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Eric Coquerel, député LFI de Seine Saint Denis et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale est l'invité de Questions politiques ce dimanche
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00:00Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques.
00:14Cinq mois de combat au Parlement et le budget a donc été adopté à l'aide du 49-3.
00:19Aujourd'hui, dans un grand entretien à la presse quotidienne régionale,
00:22le Premier ministre dit son regret d'être revenu sur sa promesse de ne pas l'utiliser.
00:27Mais surtout, il dessine la suite pour son gouvernement.
00:31Ses grands choix de politique énergétique, la défense, l'agriculture, la décentralisation, l'immigration.
00:37Bref, Sébastien Lecornu s'installe à Matignon et il n'oublie pas de fustiger le Rassemblement national.
00:43Autant que LFI, des formations qui, à ses yeux, cherchent la crise de régime.
00:49Qu'en pose notre invité ? C'est un historique de la France insoumise qui, pour ses 10 ans,
00:53oui, le mouvement a été fondé le 10 février 2016, se retrouve maintenant classé à l'extrême gauche par le ministère de l'Intérieur.
01:01Ce dimanche, nous recevons le député LFI de Seine-Saint-Denis.
01:04Il est aussi président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale.
01:08Eric Coquerel est notre invité en direct sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télé.
01:14Cette émission est en partenariat avec le journal Le Monde et nous sommes ensemble jusqu'à 13h.
01:19Bonjour et bienvenue Eric Coquerel. Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:30A mes côtés, pour vous interviewer, je les salue, Alix Bouillaguet de France Télévisions.
01:34Hello Alix.
01:35Bonjour Alexandra, bonjour à tous.
01:37Avec vous tout à l'heure, on fera le portrait d'Eric Coquerel.
01:39On fera le portrait d'Eric Coquerel.
01:41Effectivement, votre parcours est celui d'un autodidacte militant dès 14 ans
01:45qui, derrière une forme de bonhomie, cache une radicalité assumée.
01:49Vous êtes aussi le seul survivant d'une génération d'insoumis.
01:53Abel Mestre du journal Le Monde est également autour de cette table.
01:55Bonjour Abel.
01:56Bonjour Alexandra, bonjour à toutes et à tous.
01:58Avec vous, nous nous projetterons en 2027, comme tous les dimanches.
02:01Vous ferez le point avec Eric Coquerel sur un thème important de la future campagne présidentielle.
02:05Oui, on parlera de géopolitique.
02:07Un nouvel ordre mondial se dessine et on s'interrogera.
02:10Quel rôle pour la France dans le concert des nations, si LFI est à l'Elysée ?
02:14Cela sera vers 12h50.
02:16Pour l'heure, Eric Coquerel, 5 minutes d'actualité entre 4 yeux.
02:21Et je reviens sur l'affaire Epstein.
02:23La pression sur l'ancien ministre de la Culture, Jack Lang, était très forte,
02:27convoquée au Quai d'Orsay pour ses liens supposés avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
02:32Le parquet financier a aussi ouvert une enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée.
02:37Et donc hier, Jack Lang a finalement jeté l'éponge.
02:40Il démissionne de l'Institut du Monde Arabe.
02:43Quelle est votre réaction ?
02:44Bon, écoutez, je ne voyais pas comment il pouvait faire autrement.
02:47Je pense que c'était la bonne décision à faire plutôt qu'on l'y oblige.
02:52Notamment pour l'institution dont il préside.
02:55Vous avez parlé de liens présumés.
02:57Non, ce ne sont pas des liens présumés, mais c'est des liens avérés.
02:59Après, de quelle nature c'est autre chose ?
03:00Mais au moins de nature financière.
03:02Il y a une enquête qui est ouverte.
03:03Oui, d'accord, mais j'ai cru comprendre, puisqu'il y a quand même, cette semaine, plusieurs journaux ou médias en ligne qui se sont intéressés à toute la documentation qui commence à être produite aux Etats-Unis.
03:15Je pense à Frustration, Mediapart, le monde également, qu'il y a des choses très concrètes.
03:20Donc, je voyais mal comment, à partir de là, Jacques Lang pouvait tenir.
03:25Et donc, je pense que c'était une bonne décision.
03:27Il y a plus de 3,5 millions de documents qui ont été rendus publics.
03:31LFI demande une commission d'enquête transpartisane qui s'intéresserait à de potentielles victimes encore inconnues.
03:38Mais aussi, ça c'est ce que vous expliquez, à d'éventuelles ingérences ou financements de partis politiques en France.
03:44Pourquoi est-ce que vous voulez mobiliser la représentation nationale ?
03:46Est-ce qu'il y a quelque chose qui vous met la puce à l'oreille et qu'on n'aurait pas encore vu ?
03:51Ce qui nous met la puce à l'oreille, c'est que très clairement, dans ce qui apparaît, j'allais dire, de l'univers Epstein,
03:57il y a toute la question, et d'ailleurs les deux sont malheureusement souvent liées, liées à la prostitution de mineurs, à la réduction en esclavage de mineurs, etc.
04:05Enfin, toute cette partie-là pour laquelle il a été condamné.
04:08Mais on voit bien aussi qu'il y a des questions d'influence financière.
04:12Par exemple, de ce que j'ai lu, je ne crois plus si c'était dans Le Monde ou ailleurs, mais les donnant-donnant, par exemple, avec Jacques Lang,
04:18c'est aussi d'ouvrir, à un moment donné, les portes de l'Elysée.
04:21Donc on voit bien qu'il peut y avoir des influences.
04:22Et c'est d'autant plus important, c'est que si maintenant je transfère ailleurs le sujet, c'est-à-dire vers Donald Trump,
04:29dans le document de stratégie nationale qu'ont fait les États-Unis d'Amérique,
04:37il y a très clairement, par exemple, le fait de soutenir des partis dits patriotes en Europe pour appliquer une autre politique.
04:43Patriote étant extrême droite pour M. Trump.
04:46Donc on voit bien que l'influence américaine, on parle beaucoup de l'influence russe,
04:49mais l'influence américaine, y compris dans nos élections, est quelque chose qui, à mon avis, ne doit pas être pris à la légère.
04:54Et je trouve qu'à partir de là, une commission d'enquête sur ce qui s'est fait, mais ce qui peut aussi se préparer, n'est pas superflu.
05:01Vous pensez que ça va se faire, cette commission d'enquête transpartisane ?
05:04Ça va dépendre du bureau de l'Assemblée.
05:06Alors ça avait été aussi proposé, au moment où Antoine Léaumont avait proposé ça,
05:10ça avait été aussi proposé parce qu'il lui semblait qu'il y avait un peu un retard à l'allumage,
05:16notamment dans les médias français.
05:18Je dois constater que cette semaine, les choses ont commencé à être largement rectifiées.
05:22Plus de 3 millions de documents, il faut aux journalistes le temps de ne pas dire de bêtises.
05:26Je n'ai pas dit de problème, je n'ai rien dit de l'inverse.
05:30Mais je trouve que cette question d'influence très tentaculaire,
05:35qui concerne des milieux à la fois politiques, mais aussi des milieux économiques,
05:43je trouve que ça nécessitera une commission d'enquête.
05:45On en a fait une autre, d'ailleurs actuellement on en fait une autre avec Aurélie Trouvé,
05:48sur des sujets qui sont aussi la manière dont les fonds de pension vautour,
05:53notamment américains, mais pas que, peuvent avoir un rôle sur, j'allais dire,
05:58la désindustrialisation de notre pays, comment tout ça peut jouer à l'inverse de nos intérêts.
06:03Je trouve que c'est bien que la représentation nationale s'en occupe.
06:06Éric Coquerel, vous avez sans doute lu le grand entretien de Sébastien Lecornu ce dimanche dans la PQR.
06:10Le Premier ministre annonce un décret qui met en place la très attendue programmation pluriannuelle pour l'énergie.
06:18Il évoque ses projets sur l'immigration, sur la décentralisation, la défense, l'agriculture, un remaniement à venir.
06:25En creux, on a l'impression que le Premier ministre dit, bon ben le budget est adopté, la page est tournée,
06:30on peut avancer en attendant 2027. Est-ce que c'est le message que vous recevez ?
06:35Et si c'est le cas, qu'en pensez-vous ?
06:37Oui, c'est le message que je reçois. Mais il a oublié un petit détail. C'est qu'il n'a pas de majorité à l'Assemblée.
06:42C'est-à-dire qu'on a des gouvernements minoritaires. On est une des seules démocraties parlementaires.
06:45Enfin, on n'est pas une démocratie parlementaire. Enfin, une des seules démocraties en Europe, une grande démocratie,
06:50à pouvoir faire en sorte que depuis un an et demi, c'est des gouvernements minoritaires qui se présentent,
06:54qui ne demandent pas la confiance à l'Assemblée et qui se permettent de penser qu'ils ont un programme,
06:58qu'ils vont pouvoir appliquer comme ça. Donc, je serais lui, je serais un peu plus humble par rapport à ces questions.
07:05Je pense notamment à la... Effectivement, ça fait longtemps qu'on attend une programmation pluriannuelle sur l'énergie.
07:10Les grands choix énergétiques de la France.
07:12Voilà. Et notamment, il reparle de 6 EPR. Il ferait bien de... Je pense qu'il ferait un grand débat, effectivement, là-dessus.
07:16Et on pourrait utiliser, par exemple, le rapport de la Cour des comptes qui vient de sortir,
07:19qui note qu'on ne peut s'interroger sur la rentabilité économique du modèle EPR,
07:25qui note que les budgets sont totalement en train d'exploser. Ils ont augmenté de plus de 40% depuis 2022.
07:33On en est à 85 milliards, avec EDF qui est endetté jusqu'au coup.
07:36Donc, tout ça semble un peu, j'allais dire, des phrases lancées comme ça, mais qui ne s'accrochent pas à quelque chose de concret.
07:42Mais quand vous dites ça, ça veut dire que le décret, ça vous embête ? Vous êtes contre le fait que ça va se faire et par décret ?
07:48Il y a déjà eu beaucoup de débats, mais là, vous ajoutez des éléments ?
07:50En général, je suis contre les décrets, oui. Je préfère que l'Assemblée nationale puisse se prononcer sur des textes absolument essentiels pour l'avenir.
07:57Et d'ailleurs, on pourrait même penser que sur la question de l'avenir énergétique, nucléaire, 100% renouvelable et autres,
08:05moi, j'ai tendance à penser que ça fait longtemps qu'on aurait peut-être dû en faire un sujet de référendum,
08:09parce que c'est un sujet, on voit bien, où la représentation nationale a eu très peu, voire jamais, l'occasion réellement de décider de cet avenir,
08:18et encore moins la population française.
08:19On va ouvrir la parole, la discussion dans quelques minutes, à Alix Bouillaguet et à Belmestre.
08:25Encore une question peut-être sur cette interview du Premier ministre ce dimanche.
08:29Il fustige deux formations politiques. Le Rassemblement national est la vôtre.
08:33Qui, dit-il, ont choisi de s'opposer ensemble au fonctionnement même du Parlement ?
08:37Et donc, à nos institutions, est-ce que c'est vrai que vous cherchez la crise de régime ?
08:40Mais ce n'est pas bien de faire du trumpisme comme ça. Je dis ça parce que c'est exactement ce que fait Sébastien Lecornu.
08:45Je vous rappelle que, quand je dis du trumpisme, c'est-à-dire la manière de diaboliser quiconque ose s'opposer à un gouvernement.
08:51C'est ça. Et vous mettez dans le même sac absolument tous les mouvements, qu'importe le tout, c'est les mots que vous utilisez.
08:59Alors, il nous a traité de saboteurs, je vous rappelle. Les mêmes oppositions, celles qui avaient osé le censurer.
09:04Alors, comme ça ne répond pas à sa stratégie du nini, il laisse de côté les écologistes et les communistes qui ont censuré avec nous de la même manière.
09:10Mais quand on a voulu le censurer sur la question du Mercosso, il a dit que nous étions des saboteurs.
09:14Après, il a dit que nous étions des traîtres, c'est-à-dire des tireurs couchés qui attendions, j'allais dire, de tirer dans le dos du gouvernement qui lui offre pour l'intérêt général.
09:23Sur le Mercosso, Paris est contre.
09:26Oui, oui, d'accord.
09:27Paris est contre. C'est ça le raisonnement.
09:29Il n'y a pas des mots qui disqualifient l'opposition. Et là, alors là, j'aimerais bien nous dire en quoi on s'est opposés au fonctionnement de notre Parlement.
09:37Quand vous parlez de saboteurs...
09:37Non, mais j'aimerais bien, excusez-moi, c'est une vraie question que je lui pose. Parce qu'au moment où il avait défendu...
09:42Je ne suis pas le Premier ministre, je ne peux pas vous répondre.
09:44Mais moi, je vous réponds. Il avait dit, par exemple, Eren et LFI font une obstruction avec les amendements.
09:49Alors, manque de chance, sur les 3500 amendements, tous les groupes qui étaient, entre guillemets, pour la censure, atteignaient à peine 40% des amendements.
09:56Et la plupart des amendements venaient de son socle commun.
09:58Vous parlez de diabolisation, Eric Coquerel.
10:00Oui, bien sûr, c'est ce qu'il fait.
10:01Là, donc, vous fêtez les 10 ans du mouvement LFI et vous vous retrouvez classé à l'extrême-gauche par le ministère de l'Intérieur.
10:06Oui, ça en fait partie.
10:07Voilà, vous considérez que c'est aussi une diabolisation ?
10:09C'est carrément un scandale. Là, c'est carrément un délit d'opposition qui est créé.
10:12Parce que, vous avez vu, M. Nunez, qu'est-ce qu'il mettait comme argument pour justifier le fait de venir contre une décision du Conseil d'État de mars 2024,
10:20qui continue à nous classer à gauche, c'est que, théoriquement, quand vous classez des mouvements comme ça, c'est pour éclairer le débat politique.
10:26Donc, vous prenez en compte l'origine du mouvement, son histoire, son programme, la manière dont il estime appliquer son programme.
10:34Nous, c'est, par exemple, les urnes, vous le savez.
10:36Et puis, vous déterminez. Là, c'est nouveau.
10:37Là, ce qui nous est reproché, c'est des motions de censure.
10:40Et c'est le fait de ne pas avoir voulu participer à des discussions pour négocier un budget qui était minoritaire.
10:45Je vais le citer, Laurent Nunez, le ministre.
10:48Refus de la discussion parlementaire.
10:50Appel systématique à la censure.
10:52Refus d'aller voir le gouvernement pour des réunions de travail.
10:54Alors, refus de la discussion parlementaire, c'est quand même très, très mal visé.
10:59Parce que le seul endroit où on a discuté de tout le budget,
11:03et où on a été jusqu'à, à chaque fois, mettre au vote le budget depuis trois ans, c'est ma commission.
11:07Donc, le moins qu'on puisse dire, c'est que la discussion parlementaire, on l'amène, on essaie d'amender.
11:12On a même réussi à s'amendonner.
11:14Ce qu'il nous reproche, c'est les discussions de couloir qu'il a décidées avec ceux qui étaient,
11:19soit ses partisans, soit le Parti socialiste, pour ne pas le nommer,
11:23qui étaient d'accord pour essayer de trouver une issue avec un budget qui reste un budget macroniste.
11:30Mais ça, on a le droit de le faire, que je sache.
11:32Ça ne mérite pas.
11:33Ça vous dérange, Extrême Gaulle ? On entend que vous venez de la Ligue Communiste Révolutionnaire.
11:38Vous savez de quoi on parle.
11:39Mais oui, bien sûr.
11:40Et il y a des organisations d'extrême-gauche, elles sont respectables.
11:42Nous, nous ne le sommes pas.
11:44Il y a le NPA, il y a l'Ute Ouvrière.
11:45Mais en le cas où, vous savez très bien pourquoi c'est fait.
11:48C'est fait par rapport à des convenances politiques, qui est après de dire, il y a le NINI.
11:52C'est-à-dire, il y a les deux extrêmes.
11:53Ça banalise l'extrême-droite, d'ailleurs.
11:54En nous comparant avec l'extrême-droite, c'est-à-dire avec un mouvement raciste.
11:58Et c'est quand même une première en France qu'on classe les formations politiques en fonction de convenance et de stratégie d'un gouvernement.
12:06C'est comme une république bananière.
12:08Selon vous, M. Coquerel, cet étiquetage, ça pourrait empêcher, en cas de second tour, mettons en 2027, avec la qualification de Jean-Luc Mélenchon,
12:17ça empêcherait un rassemblement plus large pour vous ?
12:19Ce serait une marque de l'infamie ?
12:20En tout cas, c'est fait pour ça.
12:21Et vous, c'est comme ça que vous l'analysez ?
12:22Vous avez raison, je pense que c'est exactement fait pour ça.
12:26Alors, je vous rassure que je pense que ça ne va pas avoir lieu.
12:28Parce qu'on a fait un recours au Conseil d'État.
12:30Et heureusement, je pense que le Conseil d'État est plus républicain, plus sage vis-à-vis des institutions que M. Nunez.
12:37Imaginez que le Conseil d'État entérine la décision du ministère de l'Intérieur.
12:40Comment vous réagirez ?
12:41Pour l'instant, ce n'est pas le cas.
12:42Et donc, on verra bien s'il l'entérine.
12:45On donnera les arguments.
12:46Mais vous avez raison de pointer que c'est exactement fait pour ça.
12:51C'est fait pour se servir d'un épouvantail, pour banaliser l'extrême droite.
12:56C'est à ça que ça sert.
12:57Je vous rappelle que nous sommes un an et demi après que Jean-Luc Mélenchon ait proposé lui-même, on va dire, un bouclier républicain vis-à-vis de l'extrême droite.
13:06Qui a fonctionné, d'ailleurs.
13:06Parce que là, beaucoup des élus macronistes, de droite, etc. ont été élus parce que nous avons retiré nos candidats arrivés troisième pour ne pas favoriser l'élection d'un RN.
13:18Et nous avons, d'une manière ou d'une autre, appelé à ne pas mettre un bulletin de vote pour l'URN.
13:23C'est ça qui s'est mis en place.
13:25Eux, ils sont en train d'inventer un autre système qui est l'idée que, finalement, en France, les seuls entendables, c'est un espèce de centre de la raison qui irait de la droite au parti socialiste.
13:38Et qui, quelque part, imposerait finalement une certaine vision politique et l'aurait de se rédiaboliser.
13:43Je trouve que c'est un mauvais service rendu à la démocratie.
13:46Et en plus, je vais vous dire, pour eux, tout ça est suicidaire.
13:50Parce que les républicains qui sont beaucoup là-dessus, c'est-à-dire même y compris qui, maintenant, sont plutôt du...
13:57Jamais les filles, le RN peut-être, dans une espèce de coalition de grande droite.
14:02Il faudra peut-être qu'ils réfléchissent à la manière dont ils ont perdu une élection partielle la semaine dernière, dans un fief, avec le fait au deuxième tour.
14:08Autrement dit, quand vous faites ni-ni, il ne faut pas, après, penser qu'il va y avoir un sursaut républicain
14:13pour faire en sorte de vous défendre vis-à-vis d'un candidat extrême droite.
14:16Donc, en plus, à mon avis, c'est suicidaire, c'est-à-dire.
14:18En attendant, il y a les municipales, les scrutins 15 et 22 mars.
14:21Question d'Alex Bouillaguet.
14:22En 2020, la France Insoumise avait enjambé le scrutin municipal.
14:27Vous faites le contraire cette année, avec de nombreuses candidatures partout sur le territoire.
14:32Est-ce que c'est un aveu d'échec ?
14:34Et qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?
14:36Est-ce que vous pensez que c'est finalement vital pour mener une bonne présidentielle ?
14:41Un aveu d'échec de quoi ?
14:42De cette stratégie, c'est-à-dire là, vous changez de pied.
14:44C'est-à-dire, en 2020, vraiment très peu de candidatures.
14:48Et là, vous cherchez un véritable ancrage local.
14:50C'est ce qui vous manque pour une bonne présidentielle, si je suis dit ?
14:53Oui, c'est nécessaire que la première formation de gauche, en nombre d'élus,
14:59au moins au niveau national, cherche à s'implanter localement
15:02et à faire en sorte d'avoir le maximum d'élus, voire des mairies,
15:06pour pouvoir appliquer son programme localement,
15:09en espérant ensuite l'appliquer nationalement.
15:11Ça me semble être assez logique, oui.
15:13Pour l'heure, effectivement, la plus grande commune,
15:16qui est dirigée par un maire de la France insoumise,
15:19se trouve tout près de l'île, un fâche-tuménile,
15:2118 000 habitants.
15:23En 2026, quels sont vos espoirs ?
15:26Quelles villes vous aimeriez pouvoir arracher ?
15:29Très clairement, c'est de multiplier nos élus.
15:31C'est de gagner quelques villes.
15:34Ça sera dur, parce qu'on sait que les élections municipales,
15:37ce n'est pas seulement une élection nationale.
15:38Il va y avoir un côté élection nationale,
15:40parce qu'on va appeler à censurer le gouvernement
15:41et tous ceux qui lui ont permis de continuer à sévir.
15:44Mais il y a aussi une élection locale.
15:46Et on sait, par exemple, que les maires sortants,
15:48ils ont beaucoup d'avantages.
15:49Ils peuvent jouer sur leur bilan quand il est moyen,
15:52mais ils peuvent en ajouter en termes de communication.
15:54Ils ont toute la structure même de leur ville.
15:57Donc, c'est très difficile de gagner des villes.
15:58– Roubaix ? – Je pense que Roubaix fait partie des villes qu'on peut gagner.
16:01Saint-Ny-Pierrefitte, deuxième ville d'Île-de-France,
16:05avec notre tête de liste Balibaga-Yoko, c'est aussi un objectif.
16:08Évry, je pense, là, y compris les socialistes
16:11qui ont rejoint la liste de Farida Marni à…
16:14– Grande ville d'Essonne, Évry.
16:16– Voilà, qui ont d'ailleurs été sanctionnées par leur parti
16:17du fait de l'avoir fait, ce qui est quand même assez étonnant.
16:22Donc, il y a plusieurs grandes villes.
16:24Je pense qu'après, il y a peut-être des possibilités à Toulouse.
16:27Je ne vais pas vous toutes les égrener.
16:28On peut avoir plusieurs villes.
16:30On peut se retrouver le 15 et au deuxième tour,
16:34à l'issue du deuxième tour, avec des villes gagnées par les Insoumises.
16:37Et j'allais dire qu'avec beaucoup, beaucoup d'élus partout.
16:40C'est ça notre objectif.
16:41– Est-ce que la deuxième raison de cette stratégie nouvelle
16:44de la France Insoumise pour les municipales,
16:45ce n'est pas aussi de faire perdre les autres partis de gauche,
16:48je pense, aux partis socialistes,
16:50et aujourd'hui, depuis quelques temps, aux écologistes,
16:53pour les affaiblir en vue de 2027
16:55et mettre dans les meilleures conditions possibles Jean-Luc Mélenchon ?
16:58– Quelle mauvaise intention vous nous prêtez là.
17:00– Marine Tondelier, si je peux me permettre,
17:02je rajoute la tribune qui provoque la crise chez les écologistes,
17:04là, publiée sur Mediapart.
17:06Des militants écologistes qui critiquent la stratégie d'alliance avec le PS.
17:10Et sur France Info, c'était vendredi,
17:11vendredi, la présidente du parti, Marine Tondelier,
17:13a estimé que c'était LFI qui avait tenu la plume.
17:15– Ben, ce n'est pas LFI qui a tenu la plume,
17:17je vais vous dire, qu'est-ce qui tient la plume ?
17:20C'est le fait qu'il est quand même assez paradoxal
17:22qu'un mouvement et un groupe qui votent toutes les censures avec nous.
17:25Il y a un clivage sur cette histoire de censure,
17:27je reviens, c'est-à-dire que depuis février 2025,
17:30c'est-à-dire le fait d'avoir les possibilités à M. Bérou
17:33d'appliquer la politique macroniste,
17:35alors que les premières lignes de notre mandat,
17:38du programme UNFP, qui nous liaient tous,
17:40c'était de mettre fin au macronisme.
17:42Depuis février 2025, il y a ceux qui n'ont pas voté la censure,
17:46qui lui ont permis de, quelque part, au macronisme
17:48de continuer à sévir, et puis il y a les autres.
17:50Et les autres, il y a le Parti communiste,
17:52les ultramarins, le groupe écologiste et nous.
17:54Donc, qu'est-ce qui se passe, je vais vous dire,
17:56ils n'ont pas besoin qu'on tienne la ligne.
17:58Moi, j'en ai vu, par exemple, j'étais en meeting à Reims,
18:01oui, c'est ça, c'était à Reims,
18:03il y a quelques semaines,
18:05et il y a deux écologistes qui ont rejoint la liste.
18:08Et ils disent, tout simplement,
18:09ben, nous, voilà, on est du côté des gens qui censurent.
18:11On n'est pas du côté des soutiens sans participation au gouvernement.
18:14Éric Coquerel.
18:15Donc, c'est aussi simple que ça.
18:16Expliquez-moi, parce que...
18:16Mais je n'ai pas répondu, du coup, à vous.
18:17Oui, mais justement, je ne comprends pas,
18:19donc je vous relance.
18:20On voit deux cas de figure.
18:22On voit, par exemple, à Paris,
18:23Sophia Chiquirou, l'insoumise,
18:24qui a fermé la porte, dès le mois de novembre,
18:27à toute alliance avec Emmanuel Grégoire, le socialiste,
18:31en disant qu'il ne fallait pas qu'un socialiste soit maire de Paris.
18:34Donc, on peut le traduire comme plutôt d'attier la droite qu'un socialiste.
18:38En revanche, à Marseille, Sébastien Delogu,
18:41lui, il n'a pas fermé la porte au second tour
18:43avec une alliance avec Benoît Payon, le maire sortant.
18:47Donc, c'est quoi exactement la stratégie d'alliance ?
18:49C'est bizarre, parce que vous oubliez un épisode avant.
18:51L'épisode avant, c'est que les socialistes ont dit
18:53pas d'alliance au premier tour avec France Insoumise,
18:57pas d'alliance au deuxième tour.
18:58Et M. Grégoire, notamment,
19:00ce qui lui a d'ailleurs provoqué déjà des problèmes dans sa liste,
19:02parce que, par exemple, les écologistes disent
19:04« Nous, on n'est pas d'accord avec ça. »
19:05Mais la question, c'est de vous, LFI ?
19:06Non, mais d'accord, mais moi, je vous réponds.
19:07Il est quand même paradoxal d'accuser LFI, quelque part,
19:10de dire « Pour vous présenter, pour faire perdre la gauche »,
19:13alors que le parti, en tout cas au moins dans les élections locales,
19:17c'est plus vrai nationalement, et c'est d'ailleurs son problème,
19:19mais localement, le parti qui a le plus de municipalités,
19:23le plus d'élus, le Parti socialiste,
19:24a, lui, exclu depuis maintenant des mois,
19:27et c'est d'ailleurs en lien avec le fait
19:29qu'il ne censure pas les gouvernants macronistes,
19:31a exclu toute alliance avec nous.
19:33Mais est-ce que ça veut dire que ça va être à géométrie variable ?
19:34Comment ça, vous osez vous présenter ?
19:37Enfin, mais c'est normal qu'il y a une formation...
19:40Je prends un exemple.
19:41Une formation, par exemple, qui, comme la nôtre,
19:44dans certaines villes de Seine-Saint-Denis,
19:46où toute alliance, de toute façon, a été exclue depuis des mois,
19:49fait 45-50% des voix au niveau des élections nationales,
19:53vous estimez normal qu'on essaye de voir
19:55si nos électeurs vont nous suivre aux élections locales.
19:57C'est la démocratie.
19:59Et donc, nous, c'est ce que nous avons dit.
20:00Mais vous, vraiment, qu'il y a une chose vis-à-vis des socialistes ?
20:02Je voudrais quand même revenir à la règle.
20:05C'est que vis-à-vis des socialistes,
20:06nous, nous avons dit, si nous sommes en tête,
20:09au deuxième tour,
20:10on tendra la main à la liste de gauche arrivée derrière nous,
20:12sur notre programme, ça c'est normal.
20:14Donc, par exemple, Paris, Sofia Chiquirou, ce sera le cas ?
20:16Moi, j'ai entendu, nous, nous avons dit,
20:18si nous arrivons en tête,
20:19enfin, ce n'est pas moi qui l'ai dit, c'est notre mouvement,
20:21on arrivera en tête et on tendra la main,
20:25ou là où on aura affaire à des listes absolument insupportables
20:28et qui...
20:28Pour l'instant, elle a 10% d'attention de 20%.
20:30C'est ce que nous avons fait, dit.
20:32Ce que j'ai entendu des socialistes, c'est pas question.
20:34Et ils l'ont répété.
20:35Donc, posez cette question aux socialistes.
20:37Et après, ne vous étonnez pas
20:39qu'on défende notre programme et nos candidatures
20:43de manière un peu, on va pas...
20:45De manière très concrète.
20:46Ça veut dire que Paris, Sofia Chiquirou,
20:48si elle atteint le second tour,
20:49si elle est à 10%, plus 10%, si elle est en tête.
20:51Et on peut imaginer, d'après les sondages,
20:53qu'Emmanuel Grégoire soit quand même en tête.
20:55Peut-être, mais on verra.
20:55Mais imaginons qu'elle se maintienne,
20:58enfin, qu'elle soit possiblement au second tour.
21:00Est-ce qu'elle se maintient,
21:01quitte à faire perdre Emmanuel Grégoire ?
21:04Attendez, si...
21:05S'il n'y a aucune chose sur la table
21:07qui permette à la fois qu'on respecte
21:09nos électeurs, notre programme, etc.,
21:11qui est mis sur la table,
21:13vous n'attendez pas à ce qu'on s'en aille
21:15et on dise, bah, nos électeurs,
21:16bah, écoutez, excusez-nous,
21:17vous avez voté pour nous,
21:18vous nous avez permis d'être au deuxième tour,
21:19les autres ne volent pas de nous de toute façon
21:21dans n'importe quelle consignation,
21:23donc on s'en va.
21:24Enfin, je veux dire, ça c'est...
21:24Donc vous vous maintenez.
21:25Donc, encore une fois,
21:26demandez d'abord aux partis socialistes
21:28qui ont été les premiers,
21:31depuis maintenant des mois,
21:32j'allais dire,
21:33à imposer partout la division.
21:35Qu'est-ce qu'ils feront ?
21:36Je vous rappelle qu'en octobre,
21:38quand il était question de dissolution fortement,
21:42nous, on a pris nos responsabilités.
21:44On a appelé tous les groupes parlementaires du NFP,
21:46on leur a dit, bon, écoutez,
21:47on a eu des bisbilles, des problèmes, etc.,
21:50mais s'il y a une dissolution,
21:52on vous propose de repartir simplement sur le programme.
21:54Les socialistes sont venus,
21:56pardon, les écologistes sont venus,
21:57les communistes sont venus,
21:58les socialistes ont refusé de venir.
22:00Donc c'est eux, en réalité, depuis des mois,
22:02parce qu'ils ont changé de ligne politique,
22:04que maintenant, finalement,
22:05ils sont compatibles avec le macronisme
22:07et qu'ils envisagent une sortie du macronisme
22:09au centre-gauche,
22:10M. Hollande, M. Glucksmann,
22:12qui, en réalité, divise
22:14ce qui s'était uni sur un programme de rupture
22:16au nom du NFP.
22:16Donc il faut leur poser la question.
22:17Alors parlons du programme plutôt de LFI,
22:20puisque c'est vous l'invité de questions politiques
22:22ce dimanche.
22:23Et on parle du fond.
22:24Dans ce programme,
22:24il y a une idée centrale en 2026.
22:27Jean-Luc Mélenchon en a parlé,
22:28c'était le 22 janvier dernier à Toulouse,
22:31ça s'appelle la Nouvelle-France.
22:32Je cite Jean-Luc Mélenchon,
22:33« Nous avons besoin d'élections municipales
22:35qui puissent être une démonstration
22:37du niveau de conscience politique
22:38du peuple français,
22:40dans sa diversité,
22:41de la capacité de nos listes
22:43à incarner la Nouvelle-France,
22:44celle du grand remplacement,
22:46celle de la génération
22:47qui remplace l'autre,
22:48parce que c'est comme cela
22:49depuis la nuit des temps. »
22:51Abel Mestre a une question pour vous.
22:52Oui, quand Jean-Luc Mélenchon
22:53reprend l'expression « grand remplacement »,
22:55même s'il dit qu'il parle
22:56des jeunes générations
22:58qui remplacent les plus anciennes,
23:00est-ce qu'il n'y a pas un risque
23:01de légitimer une expression estampillée
23:02d'extrême droite
23:03que même Marine Le Pen
23:04ne veut pas utiliser ?
23:06On ne comprend pas très bien le but.
23:07Est-ce qu'il joue avec le feu ?
23:08Est-ce que c'est de la provocation ?
23:09Expliquez-nous.
23:12Vous vous souvenez que c'était
23:13en réaction notamment
23:14avec des propos de M. Bardella
23:16qui estimait que quand,
23:20par exemple,
23:21nous revendiquions,
23:22et nous le revendiquons toujours,
23:24à partir du moment où pensons
23:25que la principale formation de gauche
23:27qui lutte contre toutes les discriminations
23:28doit faire en sorte
23:29de représenter les quartiers populaires
23:31et que dans les villes populaires,
23:33les quartiers populaires,
23:34si on les représente,
23:35ça va se voir,
23:36pour être très clair,
23:37c'est-à-dire que tous ceux
23:37qui étaient invisibles
23:38depuis des décennies
23:39seront à nouveau visibles,
23:40et je pense notamment
23:41aux gens qui sont,
23:43par exemple, noirs
23:44ou qui sont arabes,
23:45qui ont été très largement minorisés,
23:46eh bien,
23:47on a été accusés là-dessus
23:49de racialisme,
23:49de re-remplacement.
23:50Ce que nous avons juste dit,
23:51c'est qu'en fait,
23:52tout ça,
23:52c'est évidemment
23:53un grand remplacement, certes,
23:55mais c'est un grand remplacement
23:55de la réaction.
23:56Et du fait qu'on voit
23:57la Nouvelle-France,
23:58et que la Nouvelle-France,
23:59vous savez,
24:00notamment,
24:00il y a un chiffre
24:00que nous donnons à chaque fois,
24:02c'est qu'en 58,
24:03année de ma naissance,
24:04il y avait un Français sur 10
24:06qui avait un grand-parent étranger.
24:07Aujourd'hui,
24:07c'est un sur quatre.
24:09Autrement dit,
24:10je veux dire,
24:10l'image,
24:11à certains moments,
24:12qu'on nous oppose,
24:14qui serait celle,
24:15par exemple,
24:16d'une classe ouvrière classique,
24:17qui serait elle blanche
24:18par rapport à d'autres
24:20qui seraient des migrants,
24:22etc.,
24:22tout ça n'existe plus,
24:24tout ça a explosé.
24:25Les principales concentrations
24:26ouvrières,
24:27par exemple,
24:27dans la région parisienne,
24:29elles sont en Seine-Saint-Denis.
24:30Les premières listes
24:31sont en Seine-Saint-Denis.
24:32Donc,
24:32c'est tout ce que nous avons dit.
24:33Et du coup,
24:34nous avons effectivement,
24:35Jean-Luc Mélenchon,
24:36à utiliser ce mot un peu
24:37pour provoquer,
24:38pour montrer que tout ça,
24:39c'était des bagarres d'arrière-garde.
24:40Vous l'utilisez, vous,
24:41cette expression,
24:42vous êtes à l'aise avec ?
24:43Je ne suis pas à l'aise,
24:44je ne sais pas,
24:44Jean-Luc l'a utilisé,
24:45moi, je ne suis pas à l'aise avec.
24:46La preuve,
24:46je vous l'explique.
24:47Le danger est que la France
24:48désindustrialisée,
24:49des zones rurales,
24:50sans immigration,
24:51se sent visée
24:52et que plutôt que de combattre
24:53le grand remplacement,
24:55cela revienne à le nourrir.
24:57Est-ce que vous savez
24:57qui a dit ça ?
24:58C'est quelqu'un
24:59que vous avez bien connu ?
25:00François Ruffin ?
25:00Alexis Corbière,
25:02député comme vous
25:03de Seine-Saint-Denis.
25:04Est-ce que ce n'est pas dangereux
25:05de jouer avec cette notion
25:06de grand remplacement ?
25:06Est-ce que vous n'êtes pas
25:07en train d'exclure
25:08la France tout court
25:09plutôt qu'une nouvelle France ?
25:11Ce qui est dangereux,
25:11je vous disais François Ruffin
25:13parce qu'il l'a fait
25:13à un certain moment.
25:14Ce qui est dangereux,
25:15c'est de penser
25:16qu'on doit parler
25:17des inégalités sociales,
25:19mais on ne doit pas parler
25:20des autres inégalités,
25:21toutes celles liées
25:22et qui sont souvent jointes,
25:24parce que dans notre histoire
25:25et notre pays,
25:26on s'aperçoit
25:26que les classes populaires,
25:28chaque génération,
25:29sont souvent d'abord produites
25:30par les migrants qui arrivent
25:32et qui font fonctionner
25:32nos usines.
25:33Ce n'est pas nouveau,
25:34c'est classique.
25:36Sauf que maintenant,
25:37depuis les années 60,
25:38c'est des gens
25:38qui sont issus
25:39de nos anciennes colonies
25:40et donc ça procure
25:44évidemment vis-à-vis d'eux
25:46des discriminations
25:47qui se perpétuent,
25:48qui introduisent
25:49quelque chose
25:49d'absolument nouveau
25:50et qui est aujourd'hui
25:52très travaillé,
25:53très relancé
25:54par les partis au pouvoir
25:55et l'extrême droite.
25:56Donc par rapport à ça,
25:58je m'oppose
25:58à tous ceux qui diraient
25:59qu'au nom de la lutte
26:01contre les inégalités sociales,
26:02il faut mettre de côté
26:02les autres.
26:03Parce que par exemple,
26:04c'est ce que véhicule
26:06cette citation.
26:07Oui, j'ai bien compris,
26:08mais je pense que c'est
26:09très dangereux.
26:09Vous n'êtes pas en train
26:10de faire ?
26:10Ce n'est pas ça
26:11que vous êtes en train
26:11de faire.
26:12Non, nous on assume
26:13les luttes contre
26:15toutes les discriminations,
26:16les inégalités.
26:17Parce qu'il faudra me dire,
26:18si ce n'est pas la gauche
26:19qui le fait,
26:20qui le fait.
26:20Dans un moment où
26:21vous voyez bien
26:22que le racisme
26:23est véhiculé
26:24au plus haut sommet
26:24de l'État,
26:25on en parlera peut-être
26:25tout à l'heure
26:26sur le budget,
26:26par exemple avec des APL,
26:28réservé.
26:29On ne parle pas du budget
26:29maintenant.
26:30Un cas d'école,
26:31le député LFI
26:32Sébastien Delogu,
26:33lors d'un déplacement
26:35pour soutenir Bali
26:36Bagayoko,
26:37ça c'était à Saint-Denis,
26:38c'était avant décembre,
26:40a parlé de l'opportunité
26:41qu'enfin racisé
26:42dirige ces villes
26:43pour faire en sorte,
26:45je le cite,
26:45que le réel peuple
26:46de France reprenne
26:47le pouvoir ici.
26:48Est-ce que ça veut dire
26:49que vous,
26:50Éric Coquerel,
26:51parce que vous êtes blanc,
26:52vous n'êtes pas
26:53le réel peuple de France ?
26:54Vous savez,
26:55c'est étonnant
26:55ce que vous dites
26:56parce que j'étais
26:57à ce meeting
26:58et avant Sébastien Delogu,
26:59j'ai dit la même chose.
27:00Vous avez remarqué,
27:01moi on n'en parle pas.
27:02On parle de Sébastien Delogu
27:03qui vient des quartiers
27:04nord marseillais,
27:05mais moi on ne parle pas de ça.
27:06Mais sur le fond,
27:07Éric Coquerel.
27:07Moi ça fait longtemps,
27:08mais je vais vous dire une chose.
27:09En 2017,
27:10lors de notre université
27:11d'été insoumise,
27:14d'accord ?
27:15C'est moi qui ai expliqué
27:16parce qu'à l'époque,
27:17on avait,
27:17j'allais dire,
27:17une reproduction
27:18de classe sociale
27:21pour aller vers
27:21très classe moyenne
27:22qui était à peu près
27:23ce que faisait la gauche
27:24en général.
27:25Et j'avais observé
27:26très curieusement
27:27que nous qui disions
27:29que nous voulions
27:29justement représenter
27:30en priorité
27:32tous ceux qui subissent
27:34toutes les discriminations,
27:35on avait une université
27:37qui ne ressemblait pas
27:38du tout à ça,
27:38qui n'était pas diverse.
27:39Et j'avais dit à l'époque
27:40que oui,
27:41il faudrait se donner
27:42comme objectif
27:42pas seulement d'avoir
27:44des militants,
27:45pas seulement d'avoir
27:46des conseillers municipaux
27:47dans les listes,
27:47ça s'est beaucoup fait,
27:49y compris par la droite,
27:50par le Parti socialiste
27:51en Seine-Saint-Denis,
27:52mais des maires
27:52qui soient noirs,
27:54qui soient arabes,
27:54c'est-à-dire qui visibilisent
27:56tous ceux qui ont été
27:57invisibilisés depuis les années.
27:58Je l'ai dit.
27:59Pourquoi vous êtes représenté
28:00en Seine-Saint-Denis
28:00à ce moment-là ?
28:00Pour une bonne raison,
28:01très simple,
28:02c'est qu'au moment
28:03où en 2017,
28:04on a décidé justement
28:05de dire qu'il fallait
28:06qu'on aille travailler
28:06en Seine-Saint-Denis,
28:07notre mouvement justement
28:08n'avait pas cette représentation.
28:10Et ce, vous me connaissez,
28:11vous savez que c'est la réalité,
28:13ce que j'essaye de faire
28:14en Seine-Saint-Denis
28:15avec les autres députés,
28:16c'est justement
28:16de faire en sorte
28:18que nos militants,
28:19nos responsables
28:20soient de plus en plus
28:21issus des quartiers.
28:21Vous avez initié
28:21les rencontres des quartiers populaires
28:23en 2018.
28:24J'avais fait les rencontres nationales
28:24des quartiers populaires
28:25dès 2018
28:26et on est en train d'y arriver.
28:27Donc vous n'allez pas
28:27vous représenter
28:28aux prochaines législatives.
28:30Donc aux prochaines législatives,
28:31vous allez laisser votre place ?
28:34Ah mais ce n'est pas probable.
28:35Mais pas seulement en liant ça.
28:37Avant les législatives.
28:37Je pense qu'il faut aussi
28:38avoir un nombre de mandats.
28:41Mais oui, très certainement.
28:44La présidentielle.
28:44Mais la question,
28:45attendez,
28:45j'en reviens là-dessus.
28:46Parce que la question,
28:47ce n'est pas de dire
28:48que tous nos élus
28:49doivent être de couleur,
28:51Douar ou Arabe, etc.
28:52La question,
28:53c'est que si on entend
28:54représenter les quartiers populaires
28:56leur diversité,
28:57quelque part,
28:58si d'une certaine manière
29:00on se retrouve
29:01uniquement entre représentants
29:03des classes moyennes
29:04et donc plutôt
29:05pour aller vite blanc,
29:06ça veut dire
29:06qu'on a absolument échoué.
29:07Donc par exemple,
29:08à pleine commune,
29:10à une exception près,
29:11tous nos tels de listes
29:12seront racisés,
29:14comme on dit.
29:14À l'utilisation,
29:15on peut parler
29:16plus ou moins du...
29:17Pourquoi vous dites pas diversité ?
29:19Comment ?
29:19Pourquoi vous dites pas diversité ?
29:21Racisés,
29:22c'est les gens
29:23qui, du fait
29:24de leur couleur de peau,
29:24sont victimes du racisme.
29:25C'est ça que ça veut dire.
29:26Bon, voilà.
29:26Donc c'est un terme
29:27qu'il est utilisé,
29:28y compris sociologiquement.
29:29Je trouve qu'il dit bien
29:30assez ce qui est dit.
29:31C'est-à-dire,
29:31on les racialise quelque part.
29:33Alors que les races,
29:34d'un point de vue biologique,
29:34vous le savez,
29:35on est heureusement revenus
29:36sur ce genre de définition.
29:38Mais je trouve
29:38que ça colle assez.
29:39Et donc,
29:40pour revenir au fond,
29:42c'est pas quelque chose
29:43qui a été...
29:44On n'a fait aucune sélection.
29:46Mais simplement,
29:46il se trouve que
29:47toutes nos nouvelles couches
29:48de militants,
29:49etc.,
29:50représentent plus les quartiers
29:51que de manière naturelle.
29:52Du coup,
29:53parce qu'en Seine-Saint-Nissé,
29:54comme ça,
29:55vous avez des gens
29:55qui sont...
29:56Plus de gens
29:56qui sont racisés,
29:58qui peuvent arriver
29:59aux responsabilités.
30:00Et c'est ce qu'on va essayer
30:01de faire.
30:01On parle de la présidentielle ?
30:02Parce que je pense
30:03qu'un mouvement comme le nôtre
30:04doit le faire.
30:05De la même manière,
30:05je vous fais une comparaison,
30:06de la même manière
30:07que le Parti communiste
30:08en 1936
30:08était le premier parti
30:10qui avait fait rentrer
30:11des ouvriers
30:11à l'époque
30:12à l'Assemblée nationale
30:13qui étaient,
30:14eux aussi,
30:14très invisibilisés.
30:16Et je pense
30:16qu'il a eu raison
30:17de le faire.
30:17Eh bien,
30:18nous,
30:18nous assumons
30:18de faire rentrer
30:19la Nouvelle-France
30:20toutes les discriminations,
30:21les victimes d'idéalité,
30:22discrimination,
30:24beaucoup plus d'ouvriers,
30:24d'employés, etc.
30:25On avance sur la présidentielle
30:27parce que le temps file.
30:28Ça sera en 2027
30:29et les mouvements
30:31seront sans doute nombreux
30:33dans le paysage politique
30:34à partir d'avril.
30:35Mais déjà,
30:35ça commence à se recomposer
30:36à gauche.
30:37On écoute le député
30:38socialiste Jérôme Gage.
30:41Je suis aujourd'hui
30:42candidat à l'élection
30:43présidentielle
30:44pour porter la voix
30:46d'une gauche républicaine,
30:48la voix d'une gauche
30:49européenne,
30:51la voix d'une gauche
30:52universaliste,
30:53laïque,
30:53d'une gauche sociale,
30:54écologiste.
30:55Pourquoi est-ce que je le fais
30:56aujourd'hui
30:57à cet instant ?
30:58Parce que
30:59c'est la majorité
31:00du peuple de gauche
31:01qui partage
31:02cette orientation.
31:04Jérôme Gage,
31:05socialiste,
31:06c'était jeudi
31:07sur France Inter,
31:08à Belmestre.
31:09Oui,
31:10est-ce que la multiplication
31:10des candidatures
31:11à gauche,
31:12ce n'est pas la meilleure nouvelle
31:13pour Jean-Luc Mélenchon,
31:14finalement,
31:15pour 2027 ?
31:16Puisque cette théorie,
31:17c'est d'être le dernier
31:18à tenir debout.
31:19C'est une autre théorie.
31:22Non,
31:23notre théorie,
31:24c'est que
31:24si on est capable
31:25de rassembler
31:26tous ceux
31:27qui ont intérêt
31:30à ce que la gauche
31:30de rupture gagne,
31:32on va y arriver
31:33et on va être au deuxième tour
31:33et qu'on peut y gagner.
31:35Mais je réponds
31:35à votre question.
31:36Non,
31:36pas du tout,
31:37mais ça,
31:37quelque part,
31:38c'est un peu le problème
31:39de cette gauche-là.
31:41Je vous remarquais que...
31:42Cette gauche-là,
31:43c'est quoi ?
31:43C'est la gauche d'accompagnement,
31:44très clairement.
31:45Voilà,
31:45gauche qui a donné Hollande,
31:47qui après Hollande
31:47a donné Macron,
31:48qui finalement s'entend
31:49avec Macron
31:50là pour le budget,
31:51donc ce n'est pas très étonnant.
31:52Voilà,
31:53qui pense qu'on peut juste
31:55repeindre très légèrement
31:56les dégâts du système
31:58et que finalement,
31:59ça suffit comme ça.
32:00Bon,
32:01voilà,
32:02M. Guedj en fait partie,
32:03M. Hollande,
32:03M. Glucksmann,
32:05manifestement au Parti Socialiste
32:06qui repart vers cette...
32:07Malheureusement,
32:08je pense pour lui,
32:09je pense que c'est une grave erreur,
32:10mais ça,
32:10c'est les regards,
32:11qui repart vers cette ligne.
32:12Ils sont également plusieurs
32:14à mettre leur nom sur la table.
32:16Bon,
32:16voilà,
32:17ça,
32:17ça les regarde.
32:17Moi,
32:18ce qui m'intéresse là-dedans,
32:19c'est comment on essaye
32:21de faire en sorte,
32:22ça par contre,
32:22je pense que c'est important,
32:25que ça ne s'épargne pas plus.
32:27Bon,
32:27et donc,
32:28nous,
32:28par exemple,
32:28on vient de faire une offre.
32:29On a refait une offre,
32:30c'est-à-dire qu'on voit bien
32:32que la primaire a du plomb dans l'aile.
32:34Puisque là,
32:35j'ai vu que M. Vallaud
32:35la conteste maintenant,
32:37M. Guedj.
32:38Primaire prévue le 11 octobre,
32:40normalement,
32:40hors LFI,
32:42hors Parti communiste.
32:43Voilà,
32:43mais elle ne peut pas fonctionner
32:44pour une bonne raison.
32:45Je vais vous expliquer très clairement
32:46et pourquoi nous,
32:46on fait notre offre fédérative.
32:48C'est que,
32:49imaginons par exemple
32:50que M. Glucksmann finisse,
32:52ou M. Guedj finisse par aller
32:55à cette primaire
32:56et qu'il l'emporte.
32:57Je me sens mal.
32:59Certains de mes anciens camarades
33:01ou certains qui votent les censures
33:05depuis février 2024
33:06se disent
33:06que ça peut être notre candidat,
33:08ce n'est pas très grave,
33:08il a un problème totalement différent,
33:10opposé à celui du NFP,
33:11mais ça peut être notre candidat.
33:12Il y a trop de différences
33:13pour vous.
33:14Pour qu'ils s'entendent,
33:15il y a trop de différences
33:15entre les différentes...
33:16D'ailleurs,
33:17à chaque fois que,
33:18rappelez-vous,
33:18l'épisode entre M. Valls
33:20et M. Hamon,
33:21c'est ok,
33:21la primaire a été terminée,
33:22M. Valls a dit
33:23je vais aller faire
33:24la campagne
33:26du candidat de droite.
33:27Donc, ça ne peut pas fonctionner.
33:30Et donc,
33:30à partir de là,
33:31nous,
33:31on se tourne vers tous ceux
33:32qui, par exemple,
33:33votent la censure avec nous.
33:34Tous ceux qui,
33:35finalement,
33:36respectent, eux,
33:37le programme sur lequel
33:38on a été élus.
33:38On leur fait une offre fédérative,
33:40présidentielle,
33:41législative.
33:42Voilà,
33:42il me semble qu'une offre fédérative
33:44où il y aurait un conseil du programme
33:45qui nous permettrait
33:46de retravailler le programme du NFP,
33:48de voir ce qu'on pourrait ajouter,
33:49un conseil de campagne
33:52qui permettrait de choisir,
33:53y compris les candidats
33:54jusqu'aux législatives,
33:55c'est quelque chose
33:56qui pourrait mettre
33:57un candidat
33:58de la gauche de rupture
34:00le plus en avant possible
34:01en capacité à notre deuxième tour.
34:02En tout cas,
34:03c'est l'offre que nous faisons.
34:04Une petite question
34:05un peu parallèle
34:07à cette présidentielle
34:08avec la condamnation
34:10en appel
34:10à l'inimigibilité
34:13de Marine Le Pen.
34:14On sent que la porte
34:14de la présidentielle
34:15se ferme un peu plus.
34:16C'est le réquisitoire
34:17du ministère du public.
34:17C'est le réquisitoire.
34:18Il faut naturellement
34:18attendre la décision
34:19qui sera donnée
34:20avant l'été.
34:21Mais est-ce que pour vous,
34:23Marine Le Pen
34:23ou Jordan Bardella,
34:24c'est une campagne
34:25différente
34:26ou c'est la même chose ?
34:28Non,
34:28ce n'est pas forcément
34:29la même chose.
34:30Je ne vais pas vous faire
34:30de langue de bois.
34:31Il me semble que,
34:32je le vois à l'Assemblée nationale,
34:34les deux sont très fidèles
34:36à tout ce qui est
34:38les caractéristiques
34:39de l'extrême droite,
34:40dans le racisme,
34:41dans tout ça.
34:41Mais par contre,
34:42économiquement,
34:43il y a deux lignes
34:44peut-être un peu différentes.
34:45On va dire,
34:45il y a une plus néolibérale,
34:47plus pro-patrona,
34:48ou patrona même,
34:49qui est celle
34:50de M. Bardella.
34:51Et puis,
34:52Mme Le Pen
34:53qui a à certains moments
34:54qui prend
34:54quelques inclinaisons
34:57un peu plus sociales.
34:59J'allais dire
34:59que celle,
35:00la première,
35:01parce que je pense
35:01qu'on a une population
35:02en France,
35:03et ça s'est vu
35:03depuis très longtemps,
35:04qui est très antilibéral,
35:06parce que c'est un projet
35:07qui au fond
35:08se confronte
35:09à une promesse républicaine,
35:11est un candidat
35:11peut-être plus facile.
35:13Marie Le Pen.
35:13Non,
35:14je parle de M. Bardella,
35:15est un candidat,
35:15à mon avis,
35:16un peu plus facile,
35:17parce que je pense
35:17que le pays
35:18n'aime pas
35:19les candidats néolibéraux
35:20et que M. Bardella
35:21en est un,
35:22très clairement.
35:22Éric Coquerel,
35:23vous êtes le président
35:24de la puissante commission
35:25des finances
35:25à l'Assemblée nationale.
35:27Parlons du budget.
35:29Je reviens à l'interview
35:30de Sébastien Lecornu
35:31qui se félicite.
35:32Il dit,
35:33le résultat est là,
35:33la France a un budget
35:34qui tient un objectif
35:35de réduction de déficit
35:36à 5%,
35:37sans hausse d'impôts.
35:39LFI,
35:39vous vous faites un recours.
35:40Vous en attendez quoi
35:41de ce recours ?
35:42Déjà,
35:43on fait un recours
35:43sur la sincérité globale
35:44du budget,
35:44parce qu'il y a
35:45quand même
35:45plusieurs problèmes.
35:47Je rentre juste
35:48dans un détail technique.
35:49Il y a ce qui s'appelle
35:49un article liminaire.
35:50Vous savez,
35:50qui donne les grands chiffres
35:51d'équilibre du budget.
35:53Il est faux dans ce budget.
35:55Constitutionnellement,
35:56c'est un problème.
35:56Il est faux tout simplement
35:57parce que je ne sais pas
35:58si c'est l'empressement
35:59ou l'amateurisme,
36:00mais il se trouve que
36:00quand ils ont fait le 49-3
36:01et que le gouvernement
36:03a modifié du coup
36:04le budget avec le 49-3,
36:05ils ont oublié,
36:06oublié totalement,
36:07de changer cet article.
36:08Et quand je dis
36:09que c'est anticonstitulé,
36:09ce n'est pas moi qui le dis,
36:10c'est le rapporteur général
36:11du Sénat,
36:12qui est républicain,
36:14M. Husson.
36:15Donc, par exemple,
36:15ce genre de mesures,
36:16l'utilisation aussi,
36:18c'est de façon un peu
36:19d'utiliser,
36:21par exemple,
36:21la loi spéciale,
36:22qui pour moi
36:22est un vrai problème.
36:24Pourquoi ?
36:24Parce que la loi spéciale,
36:25c'est la possibilité
36:26de prendre le budget
36:27de l'année précédente
36:28et de le mettre en service
36:29sur l'année...
36:30Sur le début,
36:31pendant quelques semaines ?
36:32Non, non, non,
36:32il n'y a aucun texte
36:33qui dit quelques semaines.
36:34Les textes disent
36:35que ça ne peut pas être permanent,
36:39mais il n'y a aucun texte
36:40qui dit que c'est quelques semaines
36:41ou quelques mois.
36:42Mais la différence
36:42est fondamentale
36:43parce qu'on a un gouvernement
36:44qui, depuis deux ans,
36:45utilise cette loi spéciale
36:46en disant
36:47qu'il faut vraiment
36:48libérer le budget
36:50absolument minimum,
36:51c'est-à-dire juste
36:51en gros de quoi payer
36:52les fonctionnaires.
36:53Donc, on ne peut pas
36:54payer des munitions
36:55pour l'armée,
36:56on ne peut pas libérer
36:57ma prime rénov', etc.
36:59On ne peut pas faire en sorte
36:59que ça marche.
37:00Donc, vous avez compris,
37:01il faut très vite
37:02adopter un budget
37:03même s'il est mauvais.
37:04Moi, ce que je dis,
37:05c'est que la loi spéciale,
37:06comme c'est le cas
37:06en Espagne depuis trois ans,
37:08pourrait, par exemple,
37:08aurait pu nous permettre
37:10de durer quelques mois
37:10de manière assez correcte,
37:12repartir aux urnes
37:13parce que ce gouvernement
37:14minoritaire
37:15essaie d'imposer
37:15une politique
37:16qui n'est pas majoritaire
37:18et que le peuple de France
37:19définisse enfin
37:21ce qu'il souhaite
37:22en termes économiques
37:23et sociaux.
37:23Ça aurait été préférable.
37:25Le recours, ça peut donner quoi ?
37:26Ça peut être là-dessus
37:27où on met en question
37:29le budget de manière globale
37:29très sincèrement.
37:30j'ai un doute
37:31sur le fait
37:31que le Conseil constitutionnel
37:33nous suit,
37:33mais j'ai au moins
37:34des observations.
37:34Par contre,
37:35dans ce regours,
37:36il y a aussi
37:36des points précis
37:38et vous me permettrez
37:40d'en préciser un
37:41parce que ça montre
37:42un peu la manière
37:43dont ce gouvernement
37:44lorgne vers l'extrême droite
37:45et vers le programme
37:46de l'extrême droite.
37:47C'est qu'on a tout simplement
37:49transposé
37:50la préférence nationale
37:51qui était le programme
37:51de Jean-Marie Le Pen
37:53dans des mesures
37:54et par exemple
37:54celles sur les aides
37:56au logement,
37:57la PL,
37:57pour les extracommunautaires,
37:59ceux qui ne sont pas européens.
38:00Figurez-vous que c'est la première fois
38:01qu'on essaye de faire passer
38:03une aide sociale,
38:04non pas sur votre statut social,
38:06mais sur votre nationalité.
38:08Ça,
38:08c'est la préférence nationale.
38:10Donc,
38:10j'espère bien
38:10qu'on arrivera
38:11à faire sauter
38:11ce genre de mesures
38:12plus la multiplication
38:13du droit de timbre
38:14pour les étrangers
38:15qui est absolument scandaleux
38:16puisque l'idée,
38:17ça serait de les faire payer
38:18beaucoup plus cher
38:19des papiers
38:20dont ils ont besoin
38:20pour acquérir
38:22la nationalité française
38:23ou pour avoir
38:24les papiers
38:24en règle.
38:25Allez,
38:25on passe au portrait.
38:26Éric Coquerel,
38:26vous êtes l'invité
38:27de Questions politiques.
38:28On va tenter
38:29de mieux vous connaître.
38:30France Inter.
38:34Alexandra Ben Saïd.
38:37Questions politiques.
38:38Alex Bouillaguet
38:39a remonté cette archive.
38:41Cette année-là,
38:42finalement,
38:43pour gagner la route du Rhum,
38:44il fallait être celui
38:44qui accepte
38:45d'être le plus lent,
38:46d'endosser les coups.
38:48Et c'est Miche
38:49qui,
38:50après sa victoire
38:51en Vendée Globe,
38:52finalement,
38:52va l'emporter
38:53parce qu'il est celui
38:54qui sait gérer le matériel.
38:56Dans ces cas-là,
38:57tu as quand même des chances
38:58qu'il y en ait un ou deux devant,
38:59mais sinon,
39:00tu as des chances d'arriver.
39:01Et celui qui arrivait
39:02ce jour-là gagnait
39:02et c'était le cas de Michel.
39:05Certains, peut-être,
39:06peuvent être surpris
39:07ce matin
39:07de vous entendre
39:08parler de la route du Rhum
39:09avec passion
39:11parce que, oui,
39:11avant la politique,
39:13vous avez eu une autre vie.
39:14Vous avez été
39:14un homme de com',
39:16celui de skipper
39:17comme Miche,
39:18comme vous l'appelez,
39:19Michel Desjoyaux
39:19ou Isabelle Autissier,
39:21mais aussi celui
39:22du Vendée Globe,
39:23cette course autour du monde
39:24en solitaire
39:25à la tête de votre agence
39:26éphémère.
39:28Est-ce que ce n'est pas paradoxal
39:30de venir d'un monde
39:31où l'on passe son temps
39:32à aller, finalement,
39:33chercher de l'argent privé,
39:34à séduire les sponsors,
39:36à valoriser des projets
39:37à plusieurs millions d'euros
39:38pour aujourd'hui
39:39incarner une gauche
39:40qui fait de l'argent
39:41et du capital
39:42son principal adversaire politique ?
39:44Je vais vous répondre.
39:44Déjà, vous faites une erreur.
39:45Vous dites, quelque part,
39:47qu'avant de faire de la politique...
39:49Alors, figurez-vous,
39:50vous l'avez dit tout à l'heure,
39:50je suis engagé depuis l'âge de 14 ans.
39:51Je vais y revenir.
39:53Je suis engagé depuis l'âge de 14 ans.
39:53Vous êtes un militant depuis 14 ans.
39:55J'étais déjà engagé
39:56très fortement politiquement,
39:57sauf que ça ne se voyait pas.
39:59Donc, quelque part,
39:59ça ne gênait pas mon travail,
40:00ce qui, évidemment,
40:01est devenu un peu plus gênant
40:02quand ça a commencé à se voir.
40:04Donc, non...
40:05Vous n'aviez pas de mandat,
40:06mais vous étiez militant.
40:07Tout ce que vous touchez,
40:08à partir du moment où vous êtes
40:09pour changer de système, etc.,
40:11tout ce que vous touchez
40:11dans la société,
40:12ce que vous produisez,
40:13on peut considérer
40:15que, finalement,
40:15vous entretenez la société.
40:17Mais, à un moment donné,
40:19j'allais dire qu'il faut bien vivre.
40:22Et, en plus de ça,
40:22il se trouve que le bateau,
40:23sur ce que vous dites,
40:25il y avait quand même
40:25un gros avantage dans ce sport-là.
40:28C'est que le moins compliqué,
40:31c'est quand on regardait,
40:31par exemple,
40:32les revenus des skippers,
40:33des marins,
40:34de leurs préparateurs, etc.,
40:35ce n'est pas un monde,
40:37j'allais dire,
40:37qui explosait sous l'argent
40:39et qui, en plus de ça,
40:40véhiculait certaines valeurs,
40:42continue à les faire,
40:43d'ailleurs,
40:43autour de l'écologie,
40:44par exemple,
40:45autour, justement,
40:47de solidarité en mer,
40:49que je trouve, finalement,
40:51pas vraiment décalée
40:52par rapport à ce que je défends aujourd'hui.
40:53Trois hommes vous ont accompagnés
40:55tout au long de votre vie.
40:57Alain Crivine,
40:58figure de la Ligue Communiste Révolutionnaire
41:00pour laquelle vous militez,
41:01effectivement,
41:01dès 14 ans,
41:02en 1983.
41:03Jean-Pierre Chevènement,
41:05lorsque vous adhérez
41:06au MRC,
41:07Mouvement Républicain des Citoyens,
41:09en 1998,
41:09et enfin,
41:10Jean-Luc Mélenchon,
41:11avec qui vous cofondez,
41:12en 2008,
41:13le Parti de Gauche,
41:14qui est l'ancêtre,
41:14en quelque sorte,
41:15de la France Insoumise.
41:16Ils ont un point commun,
41:19ces hommes de votre vie ?
41:20– Un point commun,
41:23oui,
41:23c'est des gens de conviction,
41:25ça,
41:25c'est absolument certain,
41:26et qui ont su,
41:28à un moment donné,
41:29prendre des décisions
41:32ou exprimer certaines choses
41:33qui ont fait en sorte
41:34qu'ils soient entendus.
41:35Alors,
41:35c'est des personnages différents.
41:36Vous parlez d'Alain Crivine,
41:38je n'ai pas eu le même rapport
41:39à Alain
41:40que j'ai pu avoir
41:41avec Jean-Pierre Chevènement,
41:42encore moins avec
41:43Jean-Luc Mélenchon.
41:44C'était plus,
41:44là,
41:45le cadre collectif
41:46de la LCR,
41:47une organisation
41:48trotskiste,
41:48révolutionnaire,
41:49effectivement,
41:50où j'ai passé
41:50plusieurs décennies.
41:53Jean-Pierre Chevènement,
41:54moi,
41:54je trouve qu'il y a un point
41:55commun avec Jean-Luc,
41:56il y a deux points communs
41:57avec Jean-Luc Mélenchon.
42:00Un,
42:00c'est,
42:01il a la République
42:01chevillée au corps
42:02et notamment
42:02la question
42:03d'une République sociale
42:05laquelle moi,
42:06dont je m'inspire,
42:08personne sur laquelle
42:09je me reconnais le plus
42:10et j'aurai,
42:11pour aller vite.
42:12Et puis,
42:13une deuxième chose,
42:14c'est la question,
42:15justement aussi,
42:16de la souveraineté,
42:17c'est-à-dire
42:17l'importance
42:18de la souveraineté populaire.
42:20Bon,
42:20je pense que
42:21Jean-Pierre Chevènement,
42:22c'est pour ça
42:22que j'étais parti
42:24à Ultor au bout d'un moment
42:25de la considérer
42:26qu'il était possible
42:26de le faire
42:27en ignorant
42:28les clivages gauche-droite
42:29et donc les clivages sociaux.
42:31Quant à Jean-Luc Mélenchon,
42:31vous l'avez dit,
42:32là c'est assez différent,
42:33on a cofondé ensemble
42:34le Parti gauche.
42:34Vous l'avez confondé,
42:36vous le rencontrez en 2003,
42:37compagnon d'âge
42:38de plus de 20 ans.
42:40Aujourd'hui,
42:40vous,
42:41à 67 ans,
42:43vous êtes finalement
42:44le rare,
42:45le seul sexagénaire
42:46de l'équipe,
42:47le seul rescapé
42:49de votre génération,
42:50même,
42:50tous ont été quand même
42:51chassés du parti.
42:52Vous êtes entouré
42:53de trentenaires,
42:53Mathilde Panot,
42:54Manuel Bompard,
42:56Clémence Guettet
42:56pour ne citer qu'eux.
42:58Pourquoi ?
42:58Parce que vous êtes toujours là.
43:00C'est aussi un peu
43:00la pyramide des âges
43:01que vous racontez là.
43:02Non,
43:02mais enfin,
43:04je veux dire,
43:05M. Corbière,
43:08Daniel Simonnet,
43:09enfin voilà,
43:09tous ceux de votre génération
43:10ont disparu.
43:11Pourquoi ?
43:11Ils n'ont pas disparu,
43:12ils continuent à faire de la politique.
43:13Oui, mais ils ne sont plus
43:14aux insoumis.
43:15Non, ils ne sont plus
43:15aux insoumis.
43:16Pourquoi vous,
43:16vous y êtes toujours ?
43:17C'est parce que vous
43:17tenez la vie,
43:18quoi qu'il en coûte ?
43:19Non, parce que je considère
43:21que,
43:22vous savez,
43:24quand vous avez essayé
43:25de construire toute votre vie
43:26une force politique
43:27capable de faire en sorte
43:29de gouverner
43:29en France,
43:30d'être majoritaire
43:31et de gouverner
43:32sur un programme de rupture
43:33et que cette force,
43:35vous êtes parvenu
43:37à la co-construire
43:38avec d'autres
43:39de façon à ce que
43:40elle est un candidat
43:42à la présidentielle
43:42qui non seulement
43:43soit largement devant
43:45justement la gauche
43:46d'accompagnement
43:46mais même tutoie
43:47le deuxième tour
43:48et être capable d'y aller
43:49et être capable d'avoir
43:50le plus gros groupe
43:51à l'Assemblée,
43:52très sincèrement,
43:53vous réfléchissez à deux fois
43:54avant de partir.
43:55Il faudrait vraiment
43:55des très gros arguments
43:56que moi je n'ai pas trouvé
43:57pour partir
43:59d'un tel outil
44:00et l'outil France Insoumise
44:02c'est celui
44:02qui peut nous permettre
44:03parce que c'est aujourd'hui
44:04la formation
44:05qui a le plus de militants
44:06dans ce pays,
44:06le plus de sympathisants,
44:08le plus de députés
44:09qui fait les plus gros résultats
44:10des élections nationales,
44:11c'est celle qui nous permet
44:12à l'extrême gauche.
44:13C'est ce que vient de dire
44:14Olivier Faure.
44:15D'appliquer notre problème
44:16de rupture.
44:17Vous pourriez que la relève
44:18Jean-Luc Mélenchon ?
44:19Et qui n'est pas...
44:19Attendez,
44:20Olivier Faure qui vient de dire
44:21que vous n'êtes pas
44:21à l'extrême gauche,
44:22vous appréciez ?
44:23J'apprécie,
44:24je préfère qu'il dise ça
44:25plutôt que l'inverse.
44:27Nous vous avons demandé
44:28de venir avec une carte blanche,
44:30vous avez une minute
44:30pour braquer les projecteurs
44:32sur un sujet.
44:33Ah oui,
44:33j'y tiens beaucoup.
44:34Mon sujet c'est tout simplement
44:36malheureusement
44:36la montée du climato-scepticisme
44:38moi qui me terrifie.
44:42Ce n'est pas la dette financière,
44:46elle est importante,
44:47c'est la dette écologique,
44:48c'est-à-dire celle
44:49dont nos enfants
44:50et nos petits-enfants
44:50ne vont pas se remettre.
44:52Et on a vécu
44:53depuis une vingtaine d'années
44:54avec le fait
44:55qu'on n'allait pas assez vite,
44:56ce n'était pas assez fort,
44:58ce n'était pas assez haut niveau,
44:59mais au moins
44:59n'était pas remis en question
45:01la nécessité d'agir
45:02sur la question environnementale,
45:03biodiversité.
45:04Et là,
45:04le vent qui nous vient
45:05des États-Unis avec Trump,
45:07c'est-à-dire la remise en question
45:08de financement,
45:10de recherche,
45:11la censure même
45:11sur tout ce qui est
45:12environnemental
45:13dans la recherche,
45:14le fait de baisser
45:15les aides au développement
45:16à hauteur de 7 milliards,
45:18le fait de relancer
45:20toutes les énergies fossiles
45:24comme il l'a fait,
45:26en plus,
45:26je n'ai pas besoin
45:27un peu de trop décrire
45:29la personne,
45:30c'est quelque chose d'inquiétant.
45:30Mais malheureusement,
45:31ça commence à venir en France
45:32très largement.
45:33Pourquoi vous avez voté
45:34contre les ZFE,
45:36la pollution de l'air ?
45:37Ça fait 40 000 décès
45:38prématurés par an ?
45:39Pourquoi ça commence
45:40à venir en France ?
45:41Allez-y.
45:41D'accord,
45:42et puis vous allez me poser,
45:43je vais répondre à votre question.
45:44Ça commence à venir en France
45:45que ça fait deux ans.
45:45Je vois le temps qui file.
45:46Deux ans,
45:47alors qu'il faudrait 37 milliards
45:48de budget de l'État,
45:49ce n'est pas moi qui le dit,
45:50c'est un économiste pisaniféri
45:51qui était l'économiste
45:52de Macron au départ.
45:53Il faudrait 37 milliards de plus
45:54d'investissements publics
45:56pour respecter les accords de Paris.
45:57Ça fait deux ans qu'on baisse
45:59les budgets de l'environnement,
46:00qu'on attaque l'Office français
46:01de la biodiversité,
46:02qu'on attaque l'ADEME,
46:03qu'on attaque Météo France,
46:04qu'on attaque les opérateurs,
46:06etc., etc.
46:07Qu'on propose des lois du plomb
46:09qui réintroduisent les pesticides
46:10cancérigènes et autres.
46:12Donc, il y a vraiment un recul.
46:14Et moi, ça me terrifie
46:15parce qu'on voit bien
46:16les effets absolument catastrophiques.
46:18Et le premier effet,
46:19je termine là-dessus,
46:20je vais répondre aux effets,
46:21le premier effet,
46:22c'est qu'on n'est plus
46:24qu'à 1,6% de baisse
46:26en pourcentage du gaz
46:28à effet de serre,
46:29alors qu'on s'est d'approcher
46:31des 5-6% qui sont nécessaires
46:34pour respecter les accords de Paris.
46:34Et que fait LFI ?
46:35C'est la question
46:36des zones à faible émission.
46:38Oui, ce n'est pas une forme
46:38de contradiction.
46:40Parce que vous dites,
46:41c'est terrifiant ce qui arrive.
46:42Mais enfin, les ZFE,
46:43c'est 40 000 décès
46:44prématurés chaque année.
46:45Oui, mais moi, je crois que...
46:46La pollution de l'air.
46:47Exactement.
46:48Donc, je crois que...
46:49Et vous avez votre voté contre ?
46:50Si vous opposez fin du mois
46:52et fin du monde,
46:53ça ne peut pas fonctionner.
46:55Autrement dit,
46:56l'écologie,
46:57elle ne peut pas commencer
46:57par le fait d'attaquer
46:59ceux qui ont le moins.
47:00C'est discriminatoire finalement
47:01d'empêcher les plus modestes
47:02d'aller dans le centre-ville
47:03avec leurs voitures.
47:04Dans le même temps,
47:05vous ne renforcez pas
47:06les services publics ferroviaires,
47:08par exemple,
47:09de transport.
47:09Vous ne donnez pas
47:10les moyens aux gens
47:11de se déplacer.
47:12Vous supprimez les garrions.
47:13Vous ne donnez pas
47:13aux gens les moyens
47:15de se priver de leurs voitures.
47:18Donc, je trouve que
47:19c'est une double peine.
47:21C'est-à-dire qu'il faut forcer
47:22les gens.
47:23Ils sont obligés
47:23de continuer,
47:24mais ils ne peuvent pas
47:25s'acheter la voiture
47:25qui va aller bien
47:26et qui, d'ailleurs,
47:27à certains moments,
47:28est tout aussi polluante
47:29parce qu'elle pèse
47:29très très lourd,
47:30même si elle est hybride.
47:31Donc, tout ça,
47:32à mon avis,
47:32est exactement ce qu'il ne faut pas faire.
47:34Ce qu'il faut faire,
47:35c'est qu'il faut faire
47:36une vraie planification écologique,
47:37c'est-à-dire orienter
47:38notre économie
47:39sur la règle verte,
47:40c'est-à-dire ne pas produire
47:41et consommer plus
47:42que la terre ne peut absorber.
47:43C'est de l'isolation thermique,
47:45c'est du 100% renouvelable
47:47et, en plus,
47:47ça crée de l'emploi.
47:48Ça nous emmène vers 2027.
47:50C'est l'inverse du budget
47:52et c'est une des raisons
47:52pour lesquelles ce budget
47:53est notamment très mauvais.
47:55A Belmestre,
47:56France 2027,
47:57le grand thème
47:57que vous voulez creuser aujourd'hui.
47:58On va parler
47:59du positionnement insoumis
48:00sur l'international.
48:01Jean-Luc Mélenchon,
48:02on a tracé
48:02les principales lignes mercredi
48:04dans une conférence
48:05consacrée au sujet.
48:07Donc, dans ce monde bousculé
48:08avec l'arrivée de Trump
48:09au pouvoir,
48:10la guerre en Ukraine,
48:11le conflit au Proche-Orient,
48:12on voit qu'un nouvel ordre mondial
48:13se dessine.
48:15Face à cela,
48:15la France insoumise
48:16prône une doctrine
48:18de non-alignement.
48:19C'est l'expression.
48:21Qu'est-ce que c'est exactement ?
48:22Est-ce qu'il n'y a pas un risque
48:22de voir une France isolée
48:24face aux trois géants
48:25que sont les États-Unis,
48:26la Russie et la Chine ?
48:28Non, je ne crois pas.
48:29Je crois qu'au contraire,
48:30ça peut être le fait
48:31d'avoir une France
48:32mieux entendue
48:33et qui pèse davantage
48:34qu'elle ne pèse aujourd'hui
48:35parce qu'aujourd'hui,
48:36elle ne pèse pas.
48:39Pour comprendre
48:40le moment
48:41et la dangerosité
48:42de ce moment,
48:43on a eu depuis des décennies
48:44un capitalisme
48:45qui s'est construit
48:46sur le libre-échange
48:47et qui du coup,
48:48maintenant,
48:49est face à un nouveau modèle,
48:50notamment depuis
48:51l'élection de M. Trump,
48:52qui est l'affrontement
48:53entre des blocs
48:54politico-économiques
48:55qui misent en plus
48:56sur l'industrie de défense,
48:58l'armement,
48:59pour relancer leur industrie.
49:00Donc on voit
49:01que cette confrontation,
49:02elle peut être très dangereuse.
49:04Ça a donné la Garde 14,
49:05je le rappelle,
49:05qui est venue après
49:06la première période
49:07de mondialisation capitaliste.
49:09Donc c'est dire le moment
49:10dans lequel nous sommes.
49:11Je ne crois pas
49:12que la France a intérêt
49:13à cotiser à ça.
49:14Je ne crois pas
49:14que la France ait intérêt
49:15soit à être alignée
49:16à des blocs.
49:17Alors là,
49:17on voit en plus
49:17que ça ne sert plus à rien
49:18puisque M. Trump
49:20nous considère quasiment
49:20maintenant comme des adversaires.
49:22C'est le document
49:22de stratégie nationale
49:23qu'il a donné.
49:25Et de la même manière,
49:27je ne crois pas non plus
49:27qu'on doit être afféodé,
49:30que ce soit la Chine,
49:31que ce soit la Russie,
49:32par rapport à ça.
49:33Donc on doit être incapable
49:34de se faire entendre
49:34sur un nouveau projet.
49:34Pourquoi vous ne prenez pas
49:35une Europe de la défense
49:36par exemple à ce moment-là
49:36comme pôle alternatif
49:38à ces trois grandes puissances ?
49:40Pourquoi vous ne prenez pas
49:41une Europe de la défense
49:42par exemple
49:43comme pôle alternatif
49:44à ces trois impérialistes ?
49:45Mais parce que justement,
49:46il se trouve que l'Union Européenne,
49:48la défense,
49:49le voit avec la manière
49:50dont par exemple
49:51Mme von der Leyen
49:52a signé un accord du Mercosur
49:54alors que la France
49:55s'est opposée.
49:56On voit bien que l'Europe,
49:58la manière dont ça se construit,
49:59ne nous protège pas
50:00de l'inféodation
50:02vis-à-vis des États-Unis.
50:03On n'a pas forcément
50:04les mêmes intérêts.
50:05Donc je ne crois pas
50:06que ce soit ces constitutions
50:08et même je ne crois pas
50:09non plus à l'idée
50:09qu'il faudrait quelque part
50:11que l'Europe se retrouve
50:13en rapport de force également,
50:15c'est-à-dire dans cette espèce
50:16de course justement
50:17à l'armement,
50:18à la confrontation
50:18avec les autres blocs.
50:20Je crois davantage,
50:20pour vous donner un exemple
50:21par exemple précis récent,
50:23de ce que la France
50:23aurait dû faire,
50:24ce que l'Espagne a fait.
50:25Au moment où le président vénézuélien
50:29a été enlevé, kidnappé
50:30par les États-Unis d'Amérique
50:31contre tout droit international,
50:33l'Espagne a pris la responsabilité
50:35de par ses liens historiques
50:38avec plusieurs pays
50:38d'Amérique latine
50:39de faire un front du refus.
50:40Nous par exemple,
50:41cette nouvelle politique
50:42que nous proposons
50:43aurait pu nous conduire,
50:44parce qu'en plus,
50:45il se trouve qu'on est aussi
50:46un pays latino-américain
50:47par la Guyane
50:48et par les îles,
50:48aurait pu nous conduire
50:49à travailler,
50:50à avoir des coopérations renforcées,
50:52à certains moments
50:53si c'est toute l'Europe,
50:54tant mieux,
50:55mais des coopérations renforcées
50:56toujours avec le objectif
50:57de la paix
50:57et aussi le sujet
50:59dont je parlais tout à l'heure.
51:00Est-ce qu'il n'y a pas
51:00un front du refus là ?
51:02Comment ?
51:02Est-ce qu'il n'y a pas
51:03un front du refus
51:04que, pour reprendre votre expression,
51:05que la France mène
51:06avec la coalition des volontaires
51:07sur la guerre en Ukraine ?
51:09Volodymyr Zelensky,
51:10le président ukrainien,
51:11a dit vendredi
51:12que les Américains
51:13proposaient à la Russie
51:14et à l'Ukraine
51:15de mettre fin à la guerre
51:15d'ici le début de l'été
51:16et qu'ils exerceront probablement
51:18des pressions sur elle
51:19pour qu'elle respecte
51:20ce calendrier.
51:21Est-ce que l'Europe,
51:23la France,
51:23n'a pas un rôle
51:24à jouer sur cette question ?
51:26Écoutez,
51:27si le rôle de l'Europe
51:29c'est d'accepter
51:30le diktat américain
51:31que tous les pays européens
51:33fassent mettre
51:343,5% de leur PIB
51:35sur la défense
51:36et aillent en Ukraine,
51:38envoyant des troupes
51:39en Ukraine
51:40et fassent,
51:41j'allais dire,
51:41la voiture balaie
51:42d'un accord imposé en plus,
51:44on ne sait même pas
51:44qu'en pensent les peuples,
51:46notamment le peuple ukrainien,
51:48je ne suis pas sûr
51:48que ce soit la meilleure chose
51:49que nous ayons à faire.
51:50Je crois qu'aider l'Ukraine,
51:53soutenir l'Ukraine,
51:54notamment en termes
51:55d'armement est nécessaire
51:56et je pense que la France
51:58aurait dû davantage
51:59se mettre en position
52:01qu'elle n'a plus aujourd'hui
52:02d'être l'interlocutrice
52:04pour une sortie diplomatique
52:06de cette histoire,
52:06ce que font maintenant
52:07les Etats-Unis
52:07avec des positions,
52:09on le voit,
52:09où ils n'entendent
52:10que leurs intérêts
52:10parce que la question pour eux
52:12c'est les terres rares
52:13exactement comme
52:14ils le font vis-à-vis de l'Iran.
52:15Donc je crois que la France
52:16n'a pas forcément intérêt
52:17à être la force d'appoint
52:19d'une stratégie américaine
52:21sur cette histoire.
52:21La situation de tension
52:22dans le monde,
52:23c'est l'Iran.
52:24Alors la France Insoumise
52:25soutient le mouvement en Iran,
52:26d'ailleurs il y a eu
52:26une déclaration de Jean-Luc Mélenchon,
52:28un communiqué,
52:30beaucoup d'autres formations
52:31de gauche le font aussi,
52:33on appelait des rassemblements
52:34il y a une quinzaine de jours,
52:36mais on a l'impression
52:37quand même que cette mobilisation
52:38peine à prendre en France
52:40par rapport par exemple
52:41à ce qui s'est passé
52:42pour la Palestine.
52:43Comment vous expliquez
52:44cette, pas cette indifférence,
52:46mais en tout cas
52:46cette non prise de conscience
52:50dans la population
52:50et notamment parmi
52:52la France de gauche ?
52:53Je peux vous assurer,
52:54enfin en tout cas
52:54les organisations sont là.
52:55Pour une part ça fait des décennies
52:56qu'on s'oppose au régime des Mola
52:58de manière très forte
52:59à chaque fois.
53:00Notamment la Ligue commune.
53:01Voilà, et non,
53:02mais même la France Insoumise
53:03on a été à chaque fois
53:06dans toutes les mobilisations,
53:07il faut continuer à le faire,
53:08peut-être parce que,
53:09j'allais dire,
53:11c'est peut-être l'impuissance
53:13qui, dans cette affaire
53:15qui prédomine.
53:17Pourquoi ?
53:17Parce que vous voyez bien
53:18que la solution
53:18c'est pas que les Etats-Unis
53:19interviennent.
53:20S'ils interviennent
53:21on sait ce qu'ils sont
53:21en train de faire avec les rangs
53:22c'est uniquement par rapport
53:23à l'approvisionnement
53:24du pétrole en Chine.
53:25C'est ça qui les préoccupe pas,
53:27qui les préoccupe,
53:27ils n'en ont rien à faire
53:28de la répression féroce
53:29du régime iranien
53:31et du coup
53:31c'est l'impression
53:32que la France là aussi
53:33est un peu impuissante.
53:34Moi je pense que par exemple
53:35on devrait faire
53:37ce qui a été fait
53:37avec l'Israël
53:39de M. Netanyahou
53:41et le Hamas
53:42c'est-à-dire déposer
53:43par exemple devant
53:44la Cour de justice internationale
53:45une plainte
53:45avec une décision
53:49de l'appliquer immédiatement
53:50comme ça avait été fait.
53:51Voilà, je pense qu'on devrait
53:52prendre des mesures
53:53comme ça
53:53vis-à-vis du régime iranien
53:55et peut-être que ça
53:56mobiliserait aussi
53:58davantage la population
53:59derrière des choses concrètes.
54:01En tout cas,
54:01je l'engrède comme vous.
54:03Eric Coquerel,
54:03il nous reste 30 secondes
54:04pour un vrai faux.
54:05Vous êtes prêts ?
54:06Ah oui.
54:06Allez, il faut se préparer
54:08à un choc avec la Russie
54:09d'ici 3 à 4 ans.
54:11Vrai ou faux ?
54:11Faux.
54:12La France aurait tout à perdre
54:13à sortir de la zone euro.
54:14Vrai ou faux ?
54:16Vrai.
54:17Vous vous verriez bien
54:19candidat LFI
54:19à la présidentielle de 2032.
54:21Vrai ou faux ?
54:22Faux.
54:23Eric Coquerel,
54:24merci d'avoir répondu
54:24à nos questions politiques
54:26et merci aux téléspectateurs,
54:28aux auditeurs
54:29de nous avoir suivis.
54:30!
54:31Sous-titrage Société Radio-Canada