on sait que les élèves doués en mathématiques et en sciences sont sélectionnés et identifiés dès leur plus jeune âge, avant ou après le collège, et qu'ils reçoivent une éducation et une formation au hacking. »
00:54:08Ces hackers font partie de l'élite du régime.
00:54:11« Ils sélectionnent environ 300 personnes à l'avance, leur offrent une formation intensive, ils les évaluent de façon rigoureuse.
00:54:21Ils arrivent ainsi à former chaque année une centaine de cyberguerriers qui sont parmi les meilleurs du monde. »
00:54:29« Le régime leur offre un appartement d'environ 150 mètres carrés dans le centre de Pyongyang, une voiture, une éducation de haut niveau pour leurs enfants,
00:54:39et toute la famille aura le droit d'être soignée dans un centre médical de haut niveau. »
00:54:50Si Kim Jong-un octroie un tel régime de faveur à ses hackers, c'est qu'ils lui sont devenus indispensables.
00:54:57« Ce sont eux qui remplissent en grande partie les caisses du régime. »
00:55:03« Les hackers ont dérobé 1,5 milliard de dollars de crypto-monnaies, ce qui pourrait être le plus grand vol jamais réalisé. »
00:55:13Le 21 février 2025, Bybit, l'une des plus grandes plateformes d'échange de crypto-monnaies au monde, basée à Dubaï, a été ciblée.
00:55:22Son PDG reçoit alors un coup de fil paniqué de son directeur financier.
00:55:28« J'ai dit « Ok, on s'est fait pirater ? » » Il répond « Oui. »
00:55:32Je lui demande « 30 000 éterums sont partis ? »
00:55:35Et c'est là que sa voix a commencé à trembler.
00:55:37C'est là que j'ai commencé à être un peu secoué.
00:55:40Et j'ai dit « Ok, c'est beaucoup plus grave ? »
00:55:42Il dit « On dirait que c'est tout le portefeuille. »
00:55:45J'ai dit « Ok, combien ça fait ? »
00:55:47Il me répond « 1,5 milliard de dollars. »
00:55:52« C'est le plus important hacking jamais réalisé. En termes d'argent, c'est tout simplement le plus important rôle au monde. C'est du jamais vu. »
00:56:08L'enquête menée par le FBI et d'autres services montrent qu'il y a eu une attaque par usurpation d'identité au cours d'un processus de transfert d'argent.
00:56:15Les enquêteurs pensent que l'argent a été transféré vers des comptes appartenant à des hackers nord-coréens.
00:56:30Le comité de sanction de l'ONU a conclu que 40% des fonds destinés au développement nucléaire de la Corée du Nord avaient été obtenus grâce au piratage informatique.
00:56:39C'est vraiment une nation pirate.
00:56:45Car posséder l'arme nucléaire est pour Kim Jong-un une assurance vie.
00:56:55Il en a fait une priorité absolue, énoncée dès son premier discours officiel en 2012.
00:57:01« Son père, Kim Jong-il, avait initié le programme nucléaire. Son fils n'a cessé de le développer.
00:57:24Le 3 septembre 2017, la Corée du Nord annonce avoir fait exploser sa première bombe à hydrogène.
00:57:43Une arme, potentiellement 10 à 100 fois plus dévastatrice qu'une bombe atomique.
00:57:51Il est difficile de dire combien d'ogives nucléaires la Corée du Nord possède, mais on estime qu'elle en a environ 40 à 50.
00:58:01Et elle devrait atteindre une centaine d'ogives dans les deux ou trois prochaines années.
00:58:07Ils se rapprochent sans cesse du jour où ils pourront lancer une bombe atomique contre les États-Unis
00:58:12ou contre une cible plus proche comme le Japon ou la Corée du Sud.
00:58:17Ils ont déjà procédé à six essais nucléaires.
00:58:19La question est, vont-ils réussir à miniaturiser ces ogives nucléaires pour les placer dans la tête d'un missile ?
00:58:31Ils s'en rapprochent chaque jour un peu plus.
00:58:35Grâce à l'arme atomique, Kim Jong-un a réussi à rompre l'isolement diplomatique de son pays.
00:58:45Forçant les autres États à lui parler d'égal à égal.
00:58:49A commencer par la première puissance mondiale, les États-Unis.
00:58:59Leur première rencontre remonte au 12 juin 2018.
00:59:24Lors d'un sommet historique à Singapour, jamais un président américain en fonction n'avait rencontré un chef d'État nord-coréen.
00:59:36John Bolton était en coulisses, comme conseiller à la Sécurité nationale.
00:59:56Kim a dit « Je crois que le président Trump et moi, nous nous faisons confiance ».
01:00:04Mais vous, monsieur Bolton, me faites-vous confiance ?
01:00:07C'était une question très difficile parce que la réponse est non.
01:00:13Mais je ne pouvais pas dire cela, sinon j'aurais perdu mon boulot.
01:00:16Je ne pouvais pas non plus dire oui parce que cela aurait été un mensonge.
01:00:19C'était une question très provocatrice de Kim.
01:00:27C'était vraiment fait pour impressionner.
01:00:29L'objectif du sommet, forcer Kim Jong-un à renoncer à l'arme nucléaire contre la levée des sanctions.
01:00:39Mais très vite, c'est le dictateur qui prend l'ascendant.
01:00:42« Il a imposé son autorité, il était très en confiance, il n'a jamais hésité, jamais demandé de conseils à son entourage.
01:00:51Kim Jong-un s'est plaint des exercices militaires annuels conjoints que nous menions avec la Corée du Sud.
01:00:57Il a dit que c'était une provocation.
01:01:00Et soudainement, Trump a abandonné.
01:01:02Il a dit à Kim qu'à l'avenir, il annulerait ses exercices.
01:01:05Du côté américain, on a tous ressenti cela comme un énorme choc,
01:01:08tandis que les Nord-Coréens ont, eux, éclaté de rire.
01:01:12Des négociations, mais pour quels résultats au final ?
01:01:24Kim Jong-un et Donald Trump se sont rencontrés à trois reprises.
01:01:28La dernière fois en 2019, sur la ligne de démarcation entre les deux Corées.
01:01:34Ce jour-là, le président américain a même foulé le sol nord-coréen.
01:01:39Une image symbolique qui a fait le tour du monde.
01:01:45Mais sur le fond, le chef d'État nord-coréen n'a jamais entamé le moindre processus de dénucléarisation.
01:01:53Je suis sûr à 100% qu'il n'abandonnera jamais ses armes nucléaires.
01:01:59S'il renonce, son système dictatorial s'effondre.
01:02:02Les armes nucléaires assoient la légitimité de Kim Jong-un auprès de son peuple.
01:02:11Cela lui garantit qu'il peut frapper ou dissuader toute attaque venant des États-Unis ou de la Corée du Sud.
01:02:20Depuis sa réélection, Donald Trump a annoncé vouloir renouer des relations avec le dirigeant de Pyongyang.
01:02:33Mais depuis la guerre en Ukraine, Kim Jong-un lui préfère un autre allié diplomatique, Vladimir Poutine.
01:02:39En 2024, ils se sont même engagés à se défendre mutuellement.
01:02:46Kim Jong-un aurait envoyé 12 000 de ses soldats combattre aux côtés des Russes sur le front ukrainien.
01:03:12Il leur aurait aussi fourni entre 4 et 6 millions d'obus.
01:03:16Soit environ la moitié des projectiles tirés par l'armée de Vladimir Poutine l'année dernière.
01:03:27L'accord avec la Russie a une symbolique très forte.
01:03:31Kim vient au secours de Vladimir Poutine.
01:03:33Et cela crée une dette que Poutine va devoir rembourser, pas seulement financièrement, mais aussi en termes politiques.
01:03:39C'est une façon aussi d'obtenir un protecteur diplomatique, notamment à l'ONU.
01:03:48Désormais, la Russie met son veto à chaque nouvelle résolution du Conseil de sécurité qui critiquerait la Corée du Nord.
01:03:56Donc ça, c'est majeur.
01:03:57Ça veut dire pas de nouvelles sanctions.
01:03:58Kim Jong-un apparaît aujourd'hui plus puissant que jamais.
01:04:06Récemment, il aurait lancé la construction de son premier sous-marin à propulsion nucléaire.
01:04:11Et il préparerait déjà sa succession.
01:04:15On ignore avec certitude le nombre de ses enfants.
01:04:18Seule sa fille, Kim Joué, âgée de 12 ans, l'accompagne lors de ses sorties publiques.
01:04:23Y compris lors d'exercices militaires.
01:04:35Ses prédécesseurs ne mettaient pas en scène leur famille et encore moins leurs enfants.
01:04:43Là, il met en scène une petite fille.
01:04:48Et effectivement, ça nourrit les spéculations qu'elle est vouée à devenir la successeuse du régime.
01:04:53C'est aussi une façon de dire à tout le monde, y compris aux Américains, aux Occidentaux,
01:04:58que cette arme atomique, elle a pour durer par-delà les générations.
01:05:03Si elle succède un jour à son père, Kim Joué représenterait la quatrième génération de cette dynastie.
01:05:13La Corée du Nord et le monde entier n'en ont pas fini avec les Kim.
01:05:23Merci.
01:05:24Merci.
Commentaires